Comment le gouvernement des juges contribue à l’islamisation de l’Europe

Chaque jour qui passe en Europe semble confirmer la thèse de Michel Houellebecq d’une soumission progressive de la civilisation européenne à l’islam. La Cour Européenne des Droits de l’Homme vient d’en fournir une nouvelle preuve par le jugement rendu le 25 octobre 2018 :

CEDH Freedom of expression 181025

  • Les faits

Elisabeth Sabaditsch-Wolff, ressortissante autrichienne, a été condamnée par la justice de son pays en 2011 (avec un pourvoi rejeté en 2013) pour avoir évoqué  une probable tendance pédophile de Mahomet, notamment par la question « un homme de cinquante-six ans avec une fille de six ans (…) De quoi s’agit-il, si ce n’est de pédophilie ? », celui-ci s’étant marié, déjà cinquantenaire, à une petite de 6 ans, Aïcha, avec laquelle il entretint des relations sexuelles à compter de ses 9 ans.

  • La sexualité de Mahomet et son penchant pour la très jeune Aïcha : mensonge ou vérité selon l’islam ?

Contrairement à ce qu’écrit le greffier de la C.E.D.H. dans son communiqué de presse en français (« ledit mariage aurait été consommé lorsque celle-ci avait neuf ans »), le penchant du vieux Mahomet pour la très jeune Aïcha n’est pas une hypothèse en islam car c’est bien ce que mentionnent les textes sacrés musulmans eux-mêmes, de façon incontestée dans le monde musulman, y compris chez les imams les plus attentifs à la défense de la mémoire du « modèle » Mahomet (en particulier au Moyen-Orient, comme avec Yusuf Al Qaradawi). Pour l’islam, le penchant sexuel de Mahomet pour une enfant pré pubère ne fait aucun doute et constitue même un fait religieux majeur, Aïcha étant par ailleurs l’épouse préférée de Mahomet et ayant joué un rôle important dans l’évolution de cette religion. C’est une autre la raison qui explique pourquoi les mariages de très petites filles sont encore autorisés, ou de facto acceptés, dans certains pays musulmans.

Les arguments de la Cour évoquant un fondement factuel finalement insuffisant du propos (« made a value judgement without sufficient factual basis. Even if they were to be classified as factual statements, she had failed to adduce any evidence to that end. ») sont incohérents avec la position même de l’islam puisque les musulmans eux-mêmes admettent ce fait. Évidemment consciente de cette situation, la C.E.D.H. mélange de façon habile et peu claire la question de la pédophilie avec un prétendu doute sur les faits pour statuer que l’opinion émise (la qualification de pédophilie, qui n’est qu’une opinion), portant sur des faits non avérés (ce qui est faux), ne peut donc pas être couverte par le droit à la liberté d’expression (« the Court had held that statements which were based on (manifestly) untrue facts did not enjoy the protection of Article 10 »).

  • Pédophilie ou pas, est-ce important ?

La Cour s’emploie à tenter de déqualifier le caractère pédophile de cette relation sexuelle (« The domestic courts made a distinction between child marriages and paedophilia ») en faisant remarquer que celle-ci intervenait dans le cadre d’un mariage et que celui-ci a duré jusqu’à la mort de ce dernier (« the applicant had disregarded the fact that the marriage with Aisha had contin­ued until the Prophet’s death, when she had already turned eighteen and had therefore passed the age of puberty »). Il est vrai que la pédophilie moderne est définie aujourd’hui plutôt par la multiplicité des relations (« the impugned statements had not been phrased in a neutral manner aimed at being an objective contribution to a public debate concern­ing child marriages but rather amounted to a gener­alisation without factual basis »). Néanmoins, les frontières sont floues et souvenons-nous de « Lolita » de Vladimir Nabokov avec une fascination tout à fait focalisée.

En réalité, tout ceci n’a guère d’importance puisque ce qui pose problème ici à la Cour, ce n’est pas la pédophilie de Mahomet mais tout simplement l’attaque frontale de Mahomet en tant que Prophète et modèle de tous les musulmans (« aimed at demonstrat­ing that Muhammad was not a worthy subject of worship », « an abusive attack on the Prophet of Islam »). Or, de ce point de vue, la question est réglée depuis longtemps, indépendamment du dégoût que peut inspirer une telle relation d’un cinquantenaire profitant des faveurs sexuelles d’une fillette : il suffit de lire la biographie de Mahomet reconnue dans tout le monde musulman, celle d’Ibn Hîsham (IXème siècle). Au demeurant, il est cocasse de remarquer en matière sexuelle que Mahomet a bafoué lui-même la règle du maximum de quatre épouses simultanées qu’il avait lui-même instituée et qu’on retrouve dans le Coran, puisqu’il a eu jusqu’à 11 femmes en même temps, ce qui est la preuve d’un évident désordre du côté du bas-ventre.

  • Pour éviter la guerre civile qui s’approche de l’Europe avec l’islam, protégeons l’islam !

La C.E.D.H. tente ainsi de qualifier d’incitation à l’intolérance religieuse l’opinion émise par la requérante (« the facts at issue contained elements of incitement to religious intolerance ») : pourtant, cet argument est absurde puisque ce ne sont justement pas les musulmans qui sont mis en cause mais seulement Mahomet en tant que modèle : il s’agit en effet de montrer à quiconque, musulmans et mécréants, l’inanité de voir un modèle dans un personnage au comportement moralement aussi détestable (et pour autant d’ailleurs que cet individu ait réellement existé comme il est écrit dans les textes sacrés musulmans car, historiquement, la question est hautement discutable…voir notamment les analyses historico-critiques de Jacqueline Chabbi).

