Le goût du mythe merveilleux : la maison de Bagdad

Dans le cadre d’un cycle de conférences organisé par la Société des Amis de l’I.M.A., Ghaleb Bencheikh, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » du dimanche matin, est revenu en octobre 2016 sur le sens du mot « jihad ». Ghaleb Bencheikh est une personnalité cultivée mais qui semble avoir un penchant avéré pour l’enjolivement des faits. Il évoque ici avec nostalgie la « maison de Bagdad » où, dans les temps anciens, étaient censés discuter librement et dans un esprit de tolérance  musulmans, juifs et chrétiens.

Amis IMA Jihad 161010 Maison sagesse Bagdad

Or, cette description, qui fait partie des mythes récurrents de l’islam (de même qu’al-Andalus, sur lequel nous aurons l’occasion de revenir prochainement), est tout à fait fausse comme l’indiquait clairement en 2017 un spécialiste musulman sur le plateau même de l’émission précédemment citée ( http://islametoccident.fr/?p=3701 ).

L’islam, qui affiche clairement dans le Coran sa supériorité sur tous les autres groupes humains, est une idéologie religieuse et politique par nature incapable de concevoir un système social ou politique mettant réellement et structurellement à égalité toutes les communautés, en acceptant par conséquent tous les débats. Le monde musulman contemporain en est la démonstration accablante.

L’islam peut-il se réformer ? Deux témoignages musulmans

L’émission de France 2 « Islam » du 4 mars 2018 est revenue sur la problématique du sens du Coran et donc de la lecture littérale qui aboutit assez implacablement à l’intolérance et à la violence (à défaut de la soumission des mécréants), puisque c’est précisément ce que décrit de façon factuelle la vie de Mahomet que chacun peut lire.

Cette émission a été l’occasion de poser quelques questions essentielles auxquelles les intervenants musulmans ont apporté des réponses qui semblent assez inquiétantes pour une religion qui se présente comme d’amour et de paix, notamment :

« Dans les sociétés à majorité musulmane (…), y a-t-il des lueurs d’espoir, y a-t-il une recherche qui se poursuit dans ce domaine pour sortir de l’ornière (…) ? »

France 2 Islam 180304 Comprendre islam 2 Sclerose

« Du point de vue scientifique, et donc l’islamologie savante, vous pensez qu’il vaut mieux l’adopter et l’étudier plutôt en contexte européen ? »

France 2 Islam 180304 Comprendre islam 2 Européen

L’islam est-il réellement capable de se réformer sans s’auto-détruire ? Je pense que c’est impossible, car se réformer, pour l’islam, c’est renier ses fondements doctrinaux et son histoire, renier le modèle mahométan, raison pour laquelle aucune évolution significative de la pensée religieuse musulmane n’est à attendre. L’islam peut seulement se dissoudre temporairement ça et là dans une religiosité affadie au regard de l’orthodoxie doctrinale et qui lui permet alors de cohabiter apparemment pacifiquement dans un environnement occidental, jusqu’à ce qu’une nouvelle éclosion de frustration rentrée (économique, culturelle, coloniale ou autre) fasse renaître de ses cendres, chez tous ceux qui veulent alors renouer avec la réalité de l’islam originel, le sphinx de l’intolérance, de la violence, voire du terrorisme.

Zineb El Rhazoui : comprendre l’islam, c’est pourtant simple ?

Zineb El Rhazoui, journaliste à Charlie Hebdo, élevée dans la culture et la religion musulmane, qu’elle connaît bien, était interviewée le 1er août 2016 sur RTL. Ses propos sont à méditer.

Zineb El Rhazoui 160801

« Pour avoir étudié la religion [l’islam] depuis mon enfance jusqu’à bien après le baccalauréat, je peux vous dire qu’il n’y a pas une seule occurrence du mot « amour » dans le Coran ni dans le corpus de la Sunna. Et pourquoi l’islam serait-il la seule religion de paix et d’amour ? (…) L’islam c’est un ensemble de textes archaïques, d’inspiration de l’Ancien Testament, avec un tas de légendes, etc. très, très empreint de contexte de bédouinité dans lequel il a vu le jour. C’est ça concrètement l’islam. (…) C’est se mentir de penser que le Coran est un texte de paix et d’amour. On n’a qu’à se pencher sur les versets du Coran, sur l’exemple que fut la vie de Mahomet, les guerres qu’il a menées ; on voit bien qu’on est loin de la paix et de l’amour. (…) Les textes de l’islam sont toujours perçus comme d’abord une constitution, un corpus juridique et non pas un corpus spirituel, et comme des textes valables en tous temps et en tous milieux géographiques. (…) On a beau chercher des raisons économiques (…), des raisons identitaires (…), des raisons politiques (…) : le seul dénominateur commun entre tous les terroristes, finalement, c’est l’islam. »

Nulle contrainte en religion : une explication limpide

L’explication de cet imam, tout à fait conforme à la Sunna, contient la réaffirmation que le verset coranique « Nulle contrainte en religion » n’a jamais été un propos de tolérance vis-à-vis de la mécréance face à l’islam mais le simple constat de l’existence d’un choix entre deux camps, fait librement et dont l’homme doit donc assumer les conséquences, le camp de la vérité (l’islam) et le camp de l’erreur (les mécréants de toutes natures).

