Homosexualité en pays musulman : un témoignage…

Dans un précédent article ( https://islametoccident.fr/?p=4613 ), j’ai montré comment Frédéric Mitterrand relatait lui-même de façon publique une homosexualité vénale et tiers-mondiste dans l’autobiographie « La mauvaise vie », penchants tout à fait bien connus donc lorsqu’il fut nommé Ministre de la Culture et de la Communication de Nicolas Sarkozy. Il est intéressant de noter également son expérience toute particulière dans un pays musulman, l’Indonésie. Au regard de ce témoignage, on peut s’interroger sur la profondeur de la pénétration réelle de l’islam dans certaines couches de la population.

Les extraits ci-dessous sont tirés du chapitre intitulé « Bird » (pages 293 à 344) du livre sus-mentionné :

Avertissement : âmes sensibles s’abstenir. En effet, qu’on puisse considérer que  l’islam est une religion spirituellement très pauvre, fausse ou inutile est une chose ; mais c’est autre chose d’insulter le sentiment religieux par l’étalage d’une perversion aussi abjecte qu’insultante : car, quand bien même ce récit serait véridique, il faut être sacrément tordu pour trouver un malin plaisir à faire un objet littéraire de l’association de l’orgasme sodomite avec l’appel du muezzin et la personne de Mahomet.

Djakarta n’intéresse personne, hormis les hommes d’affaires planqués dans les palaces climatisés de l’ère Suharto où ils prennent le pouls du grand malade indonésien en attendant la guérison par le retour de la corruption universelle et des marchés foireux. On la dit dangereuse, labyrinthique, pourrissoir à bandits et fanatiques de tout acabit.

(…)

Ville de Javanais musulmans qui croient aux esprits et aux sortilèges, de Chinois qui prétendent ne plus l’être et se font prudemment catholiques, de déracinés des îles lointaines entre mosaïques malaises et peuples de la mer aux ancêtres mélanésiens.

(…)

Heidi me fixe près du Mc Do. Heidi pas comme Mitchell ou Cochran, il insiste d’emblée sur l’orthographe et j’imagine un échappé de l’Oberland bernois dans son passé, rendu fou par la chaleur et l’amour.

(…)

Je rame et j’ai l’impression d’avoir tout faux ; il s’agit sans doute de l’un de ces jeunes gens qui aiment parler aux étrangers pour le seul plaisir d’un échange amical. Je n’ai pas encore l’usage de Djakarta et je suis finalement prêt à me contenter de la vision peu encourageante des gosses faméliques draguant dans les ténèbres du parc au pied de mon hôtel et des voyous aux yeux exorbités par la colle qui me serraient dans l’affreuse boîte à pédés surpeuplée que j’ai découverte la veille. Spectacles angoissants et risques inutiles. En revanche, le malentendu avec Heidi s’estompe assez vite. On est en pays musulman, la retape exubérante n’a pas cours, une réserve minimale est de mise, mon Cicérone improvisé s’y conforme. Pourtant, je ne tarderai pas à apprendre que la ville n’est pas en reste de débordements variés et qu’à peu près tout le monde est disponible pour peu que l’on connaisse le code. Heidi sent bien que je flotte et que notre entretien tire en longueur. Il s’en tient là pour les convenances et propose de m’accompagner à mon hôtel ; il connaît les types de la sécurité et ils laissent monter les boy-friends dans les chambres. Il a dit les boy-friends au pluriel et entreprend de me présenter plusieurs de ses copains qui attendent également leur autobus ; sans me laisser le temps de réagir et de décliner cette soudaine proposition de nouvelles connaissances.

(…)

Heidi décidément connaît bien son affaire et persévère dans son casting infernal tout en me surveillant du coin de l’œil ; c’est fascinant de le voir opérer tel un épervier qui fond sur ses proies. En quelques instants, nous voilà à la tête d’une petite troupe on ne plus aimable et souriante. Il ne reste plus qu’à choisir.

(….)

La situation m’échappe ; je suis passé d’un seul coup de la conversation débat pour étudiants méritants à la perspective d’une partie fine entre inconnus ; je flaire le traquenard ; l’atmosphère ne me dit plus rien qui vaille car prétendants et public rivalisent d’exclamations et de grands rires en javanais, sans doute pour évaluer l’article blafard, froissé et transpirant qui leur est proposé ; gêne et scandale à l’horizon, tout ce que j’appréhende.

(…)

J’ai tellement envie de m’en aller et de me retrouver seul. Pourtant je me suis trompé sur leur compte ; ma résistance est agréée, l’étau se desserre, sans manifester amertume ni déception, chacun repart de son côté en souriant et le joli Chinois me glisse sa carte de visite avec portable et e-mail pour le cas où je changerais d’avis.

(…)

Je comprends qu’Heidi a seulement cru bien faire ; nous avions respecté le délai de politesse raisonnable, moi par timidité et lui par courtoisie ; ensuite le projet de passer à une seconde étape en y associant un ou plusieurs nouveaux venus s’était imposé naturellement puisqu’il pouvait désormais répondre aussi bien d’eux que de moi-même.

(…)

Nous franchissons sans encombre l’obstacle des vigiles qui regardent obstinément ailleurs à notre passage et, en refermant sur nous la porte de ma chambre, je me demande ce que je vais bien pouvoir faire de ce garçon qui ne m’attire pas beaucoup. Je suis familier de ce genre de situations, il arrive qu’un étrange souci de civilité et la crainte de décevoir m’entraînent dans de telles aventures ; au pied du mur, je ne songe plus qu’à abréger toute conversation et à m’endormir au plus vite. Heureusement, Heidi n’est pas un amant frénétique, il se prétend aussi fatigué que moi et on se couche devant la télévision comme un couple de retraités.

(…)

Bientôt nous dormons ensemble chaque nuit comme deux frères.

(…)

Heidi connaît la ville comme sa poche et les bordels n’ont pas de secret pour lui ; il voudrait absolument m’y emmener alors que je deviens de plus en plus pudique et sage.

