Renaud Camus contre le MRAP

Contexte : http://islametoccident.fr/?p=4151

  • Les faits

Le 18 décembre 2010, Renaud Camus a, lors d’une réunion publique intitulée « Assises internationales sur l’islamisation de nos pays », tenu notamment les propos suivants :

« Ce n’est pas à des voyous que vous avez affaire, c’est à des soldats. Enfin si, ce sont bien des voyous, mais ces voyous sont une armée, le bras armé de la conquête. […] La nocence, que ce soit le bruit, que ce soient les déprédations, que ce soient les occupations de halls d’immeubles et les exigences du regard baissé au passage, que ce soient les vols, les arrachements de sacs de vieille dame, les rackets au sein des écoles, les cambriolages, les attaques à main armée, le trafic de drogue, l’ensemble de ce qui est pudiquement appelé désormais le grand banditisme, ou bien, les formes nouvelles, ultraviolentes, du crime organisé, la nocence est l’instrument du Grand Remplacement du changement de peuple, de la contre-colonisation, de la conquête, de l’élargissement permanent des zones de territoire déjà soumis aux néocolonisateurs. En rendant la vie impossible aux indigènes, les nouveaux venus les forcent à fuir, à évacuer le terrain – c’est ce que les Anglo-Saxons appellent le « Whiteflight », la fuite des blancs. Ou bien, pis encore, à se soumettre sur place, à s’assimiler à eux, à se convertir à leurs mœurs, à leur religion, à leur façon d’habiter la terre et ses banlieues qui sont l’avenir de la terre. […] Ces colonisateurs qui sans cesse reprochent aux indigènes de ne pas les accueillir suffisamment, ni assez bien, ne semblent avoir rien de plus pressé, une fois dans la place, que de se l’assurer tout entière et, comme tous les colonisateurs, ils ne rêvent que d’être entre eux, les indigènes n’étant bons, éventuellement, qu’à faire tourner l’entreprise, à tenir le magasin […] Les attaques dont font l’objet les pompiers, les policiers et même les médecins dès qu’ils s’aventurent dans les zones déjà soumises le montrent assez : c’est en termes de « territoire », de défense du territoire et de conquête du territoire que se posent les problèmes qu’on réduit quotidiennement à des questions de délinquance, de lutte contre la délinquance. […] en de pareilles proportions, la nocence n’est pas un phénomène qu’on peut abandonner à l’action policière ou à celle des tribunaux, dont on connaît d’ailleurs la mollesse, engluée qu’elle est dans un réseau de lois, de règlements, de directives européennes et même de traités internationaux qui laissent la Nation sans défense et qui font de la Cité une ville ouverte, une sorte de Troie […] Le système pénal, qu’il soit policier ou judiciaire, est impuissant. Chaque fois qu’un indigène est sommé de baisser le regard et de descendre du trottoir, c’est un peu plus de l’indépendance du pays et de la liberté du peuple qui est traîné dans le caniveau ».

Poursuivi par le MRAP, Renaud Camus a été condamné pour provocation à la discrimination ou à la haine raciale. Sa condamnation a été confirmée en appel en septembre 2016 (4.000 euros d’amende et 2.000 euros à verser au MRAP au titre de l’article 618-1 du code de procédure pénale).

Il convient par ailleurs de noter qu’au-delà du texte central ci-dessus, la partie demandeuse (MRAP) a mentionné plusieurs autres citations du même auteur venant selon elle éclairer le sens de ce texte.

Sans refaire une analyse détaillée des arguments présentés de part et d’autre (chacun pouvant se reporter au jugement complet), tout étant une question d’appréciation, voici quelques remarques.

  • La focalisation sur les musulmans

La défense note que « lorsqu’il parlait du « Grand Remplacement », Renaud Camus visait l’immigration en général qui peut être largement musulmane mais ce n’est pas la seule » ou « qu’il vise les délinquants qui viennent principalement d’Afrique, mais que le fait qu’ils soient musulmans est secondaire ».

