Les nouvelles musulmanes : modernité contre obscurantisme ?

À l’occasion de la journée de la femme (8 mars 2017), l’émission hebdomadaire « Vivre l’islam » de France 2 a consacré son épisode du 12 mars 2017 au portrait de 5 femmes musulmanes jugées représentatives et proches de ce que pourrait être le modèle de la femme musulmane moderne, « femme de lumière ». Il est tout à fait intéressant de revenir sur ces 5 profils à une époque où est tellement vanté – jusqu’à parfois être revendiqué – le port du voile musulman par tant d’imams et de musulman(e)s français(e)s, y compris dans les services publics ou les entreprises publiques ou privées, sans considération aucune pour le respect du principe de laïcité.

Les 5 femmes présentées sont :

  • Houria Aichi, chanteuse (chant religieux)
  • Zahia Ziouani, chef d’orchestre (musique occidentale)
  • Khadija Al-Salami, cinéaste
  • Hakima El Djoudi, artiste plasticienne
  • Maram Al-Masri, poétesse

France 2 Islam 170312 Journee femme Extrait 1

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Que remarque-t-on ? Toutes ces femmes ont un rapport étroit avec le monde artistique, si décrié en islam. En outre, aucune ne porte le voile, ni même un bout de voile ; c’est même l’opposé. Cela est très étonnant alors qu’on nous parle tant de nos jours de la musulmane « décomplexée » qui revendique « son » voile comme expression de sa totale liberté de conscience et d’expression. On peut s’interroger naturellement sur le sens de ce reportage qui ne semble guère correspondre au regain du religieux que connait la quasi-totalité des pays musulmans aujourd’hui et qui touche également les musulmanes françaises issues de l’immigration.

Plus encore, l’accent est mis spécifiquement sur ces femmes car elles « luttent contre l’obscurantisme [musulman] et pour les lumières », mais aussi contre les coutumes tribales, l’infériorisation de la femme, sa relégation sociale et éducative, etc. Le cas de Khadija Al-Salami, « épousée à 11 ans et divorcée [répudiée] à 12 ans », est particulièrement mis en valeur dans la lutte contre les « traditions Moyenâgeuses » de l’islam.

Face à constat accablant, le C.F.C.M. continue à affirmer : « En France, l’égalité homme femme ne heurte en rien la conception musulmane. Bien au contraire, depuis l’avènement de l’islam et dans les temps modernes, les principaux défenseurs de la place de la femme musulmane dans la société contemporaine ont toujours favorisé son épanouissement. » (article 3 de la Convention Citoyenne des Musulmans de France pour le vivre‐ensemble). Cette affirmation paraît ainsi relever du mensonge ou du moins d’une vision très déformée de la réalité au regard de la culture traditionnelle musulmane, y compris en France.

Tariq Ramadan a écrit à juste titre, tout en tentant toujours néanmoins de dédouaner sa religion : « Je l’ai dit et répété : l’islam n’a pas de problème avec les femmes, mais il apparaît clairement que les musulmans ont effectivement de sérieux problèmes avec elles, et il faut en chercher, de l’intérieur, les raisons et parfois les (discutables) justifications. »

Et il ne faut pas croire que le sort terrible des femmes en islam relèverait pour l’essentiel d’une opposition frustrée à l’Occident et non de la doctrine même de l’islam, comme le laisse entendre le même Tariq Ramadan : « Il ne faut pas non plus minimiser la dimension psychologique dans le débat concernant les femmes. La relation avec l’Occident est complexe : avant, pendant, puis après les colonisations, la question de la femme a été centrale dans les relations de pouvoir et les débats politiques, théologiques et culturels. Cela a nourri dans la psyché musulmane contemporaine une sorte de réaction réflexe : moins le discours est occidental à propos des femmes, plus il est perçu comme islamique et, inversement, plus il est islamique, plus il se devrait d’être restrictif et s’opposer à la permissivité occidentale dont la finalité serait de laminer les fondements de la religion et de la morale. » L’islam a bien un problème de fond avec la femme.