(…)

Il revient régulièrement à la charge ; puisque je persiste à ne pas vouloir de son ami chinois, il faut que je le suive chez ces « nice boys very clean » qui brûlent manifestement de me connaître.

(…)

Il ne faut pas tarder, je repars demain matin ; je cède pour qu’il n’y ait pas de nuage entre nous et aussi parce que je voudrais tout de même voir à quoi ressemble la « very good place » qu’il a choisie pour moi. Une expérience intellectuelle somme toute plutôt amusante et le corps froid comme une bûche. Ça ne marche pas du tout comme à Bangkok ; les bordels sont répartis un peu partout dans la ville, il n’y a pas de mise en scène plus ou moins sophistiquée, et là où me conduit Heidi tout se passe dans une sorte de garage à garçons largement ouvert sur la rue où les candidats vautrés sur des matelas à même le sol regardent vaguement les habituelles séries guimauve à la télévision, échangent des plaisanteries salaces tout en feuilletant des magazines pornos remplis de filles nues. Des Chinoises et des Japonaises aux yeux débridés et au sexe recouvert d’un string couleur chair. Le patron, sa femme, leurs enfants, entrent et sortent à tout instant avec des sodas, des bols de soupe ; les marmots changent de chaîne, on rigole en famille. Aux murs des photos de sportifs et de vedettes, des portraits de Soekarno et de sa fille, en matrone à lunettes et chignon dans le style « goudou » quinquagénaire, qui est le nec plus ultra des femmes convenables, et puis aussi des chromos relatant la vie du Prophète.

(…)

Pas d’étrangers et l’impression que tout le monde se connaît. On ne s’éternise pas à faire son choix, les garçons n’émettent aucune objection, le prix est connu d’avance, le patron ou sa femme encaissent avec de grands sourires, on monte comme si on allait visiter.

(…)

Heidi est désolé. Je ne baise pas avec lui, je ne veux pas du joli Chinois, je dédaigne ces garçons qui n’ont peut-être pas très bonne mine mais sont quand même bien baraqués.

(…)

Un grand type surgit du déluge ; il porte un ciré jaune luisant de pluie, une sorte de casque de chantier par-dessus un foulard qui masque presque complètement son visage ; on dirait l’un des manifestants samouraïs des guérillas urbaines asiatiques. Heidi me donne un coup de coude ; merci, j’avais remarqué ; cette apparition soudaine a d’ailleurs réveillé l’assistance qui accueille le rescapé de la tempête avec forces salutations et rires sonores ; c’est manifestement le caïd de la bande. Il dépose sa panoplie, enlève son tee-shirt de base-ball et l’essore sur le pas de la porte tout en apostrophant ses acolytes. Trempé, torse nu et vigoureux, il exsude l’énergie, la vitalité ; la peau mate est un peu sombre ; des tatouages abstraits d’initié sur les épaules, les traits du visage marqués et les muscles saillants, un paysan qui n’a pas été démoli par la ville, bien rustique et fier de l’être quand la mode est aux poupées chantantes. La vieille poigne d’acier à laquelle je ne croyais plus s’est abattue brusquement sur ma nuque ; mes molles résolutions s’envolent, ma léthargie s’évapore ; au fond, la pluie ne va sans doute pas s’arrêter de sitôt ; dans « La mousson », Lana Turner la voyait tomber pendant des heures et cela la rendait folle ; cet endroit est finalement très sympathique, c’est mon dernier soir à Djakarta et demain je serai dans l’avion.

Il s’appelle « Bogos », ça ne s’invente pas, et il paraît que c’est un prénom très courant par ici. Heidi respire. La chambre est évidemment au-delà du sordide et le grabat de fer rouillé une bombe à tétanos. Je passe la serviette humide et dégueulasse sur la toile cirée qui recouvre le matelas pourri. Mon côté fée du logis envers et contre tout amuse le fauve samouraï qui m’observe d’un air narquois ; avec ce qu’il me réserve, à quoi bon jouer les vieilles demoiselles occidentales ; je laisse tomber mes nostalgies d’eau de Javel et je concentre ce qu’il me reste de sagesse sur quelques précautions élémentaires. La suite s’annonce quand même pas trop mal, une sorte de croisière exotique dans le vertige sidéral de notre silence et du vacarme obsédant de la pluie. Mais la bande-son nous réserve une sacrée surprise ; en plein flash, soudain, le muezzin débarque sans crier gare et appelle à la prière. Une de ces cassettes que des mains pieuses envoient plein tube. « Allah Akbar » écrase tout sur son passage et Mohammed el Rassoul, le Prophète, s’assure du terrain ; comme s’il relançait ses disciples à l’assaut des villes perverties, il fend le fleuve céleste, déborde partout dans la chambre, bat comme un ressac contre les murs ; électrochoqué, je tente de l’apercevoir par la lucarne, dans le placard, sous le lit ; omniprésent, insaisissable, le messager du Clément, le serviteur du Miséricordieux est intraitable ; il enfle avec la voix du muezzin, pompe tout l’air de la pièce, me paralyse sous l’incantation du verbe et la violence de l’attaque. Je sens qu’il darde ses yeux sur moi et j’ai l’impression de respirer son haleine. Et si mon timonier personnel, brusquement dégrisé par ce retour offensif de la foi, s’avisait de me rejeter brutalement en criant au sacrilège ? « Haram, haram », le client n’est qu’un roumi qui détourne les jeunes croyants, repoussons le péché et sus aux infidèles corrompus ; ça ne doit pas plaisanter avec la religion et la protection des bonnes mœurs sur les hauts plateaux de Java ; des barbus au regard fou, des fillettes en hijab défilent devant moi, ils réclament le châtiment du ciel pour ramener le jeune égaré sur le droit chemin et piétiner l’impie comme une bête venimeuse. Mais non, mon Bogos a les idées larges et tout ce boxon l’amuse ; il tape en souriant contre la paroi près du lit pour me montrer que le muezzin psalmodie de l’autre côté, la cloison est mince comme une feuille de papier, nous collons à la mosquée du quartier ; ça ne me rassure pas, les fidèles ont dû nous entendre, un peu plus et on se retrouvait en plein minaret. Il se tord de rire devant ma réaction, je prends sur moi pour avoir l’air d’attendre plus calmement la fin de cet autre orage ; lui, couché qui m’observe en continuant à se marrer et moi, assis sur le rebord du lit, encore aux aguets. Bientôt la cassette pile sur un dernier « Allah Akbar », l’appel à la prière s’achève et le muezzin se tait, le Prophète, le barbu et les fillettes sortent de la chambre et réintègrent la mosquée, c’est à eux maintenant d’être envahis par les odeurs de cuisine de la patronne et les hurlements des teenagers qui accueillent des idoles de la chanson sur Canal Indonesia. Il me semble que le pluie se fait moins forte ; j’ai eu peur, je me sens seul étrangement mélancolique, le cœur lourd d’être si loin ; le garçon devine-t-il quelque chose ? Il me serre dans les bras, très doucement, il me chantonne à l’oreille des sourates du Coran comme s’il me disait des mots tendres. En arabe et sans savoir que c’est un peu mon autre langue.

