Les racines chrétiennes de l’Occident, ou pourquoi penser raisonnablement que christianisme et islam sont incompatibles

Le discours du pape Benoît XVI à Rastisbonne (2006) a soulevé, on s’en souvient, des tempêtes d’indignation dans le monde musulman, surtout de la part de tous ceux qui ne l’avaient pas lu. Au-delà de cette réaction conjoncturelle, habituelle et pitoyable, il est intéressant de revenir sur le fond de cette réflexion à une époque où l’existence et surtout l’affirmation des racines chrétiennes de l’Occident fait encore largement débat.

Il ne s’agit pas ici de disserter une nouvelle fois sur le bien-fondé de la reprise des propos du général de Gaulle, dont certains hommes ou femmes politiques ont honte aujourd’hui – on se demande bien pourquoi –, mais de tenter d’élever le débat en s’appuyant sur la réflexion papale, d’une autre tenue que celle de nos politiciens et sociologues de tous poils.

  • Le discours du pape Benoît XVI à Ratisbonne

Benoît XVI aborde la question du rapport de la foi et de la raison à partir d’une anecdote personnelle : « Sans aucun doute, l’université était également fière de ses deux facultés de théologie. Il était clair qu’elles aussi, en s’interrogeant sur la dimension raisonnable de la foi, accomplissaient un travail qui nécessairement fait partie du « tout » de l’universitas scientiarum, même si tous pouvaient ne pas partager la foi, dont la relation avec la raison commune est l’objet du travail des théologiens. Cette cohésion intérieure dans l’univers de la raison ne fut même pas troublée lorsqu’un jour la nouvelle circula que l’un de nos collègues avait affirmé qu’il y avait un fait étrange dans notre université : deux facultés qui s’occupaient de quelque chose qui n’existait pas — de Dieu. Même face à un scepticisme aussi radical, il demeure nécessaire et raisonnable de s’interroger sur Dieu au moyen de la raison et cela doit être fait dans le contexte de la tradition de la foi chrétienne : il s’agissait là d’une conviction incontestée, dans toute l’université. Tout cela me revint en mémoire récemment à la lecture de l’édition publiée par le professeur Théodore Khoury (Münster) d’une partie du dialogue que le docte empereur byzantin Manuel II Paléologue, peut-être au cours de ses quartiers d’hiver en 1391 à Ankara, entretint avec un Persan cultivé sur le christianisme et l’islam et sur la vérité de chacun d’eux. » 

Benoît XVI poursuit : « Dans le septième entretien (dialexis — controverse) édité par le professeur Khoury, l’empereur aborde le thème du djihad, de la guerre sainte. (…) Sans s’arrêter sur les détails, tels que la différence de traitement entre ceux qui possèdent le « Livre » et les « incrédules », l’empereur, avec une rudesse assez surprenante qui nous étonne, s’adresse à son interlocuteur simplement avec la question centrale sur la relation entre religion et violence en général, en disant : « Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme son mandat de diffuser par l’épée la foi qu’il prêchait ». L’empereur, après s’être prononcé de manière si peu amène, explique ensuite minutieusement les raisons pour lesquelles la diffusion de la foi à travers la violence est une chose déraisonnable. La violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de l’âme. »

Benoît XVI aborde donc la question effectivement cruciale de la légitimité religieuse de toute contrainte et donc plus généralement de toute guerre sainte, comme en particulier le jihad qui constitue en islam un pilier doctrinal essentiel d’expansion de la foi par les armes (alors que chez les chrétiens c’est une subversion et une déviation totale et détestable par rapport au message originel du Christ, qui trouve en particulier sa source historique dans la confusion du pouvoir spirituel et du pouvoir séculier dans le haut Moyen-Âge).