Oserait-on maintenant enfin commencer à parler et dire timidement la vérité à propos du sort peu enviable de la femme en islam ?

L’islam : un nouvel iconoclasme

De même qu’il détruit les statues (cf. statues) conformément à la doctrine musulmane et à la pratique de Mahomet, l’État islamique s’en prend également aux images : est-il légitime à le faire ?

  • Les images créées et les images photographiées

Yusuf Qaradawi indique que le principe général de condamnation des images a été énoncé par Mahomet : « Le Prophète a fait savoir que : « Celui qui dessine une image sera chargé le jour de la Résurrection d’y insufler la vie et il ne pourra jamais y arriver » (hadith rapporté par al-Boukhari et d’autres). Cela veut dire qu’on lui demandera de donner la vie et on ne lui demandera que pour lui montrer son incapacité et le blâmer. »

En revanche, les photographies de créatures animées (personnes ou animaux) n’étant pas des images créées de la main de l’homme, celles-ci sont licites comme le précise Yusuf Qaradawi : « Ce qui apparaît nettement ici, c’est la décision juridique prononcée par Chaikh Mohammed Bakhit, le moufti d’Égypte, à savoir que le fait de prendre une image avec l’appareil photographique n’appartient nullement au dessin interdit ; car le dessin interdit est la création d’une image, la fabrication d’une image qui n’existait pas auparavant et qui n’avait pas déjà été fabriquée. Son auteur cherche ainsi à créer un animal, tel que l’a créé Dieu exalté. Or cette intention ne se trouve pas dans le fait de prendre des photographies avec cet appareil. »

  • La mise en application par Mahomet

Yusuf Qaradawi rappelle que Mahomet respectait rigoureusement cette règle : « On rapporte qu’Ali Ibn Abi Talib a dit : « Le Messager de Dieu était dans un cortège funèbre. Il dit : « Qui d’entre vous veut bien aller à Médine et n’y laisser aucune statue sans la briser, aucune tombe sans la niveler à hauteur de sol, aucune image sans la barbouiller ? » Quelqu’un répondit : « Moi, ô Messager de Dieu ! » L’homme partit et les habitants de Médine eurent peur de s’y opposer : puis il dit à son retour : « Ô Messager de Dieu ! Je n’y ai laissé aucune statue sans la briser, aucune tombe sans la niveler à hauteur du sol, et aucune image sans la barbouiller ». Le Messager de Dieu dit alors : « Celui qui revient à l’une de ces pratiques aura renié ce qui a été descendu sur Mohammad » » (hadith rapporté par Ahmad) »

La position – assez isolée – de Malek Chebel mériterait d’être explicitée tant elle paraît opposée à ces éléments fondamentaux. Il écrit :

–  « La question des images n’est pas traitée en propre par le Coran ou par le hadith, mais dans la tradition sunnite. En théorie, on ne doit pas représenter Allah ou le Prophète, en sachant que l’interdit lié au Prophète est plus intériorisé encore que celui qui concerne Allah. Cet interdit de la représentation, s’il est attesté, ne s’est fait que tardivement, à la suite de la cristallisation d’un tabou spontané et encore peu étudié. Les théologiens ont beau jeu de sortir un hadith prophétique selon lequel le peintre ne sera pas reçu au paradis, car il aura contrefait l’œuvre de Dieu. Mais si le peintre annonce d’entrée de jeu qu’il ne cherche en rien à imiter l’œuvre de Dieu ou à distraire le croyant de son objectif primordial, cette réserve devrait tomber d’elle-même. (…) D’ailleurs, toutes ces préventions tombent en grande partie chez les chiites. »

–  « Toutes les études montrent que l’interdit de l’image est fondé sur des approximations. Rien de solide ne vient étayer la thèse qui le soutient. »

  • Haro sur les non-musulmans, et en particulier les chrétiens !

