Grande Mosquée de Paris et Fondation pour l’Islam de France : ça sent le gaz !

  • Problématique

La Grande mosquée de Paris, par la voix de son recteur, Dalil Boubakeur, ancien haut responsable du Conseil Français du Culte Musulman, vient de publier le 28 mars 2017 un texte qu’il est tout à fait intéressant d’analyser car il s’adresse à la fois aux musulmans et aux non-musulmans.

Il s’agit d’une proclamation, c’est-à-dire, selon les thèmes abordés, une déclaration d’intention et/ou une reconnaissance solennelle de certaines réalités. Par ce texte, en effet, la Grande mosquée de Paris confesse la reconnaissance directe ou indirecte de certaines des difficultés de l’islam en France sans toutefois abandonner toujours, comme on va le voir, le déni de réalité.

Proclamation GMP 170328

  • Le renouveau de l’orthodoxie musulmane

Avec la montée en puissance du fondamentalisme et du terrorisme musulmans, représentés notamment par Al Qaida et par l’État Islamique, l’islam de France s’était engagé devant le gouvernement français à produire un contre-argumentaire précis et documenté pour faire pièce au discours doctrinal très fourni de ces mouvements qui s’appuie sur des textes incontournables en islam. Nous l’attendons toujours.

En revanche, faute de produire ce contre-argumentaire, les représentants de l’islam de France ne manquent pas d’affirmer, sans fournir toutefois de preuves à l’appui, que l’islam véritable serait très différent de ce fondamentalisme, dont la Grande Mosquée de Paris reconnaît néanmoins « la montée en puissance, au sein de la communauté musulmane française » mais qui résulterait « d’une interprétation erronée de l’islam ». L’islam serait-il la seule religion que ses adeptes comprendraient aussi mal ? Car on ne voit guère et juifs, de chrétiens ou de bouddhistes tirer à la Kalachnikoff sur ceux qui ne sont pas d’accord avec eux, ou leur foncer dessus à tombeau ouvert avec un camion.

Ce que voudrait la Grande Mosquée de Paris, c’est que les musulmans n’écoutent que les imams au discours officiel, politiquement correct, adoubés sans doute par elle-même : « Tout musulman doit prendre garde à ne pas chercher sa culture religieuse auprès de sources, de prédicateurs, de prêcheurs télévisuels, qui ne sont pas reconnus par les savants les plus respectés de la communauté. » Or le problème est que le discours des imams du monde arabo-musulman (Arabie Saoudite – terre sainte de l’islam –, Qatar, Iran, Égypte, etc.) est souvent beaucoup plus proche de celui des terroristes musulmans, qui s’appuie sur des textes authentiques et nombreux, que du discours souvent lénifiant de l’islam de France.

Enfin, on peut s’inquiéter tout à fait du constat fait par la Grande Mosquée de Paris s’agissant de l’intolérance religieuse qui semble être, à la lire, un penchant fréquent en islam : « Le musulman doit se prémunir en la matière du péché de vanité, qui consiste à donner des leçons à autrui sur ce qu’est un bon ou un mauvais musulman quand on n’a soi-même qu’une culture religieuse péremptoire, superficielle et approximative. »

  • Le jihad

Dans ce domaine, dont on peut se demander s’il constitue une priorité puisqu’il n’est abordé pour l’essentiel que dans l’avant-dernier point dans cette proclamation, Dalil Boubakeur n’innove guère et tient les habituels propos convenus sur la légitime défense, oubliant au passage à la fois la pratique guerrière de Mahomet et les dizaines de versets du Coran appelant à la guerre, ainsi que ceux précisant comme partager le butin. De façon plus générale, il est quand même très curieux de constater que l’islam est la seule religion suscitant, et de façon aussi régulière, des vocations terroristes : pourquoi ?

  • L’antisémitisme

Dalil boubakeur nous annonce que « (…) toute forme d’antisémitisme est contraire à l’enseignement du prophète Mohammed lui-même (…) ». Sur quels textes se fonde cette assertion ? On l’ignore.

Pourtant les textes musulmans disent précisément le contraire : il n’y a qu’à ouvrir le Coran ; et jusqu’au hadith fameux et incontesté en islam de Muslim : « D’après Abû Hurayra, l’Envoyé d’Allah a dit : « L’Heure Suprême ne se dressera pas avant que les musulmans ne combattent les juifs. Les musulmans tueront les juifs jusqu’à ce que les rescapés de ces derniers se réfugient derrière les pierres et les arbres qui appelleront alors le musulman en disant : « Ô musulman ! Ô serviteur d’Allah ! Voilà un juif derrière moi, viens le tuer ! », exception faite de l’arbre dit Al-Gharqad qui est l’arbre des juifs. »

Inutile de s’étonner dans ces conditions que l’islam ait de profondes racines antisémites, comme Georges Bensoussan l’a récemment rappelé.

  • Islamophobie et islamopsychose

Dalil Boubakeur « s’alarme du fait que l’islamophobie et l’islamopsychose françaises soient de nos jours assurément comparables en gravité à l’antisémitisme français de la fin du XIXe siècle ».

Les tentatives d’assimilation du problème musulman au problème juif sont multiples et constantes : cette ritournelle a en réalité pour objectif de bâillonner tout débat sur la nature de l’islam en affublant tout contradicteur de l’étiquette honteuse et honnie d’« antisémite ».

  • La contestation de la laïcité

Comme pour l’antisémitisme, Dalil Boubakeur proclame : « L’existence du fait religieux musulman dans la société française est compatible avec la laïcité. » Sur quoi se fonde cette assertion ? On l’ignore.

Le problème est que toute la conception musulmane est précisément anti-laïque, ce que ne cessent de répéter d’ailleurs les imams du Moyen-Orient, aucun pays musulman n’étant d’ailleurs laïc aujourd’hui.

Si l’islam était laïc, Dalil Boubakeur aurait-il besoin de confesser : « La Grande Mosquée de Paris constate que cette immense majorité des Français de confession musulmane est demandeuse d’un texte de clarification de leurs droits et devoirs dans leur foi. » Qu’il y ait besoin d’une clarification religieuse de la nature de la foi musulmane, certainement, mais en quoi cela a-t-il un quelconque rapport avec les notions de droit et de devoir au regard de l’État ? Car si le propos n’a qu’un caractère uniquement religieux, cela voudrait dire que les musulmans ne comprennent rien à leur religion.

Tout cela est d’une confusion extrême, qui ressort encore plus lorsqu’on lit dans le même texte l’affirmation suivante : « La France n’est pas une terre d’islam (…). Dans ce contexte, tout musulman doit évidemment respecter les valeurs et les lois de la République française. » On peut l’espérer, mais : 1) En quoi la Grande Mosquée de Paris est-elle légitime et crédible pour affirmer que la France ne sera pas un jour considérée comme terre d’islam par les musulmans ? 2) Cela veut-il bien dire a contrario que si la France venait à être considérée un jour comme terre d’islam, les valeurs et lois de la République française n’y auraient alors plus cours ? N’est-ce pas là une forme d’affirmation que l’islam est incompatible par nature avec la France et sa laïcité ?

  • L’amour et la paix

Dalil Boubakeur déclare « Le saint Coran insiste sur la nécessité de savoir pardonner. » Sur quels textes s’appuie-t-il ? On ne sait pas, et on le comprend d’autant moins quand on le lit le Coran qui regorge de versets de violence ici-bas et dans l’au-delà.

  • L’obscurantisme

La proclamation s’attaque à l’obscurantisme en islam, que la Grande Mosquée de Paris reconnaît, et il semble qu’il y ait beaucoup à faire. Cette reconnaissance peut surprendre, car si elle est évidente et dénoncée par certains intellectuels musulmans eux-mêmes, elle est inhabituelle dans la bouche des représentants de l’islam de France.

D’abord, on peut s’étonner de l’assertion « L’obscurantisme, le refus de la science, le refus du progrès scientifique, sont des lectures erronées de l’islam ». Qu’a à voir la religion avec la science ? Rien. Sinon, nous aurions déjà parlé avec Dieu, et il n’y aurait qu’une seule religion. Mais que l’islam soit atteint d’un mal qui conduise certains musulmans à penser encore aujourd’hui que l’islam peut avoir raison contre la science, c’est un fait établi dont on trouve effectivement des preuves claires sur internet dans les prêches d’un certain nombre d’imams.

Parmi les marques de l’obscurantisme figure également en bonne place cette tradition abominable consistant à égorger des animaux pour satisfaire un besoin religieux. Les progrès scientifiques ont conduit à ce que l’étourdissement préalable devienne la règle dans bon nombre de pays occidentaux, certains pays européens ayant fini par interdire complètement l’égorgement. Il faut effectivement en finir avec cette pratique superstitieuse, qui révèle aussi une indifférence profonde à la souffrance animale que Dalil Boubakeur est obligé de reconnaître : « La souffrance animale ne saurait être admise par Allah. Il est donc nécessaire de réduire au maximum la souffrance causée à l’animal. » Comme je l’ai déjà montré dans un autre article détaillé, l’absurde de cette situation est que cette recommandation semble bien dater de l’époque de Mahomet. Ainsi, l’attachement actuel au maintien de ce procédé épouvantable n’est pas justifié par la doctrine de l’islam mais est une des multiples formes de cristallisation du communautarisme.