La véritable préoccupation de la Cour, qui la conduit d’ailleurs à bafouer le droit légitime à une réelle liberté d’expression, est de protéger l’islam contre ses adversaires en Europe car la Cour sait que la remise en cause de Mahomet peut être perçue comme trop violente par des musulmans qui pour l’essentiel ne supportent guère la critique, surtout lorsqu’elle est occidentale. La Cour se fait ainsi la complice des musulmans en criminalisant de fait le droit au blasphème, comme d’ailleurs certains musulmans (cf. Tariq Ramadan) le demandent depuis des années.

La mise en œuvre de l’interdiction du blasphème prend ainsi en pratique la forme de l’interdiction d’émettre une opinion qui peut offenser les musulmans :

–  « the applicant could therefore not have assumed that there would only be like-minded people in the room but also people who might be offended by her state­ments. »

–  « the applicant’s statements had been likely to arouse justified indignation in Muslims »

La Cour préfère ainsi la lâcheté consistant à bafouer, sous des prétextes fallacieux, le droit à la liberté d’expression plutôt que de fonder une jurisprudence défendant ce droit légitime et qui devrait être imprescriptible afin de préserver encore un peu la paix civile, qu’elle qualifie elle-même assez curieusement de « paix religieuse » :

–  « evaluate which statements were likely to disturb the religious peace in their country »

–  « an abusive attack on the Prophet of Islam, which was capable of stirring up prejudice and putting at risk religious peace, »

–  « the rights of others to have their religious feelings protected, and to have religious peace preserved in Austrian »

Il semble donc bien que les peuples européens n’aient plus rien à attendre dans ce domaine du gouvernement des juges européens.

  • Les diktats judiciaires de Bruxelles (Strasbourg) vont-ils finir par mettre fin également à liberté d’expression en France ?

Les juges français affirmaient il y a peu avec bon sens (cf. http://islametoccident.fr/?p=4151 ) que« La liberté d’expression vaut non seulement pour les « informations » ou « idées » accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent » dans la mesure où « Le propos incriminé, s’il est outrageant, ne contient néanmoins pas, même sous une forme implicite, d’appel ou d’exhortation à la haine ou à la violence (…) » : combien de temps vont-ils encore tenir face à la démagogie bruxelloise ?

Déjà qu’il n’y a sans doute pas grand-chose à attendre d’une élite française particulièrement lâche comme mes échanges ces deux dernières années avec une vingtaine de personnalités politiques ou médiatiques du centre ou de droite m’ont conduit à la constater. Car si la quasi-totalité de ces personnalités (pour celles tout au moins qui ont un peu étudié la doctrine de l’islam…) sont finalement d’accord en privé sur l’absence de frontière doctrinale entre islam et islamisme, ainsi que le rappelle avec une constance irritante mais avec raison Eric Zemmour, aucune ne veut en faire état publiquement, soit par souci de ne pas être accusée d’être complice de ce dernier et d’être ostracisée par les médias gauchisés, soit parce par souci de ne pas être accusée de prêcher la guerre civile (sous couvert de « sagesse politique », la sagesse consistant souvent pour ces personnes à ne rien faire pour les Français dès lors que leur train de vie de privilégié n’en est pas affecté), soit tout simplement par peur physique, les deux plus récents exemples étant Luc Ferry (lundi 12 novembre 2018, en présence de François-Xavier Bellamy : « je tiens à la vie ») et Vladimir Federovsky (vendredi 23 novembre 2018, « Le jihad est bien dans le Coran et Mahomet est un islamiste, mais cela, on ne peut pas le dire »).

L’ange Gabriel dans le Coran : une instrumentalisation habile

L’islam s’est beaucoup inspiré du judaïsme et du christianisme pour des raisons politiques afin de pouvoir prétendre être légitime dans lignée du monothéisme judéo-chrétien. Il en a donc logiquement revendiqué avec plus ou moins de fortune les symboles, au premier rang desquels l’ange Gabriel (« Gibril »).

Or il est très étonnant qu’un personnage aussi important que celui-ci, puisqu’il sert d’intermédiaire entre Allah et Mahomet, ait une place aussi réduite et surtout peu claire dans le Coran, place qui semble résulter, aux dires des spécialistes, d’une tradition musulmane bien postérieure à la mort de Mahomet et dont on peut penser qu’elle a surtout pour objet d’offrir au croyant un peu de merveilleux, l’apport spirituel de l’islam au regard du judaïsme et du christianisme étant quasi inexistant comme d’ailleurs le reconnaît Tariq Ramadan lorsqu’il écrit « Il n’y a pas de théologie islamique ».

L’émission de France 2 « Islam » du 21 janvier 2018 est revenue sur ce constat de façon claire.

