Lassana Bathily : un bel exemple d’instrumentalisation ?

Dans l’attente d’un compte-rendu policier officiel des faits, il apparaît que lors de la prise d’otage de l’Hyper Cacher, un jeune clandestin malien employé par le magasin eut la présence d’esprit de conduire certains des otages au sous-sol où ils se sont cachés, lui-même s’échappant par un monte-charge lui permettant de sortir du magasin et d’informer la police sur la configuration des lieux. Sans nier le courage de ce jeune malien, il est toutefois difficile d’en apprécier la portée réelle, qui semble cependant bien loin de l’acte de bravoure des militaires américains notamment qui ont réussi à mettre hors d’état de nuire un autre terroriste dans le TGV quelques mois après au péril de leur vie.

Bien entendu, ce fut pour le gouvernement une « divine surprise », car le jeune homme était musulman, occasion absolument idéale de glorifier la rhétorique de la dichotomie entre les bons musulmans et les islamistes, et d’éviter toute analyse critique un peu poussée de la question musulmane et de la responsabilité gouvernementale. Aussi ce jeune homme fut-il derechef porté aux nues par la République au cours d’une cérémonie d’une émouvante candeur. Il ne semble pas en revanche que l’otage juif Yohav Hattab, qui tenta de tuer le terroriste en saisissant une arme dans un très grand acte de courage, mais qui fut malheureusement abattu, ait connu la même médiatisation.

Au-delà de l’instrumentalisation de cet événement par le gouvernement, il est tout aussi inquiétant de visionner la restitution faite dans l’émission « Islam » de France 2 du dimanche matin diffusée en mars 2015 :

Lassana Bathily

France 2 Islam Amour & misericorde Mars 2015 Extrait

Il y est dit : « Récemment, Lassana Bathily, jeune malien musulman, et modèle de fraternité, a ému le monde entier en sauvant des vies lors d’une prise d’otages. » Et une personne interviewée dit « Tout le monde entier a salué son acte de bravoure et c’est à juste titre qu’il soit récompensé par rapport à ce qu’il a fait ».

Le reportage, au-delà de la présentation de ce jeune garçon comme un « modèle de fraternité », ce qui est peut-être un peu excessif (mais soit), élude surtout totalement et volontairement la question du terrorisme musulman : aucune référence n’est faite au fait qu’il s’agit d’un acte de terrorisme antisémite commis au nom de l’islam dans un magasin juif ! C’est inouï. Comment peut-on ensuite prétendre sérieusement et avec objectivité parler de l’islam ?

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