Nulle contrainte en religion

Il n’y a donc aucune contradiction par exemple entre ce verset et le massacre des juifs Banu Qurayza de Médine par Mahomet.

Comment pousser les musulmans à étudier leur religion ?

Il suffit d’interroger les musulmans pour constater que beaucoup ne connaissent de leur religion que quelques principes de base, et que ce peu de connaissance est souvent l’objet d’une crispation identitaire (même dans les débats entre musulmans), en particulier chez les jeunes musulmans et musulmanes françaises (cf. port du voile, halal).

Si un des intervenants de l’émission de France 2 « Islam » du 8 mai 2016 émit l’idée qu’« il y a plusieurs façons d’être dans le vrai », ce qui est logiquement impossible, l’idée est certainement du moins de dire que personne ne pouvant prouver dans le domaine religieux qu’il a raison, la pluralité des opinions est respectable ainsi que la critique et le débat.

France 2 Islam 160508 Lire et interpreter le Coran Partie 2 Education

Dans ce domaine malheureusement, il paraît difficile d’être très optimiste puisque Tariq Ramadan reconnaît lui-même que « Les dialogues et les débats manquent infiniment à l’intelligence musulmane contemporaine », « l’éthique du débat et de la divergence » mentionnée dans l’émission et autrefois apparemment en usage n’ayant en réalité jamais concerné les débats entre musulmans et mécréants.

Amour, paix et châtiment ici-bas dans la doctrine musulmane

Parmi les éléments qui horrifient dans la religion musulmane figurent en bonne place les châtiments corporels. L’émission France 2 Islam met en évidence la difficulté de l’islam à résoudre la contradiction entre les châtiments prônés par la doctrine de l’islam et la revendication du titre de religion d’amour et de paix.

L’émission exprime l’embarras de trouver une explication satisfaisante au maintien des châtiments corporels dans le corps de la doctrine de l’islam, maintien pour le moins contradictoire avec l’idée d’une miséricorde divine (au sens chrétien).

France 2 Islam 201605 Chatiment & Recompense Extrait 1

Mohammed Bajrafil affirme que la question du pouvoir et de la violence comme châtiment sur terre se pose dans des termes similaires entre les 3 religions monothéistes : Mohammed Bajrafil nie ainsi la spécificité de l’islam dans ce domaine, alors que celle-ci semble pourtant sauter aux yeux. Sur quels textes se fonde-t-il ? Mystère.

Quant au propos sur le fait que les musulmans des VIIème et VIIIème siècles n’avaient d’autre choix que de comprendre les châtiments corporels au pied de la lettre et ne pouvaient pas réfléchir à des solutions alternatives, il est assez confus.

En revanche, Omero Marongiu-Perria  donne un éclairage intéressant dans l’extrait suivant par la référence au rapport de l’homme à un Dieu décrit comme un dieu terrible, « prompt à châtier », ce qui déteint nécessairement sur le comportement des hommes ici-bas, poussés vers l’application stricte des règles. D’où le caractère assez saugrenu du concept de « déradicalisation », totalement étranger à la logique religieuse de l’islam, la « radicalisation » n’étant pas une application excessive de la doctrine de l’islam mais en réalité tout simplement son application juste et rigoureuse, c’est-à-dire orthodoxe.

France 2 Islam 201605 Chatiment & Recompense Extrait 2

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (22) Jésus voulait en réalité être un roi

  • Problématique

L’islam ne parvenant pas à excuser efficacement les turpitudes de Mahomet, nous avons vu que la diversion consiste notamment à dénigrer le christianisme pour rabaisser l’un des deux ennemis religieux principaux, l’autre étant le judaïsme, mais qu’il ne peut pas attaquer sous cet angle puisque la doctrine de l’islam est fille du judaïsme : difficile de justifier un parricide doctrinal.

Après avoir tenté de démontrer que le christianisme avait lui aussi une violence contenue dans les racines de sa doctrine, Tareq Oubrou met ici en avant les supposées prétentions de Jésus à diriger le monde, dans une sorte d’aspiration à un califat chrétien.

  • Jésus voulait être un roi temporel

Tareq Oubrou écrit : « Aujourd’hui, dans l’Occident sécularisé, les enseignements de Jésus sont présentés comme une doctrine fondatrice de la laïcité. Mais qu’en est-il vraiment ? On décèle dans les Évangiles une ambivalence, pour ne pas dire une ambiguïté, concernant le statut de Jésus : voulait-il être roi ou non ? (…) Les Évangiles laissent néanmoins entendre que Jésus revendiquait le pouvoir et la royauté (certains passages le qualifient explicitement de roi d’Israël : Jean 12,12-15). Et même si telle n’était pas son ambition, il ne l’excluait pas non plus (Quand Pilate lui demanda s’il était roi des juifs, il lui répondit : « Tu le dis », en guise de confirmation (Luc, 23,3). »

Tareq Oubrou prétend que Jésus aspirait à une royauté, mais laquelle : temporelle ou spirituelle ? Ces deux royautés n’ont rien de commun. La prétention à la royauté temporelle est écartée par Jésus quand il répond à Pilate (Jean 18, 33 à 37) : « Alors Pilate entra de nouveau dans le prétoire ; il appela Jésus et dit : « Tu es le roi des Juifs ? » Jésus répondit : « Dis-tu cela de toi-même ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ? » Pilate répondit : « Est-ce que je suis Juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi. Qu’as-tu fait ? » Jésus répondit : « Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Mais mon royaume n’est pas d’ici. » Pilate lui dit : « Donc tu es roi ? » Jésus répondit : « Tu le dis : je suis roi. Je ne suis né, et je ne suis venu dans le monde, que pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix ». »

Ceci n’empêche toutefois pas Tareq Oubrou de prêter des intentions inavouées à Jésus au point d’en faire un ambitieux qui veut devenir un roi bien temporel à l’insu de son plein gré.

