Coran : un classement thématique pour y comprendre quelque chose

On sait que le Coran est un livre « anarchique » selon le mot même employé par Tareq Oubrou dans la mesure où il ne propose aucun classement ni chronologique ni thématique, comme le rappelle l’intervenant de l’émission « Islam » de France 2 du 12 février 2017.

France 2 Islam 170212 Exegese du Coran 2 Extrait

Cet intervenant suggère d’aborder la lecture de ce texte selon un ordre thématique. Cette approche est effectivement fondamentale, à la fois pour savoir ce que dit vraiment le texte sur chaque thème abordé, mais aussi pour mesurer statistiquement l’importance de chaque énoncé : le Coran contenant en effet des contradictions évidentes, on ne peut pas mettre sur le même plan deux propos contradictoires, mais dont l’un est exprimé par un ou deux versets, et l’autre par des dizaines, voire une centaine de versets (les contradictions apparentes étant d’ailleurs à mettre en rapport avec la chronologie du texte et les notions d’abrogé et d’abrogeant).

C’est précisément cette analyse thématique systématique du texte coranique, complété par des extraits de la biographie de Mahomet et des hadiths, que vous pouvez télécharger gratuitement sur ce site sous la forme du « Livret musulman de premier secours » sur la page http://islametoccident.fr/?page_id=1786.

Ce recensement systématique, travail aride (mais par nature aisément vérifiable) que vous pouvez ainsi vous épargner, est un outil indispensable pour mettre fin à nombre d’idées reçues ou propagées sur la réalité du texte coranique, idées qui sont à la source de multiples confusions et sont parfois utilisées pour manipuler des esprits occidentaux naïfs, habitués à croire ce qu’on leur dit, n’ayant jamais lu eux-mêmes les textes fondamentaux de l’islam.

Déménagement du monde ou Grand remplacement ?

L’excellente émission « Répliques » d’Alain Finkielkraut nous a proposé aujourd’hui 24 juin 2017 un passionnant débat sur le thème « Le grand déménagement du monde », en présence d’un personnage banni du paysage médiatique français : Renaud Camus.

Il faut à cette occasion remercier Alain Finkielkraut d’oser, avec courage, donner la parole à une des personnalités de la dissidence intellectuelle qui rompent le cadre exigu de la bien-pensance étriquée imposée dans les medias, en particulier par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. La diffusion de ce débat avait dû en effet être reportée comme l’expliquait Alain Finkielkraut le 10 juin 2017 :

Ainsi, sous la pression de cet organisme liberticide, qui fait songer à une sorte de Fouquier-Tinville de la bien-pensance, la diffusion de cette émission avait été reportée à après les élections : il ne fallait sans doute pas perturber le peuple et le distraire du vote qu’on attendait de lui.

Avant de laisser le lecteur écouter cette émission dans son intégralité, j’attire son attention sur son début pendant lequel Hervé Le Bras a tenu le propos suivant :

« …en tant que scientifique – il faut bien mettre les choses sur la table –, je suis polytechnicien d’origine, donc j’ai une habitude des chiffres et du raisonnement… »

Cette prodigieuse et stupéfiante remarque liminaire suscite plusieurs commentaires :

1) M. Le Bras a 74 ans : qu’il ressente encore le besoin de s’affirmer en se raccrochant à ce qu’il faisait sur les bancs de l’école il y a plus de 50 ans est un indice certain de fragilité psychologique et mentale.

2) M. Le Bras recourt par cette référence à l’argument d’autorité, comme si le fait d’avoir été capable de résoudre des équations pour entrer à Polytechnique l’avait placé pour le reste de ses jours dans le camp des saints incapables de se tromper, comme si une grande école immunisait pour toujours de la sottise : affirmation sous-entendue affligeante et consternante.

3) Au-delà de l’argument d’autorité qui est en filigrane de tout le discours de M. Le Bras – et qu’il ne pourra pas s’empêcher d’ailleurs de dévoiler en fin d’émission en en faisant un usage explicite –, M. Le Bras conteste en réalité fondamentalement ab initio la légitimité de son interlocuteur Renaud Camus puisque, selon lui, seule une approche scientifique fondée sur des chiffres serait pertinente.

L’auditeur se fera sa propre opinion et jugera s’il convient, comme M. Le Bras, tente de le démontrer avec un positivisme forcené, que tout part des chiffres, et que l’on peut sans doute aussi mesurer l’attachement à la culture française en mettant en équation Molière, Hugo, Voltaire, Debussy, Cézanne et tant d’autres. Il est vrai qu’on entend parfois dire que la musique de Bach à un côté mathématique : peut-être, mais à côté de cela, il y a surtout le génie. Peut-on mettre en équation et en chiffres le génie français ?

