Jihad : Négationnisme ou Révisionnisme

Défendre l’idée d’une religion d’amour et de paix paraît extrêmement compliqué compte tenu des nombreux passages du Coran et de la vie de Mahomet (cf. Les faits) faisant état de batailles, expéditions, meurtres,... Aussi la plupart des théologiens ou intellectuels musulmans tentent de reléguer le jihad armé, combat dans la voie d’Allah au rang de phénomène annexe et marginal, alors même qu’il est parfaitement justifié doctrinalement (cf. doctrine du jihad), qu’il figure explicite dans le Coran, et qu’il est historiquement incontestable au regard des sources musulmanes elles-mêmes.

Deux procédés sont habituellement utilisés pour marginaliser « le combat armé dans la voie d’Allah » (al jihad fi sabil allah) : 1) mettre au premier plan le jihad « intérieur », c’est-à-dire le combat intérieur que le croyant doit mener sur lui-même pour adopter une attitude conforme aux préceptes de sa religion ; 2) défendre l’idée que le combat armé des musulmans n’était que la conséquence de la légitime défense.

On retrouve ces deux idées dans l’émission de France 2 du dimanche matin de décembre 2014 consacrée au jihad :

France 2 Dimanche Le Jihad
France 2 Le jihad décembre 2014

France 2 Islam Le jihad Decembre 2014 1

Pour le point 1) relatif au jihad intérieur, se reporter à l’article Le jihad intérieur

S’agissant du point 2) : Force est de constater que cette vision s’accorde très mal avec le détail des guerres, expéditions, meurtres, razzias, etc. de toutes sortes diligentées par Mahomet et auxquels il a bien souvent participé [article en cours de rédaction]. Cela s’accorde également très mal avec la conquête d’une bonne partie du Moyen Orient et de l’Afrique du nord aux VIIème et VIIIème siècles.

Tareq Oubrou, interviewé dans l’émission ci-dessus a par ailleurs écrit : « À l’instar de la Bible, le Coran contient beaucoup de passages qui, il est vrai, résonnent comme autant d’appels à la violence. Isolés de l’ensemble du discours coranique et de ses circonstances historiques, ces passages donnent effectivement l’image d’une religion belliqueuse et intolérante. Celui-ci par exemple : « Une fois passés les mois sacrés, tuez les associationnistes (polythéistes) où vous les trouvez… » (Coran 9, 5). Ou encore celui-là : « Ô les croyants ! Ne prenez pas pour alliés les juifs et les chrétiens ; ils sont alliés les uns des autres. Et celui d’entre vous qui les prend pour alliés, devient un des leurs. » (Coran 5, 51). Je pourrais citer au moins une dizaine d’autres passages de rupture ou de combat. »

Mais d’un autre côté, Tareq Oubrou écrit aussi : « L’islam est une religion qui a la particularité d’avoir vu le jour en même temps qu’un État, au début du VIIème siècle à Médine, dans la péninsule arabique, après que le prophète a été chassé de La Mecque. Ainsi sommes-nous, dès l’origine, en présence de deux réalités bien distinctes : d’un côté, la révélation coranique que le prophète Muhammad a pour mission de transmettre – et non d’imposer – dans un environnement polythéiste intolérant et hostile ; de l’autre, la naissance d’un empire soumis à des menaces extérieures. (…) Pris dans une logique d’empire, les Arabes n’ont d’autres choix que d’attaquer pour survivre. D’où la rapide extension de la religion naissante sur la rive sud de la Méditerranée. (…) Voilà pourquoi il est essentiel de bien séparer ces deux ordres de réalité : naissance d’une religion d’un côté, logique d’empire de l’autre. » Si Tareq Oubrou reconnaît ainsi la logique d’empire, et donc l’aspect offensif du jihad, il ouvre une nouvelle porte dialectique pour se sortir d’affaire en essayant de séparer la religion et ce qu’elle conduit à faire, ce qui n’a aucun sens.

Malek Chebel est quant à lui certainement le plus réaliste et le plus honnête quand il écrit tout simplement : « L’islam est une religion de conquêtes. Ce que l’on a appelé l’expansion de l’islam se révèle être une œuvre intimement liée à la nature même de la prédication. »

Malek Chebel ajoute : « On peut légitimement se demander si l’islam, dont l’humanisme universaliste, reconnu par tous et professé par la plupart, est encore capable, dans le concret, d’inventer ses prophètes de la non-violence, ses Mahatma Gandhi et ses Martin Luther King. Autrement dit, l’islam est-il en mesure de se réformer au point de refuser en son sein toute forme de violence (…) ? »

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