Message d’ex-musulmans catholiques au Pape

« Au Maroc, la pseudoscience au service de la bêtise la plus crasse »

Un « homme de religion » a expliqué en toute impunité, sur une radio privée, que le cancer du col de l’utérus était une conséquence de… l’adultère.

Article du Point, par Tahar Ben Jelloun, publié le  | Le Point.fr

http://www.lepoint.fr/invites-du-point/tahar-ben-jelloun/ben-jelloun-au-maroc-la-pseudoscience-au-service-de-la-betise-la-plus-crasse-27-01-2018-2190068_1921.php#xtmc=tahar-ben-jelloun&xtnp=1&xtcr=1

« Enfin une grande découverte, un grand pas pour la médecine. On sait à présent ce qui provoque le cancer de l’utérus et du col de l’utérus : l’adultère ! Enfin, pour être précis, le non-respect pour une veuve musulmane de la pause de quatre mois et dix jours avant d’avoir de nouvelles relations sexuelles avec un homme. Le site d’info marocain le 360.ma nous apprend dans un article stupéfiant comment un « homme de religion », bénéficiant apparemment d’une grande audience, raconte n’importe quoi et le justifie par une lecture débile du Coran.

Cet homme anime une émission sur une chaîne de radio privée au Maroc, Chada FM. Il s’appelle Abderrahmane Sekkache. Il était à l’antenne le 19 janvier 2018 entre 10 heures et 12 h 15. Écoutons-le : lorsqu’une femme a sa première relation sexuelle, le sperme de son mari s’inscrit dans son vagin et son utérus. L’utérus inscrit alors dans le vagin le code de ce premier sperme. Ce code lui interdit un sperme venant d’un autre homme. Si la femme en reçoit un, elle déclenche par là même un cancer de l’utérus ou du col de l’utérus. C’est pour cela que l’islam a instauré une période de « idda » (abstinence) de 4 mois et 10 jours après le veuvage. CQFD !

Ignares

Le religieux prétend que c’est une découverte de scientifiques occidentaux, dont il ne donne ni les noms ni le pays d’origine. Indignée, scandalisée par le fait que de telles bêtises puissent être librement diffusées sur une radio privée, la sociologue marocaine Naâmane Guessous, auteure d’une étude importante sur la sexualité au Maroc, a alerté le ministre des Habous (biens religieux). Avec quelques recherches, on apprend que ce M. Sekkache est un prêcheur des plus intégristes, exigeant de la femme de porter le niqab (le voile intégral) et autres comportements absurdes. Ce dont il parle est un islam radicalisé et détourné. Il n’interprète pas, il invente. Il ment.

La sociologue conclut son appel : « Est-il normal que le Maroc du XXIe siècle, ayant de si grandes ambitions pour se moderniser, éduquer sa population et lutter contre l’obscurantisme religieux, permette encore ce genre d’idioties ? […] Est-il acceptable que des responsables de chaînes de radio donnent l’antenne à des fkihs [sorciers, NDLR] aussi ignares pour informer et orienter notre population ? »

Si on croit cet ignare qui s’adresse à un public qui n’a pas les moyens de vérifier ce qu’il avance, il faudrait demander des comptes aux femmes atteintes du cancer de l’utérus sur leur comportement moral. Tu as le cancer de l’utérus, donc tu as fauté. Le tour (sinistre) est joué.

Désespérant

Les gens considèrent dans leur majorité que la radio ne peut mentir ni se tromper. Difficile de rectifier ces stupidités et de les dénoncer. Il y a la Haca, l’instance des sages qui contrôle les contenus des programmes des médias audiovisuels (sorte de CSA marocaine), mais, apparemment, elle n’a pas encore réagi. M. Sekkache continue de déblatérer tranquillement sur les ondes de cette radio. Même si le roi a demandé que le discours religieux soit serein et juste, même si l’Éducation nationale est en train de réviser les manuels scolaires, ce genre de discours faits de mensonges grossiers et de démagogie est assez répandu.

Éliminer les fake news s’avère être un vaste programme désespérant. Mieux vaut en rire pour mieux les dénoncer en attendant que les autorités ainsi que les responsables de cette radio l’empêchent de poursuivre ses délires qui trouvent, hélas, un certain écho.

Malek Chebel, penseur musulman disparu : un hommage à contre-cœur ?

