Malek Chebel : la mort d’une voix modérée mais utopiste ?

Malek Chebel, mort le 12 novembre 2016, faisait partie des islamologues ayant pignon sur rue en France. Même si, comme pour tous les islamologues musulmans et imams, son opinion n’engageait que lui-même (puisqu’il n’était investi d’aucune autorité légitime doctrinale particulière), il avait la qualité d’être un interlocuteur assez raisonnable avec qui il était possible de dialoguer sur le sujet de l’islam. Si l’islam véritable avait correspondu à sa conception personnelle de l’islam, nul doute que la problématique de l’intégration de l’islam en France se serait posée de façon tout à fait différente.

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Son esprit critique courageux vis-à-vis de sa propre religion en faisait une personnalité inhabituelle au sein du monde musulman. Le regard critique qu’il portait sur l’islam lui aurait valu sans aucun doute l’appellation d’« islamophobe » de la part de la part de nos journalistes, hommes des medias ou « défenseurs » des droits de l’homme, s’il n’avait été lui-même de culture musulmane. Pour en juger, il est intéressant de relire ses écrits. En voici quelques extraits : malek-chebel .

Face à de telles critiques, on peut s’interroger sur ce qui attirait Malek Chebel dans la religion musulmane, d’autant que l’islam ne semble avoir apporté aucun concept nouveau depuis le bouddhisme, le judaïsme et le christianisme, et n’a guère révolutionné la vision juive du monde monothéiste comme a pu le faire le christianisme. Cet attachement viscéral à l’islam relevait en réalité de la question identitaire qui touche aux racines culturelles les plus profondes. On peut en dire à peu près autant d’Abdennour Bidar, critique virulent (à contrecœur) de l’islam mais pourtant musulman.

Au-delà des critiques, Malek Chebel conservait néanmoins une vision volontairement optimiste de l’évolution possible de l’islam dans le contexte occidental, vision associée néanmoins à un grand danger : laisser penser que le vrai islam n’est pas celui de Mahomet, qui serait un islam historique et régional. Or la lecture de l’ensemble des textes sacrés de l’islam montre que la doctrine musulmane est tout à fait cohérente au-delà de l’apparente anarchie des textes : absence de liberté religieuse, infériorité de la femme, jihad, rejet du concept de laïcité, etc. ; autant de principes qui ne sont pas les reliquats d’une histoire passée et qui vivent encore vigoureusement dans le monde musulman d’aujourd’hui, avec des nuances il est vrai selon les pays.

Malheureusement, Malek Chebel ne citait qu’avec une grande économie les textes sacrés de l’islam pour fonder son discours et ses opinions, ce qui était assez regrettable. C’est bien d’ailleurs ce que reprochent les mouvements fondamentalistes comme l’État Islamique : les musulmans ne connaissent pas leurs textes sacrés et subissent l’influence des « imams qui égarent » et qui fondent leur discours sur la projection personnelle de leurs souhaits et non sur la réalité des textes.

On ne peut que trouver positif que Malek Chebel ait souhaité le développement d’un islam modéré mais ce souhait, jusque-ici guère couronné de succès, ne doit pas faire oublier la réalité de l’islam de Mahomet. Or pour instaurer un vrai islam modéré compatible avec les valeurs occidentales, il faut en passer par une revue critique profonde de l’islam de Mahomet et, pour tout dire, par l’abandon de Mahomet comme modèle exemplaire et par une désacralisation du Coran, ce qui me paraît totalement utopiste, car l’islam s’effondrerait alors sur lui-même.

Présenter un tel projet comme possible fait de l’islam « modéré » en réalité l’ennemi principal à long terme de l’Occident, et non les mouvements fondamentalistes qui pratiquent le jihad et donc naturellement le terrorisme (car les raisons de lutter sont alors évidentes). En effet, les représentants de l’islam « modéré » accaparent dans les médias le droit de critiquer l’islam, mais de façon finalement assez superficielle et sans vraie remise en cause de cette idéologie religieuse. Ils reçoivent l’aide des médias français qui leur donnent la parole régulièrement sans offrir, et de loin – et sans que cela chatouille la conscience des institutions chargées de surveiller le monde médiatique –, la même possibilité d’expression à ceux qui les contestent et les interpellent (hormis quelques personnes, que l’on peut compter sur les doigts d’une main, ayant déjà une notoriété bien établie et qu’il est difficile de faire taire publiquement) : ce qui s’appelle la censure. Ainsi, les problématiques sont souvent présentées de façon édulcorée, et cette critique « gentillette » sert au fond d’alibi à l’immobilisme d’une énorme majorité silencieuse qui cautionne en réalité au bout du compte l’application des principes musulmans contre les principes de la République et, à terme, l’application de la chari’a.

Il est donc urgent de former tous les Français à la réalité des textes sacrés de l’islam pour mettre fin à cette manipulation, condition sine qua non du dévoilement de la vérité, de la sortie de l’endoctrinement médiatique actuel, et de l’ouverture d’un vrai questionnement sur la question de la compatibilité de l’islam avec l’Occident.

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