Discours de Bernard Cazeneuve à la mosquée de Cenon, Bordeaux (25 février 2015)

Il est intéressant d’analyser la position du gouvernement français, par la voie de son ministre de l’intérieur, sur la question musulmane. Voici quelques commentaires relatifs au discours prononcé le 25 février 2015 par Bernard Cazeneuve.

http://www.interieur.gouv.fr/Le-ministre/Interventions-du-ministre/25.02.2015-Discours-de-M.-Bernard-Cazeneuve-a-la-mosquee-de-Cenon-Bordeaux

  • « La loi interdisant le port du voile intégral doit ainsi être appliquée avec fermeté. » 

Bernard Cazeneuve peut-il alors nous expliquer pourquoi cette loi n’est pas appliquée et, pire, pourquoi les policiers semblent avoir reçu des consignes pour ne pas l’appliquer ?

  • « Le président de la République a d’ores et déjà annoncé sa volonté de durcir la répression des actes et des menaces racistes,  antisémites et anti-musulmans. La prévention et la répression des actes anti-musulmans constitueront un axe majeur du plan d’action pour la lutte contre le racisme et l’antisémitisme que prépare actuellement le nouveau délégué interministériel (…). J’ai pour ma part donné instruction aux préfets de signaler systématiquement aux procureurs de la République tous les actes racistes, antisémites ou anti-musulmans dont ils auraient connaissance.  »

Et les actes anti-chrétiens ? Ils ne comptent pour rien ? Bernard Cazeneuve mentionne en fin de discours un rapide : «  Quant aux profanations de cimetières et de lieux de cultes, elles touchent toutes les confessions, et notamment la religion chrétienne, et sont, hélas, en nombre croissant. » Mais on voit bien que cela n’est vraiment pas dans ses priorités ni dans celles du gouvernement français.

  • « Je comprends que les musulmans trouvent injuste de devoir sans cesse rappeler qu’ils n’ont rien à voir avec de tels crimes. Chacun sait que l’immense majorité des Français de confession musulmane ont fermement et évidemment condamné les attentats perpétrés sur notre sol, ainsi que la volonté des terroristes d’invoquer la religion pour justifier leurs actes criminels. Mettre en relation les exactions de quelques individus avec les comportements et les valeurs de cinq millions de Français musulmans relève soit d’une coupable ignorance, soit d’une malhonnêteté inacceptable. »

Pour quelle raison cette demande de justification paraît-elle aussi insupportable ? Les musulmans ne sont-ils pas les représentants vivants d’une idéologie religieuse qui, de façon objective, sème la terreur dans le monde depuis plusieurs décennies ? Les musulmans ne portent-ils pas une responsabilité collective dans l’absence de dénonciation et de manifestation ferme et massive devant ces faits, même ceux qui se passent à l’étranger ou dans les pays musulmans (ex. absence de respect des droits de l’homme), ainsi que dans leur incapacité à purger leur doctrine de tous les ferments d’extrême violence, nombreux, qui y figurent avec une évidence criante (cf. jihad) ? Vouloir ignorer cette réalité relève bien d’une coupable ignorance ou d’une malhonnêteté inacceptable : celle du personnel politique français depuis des années.

D’ailleurs plusieurs représentants de la communauté musulmane ne sont pas de l’avis du ministre et jugent bien qu’il y a effectivement aujourd’hui des comptes à rendre aux non-musulmans quant à la violence que l’Occident et notamment la France subie depuis tant d’années (cf. violence).

  • « La République laïque garantit à chaque Français la liberté de conscience, par là même la liberté de croire ou de ne pas croire » 

Bernard Cazeneuve semble oublier que le C.F.C.M., dont il vante par ailleurs les qualités et qu’il considère être « l’interlocuteur privilégié de l’État », refuse encore aujourd’hui d’inscrire dans la charte des droits du musulman le droit d’apostasier (cf. apostasie). Il est donc intéressant de noter que le gouvernement français choisit comme interlocuteur privilégié une organisation qui refuse la liberté de conscience.

  • « Ma conviction (…) est que l’enseignement privé confessionnel musulman doit pouvoir se développer dans le respect des principes républicains. »

Bernard Cazeneuve peut-il nous expliquer comment l’enseignement confessionnel musulman pourrait être compatible avec les principes républicains puisqu’il consiste à enseigner une doctrine qui prône ou autorise (entre autres) l’inégalité naturelle homme/femme, la répudiation, la polygamie, les châtiments corporels, l’absence de liberté de conscience, le communautarisme ?

  • « Il y a beaucoup à faire aussi pour aider à mieux faire connaître l’islam comme religion et comme civilisation par nos compatriotes, en partenariat avec les musées, les bibliothèques, les médias audiovisuels. (…) Des cours de langue arabe et de civilisation arabo-musulmane, ainsi que des cours de soutien scolaire, seraient proposés à tous. Le Gouvernement a également décidé de relancer les études sur l’islam de France et l’islamologie à l’Université. Cette relance s’appuiera sur un programme précis, que je piloterai conjointement avec la ministre de l’Education nationale. Il existe une grande tradition d’islamologie française, illustrée par exemple par les noms de Louis MASSIGNON, Maxime RODINSON et Jacques BERQUE, et que nous devons contribuer à faire renaître.»

Il est extrêmement surprenant que l’État français se transforme ainsi factuellement en propagandiste de l’islam : est-ce bien là le rôle d’un État laïc ? Si la communauté musulmane se sent frustrée par une méconnaissance de la contribution de l’islam au monde occidental, que ne se prend-elle en main elle-même pour promouvoir cet héritage ? N’est-elle pas la mieux située ? Pourquoi, depuis tant d’années que chacun est libre en France et en Europe (contrairement à ce qui se passe dans les pays musulmans) de mener toutes les recherches possibles et imaginables cette évidence de la contribution musulmane ne s’est-elle pas imposée avec une immense clarté ?

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