Homosexualité en pays musulman : un témoignage…

Dans un précédent article ( https://islametoccident.fr/?p=4613 ), j’ai montré comment Frédéric Mitterrand relatait lui-même de façon publique une homosexualité vénale et tiers-mondiste dans l’autobiographie « La mauvaise vie », penchants tout à fait bien connus donc lorsqu’il fut nommé Ministre de la Culture et de la Communication de Nicolas Sarkozy. Il est intéressant de noter également son expérience toute particulière dans un pays musulman, l’Indonésie. Au regard de ce témoignage, on peut s’interroger sur la profondeur de la pénétration réelle de l’islam dans certaines couches de la population.

Les extraits ci-dessous sont tirés du chapitre intitulé « Bird » (pages 293 à 344) du livre sus-mentionné :

Avertissement : âmes sensibles s’abstenir. En effet, qu’on puisse considérer que  l’islam est une religion spirituellement très pauvre, fausse ou inutile est une chose ; mais c’est autre chose d’insulter le sentiment religieux par l’étalage d’une perversion aussi abjecte qu’insultante : car, quand bien même ce récit serait véridique, il faut être sacrément tordu pour trouver un malin plaisir à faire un objet littéraire de l’association de l’orgasme sodomite avec l’appel du muezzin et la personne de Mahomet.

Djakarta n’intéresse personne, hormis les hommes d’affaires planqués dans les palaces climatisés de l’ère Suharto où ils prennent le pouls du grand malade indonésien en attendant la guérison par le retour de la corruption universelle et des marchés foireux. On la dit dangereuse, labyrinthique, pourrissoir à bandits et fanatiques de tout acabit.

(…)

Ville de Javanais musulmans qui croient aux esprits et aux sortilèges, de Chinois qui prétendent ne plus l’être et se font prudemment catholiques, de déracinés des îles lointaines entre mosaïques malaises et peuples de la mer aux ancêtres mélanésiens.

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Heidi me fixe près du Mc Do. Heidi pas comme Mitchell ou Cochran, il insiste d’emblée sur l’orthographe et j’imagine un échappé de l’Oberland bernois dans son passé, rendu fou par la chaleur et l’amour.

(…)

Je rame et j’ai l’impression d’avoir tout faux ; il s’agit sans doute de l’un de ces jeunes gens qui aiment parler aux étrangers pour le seul plaisir d’un échange amical. Je n’ai pas encore l’usage de Djakarta et je suis finalement prêt à me contenter de la vision peu encourageante des gosses faméliques draguant dans les ténèbres du parc au pied de mon hôtel et des voyous aux yeux exorbités par la colle qui me serraient dans l’affreuse boîte à pédés surpeuplée que j’ai découverte la veille. Spectacles angoissants et risques inutiles. En revanche, le malentendu avec Heidi s’estompe assez vite. On est en pays musulman, la retape exubérante n’a pas cours, une réserve minimale est de mise, mon Cicérone improvisé s’y conforme. Pourtant, je ne tarderai pas à apprendre que la ville n’est pas en reste de débordements variés et qu’à peu près tout le monde est disponible pour peu que l’on connaisse le code. Heidi sent bien que je flotte et que notre entretien tire en longueur. Il s’en tient là pour les convenances et propose de m’accompagner à mon hôtel ; il connaît les types de la sécurité et ils laissent monter les boy-friends dans les chambres. Il a dit les boy-friends au pluriel et entreprend de me présenter plusieurs de ses copains qui attendent également leur autobus ; sans me laisser le temps de réagir et de décliner cette soudaine proposition de nouvelles connaissances.

(…)

Heidi décidément connaît bien son affaire et persévère dans son casting infernal tout en me surveillant du coin de l’œil ; c’est fascinant de le voir opérer tel un épervier qui fond sur ses proies. En quelques instants, nous voilà à la tête d’une petite troupe on ne plus aimable et souriante. Il ne reste plus qu’à choisir.

(….)

La situation m’échappe ; je suis passé d’un seul coup de la conversation débat pour étudiants méritants à la perspective d’une partie fine entre inconnus ; je flaire le traquenard ; l’atmosphère ne me dit plus rien qui vaille car prétendants et public rivalisent d’exclamations et de grands rires en javanais, sans doute pour évaluer l’article blafard, froissé et transpirant qui leur est proposé ; gêne et scandale à l’horizon, tout ce que j’appréhende.

(…)

J’ai tellement envie de m’en aller et de me retrouver seul. Pourtant je me suis trompé sur leur compte ; ma résistance est agréée, l’étau se desserre, sans manifester amertume ni déception, chacun repart de son côté en souriant et le joli Chinois me glisse sa carte de visite avec portable et e-mail pour le cas où je changerais d’avis.

(…)

Je comprends qu’Heidi a seulement cru bien faire ; nous avions respecté le délai de politesse raisonnable, moi par timidité et lui par courtoisie ; ensuite le projet de passer à une seconde étape en y associant un ou plusieurs nouveaux venus s’était imposé naturellement puisqu’il pouvait désormais répondre aussi bien d’eux que de moi-même.

(…)

Nous franchissons sans encombre l’obstacle des vigiles qui regardent obstinément ailleurs à notre passage et, en refermant sur nous la porte de ma chambre, je me demande ce que je vais bien pouvoir faire de ce garçon qui ne m’attire pas beaucoup. Je suis familier de ce genre de situations, il arrive qu’un étrange souci de civilité et la crainte de décevoir m’entraînent dans de telles aventures ; au pied du mur, je ne songe plus qu’à abréger toute conversation et à m’endormir au plus vite. Heureusement, Heidi n’est pas un amant frénétique, il se prétend aussi fatigué que moi et on se couche devant la télévision comme un couple de retraités.

(…)

Bientôt nous dormons ensemble chaque nuit comme deux frères.

(…)

Heidi connaît la ville comme sa poche et les bordels n’ont pas de secret pour lui ; il voudrait absolument m’y emmener alors que je deviens de plus en plus pudique et sage.

(…)

Il revient régulièrement à la charge ; puisque je persiste à ne pas vouloir de son ami chinois, il faut que je le suive chez ces « nice boys very clean » qui brûlent manifestement de me connaître.

(…)

Il ne faut pas tarder, je repars demain matin ; je cède pour qu’il n’y ait pas de nuage entre nous et aussi parce que je voudrais tout de même voir à quoi ressemble la « very good place » qu’il a choisie pour moi. Une expérience intellectuelle somme toute plutôt amusante et le corps froid comme une bûche. Ça ne marche pas du tout comme à Bangkok ; les bordels sont répartis un peu partout dans la ville, il n’y a pas de mise en scène plus ou moins sophistiquée, et là où me conduit Heidi tout se passe dans une sorte de garage à garçons largement ouvert sur la rue où les candidats vautrés sur des matelas à même le sol regardent vaguement les habituelles séries guimauve à la télévision, échangent des plaisanteries salaces tout en feuilletant des magazines pornos remplis de filles nues. Des Chinoises et des Japonaises aux yeux débridés et au sexe recouvert d’un string couleur chair. Le patron, sa femme, leurs enfants, entrent et sortent à tout instant avec des sodas, des bols de soupe ; les marmots changent de chaîne, on rigole en famille. Aux murs des photos de sportifs et de vedettes, des portraits de Soekarno et de sa fille, en matrone à lunettes et chignon dans le style « goudou » quinquagénaire, qui est le nec plus ultra des femmes convenables, et puis aussi des chromos relatant la vie du Prophète.

(…)

Pas d’étrangers et l’impression que tout le monde se connaît. On ne s’éternise pas à faire son choix, les garçons n’émettent aucune objection, le prix est connu d’avance, le patron ou sa femme encaissent avec de grands sourires, on monte comme si on allait visiter.

(…)

Heidi est désolé. Je ne baise pas avec lui, je ne veux pas du joli Chinois, je dédaigne ces garçons qui n’ont peut-être pas très bonne mine mais sont quand même bien baraqués.