Parmi les images les plus détestées figurent naturellement celles qui sont susceptibles de conduire à une sorte de vénération indirecte, comme l’indique Yusuf Qaradawi : « Parmi les images qu’il est interdit de faire ou d’acquérir, sont tout d’abord celles représentant des personnages entourés d’un culte religieux ou glorifiés à outrance. Les premières sont par exemple les images des prophètes, des anges et des saints, tels qu’Abraham, Isaac, Moïse, Marie, Gabriel. De telles images sont très répandues chez les chrétiens. Certains innovateurs de l’islam les ont en partie imités en représentant Ali, Fatima,etc. »

Naturellement, pour Yusuf Qaradawi la détestation est d’autant plus forte que l’image illustre l’incroyance dans la mission de Mahomet : « Entrent dans la catégorie des images interdites les images des mécréants, des injustes et des dépravés, que le musulman doit absolument considérer comme ses ennemis et qu’il doit détester pour Dieu. Il n’est guère permis à un musulman de fabriquer ou d’acquérir l’image d’un chef athée reniant jusqu’à l’existence de Dieu, celle d’un idolâtre associant les vaches à Dieu, le feu ou autre chose, celle d’un juif ou d’un chrétien ne voulant pas reconnaître la mission prophétique de Mohammad, ou l’image d’un soi-disant musulman qui ne gouverne pas selon ce que Dieu a révélé, ou qui propage l’immoralité et le vice dans la société comme le font les artistes et les chanteurs des deux sexes. »

  • L’extension aux formes symboliques

Mais l’interdit va en réalité beaucoup plus loin comme l’indique Yusuf Qaradawi puisqu’il ne concerne pas que la représentation de créatures animées : « Il en est de même pour les images qui expriment l’idolâtrie ou les emblèmes de certaines religions que n’admet pas l’islam, telles que les statues, les croix et toutes autres choses du même genre. Il se peut que plusieurs tapis et des rideaux, qui existaient au temps du Prophète, aient comporté toutes ces sortes d’images et d’horreurs. Al-Boukhari a rapporté que le Prophète ne laissait rien chez lui contenant des motifs en forme de croix sans l’éliminer. »

Les images chrétiennes sont particulièrement honnies d’après Yusuf Qaradawi : « Les images qui sont les plus sévèrement interdites et qui représentent le plus grave péché sont celles qu’on adore en dehors de Dieu, tel que le Messie chez les chrétiens. De pareilles images conduisent leur auteur à l’incroyance s’il les a faites en connaissance de cause et de façon intentionnelle. Les images matérialisées entrant dans cette catégorie représentent le plus grand péché et sont les plus reniées. »

  • Conclusion

Il est heureux que l’Europe ne soit pas musulmane aujourd’hui sinon il faudrait derechef mettre au bûcher la quasi-totalité de la peinture de la Renaissance, sans parler d’une bonne partie du reste… Ouf ! Mais pour combien de temps encore ?

Pourquoi l’État Islamique détruit les statues ? Parce que Mahomet le faisait, tout simplement !

Le monde occidental est horrifié devant la « barbarie » de l’État islamique qui détruit des œuvres d’art inestimables et exécute de sang froid certaines personnes en charge de ce patrimoine. En réalité, l’État islamique est logique et cohérent avec la doctrine musulmane puisqu’il procède comme l’a préconisé et l’a fait Mahomet, notamment lors de la prise de La Mecque.

Or « Mahomet n’est pas un barbare puisque celui qui sert de modèle à l’État islamique n’a jamais été qualifié de barbare par aucun dirigeant actuel du monde occidental » aurait dit monsieur de La Palice. Simplement, Mahomet avait un référentiel de valeurs différent du nôtre (occidental).