Homosexualité et islam : un pacte germano-soviétique ?

Face à l’apathie du judaïsme et du christianisme au regard de la promotion institutionnelle de l’homosexualité en France aujourd’hui, on peut se demander ce qu’il va en être avec l’islam, qui considère également l’homosexualité comme une abomination. Certes l’islam profite à plein aujourd’hui de la défense de toutes les « diversités » pour revendiquer pour sa part contre la société laïque l’autorisation du port du voile islamique en toutes occasions, ainsi que de la burqa (la loi n’étant d’ailleurs pas appliquée comme chacun peut le constater), la séparation des hommes et des femmes dans certains lieux publics (ex. piscine) via des horaires adaptés, etc. Mais qu’en sera-t-il lorsque l’islam aura eu raison d’ici quelques années de cette laïcité française moribonde ? L’islam va-t-il faire « ami-ami » avec la ligue LGBT ? Ne pourrait-on pas déjà tenter l’expérience d’aller planter des drapeaux LGBT (qui poussent comme des champignons aujourd’hui dans le quartier du Marais) à Saint-Denis ou à Aubervilliers, juste pour voir ?

Pour comprendre l’évolution de notre société et ce qui, pour certains, constitue de simples fredaines ou même un comportement devenu anodin puisque objet de littérature, il peut être utile de relire l’autobiographie « La mauvaise vie » écrite par Frédéric Mitterrand, qui y décrit le tourisme homosexuel qu’il pratiquait en Thaïlande (notamment dans le quartier de Patpong à Bangkok), profitant de la misère de certains couches de la population thaïlandaise réduites à ce triste commerce, celui-ci n’ayant visiblement pas trouvé en France le matériel et l’exotisme qu’il recherchait. Et si Frédéric Mitterrand a nié des penchants pédophiles, on peut s’interroger sur les sentiments qu’il nourrissait à l’égard non pas de ceux qu’il aurait pu appeler « de beaux hommes » mais qu’il appelait ses « garçons ».

Il est important de noter que ce livre a été publié aux éditions Robert Laffont en mars 2005. Les mœurs de Frédéric Mitterrand ainsi rendues publiques n’ont semble-t-il pas handicapé sa nomination comme directeur de l’Académie de France à Rome (2008-2009) puis surtout sa nomination comme ministre de la Culture et de la Communication pendant 3 ans (juin 2009 à mai 2012), c’est-à-dire comme représentant devant le monde des valeurs françaises, dans un contexte de valorisation de l’homosexualité qui s’est finalement conclu par l’adoption en 2013 de la loi autorisant le mariage homosexuel.

PS : On attend avec impatience l’autobiographie de son comparse Jack Lang !

Les extraits ci-dessous sont tirés du chapitre intitulé « Bird » (pages 293 à 344) du livre susmentionné :

Dans chaque club, les garçons se tiennent sur la scène très éclairée par petits groupes de quatre ou six ; ils portent la tenue distinctive de l’établissement et de sa spécialité, minimale et sexy : maillot 1900 à bretelles ou cycliste pour les athlètes, boxers shorts, slips, strings pour les minets ou pseudo-voyous, les follassons ont droit à des mini-jupes. Ils demeurent immobiles, silencieux, corps bien droit et jambes légèrement écartées, l’air absent ou souriant selon la classe du club où la catégorie supérieure demanderait plutôt qu’ils se montrent impassibles, au moins en début de soirée, et tous le regard perdu vers la semi-obscurité de la salle en contrebas, la pénombre d’où la clientèle les observe en se faisant servir des verres. Le numéro est accroché à l’aine, en évidence. La plupart d’entre eux sont jeunes, beaux, apparemment épargnés par la dévastation qu’on pourrait attendre de leur activité. J’apprendrai plus tard qu’ils ne viennent pas tous les soirs, sont souvent étudiants, ont une petite amie et vivent même parfois avec leur famille, qui prétend ignorer l’origine de leur gagne-pain.

(…)

Quand l’un des serveurs vient leur glisser à l’oreille qu’ils ont été choisis, ils cochent une petite case sur un tableau avant de se diriger vers le bar d’un air parfaitement dégagé et les autres garçons se gardent poliment de commenter la transaction qui s’ébauche.

(…)

Une fois que la réservation a été confirmée, après une présentation qui s’éternise rarement, le garçon se rhabille prestement en coulisses, et revient ; il n’y a plus qu’à régler les consommations, la commission au club due par le client et à sortir au milieu des courbettes, des marionnettes grimaçantes qui font office de loufiats et lancent d’une voie suraiguë : « Good night Sir, see you again ». On peut prendre deux garçons, ou même plusieurs, aucune objection la réponse est toujours : « I want you happy ». Contrairement à une assertion généralement colportée, il y a peu de ruines sexuelles occidentales parmi le public, la clientèle est en majorité locale, d’âge moyen, bien convenable et sort en bande légèrement arrosée au whisky-coca.

