L’islam des banlieues : le vrai islam qui laisse l’islam « modéré » désemparé

  • Un témoignage de vérité

À l’occasion d’une conférence organisée à l’Institut du Monde Arabe sur le mot « islam » en septembre 2016, une femme musulmane prit la parole pour faire part de son inquiétude face à la montée du fanatisme musulman dans les banlieues françaises comme Sevran.

On sait qu’une certaine coterie intellectuelle française se refuse toujours à reconnaître la réalité de cette situation dans les « territoires perdus de la République ». Il est donc intéressant d’écouter ce témoignage qu’on ne peut pas décrédibiliser par l’accusation diffamatoire d’extrême-droitisme ou d’« idenditarisme ».

Mais il est encore plus intéressant de prendre conscience du désarroi complet du conférencier Ghaleb Bencheikh (présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » du dimanche matin) face à cette situation, qu’on peut synthétiser en deux phrases, un constat d’impuissance et un vœu pieux :

« Sincèrement, je ne sais pas comment on fait cette affaire de ra-déradicalisation. Est-ce qu’on leur ouvre leur cerveau et on met autre chose à la place ? Je ne sais pas. »

« Il est de notre responsabilité collective de faire en sorte que nous sortions de l’ornière. »

Amis IMA Islam 160905 Banlieues

  • Conclusion

Le fanatisme musulman semble donc avoir encore de beaux jours devant lui puisque les musulmans eux-mêmes, lorsqu’ils n’y sont pas favorables, ne semblent pas savoir quoi dire ni faire…

Malek Chebel, penseur musulman disparu : un hommage à contre-cœur ?

  • L’hommage à Malek Chebel

Ghaleb Bencheikh, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2, a présenté en novembre 2017 deux émissions rendant hommage aux penseurs musulmans récemment disparus, parmi lesquels Malek Chebel, mort le 12 novembre 2016. Cet hommage télévisuel, d’une quinzaine de minutes, a insisté sur le caractère pacifique et ouvert de cette personnalité, et sur son désir de voir l’islam devenir un « islam des lumières ».  En voici un extrait :

France 2 Islam 171118 Figures 1 Malek Chebel

  • Une position bien différente un an avant

L’ennui est que Ghaleb Bencheikh faisait preuve un an auparavant de beaucoup moins d’enthousiasme, voire d’un certain mépris, pour Malek Chebel à l’occasion d’une conférence sur le thème de la « fatwa » :

Amis IMA Fatwa 161128 Malek Chebel

« Ça fait rappeler le titre d’un ouvrage : « 27 propositions pour réformer l’islam ». Et pourquoi pas 26, et pourquoi pas 28 ? Mais je ne dirais pas de qui parce qu’il y a un aphorisme du Prophète qui dit : « Ne parlez de vos défunts qu’en bien ». [large sourire joyeux et satisfait…] Donc, du coup, il n’est plus de monde et nous nous recueillons avec beaucoup d’émotion devant sa mémoire. »

  • Malek Chebel : un regard sans concession sur l’islam 

Ghaleb Bencheikh, on le voit, ne semble guère attristé par la mort de Malek Chebel (qu’il ne nomme même pas), et son attitude relève manifestement de l’hypocrisie et de la condescendance : quelle peut en être la raison ?

Au-delà de la rivalité médiatique qui a peut-être pu opposer les deux hommes, on peut s’interroger de façon plus générale sur la difficulté que les intellectuels musulmans ont à honorer avec sincérité la mémoire d’un des leurs lorsque celui-ci adresse aux musulmans et à la culture musulmane des critiques aussi féroces. En effet, Malek Chebel n’était vraiment pas tendre avec l’islam, au point qu’on peut se demander avec raison pourquoi il est resté musulman puisque de telles critiques de l’islam ne laissent guère envisager de voies de progrès possibles.

