Intolérance et communautarisme musulmans : une synthèse limpide

Les adeptes du politiquement correct, apôtres du « vivre-ensemble » qui ne connaissent rien à l’islam, évoquent souvent dans les médias gouvernementaux européens la tolérance que recèlerait l’islam, car ni Al Qaïda, ni l’État Islamique, ni l’Arabie Saoudite (pourtant sa terre sainte), ni l’islam des mollahs, ni… n’auraient pour eux un quelconque rapport avec l’islam authentique du bienheureux Mahomet qui a pourtant massacré de nombreux juifs de Médine, mené une multitude de guerres, mettait en esclavage femmes et enfants capturés lors des batailles et les vendait sur les marchés pour se procurer des chevaux et des armes, multipliait les épouses (dont une petite fille), condamnait à mort les apostats musulmans,…

Pour rendre crédible la thèse d’un vivre-ensemble possible entre communautés religieuses différentes, il arrive que le malheureux Liban soit cité comme modèle de cohabitation harmonieuse. Or il n’en est rien. Si le communautarisme religieux libanais repose sur un équilibre dans la répartition des pouvoirs entre communautés religieuses au sein des institutions libanaises (la laïcité n’existant pas au Liban), celui-ci ne reflète aucunement une quelconque symbiose des cultures entre chrétiens, musulmans sunnites, musulmans chiites et druzes.

Voici ci-après à titre d’illustration un article d’Hussein Al-Kouatly, directeur de « Dar el-Ifta’a » (institut éducatif pour la recherche juridique islamique), cité par Antoine Saad dans son livre « Mémoires du Père Abbé Boulos Naanman ». Cet article a été publié par le quotidien libanais de langue arabe « as-Safir » le 18 août 1975, à l’heure où la guerre du Liban venait de se déclencher après des années de supposé vivre-ensemble bienheureux. Le lecteur appréciera la clarté, la lucidité et la concision du propos qui ne laissent aucune place à l’incertitude quant aux intentions de l’islam :

« L’islam, de façon claire, dicte qu’un musulman ne peut pas avoir une attitude indifférente par rapport à l’État. Par voie de conséquence, son attitude vis-à-vis du gouvernant et du gouvernement ne peut pas être molle, se satisfaisant de demi-mesures. Soit le gouvernant est musulman et le gouvernement musulman, alors le musulman est satisfait et il les appuie ; soit le gouvernant est non musulman et le gouvernement non musulman et il les refuse, s’oppose à eux et œuvre à leur élimination, en souplesse ou de force, ouvertement ou en secret (…). La question n’est pas en réalité une question de racisme religieux… C’est tout simplement que « c’est cela l’islam ». Les musulmans n’ont pas amené cette religion de la maison de leur père pour avoir le droit de la modifier ou d’y changer des choses – et il y croient – ; elle est descendue ainsi de leur prophète, religion et État, valable pour l’individu et la communauté. Cela est la loi de Dieu et la loi de Dieu ne peut subir aucun changement… »

Muawiya, un chef bien plus pragmatique que musulman

Article de la série consacrée au livre de Robert Hoyland : « Dans la voie de Dieu » (http://islametoccident.fr/?p=4814).