(…)

Un grand type surgit du déluge ; il porte un ciré jaune luisant de pluie, une sorte de casque de chantier par-dessus un foulard qui masque presque complètement son visage ; on dirait l’un des manifestants samouraïs des guérillas urbaines asiatiques. Heidi me donne un coup de coude ; merci, j’avais remarqué ; cette apparition soudaine a d’ailleurs réveillé l’assistance qui accueille le rescapé de la tempête avec forces salutations et rires sonores ; c’est manifestement le caïd de la bande. Il dépose sa panoplie, enlève son tee-shirt de base-ball et l’essore sur le pas de la porte tout en apostrophant ses acolytes. Trempé, torse nu et vigoureux, il exsude l’énergie, la vitalité ; la peau mate est un peu sombre ; des tatouages abstraits d’initié sur les épaules, les traits du visage marqués et les muscles saillants, un paysan qui n’a pas été démoli par la ville, bien rustique et fier de l’être quand la mode est aux poupées chantantes. La vieille poigne d’acier à laquelle je ne croyais plus s’est abattue brusquement sur ma nuque ; mes molles résolutions s’envolent, ma léthargie s’évapore ; au fond, la pluie ne va sans doute pas s’arrêter de sitôt ; dans « La mousson », Lana Turner la voyait tomber pendant des heures et cela la rendait folle ; cet endroit est finalement très sympathique, c’est mon dernier soir à Djakarta et demain je serai dans l’avion.

Il s’appelle « Bogos », ça ne s’invente pas, et il paraît que c’est un prénom très courant par ici. Heidi respire. La chambre est évidemment au-delà du sordide et le grabat de fer rouillé une bombe à tétanos. Je passe la serviette humide et dégueulasse sur la toile cirée qui recouvre le matelas pourri. Mon côté fée du logis envers et contre tout amuse le fauve samouraï qui m’observe d’un air narquois ; avec ce qu’il me réserve, à quoi bon jouer les vieilles demoiselles occidentales ; je laisse tomber mes nostalgies d’eau de Javel et je concentre ce qu’il me reste de sagesse sur quelques précautions élémentaires. La suite s’annonce quand même pas trop mal, une sorte de croisière exotique dans le vertige sidéral de notre silence et du vacarme obsédant de la pluie. Mais la bande-son nous réserve une sacrée surprise ; en plein flash, soudain, le muezzin débarque sans crier gare et appelle à la prière. Une de ces cassettes que des mains pieuses envoient plein tube. « Allah Akbar » écrase tout sur son passage et Mohammed el Rassoul, le Prophète, s’assure du terrain ; comme s’il relançait ses disciples à l’assaut des villes perverties, il fend le fleuve céleste, déborde partout dans la chambre, bat comme un ressac contre les murs ; électrochoqué, je tente de l’apercevoir par la lucarne, dans le placard, sous le lit ; omniprésent, insaisissable, le messager du Clément, le serviteur du Miséricordieux est intraitable ; il enfle avec la voix du muezzin, pompe tout l’air de la pièce, me paralyse sous l’incantation du verbe et la violence de l’attaque. Je sens qu’il darde ses yeux sur moi et j’ai l’impression de respirer son haleine. Et si mon timonier personnel, brusquement dégrisé par ce retour offensif de la foi, s’avisait de me rejeter brutalement en criant au sacrilège ? « Haram, haram », le client n’est qu’un roumi qui détourne les jeunes croyants, repoussons le péché et sus aux infidèles corrompus ; ça ne doit pas plaisanter avec la religion et la protection des bonnes mœurs sur les hauts plateaux de Java ; des barbus au regard fou, des fillettes en hijab défilent devant moi, ils réclament le châtiment du ciel pour ramener le jeune égaré sur le droit chemin et piétiner l’impie comme une bête venimeuse. Mais non, mon Bogos a les idées larges et tout ce boxon l’amuse ; il tape en souriant contre la paroi près du lit pour me montrer que le muezzin psalmodie de l’autre côté, la cloison est mince comme une feuille de papier, nous collons à la mosquée du quartier ; ça ne me rassure pas, les fidèles ont dû nous entendre, un peu plus et on se retrouvait en plein minaret. Il se tord de rire devant ma réaction, je prends sur moi pour avoir l’air d’attendre plus calmement la fin de cet autre orage ; lui, couché qui m’observe en continuant à se marrer et moi, assis sur le rebord du lit, encore aux aguets. Bientôt la cassette pile sur un dernier « Allah Akbar », l’appel à la prière s’achève et le muezzin se tait, le Prophète, le barbu et les fillettes sortent de la chambre et réintègrent la mosquée, c’est à eux maintenant d’être envahis par les odeurs de cuisine de la patronne et les hurlements des teenagers qui accueillent des idoles de la chanson sur Canal Indonesia. Il me semble que le pluie se fait moins forte ; j’ai eu peur, je me sens seul étrangement mélancolique, le cœur lourd d’être si loin ; le garçon devine-t-il quelque chose ? Il me serre dans les bras, très doucement, il me chantonne à l’oreille des sourates du Coran comme s’il me disait des mots tendres. En arabe et sans savoir que c’est un peu mon autre langue.

Homosexualité et islam : un pacte germano-soviétique ?

Face à l’apathie du judaïsme et du christianisme au regard de la promotion institutionnelle de l’homosexualité en France aujourd’hui, on peut se demander ce qu’il va en être avec l’islam, qui considère également l’homosexualité comme une abomination. Certes l’islam profite à plein aujourd’hui de la défense de toutes les « diversités » pour revendiquer pour sa part contre la société laïque l’autorisation du port du voile islamique en toutes occasions, ainsi que de la burqa (la loi n’étant d’ailleurs pas appliquée comme chacun peut le constater), la séparation des hommes et des femmes dans certains lieux publics (ex. piscine) via des horaires adaptés, etc. Mais qu’en sera-t-il lorsque l’islam aura eu raison d’ici quelques années de cette laïcité française moribonde ? L’islam va-t-il faire « ami-ami » avec la ligue LGBT ? Ne pourrait-on pas déjà tenter l’expérience d’aller planter des drapeaux LGBT (qui poussent comme des champignons aujourd’hui dans le quartier du Marais) à Saint-Denis ou à Aubervilliers, juste pour voir ?

Pour comprendre l’évolution de notre société et ce qui, pour certains, constitue de simples fredaines ou même un comportement devenu anodin puisque objet de littérature, il peut être utile de relire l’autobiographie « La mauvaise vie » écrite par Frédéric Mitterrand, qui y décrit le tourisme homosexuel qu’il pratiquait en Thaïlande (notamment dans le quartier de Patpong à Bangkok), profitant de la misère de certains couches de la population thaïlandaise réduites à ce triste commerce, celui-ci n’ayant visiblement pas trouvé en France le matériel et l’exotisme qu’il recherchait. Et si Frédéric Mitterrand a nié des penchants pédophiles, on peut s’interroger sur les sentiments qu’il nourrissait à l’égard non pas de ceux qu’il aurait pu appeler « de beaux hommes » mais qu’il appelait ses « garçons ».

Il est important de noter que ce livre a été publié aux éditions Robert Laffont en mars 2005. Les mœurs de Frédéric Mitterrand ainsi rendues publiques n’ont semble-t-il pas handicapé sa nomination comme directeur de l’Académie de France à Rome (2008-2009) puis surtout sa nomination comme ministre de la Culture et de la Communication pendant 3 ans (juin 2009 à mai 2012), c’est-à-dire comme représentant devant le monde des valeurs françaises, dans un contexte de valorisation de l’homosexualité qui s’est finalement conclu par l’adoption en 2013 de la loi autorisant le mariage homosexuel.

PS : On attend avec impatience l’autobiographie de son comparse Jack Lang !