Voici un florilège de citations tirées des ouvrages de Malek Chebel :

« Le droit musulman ancien est, en l’état, non réformable. Il faut lui substituer un droit qui soit totalement affranchi des us et des coutumes bédouines. La difficulté est réelle car l’islam est le produit d’une société féodale, celle du Hedjaz, qui a fourni le cadre d’ensemble du droit familial, avec ses rites et ses pratiques. »

« L’école coranique où l’on égrène à longueur de journées des sourates et des versets, sans les comprendre et sans les relier à un contexte historique, est, de ce point de vue, la caricature de l’apprentissage mécanique. Sortir de cette méthode répétitive est en soi considéré comme un début explicite d’indiscipline, et parfois de vaine spéculation. »

« L’une des caractéristiques actuelles de la pensée en islam est d’être univoque. Mais lorsqu’on dit « univoque », il faut entendre le mot au sens immédiat du terme et non pas de manière métaphorique ou distanciée. Très distinctement, l’esprit musulman d’aujourd’hui répugne à se voir reprocher, même avec doigté, l’absurdité logique de telle pensée anachronique ou fossile, surtout si elle a été codifiée par le Coran ou la sharia. »

« Pour le croyant islamoïde, l’islam se situe au-dessus et en dehors de la critique humaine. Pour lui, la doxa ne peut être questionnée, ni dans sa généralité ni dans son détail, car cela mettrait en péril tout l’édifice de la croyance. Le comportement « islamoïde » consiste donc à rejeter en bloc toute innovation inconvenante, tout en donnant le change à quiconque s’avise de critiquer tel ou tel précepte islamique. À ce sujet borné, l’islam n’offre que des avantages : une religion divine, avec un prophète d’une sagesse à toute épreuve et une histoire arabo-islamique flamboyante. »

« Pour les autorités religieuses, il ne peut pas y avoir de liberté en dehors du dogme lui-même, ce qui revient à dire qu’il n’y a pas de liberté du tout, hormis évidemment celle qui consiste à suivre la voie telle qu’elle a été tracée depuis des lustres. »

« J’apporte du crédit à ceux qui soutiennent que les musulmans d’aujourd’hui n’ont qu’une aptitude limitée à l’autocritique. »

« L’attitude du croyant musulman vis-à-vis du corpus coranique a toujours été empreinte d’exaltation et de respect, ce qui l’empêche d’affronter les nouvelles idées. »

« À l’étudiant qui s’engage dans les études religieuses, le talib, on demande surtout une capacité d’assimilation passive des textes et de la tradition, sans aucun recul. »

« Celui qui analyse les difficultés que rencontrent aujourd’hui l’islam et les musulmans est frappé par la faiblesse de la pénétration de la pensée rationnelle dans la pensée religieuse. »

« Seul Dieu (étant le Ghafur, « celui qui est enclin au pardon ») est en mesure de pardonner les fautes à celui qui, ayant péché, accepte de s’incliner et de revenir à la raison. Ce pardon est toutefois soumis au fait que le repentant écoute de nouveau avec ferveur et assiduité les enseignements de la tradition et se comporte avec l’humilité qui sied aux repentants. Le Coran développe l’idée de la « crainte de Dieu » à travers une centaine de versets. »

« Il est très probable que la dualité bien/mal a accompagné l’épopée humaine depuis le début. Le Coran n’entre pas dans de telles spéculations, mais la personnalité du bon croyant est très distincte – tout en étant parfaitement ciselée – de celle du mauvais croyant. »

« Pour que l’islam trouve le chemin de la respectabilité et qu’il puisse devenir, comme par le passé, le garant de la promotion individuelle, il faudrait idéalement abolir tout simplement la notion de fatwa. »

« Que l’imam puisse disposer d’un droit si exorbitant [la fatwa] montre tout simplement que l’État de droit n’existe pas et que le déni de justice peut en effet devenir la règle. (…) Les musulmans sont-ils en mesure aujourd’hui de passer immédiatement à l’étape supérieure, à savoir déclarer irrecevable toute plainte devant un tribunal qui vise à condamner un individu ayant offensé Dieu ou tout autre entité supra-humaine ? »

