Pascal Bruckner : Invention des antiracistes, l’accusation d’« islamophobie » musèle toute critique de la religion musulmane

Valeurs actuelles – Propos recueillis par Anne-Laure Debaecker. Samedi 4 mars 2017

Nous sommes les témoins depuis vingt ans de la fabrication d’un nouveau délit d’opinion, avertit Pascal Bruckner dans son nouvel ouvrage percutant, « Un racisme imaginaire ». Le romancier et essayiste y dénonce les ravages causés par un antiracisme débridé, ce « marché en pleine expansion » au service du politiquement correct qui traque toute attaque supposée envers des minorités. La relecture du monde qui s’opère alors touche une religion considérée comme une race, l’islam, par un étonnant « miracle de la transsubstantiation ». « Arme d’intimidation massive » dont Pascal Bruckner a fait les frais à travers plusieurs procès, l’accusation d’islamophobie agit en véritable « bouclier politique et juridique » qui annihile tout débat. L’auteur du Sanglot de l’homme blanc décortique les soubassements de cette idéologie qui se nourrit de la haine de soi occidentale. Édifiant.

Objet de votre nouveau livre et combat de ceux qui vous ont récemment intenté un procès, quelle définition donneriez-vous de l’antiracisme aujourd’hui ?

Ce mouvement s’est développé après la Seconde Guerre mondiale, après les abominations nazies. Il a été théorisé essentiellement par des anthropologues anticolonialistes, dont le plus talentueux, Claude Lévi-Strauss. Il a connu un essor particulier aux États-Unis, marqués de façon traumatique par l’expérience de l’esclavage et de la ségrégation. D’abord soldat latéral des grandes armées politiques de la gauche — le socialisme devait effacer comme par miracle tous les défauts du capitalisme —, l’antiracisme est devenu central depuis la chute du communisme. Il est ce qui reste quand les partis n’ont plus rien à offrir, en termes politiques ou sociaux. L’antiracisme est ainsi devenu la religion civile du siècle, ce qui implique une vigilance très acérée dans la prise de parole publique. Il faut désormais peser ses mots comme si c’était de l’or car la moindre maladresse peut vous jeter dans l’opprobre et entraîner votre condamnation devant les tribunaux — on le voit bien avec le procès intenté à Georges Bensoussan. Le débat intellectuel s’est ainsi transformé en un champ de mines, avec, à chaque instant, le risque de sauter sur l’une d’entre elles.

L’antiracisme tient trop souvent lieu de programme politique et le radical-chic aujourd’hui est de débusquer une nouvelle forme de discrimination à combattre. L’une des dernières en date que j’ai relevée est la “pauvrophobie”. Ce néologisme créé par l’association ATD Quart Monde pour désigner les discriminations liées à la précarité est un cataplasme linguistique : on peut être poursuivi en justice pour avoir dit du mal des pauvres mais cela n’améliorera en rien la vie de ceux-ci. Philippe Muray parlait déjà de « cage aux phobes ». Dans une sorte de course en avant, ces phobies prolifèrent, en effet, et on peut y inscrire tous les groupes possibles et imaginables. Toute catégorie peut se décréter opprimée si elle arrive à prouver qu’elle “souffre”. On pourrait ainsi créer demain la “francophobie”, la “socialistophobie”, la “capitalistophobie”, et j’en passe. Dès que l’on veut critiquer une minorité, elle peut brandir l’accusation de racisme comme parade.

Distribuée à tout bout de champ, cette accusation a-t-elle alors encore de la valeur ?

À force de mettre le racisme à toutes les sauces on finira, en effet, par le dévaloriser. L’antiracisme fou finit par délégitimer l’idée même de lutte contre le racisme qui prend une extension démesurée et se contredit dans ses propres termes. On l’a vu en 2016 avec les ateliers interdits aux hommes ou aux Blancs de Nuit debout ou encore le camp décolonial interdit aux Blancs, l’été dernier, organisé par les Indigènes de la République, sorte de Ku Klux Klan inversé. Ces militants reproduisent ainsi malgré eux ce qu’ils veulent combattre. Ce qui est inquiétant, c’est que les tribunaux acceptent les accusations à tout-va produites par ces associations, souvent groupusculaires et qui cherchent à se faire connaître et reconnaître en intentant des procès. La justice, qui est censée arbitrer les passions adverses par la distance du droit, risque, si elle échoue, d’exacerber ces mêmes passions.

Avec l’accusation d’islamophobie, vous relevez que l’on est passé d’une politique qui vise à sanctionner toute attaque contre un état physique — la couleur de peau — à une politique qui cherche à punir toute critique d’une religion…

C’est un véritable retour de l’Ancien Régime dans notre histoire. Aujourd’hui tout est racialisé, y compris l’intolérance religieuse. Les grandes confessions sont devenues des “races” alors qu’elles incluent des fidèles du monde entier. L’islam, tel qu’il est rêvé par les intégristes, devient une identité et une citoyenneté, une civilisation qui regroupe les citoyens de l’oumma (“communauté globale”) dans une même nation par delà les frontières contingentes. Ses fidèles se sentent musulmans avant d’être, accessoirement, français, allemands, syriens, algériens. À partir du moment où l’identité nationale n’est plus assurée, l’islam se propose comme substitut universel.

