La « déradicalisation » à la française : une mauvaise recette de cuisine qui frise la supercherie grotesque

L’émission France 2 « Islam » diffusée le 23 octobre 2016 et consacrée à la « radicalisation » est venue opportunément illustrer, à l’heure de l’abandon de l’expérience des « unités spécialisées de déradicalisation », le constat accablant d’incompréhension par le gouvernement de la nature du terrorisme musulman. Je vous propose d’en revoir quelques courts extraits.

  • Préambule : la radicalisation, pente naturelle de tout musulman qui prend Mahomet pour modèle

Toute personne se donnant la peine de lire la biographie de Mahomet reconnue par tous les musulmans (Ibn Hîcham) se rend compte avec évidence que Mahomet, incapable de convaincre ses frères tribaux de La Mecque par la seule prédication, a déclenché un jihad sanguinaire et impitoyable une fois installé à Médine pour imposer son pouvoir politique.

Ce jihad, marqué par moult massacres, viols, razzias, assassinats nominatifs, vente de captifs (femmes et enfants) sur les marchés, etc., s’est accompagné de la formalisation du statut quasi-hitlérien d’Untermensch (sous-homme pour raison religieuse et non raciale) à destination des juifs et des chrétiens, c’est-à-dire le statut de « dhimmis » – hommes exploités non dans des camps de concentration mais via l’impôt à payer aux musulmans (la jizya) –, les autres mécréants étant soumis quant à eux à la règle binaire de « la conversion ou la mort ». L’islam, comme le nazisme, établit d’ailleurs dans le Coran une hiérarchie claire et explicite des communautés humaines.

Pour faire ce constat très simple, il suffit juste d’avoir un peu de temps devant soi – les détenus en prison n’en manquent pas – et si nécessaire une bonne paire de lunettes ; pas besoin d’un bagage culture ou intellectuel poussé : il faut juste savoir lire.

Ce constat implacable pousse nécessairement tout musulman qui étudie sa religion et qui veut rester fidèle à l’esprit de Mahomet à s’orienter vers le fondamentalisme et à la violence, sauf naturellement à ignorer les préceptes originels de sa propre religion ou à la rejeter par apostasie, de façon visible ou non (en ne la pratiquant pas) – ou sauf à inventer une nouvelle religion mais qui n’est plus l’islam de Mahomet –. Cette prise de conscience de la nature originelle de l’islam, celui de Mahomet, aboutit ainsi mécaniquement à ce qu’on appelle la « radicalisation », c’est-à-dire le retour à la pureté originelle de l’islam. La raison qui explique le mieux pourquoi les musulmans ne sont pas tous radicalisés est simplement qu’une énorme majorité de musulmans est ignorante de sa propre religion et de ses textes sacrés ; un simple test dans la rue vous le prouvera rapidement.

  • L’aveuglement du gouvernement français et l’exemple des prisons

Malheureusement, les élites gouvernementales françaises semblent avoir du mal à accepter ce constat élémentaire : cette simplicité leur paraît sans doute excessive et elles cherchent quelque chose de plus compliqué là où elles ne trouveront rien. Car les questions psychologiques, sociales, économiques, éducatives etc. ne viennent que se surajouter au terreau doctrinal indispensable à la « radicalisation » : sans la doctrine musulmane, il n’y aurait pas de terrorisme musulman dirait avec bon sens Monsieur de La Palice s’il était encore parmi nous. Il est donc naturel que depuis des décennies le terrorisme récurrent en Occident soit d’origine musulmane (et non juive, chrétienne ou bouddhiste) puisque seul l’islam prêche la violence et la haine de l’autre pour conquérir le monde (pour ceux qui contesteraient cette assertion, je vous invite à lire le « Livret musulman de premier secours » téléchargeable à cette adresse :  http://islametoccident.fr/?page_id=1786  et notamment les passages concernant le sort réservé aux mécréants, aux juifs et aux chrétiens).

Le gouvernement français patauge ainsi lamentablement dans ses tentatives mort-nées de mettre en place des mesures ou filières de « déradicalisation », tel un apprenti-sorcier. Un bon exemple est l’abandon récent (octobre 2016), après seulement quelques mois – tant l’échec doit être patent – des « unités spécialisées de déradicalisation » dans les prisons (dont 70% de la population est musulmane).

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  • Mettre l’accent sur la déradicalisation en prison et dans les établissements scolaires

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À l’égard de ce que recommande ce député interviewé, rappelons simplement que, comme déjà indiqué, l’expérience des « équipes spécialisées de déradicalisation » vient d’être stoppée par le ministre de la justice et que le contenu des livres scolaires qui présente aujourd’hui dans les nouveaux programmes 2016-2017 Mahomet comme un grand homme fondateur d’une religion, au lieu simplement d’un chef de clan conduisant guerres,  massacres ou assassinats ne peut que renforcer chez les enfants l’idée que Mahomet est effectivement un modèle à imiter.

Quant à la lutte contre les théories, du complot, ce député connaît semble-t-il très mal son sujet puisque c’est une question qui n’a pas de rapport direct avec le fondamentalisme musulman : il faut rappeler que l’État Islamique dénonce lui-même ces théories dans ses publications !

  • Des structures gouvernementales désemparées et une approche psychologisante superficielle

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Dounia Bouzar le précise explicitement : « il ne faut pas commencer par la déconstruction de l’idéologie » : si c’est malheureusement le nœud gordien du problème, il est compréhensible que Dounia Bouzar le contourne. En effet, il est pratiquement impossible de déconstruire l’idéologie fondamentaliste simplement puisque les fondamentalistes s’appuient à juste titre sur les textes sacrés de l’islam qu’aucun musulman ne peut réfuter. La qualité doctrinale des écrits des fondamentalistes dépasse d’ailleurs de très loin celle des productions (très pauvres) de l’islam « modéré ».

Aussi, l’« approche émotionnelle » peut donner des résultats, puisqu’elle aboutit indirectement par l’émotion à un questionnement profond quant à l’absolue conviction de la véracité du message prophétique en la personne de Mahomet, questionnement pouvant générer un doute sur l’intérêt d’une mort en « martyr » puisqu’elle ne pourrait ne pas être récompensée si Allah et Mahomet ne sont que fumées enivrantes du monde des chimères.

Reste que cette méthode émotionnelle n’extirpe pas la racine doctrinale du mal puisqu’elle ne s’y attaque pas. Mais qui le peut sans faire tomber les tabous puisque c’est la nature profonde de l’islam ?

  • Le discours très élaboré de l’État Islamique

À force de reléguer la violence des terroristes musulmans à la sphère psychiatrique, on se prive volontairement de toute compréhension profonde de la nature du fondamentalisme musulman. Il est rarissime que, du côté musulman, on accepte publiquement de parler de la profondeur indéniable du substrat doctrinal du fondamentalisme. C’est pourtant à cette réalité évidente (il suffit de lire les revues de l’État Islamique pour le constater) qu’un intervenant de l’émission fait référence en filigrane en disant « La capacité d’atteinte de Daesh repose sur un discours très élaboré », son propos n’étant évidemment pas limité à la seule capacité élémentaire de pouvoir s’exprimer dans plusieurs langues mais incluant (sans rompre le tabou d’une énonciation explicite) celle de pouvoir convaincre avec de puissants arguments justifiés par les textes sacrés :

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  • Fondamentalisme et radicalisation : deux phénomènes qui seraient distincts ?

Marik Fetouh, adjoint au maire de Bordeaux, Alain Juppé – qui n’arrive pas à lire le Coran (propos réitérés en public à plusieurs reprises) mais se targue de bien connaître l’islam et les musulmans et nous propose son concept naïf d’« identité [multiculturelle] heureuse » –, distingue fort mal à propos, dans un discours convenu et politiquement correct dont les Français ont maintenant l’habitude, le fondamentalisme et la radicalisation alors qu’ils ne sont en réalité que les deux faces de la même pièce comme nous l’avons vu. C’est le propre du déni de réalité de l’homme qui veut faire carrière en politique.