« L’apostasie est avérée à partir du moment où le philosophe sort de la logique coranique, ou prétend que le Coran est une création humaine, ce qui revient à nier l’existence de Dieu, à être déicide. »

« Il faut savoir que le Coran est, en lui-même, un discours constitué sur Dieu et de Dieu sur l’homme. Cela explique la pauvreté relative de l’acte philosophique en islam, cantonné malgré lui à une histoire amplifiée des idées et à une spéculation molle sur les fins dernières. »

« Les religieux sont unanimes : le seul pouvoir possible en islam est celui qui se réclame de Dieu, étant donné qu’il est le créateur de toute chose. »

« Je suis frappé par l’emprise phénoménale que les religieux ont sur la société, et plus particulièrement sur les couches sociales démunies. Du reste l’étau de fer dans lequel se trouve la société arabe, perse ou indonésienne, n’est pas prêt de se desserrer, car la corporation des religieux a compris depuis longtemps que l’élévation du niveau de vie et surtout l’acquisition de connaissances rationnelles – les deux fers de lance du progrès humain – sont deux des facteurs qui limitent son influence. »

« Tout lien avec un infidèle ou un incroyant est considéré comme une compassion pour ses idées, et parfois comme une adhésion pure et simple. Dieu défend aux croyants de se lier avec les infidèles. »

« Il est un aspect que l’on évoque pratiquement jamais : pour que la tolérance vis-à-vis d’autrui devienne une réalité, il faut que le musulman la cultive autant qu’il l’exige des autres. (…) Si les musulmans veulent que leur religion soit honorée et respectée en Occident (…), il faut qu’ils soient capables d’accepter dans les pays où l’islam est dominant une tolérance équivalente pour les autres religions. (…) Une mosquée en France, soit. Mais une église en Arabie Saoudite ? (…) Aller et venir sans difficulté aucune, soit, y compris au Vatican, mais pourquoi le territoire de l’Arabie serait-il strictement interdit aux non-musulmans ? »

« La jurisprudence sur la femme, que ce soit la sharia ou les mentalités collectives, lui est extrêmement défavorable. Le but non avoué de toute cette armada de textes consiste à maintenir la femme dans une position inférieure à l’homme sous le prétexte que celui-ci subvient à ses besoins matériels. »

« Répudiation, polygamie, mariages forcés (et surtout mariages précoces à onze ou treize ans), rapts de jeunes filles, dénigrement des mères célibataires et assassinats perpétrés au nom de l’honneur, voilà quelques aspects – flagrants – de l’infériorité juridique de la femme musulmane par rapport à l’homme, une infériorité fondée – telle est la thèse fondamentaliste – sur le caractère ondoyant et limité de la nature féminine. »

« L’une des raisons que prône les défenseurs de la polygamie est la différence d’inclination et d’étendue de la fonction sexuelle chez l’homme et chez la femme. (…) »

« Le phénomène qui touche au voilement des femmes dans la plupart des pays arabes sous influence wahhabite est spectaculaire. Le paradoxe fait ainsi que le voile est l’une des opportunités pour la femme de s’arroger des droits nouveaux (conduire la voiture, aller au travail), et qu’elle ne l’aurait guère défendu sans cela. Sans aller jusqu’à soutenir que le voile est la condition de l’émancipation des femmes dans ces pays-là, il est indéniable que sans ce fichu sur la tête, il est aujourd’hui inconcevable dans nombre de pays musulmans pour la femme de réclamer le moindre privilège. C’est l’une des explications, au-delà de la foi bien sûr, qui pousse des femmes musulmanes à se rapprocher du modèle social dominant, celui de la non-mixité de fait et du marquage violent de séparation des sexes. »