Issu du vocabulaire colonial, le mot islamophobie est réinventé dans les années 1980 en Grande-Bretagne avec l’affaire Rushdie. Les musulmans britanniques en font un instrument de conquête et de mise sous le boisseau de tous les contestataires de l’islam. Ce mot amalgame deux sens très différents : la persécution des croyants — qui est évidemment un délit ou un crime — et la critique de la religion. Celle-ci est un droit en Occident depuis plusieurs siècles. Le crime de blasphème a été aboli en 1791, grâce à Le Peletier de SaintFargeau, rapporteur de la loi : pour lui, cette offense relève de crimes imaginaires tels que la lèse-majesté, l’hérésie, la satire vis-à-vis des prophètes, et le droit doit être nettement dissocié de la religion. Pourtant les wahhabites, les Frères musulmans tentent, chaque année, de ressusciter le délit de blasphème auprès de l’Onu.

On peut observer, à cet égard, un deux poids, deux mesures étonnant. Personne n’a parlé de christianophobie quand le père Hamel a été assassiné à Saint-Étienne-du-Rouvray ou quand les minorités chrétiennes du Moyen-Orient sont exterminées, chassées. Ce mot ne prend pas, on parle d’actes de haine ou encore d’intolérance religieuse. Seuls les musulmans ont droit à l’islamophobie, tel un titre de noblesse, qui fait d’eux les nouveaux “damnés de la terre”.

Pourquoi, justement, l’islamiste cherche-t-il à devenir le nouveau “juif allemand” ?

Pour toucher les coeurs il faut se présenter comme une victime. Or, dans le club très fermé des peuples parias se trouve le juif, qui y occupe une place prégnante en raison d’une longue antériorité historique. Par un révisionnisme tranquille, les islamistes, aidés des islamogauchistes, vont expliquer que la situation des musulmans aujourd’hui est celle des juifs des années 1930. De sorte que critiquer l’islam radical est assimilé à l’adoption d’une posture nazie et équivaudrait à préparer un Holocauste pour les musulmans. Dernière étape de cette démarche, on va déclarer qu’en raison de la situation israélo-palestinienne, les juifs ne méritent plus le titre de victimes et sont, au contraire, passés du côté des bourreaux. Cette analogie historique oublie juste que l’antisémitisme ne concerne pas la religion juive en tant que telle mais l’existence des juifs en tant que peuple. De plus, dans les années 1930, 1940, on n’a pas vu d’extrémistes juifs lancer des bombes dans les gares, les aéroports ou aller égorger des prêtres dans les églises.

« Il est possible que ce qui fascine tant de nos contemporains, dans la religion du Prophète, soit aussi le vertige de la régression. » Qu’entendez-vous par cela ?

Nous vivons un moment de transition. Les sociétés occidentales ont vécu depuis cinquante ans des transformations fondamentales dans le domaine des moeurs, de la condition féminine, du mariage, de l’éducation des enfants, de la procréation. Pour tempérer ces révolutions, elles sont tentées par un mouvement de conservatisme inverse. Certains vont donc demander à une religion étrangère le soulagement psychologique nécessaire pour éponger ces innovations qui les angoissent.

C’est le phénomène des convertis. Il est plus paradoxal que cette régression soit portée par une certaine gauche qui s’était posée comme la tenante du progrès et de l’émancipation. Voir des trotskistes, des “révolutionnaires”, se battre pour que des femmes restent grillagées est un spectacle hallucinant où l’on a l’impression que le monde marche sur la tête ! Judith Butler, la théoricienne américaine du genre, estime ainsi que toute musulmane qui n’est pas voilée fait allégeance à l’impérialisme occidental et trahit sa culture au profit de la nôtre.

Comment expliquer la collusion entre une extrême gauche progressiste et un islamisme fondamentaliste conservateur ?

Pour beaucoup de gauchistes, le nouveau fer de lance contre le capitalisme n’est plus la classe ouvrière — moins nombreuse qu’antan et qui désormais vote FN — mais l’islam radical. Pour ces gauchistes, cet islam est porteur d’une radicalité stupéfiante même si elle se trompe d’objet. C’est contre le capitalisme et lui seul qu’elle devrait s’insurger. On assiste à un jeu de dupes entre gauchistes et islamistes où chacun fait la courte échelle à l’autre en espérant retirer les marrons du feu… En réalité les intégristes sont plus forts et plus puissants, d’autant que l’extrême gauche, très influente dans les médias où elle agit comme une sorte de surmoi, ne représente plus beaucoup de monde sur le terrain. Les Frères musulmans et les salafistes ont, de manière habile, repris la stratégie de l’entrisme qui était celle des trotskistes et noyautent les entreprises, les hôpitaux, la fonction publique, les syndicats.