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  • Lille : le Centre de prévention des dérives sectaires liées à l’islam

Ce centre va lancer en 2017 un site internet sur la « déradicalisation » : je vous propose donc de vous retrouver en 2017 pour y décortiquer ce qu’on aura pu y mettre. Je ne doute pas que l’État Islamique proposera une déconstruction doctrinale méthodique de ce qu’on pourra y lire.

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  • Lutter contre la radicalisation par le dialogue interreligieux et les actions citoyennes ?

On se demande bien quel rapport peut bien avoir le dialogue interreligieux avec la lutte contre le fondamentalisme musulman : cela semble assez mystérieux. La violence est un problème interne à l’islam.

Quant aux actions citoyennes comme les journées portes ouvertes citées dans le reportage, là encore, quel rapport avec le terrorisme musulman ? Les journées portes ouvertes n’ont-elles pas pour objectif d’initier (mal d’ailleurs) les promeneurs qui s’y aventurent à l’islam ? Quel rapport avec le violence musulmane ?

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  • Conclusion

Au total, cette émission de France 2 donne une vision absolument affligeante et terrifiante de l’absence de compréhension véritable par les autorités françaises (alliées à un islam « modéré » qui pratique la taqiya au regard de la réalité de la doctrine) du terrorisme musulman. Méconnaissance volontaire de la doctrine musulmane et dénis de réalité vont sans doute encore alimenter pendant longtemps l’incompétence de nos gouvernants, incompétence dont ils portent néanmoins l’entière responsabilité. Un désastre annoncé, par négligence, comme celui de l’attentat de Nice qui n’a été que la mise en application stricte de méthodes de terrorisme amplement décrites par les mouvements fondamentalistes eux-mêmes depuis bien des mois.

Attentat de Nice : une horreur rationnelle ?

S’il est probable que nous ne connaîtrons jamais les conditions entourant l’attentat de Nice, du moins pouvons-nous garder à l’esprit quelques éléments dans l’attente d’informations plus précises.

  • La technique de l’attentat avec un véhicule roulant était bien connue des services de renseignement comme faisant partie de l’arsenal jihadiste

En effet, cette technique était déjà décrite en 2010 par Al Qaïda dans sa littérature. Fondée sur de gros pick-ups plus susceptibles d’éviter les barrages des forces de l’ordre du fait de leur taille, elle pouvait naturellement s’appliquer à des camions pouvant accéder à des zones particulièrement peuplées lors d’événements publics. La France était déjà mentionnée comme une cible potentielle.

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Certains paragraphes sont floutés car il ne s’agit bien évidemment pas ici d’inciter ou de donner des éléments facilitant ces actes abominables, même si tout cela ne relève que du simple bon sens et a déjà été publié pour l’essentiel dans les journaux français.

Il est intéressant de noter que ces techniques d’attentat font partie du fonds commun terroriste des groupes fondamentalistes et que ce n’est pas une invention de l’État Islamique qui passe pour en être un des plus barbares.

  • Le feu d’artifice du 14 juillet n’avait semble-t-il pas été considéré par le gouvernement de messieurs Valls et Cazeneuve comme un événement prioritaire en matière de sécurité en dépit de l’état d’urgence

Il semble en effet qu’une unité des forces mobiles qui devait se trouver à Nice a été réaffectée à la sécurité d’un dîner de François Hollande à Avignon le soir même. Même si rien ne prouve que cela aurait permis de limiter les dégâts compte tenu de la faible anticipation apparente de ce type d’attentat, on ne peut qu’être assez surpris par l’attitude des représentants de l’État interrogés dans cette vidéo, la tentative de dissimulation des responsabilités cédant le pas, dans un embarras certain, au mensonge qui semble être devenu un élément de langage assez banal. Les familles des victimes décédées et les victimes survivantes apprécieront.

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  • L’attentat, qui devait être le fait d’un accès de folie d’un individu isolé, était mûrement préparé

L’enquête a semble-t-il montré que la préparation de cette action a duré des mois et bénéficié de complicités multiples. Cela n’est à vrai dire pas étonnant car l’horreur de cette action est en réalité conforme (avec des moyens modernes) à la doctrine musulmane du jihad et au Coran qui prêche la terreur (l’effroi) vis-à-vis des mécréants, comme en témoignent les versets suivants :

Sourate 3, verset 151. Nous jetterons l’effroi dans les cœurs des mécréants (…)

Sourate 8, verset 12. Rappelez-vous quand ton Seigneur inspirait les anges en leur disant : « Je suis avec vous : affermissez donc les croyants. Je vais jeter l’effroi dans les cœurs des mécréants. Frappez leurs cous ; frappez-les sur les doigts. »

Verset 59, verset 2. C’est Lui [Allah] qui a expulsé de leurs maisons, ceux des gens du Livre qui ne croyaient pas, en prélude à leur rassemblement [pour le jugement dernier]. Vous [croyants] ne pensiez pas qu’ils partiraient et ils pensaient que leurs fortins les défendraient contre Allah. Mais Allah est venu à eux par où ils ne s’attendaient point et a jeté l’effroi dans leurs cœurs. Ils démolirent leurs maisons de leurs propres mains avec l’aide des croyants. Tirez-en une leçon, ô vous êtes doués d’intelligence.

  • La présence de musulmans sur la promenade des Anglais à l’occasion du 14 juillet était doctrinalement condamnable en islam

En islam, les bons musulmans n’ont pas à se mélanger aux mécréants et surtout à fêter avec eux des fêtes païennes ou chrétiennes. Ainsi, le Conseil Européen pour les fatwas et la Recherche (dont le 1er recueil d’avis a été préfacé par Tariq Ramadan) et qui édicte la règle à suivre pour les musulmans d’Europe rappelle que « Il n’est pas permis aux enfants musulmans d’utiliser des pétards à l’occasion des fêtes chrétiennes, car cela consisterait alors à s’associer aux spécificités religieuses des chrétiens et à exprimer de la joie pour un événement qui est propre à ces derniers. Il n’y a pas d’inconvénient à utiliser les pétards et feux d’artifice en dehors de ces occasions, au cours de l’année (…). »

  • Le résultat est terrible mais cette violence n’est pas exceptionnelle en islam

Gardons en mémoire ces images, non par voyeurisme mais parce que les Français ont la mémoire courte et ont du mal à reconnaître – sauf à être touchés dans leur propre chair – que le fanatisme religieux peut conduire en toute conscience à de telles extrémités dans le cas de l’islam, l’islam étant la seule religion à justifier rationnellement dans sa doctrine même l’utilisation de la la violence extrême à des fins religieuses, Mahomet en ayant été un emblématique promoteur (il suffit de lire comment il a exterminé méthodiquement et de sang-froid plusieurs centaines de prisonniers juifs de la tribu des Banû Quraydha).

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L’État Islamique a-t-il raison de justifier sa violence contre les mécréants en se fondant sur l’exemple de Mahomet ?

  • S’intéresser à la doctrine des fondamentalistes pour se faire sa propre opinion

Si l’État Islamique a vocation à disparaître tôt ou tard du théâtre mondial au gré de la valse des intérêts politico-économiques internationaux, il n’en est pas de même de l’idéologie religieuse et terroriste qui le sous-tend. Aussi est-il d’un intérêt certain de déterminer si les fondements doctrinaux de ce mouvement trouvent des racines authentiques dans l’islam des origines, c’est-à-dire l’islam de Mahomet, puisque Mahomet est l’exemple parfait que doit suivre tout musulman et que cet exemple ne manquera pas d’être repris un jour ou l’autre par un autre mouvement de l’islam fondamentaliste (en réalité, de multiples mouvements musulmans se font déjà concurrence dans ce domaine).