France 2 Islam 180121 Revelation 2 Gabriel

Ces propos sont confirmés par de grands spécialistes arabisants, tels Jacqueline Chabbi (agrégée de langue arabe, docteur ès lettres) et Mohammad Ali Amir-Moezzi (directeur d’études à l’École pratique des hautes études, titulaire de la chaire de théologie islamique et d’exégèse coranique classique) dans leurs deux ouvrages respectifs, « Le Coran décrypté » et le « Dictionnaire du Coran ». Le lecteur peut se reporter à mon précédent article : http://islametoccident.fr/?p=3077

Le vert paradis des amours enfantines de Mahomet

La Tradition musulmane au travers de ses hadiths authentiques (« sahih ») établit clairement que Mahomet épousa Aïcha à 6 ans et qu’il commença à avoir des relations sexuelles lorsqu’elle eut 9 ans (lui en ayant environ 53). Cette Tradition est incontestée dans les pays musulmans, ce qui justifie d’ailleurs dans certains la licéité du mariage des petites filles avec des hommes adultes. Ainsi, Yusuf Qaradawi, éminent religieux musulman, président du Conseil Européen des Fatwas et de la Recherche (en charge d’établir une jurisprudence spécifique à l’intention des musulmans vivant dans les pays occidentaux non encore musulmans) mentionne ce fait de l’histoire musulmane sans aucune once de doute. De nombreuses références ont déjà été fournies dans un article précédent ( http://islametoccident.fr/?p=531 ).

Évidemment, cet attrait de Mahomet pour cette très jeune fille est problématique pour la figure d’une personne réclamant le titre de Prophète, tout autant d’ailleurs que le basculement d’un mariage unique avec Khadija à une sexualité débridée après la mort de cette dernière, Mahomet ayant eu ensuite jusqu’à 9 femmes en même temps (outre les concubines), donc bien au-delà de la règle coranique des 4 femmes maximum.

Toutefois, la Tradition musulmane étant fermement établie, l’attitude la plus « sage » consiste pour les religieux musulmans dans le monde occidental à pratiquer la taqiyya, c’est-à-dire passer sous silence ce goût immodéré de Mahomet pour la très jeune Aïcha (celle-ci étant de loin sa préférée comme l’indique cette Tradition). Ainsi, Tariq Ramadan contourne habilement le sujet en écrivant, sans plus de précision, dans la biographie qu’il a consacrée à Mahomet :

« Aïcha, la plus jeune femme du Prophète, se nourrissait également de l’exemple et des propos de Muhammad. (…) Elle fera part de la façon dont Muhammad était attentif à ses attentes et à ses désirs lorsque, jeune encore, elle arriva dans la demeure du Prophète à Médine. Le jeu faisait partie de leur vie, et Muhammad n’hésitait jamais à y prendre part (…). »

Effectivement, la Tradition « authentique » rapporte qu’il arrivait à Aïcha, déjà épouse du Prophète, de jouer à la poupée avec ses amies du même âge.

Si Tariq Ramadan est prudent, il est des personnalités plus téméraires et agressives, prêtes à tout pour défendre la mémoire de Mahomet. Ainsi en est-il de Mohamed Bajrafil, dont nous avons vu dans un précédent article ( http://islametoccident.fr/?p=4253 ) sa capacité à mentir effrontément. Voici une de ses interventions en 2014 face à un public de croyants musulmans :

Bajrafil Aicha Villeneuve le roi

La Tradition étant pourtant tout à fait claire, Mohamed Bajrafil n’a d’autre choix que d’essayer de brouiller les pistes, parfois de façon menaçante, avec une suite de propos confus et dont le postulat implicite est en réalité simplement : « Ce n’est pas possible que ce soit vrai. » Comme cela ne doit pas être, Mahomet n’ayant pu fait une chose aussi laide et détestable, il convient de partir de ce postulat et de construire à rebours la démonstration pour parvenir à la conclusion souhaitée : « Au moment où le Prophète se marie avec elle [Aïcha], elle n’avait pas moins de 18 ans : c’est impossible. C’est impossible. » 

Cette plaidoirie décousue et consternante, en contradiction avec la Tradition authentique de l’islam, est l’expression de l’embarras extrême soulevé par les déplorables amours enfantines de Mahomet. 

La guerre, fondement de la prédication de Mahomet à Médine

Lors d’une conférence de la Société des Amis de l’I.M.A. consacrée en 2016 au mot « jihad », Ghaleb Bencheikh indique que « l’acception martiale ou guerrière (…), génératrice de violence [du Coran], n’est venue, globalement, que dans la seconde phase de la prédication Mohammedienne (…) ». Ghaleb Bencheikh cite notamment en 625 la bataille d’Uhud et « par la suite, durant toutes ces périodes où le Prophète de l’islam a effectivement participé à des batailles ».

Amis IMA Jihad 161010 Medine

C’est un propos intéressant car il reconnaît clairement et sans détours le caractère guerrier de la prédication de Mahomet, ce que quiconque lit la biographie de Mahomet comprend évidemment, mais qui est pourtant souvent caché ou nié par tous ceux qui pratiquent la takiyya.

La question est ensuite de savoir si la restitution de ces batailles par la Tradition musulmane a déformé, amplifié cette geste prophétique pour la glorifier, obéissant en cela au style littéraire que Ghaleb Bencheikh qualifie de « genre des expéditions ».

Si ces batailles ont pu effectivement susciter des élans poétiques figurant dans la biographie de Mahomet d’Ibn Hichâm (cf. les 30 pages célébrant la bataille de Badr), il n’en reste pas moins que le luxe de détails fourni ne laisse aucun doute sur la « réalité » de ces événements dans l’« imaginaire historique musulman » (ces récits restant invérifiables au sens de l’histoire critique objective), événements qui ont du mal à s’inscrire dans le cadre de la défense d’une religion qui se présente comme une religion d’amour et de paix.