On sait à cet égard que le fameux « Point de contrainte en religion » tiré du verset 256 de la sourate 2 est situé précisément par la biographie de Mahomet à l’époque où, peu de temps après avoir émigré à Médine, Mahomet cherchait encore à rallier les juifs (cf. nulle contrainte) : il abandonna rapidement cette idée tactique puisqu’il fit exactement le contraire  en déclarant quelques mois après le jihad contre tous les non-musulmans, chassant ou exterminant en conséquence les tribus juives de Médine (cf. Quraydha). Donc inutile de s’attarder sur cet esprit de tolérance rapidement abrogé par l’ouverture du temps du jihad.

D’ailleurs, Benoît XVI ne s’attarde pas sur la problématique du jihad et son apparente contradiction avec l’extrait du verset sus-visé mais concentre ses commentaires sur la question générale de la contrainte en matière religieuse, contrainte qu’il rejette vigoureusement en reprenant les commentaires du professeur Khoury, tout en notant que ceci semble beaucoup moins évident dans la doctrine musulmane : « L’affirmation décisive dans cette argumentation contre la conversion au moyen de la violence est : ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu. L’éditeur Théodore Khoury commente : pour l’empereur, un Byzantin qui a grandi dans la philosophie grecque, cette affirmation est évidente. Pour la doctrine musulmane, en revanche, Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n’est liée à aucune de nos catégories, fût-ce celle du raisonnable. Dans ce contexte, Khoury cite une œuvre du célèbre islamologue français R. Arnaldez, qui explique que Ibn Hazn va jusqu’à déclarer que Dieu ne serait pas même lié par sa propre parole et que rien ne l’obligerait à nous révéler la vérité. Si cela était sa volonté, l’homme devrait même pratiquer l’idolâtrie. »

Benoît XVI soulève ainsi une question absolument fondamentale en matière de doctrine religieuse : le rapport de la transcendance de Dieu par rapport à sa création. Or, en islam, la soumission du croyant à Allah est totale (voir aussi l’article soumission) :

Coran, sourate 33, verset 36 : « Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’Allah et son messager ont décidé d’une chose, d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. Quiconque désobéit à Allah et à son messager est dans un égarement évident. »

Et Yusuf Qaradawi rappelle : « Il n’est pas nécessaire pour le musulman de connaître en détail quel est le mal pour lequel Dieu a interdit telle chose. Il se peut que lui échappe ce qui apparaît à d’autres. Il se peut que ce mal ne soit pas découvert à telle époque et qu’il devienne apparent plus tard. Le musulman doit toujours dire : « Nous avons entendu et nous avons obéi ». »

À vrai dire, une tentative de développement d’une approche plus rationnelle a eu lieu dans le monde musulman avec le mutazilisme, même celle-ci fut finalement battue en brèche pour revenir à ce qu’on peut qualifier d’immobilisme doctrinal. Michel Cuypers et Geneviève Gobillot écrivent ainsi à ce sujet : « Avec le mutazilisme, aux VIIIème-IXème siècles, fut franchi un pas important vers une approche critique du Coran, en faisant de la raison le critère ultime de vérité, en théologie comme en exégèse. Cette période fut agitée par un débat théologique crucial : le Coran est-il créé ou incréé ? Optant pour la première solution, les mutazilites libérèrent du même coup la réflexion rationnelle sur le Coran, notamment pour résoudre ses contradictions apparentes sur la prédestination et le libre arbitre, ainsi que les anthropomorphismes. Un court moment triomphant sous le calife al-Mamûn (mort en 833) et ses deux successeurs immédiats, al-Mutasim et al-Wathiq, qui l’imposèrent comme doctrine officielle, le mutazilisme se vit radicalement banni sous le calife al-Mutawakkil (mort en 861), en faveur de la doctrine dite de la Sunna. Ses idées survécurent cependant dans le chiisme imamite et dans le zaydisme, au Yémen, où l’on retrouva, dans les années 1950, nombre d’ouvrage mutazilites que l’on croyait disparus. Le bannissement du mutazilisme de l’enseignement officiel et sa progressive extinction dans l’islam sunnite représentent, aux yeux de beaucoup d’intellectuels musulmans d’aujourd’hui, une catastrophe culturelle aux conséquences incalculables. »

