Le jihad « intérieur »

Les partisans de cette thèse à vocation rassurante consistant à limiter le jihad à l' »effort intérieur » remontent notamment à la racine de jihad est JHD qui exprime l’idée « d’effort vers », dans le chemin de la foi et de combat du mal, pour tenter de démontrer que la signification première du terme jihad est celle de combat intérieur et spirituel du croyant qu’il doit mener continuellement pour rester dans la voie de Dieu.

Cette thèse est reprise dans l’article 9 de la Convention citoyenne des musulmans de France qui passe sous silence le jihad armé et indique : « Contrairement à une idée répandue, le mot « Jihâd » signifie notamment la lutte et l’effort sur soi-même, en accomplissant le bien. Cette action a surtout une dimension spirituelle, consistant à œuvrer de son mieux pour accomplir le bien. Dans le Coran, ce mot est employé sous ses différentes formes à 33 reprises. »

Le jihad intérieur a en réalité pris une certaine consistance bien après la mort de Mahomet et la vague expansionniste musulmane des VIIème et VIIIème siècles en Europe et au Moyen Orient (qui n’avait pas grand-chose de défensif) : dans un empire musulman dont les frontières avaient commencé à se stabiliser, le développement de l’islam, qui s’exprimait auparavant essentiellement par les armes, s’est poursuivi au travers de l’exploration de voies de recherche plus spirituelles, sans pour autant rendre caduque la voie guerrière. Il fallait, d’une certaine façon, « digérer » les conquêtes.

Ainsi, petit à petit, cette notion d’intériorité s’est développée, notamment avec un grand théologien et philosophe, Ibn Qâyyim al-Jawziyyah, qui a vécu dans la première moitié du XIVème siècle et qui a conceptualisé différents types de jihad personnel ou intérieur.

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