  • Jésus voulait être un roi spirituel

Tareq Oubrou ne trouvant toutefois pas l’argument qui fait mouche en matière de royauté temporelle, il exhibe du coup la prétention à la royauté spirituelle : « Jésus n’a pas renoncé à son titre de roi et, s’il ne l’est pas dans l’ici-bas, il le sera dans le ciel. « Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne fusse pas livré aux juifs ; mais maintenant mon royaume n’est pas d’ici-bas ». Pilate lui dit : « Tu es donc roi ? » Jésus répondit : « Tu le dis, je suis roi » Jean 18,36-37) ». »

Au demeurant, cette affirmation est souvent ambiguë puisque Jésus ne fait souvent que reprendre les paroles des autres sans affirmer lui-même de façon parfaitement explicite qu’il est le roi du Royaume des Cieux, et encore moins qu’il est Dieu en tant que Fils de Dieu. Ainsi, quand Jésus répond à Pilate, on peut comprendre aussi la réponse comme : « c’est toi qui dis que je suis roi (sous-entendu : moi, je ne l’ai pas dit) » : c’est un simple constat qui n’exprime pas nécessairement validation.

Parfois, le titre de roi est attribuée à Jésus par l’écriture mais ce n’est pas Jésus qui utilise ce terme pour lui même, comme dans l’évangile de Jean (12, 12 à 15) : « Le lendemain, la foule nombreuse venue pour la fête apprit que Jésus venait à Jérusalem ; ils prirent les rameaux des palmiers et sortirent à sa rencontre et ils criaient : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur et le roi d’Israël ! » Jésus, trouvant un petit âne, s’assit dessus selon qu’il est écrit : « Sois sans crainte, fille de Sion : voici que ton roi vient, monté sur un petit d’ânesse ». »

D’autres passages semblent toutefois plus explicites, comme dans l’évangile de Luc (22, 28 à 30) : « Vous êtes, vous, ceux qui êtes demeurés constamment avec moi dans mes épreuves ; et moi je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi : vous mangerez et boirez à ma table en mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël. »

On peut disserter longtemps sur la signification du caractère plus ou moins indirect de ces textes traitant d’une royauté spirituelle de Jésus dans l’au-delà. Quoi qu’il en soit, Tareq Oubrou semble faire grand cas de cette question. Pourtant, cette prétention à une royauté spirituelle dans l’au-delà est-elle injustifiée ou problématique pour le prophète d’une religion ? En rien, si ce n’est que cela constitue pour l’islam un blasphème puisque c’est mettre Jésus au même niveau que Dieu dans l’au-delà (sans même aller jusqu’à prendre en compte le dogme de la Sainte Trinité). D’ailleurs on aurait aimé que Mahomet s’en tînt à cette revendication uniquement spirituelle.

  • Le christianisme n’est laïc que par contrainte

Pour Tareq Oubrou, « La parole de Jésus : « Rendez donc à César et qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu (Matthieu 22,21) » est tout aussi ambivalente. Elle ne vise pas du tout à instaurer un principe de séparation des ordres ni une règle fondatrice d’une quelconque laïcité, comme on le comprend aujourd’hui de façon anachronique. Elle est surtout une réponse stratégique à une question piège : fallait-il ou non payer l’impôt à l’empereur ? Elle vise en fait à éviter un conflit social et un trouble à l’ordre public, Jésus tenant beaucoup à la paix civile – ce qui était aussi dans l’intérêt de son apostolat. Refuser de verser l’impôt à un pouvoir, même injuste dans le cas d’espèce, aurait entraîné un tel trouble. Jésus préféra donc une paix injuste à un combat juste, mais qui aurait conduit au désastre. »

La parole de Jésus ne serait ainsi qu’une tactique politicienne dans un contexte défavorable. Tareq Oubrou oublie que Jésus, n’ayant aucune visée temporelle, ne cherche donc pas à trancher un débat qui ne le concerne pas et sa réponse est en réalité une absence de commandement : il laisse chacun faire comme bon lui semble.

En effet, relisons le passage complet de l’évangile de Matthieu (22, 15 à 22) : « Alors les Pharisiens allèrent se concerter en vue de le surprendre en parole ; et ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des Hérodiens, pour lui dire : « Maître, nous savons que tu es véridique et que tu enseignes la voie de Dieu en vérité sans te préoccuper de qui que ce soit, car tu ne regardes pas au rang des personnes. Dis-nous donc ton avis : Est-il permis ou non de payer l’impôt à César ? » Mais Jésus, connaissant leur perversité, riposta : « Hypocrites ! Pourquoi me tendez-vous un piège ? Faites-moi voir l’argent de l’impôt. » Ils lui présentèrent un denier et il leur dit : « De qui est l’effigie que voici ? Et l’inscription ? » Ils disent : « De César. » Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » À ces mots ils furent tout surpris et, le laissant, ils s’en allèrent. »

Jésus ne tombe pas dans le piège tendu par les Pharisiens, puisque tout commandement de faire ou de ne pas faire aurait été une intervention dans les questions temporelles et l’aurait mis en porte-à-faux vis-à-vis des Romains ou de la nature spirituelle de son message.