Quitte à lasser ou à agacer encore une fois le lecteur, je ne peux que renouveler mon conseil pressant : bien avant de lire le Coran ou les hadiths, il faut lire la biographie de Mahomet d’Ibn Hichâm, biographie fondamentale et incontestée dans le monde musulman, bien connue et largement citée et avec raison par tous les imams orthodoxes et pas seulement par les fondamentalistes de tous poils (Al Qaida, État Islamique, etc.). Quiconque n’a pas lu cette biographie ne peut pas comprendre l’évolution du message de Mahomet et par conséquent la nature profonde de l’islam et du « modèle mahométan ».

Vous trouverez sur le site ( http://islametoccident.fr/?cat=12 ) les références de cette biographie. Mon ouvrage « L’islam de France (et d’Europe) : Un message de paix ? » s’appuie sur cette biographie essentielle pour mettre en regard les événements importants de la vie de Mahomet et le contenu de sa prédication, clef de compréhension fondamentale de l’idéologie musulmane. Le lecteur pressé trouvera dans le « Livret musulman de premier secours » une synthèse en deux pages (10 et 11) des phases essentielles de la vie de Mahomet ( http://islametoccident.fr/wp-content/uploads/2016/10/Livret-musulman-27-juillet-2016.pdf )

Les intellectuels arabo-musulmans qui dénoncent l’islam

  • Problématique

Ghaleb Bencheikh, musulman pondéré et cultivé, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2 est revenu, dans le cadre d’un cycle de conférences organisées en 2016 et 2017 par la société des amis de l’Institut du Monde Arabe, sur le sens du mot « jihad » et sur l’attitude frileuse des intellectuels du monde musulman qui ne dénoncent pas assez selon lui les affres de l’islam.

Amis IMA Jihad 161010 Intellectuels

  • Une description sans détours de l’islam : un appel à se lever contre l’islam ?

Le diagnostic de Ghaleb Bencheikh sur l’apport de l’islam au monde d’aujourd’hui est accablant, et celui-ci rappelle quelques vérités à faire frémir le politiquement correct :

«  En contexte islamique, il n’y pas de démocratie, il n’y a pas de liberté, pas de séparation de la politique d’avec la religion (…) »

« Cela rend davantage admirable le travail des rares de ceux qui osent, en contexte islamique, au péril de leur vie, dirent des choses. »

« Ailleurs, il devient un devoir, pour les intellectuels musulmans, parce qu’ils jouissent plus ou moins d’un ciel un peu plus clément au-dessus de leur tête ; s’ils ne le font pas, eh bien ils sont aussi frileux, pusillanimes, couards, peureux, et ne rendent pas service – pas aux musulmans – mais à l’humanité, parce qu’on a là un fléau terrible qui sévit au nom de la tradition islamique »

Ghaleb Bencheikh évoque également la contradiction fondamentale et insoluble qui se trouve à l’intérieur même du Coran, la nature de la prédication changeant significativement entre La Mecque et Médine :

« Il vaut mieux tenir compte dans la révélation coranique des versets mecquois et ne pas tenir compte des versets médinois. »

  • La visite de Mahomet à Taïf

Mais si Ghaleb Bencheikh critique ouvertement l’islam d’aujourd’hui, il tente néanmoins coûte que coûte de préserver la figure de Mahomet en en faisant un  fidèle continuateur du Christ. En effet, évoquant la visite de Mahomet à Taïf, Ghaleb Bencheikh prétend que celui-ci a eu « sa propre mâchoire fracassée », a été « battu à coups de mâchoires d’âne », et va jusqu’à affirmer que Mahomet a dit : « ô mon dieu pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font (reprenant les paroles de Jésus connaissant la passion) ».

Le problème est que ce récit est faux, du moins si l’on se réfère à la biographie de Mahomet d’Ibn Ishâq/Ibn Hîcham, « officielle » car reconnue dans l’ensemble du monde musulman, qui relate cette visite de façon très différente. Reprenons-en le texte (j’en fournis ci-dessous les principaux extraits ; ceux qui voudraient se reporter au passage complet le trouveront dans la biographie traduite par Abdurrahman Badawi, tome premier, pages 333 à 336).

Rappelons-le contexte : L’oncle de Mahomet qui le protégeait à La Mecque vient de mourir et Mahomet recherche donc l’appui de clans pour le soutenir dans sa lutte pour le pouvoir contre les Quraychites de La Mecque (nous sommes avant l’hégire). Il se rend donc à al-Taîf, auprès la tribu des Thaqîf. Voici le texte de la biographie :

« L’Envoyé d’Allah va à la tribu Thaqîf à la recherche de leur secours.

Ibn Ishâq dit : Quand Abû Talib mourut, les Quraysh outrageaient l’Envoyé d’Allah d’une manière qui ne s’était pas vue durant la vie de son oncle Abû Tâlib. Alors il partit pour al-Tâ’if, cherchant secours auprès de la tribu Thaqîf et leur protection contre son peuple, et aussi pour qu’ils acceptassent de lui ce qui lui venait de Dieu. Il y alla seul.