Il faut donc se pencher avec précision sur la littérature musulmane fondamentaliste pour en comprendre les tenants et aboutissants, sans que cette démarche ne soit bien évidemment l’indice de ma part de la moindre adhésion à la doctrine qui y est décrite, bien au contraire. Mais si l’on veut soigner un mal – comme la trop fameuse « radicalisation » dont on parle à tort et à travers –, encore faut-il comprendre quel est le mal. Certains ont refusé de lire Mein Kampf, ou n’y ont pas prêté attention : ils s’en sont mordus les doigts.

Malheureusement, il semble qu’il ne faille guère compter sur les « islamologues » auto-proclamés des cénacles parisiens pour se faire une opinion réelle et documentée sur la question, ceux-ci étant semble-t-il surtout soucieux de ne présenter la problématique du terrorisme musulman que sous le prisme dont ils ont fait leur cheval de bataille (sociologie, politique, géopolitique, etc.) et qui doit leur permettre de sortir du lot médiatique.

Gilles Kepel n’écrivait-il pas en avril 2000 en introduction (page 11) de son livre « Jihad : expansion et déclin de l’islamisme » : « On arrive en effet au terme d’un cycle historique : les mouvements islamistes sont entrés, comme nous le verrons, dans une phase de déclin qui s’accélère depuis le milieu des années 1990. »

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Curieusement, ces islamologues ne citent quasiment jamais les textes sacrés de l’islam – chacun peut facilement le vérifier – : cela semble être un « détail de l’histoire du fondamentalisme ». Or c’est pourtant de cela que nous avons cruellement besoin. En vérité, la réalité me paraît banale et la simplicité du diagnostic à la portée de n’importe quel lecteur un peu attentif ; mais évidemment, avec une telle thèse, plus besoin d’« islamologues » ou de « spécialistes » qui vont venir alimenter le brouhaha qui fait le beurre du monde nombriliste des médias.

Je me propose donc de vous aider, suivant en cela les bons conseils d’Alain Bauer – criminologue internationalement reconnu –, à décrypter le discours du fondamentalisme musulman (c’est-à-dire de ceux qui prétendent être les plus fidèles à la lettre et à l’esprit de l’islam tel que Mahomet le pratiquait) à partir de ses textes puisque celui-ci communique énormément sur son idéologie. D’ailleurs, plutôt que le terme « décrypter » faudrait-il sans doute utiliser le terme « lire » tant cette démarche ne fait appel qu’à la simple lecture des textes, les concepts manipulés en islam étant assez élémentaires, pour ne pas dire rudimentaires. En d’autres termes, inutile de chercher midi à quatorze heures avec une prétendue « interprétation » lorsque les situations, les faits rapportés, se présentent avec évidence.

  • Comment justifier la barbarie guerrière par le comportement de Mahomet ?

Je vous propose ainsi aujourd’hui de nous attarder sur la justification de la guerre sans merci que, selon les fondamentalistes, l’islam doit faire en permanence aux mécréants, afin notamment de cerner si la brutalité et la sauvagerie de l’État Islamique, d’Al Qaïda, etc. sont justifiés par le comportement du Prophète de tous les musulmans.

J’ai choisi à titre d’exemple aujourd’hui la première partie de l’article du 2ème numéro de la revue « Rumiyah » de l’État Islamique (octobre 2016) dont un article est précisément consacré à la justification de la brutalité et de la sévérité/dureté de la lutte contre les mécréants dans le contexte particulier du traitement infligé aux ennemis en dehors des situations de combat elles-mêmes, c’est-à-dire des ennemis déjà faits prisonniers ainsi que des ennemis qui ne combattent pas par les armes mais par l’esprit (mots ou arts).

Voici cet article : il ne s’agit bien entendu aucunement de faire une quelconque publicité aux mouvements fondamentalistes musulmans mais uniquement d’essayer de comprendre la source de leur idéologie pour savoir à quel ennemi nous avons affaire et ses motivations. Je vous propose donc de reprendre un à un les faits cités par l’État Islamique et de les confronter aux textes sacrés de l’islam pour comprendre à quelles références ils renvoient :

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  • Les faits mentionnés dans l’article sont-ils conformes à la biographie (Sîra) de Mahomet reconnue dans tout le monde musulman (Sîra d’Ibn Hîcham) ?

1) L’exécution du prisonnier Uqba ibn Abû Mu’ît

Cette mention correspond au passage suivant de la Sîra (Éd. Fayard) :

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2) L’exécution du prisonnier Abu Azzah

Cette mention correspond au passage suivant de la Sîra (Éd. Al Bouraq) :

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3) L’exécution du poète juif Ka’b ibn al-Achraf

Cette mention correspond au passage suivant de la Sîra (Éd. Fayard) [je passe les deux pages intermédiaires] :

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4) L’exécution des 600 à 900 prisonniers juifs de la tribu des Banû Quraydha

Cette mention correspond au passage suivant de la Sîra (Éd. Fayard) :

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Le texte de l’État Islamique rappelle d’ailleurs à juste titre que le massacre des Banû [fils de] Quraydha suivait le combat contre deux autres tribus juives importantes de Médine (les Banû Qaynuqa puis les Banû Nadir), élément fondamental qui ne peut être ignoré pour analyser la dénonciation par les Banû Quraydha du pacte qui les liait avec Mahomet, vu ce qui était déjà arrivé à leurs coreligionnaires.

5) Les assassinats individuels ordonnés par Mahomet à l’occasion de la conquête de La Mecque

Cette mention reprend effectivement le passage suivant de la Sîra (Éd. Al Bouraq), au bémol près que la Sîra fait état de 8 condamnations à mort individuelles et non de 6 comme mentionné dans le hadith d’An-Nasai (hadith n°4067 dont la fiabilité est d’ailleurs considérée comme certaine mais comme « bonne » / « hasan ») :

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6) Versets du Coran

Les deux versets du Coran cités en appui du propos sont effectivement :

Sourate 48, verset 29. Mahomet est le messager d’Allah. Ceux qui sont avec lui sont violents envers les mécréants, miséricordieux entre eux. (…)

Sourate 9, verset 123. Ô croyants ! Combattez ceux des mécréants qui sont près de vous. Qu’ils trouvent de la dureté en vous. Sachez qu’Allah est avec ceux qui le craignent.

  • Conclusion : comment concilier la réalité des citations authentiques de l’État Islamique avec le concept de religion d’amour et de paix ?

Il ressort de cette revue que les éléments mentionnés par l’État Islamique dans cet article sont justes d’un point de vue documentaire, d’après les sources authentiques musulmanes elles-mêmes. Par ailleurs la simplicité des situations décrites – des actions de guerre comme tant d’autres – ne nécessite pas une « interprétation » sophistiquée : il suffit juste de savoir lire.

Quel argumentaire les tenants de l’islam « modéré » de France sont-ils en mesure de produire sur cette base ? Les actes du Prophète étant indubitables et incontestés en islam, comment faire pour rejeter la sauvagerie de l’islam de Mahomet – fondement du jihadisme – sans rejeter le modèle prophétique lui-même et donc sans faire s’effondrer tout l’édifice musulman compte tenu du rôle central de Mahomet ? En réalité, c’est impossible, raison pour laquelle aucun contre-argumentaire sérieux ne verra le jour. La différence entre Mahomet et Jésus ou Bouddha ne fait guère de doute et est bien définitive.

On peut rejoindre (sur ce point) la remarque de Michel Onfray – une des rares personnalités médiatisées à faire l’effort de lire les textes sacrés musulmans avec quelques autres (Zemmour, Finkielkraut,…) – dans son dernier livre « Penser l’islam » : « Je regrette d’avoir à vous dire que les musulmans qui recourent à la violence au nom de l’islam, eux, ont lu les textes et les connaissent… À moins que d’autres les aient lus pour eux, et ceux-là ont bien lu ce qu’il y avait à lire. Et ce qui était écrit. »

On peut ainsi comprendre que l’État français ne souhaite guère que la population française prenne conscience de ces éléments propres au fondement même de l’idéologie musulmane dans sa véritable authenticité, cette compréhension étant problématique au regard de l’« identité heureuse » qu’on cherche à imposer aux Français comme en témoigne par exemple la façon dont le gouvernement procède avec le démantèlement de la jungle de Calais, sans respect pour des populations de souche dont on voit bien que la préoccupation première est le constat intuitif mais lucide de la différence abyssale des cultures (avant même les questions économiques ou d’origine de peuplement).

