Vers l’asphyxie de la liberté d’expression en France ? Essai d’analyse critique

On sait que la liberté d’expression en France est maltraitée depuis des décennies par le dévoiement de plus en plus manifeste des lois qui l’encadrent, un attirail par ailleurs de plus en plus étendu de dispositions (lois mémorielles ou autres, capacité d’ester en justice de multiples associations partisanes, etc.) ayant pour effet de restreindre toujours plus ce que chacun est autorisé à dire sans être immédiatement poursuivi devant les tribunaux. Or si la liberté d’expression consiste à ne pouvoir dire que ce qu’on est autorisé par d’autres à dire, elle ne sert à rien. Il suffit de voir comment aujourd’hui le champ des chansonniers, comiques, etc. s’est rétréci comme peau de chagrin : à ce rythme, demain, on ne pourra bientôt plus plaisanter à propos des Belges ou des Suisses…

La comparaison de l’étendue de la liberté d’expression entre la France et les États-Unis ne laisse planer aucun doute : la France, « pays de la liberté », n’a aucune leçon à donner aux États-Unis, pays qui a depuis longtemps trouvé la solution simple et élémentaire à ce problème par le premier amendement à sa constitution : « Congress shall make no law (…) abridging the freedom of speech, or of the press (…) », soit : « Le Congrès ne fera aucune loi qui (…) restreigne la liberté de la parole ou de la presse (…). »

Mais si la situation semble effectivement grave en France, n’est-il plus possible de ne rien dire du tout au point que la France serait devenue une dictature ? Sans remettre en cause au fond certaines lois scélérates qui devraient être supprimées, il est intéressant d’étudier, dans le cadre législatif actuel, ce que les décisions de justice disent de l’impartialité de notre justice et des limites réelles à la liberté d’expression en France aujourd’hui, à une époque où les pressions de la censure sociale, médiatique et politique sont gigantesques.

Je me propose donc de tenter d’analyser, au travers d’une série d’articles à venir, des arrêts de la justice dans ce domaine afin de mieux en comprendre les tenants et aboutissants, mais aussi de saisir la dialectique argumentaire de toutes les associations qui ont fait de l’étouffement de la liberté d’expression leur raison d’être. Je ne me limiterai pas aux « affaires » concernant l’islam car cette dialectique de l’étouffement est commune à toutes les démarches dont l’unique but est la défense d’un nouveau veau d’or, la « diversité », ce qui revient, peu ou prou, à l’écrasement de la majorité par l’anéantissement de sa légitimité historique et la « neutralisation », voire la négation, de ses valeurs.

Une réflexion sur « Vers l’asphyxie de la liberté d’expression en France ? Essai d’analyse critique »

  1. Très bon article! il serait en effet judicieux d’étudier les phénomènes qui permettent la censure du plus grand nombre par des associations et partis qui ne représentent rien sinon eux-mêmes !

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