Le halal ou la crispation identitaire

  • Qu’est-ce qu’une fatwa ?

Ghaleb Bencheikh, musulman pondéré et cultivé, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2 rappelle, dans le cadre d’une conférence sur le mot « fatwa » organisée par la société des amis de l’Institut du Monde Arabe en novembre 2016, que la fatwa, avis juridique délivré par une autorité musulmane légitime, n’est qu’un avis et n’a donc aucun caractère obligatoire et coercitif : celui qui la reçoit est libre de la suivre ou pas.

Amis IMA Fatwa 161128 Obligation

  • Le halal est-il une obligation ?

Ghaleb Bencheikh indique que Mohamed Abduh, célèbre juriste et mufti égyptien mort en 1905 – donc bien avant les turbulences identitaires de l’islam d’aujourd’hui – avait émis une fatwa précisant la notion de « halal » (ce qui est autorisé pour un musulman) en ce qui concerne la viande : la viande de tout animal qui n’a pas été abattu en invoquant une autre divinité que Dieu est licite pour le musulman.

Amis IMA Fatwa 161128 Halal

Ghaleb Bencheikh précise que cet avis n’est pas un cas isolé et a été suivi par d’autres allant de le même sens. Ainsi est-ce le cas de Yusuf Qaradawi, célèbre personnalité musulmane dont on ne peut guère douter du fondamentalisme, qui a consacré un livre à la question du « licite et illicite en islam » (voir l’article   http://islametoccident.fr/?p=2462 )

  • Conclusion

Le halal, dans son fondement religieux même en islam, n’exige pas l’égorgement impératif des animaux, pratique épouvantable et ignominieuse qui contrevient à l’affirmation d’une humanité digne et respectueuse de son environnement. Beaucoup de musulmans l’ignorent sans doute. Il ne faut pas laisser le halal être ce qu’il devenu aujourd’hui par le fait de son instrumentalisation : l’expression crispée d’une revendication identitaire cherchant l’affrontement, doublée d’un rejet haineux des valeurs françaises traditionnelles.

Interroger publiquement les restaurateurs, les grandes entreprises de restauration, les cantines, les bouchers, etc. sur le mode d’abattage des animaux dont ils commercialisent la viande devient une urgence : il est à tout le moins inadmissible qu’on puisse dans le monde d’aujourd’hui faire collaborer subrepticement et de façon involontaire une population à l’entretien d’une pratique sacrificielle honteuse et détestable, renvoyant aux pratiques des âges les plus reculés de l’humanité.

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