« Autre phénomène préoccupant, certaines musulmanes européennes, elles-mêmes converties ou ayant épousé des musulmans très conservateurs, voilées de pied en cap, poussent le zèle et la bigoterie jusqu’à se grillager les yeux et se couvrir les mains de gants noirs. Ce symbolisme du noir est d’ailleurs abbasside, donc en grande partie chiite et non pas sunnite, ce qui souligne, outre l’origine géographique de l’idéologie en question, l’impossible distance des femmes voilées vis-à-vis de leurs propres pratiques. Une telle attitude les met au ban de la communauté nationale et les rend suspects aux yeux de la plupart des autres musulmans, à commencer par celles qui se refusent à un tel simulacre. D’ailleurs, aucun verset coranique ne préconise un tel vêtement et la Tradition est relativement muette quant au voile porté par les premières musulmanes. (…) Au fond, c’est la croyance de quelques tribus arriérées qui, en s’imposant aux villes, est devenue le vecteur d’une idéologie de séparation et de pureté préconisée par les mouvements intégristes. Dans ce cas de figure, l’ostentation leur suffit, car elle tient lieu de politique. »

« Pour une religion qui se construisait à partir de maigres ressources, il était obligatoire que la question du butin et des acquis soit traitée dès le début. C’est exactement ce que fait le Coran en rappelant les éléments d’appréciation de ces gains, leur distribution et la liste des personnes prioritaires qui en bénéficient. »

« Toute la difficulté de l’émergence du sujet en terre d’islam vient du fait que la communauté musulmane, hier libératrice, aujourd’hui contraignante, est le seul modèle qui ait jamais servi à penser la pluralité sociale. »

« La proposition consistant à rappeler la prééminence de l’individu sur la communauté relève encore de l’utopie, car l’essence sociale de l’islam est communautaire. »

« Le blasphème (tajdif) en islam est double : le fait d’associer un autre dieu à Allah et, coextensif, le fait d’alimenter une telle éventualité, soit par écrit, soit par oral. Dans le Coran, le mot « blasphème » est plus induit qu’employé explicitement. (…) Ceux qui blasphèment sont donc essentiellement ceux qui méconnaissent l’entité divine et ses attributs. (…) Plus tard, le blasphème s’est également étendu à l’entité prophétique, au sens où la moindre récusation de celle-ci rejaillit sur tout l’islam, et en particulier sur le Coran, la parole de Dieu, et sur Allah lui-même. »

« L’interdiction du vin est pourtant ambiguë, car le Coran en fait un bien paradisiaque que seuls les bons croyants obtiennent dans l’au-delà. »

« Trop longtemps demeurés sur le bas-côté de la route, les musulmans n’ont pas été – c’est le moins que l’on puisse dire – des acteurs du progrès technologique moderne. Le monde musulman contemporain n’a rien inventé qui puisse susciter l’admiration. (…) Dans l’évaluation générale réalisée par l’ONU sur le développement durable des nations, les pays du bloc arabo-musulman se présentent (avec quelques nuances) parmi les derniers du peloton des États qui investissent dans la formation et l’éducation. »

« Dans beaucoup de cas, on constate que les strates populaires sont restées en dehors de toute idée de progrès, allant jusqu’à magnifier la vie du chamelier pour mieux se complaire dans une fausse promotion. Elles n’ont tout simplement jamais connu le monde féroce du travail tel qu’on le voit aujourd’hui dans les usines du monde occidental. Que constate-t-on aujourd’hui ? Que le travail est particulièrement dénigré, tandis que la division économique de cette activité est demeurée presqu’en l’état depuis plusieurs siècles, et cela dans la plupart des pays de la ceinture sud de l’islam. Le maître ordonne à son contremaître d’exécuter une tâche que celui-ci délègue à son second, lequel l’exige du petit personnel, souvent étranger, qui l’effectue sans barguigner, car il risque de se voir congédier sans compensation particulière. »

Les intellectuels arabo-musulmans qui dénoncent l’islam

  • Problématique

Ghaleb Bencheikh, musulman pondéré et cultivé, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2 est revenu, dans le cadre d’un cycle de conférences organisées en 2016 et 2017 par la société des amis de l’Institut du Monde Arabe, sur le sens du mot « jihad » et sur l’attitude frileuse des intellectuels du monde musulman qui ne dénoncent pas assez selon lui les affres de l’islam.