D’ailleurs, que ce soit dans le domaine artistique ou sur d’autres sujets, y compris pour le jihad, aucun dirigeant occidental, y compris MM. Hollande, Valls, Cazeneuve, Sarkozy, Chirac, Juppé,… n’a jamais tenté de mettre en cause la référence de Mahomet comme modèle à suivre par tous les jeunes musulmans. Il est donc logique que cette référence leur apparaisse parfaitement légitime et estimable puisqu’elle n’est jamais contestée, même en France.

  • La doctrine : Les anges n’entrent pas dans les maisons où il y a des statues

Yusuf Qaradawi indique : « L’islam interdit la présence de statues dans la maison islamique. Cela concerne toute figurine traitée avec considération. L’islam a fait de la présence de ces statues dans la maison une raison pour que les anges la fuient. Or, les anges sont une manifestation de la miséricorde de Dieu exalté et de sa satisfaction. Le Messager de Dieu a dit : « Les anges n’entrent pas dans une maison où il y a des statues (ou des images) » (hadith unanime). Les savants ont dit : « L’unique raison pour laquelle les anges n’entrent pas dans la maison où il y a des images, c’est que celui qui adopte ces images a ainsi imité les mécréants. Ceux-ci mettent en effet des images dans leurs maisons et les glorifient. Les anges détestent donc cela et n’entrent pas chez lui en signe de contestation. L’islam a interdit au musulman de fabriquer des statues, même s’il les destine au non-musulman. Le Prophète a dit en effet : « Parmi ceux qui auront les châtiments les plus sévères le jour de la Résurrection, il y a ceux qui font ces images ». Dans une autre version : « Ceux qui veulent créer comme Dieu » (hadith unanime). »

  • Ainsi Mahomet ordonne de détruire ou de défigurer les statues

Mahomet, apôtre d’un strict monothéisme, demandait donc naturellement de détruire ou défigurer les statues. Ainsi, Yusuf Qaradawi écrit : « On rapporte dans un hadith que Gabriel refusa d’entrer chez le Messager de Dieu car une statue se trouvait devant sa porte. Le lendemain il n’y entra pas non plus et lui dit : « Donne l’ordre de couper la tête à cette statue afin qu’elle prenne l’aspect d’un arbre ». Certains savants s’appuyèrent sur ce hadith pour dire que seules les statues entières sont interdites. Ainsi, quand la statue a perdu un organe vital, elle devient licite. Cependant, l’examen juste de la demande de Gabriel de couper la tête de la statue, afin qu’elle prenne l’aspect d’un arbre, nous montre que l’important n’est pas l’influence de l’organe sur la vie de la statue ou sur sa mort par son ablation, mais l’important est de la défigurer afin que son aspect n’incite plus à l’adorer après l’ablation de l’une de ses parties. Si nous examinons sérieusement le problème en toute impartialité, nous jugeons que les bustes qu’on dresse dans les places pour immortaliser certains rois et certains grands sont bien plus interdits que ces statuettes entières avec lesquelles on orne les maisons. »

La Sîra retrace ainsi la prise de La Mecque par Mahomet :

–  « Lorsqu’il arriva à la Maison Sacrée, Mahomet tourna autour d’elle sept fois, monté sur sa chamelle, touchant l’angle (al-rukhn) avec une canne qu’il tenait dans sa main. Quand il finit ce tournement autour d’al-Ka’bah, il appela Uthmân b. Talbach et prit de lui la clef de la Ka’bah. On la lui ouvrit. Il y entra et y trouva une colombe en bois. Il la brisa par sa main et la jeta. Puis il se mit debout à la porte d’al-Ka’bah, pendant que la foule de gens se réunissaient dans la Mosquée. »

