L’innocence des musulmans

Dans le contexte général d’un terrorisme musulman qui touche le monde depuis plusieurs décennies, le film américain « Innocence of Muslims » (sorti en 2012) a suscité de multiples polémiques et des soulèvements dans le monde musulman. Car l’islam a ceci de très particulier qu’il ne se sent jamais responsable des folies meurtrières que l’on commet en son nom. Pourtant, c’est bien au nom d’Allah et du Coran que plusieurs milliers de personnes sont mortes ou ont été blessées dans les pays occidentaux dans les dix dernières années, sans compter le sort peu enviable réservé aux minorités, notamment chrétiennes, dans les pays musulmans (Pakistan, Égypte par exemple) depuis des temps immémoriaux.

L’État Islamique, avec un certain humour, ironisait il y a peu sur cette « irresponsabilité » : « Not imam name ! » disait-il. Ce que les fondamentalistes musulmans assument sans complexe et sans état d’âme fait, en Occident, frémir d’horreur les esprits chagrins, empêtrés dans une islamophilie de cancres et un politiquement correct de vierges effarouchées infecté par la peste des droits de l’homme.

Un film loin d’être un chef d’oeuvre du septième art mais qui a au moins la vertu de rappeler certains faits et d’éprouver le niveau de tolérance que le monde musulman peut endurer.

https://archive.org/details/Muhammadfullmovie

L’arroseur arrosé

Tariq Ramadan, grand donneur de leçon de morale devant l’éternel comme son comparse Edwy Plenel, invité de RMC le vendredi 6 septembre 2019, a bien dû admettre le peu de moralité de son comportement indépendamment des poursuites judiciaires auxquelles il doit faire face. Visiblement, Tariq Ramadan se perd dans ses mensonges, mentir chez lui semblant être une deuxième nature.

Après des années de soutien fervent, la communauté des musulmans de France (MF) s’est donc sentie obligée de se désolidariser de ce triste personnage par un communiqué de presse publié le 9 septembre et que voici :

https://www.musulmansdefrance.fr/communique-11/

« L’affaire dite « Tariq Ramadan » vient de revenir au-devant de l’actualité suite à l’invitation et aux explications de l’intéressé dans l’émission « Bourdin Direct » de BFM TV de ce vendredi 6 septembre.

Il n’appartient pas à MF de commenter cette affaire sur le plan judiciaire. L’innocence de monsieur Ramadan ou sa culpabilité sont du ressort exclusif de la justice de laquelle nous  attendons tous objectivité et neutralité. Nous sommes cependant interpelés par les révélations faites pour la première fois par l’intéressé quant à ses liaisons extraconjugales multiples et répétées.

Loin de nous l’idée de prononcer une condamnation de l’homme, le jugement définitif de chacun revient à Dieu. Mais, monsieur Ramadan a occupé une place importante  au sein de la communauté musulmane de France, notamment les plus jeunes. Nous y avons contribué à travers la RAMF* et les invitations qui lui étaient régulièrement lancées par nos différentes associations membres. Nous avons par conséquent le  devoir de nous exprimer.

Nous nous sentons trahis par le comportement révélé par monsieur Ramadan, comportement qui s’avère en totale contradiction avec les principes éthiques et moraux attendus d’un homme qui prône l’islam, appelle à sa spiritualité et à ses valeurs, et répond aux interrogations d’un public essentiellement jeune et à la recherche de modèles.

MF est choquée par l’écart béant entre les dires et le comportement de monsieur Ramadan, écart qu’elle n’a jamais soupçonné. Elle n’en a jamais été informée, ni n’a observé  un quelconque comportement de l’intéressé en désaccord avec l’éthique musulmane. 

MF tient à rappeler que les imams, les prédicateurs et les cadres religieux musulmans sont appelés à se sentir et à vivre sous le regard permanent de Dieu. C’est-à-dire avec une moralité cohérente avec  ce qu’ils prêchent et à la hauteur de ce qu’attend d’eux leur public.

Tout en étant des êtres humains et donc susceptibles d’erreur ou d’écart minime ou passager, ils restent appelés à la sincérité renouvelée et à la recherche de l’exemplarité.  

