Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (5) Le Coran ne peut être compris qu’en arabe

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  • La problématique

S’il est bien un argument entendu de façon récurrente (presque une ritournelle) par les non arabophones qui commentent ou critiquent le Coran, c’est celui de la langue. Ainsi, pour une raison mystérieuse, les non arabophones se trouveraient privés de tout droit et de toute légitimité en ce domaine (même si nous ne parlons pas ici de style littéraire ou poétique, génie propre à chaque langue, mais bien de sens du texte).

L’arabe serait ainsi la seule langue possédant ses propres concepts, intraduisibles dans une autre langue, puisqu’un tel tabou de principe ne pèse sur aucune autre langue (même pas sur les langues asiatiques dont la structure linguistique et les systèmes de pensée sont pourtant bien éloignées des nôtres). Au risque d’être accusé de caricature, il semblerait donc que les bilingues de naissance en arabe aient un sérieux problème cervical : leur cerveau pourrait raisonner en arabe à propos du Coran mais plus dans une autre langue !

Cessons-là ces enfantillages : il n’y a jamais stricte égalité entre deux mots de deux langues différentes mais on peut trouver des équivalences, quitte à user d’un ensemble de mots pour capter certaines nuances (voire à forger un nouveau mot). Il n’y a pas d’obstacle insurmontable aux esprits de bonne volonté si on s’intéresse au contenu de la pensée.

Mais l’homme de la rue qui s’aventure sur ce terrain doit généralement subir cet anathème de la « bonne » traduction, qui dépend en pratique des vues de son interlocuteur. En d’autres termes, votre traduction n’est certainement pas la bonne si vous n’êtes pas d’accord avec votre interlocuteur arabophone, argument d’ailleurs souvent ressassé par des personnes loin de disposer des connaissances linguistiques et historiques suffisantes pour s’attaquer elles-mêmes sérieusement à cette question (tous les musulmans étant loin d’être arabophones, et surtout dans un arabe qui ne soit pas que dialectal) ; un peu comme si tout anglophone avait le niveau linguistique et littéraire suffisant pour commenter intelligemment Shakespeare.

C’est semble-t-il pourtant la position de Tareq Oubrou dont je vais essayer de décortiquer l’argumentaire.

  • L’argumentaire : le Coran est un texte sacré

Pour Tareq Oubrou, « La traduction du Coran n’est pas le Coran, puisqu’elle n’en est qu’une interprétation ; or l’interprétation du Coran n’est pas le Coran. Pour cette raison, aucune traduction ne saurait être canonisée, afin d’éviter d’imposer une seule lecture du Coran. Un tel problème ne se pose pas pour les Évangiles, car ils ne sont pas la révélation ; ils ne sont qu’un ensemble de témoignages de cette révélation, qui est Jésus. Le régime scripturaire n’est pas le même. »

Cet argumentaire cumule propos confus et erreurs de raisonnement :

1) « La traduction du Coran n’est pas le Coran, puisqu’elle n’en est qu’une interprétation ; or l’interprétation du Coran n’est pas le Coran. »

Cette affirmation est sous-tendue par l’idée que la question de l’interprétation ne serait liée qu’à l’existence de la traduction : si c’est bien ce qu’a voulu dire Tareq Oubrou, c’est absurde. Bien évidemment, la question de l’interprétation se pose d’abord dans la langue d’origine, l’arabe, car il faut bien d’abord savoir quelle idée ou concept on veut précisément traduire.

Ce questionnement n’est d’ailleurs pas propre à l’arabe : il est vrai dans toute langue, les mots ou les tournures étant rarement strictement univoques, dans l’absolu mais aussi par rapport au contexte. Mais le cas du Coran est spécifique tant la clarté du texte paraît discutable aux yeux de l’homme de la rue : il suffit de le lire pour le constater.

Si le nombre de traductions du Coran est très significatif (plus d’une centaine aujourd’hui en France selon l’émission de France 2 « Islam », réalisée par des musulmans), c’est d’abord que le texte d’origine pose un problème de clarté et de lisibilité même en arabe pour les arabophones de naissance (construction des phrases, mots manquants ou originellement illisibles, aucune logique dans la construction de la suite des versets, etc.). L’arabe était d’ailleurs loin d’être stabilisé et codifié linguistiquement au VIIème siècle.