–  « Ibn Hîcham dit : « Un savant m’a dit que l’Envoyé d’Allah entra dans la Maison (Sacrée) le jour de la conquête de Makkah. Il y vit des images des anges et d’autres personnes. Il vit Ibrahim peint, tenant en sa main des flèches avec lesquelles il pariait (ou tirait au sort). Alors il dit : « Que Dieu les maudisse ! Ils ont fait notre vieux (ancêtre) parier et tirer au sort avec des flèches ! Ibrahim, qu’avait-il à faire avec le pari par les flèches ! Puis il récita le verset : « Abraham ne fut ni juif ni chrétien mais fut hanîf et soumis (muslim) [à Allah] ; il ne fut point parmi les associateurs » (sourate 3, verset 67). Puis il ordonna de détruire toutes ces images. Ce qui fut fait. »

Yusuf Qaradawi confirme par d’autres sources la destruction des statues de la Ka’ba lors de la prise de La Mecque : « Ibn Abbas a raconté que lorsque le Messager de Dieu vit au moment de la conquête de La Mecque les idoles qui remplissaient le temple sacré de Dieu, il n’y entra pas jusqu’à ce qu’elles fussent toutes détruites sur son ordre (hadith rapporté par al-Boukhari). Il ne fait aucun doute que ces statues exprimaient l’idolâtrie des associateurs de La Mecque et leur ancien égarement. »

Yusuf Qaraqawi donne une autre illustration : « On rapporte qu’Ali Ibn Abi Talib a dit : « Le Messager de Dieu était dans un cortège funèbre. Il dit : « Qui d’entre vous veut bien aller à Médine et n’y laisser aucune statue sans la briser, aucune tombe sans la niveler à hauteur de sol, aucune image sans la barbouiller ? » Quelqu’un répondit : « Moi, ô Messager de Dieu ! » L’homme partit et les habitants de Médine eurent peur de s’y opposer : puis il dit à son retour : « Ô Messager de Dieu ! Je n’y ai laissé aucune statue sans la briser, aucune tombe sans la niveler à hauteur du sol, et aucune image sans la barbouiller ». Le Messager de Dieu dit alors : « Celui qui revient à l’une de ces pratiques aura renié ce qui a été descendu sur Mohammad » » (hadith rapporté par Ahmad) »

La destruction des statues du musée de Bagdad ou des bouddhas de Bamiyan n’a donc rien d’un acte barbare au regard de la doctrine musulmane : c’est l’application même de la doctrine de Mahomet, qui légitime les actes de l’État islamique et des autres groupes musulmans orthodoxes.

  • La signification profonde : préserver le monothéisme

Yusuf Qaradawi précise : « Parmi les raisons profondes de l’interdiction des statues (et ce n’est pas la seule comme certains le pensent), il y a la préservation du monothéisme et l’éloignement de tout ce qu’imitent les idolâtres dans leurs images et leurs idoles qu’ils fabriquent de leurs mains puis adorent et se recueillent devant elles. »

Dans le même esprit, Hani Ramadan indique de son côté que le monothéisme musulman réalisé comprend le fait de s’être débarrassé des statues car ce sont des entraves dans le chemin vers Dieu.

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  • Heureusement, les jouets sont néanmoins autorisés (merci Aïcha !)

La statue est autorisée si aucun attachement cultuel quelconque n’est susceptible d’y être associé. Il en va ainsi des jouets des enfants dans la mesure où un hadith authentique unanime confirme cette position.

