BHL : un dandy irresponsable qui se prend pour un prophète ?

Si certains parlent de la folie religieuse des hommes de l’État Islamique, le passage de Bernard-Henri-Lévy sur le plateau d’On N’est Pas Couché le 13 février 2016 semble être une autre démonstration mémorable du délire auquel peuvent conduire les religions mal digérées.

BHL ONPC 160213

Visiblement, BHL résiste difficilement à la tentation de se prendre pour un prophète et à « aller au contact de la bête, dans la gueule du loup » comme Jonas, investi qu’il se sent d’une mission divine : « Être juif c’est être une espèce d’escorte silencieuse et secrète pour les autres peuples et les autres nations » ; bref, le peuple élu. Pourtant, on peut s’interroger sur la profondeur du judaïsme de ce personnage, lui qui se dit « juif laïc », déchiffrant à peine l’hébreu, n’accomplissant pas les gestes de la prière et de la consommation juive de nourriture.

BHL ONPC 160213 La responsabilite du judaisme

Au point que Léa Salamé finit par lui demander sur un ton qui n’est pas celui de la plaisanterie : « C’est Dieu qui vous a commandé d’aller en Libye ? », question à laquelle BHL répond : « C’est la conception que je me fais de moi-même (…) ».

BHL est fasciné par le récit de Jonas qu’il emporte parfois dans ses voyages : « Cette histoire est folle. Aller voir le pire des peuples pour tenter de le sauver. » Cette histoire est à la mesure de sa prétention immense : « À quoi cela servirait, franchement, d’avoir lu quelques livres, d’être un peu conscient de ça, l’esprit du judaïsme, et de son nom si on en faisait pas usage concrètement ? »

BHL ONPC 160213 Jonas

BHL ne regrette rien du chaos épouvantable créé par l’intervention en Libye. Il a jeté des dés et peu importe le résultat puisque celui-ci est dans la main de Dieu : « Le cœur des hommes est dans la main des rois et la main des rois est dans la main de Dieu ». Et Laurent Ruquier remarque avec bon sens que c’est le principe du : « On agit et on réfléchit après ».

Effectivement, BHL est fier d’être acteur de l’histoire, d’allumer la mèche qui va déclencher le mouvement de l’histoire, même si on ne sait pas où elle va, avec des accès hégéliens qui font froid dans le dos : « L’histoire s’est remise en marche. L’histoire, c’est chaotique. L’histoire, c’est des avancées et des reculs, c’est des surprises, c’est des emballements. » Des milliers de mort ? Ce n’est pas grave. C’est à ce prix que l’histoire avance. Vers quoi ? On ne sait pas bien. « Tous les peuples ont une passe possible vers la liberté, qu’il n’y a pas de région du monde qui ne soit pas destinée un jour à quelque chose qui pourrait ressembler à de la démocratie. »

Fasciné par celui qui semble être son modèle, l’anglais Disraëli, « le plus flamboyant de ces dandys », et qui avait surtout la reconnaissance du monde politique et le pouvoir, BHLBien au chaud et à son aise dans les mondanités parisiennes, ne choisit pourtant pas de prendre courageusement les armes pour assumer ses valeurs mais préfère se faire photographier bien habillé, dans une pose à dormir debout, ou plutôt à se faire tuer debout, auprès de combattants kurdes avec son éternelle chemise (ou son tee-shirt blanc) qui laisse voir une peau bien bronzée et une coiffure impeccable.

BHL Kurdes

Persuadé d’être spirituellement au-dessus du peuple vulgaire, peut-être même d’être inspiré par Dieu, BHL sombre dans un antisémitisme existentiel dont il a visiblement besoin pour « être », comme le petit enfant qui se construit contre l’autorité de son père : « Le sacre des juifs pour mieux les abattre », « L’obscure affaire du sang contaminé » assimilée à un « crime rituel », « L’affaire DSK : un complot antisémite ou peu s’en faut ». Rien ne désarçonne ce nouveau Don Quichotte, même pas le bon sens de Laurent Ruquier qui fait remarquer que l’affaire du sang contaminé n’a guère porté préjudice à la carrière de Laurent Fabius et que Dominique Strauss-Kahn a été protégé pendant des années pour les soucis que lui causaient ce qu’il avait entre les jambes.

BHL ONPC 160213 Antisemistisme

Alors, monsieur BHL, si je puis me permettre, quand on est malade de la tête, on se fait soigner. On ne joue pas aux apprentis-sorciers avec le sort des peuples et la vie de milliers de personnes quand, pour une raison encore obscure, on a tant soit peu eu l’oreille d’un plus petit que soi.

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