Enfin, on peut mettre au rang des pratiques obscurantistes la prolifération des rituels dont on peut se demander dans quelle mesure ils viennent surtout combler un vide spirituel, et Dalil Boubakeur admet que « Tout musulman doit prendre garde à ne pas verser dans l’observation irréfléchie et obsessionnelle de règles sans finalité spirituelle. » D’ailleurs, le ramadan apparaît être une source de nuisance pour les non-musulmans au point que Dalil Boubakeur est obligé de rappeler que « Durant le mois de Ramadan, (…) il ne faut pas importuner la population, notamment pendant la nuit. » C’est stupéfiant.

  • Le maintien des pratiques ancestrales

La Grande Mosquée de Paris affirme, pour rassurer : « (…) les châtiments corporels, la polygamie, ne se justifient plus et n’ont plus lieu d’être. Dans le même esprit, l’égalité entre hommes et femmes s’impose. »

C’est un aveu terrible et qui est une remise en cause fondamentale du Coran : il faut savoir néanmoins que cette position doctrinale n’est partagée par aucune institution de renommée au sein du monde musulman. La polygamie est un droit indubitable établi par le Coran, que même le Maroc a refusé il y a quelques années d’abolir ; seule la Tunisie, a osé l’interdire et cette position est très critiquée dans le monde musulman. Concernant les châtiments corporels, la prestigieuse université Al-Azhar a confirmé il y a également quelques années qu’ils font partie intégrante du socle dogmatique fondamental de l’islam. Quant à l’égalité homme-femme, elle est battue en brèche dans le Coran qui dit précisément le contraire.

  • Conclusion

Ce texte mal construit, un peu fourre-tout, truffé d’approximations et d’omissions, présente néanmoins l’intérêt de reconnaître un certain nombre de difficultés évidentes quant à la compatibilité de l’islam avec les valeurs de la France. On peut néanmoins s’interroger sur le fait qu’il soit là pour « donner le change » car l’islam de France n’a aucun intérêt objectif à ce mea culpa : c’est justifier les critiques qui lui sont faites et prouver son incapacité à résoudre ses propres problèmes.

Face à ce constat accablant, on peut comprendre que l’État soit tenté, pour écarter les risques générés par une telle confusion, de faire quelque chose au travers de la « Fondation pour l’islam de France », présidée par Jean-Pierre Chevènement. Mais il est assez savoureux que Dalil Boubakeur ait fini par en claquer la porte et maintenant « condamne la tendance actuelle à vouloir désigner des autorités de tutelle, n’étant pas de confession musulmane, aux fins d’encadrer avec paternalisme l’expression du fait religieux musulman dans la société française : ceci, au mépris de la liberté religieuse et de la séparation des églises et de l’État. »

 

Erdogan aux Turcs européens : « Vous êtes le futur de l’Europe »

Erdogan est déjà en guerre avec la civilisation européenne. L’illustration la plus claire, outre les insultes que ce personnage adresse aux dirigeants européens en les traitant de « nazis », est bien son adhésion vigoureuse au grand remplacement de population qu’il appelle de ses vœux en incitant les Turcs européens à conquérir l’Europe par le ventre de leurs femmes, ce en quoi il est en réalité constant depuis bien des années. C’est ce qu’un article du New York times du 17 mars 2017 conduit à nous rappeler opportunément.

‘You Are the Future of Europe,’ Erdogan Tells Turks

By Russell Goldman

Calling Turks the “future of Europe,” Turkey’s president on Friday implored his compatriots living on the Continent to have multiple children as an act of revenge against the West’s “injustices.”

“Go live in better neighborhoods. Drive the best cars. Live in the best houses,” President Recep Tayyip Erdogan said Friday in the city of Eskisehir, while campaigning for a referendum that would solidify his power. “Make not three, but five children. Because you are the future of Europe. That will be the best response to the injustices against you.”

The remarks come at a time of increasingly fraught relations between Europe and Turkey in the wake of the migrant crisis, the concurrent rise of Islamic terrorism and right-wing nationalism in Europe, and a crackdown on civil liberties in Turkey.

Turkish citizens have lived in Europe for decades and have often been the focus of anti-immigrant sentiment. Mr. Erdogan has found that addressing overseas Turks is a convenient way to stir his own citizens’ nationalism and attack a Europe that has become increasingly hostile to Turkey as his government becomes ever more authoritarian.

Last weekend, Mr. Erdogan accused the Netherlands of Nazism after Dutch officials stopped the Turkish foreign minister from landing there for a pro-Erdogan rally, and then escorted the Turkish family minister out of the country, citing risks to public order and security.

“When those incidents began, I said those are fascistic measures,” Mr. Erdogan said Sunday. “I said Nazism had risen from the dead.”

Those comments came just before the Dutch national elections, in which voters rejected the anti-Islamic platform of the politician Geert Wilders but increased his party’s seats in Parliament.

On Friday, around the time Mr. Erdogan was speaking in Eskisehir, Mr. Wilders wrote on Twitter: “The fight against Islamization and the EU will be tougher, stronger and far more effective now, being the second strongest political power!” The text “#stopislam” was included in an image he also posted.

Mr. Erdogan is not the first authoritarian leader of a Muslim country to suggest that birthrates could alter the demographics of the West. Already, Muslims in Europe are younger than other Europeans and the number of Muslims on the Continent has been increasing steadily, according to the Pew Research Center.

“The Muslim share of the population throughout Europe grew about 1 percentae point a decade, from 4 percent in 1990 to 6 percent in 2010,” according to Pew. “This pattern is expected to continue through 2030, when Muslims are projected to make up 8 percent of Europe’s population.”

Lettre ouverte à Monsieur Emmanuel Macron, homme politique né d’une PMA entre le grand capital et les Minotaures de la repentance

Lettre ouverte publiée par Bernard Lugan, un des plus grands historiens français spécialiste de l’Afrique, publié sur son blog le dimanche 19 février 2017 : http://bernardlugan.blogspot.fr/2017/02/lettre-ouverte-monsieur-emmanuel-macron.html

Lancé sur le marché politique tel un nouveau smartphone, vous êtes, Monsieur Macron, un ignorant butor dont les propos concernant la colonisation sont doublement inadmissibles.

1) En premier lieu parce qu’ils furent tenus à Alger, devant ces rentiers de l’indépendance qui, pour tenter de cacher leurs échecs, leurs rapines et la mise en coupe réglée de leur pays, mettent sans cesse la France en accusation.
Certains qui, parmi votre auditoire, applaudirent à vos propos d’homme soumis (cf. Houellebecq), et devant lesquels vous vous comportâtes effectivement en dhimmi, sont en effet ceux qui, le 1er novembre 2016, publièrent un communiqué exigeant que la France :

« (…) présente des excuses officielles au peuple algérien pour les crimes commis durant les 132 ans de colonisation et pour les crimes coloniaux perpétrés à l’encontre du peuple algérien afin de rappeler les affres de la répression, de la torture, de l’exil, de l’extermination et de l’aliénation identitaire car l’histoire du colonialisme restera marquée par ses crimes de sang et ses pratiques inhumaines ».

Candidat à la présidence de la République française, vous avez donc donné votre caution à de telles exigences autant outrancières qu’insultantes. Ce faisant, vous vous êtes fait le complice des pressions et chantages que l’Algérie exerce à l’encontre de la France afin d’obtenir d’elle une augmentation du nombre des visas ou tel ou tel avantage diplomatique ou financier. En d’autres temps, vous auriez donc pu être poursuivi pour « Atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ».

2) Ensuite parce que vos propos constituent non seulement un recul de l’état des connaissances, mais également le viol de ce consensus historique auquel étaient arrivés les historiens des deux rives de la Méditerranée. Or, par ignorance ou par misérable calcul électoraliste, vous les avez piétinés.

Au nom de quelle légitimité scientifique avez-vous d’ailleurs pu oser les tenir ? Avez-vous seulement entendu parler des travaux de Jacques Marseille, de ceux de Daniel Lefeuvre ou encore des miens ?

Oser parler de « crime contre l’humanité », maladroitement rectifié en « crime contre l’humain », au sujet de la colonisation revient en réalité à classer cette dernière au niveau des génocides du XXe siècle, ce qui est proprement scandaleux. Sur ce terrain, vous voilà donc encore plus en pointe que Christiane Taubira, ce qui n’est pas peu dire…
Pierre Vidal-Naquet, pourtant militant de la décolonisation et « porteur de valises » assumé du FLN écrivait à ce sujet :

« Assimiler peu ou prou le système colonial à une anticipation du 3e Reich est une entreprise idéologique frauduleuse, guère moins frelatée que l’identification, à Sétif, (…)  de la répression coloniale aux fours crématoires d’Auschwitz et au nazisme (…). Ou alors, si les massacres coloniaux annoncent le nazisme, on ne voit pas pourquoi la répression sanglante de la révolte de Spartacus, ou encore la Saint-Barthélemy, ne l’auraient pas tout autant annoncé… En histoire, il est dangereux de tout mélanger. Un sottisier peut-il tenir lieu d’œuvre de réflexion ? (…) L’air du temps de la dénonciation médiatique (…), le contexte social, économique et politique actuel est encore fécond qui continuera à générer de telles tonitruances idéologiques à vocation surtout médiatique ».  J’ajoute électoralistes.

Vous devriez pourtant savoir, Monsieur le candidat à la présidence de la République, qu’en créant l’Algérie, la France donna un nom à une ancienne colonie ottomane, traça ses frontières, unifia ses populations, y créa une administration et toutes ses infrastructures.

Ce faisant, y aurait-elle commis  un « crime contre l’humanité » ou « contre l’humain » ? Les chiffres de l’accroissement de la population ne semblent pas l’indiquer puisqu’en 1830, la population musulmane de l’Algérie n’excédait pas 1 million d’habitants alors qu’en 1962 elle avait bondi à 12 millions.