En effet, Yusuf Qaradawi indique : « S’il y a là une catégorie de « statues » où l’intention de glorifier quelqu’un n’apparaît pas, où il n’y a pas de luxe et qui ne contient rien des choses interdites déjà citées, l’islam admet alors de bon cœur, et n’y voit aucun inconvénient. Entrent dans cette catégorie les jouets des enfants auxquels on donne la forme de poupées, de chats ou d’autres animaux. Ces figurines sont en effet privées de tout respect puisqu’elles servent de jouets et de distraction aux enfants. La mère des croyants, Aïcha, a dit : « Je jouais avec des poupées sous le toit du Messager de Dieu et je recevais mes amies qui se cachaient pour jouer par crainte du Messager de Dieu, mais ce dernier était content de les voir venir chez moi et partager mes jeux » (hadith unanime). Dans une autre version, le Prophète lui dit un jour : « Qu’est-ce que cela ? » Elle répondit : « Ce sont mes poupées ». Il dit : « Quel est donc celui-ci qui se tient au milieu d’elles ? » Elle répondit : « C’est un cheval ». Il dit : « Que porte-t-il ? ». Elle répondit : « Deux ailes ». Il dit : « Un cheval avec deux ailes ? ». Elle répondit : « N’as-tu pas entendu dire que Salomon, le fils de David, avait des chevaux ailés ? » Le Messager de Dieu se mit à rire à pleines dents (Abou Dawoud). Il s’agissait de figurines avec lesquelles jouaient les fillettes et les garçons. Notre dame Aïcha était encore toute jeune au début de son mariage avec le Messager de Dieu [ndlr 6 ans]. »

Grâce à Aïcha, les enfants sont donc autorisés à pouvoir jouer avec des figurines. Il est intéressant de noter que l’âge de la très jeune Aïcha, parfaitement cohérent avec le fait de jouer à la poupée, n’est absolument pas remis en cause dans ce cas de figure pour nier le fait que Mahomet ait eu des relations sexuelles avec une petite fille de 9 ans (il en avait environ 52…).

  • Conclusion

Mieux vaut ne pas laisser nos musées entre les mains des musulmans, cela risque de mal finir un jour, et d’autant plus lorsque ces musées sont à la gloire de l’art occidental

La condamnation doctrinale de la musique : une réalité que certains essaient d’adoucir ?

À propos de la licéité de la musique dans l’islam, Malek Chebel écrit : « L’islam éprouve toujours une certaine inhibition à l’égard de la musique sous toutes ses formes, hormis peut-être la musique religieuse. Rien ne justifie une telle attitude. (…) Je milite donc pour la reconnaissance des arts sonores comme faisant partie de l’humanisation indispensable du musulman. »

Qu’en est-il réellement d’un point de vue doctrinal ? La musique est-elle licite ou illicite pour Mahomet ? Que disent les textes ?

Écoutons Rachid Abou Houdeyfa, imam de la mosquée de Brest, dans son prêche à l’attention des enfants (vidéo rendue disponible en septembre 2015) et qui reprend la doctrine de l’islam :

Houdeyfa Musique 1Houdeyfa Musique 2Houdeyfa Musique

PS : Vous noterez, outre l’utilisation récurrente de la langue arabe (chant, mots d’ouverture), la qualité déplorable du français et de l’orthographe qui passent visiblement bien après la nécessité pour les petits Français d’apprendre l’arabe, puisque langue de Mahomet.

Certaines organisations musulmanes veulent parfois faire croire que les prêches des imams français qui ont pignon sur rue en France sont manipulés, habilement découpés et montés pour induire en erreur le public français. Pourtant, ces prédicateurs ne font malheureusement que très souvent reprendre la doctrine même de l’islam, leur seule erreur étant de présenter cette doctrine de façon trop directe et non édulcorée comme ont l’habitude de le faire les musulmans « modérés ». La version mp3 fournie ici est donnée sans coupure, du moins dans la version disponible sur internet qui semble avoir  été supprimée rapidement.