Les extraits ci-dessous sont tirés du chapitre intitulé « Bird » (pages 293 à 344) du livre susmentionné :

Dans chaque club, les garçons se tiennent sur la scène très éclairée par petits groupes de quatre ou six ; ils portent la tenue distinctive de l’établissement et de sa spécialité, minimale et sexy : maillot 1900 à bretelles ou cycliste pour les athlètes, boxers shorts, slips, strings pour les minets ou pseudo-voyous, les follassons ont droit à des mini-jupes. Ils demeurent immobiles, silencieux, corps bien droit et jambes légèrement écartées, l’air absent ou souriant selon la classe du club où la catégorie supérieure demanderait plutôt qu’ils se montrent impassibles, au moins en début de soirée, et tous le regard perdu vers la semi-obscurité de la salle en contrebas, la pénombre d’où la clientèle les observe en se faisant servir des verres. Le numéro est accroché à l’aine, en évidence. La plupart d’entre eux sont jeunes, beaux, apparemment épargnés par la dévastation qu’on pourrait attendre de leur activité. J’apprendrai plus tard qu’ils ne viennent pas tous les soirs, sont souvent étudiants, ont une petite amie et vivent même parfois avec leur famille, qui prétend ignorer l’origine de leur gagne-pain.

(…)

Quand l’un des serveurs vient leur glisser à l’oreille qu’ils ont été choisis, ils cochent une petite case sur un tableau avant de se diriger vers le bar d’un air parfaitement dégagé et les autres garçons se gardent poliment de commenter la transaction qui s’ébauche.

(…)

Une fois que la réservation a été confirmée, après une présentation qui s’éternise rarement, le garçon se rhabille prestement en coulisses, et revient ; il n’y a plus qu’à régler les consommations, la commission au club due par le client et à sortir au milieu des courbettes, des marionnettes grimaçantes qui font office de loufiats et lancent d’une voie suraiguë : « Good night Sir, see you again ». On peut prendre deux garçons, ou même plusieurs, aucune objection la réponse est toujours : « I want you happy ». Contrairement à une assertion généralement colportée, il y a peu de ruines sexuelles occidentales parmi le public, la clientèle est en majorité locale, d’âge moyen, bien convenable et sort en bande légèrement arrosée au whisky-coca.

(…)

Il existe certainement des établissements de ce genre ailleurs qu’enThaïlande ; Amsterdam ou Hambourg ; mais j’ai mis trop longtemps, je viens de trop loin, je dois absolument continuer, pousser bien plus en avant pour parvenir à mes fins ; je ne veux pas courir le risque de rencontrer des garçons qui m’en rappelleraient d’autres, d’être confronté à des situations qui resteraient familières, d’entendre des paroles que je pourrais comprendre. Il me faut l’inconnu, la terre étrangère, le pays sans repère. Là où on ne saura jamais rien de moi, il existe une chance, si ténue soit-elle, que j’obtienne l’abandon et l’oubli, la rupture des liens et la fin du passé. Le choix.

(…)

Mon garçon enlève brusquement son tee-shirt comme il doit le faire au sport sans même se rendre compte de la grâce virile de son mouvement et il secoue la tête pour remettre en place ses cheveux ébouriffés par l’encolure. Cette vision me tétanise un peu plus tandis que je l’observe depuis la porte ; je suis incapable de m’approcher de lui, de desserrer l’étau qui m’écrase la nuque et de maîtriser les frissons qui me prennent. J’avais oublié depuis longtemps des sensations si violentes. Bizarrement, il a plus de mal à retirer son pantalon et son caleçon américain, il évite mon regard, un fond de pudeur, une ombre d’inquiétude peut-être devant mon comportement qui doit lui paraître exagéré, insolite.

(…)

Tout est impeccable, aussi bien dessiné que le reste. D’où vient cette légende qui voudrait que leur sexe soit d’une taille ridicule ? Je peux attester du contraire même si je ne suis pas un fanatique des comparaisons superlatives qui occupent tant les conversations de certains pédés. Je sors de ma stupeur, je pose sur ses habits quelques billets défroissés, nettement plus que la juste somme indiquée par le manager du club, mais il ne semble pas y prêter attention. Aussi étrange que cela puisse paraître, la prostitution est un tabou dans ce pays, à tel point que le mot qui pourrait la désigner n’existe même pas.

(…)

Avec un petit signe de la main, il m’indique la salle de bains, passe devant mois sans me toucher, déchire d’un coup de dents l’étui de cellophane qui emballe les serviettes et le gant de toilette et commence à se doucher en m’invitant de la tête à le suivre.

(…)

Je me déshabille et le rejoins sous la douche ; au cas où il se poserait encore des questions sur l’effet qu’il me fait, elles n’ont plus de raisons d’être et il me savonne gaiement, cette fois bien rassuré.

(…)

Nous nous essuyons avec mille précautions ; il suffirait d’un rien pour que mon corps me trahisse et que j’en aie fini. D’un seul coup. Je ne sais pas s’il pense comme moi que ce serait trop bête mais il admet tout à fait que je prenne mon temps et il me laisse l’initiative. Je n’ose pas encore l’embrasser, mais je le caresse, je le touche et il en fait autant. Nous regagnons la chambre ; ils ont décidément tout prévu, un rhéostat permet de tamiser les lumières. Alors que nous sommes étendus, je tente un baiser sur les lèvres du garçon, j’avais bien tort d’hésiter, il embrasse merveilleusement bien, sans doute avec la même adresse qu’avec sa copine, il y revient autant que je le souhaite, lèvres fraîches, langue en profondeur, salive salée de jeune mâle sans odeur de tabac ni d’alcool. Sa peau est d’une douceur exquise, son corps souple se plie quand je l’effleure et quand je le serre et j’ai l’impression qu’il éprouve du plaisir en quelque endroit que je le touche. Le fait que nous ne puissions pas nous comprendre augmente encore l’intensité de ce que je ressens et je jurerais qu’il en est de même pour lui. Ce qui ne m’empêche pas de parler, de lui dire des mots tendres, qu’il reprend à la volée et répète en désordre avec de grands rires. Il me lèche avec une délicatesse extraordinaire et je vois sa nuque, son dos, son cul dans la glace au plafond, la masse aux reflets bleus de ses cheveux quand je baisse la tête pour regarder son visage si attentif à ce que j’éprouve. Je ne sais d’où il a sorti les capotes, mais il nous les enfile en un clin d’œil et avec une dextérité de voleur à la tire. C’est lui qui décide désormais, et ça se complique un peu ; son corps me tient tout entier, son sourire découvre ses dents serrées, ses yeux sont fixés dans les miens, mais sans aucune dureté dans le regard ; avec une lueur de ruse malicieuse et de joie comme s’il s’étonnait le premier de ce qu’il est en train de faire. Il y a des choses que je n’assume plus depuis une mauvaise expérience avec un Marocain, il y a trente ans dans un sauna. C’était un ouvrier immigré, assez beau gosse, qui ne pensait qu’à son plaisir et se vengeait de tout le reste, en bon macho, de la lutte des classes au bout du zob enfoncé jusqu’à la garde dans le cul des jeunes bourgeois. Il m’avait blessé, infecté d’une maladie, souffrance tenace et secrète dont j’ai mis des mois à me guérir. Je n’ai plus recommencé. Mais là, c’est différent, je n’ai même pas mal, je le laisse m’emmener où il veut, pourvu que ce soit avec lui ; il est devenu mon homme.