  • L’hommage à Malek Chebel

Ghaleb Bencheikh, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2, a présenté en novembre 2017 deux émissions rendant hommage aux penseurs musulmans récemment disparus, parmi lesquels Malek Chebel, mort le 12 novembre 2016. Cet hommage télévisuel, d’une quinzaine de minutes, a insisté sur le caractère pacifique et ouvert de cette personnalité, et sur son désir de voir l’islam devenir un « islam des lumières ».  En voici un extrait :

France 2 Islam 171118 Figures 1 Malek Chebel

  • Une position bien différente un an avant

L’ennui est que Ghaleb Bencheikh faisait preuve un an auparavant de beaucoup moins d’enthousiasme, voire d’un certain mépris, pour Malek Chebel à l’occasion d’une conférence sur le thème de la « fatwa » :

Amis IMA Fatwa 161128 Malek Chebel

« Ça fait rappeler le titre d’un ouvrage : « 27 propositions pour réformer l’islam ». Et pourquoi pas 26, et pourquoi pas 28 ? Mais je ne dirais pas de qui parce qu’il y a un aphorisme du Prophète qui dit : « Ne parlez de vos défunts qu’en bien ». [large sourire joyeux et satisfait…] Donc, du coup, il n’est plus de monde et nous nous recueillons avec beaucoup d’émotion devant sa mémoire. »

  • Malek Chebel : un regard sans concession sur l’islam 

Ghaleb Bencheikh, on le voit, ne semble guère attristé par la mort de Malek Chebel (qu’il ne nomme même pas), et son attitude relève manifestement de l’hypocrisie et de la condescendance : quelle peut en être la raison ?

Au-delà de la rivalité médiatique qui a peut-être pu opposer les deux hommes, on peut s’interroger de façon plus générale sur la difficulté que les intellectuels musulmans ont à honorer avec sincérité la mémoire d’un des leurs lorsque celui-ci adresse aux musulmans et à la culture musulmane des critiques aussi féroces. En effet, Malek Chebel n’était vraiment pas tendre avec l’islam, au point qu’on peut se demander avec raison pourquoi il est resté musulman puisque de telles critiques de l’islam ne laissent guère envisager de voies de progrès possibles.

Voici un florilège de citations tirées des ouvrages de Malek Chebel :

« Le droit musulman ancien est, en l’état, non réformable. Il faut lui substituer un droit qui soit totalement affranchi des us et des coutumes bédouines. La difficulté est réelle car l’islam est le produit d’une société féodale, celle du Hedjaz, qui a fourni le cadre d’ensemble du droit familial, avec ses rites et ses pratiques. »

« L’école coranique où l’on égrène à longueur de journées des sourates et des versets, sans les comprendre et sans les relier à un contexte historique, est, de ce point de vue, la caricature de l’apprentissage mécanique. Sortir de cette méthode répétitive est en soi considéré comme un début explicite d’indiscipline, et parfois de vaine spéculation. »

« L’une des caractéristiques actuelles de la pensée en islam est d’être univoque. Mais lorsqu’on dit « univoque », il faut entendre le mot au sens immédiat du terme et non pas de manière métaphorique ou distanciée. Très distinctement, l’esprit musulman d’aujourd’hui répugne à se voir reprocher, même avec doigté, l’absurdité logique de telle pensée anachronique ou fossile, surtout si elle a été codifiée par le Coran ou la sharia. »

« Pour le croyant islamoïde, l’islam se situe au-dessus et en dehors de la critique humaine. Pour lui, la doxa ne peut être questionnée, ni dans sa généralité ni dans son détail, car cela mettrait en péril tout l’édifice de la croyance. Le comportement « islamoïde » consiste donc à rejeter en bloc toute innovation inconvenante, tout en donnant le change à quiconque s’avise de critiquer tel ou tel précepte islamique. À ce sujet borné, l’islam n’offre que des avantages : une religion divine, avec un prophète d’une sagesse à toute épreuve et une histoire arabo-islamique flamboyante. »

« Pour les autorités religieuses, il ne peut pas y avoir de liberté en dehors du dogme lui-même, ce qui revient à dire qu’il n’y a pas de liberté du tout, hormis évidemment celle qui consiste à suivre la voie telle qu’elle a été tracée depuis des lustres. »

« J’apporte du crédit à ceux qui soutiennent que les musulmans d’aujourd’hui n’ont qu’une aptitude limitée à l’autocritique. »

« L’attitude du croyant musulman vis-à-vis du corpus coranique a toujours été empreinte d’exaltation et de respect, ce qui l’empêche d’affronter les nouvelles idées. »

« À l’étudiant qui s’engage dans les études religieuses, le talib, on demande surtout une capacité d’assimilation passive des textes et de la tradition, sans aucun recul. »

« Celui qui analyse les difficultés que rencontrent aujourd’hui l’islam et les musulmans est frappé par la faiblesse de la pénétration de la pensée rationnelle dans la pensée religieuse. »

« Seul Dieu (étant le Ghafur, « celui qui est enclin au pardon ») est en mesure de pardonner les fautes à celui qui, ayant péché, accepte de s’incliner et de revenir à la raison. Ce pardon est toutefois soumis au fait que le repentant écoute de nouveau avec ferveur et assiduité les enseignements de la tradition et se comporte avec l’humilité qui sied aux repentants. Le Coran développe l’idée de la « crainte de Dieu » à travers une centaine de versets. »

« Il est très probable que la dualité bien/mal a accompagné l’épopée humaine depuis le début. Le Coran n’entre pas dans de telles spéculations, mais la personnalité du bon croyant est très distincte – tout en étant parfaitement ciselée – de celle du mauvais croyant. »