Quel avenir pour l’islam en Europe ? Que devons-nous faire ?

Il faut européaniser l’islam et non pas islamiser l’Europe. Beaucoup d’imams, comme Al-Qaradawi, réfugié au Qatar, appellent à la reconquête de l’Europe où l’islam s’est par deux fois cassé les dents, en Espagne avec la Reconquista et devant les portes de Vienne où l’Empire ottoman a été battu en 1683. Les intégristes voudraient repartir à l’assaut du vieux monde par la double arme de la prédication et de la terreur, l’une épaulant l’autre. Ce pourquoi la guerre à la terreur ne suffit pas. C’est aux Frères musulmans, aux salafistes dans leurs diverses obédiences qu’il faut s’attaquer en même temps qu’aux djihadistes. L’idéal serait de ramener, autant que faire se peut, l’islam au statut d’une religion parmi d’autres, de le banaliser dans le vaste marché des spiritualités. Le combat va être long car les fanatiques du Coran sont persuadés que l’islam n’est pas une religion comme les autres mais celle qui les résume toutes et rend les autres obsolètes. Il serait la “révélation” ultime qui périme le judaïsme, le christianisme sans parler de l’hindouisme, du bouddhisme. Les prêcheurs sont là pour admonester tout musulman soupçonné de tiédeur et le réislamiser.

En France, il y a peu de candidats conscients de la réalité. Seuls deux ont mis l’accent sur cette problématique : Manuel Valls à gauche et François Fillon à droite. Je regrette que l’un ait été éliminé par la primaire et que l’autre se trouve en grande difficulté. Reste Marine Le Pen, la néobolchevique de La Trinité-sur-Mer, qui forme avec Jean-Luc Mélenchon une famille reconstituée dans un anticapitalisme primaire. Mais avec elle, je redoute que le remède proposé ne terrasse le malade et ne laisse notre beau pays en ruine.

Un racisme imaginaire, islamophobie et culpabilité, de Pascal Bruckner, Grasset, 272 pages, 19 €.

Penser le mécréant en islam : un effort louable mais qui semble utopiste

  • Problématique

Face à «  c terrible et tragique régression, à la décadence, à la décrépitude » du monde musulman depuis des siècles évoquée par le présentateur de l’émission de France 2 « Vivre l’islam » du 27 novembre 2016, Omero Marongiu-Perria formule quelques pistes de réflexion, mais qui constituent une critique assez virulente de l’islam face à un monde occidental vu par les musulmans comme « un monde de corruption ».

France 2 Islam 161127 Islam 2 Extrait 4

  • Propositions

1) Démythifier l’histoire musulmane

Comme l’admet Omero Marongiu-Perria, l’histoire de Mahomet et de ses Compagnons fait l’objet d’une mythification dont l’objet est une valorisation en opposition au monde occidental : « L’histoire des premiers temps de l’islam est complètement mythifiée chez les musulmans ».

Il est en effet impossible d’aborder l’histoire de l’islam sous le seul angle de la critique historique, pourtant utilisée partout ailleurs, y compris pour les autres religions. Omero Marongiu-Perria reconnaît que « l’histoire musulmane n’est pas abordée à partir des catégories de l’histoire » : en d’autres termes, l’histoire musulmane n’est analysée que dans le contexte d’une perspective religieuse, ce qui rend donc impossible toute objectivité, notamment quant à la profondeur de l’imprégnation tribale de la vie et de la pensée de Mahomet indépendamment de toute inspiration divine.

On peut rester dubitatif sur la capacité de l’islam à accepter une vision plus objective de ses origines car toute analyse objective est désacralisante et donc incompatible avec le Coran, censé être la parole d’Allah.

2) Mahomet le conquérant

Omero Marongiu-Perria constate implicitement avec regret : « il faut le reconnaître, dans ce qui est appris aujourd’hui des premiers temps de l’islam, c’est cette idée du prophète conquérant qui est mise en avant ».

Certes, mais c’est bien ainsi que les textes musulmans les plus authentiques, jusqu’au Coran lui-même, décrivent Mahomet. Et il paraît impossible de réécrire l’histoire de l’islam.

3) Arriver à penser l’autre

Face à un modèle ouvertement communautariste, Omero Marongiu-Perria regrette la difficulté que l’islam rencontre à être tolérant : pour lui en effet, il faudrait « enseigner dans les instituts musulmans des outils d’interprétation qui soient ouverts sur ce qu’on pourrait appeler une théologie de l’altérité, c’est-à-dire comment se penser dans un monde pluriel en englobant d’emblée les autres dans la réflexion ».