À vrai dire, Jésus ne paraît pas créer le concept de laïcité mais en confirmer la pré-existence : il y a bien deux autorités à deux niveaux différents : le temporel et le spirituel. Jésus ne se préoccupe que du spirituel et du salut de chaque âme. Cette distinction des deux ordres existe déjà dans l’empire romain. Constantin a été le premier empereur romain chrétien sans pour autant imposer jusqu’aux confins de l’empire le christianisme comme religion officielle. Mais une déviance progressive par rapport à la doctrine du Christ aboutira effectivement dans certaines situations à la confusion des deux ordres au fil des siècles.

  • La doctrine chrétienne se confond avec l’histoire du christianisme

Dernier angle d’attaque en effet de Tareq Oubrou pour dénigrer le christianisme : confondre la doctrine originelle des Évangiles avec les déviances constatées au cours des siècles.

Ainsi, Tareq Oubrou écrit : « L’histoire (ou le destin) n’a pas permis à Jésus de régner et d’exercer une souveraineté politique comme elle l’a fait pour David et Salomon. Mais l’histoire du christianisme a continué après Jésus. Et en attendant le retour du Christ souverain et victorieux, le christianisme s’est compromis avec le pouvoir politique de différentes manières. »

Ainsi Tareq Oubrou raisonne comme si Jésus et les Évangélistes étaient responsables de tous les avatars déviants de la doctrine originelle : ainsi, si les enfants deviennent des assassins, faut-il mettre les parents en prison ?

  • Conclusion

Si Jésus avait voulu être un roi sur cette Terre, nul doute qu’il s’y serait pris autrement pour affirmer son autorité temporelle et lever l’armée que tout pouvoir temporel requiert, ainsi que l’a fait Mahomet. Qu’il ait laissé entendre qu’il se trouvait à la tête d’une royauté céleste n’a en soi rien de très problématique, en tous cas pour le commun des mortels.

Que l’histoire de la chrétienté ait été marquée par des événements allant à l’encontre la doctrine des Évangiles est une réalité, mais cette déviance profonde, née pour l’essentiel de considérations politiques, est étrangère à la doctrine du Christ. De même qu’il y a pu y avoir des violences bouddhistes en opposition totale avec la doctrine de Bouddha.

Il est quand même assez savoureux de voir un imam tenter d’utiliser ce procédé intellectuellement malhonnête pour incriminer la doctrine du christianisme à l’époque même où des attentats sont régulièrement perpétrés en référence explicite à la doctrine et au comportement de Mahomet, dont la violence réelle ne fait aucun doute, éléments pour cette raison largement cités dans les revues des mouvements fondamentalistes musulmans.

Ce déni de réalité atteint son paroxysme avec le slogan scandé à l’occasion de chaque nouvel attentat : « l’islam, ce n’est pas cela ». Ritournelle que l’État Islamique a transformé avec causticité en : « Not imam name ! ». Et, malheureusement, on attend toujours avec impatience le contre-argumentaire contre la violence doctrinale que nous a promis l’islam de France.

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (19) La dhimmitude : un statut « protecteur » et donc avantageux

  • Problématique

Le Coran proclame sans ambiguïté la supériorité des musulmans sur les non-musulmans et donc l’inégalité des communautés humaines.

Coran, sourate 3, verset 110. Vous [musulmans] formez la meilleure communauté qui ait surgi parmi les hommes : vous ordonnez le convenable, vous interdisez ce qui est blâmable et vous croyez en Allah. (…)

Coran, sourate 3, verset 139. Ne perdez pas courage, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais musulmans.

La conséquence naturelle et logique de cette supériorité est l’existence d’un statut de citoyen de seconde zone, le statut de « dhimmi », dans lequel le dhimmi doit se soumettre à l’autorité musulmane et payer un impôt spécial, la jizya.

Coran, sourate 9, verset 29. Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit, ceux qui ne professent pas la religion de la vérité alors qu’ils ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation [jizya] de leurs propres mains après s’être humiliés.

La Sîra mentionne les propos de Mahomet : « Si un juif ou un chrétien se convertit à l’islam, il compte parmi les croyants, avec les mêmes privilèges et les mêmes obligations qu’eux. Celui, en revanche, qui reste juif ou chrétien, on ne peut le contraindre à quitter sa religion. Mais, dans tous les cas, il doit payer un tribut d’un dinar, qu’il soit mâle ou femelle, qu’il soit libre ou esclave. En échange de ce tribut [jizya], il aura la protection de Dieu et de son Envoyé. Sinon, il sera considéré comme l’ennemi de Dieu et de son envoyé. » 