Sur le même sujet, Rémi Brague écrit « La dérive générale de la pensée musulmane fut défavorable aux mutazilites. Plus le temps passa, plus l’école rivale d’al-Ash’arî gagna du terrain. Jusqu’à tenir le haut du pavé à partir du XIème siècle. Les Ash’arites sont plus fidèles au principe le plus fondamental de la jurisprudence sunnite, à savoir que Dieu décide en toutes choses et que l’esprit humain est totalement incompétent là où il s’agirait de fonctionner comme juge de quelque action humaine que ce soit. (…) Pour al-Ash’arî, la loi révélée est ainsi l’unique fondement du bien et du mal : est bien ce que Dieu commande, est mal ce qu’il interdit. »

Pour Benoît XVI, le lien entre foi et raison est en revanche inné dans les racines grecques du christianisme : « La conviction qu’agir contre la raison serait en contradiction avec la nature de Dieu, est-elle seulement une manière de penser grecque ou vaut-elle toujours et en soi ? Je pense qu’ici se manifeste la profonde concordance entre ce qui est grec dans le meilleur sens du terme et ce qu’est la foi en Dieu sur le fondement de la Bible. En modifiant le premier verset du Livre de la Genèse, le premier verset de toute l’Écriture Sainte, Jean a débuté le prologue de son Évangile par les paroles : « Au commencement était le logos ». Tel est exactement le mot qu’utilise l’empereur : Dieu agit « sun logô », avec logos. Logos signifie à la fois raison et parole — une raison qui est créatrice et capable de se transmettre mais, précisément, en tant que raison. (…) Au commencement était le logos, et le logos est Dieu, nous dit l’Évangéliste. La rencontre entre le message biblique et la pensée grecque n’était pas un simple hasard. »

La position du christianisme se situe ainsi aux antipodes de la soumission musulmane que caractérise l’application assez « mécanique » issue du Coran et de la Tradition (Sunna), « l’interprétation » en islam n’étant pour l’essentiel qu’un questionnement sur les conditions d’application des règles édictées par Allah et non un questionnement fondamental du sens du religieux (sauf chez les plus mystiques comme les soufis).

  • Le message incantatoire de Tariq Ramadan : un double discours ?

Tariq Ramadan résume assez bien la position de Benoît XVI mais en la rattachant à une prétendue crainte du pluralisme qui est hors de propos, anachronique et nombriliste : le christianisme n’a pas attendu l’islam – de 6 siècles postérieur – pour être en mesure de se définir par lui-même : le christianisme n’a pas besoin de se déterminer en référence à l’islam, alors que le contraire n’est pas vrai puisque l’islam se construit en opposition au judaïsme et au christianisme.

En effet, lisons Tariq Ramadan : « La crainte du pluralisme religieux et culturel entraîne la réduction et un regard très exclusif sur soi dans le passé. C’est bien ces considérations qui constituaient le substrat de la conférence du pape à Ratisbonne : en parlant du lien entre la foi et la raison et en insistant sur la relation privilégiée de la tradition rationaliste grecque et de la religion chrétienne, le pape Benoît XVI tentait de définir l’identité européenne qui serait d’abord chrétienne par la foi et grecque par la raison philosophique. L’islam, qui ne connaîtrait pas cette relation à la raison, serait en somme étranger à l’identité européenne (et occidentale) construite à travers cet héritage. C’est déjà au nom de cette compréhension que le cardinal Ratzinger avait exposé, il y a quelques années, son refus de l’intégration de la Turquie à l’Europe : la Turquie, musulmane, ne fut jamais et ne saurait être authentiquement de culture européenne. Encore une fois, elle est autre, elle est « l’autre ». »

La communauté musulmane est effectivement étrangère à l’identité européenne : le communautarisme musulman qui se développe dans les pays européens avec le grossissement des communautés musulmanes en est la manifestation la plus claire. Rappelons que ce communautarisme est inscrit dans le Coran et la culture musulmane (cf. communautarisme), et est une constante intangible dans tous les pays musulmans. L’islam rejette avec la plus grande force la mixité religieuse sous toutes ses formes. Et effectivement, par la latence de son islam, la Turquie n’a rien à faire en Europe.