Serait-ce donc en commettant des « crimes contre l’humanité » que la France, ses médecins et ses infirmiers soignèrent et vaccinèrent les populations et firent reculer la mortalité infantile ? Serait-ce parce qu’elle commettait des « crimes contre l’humain » que chaque année, à partir du lendemain du second conflit mondial, 250 000 naissances étaient comptabilisées en Algérie, soit un accroissement de 2,5 à 3% de la population, d’où un doublement tous les 25 ans ? A ce propos, relisons René Sédillot :

« La colonisation française a poussé l’ingénuité – ou la maladresse – jusqu’à favoriser de son mieux les naissances : non seulement par le jeu des allocations familiales, mais aussi par la création d’établissements hospitaliers destinés à combattre la stérilité des femmes. Ainsi, les musulmanes, lorsqu’elles redoutaient d’être répudiées par leurs maris, faute de leur avoir donné des enfants, trouvaient en des centres d’accueil dotés des moyens les plus modernes tout le secours nécessaire pour accéder à la dignité maternelle. (…)(L’histoire n’a pas de sens, Paris, 1965, page 71).

Enfin, puisque vos propos indécents tenus à Alger obligent à faire des bilans comptables, voici, Monsieur le candidat à la présidence de la République, celui qui peut être fait au sujet de l’Algérie française : en 132 années de présence, la France créa l’Algérie, l’unifia, draina ses marécages, bonifia ses terres, équipa le pays, soigna et multiplia ses populations, lui offrit un Sahara qu’elle n’avait jamais possédé après y avoir découvert et mis en exploitation les sources d’énergie qui font aujourd’hui sa richesse. Comme je ne cesse de l’écrire depuis des années, en donnant l’indépendance à l’Algérie, la France y laissa 70.000 km de routes, 4300 km de voies ferrées, 4 ports équipés aux normes internationales, une douzaine d’aérodromes principaux, des centaines d’ouvrages d’art (ponts, tunnels, viaducs, barrages etc.), des milliers de bâtiments administratifs, de casernes, de bâtiments officiels qui étaient propriété de l’État français ; 31 centrales hydroélectriques ou thermiques ; une centaine d’industries importantes dans les secteurs de la construction, de la métallurgie, de la cimenterie etc., des milliers d’écoles, d’instituts de formations, de lycées, d’universités. Dès l’année 1848, et alors que la conquête de l’Algérie était loin d’être achevée, 16 000 enfants en  majorité musulmans étaient scolarisés. En 1937 ils étaient 104 748, en 1952 400 000 et en 1960 800 000 avec presque 17 000 classes, soit autant d’instituteurs dont les 2/3 étaient Français (Pierre Goinard, Algérie : l’œuvre française. Paris,  1986).

En 1962, il y avait en Algérie, un hôpital universitaire de 2000 lits à Alger, trois grands hôpitaux de chefs-lieux à Alger, Oran et Constantine, 14 hôpitaux spécialisés et 112 hôpitaux polyvalents, soit le chiffre exceptionnel d’un lit pour 300 habitants. Tous ces équipements, toutes ces infrastructures, tous ces établissements ainsi que les personnels qui les faisaient fonctionner avaient été payés par la France et avec l’argent des Français.

Monsieur le candidat à la présidence de la République, je vous poste ce jour en RAR mon dernier livre « Algérie, l’histoire à l’endroit »[1], afin que vous puissiez mesurer l’abîme séparant la réalité historique de vos inacceptables propos.

Bernard Lugan

[1] Ce livre est uniquement disponible via l’Afrique Réelle. Pour le commander :
http://bernardlugan.blogspot.fr/2017/02/nouveau-livre-de-bernard-lugan-algerie.html

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou

Il n’est pas si facile de trouver aujourd’hui en librairie en France des ouvrages sur l’islam rédigés par des musulmans et dépassant l’exposé de simples opinions personnelles pour offrir aux lecteurs une documentation consistante tirée des textes sacrés de l’islam : ceux-ci sont le plus souvent omis. Dans ce domaine, les écrits des fondamentalistes musulmans dépassent d’ailleurs de très loin le contenu généralement assez pauvre des publications de l’islam présenté comme « modéré ».

Une fois n’étant pas coutume, je vous propose de s’attarder quelque temps sur le livre de Tareq Oubrou, « Ce que vous ne savez pas sur l’islam », publié en février 2016 aux éditions Fayard, qui contient des références scripturaires qu’il est intéressant d’analyser.

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Ceci est d’autant plus utile que, si Tareq Oubrou n’a aucune légitimité particulière en matière de doctrine musulmane au sein du monde musulman sunnite et donc ne représente que lui-même, il murmure semble-t-il à l’oreille de l’âne qui, incapable de lire le Coran comme il l’a déclaré et confirmé plusieurs fois lui-même, a néanmoins l’arrogance de prétendre parvenir à instaurer le multiculturalisme en France grâce à une « identité heureuse », concept enfantin, naïf et utopique qui veut ignorer l’existence de divergences de vue profondes entre certaines civilisations et religions.

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Ce livre évoque plusieurs problématiques importantes que je vais reprendre, mais le menu étant assez copieux, je le ferai au travers d’une série d’articles intitulée de façon un peu provocatrice : « Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou ».

Pourquoi ce titre ? La taqiya est un terme arabe qui correspond grosso mode à la notion de « dissimulation ». Il est notamment utilisé en islam de façon spécifique pour désigner la dissimulation de ses croyances dans un contexte culturel et religieux hostile. Or l’ouvrage de Tareq Oubrou, qui ne paraît pas être aujourd’hui un méchant homme (ses relations avec l’U.O.I.F., à laquelle il a appartenu, méritant d’éveiller toutefois sérieusement notre attention), me semble relever néanmoins assez largement de cette attitude, mélangeant des connaissances précises aux flous les plus admirables, distillant certains arguments en omettant complètement les arguments contraires, formulant parfois des raisonnements aberrants si l’on n’y prend garde, évacuant des questions absolument essentielles.

Il faut cependant reconnaître qu’on y trouve aussi quelques jugements pondérés et critiques relevant d’une démarche moins partisane dans sa défense de l’islam, mais dont on peut toutefois se demander dans quelle mesure ils ne seraient pas là en réalité pour contribuer à donner une image d’ensemble rassurante et tenter de convaincre le lecteur qu’il existerait un islam doctrinalement modéré (ce qui est loin d’être démontré à lire la biographie de Mahomet) : une sorte de caution morale et de probité, tant les « oublis » de Tareq Oubrou sont nombreux et importants.

Mon objectif sera donc évidemment de me faire l’avocat du diable pour faire apparaître ce qui a pu être intentionnellement laissé dans l’ombre – car il y a bien d’autres choses que vous ne savez sans doute pas et dont ne parle pas Tareq Oubrou –, afin de vous donner certains autres éléments d’analyse vous permettant d’affiner votre jugement quant à savoir jusqu’à quel point certaines thèses développées, de façon policée et apparemment respectueuse des valeurs traditionnelles françaises, peuvent relever de l’utopie personnelle ou de la manipulation intentionnelle par omission ou mensonge. Ces éléments pourront aussi sans doute vous faire mieux comprendre les raisons qui ont conduit l’État Islamique à le condamner à mort au nom de la défense de la doctrine de Mahomet qu’il a, à son sens, dévoyée et qui fait donc de lui un apostat de l’islam.

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Le véritable enjeu concernant la réalité doctrinale du fondamentalisme musulman est moins les effets traumatisants et passagers du terrorisme musulman que la question de la compatibilité de l’islam (de Mahomet) avec le modèle de société français, dans le contexte d’une imprégnation lente mais constante favorisée par ce type de discours sur l’islam, prétendument « modéré », mais qui cautionne une culture religieuse qui se traduit en réalité, dans la pratique et de façon de plus en plus visible aujourd’hui en France, par un enkystement communautaire où la chari’a devient la loi bien avant les lois de la République.

Altercation avec Alain Juppé ou comment Alain Juppé court le risque, par incompétence et inconscience, d’islamiser la France avec son « identité heureuse »

Venu voir une autre personnalité à la sortie des studios de RTL en ce matin du 13 septembre 2016, je suis tombé par hasard (ignorant qu’il y était interviewé) sur Alain Juppé qui en sortait. J’avoue ne pas avoir résisté à l’envie de lui poser la question de savoir s’il avait lu le Coran. Je précise que l’échange qui a suivi a eu lieu en public devant une quinzaine de personnes qui faisait la queue devant l’entrée de RTL.

Vous connaissez sans doute la haute opinion qu’Alain Juppé a de lui-même, issu – il ne l’a visiblement guère oublié – des plus grandes écoles élitistes de notre pays : eh bien, j’ai en été ce matin le témoin vivant. Car, à ma question, Alain Juppé a confirmé les propos qu’il tenait il y a un an dans les colonnes du Parisien : « Lire le Coran, c’est difficile ». Face à ce propos stupéfiant, car le sens du Coran est très clair pour quelqu’un qui se penche un peu sérieusement sur la question, je lui ai répondu que cela était en réalité facile et que, sur un sujet aussi important, un homme de son calibre et qui prétend aux plus hautes fonctions ne soit même pas capable de s’investir était lamentable.

Bien évidemment, Alain Juppé, grand ami de Tareq Oubrou, est monté sur ses ergots avec le plus grand mépris m’accusant de « sectarisme » (ne sachant même pas quel était le sens de mon propos), m’accusant d’incompétence sur le sujet et me faisant la leçon : « J’ai la prétention de connaître beaucoup mieux les musulmans que vous ! ». Il est d’ailleurs intéressant de noter comment Alain Juppé peut sortir de ses gonds lorsqu’on peut facilement lui démontrer objectivement son incompétence, lui qui veut toujours se présenter comme le « sage » qui domine la mêlée.