Mais c’est par le traité d’Omar que le statut de dhimmi est généralement connu. Ce statut serait apparu au VIIème siècle : en 637 après JC, le patriarche chrétien de Jérusalem livra la ville à l’armée musulmane d’Omar. Un traité, dit Traité d’Omar, fut alors signé avec ce calife afin de fixer les conditions dans les lesquelles les chrétiens et les juifs étaient autorisés à vivre en pays musulman. Ce traité assujettissait juifs et chrétiens à l’autorité musulmane, mais leur garantissait un traitement meilleur qu’aux autres ennemis de l’islam, par la reconnaissance de droits privés (mais pas politiques), les autres mécréants n’ayant de choix qu’entre la conversion ou la mort. Les dhimmis étaient ainsi protégés des masses musulmanes qui avaient interdiction de porter atteinte à leur intégrité physique. C’est ce que rappelle l’émission de France 2 sur le judaïsme du dimanche 19 février 2017

France 2 Judaisme 170219 Dhimma et protection

S’agissant de la référence mentionnée par Josy Eisenberg concernant le qualificatif « de singes et de porcs » employé vis-à-vis des juifs et des chrétiens, elle peut surprendre mais elle est tout à fait exacte. Elle correspond à un passage du Coran où Mahomet s’adresse aux juifs médinois, que Mahomet haïssait, et aux chrétiens, juifs et chrétiens étant maudits par Allah.

Coran, sourate 5, verset 59. Dis [Allah s’adresse à Mahomet] : « Ô gens du Livre ! Que nous reprochez-vous si ce n’est croire en Allah, à ce qu’on a fait descendre vers nous et à ce qu’on a fait descendre auparavant ? La plupart d’entre vous sont des pervers ! »

Coran, sourate 5, verset 60. Dis : « Vous informerai-je que la rétribution auprès d’Allah sera pire que cela ? Allah transforme en singes et porcs ceux qu’il a maudits, qui ont encouru Sa colère, qui ont adoré le Taghout : ceux-là ont la pire place et sont les plus égarés hors du chemin droit ».

Ce statut de dhimmi s’explique par la filiation monothéiste à laquelle appartiennent les juifs et les chrétiens, filiation qui rend délicate doctrinalement pour l’islam leur conversion forcée ou leur mise à mort comme pour les autres mécréants. Le choix qui leur est proposé est donc simple : la conversion volontaire ou la soumission, comme l’indique Tareq Oubrou : « C’est dans une configuration géopolitique ou régnait une hostilité potentielle permanente que le droit canonique musulman classique a été forgé. Il n’offrait qu’une seule alternative : se convertir ou entrer en dhimma. La grave erreur des générations suivantes de canonistes fut de transformer ce droit circonstanciel en un droit sacré, infaillible. »

Le dhimmi n’est certes pas obligé de participer militairement à la défense de la communauté musulmane dans laquelle il vit, mais il s’agit bien d’un statut dévalorisant et humiliant car il ne saurait être question en islam de placer les musulmans sur un pied d’égalité avec les juifs ou les chrétiens qui sont des égarés volontaires du fait de leur refus de reconnaître la vérité de l’islam. L’émission précitée rappelle la perception humiliante de ce statut qu’en ont toujours eu les juifs, et qui s’exprimait par la coutume de la « gifle » :

France 2 Judaisme 170219 Dhimma gifle

Ce statut de dhimmi créé par l’islam a ainsi cristallisé doctrinalement l’infériorité des juifs et des chrétiens en terre d’islam, ce qui a imprégné pendant des siècles les mentalités au point, si l’on en croit l’émission précitée, de rendre quasi naturelle l’insulte de « sale juif » en terre d’islam :

France 2 Judaisme 170219 Le probleme des juifs

Aussi, voyons comment Tareq Oubrou présente de son côté les choses.

  • La présentation donnée par Tareq Oubrou

Tareq Oubrou indique : « L’islam a fixé le statut juridique de « dhimmi » ou mu’âhid (autre nom de « dhimmi » signifiant le « pactisant », celui qui s’engage à vivre en paix avec les musulmans), dont bénéficiaient les gens du Livre, c’est-à-dire les juifs et les chrétiens. (…) La dhimma est une catégorie de citoyenneté embryonnaire ou inachevée. (…) La philosophie de cet impôt lié à la dhimma (« jizya ») est résumée par la règle canonique suivante : « Pour la défense de la nation, les musulmans versent leur sang et les minorités religieuses versent un impôt ». Cette règle instaure, au fond, une sorte d’objection de conscience avant la lettre. »

Effectivement, la conversion n’est pas obligatoire pour les juifs et les chrétiens sous réserve qu’ils se soumettent à l’autorité musulmane. Mais limiter la signification du paiement de la jizya à la seule contrepartie de l’exemption de l’engagement militaire est une présentation orientée et fallacieuse car 1) cela n’a aucun rapport avec l’objection de conscience pour les Gens du Livre puisque ceux-ci n’ont pas le choix d’être soumis ou non à ce statut 2) Le statut de dhimmi s’accompagne de mesures vexatoires et humiliantes, précisément décrites dans la jurisprudence musulmane et passées ici sous silence. Le statut de dhimmi est clairement un statut d’infériorité manifeste et publique par rapport aux musulmans ; c’est loin d’être un simple statut « inachevé » à visée humaniste.

