Attentat d’Orlando : quelques clefs pour mieux comprendre

À l’heure de l’attentat d’Orlando, il est utile de revenir sur les racines de l’homophobie musulmane et de la justification de l’emploi de méthodes de guerre vis-à-vis des sociétés occidentales qui autorisent des modes de vie jugés pervers en islam (homosexualité, musique non religieuse en discothèque, fornication ou simple mixité homme/femme, alcool, etc…).

  • Le statut de l’homosexualité en islam

L’homosexualité est sévèrement condamnée en l’islam en référence notamment à la destruction de Sodome et Gomorrhe qui conduisit l’anéantissement et donc à la mort des habitants. Le Coran toutefois ne confirme pas la peine de mort explicitement et ne précise pas la peine à appliquer : c’est la Tradition (Sunna) et la jurisprudence islamique qui en fixe la nature.

Sourate 7, verset 81. Vous assouvissez vos désirs charnels avec les hommes au lieu des femmes ! Vous êtes bien un peuple pervers.

Sourate 26, verset 165. Accomplissez-vous l’acte charnel avec les mâles de ce monde

Sourate 26, verset 166. et délaissez-vous les épouses que votre Seigneur a créées pour vous ? Vous êtes un peuple transgresseur.

Sourate 26, verset 167. Ils dirent : « Si tu ne cesses pas, Lot, tu seras certainement au nombre des expulsés ».

Sourate 26, verset 168. Il dit : « Je déteste ce que vous faites.

Sourate 26, verset 169. Seigneur, sauve-moi ainsi que ma famille de leurs agissements ».

Sourate 26, verset 170. Nous le sauvâmes alors, lui et sa famille,

Sourate 26, verset 171. sauf une vieille demeurée avec les attardés.

Sourate 26, verset 172. Puis Nous anéantîmes les autres

Sourate 26, verset 173. et fîmes pleuvoir sur eux une pluie de pierres : quelle pluie fatale pour ceux qui avaient été avertis !

Sourate 26, verset 174. Voilà bien là un signe. Cependant, la plupart d’entre eux ne croient pas.

Au-delà de la référence biblique, on peut évaluer la dureté de la peine en ayant en tête par comparaison la peine applicable à l’adultère des personnes mariées qui est punie par la mort par lapidation.

Par ailleurs, l’homosexualité ne peut constituer qu’une relation sexuelle interdite pire que la fornication entre personnes non mariées déjà punie par cent coups de fouet :

Sourate 24, verset 2. La fornicatrice et le fornicateur, fouettez-les chacun de cent coups de fouet. Ne faites preuve d’aucune indulgence dans l’exécution de la loi d’Allah, si vous croyez en Allah et au jour dernier. Qu’un groupe de croyants assiste à leur punition.

La jurisprudence chaféite (une des 4 grandes écoles juridiques de l’islam, et pas la plus dure) stipule :

Section Rp17.1 Dans plus d’un endroit dans le saint Coran, Dieu nous raconte l’histoire du peuple de Lot, et comment Il les anéantit en raison de leur mauvaise pratique. C’est un consensus parmi tant les musulmans que les adeptes des autres religions que la sodomie est une énorme faute. C’est même plus vil et plus laid que l’adultère.

Section Rp17.3 Le prophète a dit :

(1) « Tuez celui qui sodomise et celui qui est sodomisé. »

(2) « Que Dieu maudisse celui qui fait ce que faisait le peuple de Lot. »

(3) « Le lesbianisme est l’adultère entre les femmes. »       

S’il existe un certain flou sur la peine à appliquer et si la marge d’appréciation peut dépendre des lieux et des époques, il est clair que l’homosexualité est une faute très grave qui doit être sévèrement punie (ce qui est d’ailleurs le cas dans tous les pays musulmans aujourd’hui, y compris les pays d’Afrique du Nord).

La gravité de la faute homosexuelle et la nécessité de la punir en islam ne font donc aucun doute. Yusuf Qaradawi, président du Conseil Européen des fatwas et de la recherche (le premier recueil de fatwas de cet organisme ayant été préfacé par Tariq Ramadan en 2002), éminent théologien musulman, résume la perception de l’homosexualité dans la culture musulmane orthodoxe dans son livre « Le licite et l’illicite en islam » (disponible en librairie en France) : « L’homosexualité, cet acte vicieux, est une perversion de la nature, une plongée dans le cloaque de la saleté, une dépravation de la virilité et un crime contre les droits de la féminité. Quand ce péché répugnant se propage dans une société, la vie de ses membres devient mauvaise et il fait d’eux ses esclaves. Il leur fait oublier toute morale, toutes bonnes mœurs et toute bonne manière. (…) Les savants en jurisprudence ne furent pas d’accord sur le châtiment que l’on doit infliger à l’auteur de cette immoralité. Est-ce que les deux partenaires doivent recevoir le châtiment du fornicateur ? Est-ce que l’on tue l’actif et le passif ? Par quel moyen les tuer ? Est-ce avec un sabre ou le feu, ou en les jetant du haut d’un mur ? Cette sévérité qui semblerait inhumaine n’est qu’un moyen pour épurer la société islamique de ces êtres nocifs qui ne conduisent qu’à la perte de l’humanité. »

Le Conseil Français du Culte Musulman, s’il condamne naturellement l’homosexualité d’un point de vue moral, semble s’être en revanche gardé de se prononcer sur la nécessité de la punir en droit. Ainsi, la « Convention citoyenne des musulmans de France » n’évoque pas cette question, ce qui valide par défaut sa condamnation sévère tant dans la sphère privée que dans sa relation à la loi, car il est difficile d’imaginer en France, où le mariage pour tous fait encore débat, que cette question délicate ait été simplement oubliée lors de la rédaction.