Musulmans de France, 

La Courneuve, le 9 septembre 2019.

* RAMF : Rencontre Annuelle des Musulmans de France organisée annuellement par MF »

La grande question est maintenant : reste-t-il un intellectuel musulman en France ?

Les prétendus hadiths : un instrument politique ?

Article de la série consacrée au livre de Robert Hoyland : « Dans la voie de Dieu » (http://islametoccident.fr/?p=4814).

Sans revenir sur l’émission extravagante par Mahomet des milliers de hadiths rapportés par la Sunna, ni sur leur incohérence (et leur fiabilité), il est intéressant de les interpréter de façon tout à fait rationnelle et réaliste comme une construction a posteriori à visée politico-religieuse comme le fait Robert Hoyland en se fondant sur les sources historiques disponibles.

« Pour les Umayyades, manifestement, l’idée selon laquelle l’ère des prophètes était révolue et les califes agissaient désormais comme les agents de Dieu sur terre était fondamentale. La pratique et la législation de Muhammad étaient bien entendu importantes pour la communauté : les Arabes « respectaient la tradition de Muhammad, leur maître, à tel point qu’ils infligeaient la peine de mort à toute personne prise en train d’enfreindre effrontément ses lois », dit le moine du VIIème siècle Jean de Fenek. Mais, pour les Umayyades, les nouvelles lois étaient du ressort des califes. Les savants religieux se mirent bientôt à contester ce point de vue, et certains le firent en affirmant que les actes et paroles (hadith) de Muhammad leur avaient été fidèlement transmis. La chose fut apparemment rare au cours des deux premières générations après Muhammad : « J’ai passé un an auprès d’Abdallah fils d’Umar Ier (mort en 693) », rapporte un juriste, « et je ne l’ai pas entendu transmettre quoi que ce soit venant du Prophète ». Mais l’idée acquit bientôt un soutien populaire. Un autre savant dont les écrits datent d’environ 740 remarque : « Je n’ai jamais entendu Jabir ibn Zayd (mort vers 720) dire : « le Prophète a dit… », et pourtant les jeunes hommes qui se trouvent ici le disent vingt fois par heure ». Un peu plus tard encore, les paroles de Muhammad furent mises sur un pied d’égalité avec le Coran comme source de la loi islamique. À l’époque de Muawiya, cependant, cela ne constituait encore qu’un lointain futur : pour l’heure, les califes – non les savants – légiféraient. »

Le mythe des « califes bien guidés »

Article de la série consacrée au livre de Robert Hoyland : « Dans la voie de Dieu » (http://islametoccident.fr/?p=4814).