Aussi ne faut-il pas s’étonner que la menace judiciaire pour « apologie du terrorisme », « consultation de sites jihadistes », « incitation à la haine raciale » (notamment par l’entremise d’officines de défense des droits de l’homme qui agissent largement en réalité pour des motifs politiques), soit devenue fréquente à l’égard de ceux qui se sont donné pour tâche de présenter sans tabou les éléments de cette problématique pour en débattre. C’est naturellement un chantier essentiel à poursuivre.

Raison et critique en islam : des concepts mort-nés ?

L’émission de France 2 « Islam » a consacré récemment une réflexion au rapport de la raison et de la révélation en islam. Plusieurs séquences sont intéressantes à commenter car elles touchent à des questions philosophico-religieuses fondamentales – même si elles paraissent un peu conceptuelles ou techniques, et sont souvent très mal connues (y compris par les musulmans) –, les réponses apportées ayant eu des conséquences concrètes déterminantes sur le modèle prôné par l’islam depuis des siècles.

  • Le débat asharisme/mutazilisme ou « peut-on critiquer le Coran ? »

L’islam a connu il y a un peu moins de mille ans une opposition de points de vue fondamentale entre les tenants de l’application au Coran de la méthode de raison critique et l’exégèse rationnelle (les mutazilites) et ceux qui ne l’acceptaient pas (les asharites).

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Pour résumer, les mutazilites n’ont pas eu de gain de cause, ce qui revient à dire grosso modo que le monde musulman a refusé que Coran et les autres textes sacrés deviennent des objets d’étude soumis comme n’importe quels textes historiques à une démarche historico-critique, provoquant ainsi une sclérose définitive de la pensée musulmane.

  • Le modèle du Prophète Mahomet : que valait son « savoir » ?

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Le « savoir » de Mahomet (savoir entre guillemets car cela ne correspond bien évidemment pas à un savoir scientifique dont on peut donner la moindre preuve : c’est juste des opinions et une croyance, ni plus ni moins) est considéré comme un savoir supérieur à tous les autres : ce point est souvent négligé en Occident alors qu’il est fondamental car Mahomet constitue le beau modèle à imiter pour tous les musulmans.

En réalité, la simple lecture du Coran et des textes sacrés musulmans originels montre qu’ils ne contiennent pas de savoir au sens moderne du terme, ni guère de développements consacrés à la philosophie ou de morale pour aboutir à une sagesse : l’essentiel de la doctrine coranique se résume au principe d’unicité de Dieu (« tawhid ») et à une suite de règles à appliquer et de comportements à suivre, tout cela sous la férule d’Allah qui est prêt à punir durement tous les déviants, l’imitation du comportement de Mahomet étant supposé constituer la perfection. Le terme usurpé de « savoir » appliqué à Mahomet a surtout pour objectif essentiel de glorifier la personne du Prophète. On réfléchit cent fois plus en lisant Platon.

En revanche, que sur une base extrêmement faible des esprits brillants aient pu échafauder en islam ultérieurement tout au long des siècles des cathédrales intellectuelles subtiles, aussi artificielles que complexes, ne fait pas de doute mais ne constitue en rien une preuve de la profondeur revendiquée du texte d’origine. Ceci n’est d’ailleurs pas propre à l’islam et l’on retrouve ce phénomène de façon plus générale en philosophie. L’homme ne manque pas d’imagination pour échafauder les théories les plus folles pour expliquer le monde et sa destinée, son orgueil démesuré le portant à croire que sa petite intelligence est un instrument adapté pour saisir le sens de l’univers.

  • L’islam d’Occident peut-il sauver l’islam ?

Face à la fossilisation intellectuelle du monde musulman, il est assez étonnant d’entendre le journaliste envisager que l’islam d’Occident puisse constituer une « planche de salut » pour l’islam des pays musulmans :

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Rappelons quelques constats faits par Tareq Oubrou lui-même : « Les musulmans ne sont jamais invités à se remettre en question [lors de la prière du vendredi à la mosquée]. L’islam leur est présenté comme LA solution universelle. » Ou encore : « Pour qui veut lutter contre l’obscurantisme qui frappe aujourd’hui le monde musulman, la France n’est pas forcément un endroit de tout repos. (…) Tout discours élaboré sur Dieu, l’interprétation du Coran ou la nécessité d’adapter sa pratique à un environnement sécularisé s’apparente pour la plupart des musulmans, en particulier les jeunes littéralistes, à un blasphème. » Il n’est donc guère étonnant que l’apport de l’islam au monde moderne soit depuis plusieurs siècles quasi inexistant.

En réaction à la remarque « Le problème des réformateurs de l’islam, c’est qu’on ne les trouve que dans deux endroits : les universités françaises et les cimetières du monde musulman. » (citation de l’éditorialiste italien d’origine égyptienne Magdi Allam, récemment converti de l’islam au catholicisme), Tareq Oubrou commente en disant : « Je pense que c’est un peu exagéré ». Cela ne laisse guère d’espoir.

  • Conclusion : l’islam d’Occident ne peut pas sauver l’islam originel, sauf à le déconstruire

Comme toujours, ces échanges sur l’islam mettent totalement de côté la geste prophétique de Mahomet telle qu’elle ressort des textes musulmans eux-mêmes, caractérisée par l’incapacité à convaincre par la seule spiritualité ce qui aboutit nécessairement à la violence et à la guerre (le jihad: il s’agit en effet tout simplement d’une démarche de chef de clan pour lequel la religion n’est qu’un prétexte (peut-être sincère) en vue de l’établissement d’un pouvoir personnel et dictatorial.

Vouloir faire évoluer l’islam, c’est remettre en cause la valeur des faits et gestes de Mahomet ainsi que l’actualité et l’applicabilité du Coran, et donc son statut de texte divin, sacré, définitif. Dans ce domaine, les expériences précédentes en islam ont été des échecs et il n’y a aucun élément nouveau qui puisse conduire à penser qu’il en sera différemment demain.

Il n’y a probablement d’alternative qu’entre l’islamisation démographique de l’Europe (au mieux la libanisation par le communautarisme) ou l’apostasie des musulmans d’Occident qui auront compris, si on prend soin de leur expliquer, la nature réelle de l’islam car l’immense majorité en ignore les fondements réels.

La laïcité à la française : face à l’islam authentique, une cruelle erreur de traitement qui conduit la France à sa ruine ?

L’émission Arrêt sur image s’est arrêtée en janvier 2016 sur la question de la laïcité dans le cadre de l’interview de Jean-Pierre Chevènement. Cet échange a été l’occasion d’illustrer la faille centrale du concept de laïcité au regard de la question religieuse dans le nouveau contexte imposé par l’islam.

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Le plus intéressant dans cet extrait d’émission n’est pas l’absence de réaction de Najat Belkacem, qui se garde bien de s’opposer frontalement à un de ses coreligionnaires, mais l’impasse à laquelle conduit la laïcité à la française face à l’islam. Car il faut bien se l’avouer : avant l’islam, la laïcité en France ne posait pas de problèmes significatifs, que ce soit avec les chrétiens, les juifs, les bouddhistes et les représentants de toutes les autres spiritualités.