(…)

Je suis pris d’un sentiment immense de compassion et de tendresse à son égard, à le voir si docile et démuni, alors qu’il m’avait paru le plus libre et le plus fort de tous, le jeune roi des clubs couché avec un autre salaud de menteur étranger en attendant que cela passe ; ma honte comme un chagrin d’enfance glisse sur son silence et son corps nu, enveloppe ses pauvres vêtements si bien pliés sur la télévision et ne trouve pas les mots qu’il ne comprendrait pas d’ailleurs ; mon désir s’évanouit à la vitesse du skytrain qui le ramènera tout à l’heure vers sa banlieue pourrie, une poignée de bahts dans la poche à dépenser aussitôt en babioles inutiles. Dehors, j’entends les chauffeurs de taxi et les loufiats qui s’invectivent dans un bruit de crécelle ; je sens l’odeur d’essence et d’huile du parking qui dégorge du ventilateur. Il n’y a plus un soupçon de joie ni d’émotion dans cette chambre ripolinée de fausse clinique. Trente ans de mauvaise baise pour en arriver là. Je me retire gentiment, allons ce n’était qu’un jeu, rien de grave, nous n’aurons jamais de chance ; il s’essuie les yeux, les rouvre, se remet à sourire tandis que je me tourne de côté et plonge à toute allure, inerte, comme une pierre dans le miroir. A-t-il deviné que je l’ai vraiment aimé le temps d’un éclair et que j’ai eu tant pitié de lui, de moi de toute cette histoire qu’il ne m’était pas possible de continuer et de laisser comme ça dans un tel abandon. Pourtant, je le sens encore contre moi, il tapote de ses doigts le long de mon dos et gazouille des bouts de paroles en français qui ressemblent de moins en moins à celles de tout à l’heure. Il n’a sans doute rien senti, j’ai dû me raconter encore un de ces romans, nous voilà seulement revenus chacun dans notre monde. Après on s’est endormis. Tout de même, il avait dû se passer quelque chose pour qu’on se sente tellement épuisés. Quand on s’est quittés, les boîtes avaient fermé les marchands pour touristes faisaient un vacarme infernal en rangeant leur camelote dans les containers en fer.

(…)

En partant, il s’est retourné en me décochant une dernière fois son incroyable sourire et il m’a montré du doigt la petite rue du club, j’ai senti qu’il me donnait sans doute rendez-vous pour les autres soirs, et puis il a disparu très vite en me laissant à la nuit où je l’avais trouvé. Je suis reparti pour Paris quelques heures plus tard. Je pense souvent à lui, j’espère que personne ne lui a fait de mal ; chaque fois que je vais avec un garçon, je le revois au moins un instant, devant moi, dans l’affreuse chambre fermée comme un bunker et j’ai l’impression de le trahir, lui, là-bas, si loin, mon garçon de Patpong.

Islam, immigration et violence : est-il possible d’étudier sérieusement la question ?

Depuis plusieurs décennies, la violence au nom de la religion est semble-t-il un monopole de l’islam, violence religieuse qui s’exerce entre musulmans ou à l’égard des non-musulmans et qui ravive d’ailleurs certaines persécutions sporadiques immémoriales comme celles subies par les coptes en Égypte. Cette violence, devenue institutionnelle dans les mouvements fondamentalistes comme Al Qaïda ou l’État Islamique, s’exerce sans provoquer de réflexion de fond sur son rapport à l’essence du système politico-religieux prôné par Mahomet. Seul un déni monumental est érigé pour faire rempart contre le questionnement, assorti d’un impitoyable tabou médiatique.

De la même façon, le rapport à la délinquance d’une doctrine qui prône ouvertement le droit au partage du butin pris sur les mécréants (explicitement traité dans le Coran, la vie de Mahomet et les hadiths) mériterait d’être approfondi. Tareq Oubrou lui-même reconnaissait il y a quelques mois dans son livre « un imam en colère » que de « 40 à 70% (selon les régions) de la population carcérale sont constitués par de jeunes musulmans » : n’est-il pas intéressant et utile de déterminer si cette sur-représentation a un lien avec la religion ou résulte d’autres facteurs ?

Si vous avez la curiosité de consulter le fichier de la police nationale faisant état des avis publics de recherche (mon précédent article http://islametoccident.fr/?p=684), vous constaterez que le site est « en dérangement » depuis des mois. Vous y lirez : « La consultation du site www.avisderecherches.interieur.gouv.fr est momentanément indisponible. Nos équipes travaillent à améliorer la qualité de ce site. Merci de réessayer ultérieurement. Nous vous prions de bien vouloir nous en excuser. » L’administration a-t-elle l’intention de rendre à nouveau publiques à l’avenir ces informations ou ment-elle tout simplement ?

Bien entendu, l’impact possible de l’immigration illégale et économique sur la délinquance fait partie des autres tabous qui transforment la France en dictature de la pensée mondialiste. Ainsi, des intellectuels français semblent avoir troqué l’immigré européen ou asiatique – qui ne fait plus recette dans l’inconscient collectif du fait sans doute d’une intégration peu ou prou réussie – pour le migrant, principalement d’Afrique du Nord, d’Afrique noire, de Syrie, d’Afghanistan, ou d’autres pays musulmans où il est difficile de vivre – la grande majorité des migrants étant d’origine économique –, les pays musulmans riches du Golfe n’ayant d’ailleurs pour leur part aucune intention de les accueillir ; mais, curieusement, le monde médiatique semble peu s’interroger sur ce dernier aspect.

L’abandon par ces intellectuels d’une approche strictement rationnelle et documentée au profit de l’émotion est ici au service des tabous. Cette façon de traiter les problèmes sous l’angle essentiellement humanitaire et émotif, et non politique (accords de développement, lutte contre la corruption, etc.) – tout en se voilant pudiquement la face sur la question religieuse, taboue –, ne peut en effet que conduire à des catastrophes (racket des passeurs, alimentation de mafias locales, maltraitance, morts en mer, absence d’intégration et communautarisme dans les pays d’émigration, etc.) en renforçant un flux de plus en plus massif de personnes que les O.N.G. vont presque maintenant chercher sur le continent comme l’indique l’article du 14 juin 2017 du New York Times intitulé « Efforts to Rescue Migrants Caused Deadly, Unexpected Consequences » (https://www.nytimes.com/interactive/2017/06/14/world/europe/migrant-rescue-efforts-deadly.html?_r=0), article qui fournit notamment une carte des lieux de sauvetage tout à fait intéressante :

https://www.nytimes.com/interactive/2017/06/14/world/europe/migrant-rescue-efforts-deadly.html?_r=0

Même Bill Gates s’est ému récemment (interview accordée au journal allemand « Die Welt » le 2 juillet 2017 https://www.welt.de/vermischtes/article166152589/Der-Druck-ist-enorm-und-er-wird-wachsen.html) des effets désastreux de cette gestion et de la sous-estimation volontaire de l’impact sur les peuples européens de cette crise migratoire ; c’est dire !

La marche des musulmans contre le terrorisme

À l’approche de l’anniversaire du massacre de Nice, l’imam Hassen Chalghoumi a pris en juin 2017 la tête d’un groupe de musulmans et entamé une tournée  pour dénoncer cet islam qui ne serait pas l’islam. Comme à l’habitude, les incantations sont nombreuses mais le contre-argumentaire aux affirmations des musulmans fondamentalistes (Al Qaïda, État Islamique notamment) inexistant.

Le plus inquiétant est ce que dit cet imam du développement du fondamentalisme musulman dans les banlieues françaises. À la question de Jean-Pierre Elkabbach « Vous sentez monter des salafistes en Seine-Saint-Denis en ce moment même ? », l’imam Chalghoumi répond en effet : « Oui, le terrain est tellement vide, c’est triste, que le salafisme et le wahhabisme se développent énormément. »

La marche des musulmans contre le terrorisme 1707

Lettre ouverte à Monsieur Emmanuel Macron, homme politique né d’une PMA entre le grand capital et les Minotaures de la repentance

Lettre ouverte publiée par Bernard Lugan, un des plus grands historiens français spécialiste de l’Afrique, publié sur son blog le dimanche 19 février 2017 : http://bernardlugan.blogspot.fr/2017/02/lettre-ouverte-monsieur-emmanuel-macron.html

Lancé sur le marché politique tel un nouveau smartphone, vous êtes, Monsieur Macron, un ignorant butor dont les propos concernant la colonisation sont doublement inadmissibles.

1) En premier lieu parce qu’ils furent tenus à Alger, devant ces rentiers de l’indépendance qui, pour tenter de cacher leurs échecs, leurs rapines et la mise en coupe réglée de leur pays, mettent sans cesse la France en accusation.
Certains qui, parmi votre auditoire, applaudirent à vos propos d’homme soumis (cf. Houellebecq), et devant lesquels vous vous comportâtes effectivement en dhimmi, sont en effet ceux qui, le 1er novembre 2016, publièrent un communiqué exigeant que la France :

« (…) présente des excuses officielles au peuple algérien pour les crimes commis durant les 132 ans de colonisation et pour les crimes coloniaux perpétrés à l’encontre du peuple algérien afin de rappeler les affres de la répression, de la torture, de l’exil, de l’extermination et de l’aliénation identitaire car l’histoire du colonialisme restera marquée par ses crimes de sang et ses pratiques inhumaines ».

