La lapidation : comment s’en sortir ?

S’il y a bien un sujet qui condamne définitivement tout projet universel de l’islam pour l’humanité, c’est bien la question des châtiments corporels, et en particulier celle de la lapidation.

Cette pratique, d’une cruauté inouïe – puisqu’il s’agit de faire souffrir un être humain en lui donnant la mort –, est parfaitement reconnue par les textes sacrés musulmans. Cela ne fait aucun doute dans toute la communauté musulmane depuis toujours.

La question est donc pour les musulmans : comment justifier, encore aujourd’hui, cette pratique ou simplement la possibilité d’une telle abomination si l’on veut se rendre acceptable aux yeux de l’Occident ?

En réalité, comme il est impossible de la défendre et que par ailleurs il est également impossible de renier les textes sacrés de l’islam, la technique dialectique va consister à tenter de démontrer que ces textes ne sont (quasiment) pas applicables. Même s’il ne faut pas leur jeter la pierre, reconnaissons que les tentatives désespérées de ceux qui tentent de mener à son terme un tel raisonnement sont vouées à l’échec.

Car de deux choses l’une :

–  soit le principe de la lapidation est admis – même dans des conditions très restrictives –, et alors l’islam est inacceptable ;

–  soit les conditions d’application ne sont pas seulement restrictives mais correspondent en réalité à une vraie interdiction, quel que soit le cas de figure : on se demande alors à quoi sert d’énoncer un principe s’il est inapplicable : autant l’abolir. Qu’attendent donc les musulmans pour le faire ? Même Tariq Ramadan s’y est brûlé les ailes (cf. moratoire).

Donc la position musulmane est incompréhensible. Les tentatives pathétiques de justification/excuse de la lapidation sont nombreuses sur internet. Prenons celle d’un prédicateur, le Sheikh Mufti Ismail Ibn Musa Menk, qui semble à première vue d’un niveau sensiblement supérieur à tous les galimatias habituellement diffusés :

La lapidation en islam

La Lapidation en Islam par Sheikh Mufti Ismail Ibn Musa Menk

Quels sont les principaux messages ?

Ce prédicateur reconnaît d’abord l’absolue authenticité en islam des textes et de la Tradition de la lapidation. Il n’y a aucun doute là-dessus. Ce prédicateur insiste même sur l’inutilité d’essayer de trouver une échappatoire doctrinale tant les textes sont clairs.

Ensuite, on constate que toute l’argumentation ne repose que sur une seule idée : les conditions drastiques autorisant la lapidation (4 témoins de haute qualité morale) sont « virtuellement impossibles » à remplir, de sorte que la lapidation ne peut être qu’exceptionnellement pratiquée et constitue en réalité une peine dissuasive. Selon ce prédicateur, cette punition n’aurait été appliquée dans l’histoire de l’islam que dans des cas rarissimes où il y eut confession : on se demande quand même bien alors qui irait de lui-même se confesser pour subir cette peine épouvantable, sauf à être complètement masochiste.

Au-delà du fait que ce prédicateur reconnaît le principe même de la lapidation – ce qui est déjà suffisant pour disqualifier l’islam définitivement –, ce raisonnement n’a en fait aucun sens car le principe même de la dissuasion est que le potentiel coupable doit savoir que la peine n’est pas théorique mais bien réelle et qu’elle a toutes les chances de s’appliquer à lui. Car pourquoi se préoccuper d’une peine qui serait inapplicable ? Elle ne dissuaderait en rien.

En réalité, les conditions drastiques mises à la condamnation à la lapidation sont simplement justifiées par le fait que, s’agissant d’une peine abominable, elle ne doit être prescrite seulement qu’à coup sûr : l’erreur ne doit pas être permise. Cela n’a donc rien à voir avec une prétendue volonté de rendre en pratique la peine inapplicable du fait de ces conditions : si telle avait été l’intention de Mahomet, il aurait tout simplement interdit la lapidation.

D’ailleurs il est important de rappeler que, au contraire, la Sira et la Tradition précisent bien que Mahomet et ses proches ont souhaité ressusciter une peine que les juifs avaient de leur côté abandonnée : c’est dire que l’intention de Mahomet et des musulmans n’était pas du tout d’abolir cette peine mais au contraire de la remettre à l’ordre du jour (cf. lapidation). La polémique sur l’absence du verset incriminé dans le Coran – compte tenu par ailleurs des multiples versions initiales du Coran – n’est finalement que de peu d’importance aujourd’hui puisque la Tradition musulmane est, comme le rappelle le prédicateur, parfaitement claire sur le sujet.

Tout cela justifie donc pleinement pourquoi la peine de la lapidation est encore pratiquée aujourd’hui dans certains pays du Golfe et explique l’incapacité totale du monde musulmane à abolir une bonne fois pour toute dans son principe sa peine qui fait honte à l’humanité.

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