Amis IMA Jihad 161010 Intellectuels

  • Une description sans détours de l’islam : un appel à se lever contre l’islam ?

Le diagnostic de Ghaleb Bencheikh sur l’apport de l’islam au monde d’aujourd’hui est accablant, et celui-ci rappelle quelques vérités à faire frémir le politiquement correct :

«  En contexte islamique, il n’y pas de démocratie, il n’y a pas de liberté, pas de séparation de la politique d’avec la religion (…) »

« Cela rend davantage admirable le travail des rares de ceux qui osent, en contexte islamique, au péril de leur vie, dirent des choses. »

« Ailleurs, il devient un devoir, pour les intellectuels musulmans, parce qu’ils jouissent plus ou moins d’un ciel un peu plus clément au-dessus de leur tête ; s’ils ne le font pas, eh bien ils sont aussi frileux, pusillanimes, couards, peureux, et ne rendent pas service – pas aux musulmans – mais à l’humanité, parce qu’on a là un fléau terrible qui sévit au nom de la tradition islamique »

Ghaleb Bencheikh évoque également la contradiction fondamentale et insoluble qui se trouve à l’intérieur même du Coran, la nature de la prédication changeant significativement entre La Mecque et Médine :

« Il vaut mieux tenir compte dans la révélation coranique des versets mecquois et ne pas tenir compte des versets médinois. »

  • La visite de Mahomet à Taïf

Mais si Ghaleb Bencheikh critique ouvertement l’islam d’aujourd’hui, il tente néanmoins coûte que coûte de préserver la figure de Mahomet en en faisant un  fidèle continuateur du Christ. En effet, évoquant la visite de Mahomet à Taïf, Ghaleb Bencheikh prétend que celui-ci a eu « sa propre mâchoire fracassée », a été « battu à coups de mâchoires d’âne », et va jusqu’à affirmer que Mahomet a dit : « ô mon dieu pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font (reprenant les paroles de Jésus connaissant la passion) ».

Le problème est que ce récit est faux, du moins si l’on se réfère à la biographie de Mahomet d’Ibn Ishâq/Ibn Hîcham, « officielle » car reconnue dans l’ensemble du monde musulman, qui relate cette visite de façon très différente. Reprenons-en le texte (j’en fournis ci-dessous les principaux extraits ; ceux qui voudraient se reporter au passage complet le trouveront dans la biographie traduite par Abdurrahman Badawi, tome premier, pages 333 à 336).

Rappelons-le contexte : L’oncle de Mahomet qui le protégeait à La Mecque vient de mourir et Mahomet recherche donc l’appui de clans pour le soutenir dans sa lutte pour le pouvoir contre les Quraychites de La Mecque (nous sommes avant l’hégire). Il se rend donc à al-Taîf, auprès la tribu des Thaqîf. Voici le texte de la biographie :

« L’Envoyé d’Allah va à la tribu Thaqîf à la recherche de leur secours.

Ibn Ishâq dit : Quand Abû Talib mourut, les Quraysh outrageaient l’Envoyé d’Allah d’une manière qui ne s’était pas vue durant la vie de son oncle Abû Tâlib. Alors il partit pour al-Tâ’if, cherchant secours auprès de la tribu Thaqîf et leur protection contre son peuple, et aussi pour qu’ils acceptassent de lui ce qui lui venait de Dieu. Il y alla seul.