« Pour que l’islam trouve le chemin de la respectabilité et qu’il puisse devenir, comme par le passé, le garant de la promotion individuelle, il faudrait idéalement abolir tout simplement la notion de fatwa. »

« Que l’imam puisse disposer d’un droit si exorbitant [la fatwa] montre tout simplement que l’État de droit n’existe pas et que le déni de justice peut en effet devenir la règle. (…) Les musulmans sont-ils en mesure aujourd’hui de passer immédiatement à l’étape supérieure, à savoir déclarer irrecevable toute plainte devant un tribunal qui vise à condamner un individu ayant offensé Dieu ou tout autre entité supra-humaine ? »

« L’apostasie est avérée à partir du moment où le philosophe sort de la logique coranique, ou prétend que le Coran est une création humaine, ce qui revient à nier l’existence de Dieu, à être déicide. »

« Il faut savoir que le Coran est, en lui-même, un discours constitué sur Dieu et de Dieu sur l’homme. Cela explique la pauvreté relative de l’acte philosophique en islam, cantonné malgré lui à une histoire amplifiée des idées et à une spéculation molle sur les fins dernières. »

« Les religieux sont unanimes : le seul pouvoir possible en islam est celui qui se réclame de Dieu, étant donné qu’il est le créateur de toute chose. »

« Je suis frappé par l’emprise phénoménale que les religieux ont sur la société, et plus particulièrement sur les couches sociales démunies. Du reste l’étau de fer dans lequel se trouve la société arabe, perse ou indonésienne, n’est pas prêt de se desserrer, car la corporation des religieux a compris depuis longtemps que l’élévation du niveau de vie et surtout l’acquisition de connaissances rationnelles – les deux fers de lance du progrès humain – sont deux des facteurs qui limitent son influence. »

« Tout lien avec un infidèle ou un incroyant est considéré comme une compassion pour ses idées, et parfois comme une adhésion pure et simple. Dieu défend aux croyants de se lier avec les infidèles. »

« Il est un aspect que l’on évoque pratiquement jamais : pour que la tolérance vis-à-vis d’autrui devienne une réalité, il faut que le musulman la cultive autant qu’il l’exige des autres. (…) Si les musulmans veulent que leur religion soit honorée et respectée en Occident (…), il faut qu’ils soient capables d’accepter dans les pays où l’islam est dominant une tolérance équivalente pour les autres religions. (…) Une mosquée en France, soit. Mais une église en Arabie Saoudite ? (…) Aller et venir sans difficulté aucune, soit, y compris au Vatican, mais pourquoi le territoire de l’Arabie serait-il strictement interdit aux non-musulmans ? »

« La jurisprudence sur la femme, que ce soit la sharia ou les mentalités collectives, lui est extrêmement défavorable. Le but non avoué de toute cette armada de textes consiste à maintenir la femme dans une position inférieure à l’homme sous le prétexte que celui-ci subvient à ses besoins matériels. »

« Répudiation, polygamie, mariages forcés (et surtout mariages précoces à onze ou treize ans), rapts de jeunes filles, dénigrement des mères célibataires et assassinats perpétrés au nom de l’honneur, voilà quelques aspects – flagrants – de l’infériorité juridique de la femme musulmane par rapport à l’homme, une infériorité fondée – telle est la thèse fondamentaliste – sur le caractère ondoyant et limité de la nature féminine. »

« L’une des raisons que prône les défenseurs de la polygamie est la différence d’inclination et d’étendue de la fonction sexuelle chez l’homme et chez la femme. (…) »

« Le phénomène qui touche au voilement des femmes dans la plupart des pays arabes sous influence wahhabite est spectaculaire. Le paradoxe fait ainsi que le voile est l’une des opportunités pour la femme de s’arroger des droits nouveaux (conduire la voiture, aller au travail), et qu’elle ne l’aurait guère défendu sans cela. Sans aller jusqu’à soutenir que le voile est la condition de l’émancipation des femmes dans ces pays-là, il est indéniable que sans ce fichu sur la tête, il est aujourd’hui inconcevable dans nombre de pays musulmans pour la femme de réclamer le moindre privilège. C’est l’une des explications, au-delà de la foi bien sûr, qui pousse des femmes musulmanes à se rapprocher du modèle social dominant, celui de la non-mixité de fait et du marquage violent de séparation des sexes. »

« Autre phénomène préoccupant, certaines musulmanes européennes, elles-mêmes converties ou ayant épousé des musulmans très conservateurs, voilées de pied en cap, poussent le zèle et la bigoterie jusqu’à se grillager les yeux et se couvrir les mains de gants noirs. Ce symbolisme du noir est d’ailleurs abbasside, donc en grande partie chiite et non pas sunnite, ce qui souligne, outre l’origine géographique de l’idéologie en question, l’impossible distance des femmes voilées vis-à-vis de leurs propres pratiques. Une telle attitude les met au ban de la communauté nationale et les rend suspects aux yeux de la plupart des autres musulmans, à commencer par celles qui se refusent à un tel simulacre. D’ailleurs, aucun verset coranique ne préconise un tel vêtement et la Tradition est relativement muette quant au voile porté par les premières musulmanes. (…) Au fond, c’est la croyance de quelques tribus arriérées qui, en s’imposant aux villes, est devenue le vecteur d’une idéologie de séparation et de pureté préconisée par les mouvements intégristes. Dans ce cas de figure, l’ostentation leur suffit, car elle tient lieu de politique. »

