Le vin : un interdit absolu !

L’alcool est prohibé en islam, quand bien même cela fait partie des bienfaits réservés au Paradis (cf. alcool). Cette interdiction porte non seulement sur la consommation mais sur toute forme de contact.

Yusuf Qaradawi rappelle le principe général : « Le vin est une substance alcoolisée qui provoque l’ivresse. C’est une vérité de la Palisse que de montrer sa nocivité pour le cerveau, le corps, la religion et les affaires dans ce monde de celui qui le boit, de démontrer le danger qu’il représente pour la famille, ou enfin d’exposer la menace qu’il contient pour les communautés et les peuples, pour leur existence spirituelle, matérielle et morale. »

Si l’abus de vin est effectivement nocif, la nocivité du vin à petite dose n’est pas démontrée scientifiquement, et même au contraire si on en juge par des statistiques récentes sur la réduction des risques cardio-vasculaires grâce à une faible consommation d’alcool à partir d’un certain âge. Par ailleurs, n’oublions quand même pas les bénéfices gustatifs énormes que l’on peut tirer d’une consommation tout à fait maîtrisée de ce breuvage.

En réalité, l’interdiction du vin fait partie des interdits, des tabous dont il est vain de discuter dans l’islam si l’on en juge par les propos de Yusuf Qaradawi puisque l’aspect scientifiquement nocif ou non du vin (en fonction des circonstances et des individus) n’est pas le critère de décision. Comme beaucoup de substances, le vin peut être bénéfique ou nocif en fonction des quantités. En réalité, l’interdit du vin est religieux et a pour objectif de tenir le croyant à l’écart de la tentation.

Yusuf Qaradawi écrit ainsi : « Les écclésiastiques furent en désaccord sur l’attitude de la religion chrétienne vis-à-vis du vin. Ils se sont basés sur un texte de l’Évangile disant : « Une petite dose de vin fait du bien à l’estomac ». Si cela était vrai et si une petite dose de vin faisait du bien à l’estomac, il n’en serait pas moins obligatoire de renoncer aussi à cette faible dose car dans la boisson le peu conduit à beaucoup et le premier verre incite à un autre jusqu’à l’accoutumance. La position de l’islam envers le vin a été franche et nette, comme envers tout ce qui aide à la consommer. »

Mais cet interdit dépasse largement la simple consommation comme l’indique Yusuf Qaradawi au sujet du commerce du vin : « Le Prophète ne se contenta pas d’interdire la consommation du vin quelle que soit sa quantité, mais il interdit aussi son commerce, même avec les non-musulmans. Il n’est pas permis au musulman d’être importateur ou exportateur de vin, ni de tenir un local pour la vente du vin, ni d’être employé dans ce local. C’est pour cette raison que le Prophète a maudit dix personnes à propos du vin : celui qui presse la matière première, celui qui se la fait presser, celui qui boit le vin, celui qui le porte, celui à qui il est porté, celui qui le sert, celui qui le vend, celui qui profite de sa vente, celui qui l’achète, celui pour qui on l’achète (hadith rapporté par at-Tirmidhi et Abou Maja). »

Cette interdiction générale englobe la relation avec les non-musulmans comme on vient de le voir. Yusuf Qaradawi précise ainsi : « Conformément à son habitude de fermer la route au péché, l’islam interdit au musulman de vendre le raisin à celui qui est connu comme fabricant de vin ; un hadith dit en effet : « Celui qui emmagasine le raisin pendant sa récolte afin de le vendre à un juif ou à un chrétien ou à quiconque, même un musulman, va en fabriquer du vin, celui-ci s’est jeté en Enfer sans connaissance de cause » (hadith rapporté par at-Tabarani) »

Comme l’indique Yusuf Qaradawi, aucune forme d’usage du vin n’est possible : « Si la vente du vin est interdite au musulman ainsi que de manger son prix, il lui est également interdit de l’offrir gracieusement à un non-musulman, juif, chrétien ou autre. Il ne convient pas en effet au musulman que le vin soit un cadeau de sa part, ou un cadeau pour lui. Il est en effet bon et pur, et il n’offre ou n’accepte que ce qui est bon et pur. On rapporte qu’un homme voulait offrir au Prophète une jarre de vin, mais le Prophète l’informa que Dieu l’avait interdit. L’homme dit alors : « Puis-je le vendre ? » Le Prophète répondit : « Dieu a interdit sa consommation et sa vente ». L’homme dit : « Puis-je l’offrir aux juifs ? » Il dit : « Celui qui l’a interdit a aussi interdit de l’offrir aux juifs ». L’homme dit : « Que dois-je alors en faire ? » Le Prophète lui dit : « Déverse-le sur la place » (rapporté par al-Hamidi). »

La conclusion de Yusuf Qaradawi est particulièrement claire : « C’est avec tous ces textes bien nets que l’islam a été péremptoire dans sa lutte contre le vin pour en éloigner les musulmans et pour établir une barrière entre eux et le vin. Il ne laissa aucune fenêtre ouverte, si petite fût-elle, permettant de le boire ou de le manipuler. Il ne permit pas au musulman de le boire, même en petite quantité, ainsi que de le manipuler en l’achetant, en le vendant, en l’offrant, en le fabriquant, en l’introduisant dans sa boutique, dans sa maison ou dans ses fêtes, en le présentant à un hôte non-musulman ou en le mêlant à un aliment ou une boisson. »

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