« Le premier nom de dirigeant arabe attesté sur les pièces de monnaie, inscriptions et documents, et dans les chroniques contemporaines, est celui de Muawiya, fondateur de la dynastie Umayyade (661-750). Que nous disent alors ces sources à propos de son règne ? Pour commencer, comme le dit un témoin : « Il refusa de se rendre au siège de Muhammad », c’est-à-dire à Médine, la résidence des dirigeants arabes avant lui, et préféra installer sa capitale à Damas, où il dirigeait les opérations militaires depuis vingt ans. À l’évidence, il considérait qu’il n’était pas possible de gouverner un si vaste empire dans un endroit si reculé. Cette décision semble éminemment pragmatique, mais elle fut controversée dans la mesure où c’était à Médine que Muhammad avait établi sa communauté. Une des promesses d’Abdallah ibn al-Zubayr, principal adversaire des Umayyades dans les années 680, était de redonner à La Mecque et Médine une place centrale dans l’Empire arabe, et cet engagement ralliait beaucoup de monde à sa cause. Il est possible, cependant, que la décision de Muawiya n’ait pas relevé uniquement de considérations pratiques. Il considérait peut-être, de fait, que son pouvoir inaugurait une nouvelle ère, et son fils Yazid, lui, décida même, au début de son règne, d’inscrire sur des pièces de monnaie, non pas l’ère de la hijra initiée par l’émigration de Muhammad à Médine et devenue standard à cette époque, mais « année 1 de Yazid ». Cette démarche s’inscrit dans la tradition des anciens rois du Proche et du Moyen-Orient, et suggère qu’il ne se percevait pas comme un simple remplaçant de Muhammad. Deuxièmement, Muawiya fut soucieux d’établir le contrôle du gouvernement central sur les vastes territoires de l’est de la Syrie, afin qu’ils ne constituent pas une gêne pour les Umayyades et n’entraînent pas, à terme, la chute de la dynastie. (…) Troisièmement, Muawiya pratique une politique de laisser-aller envers les peuples conquis – « il permit à chacun de vivre à sa façon », note un contemporain – et chercha à les convaincre qu’il n’était pas hostile à leurs religions. Ainsi, reconnaissant la foi chrétienne de la majorité de ses nouveaux sujets, il prit la décision de faire en sorte qu’un certain nombre de chefs arabes lui prêtent allégeance à Jérusalem, où « il monta au Golgotha pour prier ; il se rendit également à Gethsémani et redescendit ensuite pour prier dans la tombe de la sainte Marie ». En outre, Muawiya s’efforça de se rallier l’élite arabe chrétienne de Syrie, qui avait une précieuse expérience de l’administration. Nombre d’entre eux entrèrent à son service comme conseillers et administrateurs, comme la famille Mansur à Damas. Des poètes chrétiens venaient aussi régulièrement à la cour, et un certain nombre des partisans tribaux de Muawiya étaient eux-mêmes chrétiens. Lui-même épousa Maysun, fille d’un puissant chef chrétien de la tribu des Kalb ; c’est de leur union que naquit le futur calife Yazid. Ce dernier épousa pour sa part deux femmes nobles de la tribu des Ghassanides, dont l’une était prétendument la fille du dernier roi chrétien de ce clan. Muawiya s’efforça bien de mettre en œuvre quelques mesures pro-musulmanes, en particulier le retrait du symbole de la croix sur les monnaies et l’incorporation de l’église de saint Jean-Baptiste à la grande mosquée de Damas, mais il recula apparemment face aux protestations des chrétiens. »

La tolérance en islam : une chimère

La religion devrait être une affaire strictement personnelle mais ce n’est pas le cas dans l’islam qui est une religion communautariste qui ignore dans sa version orthodoxe la tolérance : en témoigne cette mésaventure récente d’une députée musulmane au Liban. Preuve aussi que le dieu des chrétiens et celui des musulmans n’ont au fond rien à faire ensemble, en dépit des tentatives de récupération par l’islam de la tradition monothéiste.

Rappelons que selon les règles de l’islam orthodoxe, l’apostasie est punie de mort. Loin s’en faut que cette mésaventure ne concerne que la question de la séparation du politique et du religieux, comme veulent le croire ceux qui recherchent l’apaisement au prix de la vérité.

Article de L’Orient Le Jour du 5 janvier 2019

https://www.lorientlejour.com/article/1151133/la-subordination-du-politique-au-religieux-au-coeur-de-laffaire-roula-jaroudi.html

La subordination du politique au religieux au cœur de l’affaire Roula Jaroudi

C’est une première absolue. Accusée dans les réseaux sociaux d’avoir renié sa foi pour s’être avancée, au cours d’une messe, vers le prêtre qui distribuait la communion, la députée musulmane sunnite de Beyrouth, Roula Tabch Jaroudi (courant du Futur), a été contrainte par Dar el-Fatwa de « s’excuser » et de faire à nouveau allégeance à l’islam.