« L’angoisse et les carnages occasionnés par la première guerre civile, et la concentration croissante du pouvoir entre les mains d’une petite élite ont assurément terni l’image de Muawiya. Pour autant, Uthman avait déjà inauguré un mode de gouvernement népotiste, et Ali avait sa part de responsabilité dans la première guerre civile. Comment se fait-il alors que les deux aient été, avec Abu Bakr et Umar, considérés comme des êtres guidés par la volonté divine (on parle généralement des califes « bien guidés », en arabe « rashidun »), alors que Muawiya et ses successeurs sont décrits comme des tyrans ? La réponse est que cette image résulte en réalité d’un compromis proposé bien plus tard par les savants religieux, par les « docteurs de la loi ». Au cours des VIIIème et IXème siècles, ces savants s’évertuèrent à démontrer que c’étaient eux, et non les califes, qui étaient les véritables héritiers du prophète, et qu’ils étaient par conséquent les seuls dépositaires des lois de Muhammad, et les seuls à pouvoir légiférer. Abu Bakr et Umar, qui étaient très proches de Muhammad, avaient cependant transmis un grand nombre de ses édits, et les savants ne voulaient pas s’aliéner les partisans modérés des Umayyades et des Alides en accablant Uthman et Ali. Une césure fut donc introduite dans l’histoire islamique : on estima que les quatre califes antérieurs à Muawiya étaient guidés par Dieu, que la période où ils avaient régné était un âge d’or au cours duquel l’islam était convenablement pratiqué, et on vilipenda Muawiya et ses successeurs comme des oppresseurs qui négligeaient les préceptes de l’islam. L’idée qu’un âge durant lequel le pouvoir était exercé de manière pieuse et juste avait été suivi d’une période de tyrannie ne gagna du terrain que très lentement, mais elle se généralise progressivement et devint majoritaire au milieu du IXème siècle quand le très respecté savant de Bagdad Ahmad ibn Hanbal (mort en 855) s’y rallia. Les partisans de cette lecture de l’histoire se nommèrent eux-mêmes les sunnites (ceux qui s’en tiennent à la « sunna », c’est-à-dire à la tradition, au chemin prescrit), et ceux qui la rejetèrent formèrent diverses sectes en dehors de ce courant « orthodoxe » dominant. Les partisans modérés des Alides (c’est-à-dire du clan d’Ali) furent séduits par ce compromis ; ils pouvaient reconnaître que les trois autres califes de Médine étaient aussi légitimes qu’Ali à exercer le pouvoir. Mais les plus radicaux continuèrent à soutenir qu’Ali et ses descendants étaient les seuls qualifiés pour diriger le monde musulman. Les adeptes de ce point de vue se séparèrent alors irrévocablement du courant sunnite dominant et formèrent un groupe séparé, à savoir « le parti d’Ali » (« shi’at ’Ali » en arabe), et se nommèrent les chiites. C’est à partir de ce moment, au milieu du IXème siècle, que la rivalité entre sunnites et chiites a commencé. À l’époque de Muawiya, il n’y avait pas de sectes distinctes dotées de doctrines clairement définies (les coalitions étaient lâches et se formaient autour de griefs spécifiques), et nombre de ses contemporains devaient le considérer comme un dirigeant légitime, approuvé – au même titre que ses prédécesseurs – par Dieu. Les historiens modernes, quoique dans un registre différent, ont également mis en doute l’engagement de Muawiya à l’égard de l’islam. Sur les pièces de monnaie et les documents officiels, Muawiya se présente comme le « serviteur de Dieu » et le « commandeur des croyants », et qualifie son pouvoir de « juridiction des croyants ». Le terme de « croyant » avait été utilisé par Muhammad dans le pacte de fondation de sa communauté, en référence à tous ceux qui avaient fait serment de loyauté envers elle, ses buts et son chef, quelles que fussent leurs convictions monothéistes, et il est probable que Muawiya ait simplement perpétué cette pratique. L’absence de toute référence explicite à l’islam ou à Muhammad dans ses proclamations publiques a cependant amené certains chercheurs à débattre pour savoir s’il n’était pas chrétien ou adepte d’une forme de monothéisme « non confessionnel » ou « indéterminé » à tendance œcuménique. L’idée selon laquelle, dans un premier temps, les musulmans ne se distinguaient pas totalement leur foi des autres confessions monothéistes n’est probablement pas dénuée de fondement. »

Les guerres et les massacres perpétrés par les arabo-musulmans : l’exemple de Césarée

Article de la série consacrée au livre de Robert Hoyland : « Dans la voie de Dieu » (http://islametoccident.fr/?p=4814).

La violence marque dès l’origine le monde arabo-musulman, Mahomet n’ayant guère été avare en ce domaine si l’on en juge par sa biographie (écrite par des musulmans) qui égrène précisément la liste des guerres ou razzias qu’il a conduites ou ordonnées. Pourtant, les partisans de l’islam en Occident continuent à mentir effrontément dans ce domaine et à nier vigoureusement cette évidence aveuglante. Robert Hoyland cite plusieurs exemples avérés dans son livre, comme celui de Césarée.

