Droit à l’apostasie : l’islam de France ne l’acceptera jamais

La doctrine musulmane est claire (cf. article doctrine apostasie) : un musulman n’a pas la liberté d’apostasier. L’apostasie est punie très sévèrement dans les pays musulmans, parfois jusqu’à la peine de mort.

En France, un débat à été ouvert sous Jean-Pierre Chevènement (1999) en vue de rédiger une charte des musulmans de France. À cette occasion, l’inscription du droit imprescriptible de liberté de conscience (et de liberté religieuse), et donc le droit d’apostasier, a été évoqué : finalement il a été rejeté par le C.F.C.M. qui rédigeait cette charte. Ce point est parfaitement clair et son authenticité est a été confirmée en 2011 par Chems-Eddine Hafiz, vice-président du C.F.C.M..

CFCM Hafiz 2011CFCM Apostasie 2011 1   CFCM Apostasie 2011 2  CFCM Apostasie 2011 3

On notera d’ailleurs dans cette interview que M. Hafiz refuse obstinément de donner son avis sur la question de savoir si un musulman est libre de quitter l’islam. Il se borne à constater que certains le font, en déplorant cet abandon de la façon la plus nette et la plus viscérale (en évoquant le terme de « blessure »). En d’autres termes, même à titre personnel, M. Hafiz refuse en réalité d’accorder ce droit légitime.

Il va de soi que la Convention citoyenne des musulmans de France publiée par le C.F.C.M. à l’été 2014 ne pouvait pas mentionner l’apostasie de façon précise, si ce n’était pour confirmer cette analyse et la validité de la condamnation claire de l’apostasie, au risque sinon de se trouver en porte-à-faux avec tout le monde musulman. Aussi, la clarification de cette question par une formulation totalement dépourvue d’ambiguïté a été omise dans la rédaction de cette Convention au profit (article 1) de la mention floue et lénifiante d’une notion générale de liberté de croyance, d’ailleurs non définie : « Les musulmans de France sont attachés à : . La liberté de croyance pour tous les citoyens, (…) » Laisser entendre que la liberté de croyance ainsi formulée contient la liberté d’apostasier est un mensonge.

L’objectif de la Convention serait-il simplement de rassurer la société française sur la compatibilité de l’islam avec les valeurs de la France, quitte à éluder les questions qui fâchent ? Pourquoi le C.F.C.M. n’a-t-il pas tout simplement écrit (dans cette charte ou ailleurs) : « Tout musulman est en droit d’apostasier et ainsi de quitter l’islam. » ? Parce qu’il en est incapable, quand bien même il l’envisagerait.

Ainsi, on voit que l’islam de France, de façon directe ou indirecte, que ce soit via le C.F.C.M. ou une autre autorité en France, rejette fondamentalement, au plus profond de sa doctrine et de sa culture, l’idée de liberté religieuse qui emporte nécessairement la possibilité de changer de religion.

2 thoughts on “Droit à l’apostasie : l’islam de France ne l’acceptera jamais”

  1. Bonjour,

    Heureusement que le CFCM ne reconnait pas le droit à l’apostasie, car personne ne leur demande leur avis, si un musulman décide d’apostasier, en France, rien ne peut l’en empêcher et le CFCM ou n’importe qui n’a absolument rien à y redire.

    Les droits prévue par la constitution et les traité internationaux ne dépendent heureusement pas des avis du CFCM ou autre qui sont ignorés ici.

    Un musulmans qui apostasie le fait sans en référer au cfcm qui de toute manière n’a rien n’a à dire ni aucun pouvoir. Fort heureusement.

    Ce qui serait inquiétant c’est qu’on consulte le cfcm lorsqu’un un musulmans veut apostasier, mais ce n’est pas le cas.

    Le CFCM d’ailleurs n’est rien du tout, c’est juste juridiquement une association comme une autre, bref c’est quelque chose d’insignifiant qui ne représente rien.

    1. Bonsoir. Que le C.F.C.M. ne représente pas grand-monde, j’en conviens bien volontiers. Je le cite ici car faute d’autre institution représentative, il est souvent cité et on le tient pour le représentant d’un islam « modéré ». Il est donc intéressant de constater que même cette institution « modérée » ne veut pas condamner clairement les dispositions de la Sunna conduisant en islam à pénaliser l’apostasie. En cela, il partage cette position avec l’immense majorité du monde musulman. En novembre 2015, l’Institut du Monde Arabe avait organisé une conférence sur la liberté de conscience en islam : ce n’est pas un hasard. La liberté de conscience en islam n’existe pas.

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