Tariq Ramadan poursuit : « En cela, Benoît XVI est un pape très européen qui appelle les peuples du continent à prendre conscience du caractère central et incontournable du christianisme s’ils tiennent à ne pas perdre leur identité. Ce message est peut-être légitime en ces temps de crise identitaire, mais il est surtout potentiellement dangereux puisqu’il opère une double réduction dans l’approche historique et dans la définition actuelle de l’identité européenne. »

Effectivement, Benoît XVI a tout à fait raison de rappeler à l’Europe et plus généralement à l’Occident leurs racines chrétiennes qui constituent un fondement essentiel de leur identité. Que seraient les villages français sans leur église ? Que serait l’histoire de France si on l’amputait de son rapport au christianisme ?

D’ailleurs, ce message est évident pour tous et pourquoi s’en offusquer puis Tariq Ramadan le reconnaît lui-même de façon assez claire dans une conférence donnée au Luxembourg et au cours de laquelle il déclare : « 1) On attend de l’État qu’il n’interfère pas. 2) Deuxième des choses qu’on attend de l’État, c’est que on dit de l’État qu’il soit neutre. Et dire de l’État qu’il soit neutre, c’est dire que l’État ne prend pas position pour privilégier un culte sur un autre. Mais attention : ne pas privilégier en droit un culte sur un autre, ça ne veut pas dire ne pas reconnaître une histoire culturelle de la société. Je veux dire….Quand vous arrivez en Occident, bien entendu… Pourquoi vous ne travaillez pas le dimanche, c’est pas parce que vous êtes dans un pays majoritairement musulman : vous avez une tradition qui est une tradition chrétienne, et donc on le reconnaît. Ne pas reconnaître plus en droit un État, cela ne veut pas dire ne pas reconnaître le passif culturel, civilisationnel, qui a fait d’une société ce qu’elle est. Et ça, pour tout citoyen, il faut le reconnaître. Il faut reconnaître le fondement catholique, juif, même également, au temps de l’histoire, de la participation des autres cultes à la conscience collective. Donc attention à une chose, la neutralité ne veut pas dire la non-reconnaissance de l’histoire et de la contribution des civilisations, des religions et des cultures. »

Tariq Ramadan Luxembourg

Tariq Ramadan Luxembourg Neutralité et tradition

Mais si Tariq Ramadan reconnaît la légitimité du message sur les racines chrétiennes de l’Occident, ce message le gêne car il entrave la conquête par l’islam de l’Europe, partie du dar-al-harb, ce qu’il appelle l’institutionnalisation de la présence musulmane en Occident (cf. institutionnalisation) et qu’il appelle de ses voeux. Il essaie donc d’affaiblir cette légitimité.

Or la légitimité de ce message n’est par définition par lié au contexte de l’époque : c’est une absurdité : la vérité est ou n’est pas. D’ailleurs la vérité est souvent dangereuse ou gênante. Que les Français veulent par ailleurs oublier cette vérité dans le contexte d’une laïcité hystérique et à tendance franc-maçonne est une autre question.

Tariq Ramadan suggère en réalité de sacrifier l’identité de l’Europe et de la France sur l’autel de l’utopie du pluralisme religieux : « L’Occident comme l’Europe doivent se réconcilier avec la diversité de leur passé afin de maîtriser le pluralisme impératif de leur avenir. L’approche réductrice du pape, et de ceux qui secouent l’épouvantail du dangereux pluralisme culturel, n’aide pas à la réalisation de cette réappropriation. »

Tariq Ramadan semble oublier qu’une communauté humaine ne peut se constituer que sur un socle commun de valeurs : or le christianisme et l’islam n’ont rien en commun, si ce n’est le statut de « dhimmi » (cf. dhimmi) que l’islam veut imposer au christianisme.