(…)

Il existe certainement des établissements de ce genre ailleurs qu’enThaïlande ; Amsterdam ou Hambourg ; mais j’ai mis trop longtemps, je viens de trop loin, je dois absolument continuer, pousser bien plus en avant pour parvenir à mes fins ; je ne veux pas courir le risque de rencontrer des garçons qui m’en rappelleraient d’autres, d’être confronté à des situations qui resteraient familières, d’entendre des paroles que je pourrais comprendre. Il me faut l’inconnu, la terre étrangère, le pays sans repère. Là où on ne saura jamais rien de moi, il existe une chance, si ténue soit-elle, que j’obtienne l’abandon et l’oubli, la rupture des liens et la fin du passé. Le choix.

(…)

Mon garçon enlève brusquement son tee-shirt comme il doit le faire au sport sans même se rendre compte de la grâce virile de son mouvement et il secoue la tête pour remettre en place ses cheveux ébouriffés par l’encolure. Cette vision me tétanise un peu plus tandis que je l’observe depuis la porte ; je suis incapable de m’approcher de lui, de desserrer l’étau qui m’écrase la nuque et de maîtriser les frissons qui me prennent. J’avais oublié depuis longtemps des sensations si violentes. Bizarrement, il a plus de mal à retirer son pantalon et son caleçon américain, il évite mon regard, un fond de pudeur, une ombre d’inquiétude peut-être devant mon comportement qui doit lui paraître exagéré, insolite.

(…)

Tout est impeccable, aussi bien dessiné que le reste. D’où vient cette légende qui voudrait que leur sexe soit d’une taille ridicule ? Je peux attester du contraire même si je ne suis pas un fanatique des comparaisons superlatives qui occupent tant les conversations de certains pédés. Je sors de ma stupeur, je pose sur ses habits quelques billets défroissés, nettement plus que la juste somme indiquée par le manager du club, mais il ne semble pas y prêter attention. Aussi étrange que cela puisse paraître, la prostitution est un tabou dans ce pays, à tel point que le mot qui pourrait la désigner n’existe même pas.

(…)

Avec un petit signe de la main, il m’indique la salle de bains, passe devant mois sans me toucher, déchire d’un coup de dents l’étui de cellophane qui emballe les serviettes et le gant de toilette et commence à se doucher en m’invitant de la tête à le suivre.

(…)

Je me déshabille et le rejoins sous la douche ; au cas où il se poserait encore des questions sur l’effet qu’il me fait, elles n’ont plus de raisons d’être et il me savonne gaiement, cette fois bien rassuré.

(…)

Nous nous essuyons avec mille précautions ; il suffirait d’un rien pour que mon corps me trahisse et que j’en aie fini. D’un seul coup. Je ne sais pas s’il pense comme moi que ce serait trop bête mais il admet tout à fait que je prenne mon temps et il me laisse l’initiative. Je n’ose pas encore l’embrasser, mais je le caresse, je le touche et il en fait autant. Nous regagnons la chambre ; ils ont décidément tout prévu, un rhéostat permet de tamiser les lumières. Alors que nous sommes étendus, je tente un baiser sur les lèvres du garçon, j’avais bien tort d’hésiter, il embrasse merveilleusement bien, sans doute avec la même adresse qu’avec sa copine, il y revient autant que je le souhaite, lèvres fraîches, langue en profondeur, salive salée de jeune mâle sans odeur de tabac ni d’alcool. Sa peau est d’une douceur exquise, son corps souple se plie quand je l’effleure et quand je le serre et j’ai l’impression qu’il éprouve du plaisir en quelque endroit que je le touche. Le fait que nous ne puissions pas nous comprendre augmente encore l’intensité de ce que je ressens et je jurerais qu’il en est de même pour lui. Ce qui ne m’empêche pas de parler, de lui dire des mots tendres, qu’il reprend à la volée et répète en désordre avec de grands rires. Il me lèche avec une délicatesse extraordinaire et je vois sa nuque, son dos, son cul dans la glace au plafond, la masse aux reflets bleus de ses cheveux quand je baisse la tête pour regarder son visage si attentif à ce que j’éprouve. Je ne sais d’où il a sorti les capotes, mais il nous les enfile en un clin d’œil et avec une dextérité de voleur à la tire. C’est lui qui décide désormais, et ça se complique un peu ; son corps me tient tout entier, son sourire découvre ses dents serrées, ses yeux sont fixés dans les miens, mais sans aucune dureté dans le regard ; avec une lueur de ruse malicieuse et de joie comme s’il s’étonnait le premier de ce qu’il est en train de faire. Il y a des choses que je n’assume plus depuis une mauvaise expérience avec un Marocain, il y a trente ans dans un sauna. C’était un ouvrier immigré, assez beau gosse, qui ne pensait qu’à son plaisir et se vengeait de tout le reste, en bon macho, de la lutte des classes au bout du zob enfoncé jusqu’à la garde dans le cul des jeunes bourgeois. Il m’avait blessé, infecté d’une maladie, souffrance tenace et secrète dont j’ai mis des mois à me guérir. Je n’ai plus recommencé. Mais là, c’est différent, je n’ai même pas mal, je le laisse m’emmener où il veut, pourvu que ce soit avec lui ; il est devenu mon homme.