Certes, mais on ne voit pas bien, dans une religion pour l’essentiel figée dogmatiquement depuis un millénaire, ce qui pourrait provoquer cette rupture de pensée sans entraîner un effondrement général de tout le système musulman, car ce serait admettre que l’islam peut avoir tort et que les mécréants sont aussi estimables que les musulmans, ce qui va précisément à l’encontre de ce que dit le Coran.

  • Conclusion

Toutes ces pistes sont louables et manifestent une forme d’ouverture et de tolérance, mais sont elles sont aujourd’hui, si l’on en juge par la façon dont le monde musulman évolue, assez utopistes.

Une vision du processus d’appauvrissement philosophique en islam

L’islam est caractérisé depuis des siècles par une très grande difficulté à accepter la critique et par la défense d’un dogmatisme qui se double par nature d’une forte intolérance. Tariq Ramadan n’hésite d’ailleurs par à écrire : « L’absence de débat critique et serein est à notre sens l’un des maux qui rongent la pensée musulmane contemporaine. »

Ce constat de « régression » fait par les intellectuels musulmans eux-mêmes est évoqué par un intervenant de l’émission de France 2 « Vivre l’islam » du 27 novembre 2016 qui le resitue dans une perspective historique.

France 2 Islam 161127 Islam 2 Extrait 3

Les nouvelles musulmanes : modernité contre obscurantisme ?

À l’occasion de la journée de la femme (8 mars 2017), l’émission hebdomadaire « Vivre l’islam » de France 2 a consacré son épisode du 12 mars 2017 au portrait de 5 femmes musulmanes jugées représentatives et proches de ce que pourrait être le modèle de la femme musulmane moderne, « femme de lumière ». Il est tout à fait intéressant de revenir sur ces 5 profils à une époque où est tellement vanté – jusqu’à parfois être revendiqué – le port du voile musulman par tant d’imams et de musulman(e)s français(e)s, y compris dans les services publics ou les entreprises publiques ou privées, sans considération aucune pour le respect du principe de laïcité.

Les 5 femmes présentées sont :

  • Houria Aichi, chanteuse (chant religieux)
  • Zahia Ziouani, chef d’orchestre (musique occidentale)
  • Khadija Al-Salami, cinéaste
  • Hakima El Djoudi, artiste plasticienne
  • Maram Al-Masri, poétesse

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France 2 Islam 170312 Journee femme Extrait 3

Que remarque-t-on ? Toutes ces femmes ont un rapport étroit avec le monde artistique, si décrié en islam. En outre, aucune ne porte le voile, ni même un bout de voile ; c’est même l’opposé. Cela est très étonnant alors qu’on nous parle tant de nos jours de la musulmane « décomplexée » qui revendique « son » voile comme expression de sa totale liberté de conscience et d’expression. On peut s’interroger naturellement sur le sens de ce reportage qui ne semble guère correspondre au regain du religieux que connait la quasi-totalité des pays musulmans aujourd’hui et qui touche également les musulmanes françaises issues de l’immigration.

Plus encore, l’accent est mis spécifiquement sur ces femmes car elles « luttent contre l’obscurantisme [musulman] et pour les lumières », mais aussi contre les coutumes tribales, l’infériorisation de la femme, sa relégation sociale et éducative, etc. Le cas de Khadija Al-Salami, « épousée à 11 ans et divorcée [répudiée] à 12 ans », est particulièrement mis en valeur dans la lutte contre les « traditions Moyenâgeuses » de l’islam.

Face à constat accablant, le C.F.C.M. continue à affirmer : « En France, l’égalité homme femme ne heurte en rien la conception musulmane. Bien au contraire, depuis l’avènement de l’islam et dans les temps modernes, les principaux défenseurs de la place de la femme musulmane dans la société contemporaine ont toujours favorisé son épanouissement. » (article 3 de la Convention Citoyenne des Musulmans de France pour le vivre‐ensemble). Cette affirmation paraît ainsi relever du mensonge ou du moins d’une vision très déformée de la réalité au regard de la culture traditionnelle musulmane, y compris en France.

Tariq Ramadan a écrit à juste titre, tout en tentant toujours néanmoins de dédouaner sa religion : « Je l’ai dit et répété : l’islam n’a pas de problème avec les femmes, mais il apparaît clairement que les musulmans ont effectivement de sérieux problèmes avec elles, et il faut en chercher, de l’intérieur, les raisons et parfois les (discutables) justifications. »

Et il ne faut pas croire que le sort terrible des femmes en islam relèverait pour l’essentiel d’une opposition frustrée à l’Occident et non de la doctrine même de l’islam, comme le laisse entendre le même Tariq Ramadan : « Il ne faut pas non plus minimiser la dimension psychologique dans le débat concernant les femmes. La relation avec l’Occident est complexe : avant, pendant, puis après les colonisations, la question de la femme a été centrale dans les relations de pouvoir et les débats politiques, théologiques et culturels. Cela a nourri dans la psyché musulmane contemporaine une sorte de réaction réflexe : moins le discours est occidental à propos des femmes, plus il est perçu comme islamique et, inversement, plus il est islamique, plus il se devrait d’être restrictif et s’opposer à la permissivité occidentale dont la finalité serait de laminer les fondements de la religion et de la morale. » L’islam a bien un problème de fond avec la femme.