En réalité, l’islam, ennemi viscéral de toute forme de laïcité comme Hassan II le rappelait clairement et comme en témoignent tous les pays musulmans, non seulement accable d’une pression sociale communautaire tous ceux et celles parmi les musulmans qui font preuve « d’ouverture » aux mœurs ou à l’esprit critique occidentaux, mais tente également d’imposer sa loi aux non-musulmans en leur rendant la vie de plus en plus difficile, sinon impossible. C’est ainsi qu’en France le harcèlement conduit des quartiers entiers de certaines villes ou banlieues à se vider des non-musulmans et à l’apparition de territoires perdus au sein de la République. Parfois ce harcèlement est précisément ciblé sur tel magasin ou restaurant qui « résiste encore tant bien que mal à l’envahisseur ».

Et tout ceci se passe dans le respect des lois de la République puisque la remise en cause profonde par l’islam du modèle social et de rapports humains français ne viole encore formellement aujourd’hui aucune loi française même si elle viole l’esprit de tout ce qui fait la France. Sans compter que l’islam revendique pour lui-même en France des droits qu’il se refuse absolument à accorder aux non-musulmans dans les pays musulmans, retournant contre la France la liberté dont nous bénéficions tous dans ce beau pays et qui devient ainsi une arme pour construire petit à petit le tremplin qui, un jour, lorsque les rapports de force démographiques auront suffisamment évolué, propulsera la chari’a au firmament du vivre-ensemble.

Nos politiques sont donc démunis face à des comportements moralement répréhensibles au regard de nos traditions mais judiciairement inattaquables. Au lieu de s’attaquer au vrai problème, mais qui est un tabou et qui remet en cause 40 d’irresponsabilité politique, c’est-à-dire la doctrine même de l’islam de Mahomet et l’adhésion (ou non) des musulmans à ce modèle, les politiques en sont réduits à gesticuler en restant à la surface des choses, jusqu’à tenter d’interdire dans une hystérie invraisemblable tout signe religieux dans l’espace public : stupidité sans nom !

Face au refus de serrer la main des femmes, la réaction consternante de Jean-Pierre Chevènement est d’une incroyable naïveté enfantine : « Dans quelle société allons-nous vivre ? Moi, je comprends très bien qu’il y ait des gens que cela émeuve et qui considèrent que nous changeons de pays ». Quelle découverte stupéfiante ! Sa position a-t-elle changé maintenant qu’il est devenu président de la Fondation pour l’islam de France ? À quand la chari’a en France ?

La critique de l’islam va-t-elle continuer à être possible en France ?

Compte tenu des attaques de plus en plus fréquentes contre la liberté d’expression en France qui prétendent embrigader la liberté de critique des religions dans un carcan de plus en plus étroit, il est utile de rappeler que cette liberté de critiquer les religions est l’expression d’un droit fondamental en France et qu’il ne saurait être question d’établir un délit de blasphème. Pour autant, il ne faut pas mélanger critique de la religion et critique des personnes qui suivent cette religion, amalgame détestable dont l’instrumentalisation par certaines officines vise à établir en réalité dans les faits le délit de blasphème par des voies détournées.

  • Rappel des règles du droit français

La Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse fixe le cadre du droit d’expression en France, en particulier dans le cadre des limites fixées par deux articles : l’article 24 et l’article 32.

Article 24 : « Ceux qui, par l’un des moyens énoncés à l’article 23, auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d’un an d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende ou de l’une de ces deux peines seulement. »

Article 32 : « La diffamation commise par les mêmes moyens envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée sera punie d’un an d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende ou de l’une de ces deux peines seulement. »

La définition de la diffamation est donnée par l’article 29 : « Toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation. La publication directe ou par voie de reproduction de cette allégation ou de cette imputation est punissable, même si elle est faite sous forme dubitative ou si elle vise une personne ou un corps non expressément nommés, mais dont l’identification est rendue possible par les termes des discours, cris, menaces, écrits ou imprimés, placards ou affiches incriminés. »

  • Critiquer la religion et appeler à la haine ou à la discrimination sont deux choses totalement différentes

Chacun est libre en France de penser ce qu’il veut des religions. Les athées, nombreux, pensent que tous ceux qui croient en Dieu sont des adeptes de la méthode Coué, jusqu’à parfois être des « illuminés ». Est-ce un problème ? Non, chacun a le droit de penser et d’exprimer que l’autre est dans l’égarement le plus complet, mais l’expression de cette position tranchée ne doit pas être insultante : c’est une question de choix de vocabulaire et non pas de contenu du fond des propos (qu’on peut trouver totalement absurdes). Cela étant, les croyants sont en droit également de penser de même vis-à-vis des athées qui n’ont d’autre explication de l’existence du monde que « Un jour, il y a 20 milliards d’années, quelque chose a explosé quelque part, et nous voilà ! ».

La notion de respect concerne les personnes en tant qu’êtres humains, et pas leurs idées ou leurs figures tutélaires. Dire du mal ou se moquer de Moïse, Jésus, Mahomet ou Bouddha ne remet aucunement en cause le respect dû aux personnes qui en sont les adeptes. La critique, parfois virulente, des différentes conceptions du monde n’empêche pas de respecter les individus en tant que personnes humaines ainsi que leurs droits dans le cadre d’une société laïque.

Les juifs pensent que Jésus était un imposteur puisque ce n’était pas le Messie et surtout, ils l’accusent du délit de blasphème puisqu’il a laissé entendre (sans le dire lui-même véritablement) qu’il était Dieu ou Fils de Dieu. Est-ce un problème que les juifs rejettent donc ainsi tout le christianisme ? Non. D’ailleurs, les juifs n’appellent pas à égorger les chrétiens dans la rue ou à les massacrer à la kalachnikov. De ce point de vue, le renvoi à certains passages violents de l’Ancien Testament (le Nouveau Testament prônant par essence la non-violence) pour tenter de mettre à égalité les 3 religions monothéistes au regard de la violence est un procédé parfaitement malhonnête intellectuellement. La violence de l’Ancien Testament, pour autant qu’elle ait retracé des faits réels et non symboliques, n’est pas constitutive des fondements doctrinaux du judaïsme : on cherche en vain depuis 2.000 ans des exemples de massacres commis au nom de la Torah.

Les juifs et les chrétiens pensent de leur côté que Mahomet était simplement un bédouin égaré ou fou : est-ce un problème ? Non. Car, sauf confirmation d’Allah, qu’on attend toujours, rien ne prouve que Mahomet ait été autre chose qu’un illuminé – comme les hôpitaux psychiatriques en sont remplis –, qui a pu sincèrement se convaincre lui-même être en relation avec Dieu, et que l’Histoire a épargné à Uhud comme elle en a certainement fait trépasser tant d’autres qui sont ainsi restés inconnus. La méthode Coué est en effet vieille comme le monde. Et ce n’est guère le Coran, texte décousu, extrêmement répétitif, copie du judaïsme et des histoires bibliques, sans concept nouveau, qui peut par la raison nous persuader du contraire ou du côté surnaturel de toute cette histoire désertique.

De la même façon, on peut trouver absurdes et incohérentes les théories fondées sur la réincarnation puisque si l’homme disparaissait – du fait d’un virus mortel par exemple (les dinosaures ont bien disparu pour une autre raison) –, le cycle des réincarnations serait définitivement interrompu : cas de figure qui n’est pas sans poser un problème doctrinal me semble-t-il abyssal.

Personne n’étant en mesure de prouver que son explication du monde et de son origine est la bonne – car Dieu n’est pas bavard – ni les juifs, ni les chrétiens, ni les musulmans, ni les bouddhistes, etc. n’ont de légitimité à imposer aux autres leur vision du monde par la force. La mort seule nous apportera à tous la vérité ; il suffit d’être un tout petit peu patient et de faire preuve d’humilité en attendant. Comme dit Brassens : « Or, s’il est une chose amère, désolante, en rendant l’âme à Dieu, c’est bien de constater, qu’on a fait fausse route, qu’on s’est trompé d’idée. Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente, d’accord, mais de mort lente. »

  • L’accusation d’islamophobie : un faux-nez pour instaurer un délit de blasphème en France

Face au souhait clairement exprimé par certains d’empêcher la critique du religieux par des voies détournées, il convient justement d’en rester à la critique directe du religieux, c’est-à-dire de la doctrine, pour éviter tout risque judiciaire quant à la mise en cause des personnes.