Ibn Ishâq dit : Yazîd b. Ziyâd sur l’autorité de Muhammad b. Ka’a al-Quraî m’a rapporté que quand l’Envoyé d’Allah arriva à al-Tâ’if, il se dirigea vers quelques gens de Thaqîf qui étaient alors les chefs et les nobles de la tribu Thaqîf. Ils étaient trois frères (…). L’Envoyé d’Allah s’asseyait avec eux, les appelait à croire en Dieu, et leur parlait du sujet qui l’avait amené à venir chez eux, à savoir : de lui porter secours pour propager l’islam et de l’aider contre ses opposants parmi son peuple. L’un d’eux alors lui dit qu’il déchirerait la couverture de la Ka’bah si Dieu l’avait envoyé. Le deuxième lui dit : « Dieu n’a-t-il pas trouvé un homme mieux que toi pour l’envoyer ?! » Le troisième lui dit : « Je ne parlerai jamais avec toi si tu étais l’Envoyé d’Allah, comme tu le dis, tu serais trop important pour que je puisse répondre à toi, et si tu mentais sur Allah, je ne devrais pas parler avec toi. »

L’Envoyé d’Allah partit donc de chez eux, désespéré de l’élite de Thaqîf. D’après ce qui m’a été rapporté, il leur dit : « Puisque vous vous comportez ainsi, gardez cela un secret entre nous ». (…) Mais ces trois nobles de Thaqîf ne gardèrent pas le secret. Au contraire, ils excitèrent contre l’Envoyé d’Allah leurs hommes insolents et leurs esclaves, qui se mettaient à l’insulter et à le chahuter, en sorte que la foule s’assembla autour de lui et le poussa à se réfugier dans le jardin entouré d’un mur qui appartenait à Utbah b. Rabî’ah et à Shaybah b. Rabî’ah qui s’y trouvaient en ce moment. Alors les insolents de Thaqîf qui le poursuivaient le laissèrent tranquille. Il se mit sous l’ombre d’une treille de vigne. Il s’y assit, pendant que les deux fils de Rabî’ah le regardaient et voyaient ce qu’il avait souffert de la part des gens insolents de Thaqîf. (…)

Quand les deux fils de Rabî’ah le virent et aperçurent qu’il souffrait, leur lien de parenté s’émut. Ils appelèrent un domestique chrétien qui était à leur service, appelé Addâs, et lui dirent : « Cueille de ce raisin, mets-le dans ce plat, et va à cet homme-là et invite-le à en manger. » (…)

Puis l’Envoyé d’Allah partit d’al-Ta’îf et retourna à Makkah, ayant désespéré de la conversion de la tribu de Thaqîf. Lorsqu’il passa par la vallée de Nakhlah, il se mit à prier, au milieu de la nuit. Alors passa devant lui, le groupe de djinns que Dieu a mentionnés. D’après ce qu’on m’a dit, ils sont au nombre de sept et sont des djinns des habitants de Nisibe. Ils se mirent à l’écouter. (…) »

  • Conclusion

Alors chahut, insolence des Thaqîf qui refusent de se convertir, folie du Prophète qui voit des « créatures » (les djinns) : oui. Mais aucun signe d’une mâchoire fracassée, et encore mois d’un prophète reprenant les paroles du Christ ! Où Ghaleb Bencheikh est-il allé chercher sa version sacrificielle ?

Le désir de Ghaleb Bencheikh de vouloir à tout prix sauver l’islam – tout en ayant le courage par ailleurs d’évoquer sa violence intrinsèque – ne doit pas nous entraîner dans une vertige hallucinogène. Comment pourrait-on croire que Mahomet ait pu jamais prétendre s’inspirer de Jésus-Christ, lui qui, quelque temps après, exterminera en l’égorgeant la principale tribu juive de Médine et reviendra d’aileurs « s’occuper » d’al-Taîf plusieurs années après (cf. « La campagne d’al-Ta’îf après Hunayn en l’an VIII », page 409 du tome 2 de la biographie déjà mentionnée) ?

De l’inutilité du dialogue religieux islamo-juif ?

  • Contexte

Après une émission récente rappelant la proximité du judaïsme et de l’islam http://islametoccident.fr/?p=3842 par la mise en valeur de leur origine commune au travers d’Abraham, l’émission Judaica du dimanche matin sur France 2 du 12 septembre 2017 a poursuivi dans le même esprit à l’occasion de la publication d’un livre écrit par une rabbine et un musulman : « Des milles et une façons d’être juif ou musulman ». 

Josy Eisenberg présente en effet ce dialogue comme « une rencontre très agréable entre ces deux religions », un peu comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

France 2 Judaisme 171112 Extrait 1

Mais de quoi s’est-il agi au juste ?

  • Un contenu décevant

Cette émission semblait prometteuse puisque la rabbine annonçait clairement que l’objectif était d’ « aborder toutes les questions qui fâchent ».

France 2 Judaisme 171112 Extrait 2

Las… Malheureusement, il s’est agi pour l’essentiel d’un échange philosophico-sociologico-religieux œcuménique et très politiquement correct, et qui s’est tenu bien loin des sujets tels que, par exemple, l’antisémitisme profond de l’islam, la motivation doctrinale et politique du massacre d’une bonne partie des juifs de Médine par Mahomet (modèle de tous les musulmans), la question du véritable apport spirituel de l’islam par rapport au judaïsme, la problématique du discours coranique pour l’essentiel haineux vis-à-vis des juifs, etc.

France 2 Judaisme 171112 Extrait 3

Au-delà de la tonalité générale de cette émission assez aseptisée, on peut revenir sur quelques points mentionnés dans les échanges.

L’intervenant musulman indique que « dans le Coran, le fils [Isaac] n’est pas nommé parce que ce n’est pas cela qui est important ». Au contraire, cette mention du nom d’Isaac est absolument fondamentale puisque l’alliance de Dieu passe par Isaac exclusivement au détriment d’Ismaël, bâtard illégitime d’Abraham puisque fruit d’une relation ancillaire. Il est assez étonnant que Josy Eisenberg n’ait pas réagi alors que c’est la racine même de la relation du peuple juif avec Dieu qui est ainsi relativisée et donc minorée par l’islam au travers du Coran.