Oserait-on maintenant enfin commencer à parler et dire timidement la vérité à propos du sort peu enviable de la femme en islam ?

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (19) La dhimmitude : un statut « protecteur » et donc avantageux

  • Problématique

Le Coran proclame sans ambiguïté la supériorité des musulmans sur les non-musulmans et donc l’inégalité des communautés humaines.

Coran, sourate 3, verset 110. Vous [musulmans] formez la meilleure communauté qui ait surgi parmi les hommes : vous ordonnez le convenable, vous interdisez ce qui est blâmable et vous croyez en Allah. (…)

Coran, sourate 3, verset 139. Ne perdez pas courage, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais musulmans.

La conséquence naturelle et logique de cette supériorité est l’existence d’un statut de citoyen de seconde zone, le statut de « dhimmi », dans lequel le dhimmi doit se soumettre à l’autorité musulmane et payer un impôt spécial, la jizya.

Coran, sourate 9, verset 29. Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit, ceux qui ne professent pas la religion de la vérité alors qu’ils ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation [jizya] de leurs propres mains après s’être humiliés.

La Sîra mentionne les propos de Mahomet : « Si un juif ou un chrétien se convertit à l’islam, il compte parmi les croyants, avec les mêmes privilèges et les mêmes obligations qu’eux. Celui, en revanche, qui reste juif ou chrétien, on ne peut le contraindre à quitter sa religion. Mais, dans tous les cas, il doit payer un tribut d’un dinar, qu’il soit mâle ou femelle, qu’il soit libre ou esclave. En échange de ce tribut [jizya], il aura la protection de Dieu et de son Envoyé. Sinon, il sera considéré comme l’ennemi de Dieu et de son envoyé. » 

Mais c’est par le traité d’Omar que le statut de dhimmi est généralement connu. Ce statut serait apparu au VIIème siècle : en 637 après JC, le patriarche chrétien de Jérusalem livra la ville à l’armée musulmane d’Omar. Un traité, dit Traité d’Omar, fut alors signé avec ce calife afin de fixer les conditions dans les lesquelles les chrétiens et les juifs étaient autorisés à vivre en pays musulman. Ce traité assujettissait juifs et chrétiens à l’autorité musulmane, mais leur garantissait un traitement meilleur qu’aux autres ennemis de l’islam, par la reconnaissance de droits privés (mais pas politiques), les autres mécréants n’ayant de choix qu’entre la conversion ou la mort. Les dhimmis étaient ainsi protégés des masses musulmanes qui avaient interdiction de porter atteinte à leur intégrité physique. C’est ce que rappelle l’émission de France 2 sur le judaïsme du dimanche 19 février 2017

France 2 Judaisme 170219 Dhimma et protection

S’agissant de la référence mentionnée par Josy Eisenberg concernant le qualificatif « de singes et de porcs » employé vis-à-vis des juifs et des chrétiens, elle peut surprendre mais elle est tout à fait exacte. Elle correspond à un passage du Coran où Mahomet s’adresse aux juifs médinois, que Mahomet haïssait, et aux chrétiens, juifs et chrétiens étant maudits par Allah.

Coran, sourate 5, verset 59. Dis [Allah s’adresse à Mahomet] : « Ô gens du Livre ! Que nous reprochez-vous si ce n’est croire en Allah, à ce qu’on a fait descendre vers nous et à ce qu’on a fait descendre auparavant ? La plupart d’entre vous sont des pervers ! »

Coran, sourate 5, verset 60. Dis : « Vous informerai-je que la rétribution auprès d’Allah sera pire que cela ? Allah transforme en singes et porcs ceux qu’il a maudits, qui ont encouru Sa colère, qui ont adoré le Taghout : ceux-là ont la pire place et sont les plus égarés hors du chemin droit ».