Ibn Ishâq dit : Yazîd b. Ziyâd sur l’autorité de Muhammad b. Ka’a al-Quraî m’a rapporté que quand l’Envoyé d’Allah arriva à al-Tâ’if, il se dirigea vers quelques gens de Thaqîf qui étaient alors les chefs et les nobles de la tribu Thaqîf. Ils étaient trois frères (…). L’Envoyé d’Allah s’asseyait avec eux, les appelait à croire en Dieu, et leur parlait du sujet qui l’avait amené à venir chez eux, à savoir : de lui porter secours pour propager l’islam et de l’aider contre ses opposants parmi son peuple. L’un d’eux alors lui dit qu’il déchirerait la couverture de la Ka’bah si Dieu l’avait envoyé. Le deuxième lui dit : « Dieu n’a-t-il pas trouvé un homme mieux que toi pour l’envoyer ?! » Le troisième lui dit : « Je ne parlerai jamais avec toi si tu étais l’Envoyé d’Allah, comme tu le dis, tu serais trop important pour que je puisse répondre à toi, et si tu mentais sur Allah, je ne devrais pas parler avec toi. »

L’Envoyé d’Allah partit donc de chez eux, désespéré de l’élite de Thaqîf. D’après ce qui m’a été rapporté, il leur dit : « Puisque vous vous comportez ainsi, gardez cela un secret entre nous ». (…) Mais ces trois nobles de Thaqîf ne gardèrent pas le secret. Au contraire, ils excitèrent contre l’Envoyé d’Allah leurs hommes insolents et leurs esclaves, qui se mettaient à l’insulter et à le chahuter, en sorte que la foule s’assembla autour de lui et le poussa à se réfugier dans le jardin entouré d’un mur qui appartenait à Utbah b. Rabî’ah et à Shaybah b. Rabî’ah qui s’y trouvaient en ce moment. Alors les insolents de Thaqîf qui le poursuivaient le laissèrent tranquille. Il se mit sous l’ombre d’une treille de vigne. Il s’y assit, pendant que les deux fils de Rabî’ah le regardaient et voyaient ce qu’il avait souffert de la part des gens insolents de Thaqîf. (…)

Quand les deux fils de Rabî’ah le virent et aperçurent qu’il souffrait, leur lien de parenté s’émut. Ils appelèrent un domestique chrétien qui était à leur service, appelé Addâs, et lui dirent : « Cueille de ce raisin, mets-le dans ce plat, et va à cet homme-là et invite-le à en manger. » (…)

Puis l’Envoyé d’Allah partit d’al-Ta’îf et retourna à Makkah, ayant désespéré de la conversion de la tribu de Thaqîf. Lorsqu’il passa par la vallée de Nakhlah, il se mit à prier, au milieu de la nuit. Alors passa devant lui, le groupe de djinns que Dieu a mentionnés. D’après ce qu’on m’a dit, ils sont au nombre de sept et sont des djinns des habitants de Nisibe. Ils se mirent à l’écouter. (…) »

  • Conclusion

Alors chahut, insolence des Thaqîf qui refusent de se convertir, folie du Prophète qui voit des « créatures » (les djinns) : oui. Mais aucun signe d’une mâchoire fracassée, et encore mois d’un prophète reprenant les paroles du Christ ! Où Ghaleb Bencheikh est-il allé chercher sa version sacrificielle ?

Le désir de Ghaleb Bencheikh de vouloir à tout prix sauver l’islam – tout en ayant le courage par ailleurs d’évoquer sa violence intrinsèque – ne doit pas nous entraîner dans une vertige hallucinogène. Comment pourrait-on croire que Mahomet ait pu jamais prétendre s’inspirer de Jésus-Christ, lui qui, quelque temps après, exterminera en l’égorgeant la principale tribu juive de Médine et reviendra d’aileurs « s’occuper » d’al-Taîf plusieurs années après (cf. « La campagne d’al-Ta’îf après Hunayn en l’an VIII », page 409 du tome 2 de la biographie déjà mentionnée) ?

Europe’s migrants are here to stay

Dimitris Avramopoulos, commissaire européen pour la migration, les affaires intérieures et la citoyenneté, explique les raisons pour lesquelles l’Europe n’a d’autre choix que d’accepter une immigration massive, ce qui revient de fait à l’islamiser puisque une grande partie des migrants est de culture musulmane.