En revanche, il est vrai que ce statut, bien que « protecteur », n’a pas suffi à éviter des mesures encore plus humiliantes, voire de véritables persécutions des minorités religieuses en terre d’islam, ce que Tareq Oubrou reconnaît clairement : « Le concept de dhimma visait à l’origine à mettre les juifs, les chrétiens et les autres minorités à l’abri des conversions forcées et à leur garantir la dignité humaine. Malgré son aspect humaniste, en phase avec l’époque, il fut souvent mal interprété et mal appliqué. Ainsi, au cours de l’histoire musulmane, des exactions furent commises à l’égard de ces minorités, fréquemment pour des motifs d’ordre économique et politique. »

  • Conclusion

Le statut infériorisant et humiliant des mécréants en terre d’islam au travers du statut de « dhimmi », sorte de statut d’« Untermensch », de sous-homme, est tellement clair qu’il est impossible de le réfuter. Il imprègne, et c’est logique d’un point de vue doctrinal, toute la culture musulmane par le système de classement humain dont il est l’expression et qui rappelle de sinistres souvenirs. Sans ce sentiment profond, le génocide de 1,5 million de chrétiens arméniens par les Turcs musulmans aurait-il été possible en 1915 ? Une mise en bouche avant le nazisme ?

Il est facile de comprendre dans ce contexte comment le regard d’un mécréant, être inférieur et qui devrait donc baisser le regard, peut rapidement devenir encore de nos jours un « mauvais regard » avec des conséquences incalculables.

Quant au terme de « protection » utilisé pour faire croire qu’il s’agit d’une faveur accordée aux juifs et aux chrétiens par rapport aux musulmans, il est tout à fait trompeur. C’est un statut évidemment de soumission. Il suffit d’interroger les minorités non-musulmanes du Moyen Orient encore aujourd’hui pour en saisir tous les détestables relents.

C.C.I.F. : Objectif islamisation

  • Problématique

Chacun sait qu’en France un certain nombre d’organisations scrutent les médias et la presse afin de poursuivre en justice quiconque critique un peu trop directement l’islam au prétexte de l’incitation à la discrimination et à la haine vis-à-vis de la communauté musulmane. Parmi celles-ci, le Collectif Contre l’Islamophobie en France (C.C.I.F.) est une des plus en pointe. Il est donc intéressant de rappeler quelle est la position de son directeur exécutif, Marwan Mohammed.

  • Le projet du C.C.I.F. pour la France

La position de Marwan Mohammed a toujours été claire : il veut que la France devienne musulmane. Il déclarait il y a quelques années dans une mosquée : « Qui a le droit de dire que la France dans trente ou quarante ans ne sera pas un pays musulman ? Qui a le droit ? Personne dans ce pays n’a le droit de nous enlever ça. Personne n’a le droit de nous nier cet espoir-là. De nous nier le droit d’espérer dans une société globale fidèle à l’islam. Personne n’a le droit dans ce pays de définir pour nous ce qu’est l’identité française. » Ce propos, cité par Natacha Polony à la télévision n’a jamais été démenti (la vidéo ayant été retiré des réseaux sociaux).

Tout cela n’a absolument rien de surprenant puisque Marwan Mohammed ne fait que suivre la droite ligne de l’islam.

Marwan Mohammed Meilleure communaute

Marwan Mohammed ne fait en effet que citer le Coran :

Coran, Sourate 3, verset 110. Vous [musulmans] formez la meilleure communauté qui ait surgi parmi les hommes : vous ordonnez le convenable, vous interdisez ce qui est blâmable et vous croyez en Allah. (…)

Coran, sourate 3, verset 139. Ne perdez pas courage, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais musulmans.

Pour Marwan Mohammed donc, les musulmans sont « les premiers de la classe », et par voie de conséquence on peut en déduire qu’ils sont par nature supérieurs aux mécréants de tout acabit : c’est précisément d’ailleurs ce que prévoit l’islam au travers du statut de « dhimmi ». Les musulmans sont « les gérants » de la terre. Tout cela est parfaitement conforme au communautarisme prôné par le Coran.

Par ailleurs, Marwan Mohammed rappelle, et encore à juste titre, que l’islam est une religion globale, « une religion qui a vocation à régir toutes les sphères de la vie sociale » et que « de façon intrinsèque, l’islam a une portée sur tous les sujets qui régissent la vie en société ». Marwan Mohammed ne fait ainsi que confirmer l’incompatibilité fondamentale de l’islam avec l’État de droit laïc.

Marwan Mohammed Islam religion globale

  • Conclusion

Marwan Mohamed est parfaitement dans son rôle et le C.C.I.F. a ainsi pour objectif, il ne s’en cache pas, l’islamisation de la France, comme toutes les personnalités proches des mouvements fondamentalistes musulmans, ainsi Tariq Ramadan, dont l’objectif déclaré est, dans un premier temps, « l’institutionnalisation de la présence musulmane en Occident » (voir mon tout premier article : http://islametoccident.fr/?p=1).

La saisie systématique par le C.C.I.F. de la justice est une méthode de véritable guerre – nouvelle forme de jihad utilisant les armes institutionnelles de pays incapables de se défendre et qu’il retourne contre eux –, une guerre contre l’Occident chrétien dont il vise à détruire la résistance et les racines, puisqu’il nie l’existence d’une identité francaise « de souche ». L’instrumentalisation via les réseaux sociaux de certains faits divers comme l’affaire du restaurant « Le Cénacle » fait partie de cette stratégie de destruction des valeurs françaises.

