Fête de l’Aïd al-Adha : la fête du mensonge pour l’islam de France

Les musulmans ont fêté début septembre 2017 la fête de l’Aïd al-Adha, la plus importante des fêtes musulmanes, consistant notamment à sacrifier rituellement un mouton, égorgé vivant, en commémoration du sacrifice d’Abraham.

Il est intéressant de revenir sur les fondements religieux de ce rituel.

  • Le sacrifice d’Isaac par Abraham dans la Genèse

Les textes juifs, auxquels se réfèrent en principe l’islam, sont très clairs sur la nature de l’épisode dit du « sacrifice d’Abraham » : Yahvé (Dieu) demande à Abraham de sacrifier son fils unique, Isaac, pour éprouver sa foi :

« Dieu dit : « Prends ton fils, ton unique, que tu chéris, Isaac, et va-t’en au pays de Moriyya, et là tu l’offriras en holocauste sur une montagne que je t’indiquerai. » Quand ils furent arrivés à l’endroit que Dieu lui avait indiqué, Abraham y éleva l’autel et disposa le bois, puis il lia son fils Isaac et le mit sur l’autel, par-dessus le bois. Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. Mais l’Ange de Yahvé l’appela du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! » L’Ange dit : « N’étends pas la main contre l’enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. » » (Genèse 22, 2 à 12 )

Il n’y a donc aucune ambiguïté sur l’identité du fils d’Abraham devant faire l’objet de ce sacrifice : il s’agit d’Isaac, ancêtre du peuple juif.

  • Rappel : Ismaël, enfant illégitime, naît avant Isaac, enfant légitime

Néanmoins, pour bien comprendre cette histoire, il faut revenir sur l’histoire d’Abraham [Abram]. Celui-ci s’est marié à Sarah [Saraï], mais celle-ci tarde à lui donner un enfant. Pour amoindrir la peine d’Abraham, Yahvé accepte donc dans un premier temps que sa servante Agar lui donne un enfant de « substitution » en la personne d’Ismaël (Genèse 16, 1 à 4) :

« La femme d’Abram, Saraï, ne lui avait pas donné d’enfant. Mais elle avait une servante égyptienne, nommée Agar, Saraï dit à Abram : « Vois, je te prie : Yahvé n’a pas permis que j’enfante. Va donc vers ma servante. Peut-être obtiendrai-je par elle des enfants. » Et Abram écouta la voix de Saraï. Ainsi, au bout de dix ans qu’Abram résidait au pays de Canaan, sa femme Saraï prit Agar l’égyptienne, sa servante, et la donna pour femme à son mari, Abram. Celui-ci alla vers Agar, qui devint enceinte. (…) »

La grossesse de cette servante déclenche la jalousie de la femme d’Abraham qui la chasse, avec l’accord de Yahvé :

« (…) Lorsqu’elle [Agar] se vit enceinte, sa maîtresse ne compta plus à ses yeux. Alors Saraï dit à Abram : « Tu es responsable de l’injure qui m’est faite ! J’ai mis ma servante entre tes bras et, depuis qu’elle s’est vue enceinte, je ne compte plus à ses yeux. Que Yahvé juge entre moi et toi ! » Abram dit à Saraï : « Eh bien, ta servante est entre tes mains, fais-lui comme il te semblera bon. » Saraï la maltraita tellement que l’autre s’enfuit de devant elle. L’Ange de Yahvé la rencontra près d’une certaine source au désert, la source qui est sur le chemin de Shur. Il dit : « Agar, servante de Saraï, d’où viens-tu et où vas-tu ? » Elle répondit : « Je fuis devant ma maîtresse Saraï. » L’Ange de Yahvé lui dit : « Retourne chez ta maîtresse et sois-lui soumise. » L’Ange de Yahvé lui dit : « Je multiplierai beaucoup ta descendance, tellement qu’on ne pourra pas la compter. » L’Ange de Yahvé lui dit : « Tu es enceinte et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom d’Ismaël, car Yahvé a entendu ta détresse. Celui-là sera un onagre d’homme, sa main contre tous, la main de tous contre lui, il s’établira à la face de tous ses frères. » (Genèse 16, 4 à 12)