« Pour une religion qui se construisait à partir de maigres ressources, il était obligatoire que la question du butin et des acquis soit traitée dès le début. C’est exactement ce que fait le Coran en rappelant les éléments d’appréciation de ces gains, leur distribution et la liste des personnes prioritaires qui en bénéficient. »

« Toute la difficulté de l’émergence du sujet en terre d’islam vient du fait que la communauté musulmane, hier libératrice, aujourd’hui contraignante, est le seul modèle qui ait jamais servi à penser la pluralité sociale. »

« La proposition consistant à rappeler la prééminence de l’individu sur la communauté relève encore de l’utopie, car l’essence sociale de l’islam est communautaire. »

« Le blasphème (tajdif) en islam est double : le fait d’associer un autre dieu à Allah et, coextensif, le fait d’alimenter une telle éventualité, soit par écrit, soit par oral. Dans le Coran, le mot « blasphème » est plus induit qu’employé explicitement. (…) Ceux qui blasphèment sont donc essentiellement ceux qui méconnaissent l’entité divine et ses attributs. (…) Plus tard, le blasphème s’est également étendu à l’entité prophétique, au sens où la moindre récusation de celle-ci rejaillit sur tout l’islam, et en particulier sur le Coran, la parole de Dieu, et sur Allah lui-même. »

« L’interdiction du vin est pourtant ambiguë, car le Coran en fait un bien paradisiaque que seuls les bons croyants obtiennent dans l’au-delà. »

« Trop longtemps demeurés sur le bas-côté de la route, les musulmans n’ont pas été – c’est le moins que l’on puisse dire – des acteurs du progrès technologique moderne. Le monde musulman contemporain n’a rien inventé qui puisse susciter l’admiration. (…) Dans l’évaluation générale réalisée par l’ONU sur le développement durable des nations, les pays du bloc arabo-musulman se présentent (avec quelques nuances) parmi les derniers du peloton des États qui investissent dans la formation et l’éducation. »

« Dans beaucoup de cas, on constate que les strates populaires sont restées en dehors de toute idée de progrès, allant jusqu’à magnifier la vie du chamelier pour mieux se complaire dans une fausse promotion. Elles n’ont tout simplement jamais connu le monde féroce du travail tel qu’on le voit aujourd’hui dans les usines du monde occidental. Que constate-t-on aujourd’hui ? Que le travail est particulièrement dénigré, tandis que la division économique de cette activité est demeurée presqu’en l’état depuis plusieurs siècles, et cela dans la plupart des pays de la ceinture sud de l’islam. Le maître ordonne à son contremaître d’exécuter une tâche que celui-ci délègue à son second, lequel l’exige du petit personnel, souvent étranger, qui l’effectue sans barguigner, car il risque de se voir congédier sans compensation particulière. »

Les intellectuels arabo-musulmans qui dénoncent l’islam

  • Problématique

Ghaleb Bencheikh, musulman pondéré et cultivé, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2 est revenu, dans le cadre d’un cycle de conférences organisées en 2016 et 2017 par la société des amis de l’Institut du Monde Arabe, sur le sens du mot « jihad » et sur l’attitude frileuse des intellectuels du monde musulman qui ne dénoncent pas assez selon lui les affres de l’islam.

Amis IMA Jihad 161010 Intellectuels

  • Une description sans détours de l’islam : un appel à se lever contre l’islam ?

Le diagnostic de Ghaleb Bencheikh sur l’apport de l’islam au monde d’aujourd’hui est accablant, et celui-ci rappelle quelques vérités à faire frémir le politiquement correct :

«  En contexte islamique, il n’y pas de démocratie, il n’y a pas de liberté, pas de séparation de la politique d’avec la religion (…) »

« Cela rend davantage admirable le travail des rares de ceux qui osent, en contexte islamique, au péril de leur vie, dirent des choses. »

« Ailleurs, il devient un devoir, pour les intellectuels musulmans, parce qu’ils jouissent plus ou moins d’un ciel un peu plus clément au-dessus de leur tête ; s’ils ne le font pas, eh bien ils sont aussi frileux, pusillanimes, couards, peureux, et ne rendent pas service – pas aux musulmans – mais à l’humanité, parce qu’on a là un fléau terrible qui sévit au nom de la tradition islamique »

Ghaleb Bencheikh évoque également la contradiction fondamentale et insoluble qui se trouve à l’intérieur même du Coran, la nature de la prédication changeant significativement entre La Mecque et Médine :

« Il vaut mieux tenir compte dans la révélation coranique des versets mecquois et ne pas tenir compte des versets médinois. »

  • La visite de Mahomet à Taïf

Mais si Ghaleb Bencheikh critique ouvertement l’islam d’aujourd’hui, il tente néanmoins coûte que coûte de préserver la figure de Mahomet en en faisant un  fidèle continuateur du Christ. En effet, évoquant la visite de Mahomet à Taïf, Ghaleb Bencheikh prétend que celui-ci a eu « sa propre mâchoire fracassée », a été « battu à coups de mâchoires d’âne », et va jusqu’à affirmer que Mahomet a dit : « ô mon dieu pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font (reprenant les paroles de Jésus connaissant la passion) ».