L’échange s’est terminé sur un rejet hautain et je lui ai proposé, puisque celui-ci mettait en cause ma compétence, d’organiser pour nous deux un Q.C.M. sur l’islam pour juger de nos connaissances respectives : il n’a pas donné suite. Mais pour revenir sérieusement au fond de l’affaire, il est instructif de lire les 4 propositions d’Alain Juppé pour 2017 sur le sujet de la « radicalisation » :

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Comme vous le voyez, aucune réflexion sur les racines doctrinales du terrorisme musulman, ce qui est logique puisqu’Alain Juppé ne maîtrise absolument pas l’enjeu que représente l’islamisation de notre pays et ne comprend pas en quoi consiste la « radicalisation » puisqu’il n’a jamais lu la biographie de Mahomet.

« Sanctionner la consultation des sites jihadistes » ? La belle affaire ! D’abord passons sur la notion de « consultation habituelle » dont on ne sait pas ce que cela veut dire : pour une personnalité qui prétend volontiers donner des leçons de droit, on est un peu étonné. Ensuite, les revues jihadistes sont disponibles sur des sites qui ne sont pas des sites jihadistes : comment va-t-on faire la différence ? En fonction du site que l’on consulte ? C’est d’ailleurs se priver d’une source de documentation importante pour comprendre la logique des terroristes (demandez à Alain Bauer). Si vous voulez lutter contre votre ennemi, vous devez comprendre sa logique et ses ressorts : faut-il poursuivre les spécialistes de l’islam qui consultent ces documentations ? Enfin et surtout, la bonne question à se poser est : pourquoi cette propagande fonctionne-t-elle ? Ne serait-ce tout simplement pas parce qu’elle plonge sa justification au cœur même de l’islam le plus authentique, celui de Mahomet, que les mouvements salafistes remettent à l’ordre du jour ?

Ce qui rejoint le thème abordé par la proposition suivante : « Diffuser un contre-discours laïc sur internet pour lutter contre la propagande » : mais alors, où est passé l’islam de France ? N’est-ce pas à lui de fournir ce contre-argumentaire dont il s’est chargé dans le cadre de l’Instance de dialogue instaurée avec le gouvernement ? En réalité, l’islam de France en est incapable car les textes cités pour les fondamentalistes et leur lecture (simple au demeurant) sont justes. Par ailleurs, proposer un contre-discours « laïc » à une démarche guerrière religieuse n’a aucun sens, Alain Juppé ne l’a toujours pas compris.

Alors disons aux Français : voilà un homme dont l’arrogance le conduit à s’enferrer dans son erreur, car il ne comprend pas l’islam, et dont la suffisance l’empêchera – n’en doutons pas – de faire marche arrière et de changer d’avis sur son utopique « identité heureuse ». C’est oublier que l’identité française s’est construite dans le sang et dans les larmes. Et n’oublions pas qu’Alain Juppé est un des éminents responsables de la façon dont l’immigration a été gérée en France. Donc Français, si vous envisagez de l’élire, réfléchissez bien !

Pourquoi le C.F.C.M. est une voie sans issue pour faire évoluer l’islam de France

On sait que les derniers gouvernements français ont « investi » fortement depuis une quinzaine d’années sur le Conseil Français du Culte Musulman pour essayer de faire de cette organisation un partenaire susceptible d’aider à traiter la question de la non-assimilation de fait en France de la population d’origine maghrébine se manifestant notamment par un rejet violent des valeurs occidentales. Chacun peut constater, d’une part, que cela n’a donné aucun résultat et que le C.F.C.M. se révèle incapable de produire un argumentaire doctrinal opposable à celui des salafistes – et notamment à celui, très fourni, de l’État Islamique – ; d’autre part, que le gouvernement français persiste dans son erreur. Pourquoi ?

On peut penser à quelques raisons très simples :

  • Le C.F.C.M. exclut lui-même de son objet social l’encadrement et l’interprétation de la doctrine de l’islam

Vouloir faire intervenir le C.F.C.M. dans les questions de doctrine, pour notamment former un rempart contre la propagande de l’État Islamique, ne fait pas partie de l’objet social du C.F.C.M., comme l’a rappelé de façon très claire son vice-président Chems-Eddine Hafiz en mars 2015 :

CFCM 150303

CFCM 150303 Objet social

L’objet du C.F.C.M., comme le précise d’ailleurs son intitulé, est la gestion des lieux de culte, et rien d’autre.

  • Quand bien même le C.F.C.M. le voudrait, celui-ci n’aurait aucune légitimité à intervenir dans les questions doctrinales au sein de l’islam sunnite

Il n’existe pas dans l’islam sunnite (qui correspond à celui pratiqué par la population d’origine maghrébine présente sur le territoire français) d’autorité fixant le cadre doctrinal de l’islam. Bien entendu, certaines questions conduisent à un large consensus au sein du monde musulman mais aucune autorité n’a le pouvoir d’imposer quoi que ce soit en ce domaine, même la prestigieuse université d’Al-Azhar. N’importe quel imam français peut donc proposer sa lecture des textes sacrés musulmans et le C.F.C.M. n’y peut rien.

  • Le gouvernement français continue à instrumentaliser le C.F.C.M. pour tenter d’empêcher que la question culturelle liée à l’immigration maghrébine ne lui explose à la figure

En l’absence d’autre interlocuteur, le gouvernement français n’a d’autre solution, pour tenter de gérer – avec l’inefficacité qu’on voit – les conséquences culturelles inexorables d’une immigration musulmane incontrôlée, que d’exciper une organisation censée représentée les musulmans de France (ce que le C.F.C.M. n’est pas, beaucoup de musulmans ne le reconnaissant pas) pour lui faire dire ce dont il a besoin dans le cadre d’un donnant-donnant qui soumet l’État français à des revendications musulmanes de plus en plus pressantes. Dépassé par la situation, l’État français espère un miracle : que la situation s’améliore d’elle-même avec le temps…

En effet, les politiques français, qui refusent d’admettre leur légèreté et leur responsabilité dans la gestion désastreuse depuis 40 ans de l’immigration musulmane maghrébine (l’immigration d’Europe posant des questions d’une ampleur sans commune mesure avec celle du Maghreb), ont choisi de fuir la question culturelle et de civilisation fondamentale que cette évolution soulève pour tenter de rassurer les Français par des messages unidirectionnels à visée volontaire apaisante et une censure systématique dans les grands médias des voix critiques et donc discordantes à l’égard de l’islam (à l’exception de 4 ou 5 personnalités ayant déjà pignon sur rue et qu’il reste difficile de bâillonner complètement).

  • Conclusion : la situation ne peut que se détériorer aux dépens de ce qui constitue l’identité française

La gestion incohérente de cette situation par les différentes tendances au pouvoir en France va conduire à une dégradation inexorable de la situation se traduisant par une remise en cause de plus en plus claire et massive – notamment pour des raisons démographiques – de ce qui constitue l’âme de l’identité française.

Le gouvernement français ayant décidé d’abandonner les Français à leur triste sort – ceux-ci semblant d’ailleurs incapables de prendre en main la défense de leurs valeurs –, tout ceci nous mène droit à une libanisation dont le signe précurseur évident est l’explosion des revendications communautaires et leur extension à des domaines de la société de plus en plus larges : foulard islamique et burqa (non sanctionnée par la police malgré la loi), prière en entreprise et aménagement des temps de travail (cf. ramadan), jours fériés musulmans, financement des mosquées, repas halal dans les cantines (et généralisation de fait de la vente de viande halal à tous les consommateurs pour des raisons industrielles dans les supermarchés ou grandes chaînes de restauration), pression sur la vente de certains produits (charcuterie, alcool, etc.) dans certains quartiers, conditions d’exercice du sport à l’école, remise en cause de la mixité dans de nombreuses situations, constitution d’un parti politique musulman, pressions de plus en plus fortes pour empêcher la critique de la religion musulmane, enkystement religieux dans certaines communes de France qui deviennent des zones de non-droit, reconnaissance en France de mariages en terre musulmane avec des très jeunes femmes, etc.

L’islam de Michel Onfray et d’Alain Juppé : même combat ?

Tout le monde a en mémoire la façon dont Michel Onfray a rappelé à l’ordre et à ses responsabilités Alain Juppé sur le plateau de Canal Plus en mars 2015 à propos du Coran, Alain Juppé, ancien premier ministre, « confessant » qu’il n’avait pas lu le Coran tout en ayant bien entendu un avis éclairé sur la question musulmane. Pire même, Alain Juppé (ancien élève des plus grandes écoles françaises) déclarait lors d’une interview donnée au Parisien en août 2015 que la lecture du Coran lui paraissait « difficile » et qu’« une vague connaissance du Coran était suffisante ».

À l’opposé, il est incontestable que Michel Onfray s’est penché sérieusement sur la lecture textes sacrés musulmans. Toutefois, et pour une raison inexplicable, celui-ci semble finir par rejoindre très curieusement la conclusion d’Alain Juppé sur la compatibilité « espérée » de l’islam avec les valeurs de la France.

Je vous propose d’expliquer cette incongruité à la double occasion de la publication récente du livre de Michel Onfray « Penser l’islam » et de l’interview d’Alain Juppé dans « Vie politique » sur TF1 le dimanche 12 juin 2016.