Le terme d’« onagre » (âne sauvage) renvoie au caractère indépendant et vagabond : « Qui a lâché l’onagre en liberté, délié la corde de l’âne sauvage ? » (Job 39, 5) ou « Tels les onagres du désert, ils sortent à leur travail, cherchant dès l’aube une proie, et le soir, du pain pour leurs petits. » (Job 24, 5)

Néanmoins, Yahvé finit par accorder à Abraham le bienfait de la naissance d’un fils de sa femme Sarah, et établit une alliance unique avec Abraham et sa descendance passant par Isaac :

« Lorsqu’Abram eut atteint 99 ans, Yahvé lui apparut et lui dit : « Je suis El Shaddaï, marche en ma présence et sois parfait. J’institue mon alliance entre moi et toi, et je t’accroîtrai extrêmement. » Et Abram tomba la face contre terre. Dieu lui parla ainsi : « Moi, voici mon alliance avec toi : tu deviendras père d’une multitude de nations. Et l’on ne t’appellera plus Abram, mais ton nom sera Abraham, car je te fais père d’une multitude de nations. Je te rendrai extrêmement fécond, de toi je ferai des nations, et des rois sortiront de toi. J’établirai mon alliance entre moi et toi, et ta race après toi, de génération en génération, une alliance perpétuelle, pour être ton Dieu et celui de ta race après toi. À toi et à ta race après toi, je donnerai le pays où tu séjournes, tout le pays de Canaan, en possession à perpétuité, et je serai votre Dieu. » (Genèse 17, 1 à 8)

En dépit de l’âge avancé de Sarah (90 ans), Dieu lui accorde ce fils, Isaac, par lequel seul passe cette alliance, même si Ismaël n’est pas pour autant totalement délaissé par Yahvé, bien qu’il soit avec sa mère rejeté par Abraham de son foyer :

« Mais Dieu reprit : « Non, mais ta femme Sara te donnera un fils, tu l’appelleras Isaac, j’établirai mon alliance avec lui, comme une alliance perpétuelle, pour être son Dieu et celui de sa race après lui. En faveur d’Ismaël aussi, je t’ai entendu : je le bénis, je le rendrai fécond, je le ferai croître extrêmement, il engendrera douze princes et je ferai de lui une grande nation. Mais mon alliance, je l’établirai avec Isaac, que va t’enfanter Sara, l’an prochain à cette saison. » (Genèse 17, 19 à 21)

« Or Sara aperçut le fils né à Abraham de l’égyptienne Agar, qui jouait avec son fils Isaac, et elle dit à Abraham : « Chasse cette servante et son fils, il ne faut pas que le fils de cette servante hérite avec mon fils Isaac. » Cette parole déplut beaucoup à Abraham, à propos de son fils, mais Dieu lui dit : « Ne te chagrine pas à cause du petit et de ta servante, tout ce que Sara te demande, accorde-le, car c’est par Isaac qu’une descendance perpétuera ton nom, mais du fils de la servante je ferai aussi une grande nation car il est de ta race. » Abraham se leva tôt, il prit du pain et une outre d’eau qu’il donna à Agar, et il mit l’enfant sur son épaule, puis il la renvoya. Elle s’en fut errer au désert de Bersabée. Quand l’eau de l’outre fut épuisée, elle jeta l’enfant sous un buisson et elle alla s’asseoir vis-à-vis, loin comme une portée d’arc. Elle se disait en effet : « Je ne veux pas voir mourir l’enfant ! » Elle s’assit vis-à-vis et elle se mit à crier et à pleurer. Dieu entendit les cris du petit et l’Ange de Dieu appela du ciel Agar et lui dit : « Qu’as-tu, Agar ? Ne crains pas, car Dieu a entendu les cris du petit, là où il était. Debout ! Soulève le petit et tiens-le ferme, car j’en ferai une grande nation. » Dieu dessilla les yeux d’Agar et elle aperçut un puits. Elle alla remplir l’outre et fit boire le petit. Dieu fut avec lui, il grandit et demeura au désert, et il devint un tireur d’arc. Il demeura au désert de Parân et sa mère lui choisit une femme du pays d’Égypte. » (Genèse 21, 9 à 21)