Au lieu de favoriser des efforts massifs en faveur d’un contrôle des naissances dans des pays, notamment africains, où la reproduction est irresponsable et galopante, Dmitris Avramopoulos préfère théoriser et imposer le remplacement de population à des peuples européens mis au ban du panthéon moral s’ils osent, au lieu de se résigner, s’opposer à la lente destruction de leur identité puisque la doctrine de l’islam (mais pas nécessairement sa pratique dévoyée au regard de l’islam pratiqué dans les pays musulmans) est, comme l’a reconnu par le passé la Communauté européenne elle-même au sujet de la chari’a, incompatible avec les valeurs démocratiques européennes.

Voici l’article publié dans Politico le 18 décembre 2017 (les passages en gras dans le corps du texte sont soulignés par moi) :

Europe’s migrants are here to stay

It’s time to start crafting our policies accordingly.

By DIMITRIS AVRAMOPOULOS

12/18/17, 4:00 AM CET. Updated 12/18/17, 9:17 PM CET

« It’s time to face the truth. We cannot and will never be able to stop migration.

The refugee crisis in Europe may be subsiding, but migration globally will not stop. Today, on International Migrants Day, more than 244 million people are living outside their country of birth. Human mobility will increasingly define the 21st century. If we want to be ready for it, we need to start preparing now.

Migration is an emotional, sensitive and political issue. It has helped determine elections across Europe and the world. But we can no longer talk only about crisis management: Migration is our new reality. The time has come to start thinking, talking and acting about migration in a more comprehensive and long-term way, putting in place policies aimed at promoting integration and inclusion.

Over the last two years, Europe has been primarily engaged in addressing the immediate urgencies of the global migration and refugee crisis — and quite successfully so. Irregular flows have dropped by 63 percent. More than 32,000 refugees have been relocated within Europe. More than 25,000 people in need of protection have been resettled to the Continent, with another 50,000 expected to arrive in the next two years. And thousands of migrants have been helped on the ground in Libya in cooperation with international partners.

Of course, a lot still remains to be done in the European Union. We need to deliver on our promises to evacuate thousands of migrants from Libya either through resettlement or assisted voluntary return in the coming months. We need to reach a comprehensive and fair asylum reform by June. We must also enhance legal channels for economic migration with a more ambitious Blue Card for highly skilled workers and kick-start targeted labor migration pilot projects in key third countries.

But we cannot continue taking an ad hoc approach, thinking and acting with only short-term deadlines in mind. When it comes to migration, we’re in it for the long haul. This not a problem to solve or a challenge to address. Migration is deeply intertwined with our policies on economics, trade, education and employment — to name just a few.

Unfortunately, the recent discourse on migration — influenced by rising nationalism, populism and xenophobia — has limited our opportunities to put in place smart, forward-looking migration policies, at both the national and European levels.

It is foolish to think that migration will disappear if one adopts harsh language. It is naïve to think that our societies will remain homogenous and migration-free if one erects fences. It is unwise to think that migration will remain on the other side of the Mediterranean, if one only shows solidarity in financial terms.

We must start to be honest with those citizens who are concerned about how we will manage migration. We may not be able to stop migration. But we can be better, smarter and more proactive at managing this phenomenon. However, we cannot achieve this if we don’t accept a change in attitude and a change in our narrative.

The EU has granted protection to more than 700,000 people last year. They have found safety in Europe, but we also need to make sure they find a home. This is not only a moral imperative. It is also an economic and social imperative for our aging continent — and one of the biggest challenges for the near future.

There has been some debate about diversity and inclusion recently — including through discussions initiated by POLITICO — but not nearly enough to prompt the changes that our societies need to be ready for the realities of the 21st century.

Integration and inclusion may sound like luxury discussions when the debate is focused on finding a fair agreement on the reform of the Dublin regulations, which govern how asylum applications are processed in the EU.

But leaving these long-term considerations out of the conversation would be a mistake — one that we’ve made in the past and for which we are still paying the social and economic costs today.