De son côté, la partie demandeuse note que Renaud Camus « désigne sans ambiguïté les musulmans par plusieurs références telles que « les origines nomades de cette civilisation » en utilisant le terme de « razzia », en faisant référence aux « manifestations politiques récentes » ».

Au vu du titre de la conférence et des autres prises de position de Renaud Camus, on peut comprendre que la problématique musulmane puisse apparaître comme centrale dans sa réflexion, que ce soit au travers du titre même de la conférence ou dans ses textes.

  • L’incitation à la haine

Le tableau de la situation que présente Renaud Camus paraît globalement catastrophique et ressemble bien à un état de guerre civile : « vitrines brisées », « pillage des magasins », « de fureur ils cassent tout, ils pillent, ils incendient » etc. La description d’une inaction généralisée de l’État incite effectivement à contourner des structures étatiques et la constitution de groupes d’auto-défense dans un cadre extra-légal.

S’il est vrai que la situation est effectivement gravissime dans ce que tout le monde finit maintenant par reconnaître comme étant des « territoires perdus de la République », l’État n’ayant plus les moyens ou la volonté d’y exercer son autorité, il n’en va pas partout de même, même s’il existe un risque réel et avéré de contamination dès lors qu’un changement de culture y opère. Par ailleurs, la violence évoquée est aussi le fruit d’autres facteurs, comme l’activisme de groupuscules d’extrême-gauche dont l’objectif la destruction de la société occidentale chrétienne.

  • Conclusion

Sans centrer sa critique sur la remise en cause précise et documentée de certaines valeurs culturelles ou religieuses, Renaud Camus met en cause des personnes et groupes humains de façon globale et « essentielle », sans considérer la nécessité de nuancer ce diagnostic en mentionnant certains facteurs politiques et économiques, et principalement la pauvreté (dans son rapport également à la démographie).

On peut comprendre que l’angoisse générée par ce changement brutal de société en France et en Europe se traduise chez certains par une désespérance profonde face à un monde qui disparaît, du fait notamment de l’irresponsabilité et de l’incurie d’une bonne partie de la classe politique en matière d’immigration – chacun voit aujourd’hui ce que cela donne à Mayotte –, dans un contexte en outre de mondialisation économique qui fragilise des pans entiers d’une population paupérisée. Il est sociologiquement compréhensible que cette désespérance se traduise par exemple par un fort rejet de comportements (incivilités, violence et délinquance, etc.) de plus en plus fréquents et qui s’épanouissent dans une relative impunité, la corrélation de ce phénomène avec certains facteurs culturels, religieux et sociaux étant assez claire.

Dans le contexte des lois françaises existantes, qui n’ont pas pour vocation d’assurer la liberté d’expression (comme aux États-Unis) mais au contraire de la restreindre, il est donc logique que l’incompatibilité entre le caractère global et viscéral du rejet de cette mort lente et le niveau d’analyse circonstanciée et impassible que la justice exige dans tout propos aboutisse à des condamnations, un peu comme si on trouvait normal de punir un prisonnier parce qu’il crie trop fort sous la torture.

Malheureusement, l’équité voudrait aussi que la justice s’attaque aussi à l’administration d’État lorsqu’elle décide de laisser faire pour des raisons idéologiques, en bafouant sans scrupule le mandat populaire qu’elle a reçu et les lois de la République : manifestations violentes récurrentes de certains activistes, occupation illégale de lieux privés ou publics, assistance par immobilisme ou complaisance aux passeurs d’immigrés clandestins, trafics en tous genres dans ces territoires perdus de la République, etc..

Tant que ce « deux poids deux mesures » sera en vigueur, comment parler sereinement de justice ? Quand l’honnête citoyen est emprisonné pour s’être défendu contre un cambriolage ou une agression, ou même simplement pour avoir dit une vérité qui ne plaît pas, difficile de rester calme et de ne pas se révolter. Malheureusement, on constate de plus en plus que ceux qui bafouent les lois n’en ont cure et sont finalement, relativement aux méfaits qu’ils commettent, les mieux protégés.

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