« Césarée, comme toutes les villes de la côte méditerranéenne, avait eu beaucoup moins de contacts avec les Arabes que les villes de l’intérieur des terres proches du désert syrien. Ses habitants étaient pour la plupart de la même confession que les habitants de Constantinople et que l’empereur : ils étaient chalcédoniens, suivant les principes adoptés au concile de Chalcédoine en 451, et parlaient le grec plutôt que l’araméen ou l’arabe. En outre, en tant que capitale provinciale, Césarée disposait d’une légion basée dans la ville : il était probable qu’elle se défendrait. Conscient du défi que représentait la prise de cette ville, le nouveau commandant des forces arabes en Syrie, Muawiya ibn Abi Sufyan, avait fait acheminer vingt-sept engins de siège qui lancèrent des pierres jour et nuit. Cette opération dura de décembre 640 à mai 641, jusqu’à ce qu’une brèche apparût  dans les solides murs de l’enceinte de la ville. Comme les combattants avaient refusé avec obstination de se rendre, Muawiya décida de massacrer pour l’exemple les 7.000 hommes stationnés dans la ville – moins ceux qui avaient réussi à s’échapper par bateau vers l’Asie mineure. »

Dénonciation du communautarisme : un franc-parler courageux

Émission diffusée le 30 septembre 2018 sur Sud Radio. Invité : Patrice Quarteron

https://www.youtube.com/watch?v=02uIzHsz9F8

Il vient une question : la LICRA, la Ligue des Droits de l’Homme et toutes les autres associations de lutte contre le racisme et l’intolérance ont-elles porté plainte contre Nick Conrad ? Le délit de racisme anti-blanc existe-t-il à leurs yeux ?

Al-Andalus : analyse d’un mythe (9)

Contexte de la série d’articles : http://islametoccident.fr/?p=4326

Pure coïncidence, le professeur Rémi Brague a fait une conférence le mardi 29 mai 2018 au Carrefour de l’Horloge sur le thème « Le mythe d’Al-Andalus », conférence précisément fondée sur les deux livres qui ont justifié ma série d’articles commencée le 12 mai 2018.

Fin de la série d’articles sur Al-Andalus.

Al-Andalus : analyse d’un mythe (7)

Contexte de la série d’articles : http://islametoccident.fr/?p=4326

  • L’architecture

« Quelques-uns des principaux monuments de l’architecture hispano-musulmane ont heureusement survécu à la Reconquista et leur impact visuel a donné un poids apparemment incontestable à l’idée d’une pénétration de l’art arabe dans notre culture. Ce ne sont pas seulement, en réalité, les trois monuments les plus connus qui nous sont parvenus mais également – et c’est une chance – un important nombre d’anciennes mosquées (plus ou moins respectées, souvent réutilisées comme églises ou à d’autres fins), des ruines de palais, des bains, des citernes souterraines, des forteresses (…). Cet ensemble de construction éparses et datées d’époques très différentes, cependant, ne dépasse pas les limites de ce que Carlos Flores appelle « architecture érudite », tandis que nous ne conservons que peu de traces de l’architecture populaire musulmane (c’est-à-dire des traces vivantes) et que les traditions architecturales espagnoles n’ont que peu été influencées par cette esthétique. »

  • La musique

« Les faits documentés contredisent l’interminable litanie des chants à la tolérance et à la compréhension aimable qui ton prétendument régné dans al-Andalus. Les textes d’Ibn Abdun ou al-Wansarisi illustrent bien au contraire l’interdiction de lire ou de réciter de la poésie ou des macamos à l’intérieur des mosquées, l’interdiction d’y interpréter de la musique ou encore les tentatives de la supprimer totalement. »

« Aucun pays arabe ne connaît un chant (et encore moins une danse) proche du flamenco (ou de ses variantes récentes). (…) Les origines concrètes du flamenco remontent, pour autant que nous le sachions, au XVIIème siècle. (…) Le flamenco apparaît vers 1780 dans la région comprise entre Cadix, Jerez de la Frontera, San Fernando et El Puerto de Santa Maria(…) En définitive, si l’Andalousie est devenue, à force de stéréotypes, le symbole même de l’Espagne, le flamenco a fini par incarner de la même façon le chant andalou par excellence. La partie a été prise pour le tout, phénomène favorisé par la tendance généralisée à la simplification pratique, commerciale et apparemment imparable. »