  • L’utilisation de la terreur contre la perversité du monde occidental

Rappelons d’abord la référence à l’humiliation que doivent subir les non-musulmans combattus par les musulmans (cf. le jihad) d’après le Coran :

Sourate 9, verset 29. Combattez (…) ceux qui ne professent pas la religion de la vérité [l’islam] alors qu’ils ont reçu le Livre [le Coran], jusqu’à ce qu’ils versent la capitation de leurs propres mains après s’être humiliés.

Notons ensuite que l’emploi de terreur est originellement constitutive dans la culture musulmane du combat contre les mécréants, dont le monde occidental de nos jours. Ainsi, le Coran mentionne à plusieurs reprises l’aide qu’Allah apporte à Mahomet et aux musulmans pour terroriser et effrayer leurs ennemis :

Sourate 3, verset 151. Nous jetterons l’effroi dans les cœurs des mécréants (…)

Sourate 8, verset 12. Rappelez-vous quand ton Seigneur inspirait les anges en leur disant : « Je suis avec vous : affermissez donc les croyants. Je vais jeter l’effroi dans les cœurs des mécréants. Frappez leurs cous ; frappez-les sur les doigts. »

Sourate 33, verset 26. (…) Allah a jeté l’effroi dans leurs cœurs : un groupe d’entre eux vous avez tué [les mâles] et un groupe vous faisiez prisonnier [les femmes et les enfants].

Ce dernier verset renvoie spécifiquement à l’épisode de l’extermination des juifs Banû Quraydha par Mahomet à Médine qui figure dans la biographie de Mahomet (Sîra) d’Ibn Ishâq/Ibn Hîcham (IXème siècle) (publiée chez Fayard), biographie incontestée dans le monde musulman :

« Le Prophète ordonna de tuer tous les hommes des Banû Quraydha, et même les jeunes, à partir de l’âge où ils avaient les poils de la puberté.

Le Prophète ordonna de faire descendre de leurs fortins les Banû Quraydha et de les enfermer dans la maison de Bint al-Hârith. Il alla ensuite sur la place du marché de Médine, la même que celle d’aujourd’hui [époque d’Ibn Hichâm], et y fit creuser des fossés. Puis il fit venir les Banû Quraydha par petits groupes et leur coupa la gorge sur le bord des fossés.

Parmi eux, il y avait Huyayy ibn Akhtab, l’ennemi de Dieu, et ka’b ibn Asad, le chef des Quraydha. Ils étaient six à sept cents hommes. On dit même huit cents et même neuf cents. Pendant qu’ils étaient amenés sur la place par petits groupes, certains juifs demandèrent à Ka’b, le chef de leur clan :

– Que va-t-on faire de nous ?

– Est-ce que cette fois vous n’allez pas finir par comprendre ? Ne voyez-vous pas que le crieur qui fait l’appel ne bronche pas et que ceux qui sont partis ne reviennent pas ? C’est évidemment la tête tranchée !

Le Prophète ne cessa de les égorger jusqu’à leur extermination totale. » 

On voit donc que Mahomet n’avait pas grand-chose d’un homme d’amour et de paix mais était bien plutôt un chef de guerre qui n’hésitait pas à exterminer ses ennemis, vendre des femmes sur les marchés pour se procurer des chevaux, faire assassiner ceux qui le critiquaient ou se moquaient de lui (par exemple un poète juif), etc.

L’État Islamique, dont l’objectif est de remettre à l’ordre du jour l’islam de Mahomet, n’a donc aucune difficulté à justifier l’emploi de la terreur, ainsi que tous ceux qui lui font allégeance, de façon collective ou individuelle, de leur propre initiative ou pas. Dans « Penser l’islam », son dernier livre, Michel Onfray constate d’ailleurs : « je regrette d’avoir à vous dire que les musulmans qui recourent à la violence au nom de l’islam, eux, ont lu les textes et les connaissent… À moins que d’autres les aient lus pour eux, et ceux-là ont bien [mot mis en évidence dans le texte] lu ce qu’il y avait à lire. Et ce qui était écrit. »

À propos du début d’un autre verset, le verset 4 de la sourate 47 (« Lorsque vous rencontrez les mécréants, frappez-en les cous jusqu’à les dominer. »), l’État Islamique précise : « Al-Qurtubi [savant sunnite du XIIIème siècle] donne l’exégèse de ce verset comme ceci : « Il a dit « frappez-en les cous » plutôt que de dire simplement « tuez-les » car il y a dans cette expression une brutalité et une rudesse qu’il n’y a pas dans le mot « tuer ». En effet, cette expression présente la mise à mort sous la plus atroce de ses formes qui est le fait de trancher le cou et faire voler le membre culminant du corps, le plus élevé et le plus visible. » L’État Islamique poursuit : « Par l’ampleur de la terreur que les musulmans inspiraient à leur ennemi, ils ont pu conquérir une des plus importantes villes de l’Empire perse avec une facilité déconcertante. » L’État Islamique ajoute : « Telle est la voie de l’État Islamique lorsqu’il capture des ennemis et les décapite à la chaîne ou les fait s’allonger au sol, par centaines, pour ensuite les mitrailler ».

  • Conclusion

Si ces méthodes atroces trouvent encore du crédit auprès de personnes en manque de repères, n’est-ce pas fondamentalement parce qu’elles trouvent leur origine même et leur justification dans la pratique du Prophète, modèle vénéré en islam et que tous les musulmans doivent suivre ? Qu’a à répondre à cette question l’islam « modéré » de France ?