At the end of the day, we all need to be ready to accept migration, mobility and diversity as the new norm and tailor our policies accordingly. The only way to make our asylum and migration policies future-proof, is to collectively change our way of thinking first. »

Dimitris Avramopoulos is European commissioner for migration, home affairs and citizenship.

Conférences sous l’égide de la Société des Amis de l’IMA : un cycle intéressant

La société des Amis de l’I.M.A. (Institut du Monde Arabe) a organisé fin 2016 puis en novembre 2017 un cycle de 5 conférences consacré à l’explication de quelques grandes notions : islam, fatwa, chari’a, jihad, salafisme. Ces conférences sont disponibles sur youtube.

Ces conférences sont tout à fait intéressantes, en particulier en raison des questions posées par le public qui disposait, ce qui n’est pas toujours le cas dans les conférences de ce type, d’un temps réellement significatif pour échanger avec Ghaleb Bencheikh, intervenant régulier à l’I.M.A. et présentateur attitré avec une autre personne de l’émission « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2. Ces questions expriment me semble-t-il un profond malaise, compris au sein de la communauté musulmane, sur la place et le sens de l’islam dans les communautés humaines et son rapport aux civilisations occidentales.

Je me propose sur ce site de ne revenir dans quelques articles que sur quelques points abordés lors de ces conférences, l’analyse de Ghaleb Bencheikh étant intéressante car celui-ci fait partie de l’élite musulmane cultivée, éprise de progrès, et qui n’hésite pas à formuler sur sa propre religion des critiques dures et potentiellement très dangereuses personnellement.

Amis IMA Charia 161107 Critique islam

Même si on ne partage pas toute son analyse, qu’on peut juger parfois un peu utopiste dans son souci de progrès, on peut l’écouter avec beaucoup d’intérêt.

Ce souci de progrès dans le cadre d’une démarche volontariste apparaît d’ailleurs assez clairement au niveau des de la Société des amis de l’IMA à l’origine de cette bonne initiative, animée d’intentions louables pour diffuser la bonne parole, mais qui assène parfois des vérités discutables, comme l’absence de fondement religieux à la conquête musulmane ou la vision merveilleuse de la cohabitation entre l’islam et les deux autres religions monothéistes (l’intervenant reconnaissant curieusement par ailleurs sa faible compétence).

Amis IMA Islam 160905 Conquete

Zineb El Rhazoui : comprendre l’islam, c’est pourtant simple ?

Zineb El Rhazoui, journaliste à Charlie Hebdo, élevée dans la culture et la religion musulmane, qu’elle connaît bien, était interviewée le 1er août 2016 sur RTL. Ses propos sont à méditer.

Zineb El Rhazoui 160801

« Pour avoir étudié la religion [l’islam] depuis mon enfance jusqu’à bien après le baccalauréat, je peux vous dire qu’il n’y a pas une seule occurrence du mot « amour » dans le Coran ni dans le corpus de la Sunna. Et pourquoi l’islam serait-il la seule religion de paix et d’amour ? (…) L’islam c’est un ensemble de textes archaïques, d’inspiration de l’Ancien Testament, avec un tas de légendes, etc. très, très empreint de contexte de bédouinité dans lequel il a vu le jour. C’est ça concrètement l’islam. (…) C’est se mentir de penser que le Coran est un texte de paix et d’amour. On n’a qu’à se pencher sur les versets du Coran, sur l’exemple que fut la vie de Mahomet, les guerres qu’il a menées ; on voit bien qu’on est loin de la paix et de l’amour. (…) Les textes de l’islam sont toujours perçus comme d’abord une constitution, un corpus juridique et non pas un corpus spirituel, et comme des textes valables en tous temps et en tous milieux géographiques. (…) On a beau chercher des raisons économiques (…), des raisons identitaires (…), des raisons politiques (…) : le seul dénominateur commun entre tous les terroristes, finalement, c’est l’islam. »