Tariq Ramadan conclut : « Il appartient aux universitaires et aux intellectuels, musulmans ou non, de leur prouver – par des études historico-critiques – qu’ils se trompent historiquement autant que scientifiquement. Ce serait également un moyen pour les musulmans d’aujourd’hui de se réconcilier avec l’édifiante créativité des penseurs musulmans occidentaux et européens du passé qui, non seulement, étaient « intégrés », mais qui ont aussi profondément contribué, nourri et enrichi de leurs réflexions critiques l’Europe comme l’Occident. Il importe de montrer que la mémoire sélective qui tend à « oublier » les apports décisifs de penseurs musulmans, dont le rationalisme était actif – tels que al-Kindî (IXe), al-Farâbî (Xe), Ibn Sîna (Avicenne, XIe), al-Ghazâlî (XIe-XIIe), Ibn Rushd (Averroès, XIIe), Ash-Shâtibî (XIIIe), Ibn Khaldûn (XIVe), etc. –, reconstruit une Europe qui trompe et se trompe sur son passé. »

L’Occident et en particulier l’Europe attendent toujours les éléments tangibles qui démontreraient une erreur d’appréciation dans le rapport de l’Occident à l’islam en matière spirituelle et culturelle. En quoi les penseurs musulmans occidentaux et européens doivent-ils leurs qualités à l’islam ? Auraient-ils été incapables de penser les sciences s’ils avaient été athées ? Si l’apport de la civilisation musulmane a été si décisif, pourquoi est-il autant besoin d’insister sur ce point aujourd’hui et pourquoi cette évidence ne s’impose-t-elle pas d’elle-même ? Quant aux exemples toujours cités et qui remontent à 600 ans au moins : est-ce à dire et confirmer que rien ne s’est passé depuis dans la culture musulmane ? Qui met-on côté musulman en face de Newton, Kant, Hegel, Gauss, Poincaré, Einstein, Pasteur, Marie Curie, Bach, Mozart, Van Gogh, Renoir, Keynes, Steve Jobs, etc., etc.

  • Conclusion

Face à la réflexion papale, Tariq Ramadan donne son opinion : c’est très bien, mais est-ce suffisant pour convaincre ? Non. En effet, on ne voit guère à l’appui de cette opinion d’argumentation solide qui étaye le raisonnement et les jugements. Si appeler le monde universitaire à l’aide du monde musulman est la seule proposition concrète après des siècles de réflexion spirituelle et culturelle du monde musulman, c’est sans doute que le cas est désespéré.

Est-ce étonnant ? Pas vraiment, car en matière théologique, champ d’expansion naturelle des rapports entre raison et foi (parfois jusqu’aux limites de la raison, voire jusqu’à l’absurde, comme sur les questions de la prédestination et de la grâce cf. Pascal), Tariq Ramadan reconnaît lui-même la faiblesse de la réflexion en islam. Il écrit en effet : « Il n’y a pas de « théologie islamique ». Comparer les discussions, souvent marginales, qui ont eu cours entre les savants musulmans (essentiellement à partir du Xème siècle) avec les réflexions fondamentales qui ont donné naissance à la « théologie chrétienne » est infondé et, dans les faits, une erreur. Certes, certains débats ont été vifs et l’on a, à travers l’histoire et les écoles musulmanes, discuté du sens et de la portée des noms de Dieu, de ses attributs, du statut de la révélation, mais l’horizon de ces controverses – contrairement à l’histoire de la dogmatique catholique par exemple – est resté circonscrit et n’a jamais été jusqu’à remettre en cause trois principes fondamentaux : l’unicité absolue du créateur, son impossible représentation et la véracité de sa parole révélée dans le coran. Une authentique « théologie » aurait d’abord, et surtout, discuté de ces trois principes. Or une étude attentive de l’histoire des débats entre les écoles [ndlr musulmanes] montre que les disputes se sont élaborées en aval de ces trois principes qui, au cœur de la conception musulmane, fonde ce qu’on nomme le « tawhid ». »

Pour ceux que la théologie profonde intéresse, on ne peut que recommander la lecture de la Somme théologique de Saint Thomas d’Aquin.

Ite missa est ?

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