Répétons-le avec force : si des personnes ont envie de croire à des histoires acadabrantesques (aux yeux des autres), elles sont libres de le faire mais elles ne peuvent pas imposer à l’humanité entière de respecter leurs convictions, ni leur susceptibilité à cet égard, mais seulement leurs personnes.

Ainsi, chacun est libre de penser et d’exprimer, si c’est sa conviction, qu’égorger vivant une pauvre bête sous prétexte que cela fait plaisir à un dieu qui se promène dans le ciel est un acte barbare qui renvoie aux visions les plus obscures et les plus arriérées de l’humanité, et qu’on pensait révolues. Et il en est de même des rituels religieux : voile, ablutions, interdits alimentaires (qui n’ont aucune justification scientifique), rites de prière (combien de fois, position, direction,..), etc.

S’agissant de l’islam, la situation est rendue délicate par le fait que la doctrine à des effets très concrets sur le comportement communautaire, l’islam étant une religion fondamentalement communautariste conformément à ce que prône le Coran. Aussi, dissocier la critique de la doctrine religieuse elle-même de la critique du comportement de la communauté musulmane n’est donc pas toujours facile mais doit être réalisé et expliqué avec soin, les officines de défense des droits de l’homme étant promptes à tenter de traîner en justice tous ceux qui s’aventurent à critiquer frontalement l’islam. Et malheureusement, la justice française – qui connaît très mal les fondamentaux doctrinaux de l’islam – peut se laisser entraîner dans cette spirale dictatoriale visant à bâillonner la liberté d’expression.

  • Conclusion : Restons vigilants dans la défense de la liberté d’expression et d’agir

Une liberté qui n’est pas constamment défendue est une liberté qui disparaît. Sans tomber dans l’outrance, il convient donc d’en user régulièrement afin de rappeler son existence incontournable.

Car les menaces sont claires et peuvent provenir du milieu judiciaire lui-même comme en témoigne la création le 18 novembre 2015 – soit 5 jours après le Bataclan ! – de la « Fraternité du barreau de Paris » dont l’objectif est en réalité de commencer à empêcher la critique des religions prétexte pour empêcher surtout la critique de l’islam (car avant l’islam, la question ne semblait guère se poser) – grâce aux concepts extensibles de stigmatisation et de discrimination.

La motivation détestable de cette démarche hypocrite qui prétend éviter une division de la société française est en effet bien précisée : « En ces temps tumultueux où la République a été lâchement attaquée dans le but évident de diviser la société française, les avocats fondateurs de l’association ont convenu ensemble de se concerter à l’effet d’œuvrer, dans le cadre de leur profession et de la vie civile, à la lutte contre toute forme de stigmatisation ou de discrimination liées à la religion, dans le respect du principe de laïcité. Cette association concerne tous les avocats épris de justice et de liberté, partageant des valeurs de fraternité, et ce, quelle que soit leur croyance ou leur philosophie de vie. »

On peut être qu’atterré par une telle initiative, comme si la société civile n’était pas déjà assez forte pour saisir elle-même la justice en cas de besoin. Sous la houlette d’un éminent représentant du Conseil Français du Culte Musulman, Chems-Eddine Hafiz, cornaquant ses 3 confrères représentant les autres religions, cette structure se prépare ainsi à mettre « fraternellement » fin à la liberté d’expression en matière religieuse. À quand la chari’a ?

Le « salafisme » musulman : l’islam ne peut pas s’en dépêtrer

L’émission de France 2 « Islam » a diffusé en septembre 2016 deux volets intéressants consacrés au salafisme. Ce mot est aujourd’hui employé – notamment en Occident – pour désigner le « mauvais » islam, l’islam « radicalisé », par opposition au « bon » islam, l’islam réputé « modéré ». Je vous propose de revenir sur quelques aspects de ces deux émissions.

  • Que veut dire « salafisme » ?

Un reportage fournit une synthèse courte et claire de la signification du terme « salafisme », c’est-à-dire le « retour aux fondements immuables de l’islam » :

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Le reportage précise que « L’exemple de la vie de Mahomet est la référence, le beau modèle qui sert de guide à la communauté. Les croyants orthodoxes sont tenus d’imiter sa conduite en tout, aussi bien sur le plan moral et spirituel que dans les moindres détails de la vie quotidienne. » En réalité, l’exemplarité du modèle mahométan n’est pas propre au salafisme : Mahomet est un modèle à imiter pour tous les musulmans (« orthodoxes », c’est-à-dire qui prétendent être fidèle à l’illustre Prophète), et non les seuls salafistes.

  • Salafisme, jihadisme et terrorisme : une filiation naturelle ?

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Cet extrait rappelle que le salafisme correspond à l’attitude consistant à « être fidèle non seulement à l’esprit de l’islam mais aussi à la lettre de l’islam » et à « l’idée que l’on suit une orthodoxie musulmane ». Y a-t-il là quelque chose de choquant ? Rien a priori. C’est même le contraire : c’est une attitude qui paraît tout à fait naturelle. Or l’intervenant enchaîne en constatant que « le salafisme est devenu dans la bouche de beaucoup d’individus le synonyme de terrorisme, de violence politique et de jihadisme » : est-ce donc que la violence et le terrorisme seraient congénitaux à l’islam ?

  • « Interpréter » pour dissimuler la violence innée de l’islam ?

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L’intervenant évoque l’approche littéraliste en disant qu’elle correspond à l’« absence de contextualisation de ces versets coraniques en disant que ces versets coraniques, globalement, ont un caractère absolu qui s’applique quels que soient l’époque et l’espace dans lesquels nous nous trouvons » : mais le Coran étant donné directement par Allah, qu’y a-t-il d’étonnant à ce que les paroles (définitives, c’est-à-dire non abrogées) d’Allah soient absolues ? C’est le contraire qui serait étonnant.

La question centrale est en réalité de savoir en quoi consiste l’islam des origines, celui de Mahomet (puisque l’islam est – tout le monde l’a compris – une création purement humaine). La lecture de la Sîra, biographie de Mahomet d’Ibn Ishâq/Ibn Hîcham du IXème siècle – biographie incontestée dans le monde musulman au point qu’on peut la considérer comme la biographie « officielle » de Mahomet – ne laisse guère de doute à tout esprit raisonnable qui a appris à lire. L’État musulman créé par Mahomet à Médine était un État violent et guerrier, qui a imposé l’islam par les armes, combattant offensivement contre tous ceux identifiés comme des ennemis, chassant ou massacrant les juifs de Médine (entre autres), et dont l’extension par les armes sur le pourtour de la Méditerranée a été le rejeton tout à fait naturel.

Cet héritage guerrier et bien peu spirituel étant particulièrement embarrassant, bon nombre d’islamologues en Occident (ceux situés dans les autres régions du monde ayant semble-t-il moins d’états d’âme) ont introduit le concept de « littéralisme » et l’adjectif « littéraliste » pour qualifier la lecture simple et élémentaire des textes sacrés musulmans (Coran, Sîra, hadiths). Il suffit de consulter les dictionnaires pour constater que l’adjectif « littéraliste » n’existait pas il y a quelques années en France : à vrai dire, il aurait suffi de parler de lecture « littérale » pour évoquer la lecture « à la lettre » des textes ; mais l’adjectif « littéraliste » à l’avantage psychologique d’entacher le mot auquel il s’applique de quelque grave lacune ou anomalie congénitale de façon inconsciente, et donc sans avoir à démontrer quoi que ce soit. Pourtant la lecture littérale est la lecture de bon sens qui s’applique en tout premier lieu à n’importe quel texte et que l’on enseigne bien évidemment à l’école de la République.

