« En tant que » ou le déni de réalité schizophrénique

À en croire certains musulmans « modérés », et contrairement même à ce que dit Tariq Ramadan sur la place du Jihad dans la prédication de Mahomet (cf. jihad), la religion musulmane ne saurait être en aucun cas à l’origine d’une guerre. La guerre ne serait qu’une question civile et de pouvoir sans rapport avec la question religieuse.

Prenons par exemple l’émission de France 2 de mars 2015 consacré à l’amour et à la miséricorde en islam.

France 2 La religion musulmane ne peut pas etre violente

France 2 La religion musulmane ne peut pas etre violente Mars 2015

Le journaliste interroge : « La révélation coranique s’articule aussi dans l’histoire et au moment où elle fait, si j’ose dire, irruption, dans un contexte. Il y avait des razzias, des hostilités, des guerres, des guerres intestines et inter-tribales. Est-ce que la révélation coranique va islamiser des vertus déjà existantes, ou elle accentue, ou elle insiste, ou elle apporte des éléments importants sur l’amour et la miséricorde ? »

La réponse du professeur Ali Benmakhlouf est la suivante : « Je pense qu’il est bon d’avoir une distinction que des philosophes, notamment al-Farabi, avaient mis en avant : il avait dit au Xème siècle : « Essayons toujours de dire “en tant que“ ». Donc “en tant que“ faisant une guerre, jamais la religion ne s’invite à la guerre. La guerre est faite par des hommes contre des hommes et les justifications ne peuvent pas être des justifications de croyance ou d’incroyance. Et donc même si on l’élargi au prophète lui-même, ce qu’avait fait Ali Abderazziq dans son ouvrage « l’islam et les fondements du pouvoir », il avait dit : « Le prophète en tant que messager de Dieu, il n’y a aucune contrainte ; le prophète en tant que législateur de la première cité, eh bien il y a de la contrainte mais civile », parce qu’il faut organiser la vie en commun, et donc les guerres, tout ceci, se rapporte à une activité de législation qui est une activité différente du message divin. Et si on arrive à faire cette différence, on a déjà une grande décrispation, je crois, de cette question. Et Ibn Khaldoun avait bien insisté en disant : « L’expansion de l’islam n’est pas du tout une question religieuse, c’est une question mondaine« , mondaine : l’expansion religieuse de l’islam n’est pas précisément religieuse, c’est une expansion purement humaine, civile, de certaines personnes, de certaines dynasties plus tard, et il n’y a aucune indication prophétique pour convertir les gens. »

Ce concept d’« en tant que » est abscons, mais bien commode pour dire ce qu’on veut. Cette façon d’essayer de distinguer deux facettes complètement distinctes d’une chose ou d’une personnalité est absurde ; un peu comme si, en égorgeant un infidèle avec un couteau, Mahomet lui disait : « tu sais, je suis un homme d’amour et de paix, et ce n’est pas moi qui t’égorge mais ma main ; ma main, ce n’est pas moi ».

Donc la religion ne pourrait jamais être le motif d’une guerre ? C’est une pétition de principe qui suit un raisonnement absolument incompréhensible et qui est contredite par l’histoire. Comme pour les 600 à 900 juifs Banû Quraydha égorgés par petits groupes par Mahomet et ses partisans sur le bord des fossés à Médine comme le mentionne clairement et sans ambiguïté la Sîra. Je ne suis pas sûr que tous ceux qui tombent aujourd’hui sous les coups de l’islam (décapitations, déplacements de populations, rapts et viols,…) au Moyen Orient ou en Afrique du nord goûtent la « décrispation » qu’appelle de ses vœux ce professeur. Quant à la tentative habituelle pour dédouaner l’islam de la conquête de tout le bassin de la méditerranée aux VIIème et VIIIème siècles, elle frise le ridicule.

La guerre et la religion sont bien entendu intimement liés dans le jihad sous sa forme militaire. Cela concerne au premier chef Mahomet, qui a commandé ce jihad ou y a participé activement (cf. jihad, faits), en dépit des dénégations obscures du professeur Ali Benmakhlouf : « En tant que messager de Dieu, Mahomet ne peut pas être instigateur d’un crime quelconque puisque nous avons commencé par toutes ces questions d’amour, de situation au milieu des autres, mais des autres au-delà des êtres humains, plantes, arbres qui se prosternent, comme vous le savez, comme dit la sourate. Donc en tant que messager de Dieu, Mahomet ne peut être jamais dans une imprécation quelconque. En tant qu’être humain, qui est pris dans la sauvegarde de lui-même et le combat avec les autres, il y a quelque chose mais qui n’est pas religieux, qui n’est pas religieux ».

Ceci n’est-il pas l’exemple même du déni total de réalité, contre le bon sens le plus évident ?

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