L’infériorité féminine dans la prière

La difficulté à penser le statut de la femme de façon égalitaire dans la culture musulmane se traduit à de nombreux niveaux, y compris au niveau de la prière. En pratique, la femme est souvent reléguée dans un rôle de second plan et invitée à rester chez elle.

Ainsi, le Statut indique qu’« il est permis à la femme de se rendre à la mosquée et de participer à la prière collective à condition d’être ni provocante, ni séductrice (par sa façon de s’habiller, de se parer et de se parfumer). (…) Toutefois, prier chez elles est préférable ». On voit bien que la présence de la femme à la mosquée est loin d’être un acquit dans la culture musulmane.

Selon le Statut, le Cheikh Mousâ Salîh Charaf indique en effet qu’« il est préférable et plus honorable pour la femme de prier chez elle. Il a été rapporté qu’Oumm Hâmid as-Sa’idiya s’est rendu chez le Prophète et lui a dit : « Ô envoyé de Dieu, j’aime faire la prière avec toi ». Il a répondu : « je le savais, mais prier dans ta maison est meilleur que prier dans la mosquée de ton clan et prier dans la mosquée de ton clan est meilleur que prier dans la mosquée collective ». »

Moncef Zenati reconnaît que l’avis instinctif dans la culture musulmane est bien que « la meilleure prière pour la femme, c’est chez elle ». Si, reprenant le hadith ci-dessus, il considère que rien ne s’oppose doctrinalement au fait de laisser les femmes venir à la mosquée, on ne voit pas qu’il les y incite particulièrement non plus. La nécessité d’inciter les femmes à venir à la mosquée ne semble guère s’imposer.

Havre de savoir Femmes et priere

Havre de savoir Femmes et priere Extrait

La récurrence de cette question résulte de l’ancrage de la conception inférieure de la femme dans la culture musulmane, y compris contemporaine. La question de la prière féminine a ainsi été évoqué en mars 2015 dans l’émission « Islam » du dimanche matin. À la question du journaliste : « Pourquoi sommes-nous arrivés à cette situation ? Qu’est-ce qui explique que plus on s’éloigne du modèle prophétique, qui était celui d’une prière en commun, hommes et femmes, et on se retrouve avec une situation, un peu de relégation, ou de séparation ? », Larbi Kechat répond : « De manière générale, nous sommes, en tant qu’êtres humains, victimes de nos ignorances. L’ignorance, du point de vue sémantique, le mot « ignorance » a une parenté avec l’obscurité. D’où l’importance qui doit être donnée au premier devoir islamique, à savoir la lecture, la compréhension et l’application. L’évolution des sociétés humaines ont abouti à certaines pratiques qui, avec le temps, ont pris le pas sur certaines règles islamiques. »

France 2 Islam La priere au feminin Mars 2015

France 2 Islam La priere au feminin Mars 2015

On voit combien cette réponse est vide de contenu et confirme la très faible volonté au sein de la communauté musulmane contemporaine de changer la situation en faveur des femmes.

Face à un tel constat, au moins peut-on dire aux musulmanes que si elles veulent venir dans les églises ou les temples, elles seront certainement accueillies à bras ouverts.