Ainsi, selon les islamologues, il faudrait renoncer à une « lecture littéraliste de la tradition prophétique » au profit d’une interprétation dont on ne sait pas qui serait d’ailleurs légitime à la produire (puisqu’il n’y a aucune autorité religieuse officielle dans l’islam sunnite). Pourquoi ? On ne sait pas et les islamologues ne donnent guère d’exemples concrets pour justifier cette position. Toute lecture littérale, marquée par l’« absence de contextualisation des versets coraniques », serait ainsi irrecevable. Or, quel second sens donner aux actes de Mahomet et de ses partisans quand ils enchaînent de 622 à 632 batailles, razzias, assassinats, meurtres, viols, tortures, etc., au point qu’un décompte précis de tous ces hauts faits d’armes est fourni dans la Sîra ? Quel peut bien être le double sens caché de ces actes épouvantables, et comment pourrait-il réconcilier les faits décrits par les textes musulmans eux-mêmes avec l’idée de religion d’amour et de paix ?

  • La question des versets normatifs : un faux problème

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Contrairement à ce que le premier interlocuteur indique, le wahhabisme ne correspond pas à un passé mythifié mais semble bien correspondre à l’islam de Mahomet : il suffit de lire le texte de la Sîra pour le constater très simplement. L’assertion « Ils fantasment une histoire qui sans doute n’a jamais existé de la manière dont ils se la représentent » est donc fausse au regard des textes musulmans eux-mêmes (Sîra mais aussi Coran et hadiths qui se complètent les uns les autres). On aurait aimé un propos plus circonstancié et moins péremptoire.

Par ailleurs, le passé guerrier et violent de l’islam de Mahomet n’a guère de rapport avec l’idée de norme. Le premier interlocuteur précise : « Le texte coranique lui-même (…) n’intègre qu’entre 200 et 634 versets normatifs » : « et alors ? » a-t-on envie de dire. D’abord il faudrait savoir s’il y en a 200 ou 634, ou un autre chiffre : tout cela est bien approximatif ; il faut être sérieux. Et de quelle norme parle-t-on ? S’il s’agit de rituels (prière, jeûne, etc.), cela n’a aucune espère d’intérêt au regard de la question en discussion.

En revanche, dire que la vision de l’islam est une vision globalisante correspondant à « Une lecture extensive de l’islam, c’est-à-dire que pour eux l’islam n’est pas simplement une religion : c’est un système global, c’est à la fois une religion « din », « dunya » vie et « daoula » État » est tout à fait exact : c’est la conception traditionnelle de l’islam dans tout le monde musulman. Hassan II ne disait-il pas : « Un musulman ne peut pas être laïc. » ?

  • Conclusion : pourquoi l’islam dit « modéré » n’arrive-t-il pas à contrer la doctrine des « fondamentalistes » et en particulier aujourd’hui  l’abondante production de l’État Islamique ?

Avec le « littéralisme », les islamologues nous conduisent dans les mystères de la foi : c’est un grand mystère en effet que la lecture littérale des textes chrétiens soit possible (complétée si nécessaire par un sens symbolique, qui peut d’ailleurs être mentionné par le texte lui-même comme en attestent les paraboles) alors qu’elle ne le serait pas pour l’islam. Il est vrai que l’exemplarité de Jésus (ou de Bouddha si on s’attache à d’autres spiritualités) n’a guère servi de modèle à Mahomet.

On peut tourner le problème dans tous les sens, en utilisant d’autres qualificatifs comme « fondamentaliste » ou « rigoriste » pour qualifier le salafisme, il n’en reste pas moins que l’islam dit « modéré » est aujourd’hui, 1.400 ans après la mort de Mahomet, toujours incapable de démontrer en quoi l’islam salafiste n’est pas le bon islam. Et c’est la raison pour laquelle ce type d’émission ne peut en réalité pas aborder de façon détaillée la question doctrinale qui est au cœur du problème.

N’est-il pas surprenant que les références doctrinales les plus fournies tant concernant le Coran, les hadiths que la Sîra figurent dans les revues (Inspire, Dabiq, Dar-al-islam, Rumiyah) des mouvements musulmans fondamentalistes ? Qu’a l’islam de France à répondre à cela ? Et prétendre « déradicaliser » les musulmans sans avoir d’abord répondu à cette question est une farce grotesque, et pire, un mensonge d’État français.

Déontologie journalistique & islam : une leçon édifiante et bien française

Arrêt sur Images, émission d’habitude de bonne tenue, s’est dévoyée dans son volet du 29 septembre 2016 par un passage stupéfiant qui est la négation même de l’objectivité et de la neutralité journalistique que Daniel Schneidermann prétend pourtant défendre. Il s’agissait là de savoir s’il fallait donner la parole à Éric Zemmour dans les médias et en réalité de façon plus générale à tous ceux dont le discours contrevient gravement à la pensée politiquement correcte dispensée uniformément par les médias.

Nassira El Moaddem, immodeste teneuse du « Bondy blog », faisait office de Fouqier-Tinville de service en commençant par poser cette question : « Quel intérêt à inviter Éric Zemmour ? » Mais la première question qui vient est plutôt : qui est cette dame qui prétend juger et décider des personnes qu’il est intéressant que les journalistes invitent ou non ?

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Au-delà de la reprise de ses chroniques, Éric Zemmour développe dans son dernier livre un long passage (38 pages) sur les rapports entre la France et l’islam, ce qui chagrine évidemment Nassira El Moaddem. Il est donc faux de dire que le livre ne fait que « Répéter tout ce qu’il a dit sur les matinales [RTL] pendant un an ».

Nassira El Moaddem n’ayant semble-t-il guère de connaissances sur le sujet abordé, la doctrine de l’islam – sinon elle n’aurait eu aucun mal à fournir quelques exemples de propos incongrus –, ne se prive néanmoins pas de renvoyer Éric Zemmour à son incompétence supposée au profit d’autorités jugées plus compétentes, « de gens qui sont capables, aptes, et qui ont une légitimité scientifique », de gens qui savent « de quoi ils parlent, un islamologue, un historien des religions, quelqu’un qui a quand même une légitimité scientifique ». En d’autres termes, cette jeune femme dénie à quiconque une capacité à penser de façon autonome et affuble la religion de la robe de la science, comme si les religions avaient quoi que ce soit de scientifique. Il semble en réalité que Nassira El Moaddem ait une difficulté certaine à penser par elle-même pour ce qui a trait à l’islam.

Or de deux choses l’une : soit effectivement, « à 80%, on est capable de fact-checker [beau barbarisme !] les propos d’Éric Zemmour et de montrer par a + b qu’il y a beaucoup d’erreurs factuelles et beaucoup d’erreurs historiques », et alors il faut en faire la démonstration – cela ne devrait pas être bien difficile – ; soit ce n’est pas le cas, et il est alors déontologiquement normal d’inviter un auteur qui intéresse des dizaines de milliers de personnes au vu de ses ventes pour discuter ses propos. Mais, comme dans le cas de Patrick Cohen, il arrive souvent que les journalistes n’aient pas travaillé leur dossier et ne sachent pas de quoi ils parlent.

Aussi, entendre Nassira El Moaddem parler du « respect de la déontologie du travail de la presse » et comparer Éric Zemmour, sans lui avoir donné la possibilité de s’exprimer, à « Alain Soral, Faurisson, Dieudonné » ou, avec le soutien de l’équipe de Daniel Schneidermann, à un de ces « cerveaux malades » est proprement renversant et profondément malhonnête.

La punition du blasphème en terre d’islam : une preuve d’amour et de paix ?

La jurisprudence islamique punit le blasphème selon la chari’a locale par diverses peines dont on voit mal quels liens elles peuvent avoir avec l’idée d’amour et de paix. Mais c’est malheureusement habituel dans les pays musulmans dont on voit bien par le fait tout ce qui les sépare de l’idée de laïcité et de tolérance.