« C’est grave : le fondamentalisme sur les réseaux sociaux a prouvé sa capacité à influer sur les choix politiques ; c’est nouveau au Liban », a jugé hier le P. Fadi Daou, président de la Fondation Adyan, commentant pour l’OLJ l’affaire Roula Tabch Jaroudi. En outre, le P. Daou est inquiet du fait que la logique sectaire « a eu raison d’une ligne politique connue par sa modération et son attachement au vivre-ensemble, en impliquant Dar el-Fatwa dans l’affaire aussi. » « Pour un pays régi par un Etat de nature civile, cette subordination du politique au religieux est sans précédent, et contraire à l’esprit du Liban », explique encore le P. Daou. Le fondateur d’Adyan juge les réactions à cette affaire trop « identitaires ». « Il faut éviter l’amalgame. C’est passer à côté de la question fondamentale que d’en faire un problème de rapports entre chrétiens et musulmans ; le problème véritable n’est pas personnel, mais public, c’est celui du rapport qui doit s’établir entre les domaines civil et religieux. C’est un problème au niveau citoyen », insiste-t-il.

Sammak : J’ai honte !

« J’ai honte ! À quoi sommes-nous réduits ! » a affirmé de son côté hier à L’OLJ Mohammad Sammak, coprésident du Comité national pour le dialogue islamo-chrétien. « C’était un geste de piété dû sans doute au manque d’expérience ; on en a fait toute une histoire. Mais on ne corrige pas une erreur par une autre. Nous assistons tous à des messes et avons tous accepté le pluralisme religieux », a enchaîné M. Sammak. « Et dire qu’après cela, nous voulons faire du Liban un centre international pour le dialogue entre les cultures et les religions ! » a-t-il renchéri.

Dans les milieux sunnites modérés, on juge « inquisitoriale » la démarche de Dar el-Fatwa. Et de laisser entendre qu’il existe une cassure au sein de l’instance sunnite, partagée entre une aile modérée et une aile fondamentaliste incarnée par cheikh Amine Kurdi. 

Prenant les devants à ce sujet, un communiqué de Dar el-Fatwa sur cette affaire a précisé que la démarche auprès de la parlementaire l’avait été « conformément aux directives du mufti ».

L’affaire remonte au mardi 1er janvier 2019 quand, au cours d’une messe célébrée dans le centre d’Antélias de la congrégation Mission de Vie, la députée, mal informée des différents moments liturgiques d’une messe, s’était avancée vers le prêtre qui officiait, le P. Wissam Maalouf, pendant que ce dernier distribuait la communion. Elle avait eu droit à un sourire attendri du prêtre, qui s’est contenté de poser le ciboire sur sa tête.

L’office était destiné à marquer la Journée mondiale de la paix instaurée par le pape Jean-Paul II en 1986, et était célébré en présence du ministre Melhem Riachi et des députés Ibrahim Kanaan, Michel Moawad, Farid Boustany et Hagop Terzian.

L’opinion choquée

L’allégeance à l’islam imposé de nouveau à la parlementaire a choqué d’autant plus qu’elle avait dû se rétracter par rapport à un premier communiqué, publié mercredi, dans lequel elle avait assuré que « les rites et le respect des coutumes d’autrui ne modifient pas la foi intime et ne transforment par le musulman en renégat ».

Intimidée par la cabale soulevée, la députée s’était rendue jeudi à Dar el-Fatwa où, après avoir été instruite et chapitrée par le secrétaire général de l’instance, le cheikh Amine Kurdi, elle avait été conduite à adhérer à nouveau à l’islam, comme si elle avait apostasié. « Ce que j’ai fait n’était pas prémédité. Je me suis excusée auprès de Dieu », avait-elle indiqué dans un communiqué de circonstance.

Cette rétractation a déplu et suscité de vives réactions. Ainsi, le directeur du Centre catholique d’information, le P. Abdo Bou Kasm, a repris la députée, l’accusant de ne pas avoir résisté à « la tentation de la surenchère ». La députée aurait dû « présenter ses excuses à sa religion, pas à Dieu », a affirmé le prêtre. « Nous ne sommes pas des athées, la religion chrétienne est la religion de Dieu », a-t-il ajouté.

Symptomatique également est la réaction de la journaliste de télévision Dima Sadek, qui a affirmé dans un tweet qu’elle s’apprêtait à se solidariser avec la députée, avant d’être « choquée » par son message d’excuses. « Comment peut-on s’excuser d’avoir pénétré dans une maison de Dieu, s’est indignée la présentatrice vedette de la LBCI, alors même que le Coran classe les chrétiens parmi les gens du Livre ? »

La fausse « tolérance », cocktail de soumission et de tribut, outil de conquête de l’islam

Article de la série consacrée au livre de Robert Hoyland : « Dans la voie de Dieu » (http://islametoccident.fr/?p=4814).