(…)

Je suis pris d’un sentiment immense de compassion et de tendresse à son égard, à le voir si docile et démuni, alors qu’il m’avait paru le plus libre et le plus fort de tous, le jeune roi des clubs couché avec un autre salaud de menteur étranger en attendant que cela passe ; ma honte comme un chagrin d’enfance glisse sur son silence et son corps nu, enveloppe ses pauvres vêtements si bien pliés sur la télévision et ne trouve pas les mots qu’il ne comprendrait pas d’ailleurs ; mon désir s’évanouit à la vitesse du skytrain qui le ramènera tout à l’heure vers sa banlieue pourrie, une poignée de bahts dans la poche à dépenser aussitôt en babioles inutiles. Dehors, j’entends les chauffeurs de taxi et les loufiats qui s’invectivent dans un bruit de crécelle ; je sens l’odeur d’essence et d’huile du parking qui dégorge du ventilateur. Il n’y a plus un soupçon de joie ni d’émotion dans cette chambre ripolinée de fausse clinique. Trente ans de mauvaise baise pour en arriver là. Je me retire gentiment, allons ce n’était qu’un jeu, rien de grave, nous n’aurons jamais de chance ; il s’essuie les yeux, les rouvre, se remet à sourire tandis que je me tourne de côté et plonge à toute allure, inerte, comme une pierre dans le miroir. A-t-il deviné que je l’ai vraiment aimé le temps d’un éclair et que j’ai eu tant pitié de lui, de moi de toute cette histoire qu’il ne m’était pas possible de continuer et de laisser comme ça dans un tel abandon. Pourtant, je le sens encore contre moi, il tapote de ses doigts le long de mon dos et gazouille des bouts de paroles en français qui ressemblent de moins en moins à celles de tout à l’heure. Il n’a sans doute rien senti, j’ai dû me raconter encore un de ces romans, nous voilà seulement revenus chacun dans notre monde. Après on s’est endormis. Tout de même, il avait dû se passer quelque chose pour qu’on se sente tellement épuisés. Quand on s’est quittés, les boîtes avaient fermé les marchands pour touristes faisaient un vacarme infernal en rangeant leur camelote dans les containers en fer.

(…)

En partant, il s’est retourné en me décochant une dernière fois son incroyable sourire et il m’a montré du doigt la petite rue du club, j’ai senti qu’il me donnait sans doute rendez-vous pour les autres soirs, et puis il a disparu très vite en me laissant à la nuit où je l’avais trouvé. Je suis reparti pour Paris quelques heures plus tard. Je pense souvent à lui, j’espère que personne ne lui a fait de mal ; chaque fois que je vais avec un garçon, je le revois au moins un instant, devant moi, dans l’affreuse chambre fermée comme un bunker et j’ai l’impression de le trahir, lui, là-bas, si loin, mon garçon de Patpong.

« Marche des fiertés » : certes, mais fierté de quoi précisément ? (suite)

En complément au précédent article http://islametoccident.fr/?p=4500 , une autre version, humoristique mais inspirée de faits bien réels, de l’évolution de notre société et de son rapport à la religion. Au-delà de l’humoriste, dont on connaît le caractère sulfureux et polémique, un débat sérieux ne mérite-t-il pas d’être ouvert ?

https://www.youtube.com/watch?v=yu01EqWa2O0

Pour comprendre l’islam, il suffit simplement de le lire : combien de fois faudra-t-il le répéter ?

On sait combien l’indolence et la légèreté des Français les conduisent à ignorer les conséquences de l’évolution religieuse qui est en train de bouleverser de fond en comble la structure culturelle de ce pays millénaire qu’est la France.

Pourtant, Dieu sait s’il est facile de s’informer aujourd’hui : Jérémy Ferrari, humoriste de profession, en fait la preuve éclatante dans ce sketch, tout à fait sérieusement documenté.

Jérémy Ferrari 2013

Les Français seraient-ils incapables de comprendre ce qu’un humoriste, doté toutefois d’un solide bon sens, énergique et volontaire, a évidemment compris ?

Mondial 2018 : la Licra contre Dieudonné

La LICRA, qui fait partie des institutions vouant un culte idolâtre à la « diversité », se réjouit régulièrement de ce qui peut mettre à mal l’identité blanche chrétienne qui a fait la France si l’on en croit l’obscur général de Gaulle, entre autres par le biais de la défense judiciaire de l’islam.

Le twitt publié par la fédération parisienne de cette institution comparant les équipes de France et de Croatie en finale du mondial 2018 a ainsi mis à jour un état d’esprit sectaire et détestable peu étonnant dans ce contexte mais qui est rarement dévoilé de façon aussi nette.

Cette bévue de communication, bien sûr condamnée immédiatement pour d’évidentes raisons politiques, conduit à s’interroger sérieusement sur la nature profonde de cette institution, par ailleurs totalement hostile au droit d’expression puisque favorable à toutes les dispositions législatives et réglementaires liberticides en ce domaine.

Il m’a donc paru intéressant et cocasse de mettre en regard de cette déclaration d’une extrême violence l’analyse d’un comique polémiste dont la négritude ne peut pas être contestée et qui, sur ce point précis, fait quelques constats intéressants, quand bien même ils pourraient paraître choquants à certains.

Mondial 2018 Dieudonné extraits

Taqiyya vestimentaire ?

Tayeb Chouiref fait partie des intervenants réguliers portant la bonne parole dans l’émission hebdomadaire « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2. On le retrouve également sur les sites internet musulmans. Or sa présentation vestimentaire semble toute différente.

Tayeb Chouiref s’adressant à ses coreligionnaires en contexte musulman :

Tayeb Chouiref s’adressant au public d’une grande chaîne de télévision occidentale, vêtu des oripeaux de la civilisation occidentale (France 2) :

Étonnant, non ?

La religiosité et les combattants étrangers de l’État Islamique

Un article intéressant publié par le Oxford Research Group à l’issue d’une étude et rappelant que terrorisme musulman et religiosité ont bien quelque chose à voir (les parties mises en gras le sont de mon fait, sauf le paragraphe introductif).

IN THEIR OWN WORDS: RELIGIOSITY AND THE ISLAMIC STATE FOREIGN FIGHTERS

April 27, 2018 · by Lorne L. Dawson

https://sustainablesecurity.org/2018/04/27/in-their-own-words-religiosity-and-the-islamic-state-foreign-fighters/ 

Many studies on the motivations of Islamic State foreign fighters emphasise the role of low socio-economic prospects. But interviews with fighters suggest greater attention should be given to the role of religiosity.