France 2 Judaisme 171112 Extrait 4

S’agissant de la question des femmes, celle-ci est circonscrite pour l’essentiel à la place de la femme dans la religion (rabbine, imame), le problème plus général et beaucoup plus important du statut doctrinal exécrable de la femme en islam étant passé sous silence (infériorité naturelle consacrée par le Coran, polygamie, droit de battre sa femme, règles d’héritage et de témoignage, etc.).

France 2 Judaisme 171112 Extrait 5

Et s’agissant du fondamentalisme musulman, celui-ci est réduit à la seule doctrine wahhabite par l’intervenant musulman : si l’apparition du wahhabisme résulte en partie d’un contexte géopolitique particulier, il ne faut pas oublier que le salafisme a des racines très profondes et très anciennes dans l’islam, notamment avec Ibn Taymiyya (mort en 1328). Le vrai problème est que Mahomet lui-même était le premier des salafistes et des jihadistes, ce qui pose un énorme problème au monde musulman, au point de rendre impossible toute contre-argumentation précise aux thèses salafistes ainsi que la lutte contre la prétendue « radicalisation », sauf à remettre en cause la sacralité même des textes fondamentaux de l’islam.

France 2 Judaisme 171112 Extrait 6

  • Conclusion

On peut s’interroger sur l’objectif de ce type de « dialogue » qui paraît assez inutile et même nocif car il contribue à diluer les problèmes et dissoudre les responsabilités, dialogue qui d’ailleurs n’a guère porté de fruits depuis 1.400 ans. Il s’agissait plutôt d’une conversation de salon entre gens cultivés, très éloignée de la réalité quotidienne du terrorisme musulman et du rapport de l’islam au monde des mécréants, le Coran fourmillant de formules haineuses et violentes à l’égard des juifs.

Je doute qu’une autre émission ose jamais aborder ce tabou à la télévision française, abondamment censurée, et traiter véritablement au fond de ce sujet qui, lui, est une vraie « question qui fâche ». S’agissait-il pour la communauté juive d’une tentative maladroite de dialogue qui exprime finalement un souci de réhabilitation de l’islam, à l’heure même où l’antisémitisme semble être de plus en plus virulent en France, notamment dans les quartiers dits « défavorisés » ?

Mahomet : décidément, un dangereux schizophrène

À une époque où tant de « déséquilibrés » semblent courir les rues des villes occidentales pour semer la mort, on peut légitimement se demander pourquoi cette violence religieuse est répandue seulement au nom d’Allah (Akbar), et non au nom de Jésus-Christ, Moïse ou Bouddha.

Malheureusement il ne s’agit pas d’une coïncidence puisque ces « gentils enfants » – au dire de leurs parents (ce qui est d’autant plus inquiétant…) – suivent la voie ouverte par leur modèle : Mahomet.

J’ai déjà abordé dans des articles précédents (http://islametoccident.fr/?p=1621, http://islametoccident.fr/?p=3178) la théorie musulmane de la schizophrénie qui vise à dédouaner Mahomet des violences qu’il commettait et qui remplissent des dizaines de pages de sa biographie à compter de l’hégire.

J’ajoute à la liste des extraits déjà fournis cet autre passage de l’émission de France 2 « Islam » d’avril 2016 dans lequel le professeur Ali Ben Makhlouf dit : « Est-ce qu’on est prêt à distinguer pour la personne du prophète sa fonction de messager de sa fonction de législateur ? La question est ouverte ».

France 2 Islam 160417 Religion et raison 1 Extrait 1

Il est assez curieux de voir comment l’islam se débat continuellement et vainement pour trouver une excuse aux violences épouvantables dont Mahomet s’est rendu coupable, au prix de raisonnements absurdes fondés sur des distinctions exhibées pour aucun autre prophète, violences qui en revanche ne posent aucun problème aux musulmans fondamentalistes qui connaissent très bien la geste mahométane et ne se privent pas de s’y référer avec beaucoup de précision.

Commémoration de la décapitation du Père Hamel : la nausée

La commémoration de la décapitation du Père Hamel est l’occasion d’un déferlement de bien-pensance et de politiquement correct qui soulève le cœur jusqu’à la nausée.

Face à des médias souvent partisans et pratiquant la désinformation, il est utile, au-delà de l’horreur de l’acte, de rappeler quelques faits, tous vérifiables, car les faits sont têtus :