Parfois, le peuple musulman se charge directement de la chose sans attendre de décision judiciaire. Ainsi l’écrivain chrétien Nahed Hattar a-t-il été assassiné le 25 septembre 2016  à Amman en Jordanie.

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Celui-ci était accusé d’avoir publié un dessin figurant Dieu au Paradis (au demeurant tout à fait fidèle aux jouissances sexuelles et viticoles décrites par le Coran pour le musulman croyant une fois parvenu au Paradis) :

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Sans revenir sur les multiples épisodes de même nature qui émaillent depuis des décennies l’histoire des pays musulmans, n’oublions pas néanmoins le cas d’Asia Bibi, jeune chrétienne accusée au Pakistan de blasphème envers l’islam, en prison depuis de nombreux mois, et dont le sort définitif devrait être tranché, dans les prochaines semaines.

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Foi & Science en islam : un rapport difficile

L’émission de France 2 « Islam » du 11 septembre 2016 a proposé une réflexion intéressante sur les rapports de la foi et de la science en islam. Je vous propose d’en commenter quelques thèmes à l’aune de certains constats contemporains.

  • La contribution musulmane au monde moderne au terme après une léthargie de 5 à 6 siècles

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Il est un fait avéré que le développement intellectuel et scientifique du monde occidental est sans comme mesure avec celui de l’islam depuis plusieurs siècles. Ainsi, Tareq Oubrou parle du « déclin de toute une civilisation qui a raté, dès la fin du Moyen Âge, le train de la modernité. »

De son côté, Malek Chebel est encore plus clair : « Trop longtemps demeurés sur le bas-côté de la route, les musulmans n’ont pas été – c’est le moins que l’on puisse dire – des acteurs du progrès technologique moderne. Le monde musulman contemporain n’a rien inventé qui puisse susciter l’admiration. (…) Dans l’évaluation générale réalisée par l’ONU sur le développement durable des nations, les pays du bloc arabo-musulman se présentent (avec quelques nuances) parmi les derniers du peloton des États qui investissent dans la formation et l’éducation. »

Chaque civilisation a eu des hauts et ses bas mais on est généralement capable d’en déceler les principales causes. Le plus étonnant ici est que les musulmans eux-mêmes ne savent pas donner d’explication à l’immobilisme de leur civilisation depuis tant de siècles. Peut-être faut-il chercher une explication dans un des tabous majeurs de l’islam : son incapacité criante à accepter la critique ?

La floraison intellectuelle des débuts de l’islam si souvent vantée n’était-elle pas en réalité concentrée sur des domaines précis dont le périmètre était limité par l’interdiction de toute critique fondamentale de l’islam ? N’y a-t-il pas un lien à faire entre cette léthargie intellectuelle et scientifique et l’incapacité du monde musulman à poser un véritable regard critique sur lui-même et, de façon plus générale, à accepter la valeur universelle de la démarche rationnelle et critique, car contenant en elle-même les ferments de la critique de la religion ?

À ce propos, rappelons les constats réalisés par Malek Chebel :

« L’école coranique où l’on égrène à longueur de journées des sourates et des versets, sans les comprendre et sans les relier à un contexte historique, est, de ce point de vue, la caricature de l’apprentissage mécanique. Sortir de cette méthode répétitive est en soi considéré comme un début explicite d’indiscipline, et parfois de vaine spéculation. »

« À l’étudiant qui s’engage dans les études religieuses, le talib, on demande surtout une capacité d’assimilation passive des textes et de la tradition, sans aucun recul. »

« L’une des caractéristiques actuelles de la pensée en islam est d’être univoque. Mais lorsqu’on dit « univoque », il faut entendre le mot au sens immédiat du terme et non pas de manière métaphorique ou distanciée. Très distinctement, l’esprit musulman d’aujourd’hui répugne à se voir reprocher, même avec doigté, l’absurdité logique de telle pensée anachronique ou fossile, surtout si elle a été codifiée par le Coran ou la sharia. »

« Pour le croyant islamoïde, l’islam se situe au-dessus et en dehors de la critique humaine. Pour lui, la doxa ne peut être questionnée, ni dans sa généralité ni dans son détail, car cela mettrait en péril tout l’édifice de la croyance. Le comportement « islamoïde » consiste donc à rejeter en bloc toute innovation inconvenante, tout en donnant le change à quiconque s’avise de critiquer tel ou tel précepte islamique. À ce sujet borné, l’islam n’offre que des avantages : une religion divine, avec un prophète d’une sagesse à toute épreuve et une histoire arabo-islamique flamboyante. »

« Pour les autorités religieuses, il ne peut pas y avoir de liberté en dehors du dogme lui-même, ce qui revient à dire qu’il n’y a pas de liberté du tout, hormis évidemment celle qui consiste à suivre la voie telle qu’elle a été tracée depuis des lustres. »

« Celui qui analyse les difficultés que rencontrent aujourd’hui l’islam et les musulmans est frappé par la faiblesse de la pénétration de la pensée rationnelle dans la pensée religieuse. »

« C’est pourquoi j’apporte du crédit à ceux qui soutiennent que les musulmans d’aujourd’hui n’ont qu’une aptitude limitée à l’autocritique. »

« L’attitude du croyant musulman vis-à-vis du corpus coranique a toujours été empreinte d’exaltation et de respect, ce qui l’empêche d’affronter les nouvelles idées. »

Tariq Ramadan écrit de son côté :

« L’absence de débat critique et serein est à notre sens l’un des maux qui rongent la pensée musulmane contemporaine. »

« Les dialogues et les débats manquent infiniment à l’intelligence musulmane contemporaine »

Enfin, pour Tareq Oubrou :

« Les musulmans ne sont jamais invités à se remettre en question [lors de la prière du vendredi à la mosquée]. L’islam leur est présenté comme LA solution universelle. »

  • Le retour à l’obscurantisme scientifique

france-2-islam-160911-science-foi-extrait-2

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Ce retour à l’obscurantisme scientifique est-il anecdotique ou est-il simplement l’expression de l’extension, certes excessive mais compréhensible, du domaine religieux ? Il faut rappeler que le Coran a une prétention invraisemblable à l’universalité :

Sourate 6, verset 38. (…) Nous n’avons rien négligé dans le Livre. (…)

Sourate 6, verset 59. (…) rien de vert ou de desséché qui ne soit consigné dans le Livre explicite.

Sourate 22, verset 70. Ne sais-tu pas qu’Allah sait ce qu’il y a dans le ciel et sur la terre ? Tout cela est consigné dans un Livre et cela pour Allah est bien facile.

Ces sentences outrancières, à valeur d’ailleurs plutôt symbolique si on veut être raisonnable, alimentent encore aujourd’hui les délires de certains imams et sont sans doute moins la marque d’une incapacité à raisonner que la manifestation d’un pouvoir religieux qui veut s’étendre à toutes choses. L’islam n’est d’ailleurs pas la seule religion ou spiritualité dont la prétention à détenir l’unique vérité a pu conduire ou conduit encore à l’aveuglement imbécile et au fanatisme.

  • La Terre est ronde !

france-2-islam-160911-science-foi-extrait-4

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Difficile enfin de ne pas revenir sur ce point car il faut rappeler que la rotondité de la Terre a été démontrée par les Grecs dès l’antiquité (IIIème siècle avant Jésus-Christ) par Ératosthène : il estima alors la circonférence terrestre à 40.000 km (donc avec une précision étonnante pour l’époque) à partir de l’ombre portée et donc de l’angle fait par les rayons du soleil à Alexandrie au moment où ceux-ci étaient verticaux (tombant au fond d’un puits) à Syène, et de la distance évidemment séparant les deux villes.

Quant à l’héliocentrisme (hypothèse selon laquelle le soleil tourne autour de la terre et non l’inverse), elle fut proposée par Aristarque de Samos dès le IIIème siècle.