A great deal has been written about the motivations of thousands of largely young men and women who left Europe, the UK, US, Canada, Australia, and elsewhere in the “West,” to fight in Syria and Iraq. As is so often the case in terrorism studies, most of the efforts to understand why people have joined this unprecedented wave of foreign fighters are speculative. Much is inferred from limited and usually secondary sources about the backgrounds and behaviors of those who left, and a handful of interviews with returned fighters reported in the news. Primary data from research interviews with fighters, or even those closest to them (friends and family members), is at a premium.

Out of the hundred or so research publications I have read about foreign fighters, I am aware of seven based on primary data (for example). Three of these studies involve interviews with returnees from the conflict, and overwhelmingly with individuals facing prosecution or incarcerated (for example); two involve interviews with individuals who had entertained going, but didn’t; and three involve interviews with people who knew individuals who either became foreign fighters or wanted to be one (for example).

In most cases, multiple sources of information are used, and in every case, the sample sizes are small and not statistically representative. Amarnath Amarasingam and I published one of these studies, involving interviews with foreign fighters, combatants in fact, in Syria and Iraq. Our sample is small and statistically inconsequential as well (we reported on twenty or thirty-five fighters interviewed). But it stands alone because it involves talking to active foreign fighters, and offers the single largest sample of fighter interviews so far. Our study inquired about the fighters’ backgrounds, the process by which they radicalized and left, and their perceptions and beliefs about their new lives as jihadists.

The observations and claims made by the fighters are subject to all kinds of conscious and unconscious interpretive biases. They must be treated with great caution. In principle, however, the biases are not dissimilar to those researchers encounter when working with other samples, such as criminals, or even police officers. So the primary data acquired warrants being given considerable significance in investigating what is happening and why, especially when there is a dearth of other reliable data.

Most of the primary data studies of fighters and aspiring fighters focus on the situation in Europe. Our sample includes people from Canada, the US, UK, Europe, and a few from Africa, the Middle East, and India. Reading the European studies creates the impression that we are dealing with young people, from immigrant families, who have limited socio-economic prospects, are relatively unhappy with what is happening in their lives, are looking for some greater meaning and sense of belonging and are heavily influenced by the small groups they come into contact with in seeking to be fighters. As such, they paint a picture reminiscent of the classic relative deprivation explanation of the motivation of extremists – a view that conforms to popular perceptions circulated in the media. These youth are coming largely from immigrant enclaves characterized by high, multi-generational unemployment, and they have done poorly in school themselves. In turning to extremism they are lashing out at a society that they perceive is failing to provide them and their people with the rewards they expect.

In these studies, the role of religion as a motivator for becoming a jihadist is simply not given much consideration, apart from rather prosaically noting that those who left showed an increased interest in religion before going. Curiously, however, in study after study the turn to religion – in fact to an extreme preoccupation with religious practice and identity – is one of the two constants detected in cases of jihadist radicalization. The other constant is the role of social factors: people join jihadist groups predominantly through pre-existing social networks, and their radicalization is consolidated by small group dynamics. The networks, the groups, and the dynamics, though, are framed religiously. The overarching preoccupation is to determine who is authentically a Muslim, and hence worthy of companionship, protection, and emulation, and who is a sellout or enemy, and to be avoided, denigrated, and perhaps attacked. In our interviews with family members and friends of foreign fighters, these surges of religiosity loom large.

  • The religiosity factor

Image credit: Wikimedia Commons.

The minimization of religious motivations in studies of foreign fighters warrants more comment than can be accommodated here. As I have argued elsewhere, close examination of these studies, and others, reveals the data will not support the discounting of religious motivations. While as the language employed in these studies indicates, they are operating with assumptions about religion rooted in the recent hegemony of secular worldviews, more than a full and critical assessment of the comparative significance of religious and political commitments in the course of history.

Summarizing the findings from our interviews with active fighters, three things stand out: (1) the prominence of religious discourse and concerns in explaining why they radicalized; (2) the preoccupation with the moral and not socio-economic limitations in their accounts of their past lives and turn to extremism; and (3) the personal nature of the choice to become a fighter – it is understood as being more about self-fulfillment than political action. This is the dominant impression left from countless hours of contact spread over many months with multiple individuals. It is hard to capture in any one quote, but one of the fighters we interviewed quite typically said:

“Before this jihad, I liked the idea of shahada. The idea of no accountability in the grave and on the day of judgement, but I wasn’t ready to leave the confines of my life in UK. In 2011, it was announced that a local brother was Shaheed [martyr] in Syria – that’s when it started. I started thinking and asking to myself – ‘you know what, if he can do it, why can’t I? He’s in Jannah [paradise] now while you are sitting here living a mundane life of simply university, work, making money.”

None of the fighters in our sample pointed to experiences of social and economic marginalization in accounting for their radicalization. Many claimed to come from “comfy” backgrounds, and 30% had university degrees.

Most of our sample of twenty fighters were from Muslim families, but five were converts. Most were single, but several were married and a few had children. With the exception of one middle-aged man, they ranged in age from 22-28, and half of them had some formal religious education in their childhood (Quranic studies and Islamic schooling). Most were students, unemployed, or working at more or less temporary jobs when they left to become fighters, but it appears this was not their priority, since most of the sample say they either underwent their conversion or became much more fervently religious in their teenage years. Accordingly, when asked why he had undertaken jihad, one member of ISIS quite characteristically asserted:

“We are motivated by our religion, by our Qur’an and Sunnah and we are not ashamed of that. We left the convenient world to establish khilafah on the path of Prophethood so I really don’t see what is the issue with some hypocrites who cave down to the kuffar. We are not motivated by politics, wealth, the love of this world. We are willing to die as shudada in the path of Allah and that is to establish shariah in the land of the khilafah. We have declared it clearly and loudly that Islam will dominate the world. We know this from the Sunnah and hadith of our Prophet, prayers be upon him.”