Ce statut de dhimmi s’explique par la filiation monothéiste à laquelle appartiennent les juifs et les chrétiens, filiation qui rend délicate doctrinalement pour l’islam leur conversion forcée ou leur mise à mort comme pour les autres mécréants. Le choix qui leur est proposé est donc simple : la conversion volontaire ou la soumission, comme l’indique Tareq Oubrou : « C’est dans une configuration géopolitique ou régnait une hostilité potentielle permanente que le droit canonique musulman classique a été forgé. Il n’offrait qu’une seule alternative : se convertir ou entrer en dhimma. La grave erreur des générations suivantes de canonistes fut de transformer ce droit circonstanciel en un droit sacré, infaillible. »

Le dhimmi n’est certes pas obligé de participer militairement à la défense de la communauté musulmane dans laquelle il vit, mais il s’agit bien d’un statut dévalorisant et humiliant car il ne saurait être question en islam de placer les musulmans sur un pied d’égalité avec les juifs ou les chrétiens qui sont des égarés volontaires du fait de leur refus de reconnaître la vérité de l’islam. L’émission précitée rappelle la perception humiliante de ce statut qu’en ont toujours eu les juifs, et qui s’exprimait par la coutume de la « gifle » :

France 2 Judaisme 170219 Dhimma gifle

Ce statut de dhimmi créé par l’islam a ainsi cristallisé doctrinalement l’infériorité des juifs et des chrétiens en terre d’islam, ce qui a imprégné pendant des siècles les mentalités au point, si l’on en croit l’émission précitée, de rendre quasi naturelle l’insulte de « sale juif » en terre d’islam :

France 2 Judaisme 170219 Le probleme des juifs

Aussi, voyons comment Tareq Oubrou présente de son côté les choses.

  • La présentation donnée par Tareq Oubrou

Tareq Oubrou indique : « L’islam a fixé le statut juridique de « dhimmi » ou mu’âhid (autre nom de « dhimmi » signifiant le « pactisant », celui qui s’engage à vivre en paix avec les musulmans), dont bénéficiaient les gens du Livre, c’est-à-dire les juifs et les chrétiens. (…) La dhimma est une catégorie de citoyenneté embryonnaire ou inachevée. (…) La philosophie de cet impôt lié à la dhimma (« jizya ») est résumée par la règle canonique suivante : « Pour la défense de la nation, les musulmans versent leur sang et les minorités religieuses versent un impôt ». Cette règle instaure, au fond, une sorte d’objection de conscience avant la lettre. »

Effectivement, la conversion n’est pas obligatoire pour les juifs et les chrétiens sous réserve qu’ils se soumettent à l’autorité musulmane. Mais limiter la signification du paiement de la jizya à la seule contrepartie de l’exemption de l’engagement militaire est une présentation orientée et fallacieuse car 1) cela n’a aucun rapport avec l’objection de conscience pour les Gens du Livre puisque ceux-ci n’ont pas le choix d’être soumis ou non à ce statut 2) Le statut de dhimmi s’accompagne de mesures vexatoires et humiliantes, précisément décrites dans la jurisprudence musulmane et passées ici sous silence. Le statut de dhimmi est clairement un statut d’infériorité manifeste et publique par rapport aux musulmans ; c’est loin d’être un simple statut « inachevé » à visée humaniste.

En revanche, il est vrai que ce statut, bien que « protecteur », n’a pas suffi à éviter des mesures encore plus humiliantes, voire de véritables persécutions des minorités religieuses en terre d’islam, ce que Tareq Oubrou reconnaît clairement : « Le concept de dhimma visait à l’origine à mettre les juifs, les chrétiens et les autres minorités à l’abri des conversions forcées et à leur garantir la dignité humaine. Malgré son aspect humaniste, en phase avec l’époque, il fut souvent mal interprété et mal appliqué. Ainsi, au cours de l’histoire musulmane, des exactions furent commises à l’égard de ces minorités, fréquemment pour des motifs d’ordre économique et politique. »

  • Conclusion

Le statut infériorisant et humiliant des mécréants en terre d’islam au travers du statut de « dhimmi », sorte de statut d’« Untermensch », de sous-homme, est tellement clair qu’il est impossible de le réfuter. Il imprègne, et c’est logique d’un point de vue doctrinal, toute la culture musulmane par le système de classement humain dont il est l’expression et qui rappelle de sinistres souvenirs. Sans ce sentiment profond, le génocide de 1,5 million de chrétiens arméniens par les Turcs musulmans aurait-il été possible en 1915 ? Une mise en bouche avant le nazisme ?

Il est facile de comprendre dans ce contexte comment le regard d’un mécréant, être inférieur et qui devrait donc baisser le regard, peut rapidement devenir encore de nos jours un « mauvais regard » avec des conséquences incalculables.

Quant au terme de « protection » utilisé pour faire croire qu’il s’agit d’une faveur accordée aux juifs et aux chrétiens par rapport aux musulmans, il est tout à fait trompeur. C’est un statut évidemment de soumission. Il suffit d’interroger les minorités non-musulmanes du Moyen Orient encore aujourd’hui pour en saisir tous les détestables relents.

Lettre ouverte à Monsieur Emmanuel Macron, homme politique né d’une PMA entre le grand capital et les Minotaures de la repentance

Lettre ouverte publiée par Bernard Lugan, un des plus grands historiens français spécialiste de l’Afrique, publié sur son blog le dimanche 19 février 2017 : http://bernardlugan.blogspot.fr/2017/02/lettre-ouverte-monsieur-emmanuel-macron.html

Lancé sur le marché politique tel un nouveau smartphone, vous êtes, Monsieur Macron, un ignorant butor dont les propos concernant la colonisation sont doublement inadmissibles.