Isaac est le seul fils légitime (et non pas biologique) d’Abraham et c’est la raison pour laquelle le texte biblique précise dans l’épisode du sacrifice « Prends ton fils, ton unique, que tu chéris, Isaac » alors même qu’Ismaël est vivant et plus âgé qu’Isaac.

  • La falsification musulmane

La reprise par l’islam des récits des prophètes antérieurs, dont celui – fondamental – d’Abraham, pose naturellement un problème car les musulmans arabes descendent selon la Tradition non pas d’Isaac (les descendants d’Isaac étant le peuple juif) mais d’Ismaël, fils d’une servante d’Abraham, sorte de bâtard illégitime au regard du statut de fils légitime d’Isaac, seul transmetteur de l’alliance avec Dieu.

Cette infériorité d’Ismaël par rapport à Isaac au regard de Dieu pouvant apparaître insupportable à l’islam, Tayeb Chouiref, intervenant de l’émission « Islam » diffusée le 3 septembre 2017, indique que la tradition musulmane prétendrait, en dépit de la limpidité du texte juif, que le sacrifice d’Abraham concernerait non pas Isaac mais Ismaël  : « Lorsque le Coran évoque le sacrifice d’Abraham, il ne précise pas le nom de l’enfant : est-ce que c’était Ismaël ? Est-ce que c’était Isaac ? On sait qu’Abraham a eu deux enfants : Ismaël et puis ensuite un second enfant Isaac. Ce n’est pas précisé dans le Coran. La tradition musulmane – en particulier les hadiths, les paroles du Prophète – penche plutôt pour Ismaël, qui est l’ancêtre des Arabes. »

Fete Aid 170903 Extrait 2

Ce mensonge, fondé sur une falsification, fonderait donc ainsi la fête de l’Aïd al-Adha, jusqu’à faire croire aux fidèles musulmans – qui, dans leur immense majorité n’ont jamais ouvert une Bible et donc ignorent l’existence d’Isaac  qu’Ismaël serait l’enfant biologique unique d’Abraham.

C’est ce qui semble en effet ressortir du sermon professé par l’imam à la Grande Mosquée de Paris le 2 septembre 2017 à l’occasion de cette fête : « Regardez la réponse du fils, quand tu inculques les vraies valeurs à ton enfant, quand tu l’éduques comme il doit être éduqué : Ismaël dit à son papa… »

Fete Aid 170903 Extrait 3

  • Conclusion

La plus grande fête musulmane est fondée en France sur un mensonge effarant, consistant dans une falsification de l’histoire biblique visant à donner aux musulmans la primauté sur les juifs, ce qui d’ailleurs n’est pas sans entretenir le ressentiment de l’islam vis-à-vis du judaïsme car l’islam revendique la préséance de l’Oumma musulmane sur toutes les autres communautés : « Vous êtes la meilleure communauté suscitée chez les hommes : vous ordonnez ce qui est convenable, vous interdisez ce qui est blâmable et vous croyez en Allah. » (Coran, sourate 3, verset 110) et « Ne perdez pas courage, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais croyants. » (Coran, sourate 3, verset 139).

Si ce mensonge est présenté dans cette émission de l’islam de France comme une vérité générale en islam, on peut néanmoins s’interroger sur le fait de savoir si ce point de vue est effectivement et unanimement partagé en islam compte tenu de la clarté du texte biblique, qui ne laisse aucun doute s’instaurer.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

4 × 4 =

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.