« Les Arabes n’utilisaient pas uniquement la force militaire pour atteindre leurs objectifs. Ils faisaient aussi un usage intensif d’accords garantissant la vie, les biens et les coutumes en échange de la soumission et du paiement d’un tribut.

(…)

L’idée ancienne – et toujours présente aujourd’hui dans la littérature savante – selon laquelle la population autochtone aurait accueilli les conquérants à bras ouverts, est fausse. Ce n’est que rétrospectivement et avec l’intention de s’attirer les bonnes grâces des autorités musulmanes que des auteurs chrétiens donneront une évaluation positive des invasions arabes. Il est cependant vrai que les chrétiens anti-chalcédoniens avaient subi des persécutions de la part des autorités chalcédoniennes à la fin du VIème et au début du VIIème siècle, et il est probable que cela ait incité des éléments des communautés anti-chalcédoniennes de Syrie et d’Égypte à faire des compromis avec le pouvoir quand la période initiale de combats et de pillages fut terminée et qu’il fut devenu clair que les Arabes les laisseraient pratiquer leur propre foi en paix tant qu’ils paieraient un tribut. »

Les persécutions des chrétiens ont fortement augmenté en 2018

Article de L’Orient-Le-Jour rappelant que les chrétiens sont régulièrement persécutés, en particulier dans le monde musulman, y compris en Algérie (sujet sur lequel les élites intellectuelles françaises ne s’appesantissent guère) : https://www.lorientlejour.com/article/1152866/les-persecutions-des-chretiens-ont-fortement-augmente-en-2018.html

Sur les 4.305 chrétiens tués entre novembre 2017 et octobre 2018 – un chiffre en hausse de 40% – le Nigeria compte à lui seul 3.731 morts sur son sol, selon l’ONG Portes ouvertes.

Assassinats, églises attaquées, pression quotidienne: les persécutions des chrétiens ont augmenté en 2018 dans le monde pour la sixième année consécutive, affirme l’ONG Portes ouvertes en publiant son « index » annuel mercredi. Cette organisation protestante regarde la situation dans 50 pays où les chrétiens subissent à la fois des violences, allant parfois jusqu’au meurtre, mais aussi une oppression ou une discrimination quotidienne, plus discrète.

Au total, 245 millions de chrétiens – catholiques, orthodoxes, protestants, baptistes, évangéliques, pentecôtistes, chrétiens expatriés, convertis – sont persécutés, soit « un chrétien sur 9 », contre 1 sur 12 l’année dernière, selon l’organisation. Le nombre de chrétiens tués est passé de 3.066 à 4.305 entre novembre 2017 et octobre 2018, soit une hausse de 40%. « L’index révèle une persécution contre les minorités chrétiennes qui s’accroît d’année en année. En 2018 cela continue », écrit dans cet index Michel Varton, directeur de Portes ouvertes.

« Ce qui est frappant, c’est que l’Afrique est devenue le foyer de la violence contre les chrétiens », avec 4.165 tués. Le Nigeria compte à lui seul 3.731 morts sur son sol » (contre 2.000 en 2017), affirme-t-il à l’AFP. Ce pays fait face à une double menace, celle du groupe jihadiste Boko Haram qui est « de plus en plus violent », et celle des « éleveurs Peuls, qui descendent vers le sud du pays et attaquent systématiquement les villages chrétiens ».

Pour autant, c’est la Corée du Nord, qui figure à nouveau, comme les années précédentes, en tête de ce classement annuel, même s’il n’est pas possible de connaître, faute de « données fiables », le nombre de morts dans ce pays. L’ONG relève que « des dizaines de milliers de chrétiens (y) sont enfermés dans des camps de travaux forcés ». Suivent l’Afghanistan, la Somalie, la Libye, le Pakistan, le Soudan, l’Erythrée, le Yemen, l’Iran, l’Inde, la Syrie — des pays tous classés en « persécution extrême » par l’ONG.

Églises fermées en Algérie

L’ONG estime que « l’extrémisme islamique », de « l’Afrique au Moyen-Orient en passant par l’Asie », est « dans 38 des 50 pays de l’index, un facteur important de persécution des chrétiens ». 

