Occident : les ennemis de l’intérieur

La culture occidentale ne prépare pas les esprits occidentaux et ne leur donne pas les outils conceptuels pour comprendre sans recherche particulière une culture et un mode social aussi différent du modèle occidental qu’est celui de l’islam. Malraux le rappelait déjà en 1956 (!) : « C’est le grand phénomène de notre époque que la violence de la poussée islamique. Sous-estimée par la plupart de nos contemporains, cette montée de l’islam est analogiquement comparable aux débuts du communisme du temps de Lénine. Les conséquences de ce phénomène sont encore imprévisibles. À l’origine de la révolution marxiste, on croyait pouvoir endiguer le courant par des solutions partielles. Ni le christianisme, ni les organisations patronales ou ouvrières n’ont trouvé la réponse. De même aujourd’hui, le monde occidental ne semble guère préparé à affronter le problème de l’islam. »

Pourtant, ne suffit-il pas d’ouvrir les yeux, de lire les textes de l’islam pour se faire sa propre opinion sur l’incompatibilité ou non des principes de base de l’islam avec les valeurs de la société française et occidentale ? Les Français doivent faire l’effort de lire le Coran, les hadiths et la biographie de Mahomet, car il s’agit juste de leur avenir et de celui de leurs enfants.

La France et l’Occident, gangrenés jusqu’à la moelle par le consumérisme et le dieu Argent, et par un athéisme imbécile et arrogant, n’arrivent plus à penser réellement le fait religieux authentique, qui engage la personne en totalité jusque dans sa mort. Les prêtres, rabbins, moines bouddhistes, etc. ne sont vus que comme des « sages », les textes religieux n’étant que prétexte et base de construction de spiritualités où tout occidental va chercher à retrouver les valeurs qu’il croit universelles, et notamment l’égalité entre tous les hommes et l’interdiction de tuer.

Toute religion ou spiritualité fondée sur d’autres principes devient pour l’Occident « impensable » au sens premier du mot et, pire que cela, « impossible » : tous les fondements doctrinaux des religions contraires aux sacro-saints principes occidentaux universels sont donc niés par les Occidentaux eux-mêmes quand bien même ces fondements sont évidents, jusqu’à ce que la religion concernée, ainsi expurgée de ses racines nocives mais pourtant authentiques, présente le visage acceptable et convenu que la bien-pensance occidentale attend et qu’elle se forge elle-même, divinisant ainsi monsieur Coué.

Aujourd’hui, la compréhension de l’islam – base préalable de tout dialogue sérieux – est ainsi empêchée par de multiples facteurs : l’ignorance et la paresse des Français (2 millions de téléspectateurs chaque jour devant « Touche pas à mon poste » !) ; leur candeur qui leur fait gober n’importe quoi sans aucune vérification ; la charité « chrétienne » des « catholiques zombis » aveugles à toute vérité dérangeante et particulièrement naïfs ; la culpabilité coloniale des Français auto-entretenue qui leur fait renoncer à tout esprit critique vis-à-vis de leurs anciens colonisés ou « influencés » (Maghreb, Afrique Noire, Moyen-Orient) ; les milieux journalistiques majoritairement à gauche et laïcards, qui négligent le fait religieux ou sont islamophiles par haine du christianisme. Dans cette France malade, toutes ces maladies se portent bien.

Aussi, personne en France ne se sent investi de la tâche d’éclairer les musulmans (car ils ne connaissent la plupart pas leurs propres textes) sur la nature réelle de l’islam et sur les avantages considérables qu’ils auraient à s’ouvrir au monde, à mieux connaître les autres religions et spiritualités, voire à apostasier. Les plus inquiets sont parfois finalement les personnalités « éclairées » du monde musulman, car elles ont une conscience plus claire de l’impasse dans laquelle se trouve l’islam, faisant le constat lucide qu’il n’a rien aujourd’hui à proposer – en dehors de la lutte contre l’Occident – après plusieurs siècles où il n’a par ailleurs quasiment rien apporté : ce sont les musulmans eux-mêmes qui font ce constat (Malek Chebel, Tariq Ramadan, Tareq Oubrou, Abdennour Bidar,…), mais avec une certaine ambivalence toutefois tant ils ont parfois de mal à accepter cette réalité pour des raisons identitaires.

De son côté, la société occidentale ne propose plus rien elle non plus, manifestement engluée dans une philosophie de la vie qui range toutes les religions et les modes de vie à égalité sur la même étagère du consumérisme, aboutissant finalement à un anéantissement progressif de la morale, transformant l’enfant en un bien auquel on a droit, et qu’on a bien entendu aussi le droit, au nom de la liberté, de jeter à la poubelle lorsqu’il n’est pas voulu ou qu’il n’est pas « conforme » – ce droit naturel étant le digne héritage spirituel de l’extermination de masse expérimentée au XXème siècle et qui a monstrueusement mué en interruption volontaire de grossesse –. Dans ce sombre tableau, le monde animal n’est pas non plus à la fête, les hommes n’hésitant pas à le maltraiter sans vergogne et à le faire disparaître sur l’autel de leur égoïsme et de leur cupidité.

Aujourd’hui, dans ce conflit des civilisations qui s’affirme tous les jours, la société occidentale a-t-elle encore des valeurs spirituelles et morales à défendre, et la force et l’envie de le faire ?

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