Candidat à la présidence de la République française, vous avez donc donné votre caution à de telles exigences autant outrancières qu’insultantes. Ce faisant, vous vous êtes fait le complice des pressions et chantages que l’Algérie exerce à l’encontre de la France afin d’obtenir d’elle une augmentation du nombre des visas ou tel ou tel avantage diplomatique ou financier. En d’autres temps, vous auriez donc pu être poursuivi pour « Atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ».

2) Ensuite parce que vos propos constituent non seulement un recul de l’état des connaissances, mais également le viol de ce consensus historique auquel étaient arrivés les historiens des deux rives de la Méditerranée. Or, par ignorance ou par misérable calcul électoraliste, vous les avez piétinés.

Au nom de quelle légitimité scientifique avez-vous d’ailleurs pu oser les tenir ? Avez-vous seulement entendu parler des travaux de Jacques Marseille, de ceux de Daniel Lefeuvre ou encore des miens ?

Oser parler de « crime contre l’humanité », maladroitement rectifié en « crime contre l’humain », au sujet de la colonisation revient en réalité à classer cette dernière au niveau des génocides du XXe siècle, ce qui est proprement scandaleux. Sur ce terrain, vous voilà donc encore plus en pointe que Christiane Taubira, ce qui n’est pas peu dire…
Pierre Vidal-Naquet, pourtant militant de la décolonisation et « porteur de valises » assumé du FLN écrivait à ce sujet :

« Assimiler peu ou prou le système colonial à une anticipation du 3e Reich est une entreprise idéologique frauduleuse, guère moins frelatée que l’identification, à Sétif, (…)  de la répression coloniale aux fours crématoires d’Auschwitz et au nazisme (…). Ou alors, si les massacres coloniaux annoncent le nazisme, on ne voit pas pourquoi la répression sanglante de la révolte de Spartacus, ou encore la Saint-Barthélemy, ne l’auraient pas tout autant annoncé… En histoire, il est dangereux de tout mélanger. Un sottisier peut-il tenir lieu d’œuvre de réflexion ? (…) L’air du temps de la dénonciation médiatique (…), le contexte social, économique et politique actuel est encore fécond qui continuera à générer de telles tonitruances idéologiques à vocation surtout médiatique ».  J’ajoute électoralistes.

Vous devriez pourtant savoir, Monsieur le candidat à la présidence de la République, qu’en créant l’Algérie, la France donna un nom à une ancienne colonie ottomane, traça ses frontières, unifia ses populations, y créa une administration et toutes ses infrastructures.

Ce faisant, y aurait-elle commis  un « crime contre l’humanité » ou « contre l’humain » ? Les chiffres de l’accroissement de la population ne semblent pas l’indiquer puisqu’en 1830, la population musulmane de l’Algérie n’excédait pas 1 million d’habitants alors qu’en 1962 elle avait bondi à 12 millions.

Serait-ce donc en commettant des « crimes contre l’humanité » que la France, ses médecins et ses infirmiers soignèrent et vaccinèrent les populations et firent reculer la mortalité infantile ? Serait-ce parce qu’elle commettait des « crimes contre l’humain » que chaque année, à partir du lendemain du second conflit mondial, 250 000 naissances étaient comptabilisées en Algérie, soit un accroissement de 2,5 à 3% de la population, d’où un doublement tous les 25 ans ? A ce propos, relisons René Sédillot :

« La colonisation française a poussé l’ingénuité – ou la maladresse – jusqu’à favoriser de son mieux les naissances : non seulement par le jeu des allocations familiales, mais aussi par la création d’établissements hospitaliers destinés à combattre la stérilité des femmes. Ainsi, les musulmanes, lorsqu’elles redoutaient d’être répudiées par leurs maris, faute de leur avoir donné des enfants, trouvaient en des centres d’accueil dotés des moyens les plus modernes tout le secours nécessaire pour accéder à la dignité maternelle. (…)(L’histoire n’a pas de sens, Paris, 1965, page 71).

Enfin, puisque vos propos indécents tenus à Alger obligent à faire des bilans comptables, voici, Monsieur le candidat à la présidence de la République, celui qui peut être fait au sujet de l’Algérie française : en 132 années de présence, la France créa l’Algérie, l’unifia, draina ses marécages, bonifia ses terres, équipa le pays, soigna et multiplia ses populations, lui offrit un Sahara qu’elle n’avait jamais possédé après y avoir découvert et mis en exploitation les sources d’énergie qui font aujourd’hui sa richesse. Comme je ne cesse de l’écrire depuis des années, en donnant l’indépendance à l’Algérie, la France y laissa 70.000 km de routes, 4300 km de voies ferrées, 4 ports équipés aux normes internationales, une douzaine d’aérodromes principaux, des centaines d’ouvrages d’art (ponts, tunnels, viaducs, barrages etc.), des milliers de bâtiments administratifs, de casernes, de bâtiments officiels qui étaient propriété de l’État français ; 31 centrales hydroélectriques ou thermiques ; une centaine d’industries importantes dans les secteurs de la construction, de la métallurgie, de la cimenterie etc., des milliers d’écoles, d’instituts de formations, de lycées, d’universités. Dès l’année 1848, et alors que la conquête de l’Algérie était loin d’être achevée, 16 000 enfants en  majorité musulmans étaient scolarisés. En 1937 ils étaient 104 748, en 1952 400 000 et en 1960 800 000 avec presque 17 000 classes, soit autant d’instituteurs dont les 2/3 étaient Français (Pierre Goinard, Algérie : l’œuvre française. Paris,  1986).

En 1962, il y avait en Algérie, un hôpital universitaire de 2000 lits à Alger, trois grands hôpitaux de chefs-lieux à Alger, Oran et Constantine, 14 hôpitaux spécialisés et 112 hôpitaux polyvalents, soit le chiffre exceptionnel d’un lit pour 300 habitants. Tous ces équipements, toutes ces infrastructures, tous ces établissements ainsi que les personnels qui les faisaient fonctionner avaient été payés par la France et avec l’argent des Français.

Monsieur le candidat à la présidence de la République, je vous poste ce jour en RAR mon dernier livre « Algérie, l’histoire à l’endroit »[1], afin que vous puissiez mesurer l’abîme séparant la réalité historique de vos inacceptables propos.

Bernard Lugan

[1] Ce livre est uniquement disponible via l’Afrique Réelle. Pour le commander :
http://bernardlugan.blogspot.fr/2017/02/nouveau-livre-de-bernard-lugan-algerie.html

« Dire nous » : le « Dire Je » du bien-pensant Edwy Plenel

Edwy Plenel a publié en mars 2016 un ouvrage, « Dire nous », qui prolonge les propos qu’il tenait déjà l’année dernière dans son « Pour les musulmans ». Je vous propose de rassembler autour de quelques thèmes l’essentiel des propos contenus dans ces deux ouvrages, qui ont tous les deux la particularité d’être remplis de considérations morales sanctifiées par l’universalisme bien-pensant. Si l’islam en est partie intégrante – Edwy Plenel étant semble-t-il devenu le factotum de Tariq Ramadan –, la « pensée » d’Edwy Plenel se déploie bien au-delà et ravage en réalité un champ beaucoup plus vaste.

  • Edwy Plenel, conscience morale universelle

Le premier point sans doute à souligner concernant les écrits d’Edwy Plenel est sa revendication à peine voilée à représenter une conscience morale universelle. Il ne faut guère s’embarrasser d’humilité pour prétendre être légitime à dicter aux autres ce que doit être la morale et la responsabilité. Cet arrière-plan psychologique narcissique et nombriliste (les autres produisant « Des discours politiques de courte vue et de faible hauteur ») explique comment un individu peut se prendre aujourd’hui pour un nouveau prophète incarnant la conscience du monde (cela étant, il n’est pas le seul, en témoigne le désastre libyen).