Le problème est que ce récit est faux, du moins si l’on se réfère à la biographie de Mahomet d’Ibn Ishâq/Ibn Hîcham, « officielle » car reconnue dans l’ensemble du monde musulman, qui relate cette visite de façon très différente. Reprenons-en le texte (j’en fournis ci-dessous les principaux extraits ; ceux qui voudraient se reporter au passage complet le trouveront dans la biographie traduite par Abdurrahman Badawi, tome premier, pages 333 à 336).

Rappelons-le contexte : L’oncle de Mahomet qui le protégeait à La Mecque vient de mourir et Mahomet recherche donc l’appui de clans pour le soutenir dans sa lutte pour le pouvoir contre les Quraychites de La Mecque (nous sommes avant l’hégire). Il se rend donc à al-Taîf, auprès la tribu des Thaqîf. Voici le texte de la biographie :

« L’Envoyé d’Allah va à la tribu Thaqîf à la recherche de leur secours.

Ibn Ishâq dit : Quand Abû Talib mourut, les Quraysh outrageaient l’Envoyé d’Allah d’une manière qui ne s’était pas vue durant la vie de son oncle Abû Tâlib. Alors il partit pour al-Tâ’if, cherchant secours auprès de la tribu Thaqîf et leur protection contre son peuple, et aussi pour qu’ils acceptassent de lui ce qui lui venait de Dieu. Il y alla seul.

Ibn Ishâq dit : Yazîd b. Ziyâd sur l’autorité de Muhammad b. Ka’a al-Quraî m’a rapporté que quand l’Envoyé d’Allah arriva à al-Tâ’if, il se dirigea vers quelques gens de Thaqîf qui étaient alors les chefs et les nobles de la tribu Thaqîf. Ils étaient trois frères (…). L’Envoyé d’Allah s’asseyait avec eux, les appelait à croire en Dieu, et leur parlait du sujet qui l’avait amené à venir chez eux, à savoir : de lui porter secours pour propager l’islam et de l’aider contre ses opposants parmi son peuple. L’un d’eux alors lui dit qu’il déchirerait la couverture de la Ka’bah si Dieu l’avait envoyé. Le deuxième lui dit : « Dieu n’a-t-il pas trouvé un homme mieux que toi pour l’envoyer ?! » Le troisième lui dit : « Je ne parlerai jamais avec toi si tu étais l’Envoyé d’Allah, comme tu le dis, tu serais trop important pour que je puisse répondre à toi, et si tu mentais sur Allah, je ne devrais pas parler avec toi. »

L’Envoyé d’Allah partit donc de chez eux, désespéré de l’élite de Thaqîf. D’après ce qui m’a été rapporté, il leur dit : « Puisque vous vous comportez ainsi, gardez cela un secret entre nous ». (…) Mais ces trois nobles de Thaqîf ne gardèrent pas le secret. Au contraire, ils excitèrent contre l’Envoyé d’Allah leurs hommes insolents et leurs esclaves, qui se mettaient à l’insulter et à le chahuter, en sorte que la foule s’assembla autour de lui et le poussa à se réfugier dans le jardin entouré d’un mur qui appartenait à Utbah b. Rabî’ah et à Shaybah b. Rabî’ah qui s’y trouvaient en ce moment. Alors les insolents de Thaqîf qui le poursuivaient le laissèrent tranquille. Il se mit sous l’ombre d’une treille de vigne. Il s’y assit, pendant que les deux fils de Rabî’ah le regardaient et voyaient ce qu’il avait souffert de la part des gens insolents de Thaqîf. (…)

Quand les deux fils de Rabî’ah le virent et aperçurent qu’il souffrait, leur lien de parenté s’émut. Ils appelèrent un domestique chrétien qui était à leur service, appelé Addâs, et lui dirent : « Cueille de ce raisin, mets-le dans ce plat, et va à cet homme-là et invite-le à en manger. » (…)

Puis l’Envoyé d’Allah partit d’al-Ta’îf et retourna à Makkah, ayant désespéré de la conversion de la tribu de Thaqîf. Lorsqu’il passa par la vallée de Nakhlah, il se mit à prier, au milieu de la nuit. Alors passa devant lui, le groupe de djinns que Dieu a mentionnés. D’après ce qu’on m’a dit, ils sont au nombre de sept et sont des djinns des habitants de Nisibe. Ils se mirent à l’écouter. (…) »

  • Conclusion

Alors chahut, insolence des Thaqîf qui refusent de se convertir, folie du Prophète qui voit des « créatures » (les djinns) : oui. Mais aucun signe d’une mâchoire fracassée, et encore mois d’un prophète reprenant les paroles du Christ ! Où Ghaleb Bencheikh est-il allé chercher sa version sacrificielle ?