Autres chiffres de cet index: en un an, « le nombre d’églises ciblées fermées, attaquées, endommagées, incendiées (…) a presque doublé, passant de 793 à 1.847 », tandis que « le nombre de chrétiens détenus passe de 1.905 à 3.150 » dans la même période.

Parmi les pays sur lesquels l’ONG entend alerter l’opinion figure l’Algérie, où « depuis novembre 2017, des comités représentant les autorités algériennes visitent les églises de l’EPA (Eglise Protestante d’Algérie) sous prétexte d’inspection sanitaire, amenant la fermeture de plusieurs d’entre elles », décrit-elle. « On vit toujours dans une situation où peut-être demain (elles) viennent avec un ordre pour fermer l’église », a témoigné à l’AFP Youssef Ourahmane, pasteur algérien et vice-président de l’EPA, qui dit avoir été visé par plusieurs tentatives d’assassinat en raison de sa religion. « Ils veulent nous étouffer. Nous mettre toujours dans la crainte ».

L’ONG pointe également du doigt la Chine, qui « malmène la liberté religieuse » et où la situation s’est fortement « détériorée »: dans ce pays, qui compte 100 millions de chrétiens, « la persécution étatique était jusqu’à l’année dernière encore circonscrite à certaines provinces » mais « est désormais en passe de devenir un phénomène national ». Au total, le nombre de chrétiens détenus et d’églises ciblées en Chine a été multiplié par 10 en un an.

Portes ouvertes, partenaire d’Open Doors international (qui agit dans 60 pays), prévient par ailleurs que ses chiffres, qui ne concernent que les assassinats « prouvés de manière certaine » sur la foi d’informations recoupées, sont « en-dessous de la réalité ».

Le goût du mythe merveilleux : la maison de Bagdad

Dans le cadre d’un cycle de conférences organisé par la Société des Amis de l’I.M.A., Ghaleb Bencheikh, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » du dimanche matin, est revenu en octobre 2016 sur le sens du mot « jihad ». Ghaleb Bencheikh est une personnalité cultivée mais qui semble avoir un penchant avéré pour l’enjolivement des faits. Il évoque ici avec nostalgie la « maison de Bagdad » où, dans les temps anciens, étaient censés discuter librement et dans un esprit de tolérance  musulmans, juifs et chrétiens.

Amis IMA Jihad 161010 Maison sagesse Bagdad

Or, cette description, qui fait partie des mythes récurrents de l’islam (de même qu’al-Andalus, sur lequel nous aurons l’occasion de revenir prochainement), est tout à fait fausse comme l’indiquait clairement en 2017 un spécialiste musulman sur le plateau même de l’émission précédemment citée ( http://islametoccident.fr/?p=3701 ).

L’islam, qui affiche clairement dans le Coran sa supériorité sur tous les autres groupes humains, est une idéologie religieuse et politique par nature incapable de concevoir un système social ou politique mettant réellement et structurellement à égalité toutes les communautés, en acceptant par conséquent tous les débats. Le monde musulman contemporain en est la démonstration accablante.

L’islam peut-il se réformer ? Deux témoignages musulmans

L’émission de France 2 « Islam » du 4 mars 2018 est revenue sur la problématique du sens du Coran et donc de la lecture littérale qui aboutit assez implacablement à l’intolérance et à la violence (à défaut de la soumission des mécréants), puisque c’est précisément ce que décrit de façon factuelle la vie de Mahomet que chacun peut lire.

Cette émission a été l’occasion de poser quelques questions essentielles auxquelles les intervenants musulmans ont apporté des réponses qui semblent assez inquiétantes pour une religion qui se présente comme d’amour et de paix, notamment :

« Dans les sociétés à majorité musulmane (…), y a-t-il des lueurs d’espoir, y a-t-il une recherche qui se poursuit dans ce domaine pour sortir de l’ornière (…) ? »

France 2 Islam 180304 Comprendre islam 2 Sclerose

« Du point de vue scientifique, et donc l’islamologie savante, vous pensez qu’il vaut mieux l’adopter et l’étudier plutôt en contexte européen ? »