À lire Edwy Plenel, peu nombreux sont ceux qui, comme lui, auraient une conscience lucide de ce qui affecte le monde aujourd’hui : « Les monstres libérés par nos temps de transition et d’incertitude, contre lesquels j’ai déjà essayé d’alerter dans « Dire non », sont des poupées gigogne qui, en nous habituant au rejet des musulmans, nous accoutument à d’autres refus en cascade, dans une quête sans fin des inégalités et des hiérarchies humaines : les roms, les tsiganes et romanichels, toujours ; les juifs de nouveau ; les noirs encore ; les homosexuels aussi ; voire les femmes dans un retour primitif à l’inégalité anthropologique. »

Se positionnant parmi les plus grands, Edwy Plenel élève donc la voix pour « dénoncer », à l’instar d’illustres prédécesseurs : « L’acte décisif de cette rupture sera un article de 1896, où le nom de Dreyfus n’est pas une seule fois mentionné mais dont le propos amènera les premiers dreyfusards, notamment le journaliste Bernard Lazare, à contacter Zola pour le rallier à leur cause. Il s’intitule tout simplement Pour les Juifs, avec une lettre capitale, et il suffit de remplacer, dans ses premières lignes, le mot « juifs » par celui de « musulmans » pour entendre la résonance avec notre époque : c’est un cri de colère contre un sale climat. »

Edwy Plenel se projette ainsi, dans un grand élan patriotique, dans le rôle du héraut de cette nouvelle guerre sainte : « En défense de toutes celles et de tous ceux qu’ici même, la vulgate dominante assimile et assigne à une religion, elle-même identifiée à un intégrisme obscurantiste, tout comme, hier, d’autres humains furent essentialisés, caricaturés et calomniés, dans un brouet idéologique d’ignorance et de défiance qui fit le lit des persécutions. L’enjeu n’est pas seulement de solidarité mais de fidélité. À notre histoire, à notre mémoire, à notre héritage. Pour les musulmans donc, comme on l’écrirait pour les juifs, pour les noirs, ou pour les roms, mais aussi pour les minorités et pour les opprimés. Ou, tout simplement, pour la France. » Ou encore : « Des juifs aux musulmans, d’hier à aujourd’hui, il est facile de se rassurer en se disant que l’histoire ne se répète jamais, sinon en farce. Et ainsi de justifier nos silences et nos indifférences. Pour ma part, il me suffit de savoir que cette farce est sinistre et imbécile pour inviter, s’il est encore temps, notre France à éviter ce déshonneur. »

  • L’art de l’amalgame : résumer toutes les problématiques à une seule, le racisme

Pour Edwy Plenel, différencier – ce qui est la base de l’acte culturel – semble être par nature un acte raciste puisqu’il identifie l’essence de l’autre (il « l’essentialise ») et rend par là possible la catégorisation, la hiérarchisation et donc le jugement. Dans cet amalgame qui ramène tout au racisme se déploie ainsi le principal ressort de la manipulation totalitaire : la culpabilisation. « Le racisme est une monstrueuse poupée gigogne qui, une fois libérée, n’épargne aucune cible. »

  • L’autre, cet idéal

Le drapeau de l’antiracisme s’accompagne naturellement d’une sacralisation de l’autre, sans que rentrent aucunement en ligne de compte les valeurs que « l’autre » véhicule. Edwy Plenel nous impose ainsi son impératif catégorique sacrificiel : « La froideur, l’insensibilité, l’ignorance qui amènent à négliger l’Autre sont autant de pas qui nous éloignent du bien, alors que la découverte de sa différence, « cette altérité qui est une richesse ou une valeur », nous en rapproche. Mais cette démarche ne va pas de soi, elle suppose un effort, « un don de soi et de l’héroïsme ». » Ou encore : « Les réflexions de Sartre avaient déjà débusqué ce qui est toujours le nœud du blocage français, et qu’il est bien temps de déverrouiller : le refus d’admettre l’Autre comme tel, le souci de l’assimiler à soi, cet universel abstrait qui n’admet le juif, le noir, l’arabe qu’à condition qu’il se dépouille de son histoire et de sa mémoire. »

Tous ceux qui ne se plient pas à cet impératif sont nécessairement, parce qu’ils différencient, condamnés à produire tôt ou tard des boucs-émissaires : « La fonction du bouc émissaire principal – juif et métèque hier, musulman et immigré aujourd’hui – ». Edwy Plenel prétend ainsi « Hausser la voix non seulement en défense des musulmans mais de toutes les autres minorités que cette accoutumance à la détestation de l’autre met en danger, expose et fragilise. »

  • Le complexe du saint-Bernard et le bouc émissaire

Edwy Plenel glisse donc naturellement dans la mission de défense farouche de la veuve et de l’orphelin, forcément persécutés. Et pour Edwy Plenel, le nouveau juif, c’est le musulman : « Le bouc émissaire principal de notre époque, le musulman, de croyance, de culture ou d’origine. » Ou encore : « C’est par le détour de sa banalisation envers les musulmans, sous couvert d’un rejet de leur religion, qu’il [le racisme] s’est de nouveau installé à demeure, redevenu admissible. Tolérable, respectable et fréquentable. L’actuelle extension du domaine de la haine dont nous sommes les témoins atterrés a pour ressort cette diffusion bienséante d’un racisme antimusulman, qui occupe la place laissée vacante par la réprobation, heureusement mais tardivement conquise, qui frappe l’antisémitisme. »

Et les propos s’enchaînent : « C’est précisément ce que vivent, depuis si longtemps, nos compatriotes musulmans qui, dans le même mouvement, sont assignés à leur origine et empêchés de la revendiquer. À la fois ethnicisés et stigmatisés. Réduits à une identité univoque, où devrait s’effacer leur propre diversité et la pluralité de leurs appartenances, et rejetés dès qu’ils veulent l’assumer en se revendiquant comme tels. » Ou encore : « Une guerre contre une religion (l’islam) et des quartiers (populaires), contre une foi et des territoires tous deux identifiés à une partie de nos compatriotes, parmi les moins favorisés, parmi les moins protégés. » Mais aussi : « Au-delà de leurs prétextes d’époque, l’islamophobie d’aujourd’hui, le racisme anti-arabes et la stigmatisation des musulmans s’enracinent dans cette longue durée non apaisée, comme une blessure toujours purulente. » Et encore : « Et, de la même manière que ce sont leurs marges qui font tenir les pages, le mouvement radicalement démocratique et social que nous défendons ici se joue dans le sort que nous réservons aux minoritaires qui sont encore en lisière de la cité. À tous ceux qui n’ont pas les mêmes croyances que la majorité, à ceux qui revendiquent leur différence, à ceux qui ne se contentent pas de penser différemment mais qui s’assument comme différents. Les protestants et les juifs hier, les musulmans aujourd’hui. »

Si Edwy Plenel exploite en la magnifiant la symbolique de la « persécution » que subiraient les musulmans en France, son intelligence sélective le conduit à omettre les persécutions bien réelles celles-là que subissent toutes les minorités non-musulmanes dans les pays musulmans, constat dont la réalité ne fait aucun doute, y compris dans le monde musulman (cf. la déclaration de Marrakech de janvier 2016 sur les droits des minorités non-musulmanes en terre d’islam).

  • Il n’y a pas de spécificité musulmane : judaïsme et islam, même combat

Pour Edwy Plenel, il n’y a pas de question musulmane ou islamique (comme le disait d’ailleurs mot pour mot il y a quelque temps Tariq Ramadan, son maître à penser). Dans le grand supermarché des valeurs spirituelles et religieuses d’Edwy Plenel, seul l’emballage semble différencier des produits (religieux) qui seraient au fond semblables par leur contenu : « Être musulman, l’exprimer ou le revendiquer, n’est donc pas plus incompatible en soi avec des idéaux de progrès ou d’émancipation que ne l’était l’affirmation par les ouvriers ou les étudiants de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne et de la Jeunesse Étudiante Chrétienne de leur identité chrétienne, alors qu’ils rejoignaient les combats syndicaux et politiques du prolétariat ou de la jeunesse. »

Quand Edwy Plenel écrit : « rien ne justifie qu’on décrète l’incompatibilité entre la République, ses idéaux et ses principes, et la revendication d’être reconnu, respecté et admis comme musulman. Tout au contraire même, puisque c’est dans la reconnaissance des minorités que se joue la vitalité d’une démocratie acceptant la diversité des siens, la pluralité de leurs conditions, la richesse de leurs différences. », on se demande bien à quel pays musulman il peut bien faire référence comme modèle. Sur quelle analyse s’appuie cette affirmation ? Elle ne figure pas dans ses livres.