  • Alain Juppé et l’islam : une analyse absurde fondée sur l’ignorance

Alain Juppé a évoqué dimanche sur TF1 « deux attitudes possibles » sur l’islam : « Si on considère que l’islam est par construction incompatible, insoluble dans la République, c’est la guerre civile » ou « il peut y avoir aujourd’hui, il doit y avoir, une lecture du Coran et une pratique de la religion qui soient compatibles avec les lois de la République et avec tous nos principes y compris l’égalité entre les hommes et les femmes. » : propos absolument stupéfiant !

En effet, on voit par cette alternative qu’à aucun moment Alain Juppé ne se soucie de la nature profonde de l’islam et du modèle de société qu’il prône, ce qui est compréhensible au demeurant puisque Alain Juppé parle d’un sujet qu’il reconnaît ignorer. Alain Juppé se contente donc de faire de la casuistique théorique qu’il aurait pu appliquer à n’importe quelle religion ou spiritualité, voire idéologie (nazisme, fascisme, stalinisme,…). Chemin faisant, il remet en cause l’intérêt même de la recherche de la vérité, ce qui n’est guère un signe de probité intellectuelle pour un candidat à la plus haute fonction.

Alain Juppé ne sait en réalité que promettre « la guerre civile » aux Français qui s’opposeraient au modèle de société prôné par l’islam : vu sous cet angle, les Français n’auraient donc pas le choix et devraient se plier au diktat d’un modèle de société et de valeurs ardemment défendu par son ami l’imam de Bordeaux, Tareq Oubrou.

Alain Juppé exclut ainsi une troisième possibilité pourtant très simple, mais nécessitant un certain courage, consistant à ouvrir sans tabou avec les musulmans vivant en France, qui ignorent pour la plupart leurs propres textes sacrés (Coran, mais aussi hadiths et biographie de Mahomet), un vrai débat sur la valeur du modèle islamique comparé aux autres modèles et sa contribution au monde moderne (dans tous les domaines : sciences, arts, industrie, services, etc.) ; bref, un débat sur l’utilité du modèle musulman dès lors qu’il prétend être autre chose qu’un modèle spirituel et comportemental privé. Car pourquoi la société française devrait-elle accepter de changer de modèle si c’est pour régresser ?

Le projet socio-religieux d’Alain Juppé pour la France se résume donc, s’il devient chef de l’État, au développement progressif mais inéluctable du communautarisme – qu’il espère sans heurts, étant confit dans un œcuménisme naïf –, alors même que l’évidence saute aux yeux : aucun pays occidental (et a fortiori musulman) n’a jamais démontré la capacité de l’islam à s’intégrer harmonieusement dans un autre système de valeurs, et ceci pour une raison élémentaire : l’islam est viscéralement – voire agressivement – communautariste. Si Alain Juppé avait lu le Coran, il le saurait :

Sourate 3, verset 110. Vous [musulmans] formez la meilleure communauté qui ait surgi parmi les hommes : vous ordonnez le convenable, vous interdisez ce qui est blâmable et vous croyez en Allah. (…)

Sourate 3, verset 139. Ne perdez pas courage, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais musulmans.

Sourate 22, verset 78. Combattez pour Allah comme il le mérite. C’est Lui qui vous a choisis et Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion, celle de votre père Abraham, lequel vous a déjà nommés autrefois « Musulmans » [« soumis »] et dans ce Livre [le Coran], afin que le messager soit témoin contre vous et que vous soyez vous-mêmes témoins contre les hommes. (…)

Comme le reconnaît avec beaucoup plus de lucidité Malek Chebel dans son Dictionnaire encyclopédique du Coran : « Article « Amitié avec les incrédules » : Tout lien avec un infidèle ou un incroyant est considéré comme une compassion pour ses idées, et parfois comme une adhésion pure et simple. Dieu défend aux croyants de se lier avec les infidèles. »

  • La théorie erronée du « prélèvement » de Michel Onfray

Si Michel Onfray a effectivement lu les textes musulmans, la lecture de ses ouvrages donne une impression de schizophrénie du fait du refus obstiné, et à vrai dire incompréhensible, d’une logique qui paraît pourtant simple et évidente au profit de sa théorie du « prélèvement » développée dans son ouvrage « Penser l’islam », et qui figurait déjà dans son « Traité d’athéologie ».

Contrairement à Alain Juppé, Michel Onfray est parfaitement conscient du caractère agressif et violent de l’islam de Mahomet en dépit des dénégations de nombre d’islamologues occidentaux : « Précisons d’abord que dire qu’il y a dans le Coran des sourates qui invitent à la guerre, au massacre des infidèles, à l’égorgement, puis rappeler Mahomet lui-même fut un chef de guerre qui allait personnellement au combat en y tenant son rôle, ne devrait pas être considéré comme islamophobe. Sauf à refuser que le Coran soit le Coran et que le Prophète ait eu la vie qu’il ait eue ! Un grand nombre de sourates légitiment les actions violentes au nom de l’islam. » Et de citer de nombreuses « sourates [ou versets] (….) qui (…) rendent possible un islam de guerre, d’intolérance et de haine » : « « Exterminez les incrédules jusqu’au dernier » (C8/7), ou sur ces propos extraits de la Sîra : « Tout juif qui vous tombe sous la main, tuez-le » (C2/58-60), « Tuez les polythéistes partout où vous les trouverez » (C17/58) ». Ou encore : « l’islam de guerre, d’intolérance et de massacre qui se réclame des antisémites ou destinées à justifier le massacre des infidèles (VIII.7, VIII.12, VIII.17, VIII.39, etc.) ».

Mais Michel Onfray semble contrebalancer cette violence qui se déploie largement dans le Coran par des versets, très peu nombreux, invitant apparemment à la paix. En réalité, ce sont toujours les deux mêmes qui sont cités, y compris par Michel Onfray : « « Pas de contrainte en matière de religion » (sourate 2, verset 256), ou bien encore : « Celui qui sauve un seul homme est considéré comme s’il avait sauvé tous les hommes » (sourate 5, verset 32) ». Il est d’ailleurs intéressant de noter que Michel Onfray cite à nouveau le même verset 256 de la sourate 2 un peu plus loin dans son livre « Penser l’islam » en le présentant cette fois comme l’unique verset de paix du Coran : « L’islam de paix, de tolérance et d’amour qui s’appuie sur la fameuse et unique [mot mis en évidence par l’auteur] sourate [en réalité verset] « Pas de contrainte en matière de religion » ».

Quant à la phrase introductive des sourates invoquant un dieu miséricordieux, Michel Onfray fait lui-même la constatation suivante : « Hormis de rares exceptions, toutes les sourates du Coran s’ouvrent en invoquant la miséricorde divine : « Au nom de Dieu, celui qui fait la miséricorde, le Miséricordieux ». Or la miséricorde, si j’en crois mon dictionnaire Littré, renvoie à la pitié qu’on a : « Sentiment par lequel la misère d’autrui touche notre cœur », dit-il. Comment Dieu peut-il alors tant vouloir, et à longueur de page du livre saint, la mort des infidèles, le châtiment des incroyants, la mutilation des adversaires, la guerre et la vendetta, le trépas des apostats ? Les vertus de la miséricorde sont le pardon, l’indulgence, la douceur, la longanimité, la magnanimité, la bonté, la clémence, la tolérance, la compréhension ! Or on cherche en vain, chez ce Dieu miséricordieux, les moments où on le voit pratiquer ces vertus. »

Michel Onfray se contente donc de constater les multiples contradictions apparentes du Coran pour en tirer la conclusion erronée que, comme l’on trouve ce qu’on veut dans le Coran, le Coran peut être vu comme une source de paix ou de guerre selon ce qu’on vient y chercher, y « prélever » : « D’autres [sourates], moins nombreuses, mais elles existent aussi, invitent à l’amour, à la miséricorde, au refus de la contrainte. On peut se réclamer des unes ou des autres. On obtiendra dès lors deux façons d’être musulman. Deux façons contradictoires même. »

Ainsi, selon lui, tout le monde a raison : « La contradiction est dans le texte : ceux qui professent un islam des lumières ont raison, il se trouve dans le Coran ; mais ceux qui professent un islam belliciste et conquérant ont également raison, car il se trouve aussi dans le Coran. Tout est affaire de prélèvement. Quiconque voudra la paix a priori aura des sourates pour lui donner raison ; mais quiconque voudra la guerre a priori disposera aussi d’autres sourates qui lui donneront raison. (…) Non, je ne dis pas qu’il y a deux Coran mais, relisez-moi, que dans un même Coran, il existe des textes très hétérogènes dont les uns disent certaines choses et d’autres des choses contraires à ce qui a été dit quelques versets avant. Je vous renvoie à mes citations de sourates pacifiques et de sourates belliqueuses, de sourates tolérantes et de sourates intolérantes. Je vous donne les références des sourates et des versets. Que faites-vous de ces contradictions ? Et que faites-vous des sourates intolérantes et belliqueuses ? Prétendez-vous que je les ai inventées ? Qu’elles ont été mal traduites ? Voire, je connais l’argument, il m’a déjà été souvent servi, qu’elles ont été traduites et éditées, voire inventées, par des traducteurs et des éditeurs sionistes ? Je vous le redis, le Coran porte de quoi justifier le meilleur et le pire, lisez-le ou relisez-le attentivement. »

Ou encore « Tout musulman qui se contenterait d’honorer ces versets qui ouvrent le livre, sans aller plus loin que cette phrase qui dit de Dieu qu’il est miséricordieux, ne pourrait jamais toucher un seul cheveu de son prochain. En revanche, tout musulman qui irait chercher dans le texte de quoi justifier colère et vindicte, vengeance et châtiment, revanche et punition, y trouverait aussi de quoi justifier ses faits et gestes. Dès lors, c’est le prélèvement qui fait la différence : celui qui s’appuie sur les versets de paix et de tolérance ne vivra pas (et ne fera pas vivre…) le même islam que celui qui fondera son action sur les versets qui justifient le sang versé. C’est quand l’islam devient politique que le problème se pose : si un pays effectue les prélèvements dans l’islam de paix, il n’aura pas la même histoire que celui qui voudra l’islam de guerre. » Et « C’est tout le problème du prélèvement. Comme il existe dans le Coran une sourate qui dit une chose et une autre qui dit son contraire, on ne peut tenir ensemble, sauf sophistique dans l’esprit d’Averroès, des choses contradictoires ».