Malheureusement, le C.C.I.F. trouve des alliés visiblement inconscients comme la LICRA et la Ligue des Droits de l’Homme qui ne se sont sans doute pas vraiment rendu compte que la loi de 1905 a été votée il y a plus d’un siècle et que le catholicisme n’était plus depuis longtemps l’ennemi principal. Ainsi, la L.D.H. s’oppose à la mise en place de crèches dans les mairies mais ne juge pas nécessaire d’intervenir lorsque la mairie de Paris fête en 2015 la fin du Ramadan. Lorsque la France sera soumise à la chari’a, que feront ces ligues instrumentalisées aujourd’hui par l’islam ? La question ne se pose en réalité pas car elles auront été dissoutes bien avant.

Le problème, c’est que, comme le rappelait le criminologue Alain Bauer avec les terroristes musulmans, certains ont beau expliquer à l’avance leur projet, personne ne les écoute ou ne veut les croire. Les Français auront donc ce qu’ils méritent.

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (17) La paix en islam, une paix entre musulmans

  • Problématique

La revendication de l’islam à être une religion d’amour et de paix apparaît bien surprenante à quiconque a lu la biographie de Mahomet dont la vie est rythmée, à partir de Médine, par les razzias, guerres, assassinats individuels, persécutions ou massacre des juifs, etc.

Il est donc intéressant de faire le point sur les arguments avancés par Tareq Oubrou pour défendre contre toute évidence la thèse de la religion d’amour et de paix.

  • Une attitude de respect mais seulement vis-à-vis des coreligionnaires musulmans

La paix évoquée dans le Coran est en réalité une paix conçue comme celle qui doit régner entre musulmans.

Tareq Oubrou écrit : « La paix est plus que l’absence de guerre et de violence. C’est un état intérieur, un état d’esprit. C’est pour cette raison que le Prophète a cherché à effacer toute symbolique qui renverrait à la guerre. (…) Rappelons que la salutation dans l’islam (as-salâm alaykum) signifie : « Que la paix [de Dieu] soit sur vous ». Elle vise à permettre de faire régner la paix dans les esprits avant qu’elle s’accomplisse dans la réalité. »

Malheureusement, Tareq Oubrou omet de mentionner que la paix dont il parle n’existe qu’entre musulmans puisque, comme le précise la jurisprudence chaféite (validée par Al-Azhar), il est par exemple interdit au musulman de saluer un non-musulman par la même salutation que celle qu’il emploie à l’égard de ses coreligionnaires puisque le non-musulman, seulement toléré en terre d’islam, est un « dhimmi » au regard des textes sacrés, c’est-à-dire un citoyen de seconde zone : « Les sujets non-musulmans doivent respecter les règles islamiques qui ont trait à la sécurité et à l’indemnisation de la vie, de la réputation et de la propriété. En outre : (…) (2) Ils doivent se distinguer des musulmans par l’habillement, en portant une large ceinture (zunnar) ; (3) Ils ne sont pas salués par le « as-Salamu ‘alaykum » ; (4) Ils ne doivent pas occuper la meilleure place dans les rues ; (…). »

Tareq Oubrou précise par ailleurs : « Mais la paix n’est pas uniquement une question psychologique : c’est une action, un devoir. « Ô vous, croyants, entrez [tous] pleinement dans la paix ! » lit-on dans le Coran (sourate 2, verset 208). » Ce message de paix ne s’adresse bien qu’aux musulmans.

  • La paix au sein de la communauté musulmane de Médine

Tareq Oubrou cite également dans sa plaidoirie le souhait de Mahomet ne pas voir naître de guerres fratricides entre ses partisans (les émigrés de La Mecque d’une part, et les tribus arabes alliées de Médine non encore réellement converties d’autre part) : « On sait que le Prophète n’a pas engagé de guerre contre les hypocrites qui faisaient partie de la communauté musulmane de Médine : « Je ne voudrais pas qu’on dise que Mahomet tue les siens » (hadith Bukhari n°4905, Muslim n°2584). » Cela n’a rien d’étonnant : il ne s’agit ici que d’éviter que le clan musulman ne s’entre-déchire en raison de guerres intestines : aucun rapport donc avec une quelconque paix vis-à-vis des non-musulmans.

  • Face à l’ennemi, que faire ? jamais la paix, mais un pacte est possible

Tareq Oubrou mentionne également comme preuve de paix vis-à-vis des ennemis de l’islam (les non-musulmans) le propos suivant : « Et une invitation à la paix ne se refuse pas : « Et s’ils choisissent la paix, fais de même. », demande le Coran (sourate 8, verset 61) au Prophète. »

Mais Tareq Oubrou ne mentionne pas le contexte qui a trait à ce verset et conduit à des contre-sens ainsi que le souligne très précisément Abdurrahman Badawi (traducteur musulman de la biographie de Mahomet). Celui-ci précise en effet dans sa traduction de la Sîra ce que ce verset veut dire : « S’ils t’invitent à faire la paix sur la base de leur conversion à l’islam, alors fais la paix avec eux sous cette condition. » Il ajoute : « Cette explication est très importante : ce n’est pas la paix à tout prix, ou sans aucun prix, qu’il faut conclure avec l’ennemi. Voilà un avertissement solennel à tous ceux qui, aujourd’hui, jouent avec le sens de ce verset ! »

