L’art de la dissimulation et du mensonge : la taqiya

La Sîra (cf. article Pas de lien avec les mécréants) indique que lorsque Mahomet envoya son émissaire pour semer la zizanie entre les Quraychites, les Ghatafân et les Banû Quraydha, il lui dit : « Essaie de faire défection les uns aux autres de nos ennemis afin qu’ils partent, si tu peux. La guerre est une ruse. » Ce propos n’a rien de choquant : cela correspond simplement au pragmatisme militaire d’un chef de guerre qui subordonne les moyens à la fin qu’il vise : Allah devait s’être absenté à ce moment-là.

Que la dissimulation soit un procédé habituel pour quiconque ne souhaite pas faire état de quelque chose n’a rien d’étonnant et il n’est pas besoin de code pour que cela existe. Cela ne relève d’ailleurs pas spécifiquement de la sphère religieuse.

Cette pratique de la dissimulation a notamment été pratiquée au sein même des pays musulmans entre chiites et sunnites, dans un contexte historique de relations très tendues, et on peut même dire haineuses entre ces deux communautés (et toujours aujourd’hui).

En revanche, cette formalisation conceptuelle, telle qu’elle apparaît dans l’islam, prend un sens très particulier dans le contexte des pays non-musulmans vis-à-vis desquels des appels à commettre des attentats sanglants sont proférés à l’attention des musulmans (qu’ils soient rentrés du jihad en Syrie ou pas).

Sans aller jusque-là, mais de façon plus subtile, on peut s’interroger sur l’utilisation par certains de techniques de communication visant à désensibiliser dans les médias leur auditoire et à les couper du réflexe d’analyse critique documentée, afin que toute assertion émise paraisse naturellement d’emblée comme vraie, alors que la preuve n’a été nullement apportée, ce qui est d’ailleurs facilité par la spécificité de la culture musulmane, de langue foncièrement arabe et souvent peu traduite – ce qui n’est pas sans en restreindre l’accès aux non arabisants –, et éclatée en de multiples courants permettant au gré des besoins de corroborer les propos souhaités avec les dires de tel ou tel éminent savant parfaitement inconnu par le commun des mortels occidentaux.

On peut ainsi penser par exemple à quelques cas simples, qui donnent l’impression d’un « double discours », les exemples étant légions :

revendication sourcilleuse de l’application stricte de la laïcité à la française avec une forte connotation visant à la culpabilisation morale en « oubliant » la question des droits de l’homme et les droits des communautés non-musulmanes dans les pays musulmans ;

confusion générale entretenue sur la notion de jihad ;

dénigrement de tous ceux qui n’ont pas été adoubés par les « savants » musulmans : accusation de mauvaise interprétation du texte coranique, quand bien même celui-ci est parfaitement clair, du fait d’une connaissance insuffisante de la culture musulmane (argument d’autorité d’autant plus facile à utiliser que l’interlocuteur est un occidental non arabisant) ;

– reconnaissance (par certains réformistes) de l’existence de pratiques déconseillées mais concomitamment tentative pour en décourager la traduction sous forme de loi en France (cf. bourqa) ;

– substitution au concept de territoire de guerre (dar-al-harb) du concept de territoire de la prédication (dar-ad-da’wa), ce qui ne change guère la problématique au regard des sociétés occidentales ;

– etc.

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