1) En premier lieu parce qu’ils furent tenus à Alger, devant ces rentiers de l’indépendance qui, pour tenter de cacher leurs échecs, leurs rapines et la mise en coupe réglée de leur pays, mettent sans cesse la France en accusation.
Certains qui, parmi votre auditoire, applaudirent à vos propos d’homme soumis (cf. Houellebecq), et devant lesquels vous vous comportâtes effectivement en dhimmi, sont en effet ceux qui, le 1er novembre 2016, publièrent un communiqué exigeant que la France :

« (…) présente des excuses officielles au peuple algérien pour les crimes commis durant les 132 ans de colonisation et pour les crimes coloniaux perpétrés à l’encontre du peuple algérien afin de rappeler les affres de la répression, de la torture, de l’exil, de l’extermination et de l’aliénation identitaire car l’histoire du colonialisme restera marquée par ses crimes de sang et ses pratiques inhumaines ».

Candidat à la présidence de la République française, vous avez donc donné votre caution à de telles exigences autant outrancières qu’insultantes. Ce faisant, vous vous êtes fait le complice des pressions et chantages que l’Algérie exerce à l’encontre de la France afin d’obtenir d’elle une augmentation du nombre des visas ou tel ou tel avantage diplomatique ou financier. En d’autres temps, vous auriez donc pu être poursuivi pour « Atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ».

2) Ensuite parce que vos propos constituent non seulement un recul de l’état des connaissances, mais également le viol de ce consensus historique auquel étaient arrivés les historiens des deux rives de la Méditerranée. Or, par ignorance ou par misérable calcul électoraliste, vous les avez piétinés.

Au nom de quelle légitimité scientifique avez-vous d’ailleurs pu oser les tenir ? Avez-vous seulement entendu parler des travaux de Jacques Marseille, de ceux de Daniel Lefeuvre ou encore des miens ?

Oser parler de « crime contre l’humanité », maladroitement rectifié en « crime contre l’humain », au sujet de la colonisation revient en réalité à classer cette dernière au niveau des génocides du XXe siècle, ce qui est proprement scandaleux. Sur ce terrain, vous voilà donc encore plus en pointe que Christiane Taubira, ce qui n’est pas peu dire…
Pierre Vidal-Naquet, pourtant militant de la décolonisation et « porteur de valises » assumé du FLN écrivait à ce sujet :

« Assimiler peu ou prou le système colonial à une anticipation du 3e Reich est une entreprise idéologique frauduleuse, guère moins frelatée que l’identification, à Sétif, (…)  de la répression coloniale aux fours crématoires d’Auschwitz et au nazisme (…). Ou alors, si les massacres coloniaux annoncent le nazisme, on ne voit pas pourquoi la répression sanglante de la révolte de Spartacus, ou encore la Saint-Barthélemy, ne l’auraient pas tout autant annoncé… En histoire, il est dangereux de tout mélanger. Un sottisier peut-il tenir lieu d’œuvre de réflexion ? (…) L’air du temps de la dénonciation médiatique (…), le contexte social, économique et politique actuel est encore fécond qui continuera à générer de telles tonitruances idéologiques à vocation surtout médiatique ».  J’ajoute électoralistes.

Vous devriez pourtant savoir, Monsieur le candidat à la présidence de la République, qu’en créant l’Algérie, la France donna un nom à une ancienne colonie ottomane, traça ses frontières, unifia ses populations, y créa une administration et toutes ses infrastructures.

Ce faisant, y aurait-elle commis  un « crime contre l’humanité » ou « contre l’humain » ? Les chiffres de l’accroissement de la population ne semblent pas l’indiquer puisqu’en 1830, la population musulmane de l’Algérie n’excédait pas 1 million d’habitants alors qu’en 1962 elle avait bondi à 12 millions.

Serait-ce donc en commettant des « crimes contre l’humanité » que la France, ses médecins et ses infirmiers soignèrent et vaccinèrent les populations et firent reculer la mortalité infantile ? Serait-ce parce qu’elle commettait des « crimes contre l’humain » que chaque année, à partir du lendemain du second conflit mondial, 250 000 naissances étaient comptabilisées en Algérie, soit un accroissement de 2,5 à 3% de la population, d’où un doublement tous les 25 ans ? A ce propos, relisons René Sédillot :

« La colonisation française a poussé l’ingénuité – ou la maladresse – jusqu’à favoriser de son mieux les naissances : non seulement par le jeu des allocations familiales, mais aussi par la création d’établissements hospitaliers destinés à combattre la stérilité des femmes. Ainsi, les musulmanes, lorsqu’elles redoutaient d’être répudiées par leurs maris, faute de leur avoir donné des enfants, trouvaient en des centres d’accueil dotés des moyens les plus modernes tout le secours nécessaire pour accéder à la dignité maternelle. (…)(L’histoire n’a pas de sens, Paris, 1965, page 71).