  • Les chrétiens et les musulmans n’ont pas le même dieu : en effet, les conceptions chrétiennes et musulmanes de Dieu sont incompatibles. Il suffit de comparer les Évangiles et le Coran pour le constater. Le Coran contient entre autres une multitude d’invectives violentes et agressives vis-à-vis des juifs et des chrétiens, incompatibles avec la notion d’amour universel défendu dans le christianisme (et le bouddhisme avec la notion de compassion)
  • Au regard de l’islam, les chrétiens sont d’abominables mécréants : le choix du terme « abominable » est-il excessif ? Non, puisque pour l’islam les chrétiens sont coupables du pire des péchés, celui d’« associationnisme », c’est-à-dire le fait d’associer à Dieu, l’unique, d’autres dieux par la voie de la Sainte Trinité (le Père, le Fils et le Saint-Esprit). Jésus-Christ n’est d’ailleurs pas reconnu en islam comme incarnation de Dieu (concept crucial dans le christianisme) mais comme un simple prophète humain comme l’était Mahomet. L’islam a réinventé un Jésus (« Issa ») qui ne correspond en rien au Jésus des chrétiens.
  • D’un point de vue doctrinal, les chrétiens n’échappent à un sort potentiellement mortel en terre d’islam que par leur éligibilité au statut de « dhimmi » (comme pour les juifs), statut humiliant et de rang inférieur à celui des musulmans. Si ce statut appliqué pendant des siècles en terre d’islam a fini par être tardivement aboli par l’empire Ottoman et uniquement sous la pression occidentale, il imprègne profondément la mentalité musulmane car le Coran proclame ouvertement la supériorité définitive de la communauté musulmane sur toutes les autres.
  • L’islam a comme modèle, Mahomet, qui a massacré une bonne partie des juifs de Médine (cf. les Banû Quraydha, exécutés « jusqu’à leur extermination totale » selon les termes mêmes de la biographie d’Ibn Hichâm, incontestée dans le monde musulman), remis au goût du jour la lapidation, eu des relations sexuelles avec la petite Aïcha à ses 9 ans (chose qui pourrait être relativement sans importance si ce fait relaté par l’historiographie musulmane elle-même ne permettait encore aujourd’hui de justifier le mariage – nécessairement forcé – des petites filles), condamné à mort les apostats, pratiqué l’esclavage, conduit ou commandé de multiples batailles, ordonné des assassinats. Jésus-Christ n’a pas grand-chose à voir avec cette conception musulmane de la « miséricorde divine ».
  • La liberté de conscience, au sens de liberté de changer de religion, n’existe pas en islam. Il suffit par exemple juste de rappeler que le Conseil Français du Culte Musulman refuse encore officiellement aujourd’hui d’inscrire au nombre des droits des musulmans en France celui de changer de religion (c’est-à-dire d’abandonner l’islam). Qui en parle ?

On pourrait citer encore beaucoup d’autres incompatibilités fondamentales entre le christianisme et l’islam (ex. polygamie, statut de la femme, notion de « témoignage » musulman cf. – la « shahada » – comparé à la notion de « croyance » chrétienne).  Il n’est donc guère étonnant de constater que l’islam de France est toujours incapable aujourd’hui de produire un contre-argumentaire au discours des fondamentalistes musulmans (ex. État Islamique, Al Qaida) car ceux-ci s’appuient avec beaucoup de précision sur la vie de Mahomet – donc sans pouvoir être réfutés – qu’ils s’appliquent à imiter fidèlement notamment au travers du jihad.

La croyance chrétienne dans le pardon et la réconciliation universelle ne doit pas conduire à la naïveté et au mensonge par omission, car le christianisme est normalement épris de vérité. Le Christ ne dit-il pas en effet : « Si j’ai mal parlé, témoigne de ce qui est mal ; mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » (Jean 18, 23)

La liesse de cette communion universelle contre un « islamisme » dont personne n’est même capable de donner une définition (ce qui est bien commode : renvoyer les problèmes vers un concept qui n’existe pas évite de nommer son ennemi) occulte tous ces faits et constitue par ailleurs une insulte aux souffrances des chrétiens du Moyen-Orient, car c’est nier les conditions terribles dans lesquelles ils vivent en terre d’islam et qui peuvent aller jusqu’aux persécutions.

C’est aussi une façon désastreuse d’empêcher la nécessaire refondation de l’islam, car si le débat n’est pas posé et est au contraire nié dans l’œuf, aucune réflexion de fond ne peut bien entendu émerger.

Mahomet annoncé par les Évangiles ? Une affirmation contraire au simple bon sens

  • Problématique

L’islam prétend que Mahomet est le digne successeur de Jésus. Il est intéressant d’analyser sur quoi prétend se fonder cette revendication.

  • La revendication

D’après la Sîra (biographie de Mahomet), Ibn Ishâq fit état d’une prophétie de Jésus annonçant la venue de Mahomet. On y lit en effet : « Lorsque l’apôtre voulut faire connaître aux chrétiens, ce qu’avait écrit, sous l’inspiration de Dieu, Jésus fils de Marie dans l’Évangile, au sujet de l’envoyé de Dieu, Jean copia les phrases suivantes : « Celui qui me hait, hait Dieu. Si je n’avais pas en leur présence accompli des merveilles, que personne d’autre avant moi n’avait accomplies, ils ne seraient pas coupables. Mais ils abusèrent de la grâce et crurent qu’ils l’emporteraient sur moi et sur Dieu lui-même. Il faut cependant que le mot écrit dans la Loi soit accompli : « Ils m’ont haï gratuitement, sans raison ». Et lorsqu’al-munhamanna viendra, celui que Dieu vous enverra de sa part, l’Esprit-Saint, celui qui a émané de Dieu, il portera témoignage sur moi. Vous aussi vous porterez témoignage, car vous avez été avec moi. C’est pourquoi je vous ai dit cela afin que vous n’ayez pas de doute. » Al-Manhamanna en syriaque veut dire : Muhammad, et en grec al-baraqlîtis. »

La version de la Sîra est en réalité une copie déformée des versets évangéliques (Jean 15, 23 à 26 & Jean 16, 1 dans la version de la Bible de Jérusalem) : « Qui me [Jésus] hait, hait aussi mon Père. Si je n’avais pas fait parmi eux les œuvres que nul autre n’a faites, ils n’auraient pas de péché ; mais maintenant ils ont vu et ils nous haïssent, et moi et mon Père. Mais c’est pour que s’accomplisse la parole écrite dans leur Loi : Ils m’ont haï sans raison. Lorsque viendra le Paraclet, que je vous enverrai d’auprès du Père, l’Esprit de vérité, qui vient du Père, il me rendra témoignage. Je vous ai dit cela pour vous éviter le scandale. »

Comme on le voit, dans la version arabe d’Ibn Hishâq, le terme de « Paraclet » est rendu par le terme arabe al-Munhamanna. Ibn Hishâq prétend que al-Munhamanna est un mot syriaque voulant dire : Muhammad (et en grec al-baraqlitos). Donc Jésus a annoncé la venue de Mahomet. CQFD.

