Le jihad rend-il aveugles les occidentaux ?

L’émission « Arrêt Sur Images » fait partie des rarissimes bonnes émissions sur internet qui n’hésitent pas à aborder des sujets qui fâchent, résistent aux pressions en creusant avec courage ces sujets, en dénonçant des mensonges et en disant des vérités qu’on veut cacher, et qui surtout invitent des personnes qui ont quelque chose à dire, et pas seulement les ténors de la communication, du journalisme, des chaires professorales de l’élite française, etc. qui, le plus souvent, ne disent rien de vraiment intéressant et vendent leur discours politiquement correcte et leurs publications.

Mais, s’il y a un sujet bien difficile à conceptualiser, même dans le cadre de ces émissions, c’est le dévouement à une religion jusqu’à la mort. L’émission d’Arrêt sur Images du 7 janvier 2016 en est un bon exemple. Daniel Schneidermann s’interroge certes sur la détermination des combattants de l’État Islamique dans le cadre d’une émission consacrée au jihad mais semble incapable d’assimiler l’idée que des personnes puissent volontairement, en toute conscience, après mûre réflexion, accepte de mourir de façon certaine en combattant, c’est-à-dire, dans leur référentiel, de mourir martyr au combat.

Le reportage pourtant laisse clairement entrevoir que le combattant suivi par les journalistes n’a rien d’un déséquilibré, atteint de douloureux problèmes psychiatriques qui seraient l’unique cause d’un désespoir qu’il s’apprête à noyer dans la dissolution de son corps et de la mort. Au contraire, il semble tout à fait normal, et a même une femme avec laquelle il entretient semble-t-il une relation normale.

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Il est vrai que dans le référentiel occidental, on a oublié depuis longtemps l’idée qu’on pouvait véritablement croire dans une religion et agir en conséquence. Ce courage, ou plutôt cette intime conviction, a déserté les plaines polluées du consumérisme occidental depuis des décennies. Les gouvernements tentent encore de l’entretenir – avec difficulté – dans les armées (qu’une armée occidentale perde de nos jours un soldat et c’est un drame en matière de communication : la guerre n’est plus « propre ») car il arrive parfois des situations difficiles où l’on sait que les chances d’en sortir vivant sont infimes. Mais on ne se sacrifie plus guère pour la patrie ces derniers temps.

Que dans le monde moderne, un individu puisse encore concevoir qu’il atteindra le paradis en mourant, conformément à ce que sa religion – l’islam – lui enseigne de façon indubitable (cf. martyr), est proprement inconcevable pour un occidental. Éberlué, l’occidental n’a d’autre ressource que de considérer que l’individu en question est nécessairement atteint de troubles psychiatriques s’il vit en Occident, car s’il vit encore dans des pays arriérés mentalement ou économiquement, comme au Moyen Orient, le sacrifice de sa personne par le combattant est encore conceptualisable au nom de la défense de son pays de naissance : c’est ce que semble vouloir signifier Daniel Schneidermann. C’est une vision qui, malheureusement, en excluant une réflexion doctrinale qui a d’immenses conséquences, se prive de toute capacité d’analyse.

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