Le désir de Ghaleb Bencheikh de vouloir à tout prix sauver l’islam – tout en ayant le courage par ailleurs d’évoquer sa violence intrinsèque – ne doit pas nous entraîner dans une vertige hallucinogène. Comment pourrait-on croire que Mahomet ait pu jamais prétendre s’inspirer de Jésus-Christ, lui qui, quelque temps après, exterminera en l’égorgeant la principale tribu juive de Médine et reviendra d’aileurs « s’occuper » d’al-Taîf plusieurs années après (cf. « La campagne d’al-Ta’îf après Hunayn en l’an VIII », page 409 du tome 2 de la biographie déjà mentionnée) ?

La guerre sainte dans la doctrine de l’islam : une réalité incontournable

Ghaleb Bencheikh, musulman pondéré et cultivé, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2 est revenu, dans d’un cycle de conférences organisées en 2016 et 2017 par la société des amis de l’Institut du Monde Arabe, sur le sens du mot « jihad ».

  • La thèse de l’effort intérieur

Ses propos sont intéressants car ils sont l’expression visible et claire du malaise soulevé chez les intellectuels musulmans par la violence contenue dans la doctrine de l’islam. Ghaleb Bencheikh défend ainsi la traditionnelle thèse – pourtant intenable et contraire à la jurisprudence musulmane (cf. http://islametoccident.fr/?p=4009 ) – de la prééminence de l’effort « intérieur » ou « majeur » sur l’effort « extérieur » ou « mineur », c’est-à-dire la guerre, « combat [armé] dans la voie d’Allah ».

Amis IMA Fatwa 161128 Jihad

La thèse de l’effort « intérieur », dont la place serait centrale par rapport au combat armé qui serait marginal, est une pure fiction, mais répétée à l’envi (comme si la répétition, selon un procédé magique, créait la vérité) car c’est en réalité le seul moyen de existant pour tenter de désamorcer la question de la violence en islam. Malheureusement, cette thèse ne résiste ni à l’analyse en profondeur de la doctrine musulmane, ni à l’épreuve des faits. Le lecteur trouvera sur ce site plusieurs articles précédents consacrés à cette question largement documentée. Je ne reviens donc pas ici sur tous ses aspects mais je mets en lumière quelques points intéressants mentionnés lors de ces conférences.

  • La guerre est clairement une face essentielle du jihad

Si l’effort peut être intérieur, Ghaleb Bencheikh a l’honnêteté intellectuelle de reconnaître que le combat armé au nom de l’islam existe bel et bien : « Faire un jihad, dans son acception exotérique, extérieure, tournée vers le monde physique, c’est (…) et bien entendu guerroyer, parce qu’il ne faut pas éluder la question centrale qui nous intéresse ce soir, mais tout cela rentre dans l’acception, chez les théoriciens, chez les théologiens, du « petit effort », l’effort extérieur. Et a contrario, il y a l’effort salvateur, le travail sur soi. » 

Amis IMA Jihad 161010 Petit effort

Car la problématique de la violence en islam est incontournable comme le note Ghaleb Bencheikh : « Il n’y a pas 2000 versets qui appellent à la violence. Il y en a quelques-uns : ils sont violents, ils sont belligènes, ils sont martiaux, ils sont douloureux pour maintenant. La fameuse sourate 9 est un cas d’espèce qu’il faut étudier. »

Amis IMA Jihad 161010 Guerre sainte chirurgicale

S’agissant de l’argument consistant à limiter la guerre religieuse à des groupes particuliers (« Il y a un désaveu contre un groupe particulier et on sait lesquels (…). »), il ne tient évidemment pas la route : les textes sacrés de l’islam mentionnent effectivement les ennemis de l’époque de Mahomet mais c’est bien entendu tout ennemi de l’islam pour la suite des temps qui est visé. Il suffit de lire la multitude d’imprécations lancées contre tous les types de mécréants pour s’en convaincre. Et on peut à juste titre, comme le fait Ghaleb Bencheikh lui-même, s’interroger sur la réelle valeur spirituelle d’une « révélation qui descend à point nommé pour épouser les contingences d’une vie de tous les jours »…

  • La Sunna confirme la place du combat armé dans les fondements de l’islam

L’omniprésence de la violence et du combat armé dans la biographie de Mahomet est également confirmée par la Sunna puisqu’un hadith connu mentionne la parole même de Mahomet qui place implicitement le combat armé devant l’effort intérieur. Ghaleb Bencheikh tente de minimiser le poids de cette tradition mais celle-ci est largement confirmée par de nombreux imams du monde musulman.