Cela étant, des travaux d’orientalisants et d’islamologues (musulmans ou non) de grand renom, ayant passé leur vie à se pencher sur la question, ont été menés depuis de nombreuses années et ont permis de livrer des traductions tout à fait reconnues et « raisonnables ». Donc appuyons-nous sur eux et cessons de tergiverser, d’autant que le Coran ne manipulant aucune notion théologique complexe, il ne s’agit que de traiter de notions simples ; ce n’est pas de la physique quantique ! On est loin du bagage intellectuel nécessaire pour comprendre l’équation de Schrödinger.

2) « Un tel problème ne se pose pas pour les Évangiles »

Cette affirmation est fausse. Les Évangiles sont effectivement assez clairs pour l’homme de la rue et les principaux messages de nature morale qui y figurent sont compréhensibles pour qui sait lire, même sans bagage culturel important. C’est sans doute la raison pour laquelle la question de la traduction ne représente pas un enjeu crucial pour l’immense majorité des chrétiens et que l’accord s’est fait autour de quelques traductions de référence.

Cela étant, il n’en reste pas moins que les Évangiles contiennent ou font référence à des concepts religieux difficiles, voire mystérieux, qui peuvent partager les spécialistes sur des points précis de théologie assez pointue : le fils de l’homme, le Paraclet, le Saint Esprit, l’incarnation et la crucifixion du Fils de Dieu, la rédemption, l’accomplissement (et non l’abolition) de loi juive, etc.

3) « Les Évangiles ne sont pas la révélation : le régime scripturaire n’est pas le même »

Nous touchons là la pierre angulaire de l’argumentaire : un même texte (donc strictement les mêmes mots) ne saurait ainsi avoir le même statut, et donc la même signification, selon qu’il est déclaré d’origine divine ou non. Nous nous enfonçons ici dans les abîmes de la confusion mentale.

Au-delà de l’explicitation nécessaire à partir d’un exemple précis du sens de ce propos – qui est à première vue assez obscur –, qui décide que le texte est d’origine divine ? L’homme, puisque personne n’a jamais entendu Dieu parler ; ou alors, il faut l’enregistrer, cela fera du buzz sur internet. En d’autres termes, le recours à la divinité permet de s’affranchir de toute limite rationnelle et de dire ce qu’on veut sans aucune justification rationnelle objective.

  • L’obscurité du Coran

Cette référence à un divin, finalement incompréhensible, renvoie à un autre passage où Tareq Oubrou écrit : « Tout cela appelle le croyant à l’humilité intellectuelle. En effet, les fanatismes et intégrismes religieux trouvent leurs racines dans cette idée simpliste que l’on pourrait sonder l’intention de Dieu en se limitant dévotement, voire bêtement, à prendre un texte au pied de la lettre. L’interprétation du texte n’est pas le texte et, de ce fait, l’interprétation du sacré n’est pas sacrée. »

Ainsi, il faudrait, et dans certains cas seulement, ne pas comprendre tout simplement ce qui est écrit au prétexte que cela vient d’Allah, qui, comme on le sait, ne sait pas s’exprimer correctement à propos de choses élémentaires. La lecture « littérale », qui est tout simplement la lecture de bon sens qu’on apprend à l’école, n’a plus droit de cité pour une raison obscure. Et que veut dire cette incantation répétée « L’interprétation du texte n’est pas le texte » puisque déjà abordée plus haut ?

D’ailleurs, Tareq Oubrou reconnaît lui-même que le Coran n’est pas un modèle de clarté, car il parle même d’anarchie : « Un livre qui se revendique comme vrai, comme le Coran, ne doit pas refuser la critique intellectuelle objective. Reste que cette méthode est difficilement applicable à un texte aussi anarchique épistémologiquement. De plus, à la différence de la Bible, le Coran est surtout un texte métaphysique, dans le sens où l’on n’y trouve ni datations, ni généalogie, ni chronologie, ni indications géographiques. »