Bref, au-delà de ce propos liminaire effarant et qui est la marque de la suffisance à laquelle une certaine élite nous a habitué depuis longtemps, il est intéressant d’écouter cet échange dans le cadre de cette émission, toujours intelligemment conduite par Alain Finkielkraut.

Nouvelle publication : « Dis, papa, ça sert à quoi l’islam ? »

J’ai le plaisir de vous annoncer la publication de mon dernier ouvrage : « Dis, papa, ça sert à quoi l’islam ? », questionnements enfantins sur le mal-être ensemble.

Ce livre est d’ores-et-déjà disponible sur le site de l’éditeur, Edilivre, et sera disponible dans quelques semaines sur les librairies en ligne (Fnac.com, Chapitre.com, Amazon, etc.).

Lien pour le consulter sur le site de l’éditeur :

https://www.edilivre.com/catalog/product/view/id/851098/s/dis-papa-ca-sert-a-quoi-l-islam-27ad1d283d/

Cet ouvrage, constitue une présentation très abordable mais toujours très sérieuse – puisque fondée sur des textes musulmans incontestésde la doctrine de l’islam dans son rapport aux valeurs occidentales, présentation agrémentée d’analyses et de constats formulés par des personnalités musulmanes connues (voir le site d’Edilivre), mais malheureusement souvent passés sous silence.

Afin d’en rendre la lecture aisée, j’ai choisi la forme d’un dialogue avec un enfant, ce qui permet d’aborder nombre de questions de façon beaucoup plus simple, précise et claire que la plupart des livres des islamologues promus par le système médiatique et qui semblent justifier leur titre et leur rôle de « spécialistes » par la complexification inutile des sujets qu’ils abordent.

N’hésitez pas à le commander ! Un bon livre pour l’été, notamment pour ceux qui apprécient les vacances instructives.

Ce livre complète mes deux précédents ouvrages :

  • « L’islam de France (et d’Europe) : un message de paix ? »

Publié en mai 2015, ce livre est centré sur une revue de tous les grands principes de la doctrine de l’islam tels qu’ils ressortent des textes mêmes de l’islam, textes abondamment référencés (Coran, hadiths, jurisprudence chaféite) – pour éviter les contestations mais aussi faire mieux connaître ces textes –, textes qui incluent également de nombreux passages de la vie de Mahomet, biographie absolument fondamentale pour la compréhension de la nature véritable de l’islam de Mahomet.

Lien :

http://7ecrit.com/livre/lislam-de-france-et-deurope-un-message-de-paix-reflexions-et-questionnements-dun-homme-de-la-rue

  • « Les sources doctrinales de l’État Islamique »

Publié en mars 2016, ce livre (2 tomes) traite du rapport de la doctrine de l’État Islamique – et par extension de beaucoup de mouvements musulmans dits « fondamentalistes » – avec l’islam originel de Mahomet afin d’apporter des éléments de réponse simples et vérifiables à la question élémentaire : qu’est-ce que le véritable islam voulu par Mahomet ? celui des musulmans dits « modérés » ? celui des musulmans dits « fondamentalistes » ? un autre ?

Lien :

https://www.uppreditions.fr/livre/978-2-37168-111-8_les-sources-doctrinales-de-l-etat-islamique-tome-1/

https://www.uppreditions.fr/livre/978-2-37168-110-1_les-sources-doctrinales-de-l-etat-islamique-tome-2/

Comment pousser les musulmans à étudier leur religion ?

Il suffit d’interroger les musulmans pour constater que beaucoup ne connaissent de leur religion que quelques principes de base, et que ce peu de connaissance est souvent l’objet d’une crispation identitaire (même dans les débats entre musulmans), en particulier chez les jeunes musulmans et musulmanes françaises (cf. port du voile, halal).

Si un des intervenants de l’émission de France 2 « Islam » du 8 mai 2016 émit l’idée qu’« il y a plusieurs façons d’être dans le vrai », ce qui est logiquement impossible, l’idée est certainement du moins de dire que personne ne pouvant prouver dans le domaine religieux qu’il a raison, la pluralité des opinions est respectable ainsi que la critique et le débat.

France 2 Islam 160508 Lire et interpreter le Coran Partie 2 Education

Dans ce domaine malheureusement, il paraît difficile d’être très optimiste puisque Tariq Ramadan reconnaît lui-même que « Les dialogues et les débats manquent infiniment à l’intelligence musulmane contemporaine », « l’éthique du débat et de la divergence » mentionnée dans l’émission et autrefois apparemment en usage n’ayant en réalité jamais concerné les débats entre musulmans et mécréants.