Cette conclusion est erronée pour trois raisons :

1) les deux versets mentionnés ci-dessus ne sont pas probants

D’une part, le verset « Nulle contrainte en religion » a été abrogé par l’ouverture de la phase du jihad contre les infidèles, qui n’a jamais été doctrinalement stoppée.

D’autre part, le verset « Celui qui sauve un seul homme est considéré comme s’il avait sauvé tous les hommes » est la simple reprise de la Tradition juive (tuer un homme c’est tuer sa descendance) dans le contexte biblique de l’assassinat d’Abel par Caïn dans la Torah (Genèse 4), premier meurtre de l’histoire du monde. Dans la Torah, Yahvé établit ensuite une protection à l’égard de Caïn afin qu’il ne soit pas puni par le reste de l’humanité (le premier venu) pour cette faute personnelle, ce qui était une façon de rompre le cycle de la violence personnelle déclenché par Caïn et sans doute aussi de dire à l’humanité qu’il ne fallait plus tuer.

Or il faut donner la version complète du verset 32 de la sourate 5 : « C’est pourquoi Nous avons prescrit aux enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque sauve un seul homme, c’est comme s’il avait sauvé tous les hommes. Nos messagers sont venus à eux avec les preuves mais, par la suite, beaucoup d’entre eux se mirent à commettre des excès sur la terre. », c’est-à-dire : « par la suite [c’est-à-dire après la révélation divine], les hommes se sont [re]mis à commettre des excès sur la terre », le verset constate que les hommes n’ont pas respecté le commandement de Yahvé. C’est la raison pour laquelle la patience de Dieu semble avoir atteint ses limites, ce qui se traduit dans les versets suivants au temps de Mahomet :

Sourate 5, versets 33 & 34 : « La rétribution de ceux qui font la guerre contre Allah et son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas ; et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment, excepté ceux qui se sont repentis avant de tomber en votre pouvoir. Sachez qu’alors, Allah pardonne et est miséricordieux. »

Quel amour et quelle miséricorde y a-t-il dans ce verset ?

2) Dire du Coran qu’il dit tout et son contraire revient à en anéantir l’intérêt et la valeur

Un texte qui dirait tout et son contraire n’a aucune valeur. Il est donc étonnant que Michel Onfray s’en tienne à l’absurdité de ce constat sans chercher à la dépasser : « Mais au nom de quoi pouvez-vous, vous, simple créature humaine, décider de ce qui, dans un livre dicté par Dieu au Prophète, doit être conservé et doit être rejeté ? Pensez-vous que les hommes peuvent prélever dans un texte dicté par Dieu ce qui les arrange et écartez ce qui les gêne ? Car que ferez-vous de celui qui vous dira que les sourates homophobes le gênent et qu’il faut défendre les droits des homosexuels malgré la sourate qui les condamne ? Et de celui qui vous dira que les sourates antisémites sont à écarter ? De même que les sourates misogynes ? Le Coran n’est pas un supermarché dans lequel on prélève ce qui nous arrange. (…) Je vous rappelle cette sourate : « Voici le livre, il ne renferme aucun doute » (II). »

3) La cohérence du Coran est facilement restaurée par la prise en compte de la nature fondamentalement politique de l’idéologie de Mahomet et du principe de l’abrogation

Michel Onfray n’ignore pas l’existence de versets abrogés et abrogeants mais ne s’y réfère pas dans son dernier ouvrage. Il les dédaigne dans son « Traité d’athéologie » en les qualifiant de « finasserie ». Pourtant, le principe de l’abrogation est clairement exprimé dans le Coran et a toute son importance :

Sourate 2, verset 106. Si Nous abrogeons un verset ou que Nous le faisons oublier, Nous le remplaçons par un autre, meilleur ou semblable. Ne sais-tu pas qu’Allah peut tout ?

Sourate 13, verset 39. Allah efface ou confirme ce qu’Il veut. L’Écriture primordiale est auprès de Lui.

Sourate 16, verset 101. Quand Nous remplaçons un verset par un autre – et Allah sait ce qu’Il révèle – ils disent : « Tu n’es qu’un faussaire ». Mais la plupart d’entre eux ne savent pas.

Comment en effet comprendre le passage d’une prédication pacifique (pour simplifier à La Mecque) mais infructueuse à une prédication guerrière et violente (pour simplifier à Médine) ? Il suffit de lire la biographie de Mahomet pour prendre conscience que la seconde a tout simplement abrogé la première, Mahomet ayant changé de discours politique en raison des échecs qu’il rencontrait. Il n’y a donc pas de contradiction dans le message coranique final qui est à retenir et qui est chronologiquement le dernier (Médine) et le plus intolérant.

En revanche, la cécité de Michel Onfray sur cette question est assez inexplicable.

  • Conclusion

Alain Juppé et Michel Onfray arrivent donc à la même conclusion, « qu’il peut exister un islam compatible avec les valeurs françaises », par deux voies très différentes mais tout aussi hasardeuses. En réalité, l’islam de France « modéré » ne parvient, tant bien que mal, et avec de plus en plus de mal d’ailleurs, à respecter les valeurs françaises que parce qu’il n’applique pas et ne copie pas l’islam pratiqué par le Prophète qui est pourtant le modèle à suivre ; c’est donc en quelque sorte un islam d’apostats comme le fait remarquer l’État Islamique.

Ce vernis de pratique religieuse fait ainsi croire à la population française par ignorance que le vrai islam est cet islam qui a abandonné le modèle prophétique, modèle beaucoup plus rigoureux et auquel reviennent en réalité tous les fondamentalistes lorsqu’ils se penchent sérieusement sur leurs textes sacrés. L’islam de Mahomet est d’ailleurs l’islam pratiqué (hors la question du jihad) par la plupart des pays du Golfe : inégalité homme-femme, polygamie, absence de laïcité, inégalité des droits des musulmans et non-musulmans, châtiment corporels, etc.

Pourquoi l’enjeu de l’enseignement de l’arabe à l’école semble tant préoccuper Najat Vallaud-Belkacem

Les récents échanges à l’Assemblée Nationale entre Najat Vallaud-Belkacem et la députée LR Annie Genevard (séance de questions au gouvernement du 25 mai 2016) relatifs à l’enseignement de l’arabe à l’école sont intéressants à analyser car ils ont une portée et une signification implicites qu’il ne faut pas négliger.

Assemblee Nationale 160525

Assemblee nationale 160525 Belkacem Genevard

  • Le cadre du débat

Annie Genevard conteste la politique du gouvernement en matière de langues en évoquant les efforts faits au profit des « langues communautaires » dans le cadre des Enseignements de Langue et de Culture d’Origine (ELCO) et au détriment du français, qualifiée selon elle par le gouvernement de « langage parmi d’autres », le débat portant en réalité sur la langue arabe.

La circulaire n° 2016-058 du 13 avril 2016 relative à la rentrée 2016-2017 et publiée au Bulletin officiel de l’Éducation Nationale indique que « La maîtrise des langages, et notamment de la langue française, y [le cycle 2] constitue l’objet d’apprentissage central, dans tous les enseignements. » Cette formulation ne correspond pas exactement à celle de la députée LR de « langage parmi d’autres » mais c’est effectivement bien la même idée, raison pour laquelle Najat Vallaud-Belkacem n’a pas contesté ce point dans sa réponse.

Les ELCO visent à la scolarisation des enfants des travailleurs migrants dans le cadre d’une directive européenne de 1977 qui dispose que « Les États membres prennent, conformément à leurs situations nationales et à leurs systèmes juridiques, et en coopération avec les États d’origine, les mesures appropriées en vue de promouvoir, en coordination avec l’enseignement normal, un enseignement de la langue maternelle et de la culture du pays d’origine en faveur des enfants ». Les ELCO concernent neuf pays (l’Algérie, la Croatie, l’Espagne, l’Italie, le Maroc, le Portugal, la Serbie, la Tunisie et la Turquie) et leur objectif était initialement de préparer, dans le cadre d’accords bilatéraux avec les pays d’origine, le retour des immigrés venus travailler sur le sol français.

Le retour dans les « pays d’origine » n’ayant plus lieu, la logique aurait voulu qu’on supprimât purement et simplement les ELCO. Or ceux-ci existent toujours et sont utilisés par le gouvernement actuel comme un moyen d’étendre la diffusion de nouvelles langues, et en particulier de l’arabe, avec un objectif de généralisation en 2018 de l’expérimentation qui entrera en vigueur à la rentrée prochaine.

Sans rentrer dans la polémique sur l’intention du gouvernement (alors même que celui-ci a déjà porté un coup sévère au grec et au latin qui sont au fondement des racines culturelles européennes et françaises), attardons-nous sur la spécificité de la langue arabe qui rend le débat si sensible.