Et si Edwy Plenel se hasarde, sans doute par inattention, à faire le constat de l’existence de communautarismes, c’est pour en nier par principe – sans démonstration aucune – leur caractère nocif au regard du sacro-saint vivre ensemble : « Au mot « multiculturalisme », qui n’est que le constat de la diversité française et de la richesse des relations qui s’y nouent, ils s’effraient d’un « communautarisme » supposé destructeur auquel ils opposent, avec un empressement affolé, le bouclier d’un laïcisme crispé, infidèle à la laïcité originelle. »,.

Enfin, quant au rappel de ce qu’il considère être des errements gouvernementaux sur la question de l’identité française au regard de la question musulmane, (« Lors de cette réunion intergouvernementale (été 2013), l’alors ministre de l’intérieur, Manuel Valls, devenu en 2014 premier ministre, fit part des trois défis qui, selon lui, s’imposaient à la France pour les 10 prochaines années. Les voici, selon ses mots, rapportés par les médias au style indirect : celui de l’immigration en raison de la démographie africaine ; celui de la compatibilité de l’islam avec la démocratie ; celui des problèmes posés par le regroupement familial au bénéfice des travailleurs étrangers. »), c’est pour lui l’occasion d’émettre un jugement dédaigneux plutôt que de s’interroger factuellement sur la réalité des problématiques soulevées par l’islam (apostasie, laïcité, statut de la femme, polygamie, homosexualité, etc.).

  • La remise en cause de l’héritage occidental chrétien et la damnation de l’ancien colonisateur (que l’opprobre soit jeté sur lui et tous ses descendants !)

Enfin, pour faire bonne mesure, Edwy Plenel ne s’en tient pas là puisqu’il pousse le vice jusqu’à remettre en cause l’héritage occidental chrétien tout en prétendant faussement (avec quelle intention, sinon celle de nuire aux chrétiens ?) que cet Occident chrétien nierait aujourd’hui les dissensions qu’il a pu connaître : « L’historienne Lucette Valensi nous a mis en garde. Et notamment contre les pièges d’un « fondement judéo-chrétien » de la civilisation européenne qui, d’un même mouvement, exclut ses autres composantes et fait opportunément oublier combien les chrétiens eux-mêmes se sont entre-tués au nom de la religion. »

La domination séculaire de l’Occident chrétien sur l’islam dans de nombreux domaines (sciences, littérature, arts, médecine,…) débouche naturellement sur un incontournable vice originel, le colonialisme : « renouer avec les préjugés coloniaux qui essentialisaient d’autres cultures pour les dominer ou les opprimer, les rejeter ou les soumettre, ». Aussi, le refus d’assimilation dans le pays d’accueil semble être pour lui un devoir pour l’immigré, notamment musulman : « Refuser résolument l’injonction néocoloniale d’assimilation qui entend contraindre une partie de nos compatriotes (de culture musulmane, d’origine arabe, de peau noire, etc.) à s’effacer pour se dissoudre, à se blanchir en somme. Bref, qui ne les accepte que s’ils disparaissent. »

Le paroxysme psychiatrique de cette réflexion est atteint lorsqu’Edwy Plenel introduit la transition abjecte vers le nazisme : « C’est une école de barbarie, ici même, comme l’avait dit avec force, dès 1950 Aimé Césaire dans son Discours sur le colonialisme : tout connaisseur de ce texte célèbre en aura entendu l’écho dans l’intervention de Serge Letchimy, tant on y trouve déjà l’affirmation du lien entre crimes coloniaux et crimes hitlériens : le « formidable » choc en retour, selon Césaire, de cette corruption fatale que fut le colonialisme et qui a fait le lit de la barbarie nazie, sur ce fumier commun de la hiérarchie des humanités et de leurs civilisations. »

Après cela, on se demande ce qui a bien pu faire le lit du génocide d’un million et demi de chrétiens arméniens et assyro-chaldéens en 1915

  • Conclusion

La superficialité des réflexions d’Edwy Plenel en matière socio-religieuse s’explique sans doute par la faiblesse de sa connaissance des textes fondateurs des principales religions auxquelles il fait référence puisqu’il ne les cite absolument jamais. Se reporter aux textes, besogne austère et peu médiatisable, est probablement pour lui une contrainte inutile et nuisible aux grandes envolées lyriques dont il a le secret. Visiblement imbu de sa propre personne et profondément narcissique, Edwy Plenel semble être un représentant archétypal de la pensée bien-pensante et œcuménique pour laquelle la culture consiste à vouer à l’anathème toute idée de jugement et de hiérarchisation des valeurs culturelles humaines au profit du grand pot-pourri de l’humanisme universel. Booba, Black M et Bach (Jean-Sébastien) : vous voyez une différence, vous ?

Cette logique détestable, qui jongle et s’enivre avec des mots vides et des raisonnements vicieux, nous révèle probablement autant de ce personnage que la nature de ses attaques contre Alain Finkielkraut – qui ne boxe visiblement pas dans la même catégorie – lorsqu’il écrit à son propos : « Plus souvent que la vieillesse, la notabilité est un naufrage. Ces honneurs qui masquent des défaites. Ces distinctions qui disent des renoncements. », ou encore « Sans doute est-ce l’habituelle tragédie individuelle des quêtes de reconnaissance inassouvies qui, parfois, déchirent minoritaires ou persécutés, jusqu’à leurs héritiers : cette lassitude que produit l’inconfort du paria qui ouvre la voie au zèle du parvenu. Lequel parvenu n’en fera jamais assez dans son désir d’être enfin distingué et accepté, au risque de se perdre. De perdre son histoire, sa mémoire, son héritage. »

Donc si vous voulez lire du Plenel, allez en bibliothèque, vous perdrez sans doute votre temps mais pas votre argent. J’espère au moins que ce petit article vous aura diverti ou bien instruit en dédommagement du temps que sa lecture vous aura pris.

Gérard Depardieu est-il fou ?

Gérard Depardieu s’est converti  l’islam pendant deux ans dans des circonstances assez rocambolesques. Il l’a expliqué dans l’émission « La grande librairie » en novembre 2015.

Gerard Depardieu Grande Libraiire 161125

Gerard Depardieu Grande Librairie 151126

L’histoire ne dit pas s’il a cessé de boire pendant deux ans. En tous cas, les 1.256 (!) sourates du Coran ne laissent rien présager en ce sens, ni le fait qu’il ne voie pas trop la différence entre les Confessions de Saint Augustin et le Coran.

Islam et dissidence : pourquoi la pensée dissidente est aujourd’hui inefficace en France

Alors qu’une censure intellectuelle évidente s’est installée en France, les publications ou vidéos musulmanes dites « islamistes » (très faciles à trouver sur internet) questionnent avec acuité la nature profonde de l’islam. Ce questionnement légitime ne dépasse guère jusqu’ici le cercle étroit des « spécialistes » et on voit bien que le monde politique et médiatique ne souhaite aucunement sa diffusion à l’ensemble de la population.

Alors que certains propos– à faire se dresser les cheveux sur la tête (en particulier concernant les femmes ou les homosexuels) – d’organisations ou personnalités musulmanes sont rendus publics sans ce que cela soulève d’émotion de la part des défenseurs auto-proclamés des droits de l’homme, les critiques de l’islam bénéficient d’un traitement de faveur de la part des pourfendeurs de la mal-pensance qui manient avec art l’arme accusatrice d’« incitation à la haine raciale ou religieuse » pour couper les têtes de l’hydre de la contestation, avec l’objectif permanent de faire assimiler par la justice française la critique de l’islam à la critique des musulmans en tant que personnes, ce qui est pourtant très différent. Cette indignation sélective ne laisse pas de surprendre.

