Le ramadan : une bien curieuse pratique

Toutes les religions on spiritualités accordent une place à l’ascèse et notamment au jeûne, supposé, par un détachement forcé des choses de ce monde, permettre à l’homme de se concentrer sur sa nature spirituelle véritable et donc de se rapprocher de Dieu (pour les religions monothéistes). Cette pratique suggère quelques commentaires.

1) Le jeûne n’a d’effet réellement notable sur le corps humain qu’au bout de plusieurs jours

De nombreuses études scientifiques sur le jeûne sont disponibles aujourd’hui. La phase de jeûne court de 3 ou 4 jours est suivie par une phase de rééquilibrage du métabolisme dû au stress alimentaire lié à l’absence de nourriture et qui a notamment pour effet une détoxification de l’organisme (habituellement passive). Ce mécanisme de rééquilibrage est complexe et toutes ses facettes ne sont pas encore connues compte tenu du bouleversement hormonal et neuro-endocrinien qu’il provoque.

Beaucoup d’effets constatés ne sont pas expliqués. On utilise dans certaines circonstances le jeûne comme moyen de lutter contre certaines maladies dont on a du mal à venir à bout par des méthodes « traditionnelles » (ex. eczéma, maladies articulaires, certains cancers, certaines troubles psychiatriques, etc.).

Il paraît donc scientifiquement audacieux d’attacher un effet notable de « purification » du corps à un jeûne diurne uniquement. Et ce d’autant plus que la nuit est généralement l’occasion d’une « compensation » bien méritée !

D’ailleurs, on ne brûle pas ses graisses dans ces conditions contrairement à ce que dit le médecin interviewé dans l’émission « Islam » de France 2 diffusée le 16 juin 2016 (cf. ci-dessous). Et entendre ce médecin rattacher le jeûne du ramadan à la « surbouffe » qui caractérise l’époque contemporaine est un tour de force étonnant pour une pratique inventée il y a 14 siècles : Dukan avant l’heure !

2) Le rattachement du jeûne à la spiritualité est une projection humaine

La nature a bien fait les choses et nombre d’animaux, du fait des contraintes de leur milieu, sont amenés à jeûner sur des durées pouvant être très longues (cf. hibernation, migration). L’homme, animal lui aussi, profite d’un dispositif lui permettant de survivre dans des conditions plus ou moins difficiles. Tout cela n’a rien à voir avec la spiritualité ou la religion mais avec la nature. Il faudrait sans doute en parler à l’ours ou au manchot empereur, grands jeûneurs s’il en est, pour voir ce qu’ils en pensent.

Cela étant, l’homme reste libre de donner la signification imaginaire qu’il souhaite au jeûne : la méthode Coué n’a point de limite, surtout dans le domaine de la religion, et il est très amusant de voir le médecin de l’émission précitée plonger dans le mythe de la « pensée magique » tout en la dénonçant…

3) Le jeûne du Ramadan est une pratique dangereuse du fait de la privation d’eau

Le jeûne correspond à la privation de nourriture et non d’eau. La privation d’eau imposée par le ramadan musulman n’est pas une pratique souhaitable, et c’est même une pratique très dangereuse dans les pays extrêmement chauds comme la péninsule arabique.

4) Le jeûne du Ramadan n’a par définition aucun sens dans les pays situés très au nord et très au sud

Imagine-t-on la vie des musulmans qui auraient le malheur d’habiter près des cercles polaires avec des nuits quasiment inexistantes pendant plusieurs jours à certaines phases de l’année (et l’inverse évidemment) ? La religion, comme la justice, doit-elle changer d’opinion selon les latitudes ? Il me semble qu’un certain Pascal avait déjà répondu à cette question.

France 2 Islam 160616 Ramadan

France 2 Islam 160612 Ramadan Extrait

Conclusion : Le jeûne du ramadan n’est qu’une des multiples formes de soumission de l’homme à son imaginaire divin, qui réclame pour finir le sacrifice d’une pauvre bête qu’on égorge selon un rite antédiluvien.

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