France 2 Islam 180304 Comprendre islam 2 Européen

L’islam est-il réellement capable de se réformer sans s’auto-détruire ? Je pense que c’est impossible, car se réformer, pour l’islam, c’est renier ses fondements doctrinaux et son histoire, renier le modèle mahométan, raison pour laquelle aucune évolution significative de la pensée religieuse musulmane n’est à attendre. L’islam peut seulement se dissoudre temporairement ça et là dans une religiosité affadie au regard de l’orthodoxie doctrinale et qui lui permet alors de cohabiter apparemment pacifiquement dans un environnement occidental, jusqu’à ce qu’une nouvelle éclosion de frustration rentrée (économique, culturelle, coloniale ou autre) fasse renaître de ses cendres, chez tous ceux qui veulent alors renouer avec la réalité de l’islam originel, le sphinx de l’intolérance, de la violence, voire du terrorisme.

Zineb El Rhazoui : comprendre l’islam, c’est pourtant simple ?

Zineb El Rhazoui, journaliste à Charlie Hebdo, élevée dans la culture et la religion musulmane, qu’elle connaît bien, était interviewée le 1er août 2016 sur RTL. Ses propos sont à méditer.

Zineb El Rhazoui 160801

« Pour avoir étudié la religion [l’islam] depuis mon enfance jusqu’à bien après le baccalauréat, je peux vous dire qu’il n’y a pas une seule occurrence du mot « amour » dans le Coran ni dans le corpus de la Sunna. Et pourquoi l’islam serait-il la seule religion de paix et d’amour ? (…) L’islam c’est un ensemble de textes archaïques, d’inspiration de l’Ancien Testament, avec un tas de légendes, etc. très, très empreint de contexte de bédouinité dans lequel il a vu le jour. C’est ça concrètement l’islam. (…) C’est se mentir de penser que le Coran est un texte de paix et d’amour. On n’a qu’à se pencher sur les versets du Coran, sur l’exemple que fut la vie de Mahomet, les guerres qu’il a menées ; on voit bien qu’on est loin de la paix et de l’amour. (…) Les textes de l’islam sont toujours perçus comme d’abord une constitution, un corpus juridique et non pas un corpus spirituel, et comme des textes valables en tous temps et en tous milieux géographiques. (…) On a beau chercher des raisons économiques (…), des raisons identitaires (…), des raisons politiques (…) : le seul dénominateur commun entre tous les terroristes, finalement, c’est l’islam. »

Nulle contrainte en religion : une explication limpide

L’explication de cet imam, tout à fait conforme à la Sunna, contient la réaffirmation que le verset coranique « Nulle contrainte en religion » n’a jamais été un propos de tolérance vis-à-vis de la mécréance face à l’islam mais le simple constat de l’existence d’un choix entre deux camps, fait librement et dont l’homme doit donc assumer les conséquences, le camp de la vérité (l’islam) et le camp de l’erreur (les mécréants de toutes natures).

Nulle contrainte en religion

Il n’y a donc aucune contradiction par exemple entre ce verset et le massacre des juifs Banu Qurayza de Médine par Mahomet.

Comment pousser les musulmans à étudier leur religion ?

Il suffit d’interroger les musulmans pour constater que beaucoup ne connaissent de leur religion que quelques principes de base, et que ce peu de connaissance est souvent l’objet d’une crispation identitaire (même dans les débats entre musulmans), en particulier chez les jeunes musulmans et musulmanes françaises (cf. port du voile, halal).

Si un des intervenants de l’émission de France 2 « Islam » du 8 mai 2016 émit l’idée qu’« il y a plusieurs façons d’être dans le vrai », ce qui est logiquement impossible, l’idée est certainement du moins de dire que personne ne pouvant prouver dans le domaine religieux qu’il a raison, la pluralité des opinions est respectable ainsi que la critique et le débat.

France 2 Islam 160508 Lire et interpreter le Coran Partie 2 Education

Dans ce domaine malheureusement, il paraît difficile d’être très optimiste puisque Tariq Ramadan reconnaît lui-même que « Les dialogues et les débats manquent infiniment à l’intelligence musulmane contemporaine », « l’éthique du débat et de la divergence » mentionnée dans l’émission et autrefois apparemment en usage n’ayant en réalité jamais concerné les débats entre musulmans et mécréants.