Les Frères Musulmans : l’humanitaire comme arme de conquête

La confrérie des Frères Musulmans, si influente en France, a développé de longue date une action sociale et humanitaire destinée à lui attirer les faveurs d’un large public. Naturellement, cette aide n’est apportée qu’aux populations musulmanes à l’exclusion des autres, de même qu’aujourd’hui ce sont les pays historiquement chrétiens qui accueillent en Europe les réfugiés et migrants économiques, pour l’essentiel musulmans, ceux-ci étant rejetés par les pays musulmans riches (notamment les pays du Golfe), qui pourtant pourraient s’occuper d’eux.

Le reportage de France 3 sur la confrérie des Frères Musulmans diffusé il y a quelques temps a rappelé de façon intéressante et claire les motivations politiques et religieuses inavouées de cette démarche humanitaire, la prédication pour l’expansion de l’islam étant de longue date une des principales.

Freres musulmans Humanitaire

NB : « al jihad fi sabil Allah » = combat dans la voie d’Allah (Dieu) : c’est-à-dire, peu ou prou, la guerre sainte menée au nom d’Allah contre tous les mécréants (kuffar).

Arabie Saoudite : chassez le naturel, il revient au galop ?

L’Arabie Saoudite est le pays fondateur du wahhabisme, application stricte de l’islam de Mahomet, c’est-à-dire du vrai islam. On sait que cet islam sépare complètement dans son idéologie les musulmans des mécréants, ces derniers étant qualifiés abondamment par le Coran d’« égarés », de « pervers » et autres qualificatifs dégradants.

Le sort des mécréants étant totalement indifférent à l’islam, la notion de fraternité étant absente, il est ainsi tout à fait logique que les footballeurs saoudiens aient refusé ostensiblement de respecter la minute de silence observée en mémoire des victimes des récents attentats de Londres (dont deux australiennes) perpétrés par des musulmans fondamentalistes comme eux, à l’occasion du match Australie-Arabie Saoudite qui s’est joué le jeudi 8 juin 2017.

Football Arabie Saoudite

Naturellement, pour sauver les apparences, la fédération de football d’Arabie Saoudite s’est excusée au nom des joueurs.

Les Frères Musulmans, ou comment préparer l’expansion de l’islam au monde entier

À une époque où commence à s’affirmer lentement mais sûrement en France un islam politique, sous la forme d’une présence politique ayant pignon sur rue, il est intéressant de revoir le reportage de France 3 diffusé il y a quelque temps et consacré à la confrérie des Frères Musulmans.

Les extraits qui suivent rappellent, s’il en est besoin, la nature de cet islam politique et son projet fondamental, qui se caractérise par une réaction de rejet vis-à-vis des idées occidentales (laïcité, sécularisme, perte des valeurs morales, etc.) ayant contaminé le monde musulman, et la volonté de reconstruire les pays musulmans sur une base islamique. Il s’agit d’un projet identitaire de défense de l’identité arabo-musulmane soumis à la domination de l’Occident qui a supplanté le monde musulman depuis des siècles et vis-à-vis duquel le monde musulman veut prendre sa revanche.

  • Un projet dirigé contre le modèle occidental

Comme l’explique Gamal al-Banna, frère du fondateur de la Confrérie dont il rappelle la doctrine : « l’islam n’est pas seulement une croyance, ou une idée ; l’islam concerne tous les aspects de la vie et ils doivent être organisés par l’islam ».

Il ne fait en réalité que rappeler une évidence de la doctrine de Mahomet : le rejet de toute forme de laïcité, source d’incompatibilité essentielle entre l’islam et monde occidental. Le Front Islamique du Salut ne disait pas autre chose : «  toutes les lois doivent être inspirées du Coran ».

Ce projet s’appuie sur les dires et actions de Mahomet et de ses premiers disciples (les « salafs »), les plus à même de suivre fidèlement les commandements du Prophète, ce qui rend curieux l’emploi à cet égard du terme de « fondamentalisme », le fondamentalisme étant l’application la plus pure et la plus authentique de l’islam prôné par Mahomet.