Le Coran est un texte peu lisible (il faut en faire soi-même l’expérience) au point qu’il met lui-même en garde contre sa propre obscurité, comme l’indique clairement le verset 7 de la sourate 3, ce qui est quand même inouï pour un texte réputé par ailleurs parfait par ses laudateurs : « C’est Allah qui a fait descendre sur toi le Livre : il s’y trouve des versets sans équivoque, qui sont la base du Livre [le Coran], et d’autres versets qui peuvent prêter à interprétations diverses. Les hommes qui ont au cœur une inclinaison vers l’égarement, mettent l’accent sur les versets équivoques (obscurs*), cherchant la dissension en essayant de leur trouver une interprétation, alors que nul n’en connaît l’interprétation, à part Allah. Mais ceux qui sont bien enracinés dans la science disent : « Nous y croyons : tout est de la part de notre Seigneur ! » Mais, seuls les doués d’intelligence se le rappellent. »

* « équivoques » chez Blachère, « obscurs » chez Masson (« mutasabihat » : qui nécessitent des explications, sujets à interprétation diverses, ce qui revient à dire « obscurs » au sens de la littérature classique française cf. Art poétique de Boileau ou de la mathématique), « allégoriques » chez Kasimirski. On peut retenir « obscur » dans la mesure où cela signifie que le sens n’en est véritablement clair et connu que par Allah.

On se demande bien alors à quoi servent les versets « équivoques » ou « obscurs » et pour quelle raison Allah n’a pas livré plutôt que des versets clairs. Et si Allah comprend seul la signification des versets obscurs, que signifie alors « Nous y croyons » puisqu’on ne sait pas à quoi on doit croire ? Décidément, les voies d’Allah sont impénétrables !

  • Conclusion

La dialectique musulmane proposée par Tareq Oubrou a ceci d’amusant et de pratique qu’elle permet de parvenir au résultat qu’on veut puisque la raison en est absente. Le Coran se proclamant seul la transcription en arabe de la parole de Dieuentité nébuleuse dont personne n’a jamais démontré l’existence et que chacun conçoit au gré de sa fantaisie –, il se veut incomparable à tout autre texte religieux. Et si Mahomet avait mal entendu les paroles de Dieu ? Peut-être Mahomet était-il malentendant sans le savoir ?

Inutile de polémiquer sur l’existence de Dieu ou non, qui est une question indécidable. Même en mettant de côté le caractère divin ou non de Jésus (ce qui est une question de foi), il reste qu’on peut trouver dans les paroles ou les comportements du Christ l’expression d’une sagesse qui interpelle, tout comme dans les paroles attribuées à Bouddha (le bouddhisme étant une spiritualité sans Dieu entendu au sens monothéiste).

Aussi, la question beaucoup plus fondamentale n’est-elle pas plutôt finalement : quelle sagesse nouvelle est censée émerger de l’islam que l’Occident et l’Asie n’auraient pas déjà produite ? Ou plus directement et plus simplement : à quoi sert l’islam ? Le débat est ouvert. N’hésitez pas à y contribuer.

Une réflexion sur « Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (5) Le Coran ne peut être compris qu’en arabe »

  1. L’imam de Bordeaux étale sa culture comme d’autre la confiture…et chacun sait que moins on en a plus on l’étale ! Il utilise un langage emberlificoté pour noyer le poisson….comme la gabote Ali Juppé qui n’y comprend que chti ! Les idiots qui nous gouvernent étant totalement ignorants de la chose coranique se font rouler dans la farine, comme les vieilles maghrébine roule le couscous, par Tarek l’intégriste, un malin imbécile. De Mitterrand à Hollande en passant par Chichi et Sarko force est de constater que ces gens là, à qui nous avons bêtement confié nos destins et celui de la France, sont des ignorants crasse de l’islam et devraient prendre connaissance de La Stratégie culturelle pour le Monde islamique, version amendée et adoptée par la 4ème Conférence islamique des Ministres de la Culture à Alger le 15-16 décembre 2004, L’islam n’est qu’un projet de domination politique mondiale qui passe par la soumission et la peur ! Tarek Oubrou et ses congénères sont des bombes à retardement….L’islam devrait être interdit dans le monde occidental ou tout du moins être reçu dans nos contrée comme il l’est au Japon ou en Chine !

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