  • La langue

« Notre maître à tous, Elias Teres Sadaba a établi de façon exemplaire la méthodologie et l’approche à adopter lorsqu’il s’agit d’aborder l’épineuse question des toponymes hispaniques d’origine arabe. (…) Ces chiffres concordent avec l’ensemble des arabismes présents en langue espagnole : entre 850 et 1.000 arabismes « simples » et 4.000 arabismes si l’on y ajoute les termes dérivés. L’on retrouve des statistiques similaires ou légèrement inférieures en portugais tandis qu’il y a environ moitié moins d’arabismes en catalan et en valencien. (…) L’onomastique et la toponymie, pourtant, présentent un nombre écrasant d’exemples d’origine germanique, aussi bien à des époques reculées qu’à l’heure actuelle. Les anthroponymes wisigothiques occupent indiscutablement le premier plan dans la documentation dont nous disposons concernant le Moyen Âge, s’imposant même devant les anthroponymes latins avec une avance de plus de 50%. Dans certains cas, ces noms d’origine germanique correspondent à la totalité des anthroponymes cités, comme dans le document retrouvé à Braga et daté de l’an 900. Cette prééminence persiste jusqu’au XIIème siècle, époque à laquelle les appellations latines liées à des saints chrétiens remplacent les noms germaniques. »

« Il faut clairement signaler que la simple présence de la racine « Guad » (et de ses variantes), tiré du terme « wadi », n’est pas une preuve évidente de l’arabité d’un toponyme. De nombreux croisements ont eu lieu avec le latin « aqua », au sens de « cours d’eau », ce qui explique le grand nombre de toponymes hybrides et nous pousse à mieux réfléchir sur la véritable origine (latine ou arabe) de l’élément « Guad » pour de nombreux hydronymes. »

« Castro et ses disciples passent sous silence un fait irréfutable : il n’existe pas (ou pratiquement pas) de termes d’origine arabe concernant la vie morale ou spirituelle ainsi que dans le domaine des notions abstraites. »

  • La littérature

« Les colonisateurs français de l’Afrique du Nord ont instrumentalisé à leur bénéfice des passages d’auteurs arabes médiévaux. Le cas le plus connu est celui d’Ibn Khaldoun et de ses considérations (exagérées ou non) sur les désastres provoqués par l’invasion hilalienne du XIème siècle, ensuite utilisées pour légitimer moralement l’occupation française au Maghreb. Les Français ont développé simultanément (ce qui n’a rien de contradictoire) une forme d’exaltation romantique de la littérature arabe, notamment dans le domaine des œuvres narratives, afin d’accompagner dans le domaine de l’esthétique et de l’émotionnel leur expansion méditerranéenne, dont les pays concernés font encore les frais aujourd’hui. Ils ont ainsi créé un courant de fantaisies mauresques qui devait trouver racine en Espagne avec une grande facilité étant donné l’importance des ruines et monuments situés à Cordoue, Séville ou Grenade. De telles fantaisies ont vite été associées à des réminiscences locales, particulièrement dans l’imagination de certains écrivains du XIXème siècle (voire du XXème siècle), avides de démontrer in situ leurs introuvables filiations arabes ou, au moins, de montrer leurs chimériques arbres généalogiques moraux communs avec ceux qui se trouvaient simplement sur la même terre. (…) La énième idéalisation des Maures dans la littérature romantique est devenue un leitmotiv dans les milieux autorisés, qui y voient un authentique plaisir et une mine d’or inépuisable (…). »

« Reconnaître humblement que nous ne savons pas grand-chose à propos de l’origine et du développement de nombreux genres de la littérature espagnole n’est évidemment ni spectaculaire, ni attractif, surtout quand tant d’autres brandissent des certitudes et des affirmations sans ambiguïté (par intérêt ou par inertie). Dans le cas du « cante hondo », la thèse arabe s’oppose par définition à la thèse gitane (ou plutôt gitaniste), bien explicitée (avec ses prétentions raciales) par Ricardo Molina. »

  • Les vêtements

« Nous pouvons affirmer de manière catégorique (et sans avoir recours à de minutieuses descriptions pour prouver nos dires) que la tradition vestimentaire hispanique, quelle que soit la région, ne reprend que très peu d’éléments hispano-arabes. »