Recognizing the role of religious commitments does not fully explain radicalization, but it helps to explain why so few of the many who feel the sting of low socio-economic prospects choose to become foreign fighters and accept the risk of making the ultimate sacrifice.

Compensation may be involved in becoming a foreign fighter, but it is not compensation for mere material deprivation – real or perceived – or simply release from anger, frustration, or even boredom. At least this is not the case, I suspect, for most foreign fighters from the West. The lure of participating in something existentially more rewarding is what that drives and sustains this transformation. The “need for meaning” is more than a cliché, as we recognize when we exploit it to encourage sacrifices for the causes we support.

That is what I see in the data, but more interviews with fighters are required. Now, regrettably, these conversations will have to be largely with returnees – with their more patent reasons to distort their accounts. The opportunity has passed for speaking with fighters when they felt more free and safe to express their views.

  • Conclusion

In making this argument, I am not offering support for the simplistic and prejudicial notion that Islam is somehow responsible for terrorism, or even the broader notion that religion is particularly culpable in fomenting mass violence. Neither point will stand up to scrutiny, nor are they pertinent. I am suggesting we need to hold our contemporary secular prejudices in check and pay more attention to the role “religiosity” (i.e., the degree of personal commitment to a religious worldview) plays in influencing how quite ordinary people do extraordinary things. If we listen to what the jihadists keep saying, and give their claims some motivational credence, we will come to a fuller understanding of what we are up against and how we might better counter it.

Contrary to the claims of many, the relative orthodoxy or even depth of religious knowledge is not that relevant. The beliefs held by these youth may be erroneous and display a poor grasp of theology – but it is the sincerity of their religious commitment that matters. If attempts to prevent or counter radicalization dwell on reactions to economic and social marginalization, and personal psychological issues, they will deflect some youth from the path of extremism. But not, in the case of jihadism, those we most urgently need to deter, those with the potential to cause the most grief. To detect these budding terrorists early, and so have a better chance of diverting them, we need to exploit the fact that one of the first, most consistent, and consequential signs of radicalization is the expression of an intensified and intolerant religiosity.

Accordingly, we need programs that provide safe spaces for angry youth to engage in open and critical dialogue about their political, social, and moral-spiritual concerns and the related shortcomings of our societies. Otherwise they will do so online and in so-called “garage mosques” with like-minded people who will aggravate, rather ameliorate, the situation. I am skeptical of those who would sideline tackling ideology in seeking to counter violent extremism – because it is politically sensitive or they don’t think it is secondary. Rather, with some others, I think we need to develop and implement methods for encountering and undermining the ideological worldview of these nascent terrorists (for example). This needs to be done in the context of providing the kind of engaged mentorship which can guide these youth to the realization of other ways of living a significant life – one of virtue, service to one’s community, and some excitement. This approach entails risks, but so does ignoring the obvious role of religiosity in becoming a foreign fighter or domestic jihadist.

Dr. Lorne Dawson is a Full Professor in the Department of Sociology and Legal Studies and the Department of Religious Studies. He has served as the Chair of both departments. He has published three books, four edited books, and sixty-nine academic articles and book chapters. Until 2008 most of his research was in the sociology of religion, in particular the study of new religious movements. Since then terrorism has become the primary focus of his research, in particular the process of radicalization leading to violence. In 2012 he co-founded the Canadian Network for Research on Terrorism, Security and Society (TSAS). He is the current Project Director (see http://www.tsas.ca) of this partnership. TSAS operates with funds competitively awarded by the Social Sciences and Humanities Research Council of Canada (SSHRC), Public Safety Canada, Defence Research and Development Canada, and other organizations. Dr. Dawson regularly makes invited presentations to a wide variety of government, academic, and public groups about various aspects of terrorism and counter-terrorism, and is frequently interviewed by the media on these topics.

Renaud Camus contre le MRAP

Contexte : http://islametoccident.fr/?p=4151

  • Les faits

Le 18 décembre 2010, Renaud Camus a, lors d’une réunion publique intitulée « Assises internationales sur l’islamisation de nos pays », tenu notamment les propos suivants :

« Ce n’est pas à des voyous que vous avez affaire, c’est à des soldats. Enfin si, ce sont bien des voyous, mais ces voyous sont une armée, le bras armé de la conquête. […] La nocence, que ce soit le bruit, que ce soient les déprédations, que ce soient les occupations de halls d’immeubles et les exigences du regard baissé au passage, que ce soient les vols, les arrachements de sacs de vieille dame, les rackets au sein des écoles, les cambriolages, les attaques à main armée, le trafic de drogue, l’ensemble de ce qui est pudiquement appelé désormais le grand banditisme, ou bien, les formes nouvelles, ultraviolentes, du crime organisé, la nocence est l’instrument du Grand Remplacement du changement de peuple, de la contre-colonisation, de la conquête, de l’élargissement permanent des zones de territoire déjà soumis aux néocolonisateurs. En rendant la vie impossible aux indigènes, les nouveaux venus les forcent à fuir, à évacuer le terrain – c’est ce que les Anglo-Saxons appellent le « Whiteflight », la fuite des blancs. Ou bien, pis encore, à se soumettre sur place, à s’assimiler à eux, à se convertir à leurs mœurs, à leur religion, à leur façon d’habiter la terre et ses banlieues qui sont l’avenir de la terre. […] Ces colonisateurs qui sans cesse reprochent aux indigènes de ne pas les accueillir suffisamment, ni assez bien, ne semblent avoir rien de plus pressé, une fois dans la place, que de se l’assurer tout entière et, comme tous les colonisateurs, ils ne rêvent que d’être entre eux, les indigènes n’étant bons, éventuellement, qu’à faire tourner l’entreprise, à tenir le magasin […] Les attaques dont font l’objet les pompiers, les policiers et même les médecins dès qu’ils s’aventurent dans les zones déjà soumises le montrent assez : c’est en termes de « territoire », de défense du territoire et de conquête du territoire que se posent les problèmes qu’on réduit quotidiennement à des questions de délinquance, de lutte contre la délinquance. […] en de pareilles proportions, la nocence n’est pas un phénomène qu’on peut abandonner à l’action policière ou à celle des tribunaux, dont on connaît d’ailleurs la mollesse, engluée qu’elle est dans un réseau de lois, de règlements, de directives européennes et même de traités internationaux qui laissent la Nation sans défense et qui font de la Cité une ville ouverte, une sorte de Troie […] Le système pénal, qu’il soit policier ou judiciaire, est impuissant. Chaque fois qu’un indigène est sommé de baisser le regard et de descendre du trottoir, c’est un peu plus de l’indépendance du pays et de la liberté du peuple qui est traîné dans le caniveau ».