Mais la critique de toute philosophie, religion, ou idéologie – comme l’est l’islam – reste libre en France, la France résistant encore à l’instauration d’un délit de blasphème en dépit des pressions constantes exercées par certaines organisations musulmanes.

Face à l’apathie et l’inconscience d’une frange non négligeable de la population française (2 millions de Français devant « Touche pas à mon poste » tous les soirs…), les courants dissidents, plus au fait de ces questions (meilleure connaissance des textes religieux, connaissance de faits d’actualité volontairement ignorés ou minimisés par les grands médias : qu’on se souvienne de l’affaire du 1er de l’an à Cologne,…), résistent tant bien que mal à la dictature de la pensée unique, à la stigmatisation dont ils font l’objet de la part des médias et des politiques, aux multiples actions en justice qui leur sont régulièrement intentées du fait d’un discours contraire à la vulgate officielle.

Mais, face à l’hystérie unilatérale, répressive et sectaire de certaines organisations et à l’impossibilité par ailleurs de pouvoir s’exprimer librement dans les grands médias, certains courants dissidents peuvent s’emporter dans leur expression et ainsi prêter le flanc à des sanctions qui ne relèvent pas nécessairement du complot judiciaire ou d’une manœuvre politique si les attendus du jugement reflètent effectivement de façon relativement objective la nature réelle des propos. Ils tombent alors dans le piège de la révolte.

Sans connaître le fond du dossier, il est probable que ce soit le cas avec la condamnation par la justice française le mercredi 6 avril 2016 du directeur de la publication du site Riposte laïque à une amende de 8.000 euros pour provocation à la haine envers les musulmans suite à une « diatribe violente » contre les musulmans publiée en octobre dernier. Intitulé « Et si l’islam était le culte de la perversion sexuelle et morale ? », le texte avait été signalé au parquet par la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra). Le tribunal correctionnel de Paris a estimé que « sous couvert d’expliquer les faits qu’il dénonce par la supposée déviance morale de l’islam, l’auteur impute ensuite aux musulmans, de manière explicite, sans aucune réserve et sans distinction entre eux, une perversion morale et des comportements abjects ». Pour les juges, le texte procède à une « stigmatisation généralisée et systématisée des musulmans », en évoquant « leurs supposées ‘pratiques zoophiles, pédophiles, incestueuses et nécrophiles, voire démoniaques’ ». Loin de se livrer à une critique de l’islam, son auteur « s’adonne à une diatribe violente contre les musulmans, auxquels il prête des perversions inhérentes à leur seule appartenance religieuse », ont estimé les juges. Selon eux, « les propos poursuivis ont amplement excédé les limites admises à la liberté d’expression ». [Ce jugement soulevait par ailleurs une question intéressante de compétence juridique relative au lieu d’implantation du site et à la recevabilité de la plainte en France.]

Au-delà de ce cas particulier, que constate-t-on ? Il semble se constituer un décalage grandissant entre une population, qui s’exprime de façon sincère mais souvent désordonnée, sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter) ainsi que sur les sites de la dissidence, et un monde politique et journalistique qui entend visiblement maintenir sa mainmise sur les médias, au mépris du premier des droits de l’homme, celui de la liberté d’opinion et d’expression.

S’ils résistent, les courants de la dissidence n’ont probablement pas encore aujourd’hui la structure nécessaire pour crever le plafond de verre de la censure et atteindre ainsi véritablement le grand public. L’émiettement et parfois la rivalité de ces courants portés par des personnalités fortes mais souvent farouchement indépendantes est un frein puissant qui les empêche d’atteindre la masse critique nécessaire pour leur permettre de franchir les obstacles qu’on dresse face à eux. Et l’expression dissidente devient parfois un but en soi, une psychanalyse individuelle ou collective, dénuée de tout impact politique ; elle rate son objectif.

Or l’outrance, la révolte, la polémique stérile, écartent de l’objectif qui doit rester l’analyse des faits et la critique documentaire qui, sur le long terme, sont des méthodes beaucoup plus sûres pour faire tomber le mur de la stigmatisation politique et permettre d’approcher la vérité.

S’agissant de l’islam, le discours dissident semble souffrir d’une affectivité et d’une émotivité qui restreignent sa lucidité et l’empêchent de bien séparer la question de la religion musulmane de la question des personnes en tant que telles. Nombre de musulmans sont musulmans parce que tout simplement nés dans la culture musulmane, sans avoir nécessairement fait le moindre choix conscient ou formulé le moindre engagement personnel. Or il est aisé de constater que la grande majorité des musulmans d’Europe n’a qu’une connaissance rudimentaire de l’islam. Ceux-ci sont les porteurs et les défenseurs naturels d’une religion dont ils ignorent très souvent les textes sacrés. Mais en l’absence d’une riche histoire philosophique, littéraire, scientifique, artistique, etc., depuis des siècles, leur identité s’est construite sur l’islam qui a ainsi acquis un rôle de structurant identitaire, alors que la religion a perdu pour l’essentiel ce rôle dans les pays occidentaux. Mettre en cause l’islam, simplement en le critiquant, est ainsi ressenti, à tort, comme une attaque mettant en cause la personne.

Avant d’aborder les questions tribales, sociologiques, géopolitiques, militaires, etc., de la question musulmane, il est donc absolument essentiel de traiter la question centrale de l’islam en tant que religion, en la déconnectant de tout aspect personnel. Car c’est bien l’islam en tant qu’idéologie religieuse qu’il faut décortiquer pour sortir de la confusion extrême où nous sommes plongés et qui autorise tous les discours, jusqu’aux plus absurdes et aux dénis de réalité les plus évidents. Car le constat est d’une simplicité biblique :

L’ISLAM TUE : IL FAUT COMPRENDRE POURQUOI.

La première tâche de la pensée dissidente, dont la vocation naturelle est de sortir des sentiers battus, est d’expliquer inlassablement en quoi consiste l’islam, quelle est sa doctrine authentique : pas à partir des opinions des uns ou des autres, qui parfois abusent de l’argument d’autorité et de leur suffisance pour imposer leur point de vue, mais à partir des textes sacrés musulmans eux-mêmes – que tous les musulmans reconnaissent – puisque tout le monde peut les lire en français et que cette lecture ne demande pas en réalité de compétences très pointues. Car il faut combattre farouchement l’idée que le sens des textes religieux musulmans ne serait accessible qu’à des érudits. La lecture du Coran, de la biographie de Mahomet et des hadiths est vraiment tout à fait abordable (même si elle est un peu austère) dans la mesure où la complexité de la pensée spirituelle est très faible (au profit de règles à respecter) : essayez, et vous verrez !

Malheureusement, beaucoup refusent de faire l’effort de se documenter et s’arrêtent à des jugements hâtifs et des oppositions irrationnelles et viscérales qui sont nécessairement perçues de façon négative et rejetées par des opposants dont les avis contraires sont tout aussi irrationnels et viscéraux ! Pour déconstruire rationnellement un discours, ou au contraire en montrer le bien-fondé, il faut d’abord connaître les textes fondamentaux qui le sous-tendent : certains ne se sont-ils pas mordus les doigts de n’avoir pas fait cet effort dans la première moitié du XXème siècle ?

La lecture des textes sacrés musulmans est la seule façon de se faire une idée juste et précise de ce qu’a été la véritable vie de Mahomet (et pas celle fantasmée par de nombreux biographes partisans) ainsi que sa pratique de la religion, et de dépasser ainsi le niveau actuel lamentable de la propagande et des dénis de réalité dont nous sommes abreuvés.

Cette connaissance est la condition sine qua non autorisant de demander à chacun de se positionner clairement et en conscience sur un choix de valeurs et de modèle de société (place de la femme, égalité des communautés humaines, liberté religieuse, laïcité, etc.) pour déterminer si, oui ou non, nous partageons les mêmes valeurs humaines et avons vocation, ou non, à vivre ensemble.