Mahomet était-il illettré ?

Le terme « ummî » est employé dans le Coran pour qualifier Mahomet. Selon certains, ce terme veut dire « illettré », l’illettrisme de Mahomet étant considéré comme une preuve indubitable de l’origine divine du Coran, car aucun homme illettré n’aurait pu l’écrire.

Position de M. Abdurrahman Badawî (traducteur de la Sîra) :

Pour M. Badawî, ce mot signifiait que le message de Mahomet était destiné à toutes les nations, le sens d' »illettré » étant apparu beaucoup plus tardivement de façon peu claire.

« Nous croyons que l’adjectif « ummî » est un adjectif relatif formé de « umam » au pluriel (« nations »). Comme l’exige la morphologie, pour former un adjectif relatif d’un nom pluriel, il faut le réduire au singulier.  (…) Donc, selon nous, « ummî » vient de « umam » au pluriel par le biais du singulier « ummah » ; il veut dire : international, valable ou destiné à toutes les nations. Donc le prophète « ummî » est le prophète envoyé et destiné à toutes les nations, le prophète international pour ainsi dire. (…) Il serait intéressant de poursuivre l’histoire de l’épithète « ummî », son emploi chez les poètes et les prosateurs durant au moins les cinq premiers siècles de l’hégire. On verra alors à quel moment elle a eu le sens d' »illettré ». »

Extrait de la Sîra :

« L’année où Dieu voulut honorer Mahomet et lui attribuer sa mission prophétique, à l’âge de quarante ans, au mois de ramadân, l’Envoyé de Dieu sortit pour sa retraite à Hirâ, comme il avait coutume de le faire. Il était accompagné de sa famille. La nuit même où Dieu lui fit l’honneur de sa mission, l’ange Gibrîl vint le voir. L’Envoyé de Dieu racontait : tandis que je dormais, Gibrîl se présenta à moi, tenant un étui en feutre brodé contenant un livre.
–  Lis, m’ordonna-t-il.
–  Lire quoi ? demandai-je.
Il appliqua alors l’étui sur mon visage, m’empêchant de respirer à tel point que je crus en mourir. Au risque de m’étouffer, Gibrîl ne cessa de m’ordonner de lire. Je demandai, excédé :
–  Enfin, lire quoi ?
–  Lis au nom de ton Seigneur qui a créé ! Il a créé l’homme d’un caillot de sang. Lis… Car ton Seigneur est le Très-généreux qui a instruit l’homme au moyen du calame et lui a enseigné ce qu’il ignorait.
Je lus. Gibrîl se tut et s’en alla loin de moi. »

 

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