Poursuivi par le MRAP, Renaud Camus a été condamné pour provocation à la discrimination ou à la haine raciale. Sa condamnation a été confirmée en appel en septembre 2016 (4.000 euros d’amende et 2.000 euros à verser au MRAP au titre de l’article 618-1 du code de procédure pénale).

Il convient par ailleurs de noter qu’au-delà du texte central ci-dessus, la partie demandeuse (MRAP) a mentionné plusieurs autres citations du même auteur venant selon elle éclairer le sens de ce texte.

Sans refaire une analyse détaillée des arguments présentés de part et d’autre (chacun pouvant se reporter au jugement complet), tout étant une question d’appréciation, voici quelques remarques.

  • La focalisation sur les musulmans

La défense note que « lorsqu’il parlait du « Grand Remplacement », Renaud Camus visait l’immigration en général qui peut être largement musulmane mais ce n’est pas la seule » ou « qu’il vise les délinquants qui viennent principalement d’Afrique, mais que le fait qu’ils soient musulmans est secondaire ».

De son côté, la partie demandeuse note que Renaud Camus « désigne sans ambiguïté les musulmans par plusieurs références telles que « les origines nomades de cette civilisation » en utilisant le terme de « razzia », en faisant référence aux « manifestations politiques récentes » ».

Au vu du titre de la conférence et des autres prises de position de Renaud Camus, on peut comprendre que la problématique musulmane puisse apparaître comme centrale dans sa réflexion, que ce soit au travers du titre même de la conférence ou dans ses textes.

  • L’incitation à la haine

Le tableau de la situation que présente Renaud Camus paraît globalement catastrophique et ressemble bien à un état de guerre civile : « vitrines brisées », « pillage des magasins », « de fureur ils cassent tout, ils pillent, ils incendient » etc. La description d’une inaction généralisée de l’État incite effectivement à contourner des structures étatiques et la constitution de groupes d’auto-défense dans un cadre extra-légal.

S’il est vrai que la situation est effectivement gravissime dans ce que tout le monde finit maintenant par reconnaître comme étant des « territoires perdus de la République », l’État n’ayant plus les moyens ou la volonté d’y exercer son autorité, il n’en va pas partout de même, même s’il existe un risque réel et avéré de contamination dès lors qu’un changement de culture y opère. Par ailleurs, la violence évoquée est aussi le fruit d’autres facteurs, comme l’activisme de groupuscules d’extrême-gauche dont l’objectif la destruction de la société occidentale chrétienne.

  • Conclusion

Sans centrer sa critique sur la remise en cause précise et documentée de certaines valeurs culturelles ou religieuses, Renaud Camus met en cause des personnes et groupes humains de façon globale et « essentielle », sans considérer la nécessité de nuancer ce diagnostic en mentionnant certains facteurs politiques et économiques, et principalement la pauvreté (dans son rapport également à la démographie).

On peut comprendre que l’angoisse générée par ce changement brutal de société en France et en Europe se traduise chez certains par une désespérance profonde face à un monde qui disparaît, du fait notamment de l’irresponsabilité et de l’incurie d’une bonne partie de la classe politique en matière d’immigration – chacun voit aujourd’hui ce que cela donne à Mayotte –, dans un contexte en outre de mondialisation économique qui fragilise des pans entiers d’une population paupérisée. Il est sociologiquement compréhensible que cette désespérance se traduise par exemple par un fort rejet de comportements (incivilités, violence et délinquance, etc.) de plus en plus fréquents et qui s’épanouissent dans une relative impunité, la corrélation de ce phénomène avec certains facteurs culturels, religieux et sociaux étant assez claire.

Dans le contexte des lois françaises existantes, qui n’ont pas pour vocation d’assurer la liberté d’expression (comme aux États-Unis) mais au contraire de la restreindre, il est donc logique que l’incompatibilité entre le caractère global et viscéral du rejet de cette mort lente et le niveau d’analyse circonstanciée et impassible que la justice exige dans tout propos aboutisse à des condamnations, un peu comme si on trouvait normal de punir un prisonnier parce qu’il crie trop fort sous la torture.

Malheureusement, l’équité voudrait aussi que la justice s’attaque aussi à l’administration d’État lorsqu’elle décide de laisser faire pour des raisons idéologiques, en bafouant sans scrupule le mandat populaire qu’elle a reçu et les lois de la République : manifestations violentes récurrentes de certains activistes, occupation illégale de lieux privés ou publics, assistance par immobilisme ou complaisance aux passeurs d’immigrés clandestins, trafics en tous genres dans ces territoires perdus de la République, etc..

Tant que ce « deux poids deux mesures » sera en vigueur, comment parler sereinement de justice ? Quand l’honnête citoyen est emprisonné pour s’être défendu contre un cambriolage ou une agression, ou même simplement pour avoir dit une vérité qui ne plaît pas, difficile de rester calme et de ne pas se révolter. Malheureusement, on constate de plus en plus que ceux qui bafouent les lois n’en ont cure et sont finalement, relativement aux méfaits qu’ils commettent, les mieux protégés.