Or l’imam Houdeyfa s’appuie sur la Tradition musulmane. Ainsi, les hadiths de Mahomet qu’il mentionne sont également mentionnés par certaines écoles car la musique profane, inspirée par Satan, est condamnée par la plupart des écoles (notamment chaféite, hanbalite et malékite). Reprenons par exemple la jurisprudence chaféite. Celle-ci stipule :

Section r40.1 « Pour ce qui est de la condamnation des instruments de musique, flûtes, instruments à cordes et assimilés par le prophète qui « ne prononce rien sous l’effet de la passion car ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée » (Coran, sourate 53, verset 3), laissez ceux qui refusent de lui obéir craindre Dieu, de peur qu’une calamité ne les frappe ou un tourment douloureux. Le prophète a dit :

(1) « Allah m’a envoyé comme un guide plein de compassion aux croyants et m’a ordonné de détruire les instruments de musique, les flûtes, les instruments à cordes, les crucifix, et tout ce qui a trait à la période d’ignorance préislamique. »

(2) « Au jour de la résurrection, Allah fondra du plomb dans les oreilles de quiconque est assis à écouter une chanteuse. »

(3) « La chanson fait grandir l’hypocrisie dans le cœur comme l’eau fait grandir l’herbe. »

(4) « Cette communauté fera l’expérience de l’engloutissement de certains par la terre, la métamorphose en animaux et la pluie de pierres ». Quelqu’un demanda : « Quand cela arrivera-t-il, Ô messager d’Allah ? » et il répondit : « Quand les chanteuses et les instruments de musique apparaîtront et que le vin sera tenu pour licite. »

(5) « Il y aura des peuples de ma Communauté qui tiendront pour licite la fornication, la soie, le vin et les instruments de musique… »

Tout ceci est explicite et constitue une preuve textuelle contraignante montrant que les instruments de musique de tous types sont illicites. »

Section r40.2 « Il est illicite d’utiliser des instruments de musique (…) ou de les écouter. Il est autorisé de jouer du tambourin aux mariages, circoncisions, et à certaines autres occasions, même s’ils ont des cloches sur les côtés (…). »

Section r40.3 « Pour ce qui est d’écouter du chant non accompagné par des instruments, chacun devrait savoir que chanter ou écouter est offensant, sauf dans certaines circonstances : les érudits tiennent que le chant est licite aux mariages et cérémonies du même type, et les imams Ghazali and Izzi ibn Abd al-Salam considèrent qu’il est licite si cela conduit à un état d’esprit noble qui aide à se souvenir de cet événement. Il résulte clairement de tout ceci que toute poésie qui encourage les bonnes actions, la sagesse, les qualités nobles, l’abstinence des biens de ce monde, ou d’autres dispositions pieuses comme d’obéir à Allah ou d’éviter la désobéissance est licite à écrire, chanter ou écouter (…). »

Ainsi, avec l’islam, adieu à Mozart, Beethoven, Wagner, Louis Armstrong,… et tous les autres ? Seul Bach serait épargné du fait qu’il s’agit pour l’essentiel de musique religieuse ? Évidemment, cela pose problème.

S’agissant du chant, Yusuf Qaradawi écrit : « Quant aux hadiths évoqués pour les [ndlr les chants] interdire, ils sont tous sujets à la critique et il n’en est pas un seul que les savants dans la science du hadith n’aient mis en doute. Le juge Abou bakr Ibn al-Arabi a dit : « Il n’y a aucun argument authentique pour interdire le chant ». Ibn Hazm a dit de son côté : « Tous les hadiths évoqués pour l’interdire sont faux et apocryphes ». » Mais il précise immédiatement : « Mais souvent le chant et la musique vont de pair avec le luxe, les cercles de vin et les veillées interdites. C’est ce qui amena bon nombre de savants à les interdire ou du moins à les réprouver. » Et de citer une liste de multiples conditions nécessaires pour tolérer le chant, dont la première : « Il faut absolument que le sujet de la chanson ne s’oppose pas à la morale de l’islam et à ses directives. »

Aussi d’autres personnalités musulmanes comme Moncef Zenati tentent, avec difficulté semble-t-il (se reporter à la version complète de l’exposé ci-dessous disponible sur internet), de démontrer qu’une attitude beaucoup plus ouverte est possible, mais cette ouverture n’est qu’une tolérance, sévèrement contrainte par l’unique objectif qui doit être d’élever l’âme de l’auditeur vers Allah.

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