En réalité, pour l’islam, aucune paix définitive n’est concevable avec les non-musulmans : l’islam n’accepte que les pactes temporaires qui n’engagent que pour une durée limitée comme le rappelle la jurisprudence chaféite : « Dans la Loi sacrée, « trêve » veut dire traité de paix avec un ennemi de l’islam, impliquant la cessation des combats pour une certaine période, avec un paiement ou toute autre chose. Le fondement scriptural de la trêve inclut les versets comme : (1) « Une immunité est accordée par Allah et son prophète aux polythéistes avec lesquels vous avez conclu un pacte (…) » (sourate 9/, verset 1) ; (2) « Et s’ils inclinent à la paix, incline vers celle-ci (toi aussi) » (sourate 8, verset 61); de même que la trêve que le prophète conclut dans l’année d’Hudaybiyya, comme relaté par Bukhari et Muslim. Les trêves sont admissibles mais pas obligatoires. (…) La trêve doit servir autre chose que la simple préservation du statu quo. Dieu a dit : « Ne faiblissez donc pas et n’appelez pas à la paix alors que vous êtes les plus hauts » (sourate 47, verset 35). La motivation de la trêve peut être la faiblesse musulmane, du fait d’un manque de troupes ou de matériel, ou l’espoir que l’ennemi se convertisse (…). Si les musulmans sont faibles, une trêve peut être conclue pour 10 ans (…). Il n’est pas permis de conclure une trêve d’une durée plus longue (…). »

Ainsi, la trêve d’Hudaybiyya mentionnée par Tareq Oubrou fut la conséquence temporaire d’un rapport de force défavorable aux musulmans et non pas l’expression d’une véritable volonté de paix : « Si la guerre fut souvent inévitable, le Prophète parvint à quelques reprises à l’éviter en recourant à la diplomatie. En témoigne le pacte de Hudaybiyya par lequel les Quraysh, en échange d’une trêve de dix ans, lui imposèrent des conditions (Bukhari n°2711-2712) qu’il accepta malgré la position de force obtenue par les musulmans grâce à leur victoire. »

En revanche, une fois conclu, et à moins d’être dénoncé par l’une ou l’autre partie, un pacte doit être respecté – c’est une question d’honneur – , quand bien même il est signé avec des non-musulmans. Ainsi Tareq Oubrou écrit : « Ces jeunes ne connaissent pas la parole du Prophète, qui dit : « Celui qui tue une personne non musulmane avec laquelle il est lié par un pacte ne sentira pas le parfum du Paradis. » (Bukhari n°3166) ». Le respect de tout pacte est en effet un élément constitutif essentiel du système tribal de l’Arabie du VIIème siècle.

Quant à l’appel à ne pas souhaiter la rencontre avec l’ennemi, Tareq Oubrou écrit : « Non seulement les textes appellent à la paix, mais ils incitent à éviter toute confrontation et tout conflit. « Ne souhaitez pas la rencontre et la confrontation avec l’ennemi. Mais si le combat vous est imposé, vous devez résister… » : ce hadith visait à apaiser le tempérament belliciste qui caractérisait les Arabes antéislamiques. » Il semble en effet que le tempérament guerrier ait pu conduire certains à se lancer tête baissée dans la bataille et sans avoir trop réfléchi. Mahomet met seulement en garde de ne pas engager une bataille sur « un coup de tête », sans avoir bien réfléchi à la meilleure tactique pour la gagner. Il suffit de lire dans le Coran la multitude des versets sur le jihad ou la glorification du martyre pour dissiper tout doute quant à la nature belliqueuse de l’islam.

  • Conclusion

Une paix définitive avec les non-musulmans est doctrinalement impensable en islam puisque ce serait abandonner une partie du monde à la mécréance et admettre qu’il existe une limite au pouvoir d’Allah.

On peut comprendre que, dans la mesure du possible, il soit envisagé de laisser d’abord au mécréant la possibilité d’entendre la parole d’Allah afin qu’il se convertisse. C’est ce que rappelle Tareq Oubrou lorsqu’il écrit : « La sourate 9, considérée comme la plus violente vu les circonstances dans lesquelles elle a été révélée, ne manque pourtant pas d’appeler le musulman à protéger un non-musulman : « Et si un associationniste te demande secours, accorde-le lui afin qu’il entende la parole de Dieu, puis fais-le parvenir dans un lieu où il trouvera sa sécurité. Car c’est un peuple qui ne sait pas. » (sourate 9, verset 6). » Mais tout cela est précisément encadré par des pactes précis et conclus dans des circonstances spécifiques :

Coran, sourate 9, verset 7. Comment existerait-il avec les associateurs un pacte admis par Allah et par Son messager autre que ceux que vous avez conclus auprès de la Mosquée sacrée ? Tant qu’ils sont droits envers vous, soyez droits envers eux. (…)

L’associationnisme (ou polythéisme) étant en islam le plus grave des péchés possibles, comment une véritable tolérance serait-elle possible, si ce n’est qu’encadrée rigoureusement par un pacte temporaire ou au travers du statut de « dhimmi » ? Tout autre cas de figure est inconcevable en islam : la tolérance au sens occidentalo-chrétienne n’existe pas en islam.