Freres musulmans Projet mondial 1

  • Un projet mondial

Mais cette ambition ne s’arrête pas là car il s’agit pour tous les mouvements musulmans fondamentalistes, non seulement de restaurer le califat, mais aussi de partir à la conquête du monde puisque « le but suprême est de réaliser la pensée islamiste sur le plan mondial ». Néanmoins, cette ambition ne doit pas être affichée ouvertement vis-à-vis du monde occidental afin de ne pas éveiller sa suspicion : la « takiya » (dissimulation des intentions réelles ultimes) est donc de rigueur, la première étape pouvant être la mise en place d’une société multiculturelle, comme en Angleterre.

Freres musulmans Projet mondial 2

Freres musulmans Projet mondial 3

  • Et en France, avec l’U.O.I.F. : « tout va très bien, madame la marquise, tout va très bien, tout va très bien… »

L’Union des Organisations Islamiques de France (U.O.I.F.) n’a même pas à se cacher tant les Français sont devenus aveugles et ont perdu le sens commun.

Freres musulmans UOIF

Aussi est-il sans doute utile de rappeler, pour tous ceux qui négligent l’importance de la croissance de l’islam politique en Europe et notamment en France, que le projet à terme qui nous est proposé est donc, entre autres : l’abandon de la démocratie occidentale, remplacée par la chari’a ; l’interdiction de toute mixité et l’instauration d’une police des mœurs (cf. ce qui se passe déjà dans certains quartiers de la région parisienne, et depuis un moment déjà en Angleterre) ; la fin de la liberté d’expression et le musèlement des intellectuels et des médias (cf. déjà en France la mise en œuvre du délit d’« islamophobie » avec les procès intentés par exemple à Pascal Bruckner et Georges Bensoussan) ; la régression du statut des femmes ; etc.. Bref, l’anéantissement de toute la culture française, véritable génocide culturel.

L’antisémitisme musulman : rappel historique

L’antisémitisme viscéral de l’islam ne fait doctrinalement aucun doute (il suffit de lire le Coran et les hadiths pour le constater). Sans doute le refus des juifs de rallier sa cause fut pour Mahomet l’origine d’une forte rancune (les juifs contestant formellement son statut et donc sa légitimité), et suscita aussi un désir de vengeance face aux moqueries dont il avait été l’objet, d’où les massacres de juifs perpétrés déjà par Mahomet lui-même.

En revanche, on ne peut pas dire que cet antisémitisme ait eu un caractère foncièrement génocidaire, comme avec le nazisme. Une fois les temps prophétiques terminés, la domination et l’humiliation suffisaient.

Mais cet antisémitisme est toujours resté présent dans la culture musulmane : l’attitude du grand mufti de Jérusalem pendant la deuxième guerre mondiale n’a ainsi rien de tout à fait surprenant, de même que, depuis, l’endoctrinement antisémite des enfants, exacerbé dans le contexte de la création de l’État d’Israël. Le reportage de France 3 diffusé il y a quelques mois et consacré à la confrérie des Frère musulmans est de ce point de vue un rappel intéressant.

Freres musulmans Antisemitisme

Mahomet annoncé par les Évangiles ? Une affirmation contraire au simple bon sens

  • Problématique

L’islam prétend que Mahomet est le digne successeur de Jésus. Il est intéressant d’analyser sur quoi prétend se fonder cette revendication.

  • La revendication

D’après la Sîra (biographie de Mahomet), Ibn Ishâq fit état d’une prophétie de Jésus annonçant la venue de Mahomet. On y lit en effet : « Lorsque l’apôtre voulut faire connaître aux chrétiens, ce qu’avait écrit, sous l’inspiration de Dieu, Jésus fils de Marie dans l’Évangile, au sujet de l’envoyé de Dieu, Jean copia les phrases suivantes : « Celui qui me hait, hait Dieu. Si je n’avais pas en leur présence accompli des merveilles, que personne d’autre avant moi n’avait accomplies, ils ne seraient pas coupables. Mais ils abusèrent de la grâce et crurent qu’ils l’emporteraient sur moi et sur Dieu lui-même. Il faut cependant que le mot écrit dans la Loi soit accompli : « Ils m’ont haï gratuitement, sans raison ». Et lorsqu’al-munhamanna viendra, celui que Dieu vous enverra de sa part, l’Esprit-Saint, celui qui a émané de Dieu, il portera témoignage sur moi. Vous aussi vous porterez témoignage, car vous avez été avec moi. C’est pourquoi je vous ai dit cela afin que vous n’ayez pas de doute. » Al-Manhamanna en syriaque veut dire : Muhammad, et en grec al-baraqlîtis. »