  • La langue est un moyen d’accès à une culture

Toute langue est un moyen d’accès à une culture donnée et son enseignement n’a rien en soi de problématique. La question qui se pose plutôt à l’Éducation Nationale est la priorisation de moyens financiers nécessairement limités.

La première urgence est bien évidemment l’enseignement de la langue française, dont Najat Vallaud-Belkacem ne semble pas particulièrement éprise puisque sa circulaire place cette langue au même rang que les autres (« notamment »), ce qu’elle ne cherche d’ailleurs pas à contester dans sa réponse à l’Assemblée Nationale. Cette réponse interpelle quant à sa place dans le gouvernement car comment un ministre peut-il représenter dignement un pays dont la langue – base de la culture – lui est à ce point indifférente (elle, qui, par ailleurs, avait refusé il y a quelques mois de condamner sur un plateau de télévision les propos ouvertement islamistes d’un de ses coreligionnaires) ?

Un autre critère de choix important est, dans l’environnement concurrentiel international qui est le nôtre, le potentiel commercial de la langue : on peut toujours mettre le chinois au même rang que l’arabe comme le fait Najat Vallaud-Belkacem dans sa réponse mais cela paraît pour le moins saugrenu sous cet angle : il paraît nettement plus urgent de renforcer par un dispositif étoffé les connaissances en chinois de nos concitoyens pour faciliter par exemple l’accueil de multitudes de touristes chinois ou le tissage d’un réseau relationnel étoffé dans avec l’empire du milieu, que de promouvoir l’enseignement de la langue arabe dont on ne voit pas bien comparativement le potentiel économique. Dans les pays du Moyen-Orient arabe, les affaires se traitent essentiellement en anglais et depuis longtemps, par des élites en outre le plus souvent éduquées en anglais (localement ou par le passage par les universités anglo-saxonnes). Et pour ce qui est du tourisme arabe en France, il ne représente un enjeu significatif que dans quelques palaces parisiens.

Quant au dernier critère, également fondamental, le critère culturel (littérature, poésie, histoire, etc.), on ne peut pas l’aborder sans faire un rappel élémentaire sur la spécificité de la langue arabe.

  • La langue arabe n’est pas une langue comme une autre : c’est la langue d’Allah

On veut bien entendre Najat Vallaud-Belkacem dans sa réponse lorsqu’elle ne fait aucune différence entre les différentes langues, avec l’optique implicite consistant à niveler leur intérêt respectif et qui évite tout discours différenciant et comportant un jugement, mais cela ne paraît pas très raisonnable, surtout d’ailleurs vis-à-vis du français, compte tenu de l’immensité du patrimoine culturel – et entre autres choses littéraire – de notre pays.

Car la langue arabe n’est clairement pas une langue comme une autre, comme le revendiquent d’ailleurs haut et fort les musulmans : c’est la langue d’Allah et la langue de la révélation, le Coran.

Sourate 12, verset 2. Nous avons fait descendre un Coran en langue arabe ; peut-être raisonnerez-vous.

Sourate 13, verset 37. Ainsi avons-Nous fait descendre une sagesse [le Coran] en arabe. (…)

Sourate 16, verset 103. (…) Mais la langue de celui auquel ils pensent est une langue barbare [non arabe] alors que celle-ci [celle du Coran] est une langue arabe claire.

Sourate 19, verset 97. Nous avons rendu le Coran facile à comprendre en ta langue [l’arabe], afin que tu annonces la bonne nouvelle aux hommes qui craignent Allah, et que tu avertisses un peuple hostile.

Sourate 26, verset 195. C’[le Coran] est une révélation en une langue arabe claire.

Sourate 26, verset 198. Si Nous l’avions fait descendre sur un non-Arabe,

Sourate 26, verset 199. et que celui-ci le leur eut récité, ils n’y auraient pas cru.

Sourate 41, verset 44. Si Nous avions fait un Coran en une langue autre que l’arabe, ils auraient dit : « Pourquoi ses versets n’ont-ils pas été exposés clairement ? Pourquoi un Coran non-arabe alors que nous parlons arabe ? » (…)

Sourate 42, verset 7. Ainsi, Nous t’avons révélé un Coran arabe afin tu avertisses la Mère des cités [la Mecque] (…).

Sourate 43, verset 3. Nous avons fait un Coran arabe (…).

Sourate 46, verset 12. Avant lui [le Coran], le Livre de Moïse a été donné comme guide et comme miséricorde. Celui-ci [le Coran] est un livre confirmant les précédents, en langue arabe, (…).

À ce titre, pour les musulmans, l’arabe est nécessairement la langue la plus noble de toutes. Ce qui vaut d’ailleurs à de nombreux islamologues de gratifier leurs auditeurs de citations en arabe avant de les traduire en français, démarche dont on ne voit pas trop bien l’intérêt, sauf pour tenter d’« en imposer » par un côté savant et un peu pédant, ou surtout pour mettre à distance les non-arabisants en niant implicitement par ce moyen la légitimité de leur compréhension et de leurs critiques ; à ce petit jeu, l’imam Mohamed Bajrafil apparaît d’ailleurs comme un des champions (allez le voir sur internet, c’est assez drôle).

C’est un peu comme si chaque chrétien pour parler de la culture chrétienne éprouvait le besoin de citer d’abord les Évangiles en grec – voire des paroles du Christ en araméen – avant d’en restituer le sens par une traduction dans la langue courante. Le christianisme n’a heureusement jamais eu cette prétention ridicule, quoiqu’il ait partir eu maille à partir avec l’emploi du latin comme langue liturgique afin notamment de conserver un certain caractère sacré aux choses de la religion.

Le grotesque de la revendication musulmane au statut de langue divine apparaît d’autant plus clairement que, d’une part, on voit mal quel sens donner à la démarche d’un dieu (Allah) qui ne voudrait s’adresser aux hommes que dans une langue qu’une toute petite partie du monde comprend, ce qui revient à se couper de son public cible puisque l’islam prétend être une religion universelle (la partie du monde musulman qui comprend l’arabe classique étant très réduite) ; d’autre part, par le fait que l’emploi de l’arabe est une simple contrainte historique qui résulte du contexte géographique dans lequel la prédication de Mahomet s’est déroulée, et qui a conduit à l’émergence et à la fixation d’une langue dans une population pratiquant divers dialectes au sein de la péninsule arabique.

Sur le fond, il est d’ailleurs extrêmement curieux qu’une religion prétende être inintelligible autrement que dans une langue donnée : c’est prouver son incapacité à délivrer un message et des concepts clairs à l’esprit humain, puisqu’ils seraient prétendument intraduisibles. D’ailleurs, la revendication à l’inimitabilité du Coran laisse de ce point de vue assez perplexe. Comme le faisait remarquer il y a quelques semaines l’émission « Islam » diffusée par la communauté musulmane le dimanche matin à la télévision sur France 2, il existe environ 120 traductions différentes du Coran en français aujourd’hui : ce nombre énorme pousse naturellement à s’interroger sur la clarté du texte (alors même que le Coran ne semble guère manipuler de notions théologiques complexes qui justifieraient une telle prolixité).

À ce propos, Marie-Thérèse Urvoy fait remarquer qu’il faudrait préférer le terme « pure » au terme « claire » dans les traductions à propos de la langue arabe (cf. les versets précédemment cités issus de traductions courantes) « car le langage du Coran est loin d’être clair ; à preuve la masse énorme de commentaires philologiques qui ont été élaborés à son sujet. Il faut plutôt voir dans cette phrase une réponse à la récrimination des contemporains de Muhammad se plaignant que les Arabes, contrairement aux juifs et aux chrétiens, n’aient pas été gratifiés d’une révélation propre ».

Pour Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, « On ne connaît plus avec certitude le sens qu’avaient bien des termes utilisés par le Coran, dans le milieu où il est apparu. La polysémie de nombreux termes arabes laisse également le traducteur perplexe : le recours aux commentaires anciens, qui alignent tous les sens possibles, ne fait le plus souvent qu’accroître son embarras. » La consultation de la traduction de Régis Blachère (1950), qui reste une référence par sa fidélité à la lettre du texte arabe, fait apparaître dans la traduction de nombreux points d’interrogation (?) ou de passages implicites ou manquants (entre crochets).

Même la simple lecture ou récitation du Coran a longtemps recouvré des formes différentes selon Michel Cuypers et Geneviève Gobillot : « Même à l’intérieur du texte reçu, l’uniformité de lecture n’était pas absolue du fait de la déficience de l’écriture, à l’époque : par exemple, des phonèmes aussi différents que b, t, th, n, y étaient écrits avec une même lettre. L’absence de signes pour les voyelles courtes permettait des différences grammaticales et donc de sens, par exemple entre les formes active ou passive des verbes. Il y avait en conséquence des traditions de « lectures » (qirâ’at) différentes du Coran qui s’instaurèrent localement, dans plusieurs villes. Progressivement, des lectures majoritaires s’imposèrent qui, au Xème siècle, furent limitées à sept, puis à dix et enfin à quatorze. Trois conditions étaient nécessaires pour qu’une lecture soit autorisée : 1) qu’elle s’appuie sur les traditions remontant au Prophète ; 2) qu’elle corresponde à la forme de la langue arabe dans laquelle le Coran a été révélé ; 3) qu’elle corresponde à l’écriture du codex uthmanien. (…) Au XVème siècle, les Ottomans adoptèrent la lecture dite « de Hafs » qui, dès lors, se répandit dans tout l’empire. Seules à ses franges en demeurèrent quelques autres. En 1923, sur ordre du roi Fouad, fut imprimée au Caire une version officielle de la lecture des Hafs, laquelle constitue aujourd’hui le texte de référence quasi universel. Parmi les autres, seule celle dite « de Warsh » était imprimée : elle subsiste en Afrique de l’ouest et du nord-ouest. »

Bref, la complexité de la question linguistique coranique, même pour des arabisants chevronnés, n’est pas une divine surprise mais quelque chose de tout à fait bien connu. On est loin de l’évidence d’un message prétendument divin, parfaitement clair et explicite (ce manque d’évidence ayant fait les choux gras du soufisme, mais c’est une autre histoire).