Amis IMA Jihad 161010 Hadith petit jihad

  • Un certain nombre d’intellectuels musulmans entérinent le terme de « guerre sainte »

Ghaleb Bencheikh regrette que des intellectuels du monde arabo-musulman (et non des moindres car sinon il ne mentionnerait pas ce point) « entérinent » l’appellation de « guerre sainte ».

Amis IMA Jihad 161010 Intellectuels et guerre sainte

Mais c’est tout à fait normal puisque c’est justement parce qu’il s’agit précisément d’une guerre menée au nom de la religion ! La jurisprudence islamique est d’ailleurs claire sur ce point (cf. http://islametoccident.fr/?p=4009 ).

  • Conclusion

Ghaleb Bencheikh invente un islam qui n’existe pas. Il se retrouve fatalement en opposition frontale avec la vision de l’islam telle qu’elle ressort de façon tout à fait habituelle dans le monde musulman : un islam de conquête, où la violence est permise (avec certaines règles). Pour construire cet islam imaginaire que Ghaleb Bencheikh appelle de ses vœux, il lui faut d’abord déconstruire cet islam millénaire et violent qu’il n’aime pas : peut-il y parvenir sans le détruire véritablement ?

Les chrétiens sont les croyants les plus persécutés

https://fr.reuters.com/article/companyNews/idFRL5E9C87CP20130108

« STRASBOURG, 8 janvier (Reuters) – Le christianisme est la religion dont les membres souffrent le plus de persécutions à travers le monde, estime l‘association d‘obédience protestante Portes ouvertes dans son rapport annuel publié mardi.

Cette situation découle principalement, selon elle, de la montée en puissance dans de nombreux pays, de l‘islamisme radical, alors que la situation des chrétiens s‘améliore au sein des derniers pays communistes, sauf en Corée du Nord.

“Depuis quelques années, on entend dire que le christianisme est la religion la plus persécutée dans le monde, ça nous semble juste”, a déclaré Michel Varton, directeur de Portes ouvertes France, lors d‘une conférence de presse à Strasbourg.

S‘appuyant sur 21 bureaux à travers le monde et un millier de collaborateurs, l‘organisation non gouvernementale (ONG) établit son “Index mondial de persécution” depuis 1997, en notant les pays selon six critères affectés chacun d‘un même coefficient : les persécutions subies à l’échelle personnelle, familiale, sociale, constitutionnelle, ecclésiale et les violences physiques en tant que telles.

Cinq nouveaux venus font cette année leur apparition parmi les cinquante pays recensés : le Mali, la Tanzanie, le Kenya, l‘Ouganda et le Niger.

“Tous sont des pays d‘Afrique subsaharienne”, a souligné Claire Lacroix, coordinatrice de l‘Index, en attribuant cette entrée à l‘action des groupes musulmans djihadistes, dont certains liés à Al Qaïda.

Huit des dix pays où la situation des chrétiens est la plus problématique sont des pays à majorité musulmane.

Le conflit syrien a fait passer le pays de la 36e à la 11ee place, tandis que la Libye monte de la 26e à la 17e. “Le Printemps arabe s‘est transformé en hiver arabe pour les chrétiens”, note le rapport.

La Corée du Nord, une des dernières dictatures communistes, occupe toutefois la première place pour la onzième année consécutive. La seule possession d‘une Bible y suffit pour être envoyé en camp de travail, selon l‘ONG, qui estime entre 50 et 70.000 le nombre de chrétiens condamnés à un tel sort.

Si certains pays descendent dans le classement, c‘est pour la plupart en raison de l‘augmentation des persécutions ailleurs, affirme le rapport, à une exception, la Chine où la situation des chrétiens s‘améliore véritablement.

La Chine, qui émargeait dans les dix premiers de l‘Index il y a cinq ans, occupe aujourd‘hui la 37e place. (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse) »

Noël sera toujours l’anniversaire de la naissance du Christ

Les ravages perpétrés en France par la laïcité revancharde et frustrée ne pourront jamais faire que Noël soit fondamentalement autre chose que la commémoration de la naissance du Christ. L’Espagne sait encore le reconnaître sans en avoir honte (ci-dessous une photo prise en ce début d’année à l’aéroport de Madrid).

Ainsi, ce qui ne posait aucun problème en France avant l’arrivée massive de l’islam est devenu l’obsession de bon nombre d’esprits suicidaires : la religion est devenue insupportable aux esprits libres et athées prétendument à l’aise dans leurs baskets mais incapables de définir leur identité autrement que dans un New Age effiloché et qui ne leur ôte même pas la peur de la mort (!).

Le combat contre l’imbécillité (« vaste programme » aurait dit de Gaulle) est loin d’être terminé si l’on en juge également par la mutilation imposée ces jours-ci à l’opéra de Bizet « Carmen » (photo de Vanity Fair) dont la fin est honteusement travestie à l’opéra de Florence, Carmen ne mourant plus au contraire de Don José. 

À quand la revisite de Roméo et Juliette par des danseurs androgynes ou transgenres ?