  • Le Paraclet

Ce terme « Paraclet » ne se rencontre guère que dans la littérature religieuse. Il provient d’un terme grec, παράκλητος, qui signifie « celui qui console », ou « celui qui intercède ».

Ainsi, les versets de l’Évangile de Jean témoignent de la venue prochaine annoncée par Jésus de l’Esprit de vérité, l’Esprit Saint, qui vient du Père (cf. la Sainte Trinité). En effet, c’est l’Esprit Saint qui sera envoyé par le Christ ressuscité aux apôtres après sa résurrection (il descendra sur eux quelques jours après sa mort, à la Pentecôte), témoignera du Christ rédempteur (qui ne reviendra plus avant la fin des temps) et le glorifiera comme l’annonce l’évangile de Jean :

Jean 14, 15 à 17. Si vous m'[Jésus]aimez, vous garderez mes commandements ; et je prierai le Père et il vous donnera un autre Paraclet, pour qu’il soit avec vous à jamais, l’Esprit de Vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu’il ne le voit pas ni ne le reconnaît. Vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure auprès de vous.

Jean 14, 26 & 27. Mais le Paraclet, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix ; c’est ma paix que je vous donne ; je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble ni ne s’effraie.

Jean 16, 7 & 8. Cependant je vous dis la vérité : c’est votre intérêt que je parte ; car si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. Et lui, une fois venu, il établira la culpabilité du monde en fait de péché, en fait de justice et en fait de jugement.

Jean 16, 13 & 14. Mais quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous introduira dans la vérité tout entière ; car il ne parlera pas de lui-même, mais ce qu’il entendra, il le dira et il vous dévoilera les choses à venir. Lui me glorifiera, car c’est de mon bien qu’il recevra et il vous le dévoilera.

Ce qui est annoncé dans les Évangiles, c’est donc la venue d’un Esprit de vérité, qu’on ne peut ni voir ni reconnaître, et non la venue d’un être humain. La Sîra mentionne probablement assez maladroitement un esprit qui a « émané » de Dieu, ce qui correspond précisément au sens chrétien, avec le Saint-Esprit formant la 3ème hypostase : or Mahomet était un simple mortel, certes prétendument choisi par Dieu, mais dont la nature ne pouvait en aucune façon être comparée à la nature divine et encore moins en émaner. L’Évangile n’annonce donc aucunement la venue d’un nouveau prophète en chair et en os.

Cette annonce, revendiquée par l’islam, a visiblement été construite théologiquement a posteriori de façon assez approximative. Cette démarche visait certainement à annexer au profit de l’islam les textes chrétiens afin de légitimer la succession de Mahomet comme nouveau prophète succédant à Jésus.

  • Conclusion : au-delà de l’exégèse linguistique, l’incompatibilité du message musulman et du message chrétien

Mais dépassons la question scripturaire et linguistique pour se concentrer sur le contenu spirituel du message de l’islam au regard de celui du Christ. Si on peut comprendre que l’islam puisse prétendre se poser en successeur de la révélation juive, il paraît en revanche difficile de voir sous quel angle spirituel celui-ci peut revendiquer également la succession du christianisme tant la conception musulmane du monde diverge du message chrétien de l’Évangile, pacifique et anti-violent, jusqu’à le contredire.

En réalité, l’islam a cherché à récupérer politiquement la doctrine de certains groupes (judéo-)chrétiens d’Arabie ne reconnaissant pas la divinité du Christ, groupes qui par ailleurs avaient une proximité avec leur racines juives et la Loi juive sans doute beaucoup plus marquée que les chrétiens orthodoxes (trinitaires).

La question financière dans la naissance de l’islam

Si l’accueil de l’islam par les tribus arabes de La Mecque fut mauvais, au point que Mahomet dut décider de partir pour Médine avec ses quelques dizaines de partisans (sans avoir été persécutés, quoique cette légende tenace soit entretenue pour expliquer ensuite la violence barbare de Mahomet), il apparaît, selon la biographie de Mahomet d’Ibn Hîcham, incontestée en islam, que ceci a été dû essentiellement à des questions autres que religieuses, notamment de pouvoir et financières.

Mahomet proposait en effet une copie du judaïsme sans grande nouveauté théologique mais qui dérangeait évidemment par son monothéisme strict le culte des idoles de la Ka’ba qui faisait l’objet d’un commerce fructueux dont bénéficiaient les Quraychites. Ces préoccupations bien terre à terre sont assez éloignées de grands débats spirituels ou religieux. Il est rare de voir rappeler ce point de façon aussi claire à la télévision (émission de France 2 « Vivre l’islam » de décembre 2016).

France 2 Islam 161218 Tawhid 1 Extrait 1

Cela étant, Mahomet est loin d’avoir été lui aussi indifférent aux questions financières puisqu’il pratiqua la razzia et établit des règles stables de partage du butin qu’on retrouve d’ailleurs explicitement dans le Coran (sourate 8).