  • Comment éviter le caractère communautariste de l’enseignement de l’arabe dans le contexte français actuel

Si la France avait « digéré » l’immigration musulmane – ou si elle soulevait beaucoup moins de problèmes (comme l’immigration asiatique par exemple) –, la question de l’enseignement de l’arabe se poserait sans doute dans des conditions très différentes, sous un angle purement culturel (littérature, poésie, etc.) et non politique et identitaire : or tel n’est clairement pas le cas aujourd’hui. Il suffit de se promener dans certaines banlieues ou certains quartiers pour le constater.

Ce n’est en réalité guère surprenant car ce qui caractérise fondamentalement le monde musulman, c’est son communautarisme radical. Il suffit de lire le Coran (tâche qui paraît néanmoins insurmontable à certains hommes politiques, comme Alain Juppé) pour constater que le communautarisme est un des fondements de l’islam :

Sourate 3, verset 110. Vous [musulmans] formez la meilleure communauté qui ait surgi parmi les hommes : vous ordonnez le convenable, vous interdisez ce qui est blâmable et vous croyez en Allah. Si les gens du Livre [les juifs et les chrétiens] croyaient, ce serait meilleur pour eux. Parmi eux, certains croient, mais la plupart d’entre eux sont des pervers.

Sourate 3, verset 139. Ne perdez pas courage, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais musulmans.

Sourate 21, verset 92. Cette communauté qui est la vôtre [la communauté musulmane] est une communauté unique. Je [Allah] suis votre Seigneur. Adorez-Moi donc.

Le Coran recommande également l’émigration plutôt que de vivre en territoire de guerre (dar-al-harb), à l’image de l’émigration de Mahomet vers Yathrib : « Les anges enlèveront leurs âmes de ceux qui se sont faits du tort à eux-mêmes en disant : « En quel état étiez-vous ? » – Nous étions faibles sur terre, dirent-ils. Alors les anges diront : « La terre d’Allah n’était-elle pas assez vaste pour vous permettre d’émigrer [en terre musulmane] ? ». Voilà bien ceux dont le refuge sera la Géhenne. Quelle mauvaise destination ! À l’exception de ceux qui sont faibles et incapables parmi les hommes, femmes et enfants, qui ne sont pas guidés sur la bonne voie. À ceux-là, il se peut qu’Allah accorde Son pardon. (…) » (sourate 4, versets 97 à 99)

Mais en réalité le communautarisme dépasse de loin la seule question de l’émigration et touche tous les aspects de la vie sociale, jusqu’à même interdire les liens avec les mécréants, comme l’indique Malek Chebel dans son Dictionnaire encyclopédique du Coran : « Article « Amitié avec les incrédules » : Tout lien avec un infidèle ou un incroyant est considéré comme une compassion pour ses idées, et parfois comme une adhésion pure et simple. Dieu défend aux croyants de se lier avec les infidèles. »

La conséquence tout à fait logique et naturelle est qu’aucun pays musulman aujourd’hui n’offre un modèle social égalitaire sans distinction aucune de la religion : un non-musulman ne peut par définition pas avoir les mêmes droit qu’un musulman en terre d’islam. Les minorités vivant dans les pays musulmans connaissent les conséquences détestables de ce type d’idéologie inégalitaire, dont on ne sait jamais jusqu’où elle peut aller : souvenons-nous du génocide arménien (un million et demi de morts), certes de moindre ampleur que la désolation provoquée par l’idéologie également inégalitaire de la race aryenne, mais tout de même.

Le communautarisme musulman est un secret de polichinelle bien encapsulé dans la technique du double discours consistant à enrober ce communautarisme dans une logique de « contribution » qui serait bénéfique à l’Occident (mais on ne voit jamais sous quel angle) : le maître de cette dialectique est sans conteste Tariq Ramadan.

En effet, le maintien de ce communautarisme, pour des motifs apparemment respectables, est la clef de voûte de la stratégie à long terme visant à l’islamisation de la France souhaitée par Tariq Ramadan : « Il ne s’agit pas pour nous, pour donner l’impression que nous nous intégrons à l’ordre de la rationalité, de relativiser les principes universels de l’islam. Ce qui est en jeu, à notre avis, c’est de savoir comment l’universel islamique accepte et respecte le pluralisme et la conviction d’autrui. L’esprit postmoderniste voudrait insensiblement nous mener à confondre la seconde proposition avec la première. Nous nous y refusons : c’est au nom de l’universalité même de mes principes que ma conscience est sommée de respecter la diversité et le relatif et c’est pourquoi, même en Occident (surtout en Occident), il ne s’agit pas de penser l’ordre de notre présence en terme de « minorité ». Ce qui semble est un moment de notre réflexion : « la minorité musulmane », « le droit et la jurisprudence des minorités » (fiqh al-aqaliyyat), devra, à notre sens, être repensé. »

En effet, il ne s’agit à aucun moment pour Tariq Ramadan de laisser penser que les musulmans vont accepter de se fondre dans la culture française comme l’ont globalement fait les dernières vagues récentes d’immigrés, le fait de se fondre ne signifiant pas d’ailleurs perdre son identité mais s’en approprier une autre en teintant (et pas autre chose) celle du pays d’accueil d’une nouvelle diversité. Alors que les immigrés pouvaient se faire une fierté de s’intégrer à la société française autrefois (parfois jusqu’à aller à refuser d’apprendre à leurs enfants la langue de leurs parents), l’ordre est aujourd’hui renversé : c’est la minorité qui dicte comment le pays d’accueil doit la recevoir et les efforts qu’elle doit faire pour la « respecter ».

Ce que veut Tariq Ramadan, comme il l’explique clairement dans une conférence à Lausanne en l’appelant de ses vœux, c’est « l’institutionnalisation de la présence musulmane en Occident », c’est-à-dire, dans la novlangue ramadienne, l’islamisation. Cette position était déjà bien expliquée dans le bulletin d’information n°10 de novembre 1999 de « Présence musulmane » (fondée par Tariq Ramadan) : « Il ne s’agit plus aujourd’hui, pour les musulmans, de parler de simple intégration mais bien de participation et de contribution. Les millions d’Européens musulmans doivent prendre la mesure de leurs nouveaux défis. La question n’est plus de savoir comment les 2,5 millions de citoyens musulmans en France vont trouver une place ou comment ils vont s’intégrer au paysage de leur pays. Désormais, ce qui doit leur importer, c’est la nature de leur engagement dans leur société pour promouvoir l’État de droit, le pluralisme […] et faire de son identité musulmane et sa spiritualité une richesse pour les sociétés européennes. Sur ce plan, le concept d’intégration est dépassé. »

Et ce n’est pas sans raison que Tariq Ramadan rappelle à l’attention de la communauté musulmane dans un de ses ouvrages que « Le prophète a dit : « Rassemblez-vous, car le loup ne s’en prend qu’aux brebis qui s’isolent » (hadith rapporté par Ahmad et Abu Dawud). »

Malheureusement, si Tariq Ramadan est pourtant très clair, le problème, avec les occidentaux – surtout les intellectuels, qui ne supportent pas de s’en tenir à l’évidence du simple bon sens et cherchent constamment une complexité à la hauteur de leur prodigieuse intelligence, surtout quand elle est gauche et veule –, est qu’ils ont des yeux mais ne voient pas et ont des oreilles mais n’entendent pas. Qui avait pris au sérieux Mein Kampf ?

  • Najat Vallaud-Belkacem, une ministre qui pratique la taqiya ?

Alors que l’urgence du pays est aux réformes structurelles que son économie attend, à la résorption du chômage, etc., il est étonnant de voir un gouvernement et un ministre utiliser des chemins détournés pour favoriser des identités minoritaires, et notamment arabe, au détriment de l’identité majoritaire, française.

Il semble que Najat Vallaud-Belkacem, sous couvert de répondre à un besoin qui serait commun à l’ensemble des enseignements linguistiques (mais lequel ? quel élément nouveau est-il apparu ?), satisfasse en réalité tout simplement la demande identitaire insistante de sa communauté religieuse, dont la dernière formulation en date est le discours d’Anouar Kbichech, président du Conseil Français du Culte Musulman, prononcé en mars 2016 en clôture de la session de l’Instance de Dialogue instaurée en collaboration avec le gouvernement français.

Dans ce discours, Anouar Kbibech dit en effet : « Concernant l’apprentissage de la langue arabe et de la religion en dehors de l’école, il devient nécessaire d’élaborer un Programme éducatif d’apprentissage de l’arabe et de la religion commun et partagé. » [NB : le « en dehors de l’école » ne s’applique qu’à l’apprentissage de la religion, sinon il aurait fallu écrire « concernant l’apprentissage, en dehors de l’école, de la langue arabe et de la religion,… », quoique la suite en fasse douter, puisque si l’apprentissage de la religion a lieu en dehors de l’école, l’État n’est plus concerné par un quelconque programme éducatif d’apprentissage.]

CQFD ?