Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (13) L’exemplarité de Mahomet, ou « Pourquoi l’islam a intrinsèquement besoin de la violence »

  • Problématique

Bien que Mahomet ait agi pour l’essentiel, on l’a vu dans de précédents articles, comme un chef de clan conduisant une guerre pour établir son pouvoir au nom de la religion, celui-ci est donné en exemple par l’islam à tout musulman. La question est donc de préciser quelles conséquences pratiques doit tirer aujourd’hui le musulman au regard de cette référence incontournable.

  • Mahomet, l’exemple à suivre

Pour Tareq Oubrou, « Le Coran exhorte le musulman à suivre l’exemple du Prophète. Malheureusement, on confond souvent deux choses : suivre son exemple et le copier ; la référence et l’identification. Rares sont ceux qui sont capables d’éviter une telle confusion. La référence consiste à prendre le Prophète comme modèle en tenant compte, d’une part, du contexte spécifique dans lequel il a vécu, et, d’autre part, du contexte spécifique dans lequel vit le musulman et de son identité personnelle. (…) L’identification, elle, s’apparente souvent à une imitation bête et à une aliénation néfaste. »

La question de l’imitation de Mahomet pose ainsi une question fondamentale : que vaut aujourd’hui, au XXIème siècle, l’islam de Mahomet, guerrier, qui a combattu les mécréants armes à la main ?

L’argument de Tareq Oubrou est fondé sur l’idée que le comportement tribal et guerrier de Mahomet ne constituerait plus un exemple à appliquer aujourd’hui car il serait devenu caduc. C’est ce que Tareq Oubrou exprime par la référence au « contexte spécifique dans lequel Mahomet a vécu » et qui aurait justifié la guerre. On retombe encore une fois dans cet illogisme fondamental : Mahomet, dernier prophète, prétendait délivrer une parole divine, définitive et universelle, mais il l’a en réalité pliée aux contraintes tribales de l’époque.

Il est évident que les fondamentalistes musulmans et nombre d’imams des pays du Golfe sont loin d’être du même avis quant à la caducité du caractère guerrier de l’islam. Et évoquer, au sujet de l’imitation stricte du comportement du Prophète,  « une imitation bête et une aliénation néfaste » est justifiable des délits de blasphème et d’apostasie.

  • Mahomet, l’intouchable

En réalité, ce type de relativisation peut naturellement choquer tous les musulmans attachés à la figure mythifiée de leur prophète, moins pour une raison doctrinale – puisqu’en terme de spiritualité la relativisation n’a aucun sens –, qu’en termes de frustration identitaire face un Occident jusque-là dominateur et qui ose porter atteinte à la mémoire du bédouin, avec la complicité involontaire d’un imam français.

Tareq Oubrou en donne une autre illustration à propos de la francisation du nom de Muhammad (ou Mohammed) en Mahomet qui irrite tant certains musulmans mais qu’il ne fait pas sienne, avec un bon sens bien occidental : « Il est étonnant de constater la réaction scandalisée de nombreux musulmans, et pas forcément les plus pratiquants, dès qu’ils entendent prononcer le nom « Mahomet ». Ils estiment que ce vocable est le résultat d’une laïcisation profanatrice de la personne du Prophète. Ils se lancent dans des élucubrations linguistiques très poussées (…). Ces mêmes musulmans qui contestent l’usage de « Mahomet » n’ont en revanche aucun problème pour traduire en français les noms des autres prophètes de l’islam, non arabes : Îsa devient Jésus, Mûsâ devient Moïse, etc. (…) D’ailleurs, les noms arabes de ces prophètes sont déjà des traductions de noms qui n’étaient pas arabes, mais hébreux ou syriaques – Moïse était Moshé en hébreu comme en syriaque, Jésus était Yeshu’a en hébreu ou Yasû en syriaque… (…) En croyant islamiser les prophètes par l’arabisation de leur nom, on atteint le comble de la confusion entre le théologique et l’identitaire ethnique. De façon tout aussi incohérente, ces musulmans rétifs au nom de Mahomet n’ont aucune objection à traduire Allah par Dieu. »

  • Conclusion : l’islam, une idéologie politique violente et non une spiritualité

Compte tenu de ce qu’a été la vie de Mahomet, remplie de batailles et de guerres à compter de l’hégire comme en témoigne formellement la Sîra, l’islam dit « modéré » d’Europe et de France est pris dans un étau et écrasé : d’un côté, par un islam fondamentaliste, qui retourne sans état d’âme aux sources (musulmanes) incontournables et indubitables de l’islam des origines, et de la violence qui l’a accompagné constamment à partir de Médine ; de l’autre, par le risque de faire exploser ou de dissoudre l’islam dans ses contradictions à trop vouloir excuser cette violence originelle, jusqu’à aboutir à une relativisation du message coranique incontrôlable et irréversible. Pour maintenir le carcan qui lui assure sa survie, l’islam a besoin tôt ou tard de la violence.

En effet, la violence (physique et psychologique), qui s’exprime par l’intolérance et par les peines et châtiments encourus pour des motifs religieux (blasphème, absence de respect du ramadan, apostasie, etc.), sont pour l’islam une question existentielle.

Sauf à pratiquer (comme en réalité bon nombre de musulmans occidentaux jusqu’ici) un islam qui a pris ses distances par rapport à l’islam de Mahomet, jusqu’à presque le renier ou l’abandonner de fait – d’où la qualification d’islam « déviant » ou « dévoyé » au regard de l’orthodoxie –, l’islam ne peut pas survivre dans un milieu ouvert, imprégné par l’esprit critique, où les tabous religieux n’existent pas, c’est-à-dire où tout discours religieux ou spirituel est acceptable ; car ce serait accepter l’hypothèse que l’islam puisse avoir tort, notamment par la bouche de son prophète. Aucun pays musulman ne l’accepte aujourd’hui.

L’interview de l’ambassadeur d’Arabie Saoudite à l’O.N.U., Abdallah al-Mouallimi, réalisée en mars 2016, explique fort clairement ce point de vue : toute remise en cause d’Allah, tout doute exprimé publiquement sont jugés comme subversifs et assimilables à du terrorisme dans la terre sainte de l’islam (et donc passibles de la peine de mort). Difficile d’être plus clair ! Mieux vaut pratiquer la taqiya en Arabie Saoudite si vous voulez rester vivant…

Arabie Saoudite Liberte de conscience 2016 mars

Or, qu’on le dise une bonne fois pour toutes : si la formulation peut dans une certaine mesure dépendre d’un contexte historique, le contenu d’un message véritablement spirituel est fondamentalement universel et définitif, et les valeurs profondes qu’il exprime sont intemporelles : ce message doit refléter une vision définitive du monde et de son sens et plus encore quand on prétend être le dernier prophète –, et ne peut en aucun cas dépendre des vicissitudes des sociétés humaines et des mœurs du temps.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

vingt − 9 =

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.