La version de la Sîra est en réalité une copie déformée des versets évangéliques (Jean 15, 23 à 26 & Jean 16, 1 dans la version de la Bible de Jérusalem) : « Qui me [Jésus] hait, hait aussi mon Père. Si je n’avais pas fait parmi eux les œuvres que nul autre n’a faites, ils n’auraient pas de péché ; mais maintenant ils ont vu et ils nous haïssent, et moi et mon Père. Mais c’est pour que s’accomplisse la parole écrite dans leur Loi : Ils m’ont haï sans raison. Lorsque viendra le Paraclet, que je vous enverrai d’auprès du Père, l’Esprit de vérité, qui vient du Père, il me rendra témoignage. Je vous ai dit cela pour vous éviter le scandale. »

Comme on le voit, dans la version arabe d’Ibn Hishâq, le terme de « Paraclet » est rendu par le terme arabe al-Munhamanna. Ibn Hishâq prétend que al-Munhamanna est un mot syriaque voulant dire : Muhammad (et en grec al-baraqlitos). Donc Jésus a annoncé la venue de Mahomet. CQFD.

  • Le Paraclet

Ce terme « Paraclet » ne se rencontre guère que dans la littérature religieuse. Il provient d’un terme grec, παράκλητος, qui signifie « celui qui console », ou « celui qui intercède ».

Ainsi, les versets de l’Évangile de Jean témoignent de la venue prochaine annoncée par Jésus de l’Esprit de vérité, l’Esprit Saint, qui vient du Père (cf. la Sainte Trinité). En effet, c’est l’Esprit Saint qui sera envoyé par le Christ ressuscité aux apôtres après sa résurrection (il descendra sur eux quelques jours après sa mort, à la Pentecôte), témoignera du Christ rédempteur (qui ne reviendra plus avant la fin des temps) et le glorifiera comme l’annonce l’évangile de Jean :

Jean 14, 15 à 17. Si vous m'[Jésus]aimez, vous garderez mes commandements ; et je prierai le Père et il vous donnera un autre Paraclet, pour qu’il soit avec vous à jamais, l’Esprit de Vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu’il ne le voit pas ni ne le reconnaît. Vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure auprès de vous.

Jean 14, 26 & 27. Mais le Paraclet, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix ; c’est ma paix que je vous donne ; je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble ni ne s’effraie.

Jean 16, 7 & 8. Cependant je vous dis la vérité : c’est votre intérêt que je parte ; car si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. Et lui, une fois venu, il établira la culpabilité du monde en fait de péché, en fait de justice et en fait de jugement.

Jean 16, 13 & 14. Mais quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous introduira dans la vérité tout entière ; car il ne parlera pas de lui-même, mais ce qu’il entendra, il le dira et il vous dévoilera les choses à venir. Lui me glorifiera, car c’est de mon bien qu’il recevra et il vous le dévoilera.

Ce qui est annoncé dans les Évangiles, c’est donc la venue d’un Esprit de vérité, qu’on ne peut ni voir ni reconnaître, et non la venue d’un être humain. La Sîra mentionne probablement assez maladroitement un esprit qui a « émané » de Dieu, ce qui correspond précisément au sens chrétien, avec le Saint-Esprit formant la 3ème hypostase : or Mahomet était un simple mortel, certes prétendument choisi par Dieu, mais dont la nature ne pouvait en aucune façon être comparée à la nature divine et encore moins en émaner. L’Évangile n’annonce donc aucunement la venue d’un nouveau prophète en chair et en os.

Cette annonce, revendiquée par l’islam, a visiblement été construite théologiquement a posteriori de façon assez approximative. Cette démarche visait certainement à annexer au profit de l’islam les textes chrétiens afin de légitimer la succession de Mahomet comme nouveau prophète succédant à Jésus.

  • Conclusion : au-delà de l’exégèse linguistique, l’incompatibilité du message musulman et du message chrétien

Mais dépassons la question scripturaire et linguistique pour se concentrer sur le contenu spirituel du message de l’islam au regard de celui du Christ. Si on peut comprendre que l’islam puisse prétendre se poser en successeur de la révélation juive, il paraît en revanche difficile de voir sous quel angle spirituel celui-ci peut revendiquer également la succession du christianisme tant la conception musulmane du monde diverge du message chrétien de l’Évangile, pacifique et anti-violent, jusqu’à le contredire.

En réalité, l’islam a cherché à récupérer politiquement la doctrine de certains groupes (judéo-)chrétiens d’Arabie ne reconnaissant pas la divinité du Christ, groupes qui par ailleurs avaient une proximité avec leur racines juives et la Loi juive sans doute beaucoup plus marquée que les chrétiens orthodoxes (trinitaires).