Mein Kampf et le Coran : même combat ?

À l’heure (janvier 2016) où Mein Kampf vient de tomber dans le domaine public et où les éditions Fayard s’apprête à éditer une nouvelle traduction critique commentée, la première depuis celle de 1934, les débats vont bon train dans les médias pour savoir si cela est une bonne idée et si cela ne devrait pas être empêché, voire interdit. Pourtant, il ne fait aucun doute que l’intérêt historique de cet ouvrage pour la compréhension du phénomène nazi et de l’évolution de sa doctrine est évident.

Il ne fait également aucun doute que la teneur antisémite profonde de cet ouvrage est tout à fait détestable et qu’il ne s’agit donc ici pour les personnes impliquées dans ce projet que de faire œuvre d’historiens et non, en quelque façon que ce soit, de propagandiste.

  • Les appels aux meurtres dans le Coran

Mais il est très curieux que tous les beaux esprits qui s’effraient aujourd’hui de la réédition de cet ouvrage n’élargissent pas le débat à d’autres ouvrages qui appellent à la haine, au premier rang desquels figure le Coran, et les hadiths de Mahomet : ces ouvrages vont d’ailleurs beaucoup plus loin en appelant ouvertement à la violence et au meurtre (de non-musulmans), de façon parfaitement explicite et indiscutable. Il est trop long dans le cadre de cet article de mentionner tous les passages qui appellent à la violence ou aux meurtres des non-musulmans, tellement ils sont nombreux. En voici quelques-uns relatifs au meurtre (en mettant même de côté le cas des apostats qui méritent bien entendu la mort cf. apostasie en islam) :

Coran, sourate 2, verset 191 : « Tuez-les [ndlr les incrédules], où que vous les rencontriez ; et chassez-les d’où ils vous ont chassés [1]. (…)» 

[1] Mahomet a décidé de quitter La Mecque : il n’a pas été chassé. Avec les persécutions à La Mecque (cf. persécution), c’est un mythe fondateur et fondamental de l’islam sur lequel repose toute la théorie de la légitime défense pour excuser le jihad.

Coran, sourate 8, verset 17 : « Ce n’est pas vous qui avez tué les mécréants : mais c’est Allah qui les a tués. (…) »

Coran, sourate 9, verset 5 : « Après que les mois sacrés se seront écoulés, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. (…) »

Coran, sourate 33, verset 26 : « (…) Il [Allah] a jeté l’effroi dans leurs cœurs ; un groupe d’entre eux vous tuiez [ndlr les mâles], et un groupe vous faisiez prisonniers [ndlr les femmes et les enfants]. »

Coran, sourate 9, verset 111 : « Certes, Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d’Allah : ils tuent, et ils se font tuer. (…) »

Hadith (Bukhari 2925) : Mahomet a dit : « Vous combattrez les juifs au point que si l’un d’entre eux se cache derrière une pierre, la pierre dira : Ô adorateur de Dieu ! Voilà un juif derrière moi : tue-le ! ».

Ainsi, le Coran et la Tradition musulmane ne choquent pas les beaux esprits parisiens alors qu’il y a plusieurs millions de musulmans en France qui reconnaissent tout à fait ces textes comme leurs et que des attentats ont lieu en France avec des dizaines de morts au nom de cette religion ! Interdire Mein Kampf et autoriser le Coran : n’y aurait-il pas deux poids, deux mesures ?

  • De la dictature de la bien-pensance

D’abord, nous touchons là certainement à la stupidité des lois et des raisonnements dont l’objectif est de bâillonner la liberté d’expression. Non pas que toutes les opinions soient défendables ou respectables, mais comme l’a rappelé avec grande intelligence l’avocat Marc Bonnant, la liberté d’expression n’a pas de limite, elle doit pouvoir aller jusqu’à l’abject car « les idées abjectes s’asphyxient dans la liberté ; elles prospèrent dans l’interdit. » (cf. Bonnant)

Mais surtout, cette démarche intellectuelle se comprend tout à fait lorsque l’on se rappelle que le socialisme a toujours prétendu (comme le national-socialisme et le fascisme qui en sont issus) savoir ce qui est bon pour le peuple, quitte à le lui imposer même s’il n’est pas d’accord. Dans ce contexte, l’anéantissement la pensée individuelle petite-bourgeoise mais libre a toujours été une obsession de la dictature de la pensée de gauche. Ce n’est pas un hasard si le socialisme a un lien naturel avec la dictature.

En effet, souvenons-nous que « le socialisme est une doctrine d’organisation sociale qui entend faire prévaloir l’intérêt, le bien général, sur les intérêts particuliers au moyen d’une organisation concertée » (Le Petit Robert). Mais qui définit l’intérêt général ? Que se passe-t-il quand une classe politique investie par le peuple le trahit outrageusement, sans aucun respect, et va contre sa volonté, en refusant en outre de le consulter même lorsqu’il s’agit de la remise en cause de ses racines profondes et historiques ?

Dans le contexte de la réédition de Mein Kampf, un bon exemple est donné par l’intervention d’Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de Gauche, sur le plateau d’Arrêt sur Images le 17 décembre 2015. Ce représentant emblématique de la bien-pensance totalitaire justifie in fine, après avoir tourné autour du pot et s’être défendu d’être démangé par la tentation de la censure (pieux mensonge immédiatement avoué…), la nécessité de ré-interroger l’intérêt d’une censure qu’il souhaiterait en réalité voir s’appliquer à cette réédition.

Et quel est l’argument ? Le peuple vote mal ! En effet, Alexis Corbière semble effrayé par la masse des électeurs ayant voté pour le Front National ou Debout la France ! aux élections régionales de 2015 : magnifique aveu que l’on pourrait résumer ainsi : « Amis, vous votez mal : il faut donc que nous chargions de la sainte tâche de redresser votre conscience » !

Mein Kampf et la censure 151217

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Verbatim : « Il doit y avoir un point de vue civique : où est l’intérêt général ? où est l’intérêt général ? Je le dis : moi, je suis pour que les historiens puissent travailler mais il est autre de chose qui est de considérer, dans la période qui vient, avec les résultats des dernières élections régionales, je le dis clairement : est-ce qu’il est neutre aujourd’hui qu’on dise : ah ben oui cela doit circuler ? Des ouvrages dans lesquels il y a des formulations d’une xénophobie et d’un antisémitisme violent et toujours actuel hélas. »

  • Conclusion

Et après on voudrait que les Français, dont on se moque sans vergogne à tour de bras, auxquels on prétend dicter ce qu’ils doivent penser, aient encore de la considération pour leur classe politique et journalistique ?

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