Jérusalem, berceau du judaïsme pour l’islam de France

À une époque où la désignation de Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël émeut tant – parfois jusqu’à la scandaliser – la bien-pensance mondiale (et notamment islamo-gauchiste en France), il est intéressant de noter que l’islam de France (tel que présent depuis longtemps à la télévision française) reconnaît sans ambages la place centrale de Jérusalem pour les juifs (place fondamentale, tant du point de vue religieux qu’historique, avec laquelle d’ailleurs aucune autre religion ne peut véritablement rivaliser).

Ainsi, le sujet diffusé dans l’émission « Islam » du 7 janvier 2018 précise, en tout premier lieu (et sans que cette réflexion géographique soit mentionnée pour le christianisme et l’islam), que : « Le judaïsme a pour berceau Jérusalem ». Voilà qui a le mérite de la clarté. Dont acte.

France 2 Islam 180107 Monotheisme 2 Jerusalem

L’insupportable prétention du judaïsme

L’émission « Judaïca » de France 2 du 3 décembre 2017 a été l’occasion de revenir de façon tout à fait intéressante sur les rapports compliqués entre les Grecs et les juifs dans l’Antiquité. Le rabbin Raphaël Sadin explique que l’inimitié grecque vis-à-vis du judaïsme trouve son origine dans la prétention des juifs à être le centre du monde, prétention fondée sur un passage de la Bible (traduction de la Bible de Jérusalem) :

Jérémie 33, 25 & 26. Ainsi parle Yahvé : Si je [c’est Dieu qui parle] n’ai pas créé le jour et la nuit et établi les lois du ciel et de la terre, alors je rejetterai la descendance de Jacob et de David mon serviteur et cesserai de prendre parmi ses descendants ceux qui gouverneront la postérité d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ! (…)

Ce passage, un peu obscur, est difficile à traduire car il s’insère, comme le rappelle Thomas Römer, dans « un livre [Jérémie] qui invite le lecteur à un parcours compliqué, dans lequel alternent les annonces de jugement, les récits sur le jugement réalisé, des oracles proclamant un salut à venir, ainsi que de récits sur une vie possible dans le pays. Mais la fin du livre revient à la destruction de Jérusalem et à l’exil babylonien, établissant ainsi un parallèle explicite avec la fin du livre des Rois. »

L’interprétation juive du texte originel conduit à une traduction plus simple : « Si ce n’était pour l’étude approfondie de Mon Alliance [c’est-à-dire la Torah] nuit et jour, je cesserais de fixer les lois du ciel et de la terre », ce qui revient finalement à, comme évoqué dans l’émission : « Si ce n’était pas mon alliance avec Israël, je n’aurais pas créé le monde [l’univers] ». Ainsi, l’univers n’a été créé que pour la Torah et ne continue à exister que pour autant qu’Israël continue à s’adonner à son étude.

 

France 2 Judaica 171203 Hanouka Extrait

En effet, l’exégèse juive (midrash, zohar) enseigne que l’idée de l’existence d’Israël a précédé toute la création et que Dieu a fixé une condition à la création de l’univers et à son maintien : qu’Israël accepte la Torah et l’étudie ; sinon, l’univers retournera au tohu-bohu.

Le rabbin Raphaël Sadin reconnaît la suprême insolence de cette prétention juive qui fonde le principe de l’« élection », avec l’idée qu’« il peut exister au sein d’une communauté humaine une façon de vivre, d’exister, de donner sens, qui, en dernière instance, donne sens à tout l’univers, mais qui n’est pas partageable ».

Les chrétiens n’ont pas de raison fondamentale de se sentir offensés par cette prétention puisqu’eux-mêmes s’inscrivent dans son prolongement par l’affirmation que Jésus est le Messie annoncé par les Écritures juives, les chrétiens abandonnant par ailleurs l’idée de l’élection pour annoncer la Bonne Nouvelle à tous, juifs et non-juifs.

En revanche, la perception de l’islam est par définition très différente et on comprend assez facilement qu’elle puisse être à la source de l’antisémitisme viscéral qu’on retrouve dans la doctrine de l’islam : d’une part, les arabo-musulmans prétendent descendre d’Ismaël, demi-frère bâtard d’Isaac puisque fils d’Abraham et d’une servante (et non femme légitime) – l’alliance de Dieu avec les hommes ne passant que par Isaac –, ce qui est une situation évidemment très inconfortable en terme de prestige et sur laquelle les imams sont peu prolixes (jusqu’à aller parfois comme on l’a vu jusqu’au mensonge cf. le sacrifice d’Abraham http://islametoccident.fr/?p=3758 ) ; d’autre part, l’islam se fonde pour l’essentiel sur la spiritualité et les règles juives sans y apporter de nouveauté spirituelle qui pourrait justifier sa prétention à dépasser la révélation juive, et encore moins sa prétention à clore le cycle des révélations.

Quant aux autres groupes humains (bouddhistes, agnostiques, athées, etc.), si cette arrogance juive peut agacer, elle n’est finalement que de peu d’importance pour eux puisque, de toutes les façons, ils ne croient pas un mot de toute cette histoire juive.