Enfin, puisque vos propos indécents tenus à Alger obligent à faire des bilans comptables, voici, Monsieur le candidat à la présidence de la République, celui qui peut être fait au sujet de l’Algérie française : en 132 années de présence, la France créa l’Algérie, l’unifia, draina ses marécages, bonifia ses terres, équipa le pays, soigna et multiplia ses populations, lui offrit un Sahara qu’elle n’avait jamais possédé après y avoir découvert et mis en exploitation les sources d’énergie qui font aujourd’hui sa richesse. Comme je ne cesse de l’écrire depuis des années, en donnant l’indépendance à l’Algérie, la France y laissa 70.000 km de routes, 4300 km de voies ferrées, 4 ports équipés aux normes internationales, une douzaine d’aérodromes principaux, des centaines d’ouvrages d’art (ponts, tunnels, viaducs, barrages etc.), des milliers de bâtiments administratifs, de casernes, de bâtiments officiels qui étaient propriété de l’État français ; 31 centrales hydroélectriques ou thermiques ; une centaine d’industries importantes dans les secteurs de la construction, de la métallurgie, de la cimenterie etc., des milliers d’écoles, d’instituts de formations, de lycées, d’universités. Dès l’année 1848, et alors que la conquête de l’Algérie était loin d’être achevée, 16 000 enfants en  majorité musulmans étaient scolarisés. En 1937 ils étaient 104 748, en 1952 400 000 et en 1960 800 000 avec presque 17 000 classes, soit autant d’instituteurs dont les 2/3 étaient Français (Pierre Goinard, Algérie : l’œuvre française. Paris,  1986).

En 1962, il y avait en Algérie, un hôpital universitaire de 2000 lits à Alger, trois grands hôpitaux de chefs-lieux à Alger, Oran et Constantine, 14 hôpitaux spécialisés et 112 hôpitaux polyvalents, soit le chiffre exceptionnel d’un lit pour 300 habitants. Tous ces équipements, toutes ces infrastructures, tous ces établissements ainsi que les personnels qui les faisaient fonctionner avaient été payés par la France et avec l’argent des Français.

Monsieur le candidat à la présidence de la République, je vous poste ce jour en RAR mon dernier livre « Algérie, l’histoire à l’endroit »[1], afin que vous puissiez mesurer l’abîme séparant la réalité historique de vos inacceptables propos.

Bernard Lugan

[1] Ce livre est uniquement disponible via l’Afrique Réelle. Pour le commander :
http://bernardlugan.blogspot.fr/2017/02/nouveau-livre-de-bernard-lugan-algerie.html

C.C.I.F. : Objectif islamisation

  • Problématique

Chacun sait qu’en France un certain nombre d’organisations scrutent les médias et la presse afin de poursuivre en justice quiconque critique un peu trop directement l’islam au prétexte de l’incitation à la discrimination et à la haine vis-à-vis de la communauté musulmane. Parmi celles-ci, le Collectif Contre l’Islamophobie en France (C.C.I.F.) est une des plus en pointe. Il est donc intéressant de rappeler quelle est la position de son directeur exécutif, Marwan Mohammed.

  • Le projet du C.C.I.F. pour la France

La position de Marwan Mohammed a toujours été claire : il veut que la France devienne musulmane. Il déclarait il y a quelques années dans une mosquée : « Qui a le droit de dire que la France dans trente ou quarante ans ne sera pas un pays musulman ? Qui a le droit ? Personne dans ce pays n’a le droit de nous enlever ça. Personne n’a le droit de nous nier cet espoir-là. De nous nier le droit d’espérer dans une société globale fidèle à l’islam. Personne n’a le droit dans ce pays de définir pour nous ce qu’est l’identité française. » Ce propos, cité par Natacha Polony à la télévision n’a jamais été démenti (la vidéo ayant été retiré des réseaux sociaux).

Tout cela n’a absolument rien de surprenant puisque Marwan Mohammed ne fait que suivre la droite ligne de l’islam.

Marwan Mohammed Meilleure communaute

Marwan Mohammed ne fait en effet que citer le Coran :

Coran, Sourate 3, verset 110. Vous [musulmans] formez la meilleure communauté qui ait surgi parmi les hommes : vous ordonnez le convenable, vous interdisez ce qui est blâmable et vous croyez en Allah. (…)

Coran, sourate 3, verset 139. Ne perdez pas courage, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais musulmans.

Pour Marwan Mohammed donc, les musulmans sont « les premiers de la classe », et par voie de conséquence on peut en déduire qu’ils sont par nature supérieurs aux mécréants de tout acabit : c’est précisément d’ailleurs ce que prévoit l’islam au travers du statut de « dhimmi ». Les musulmans sont « les gérants » de la terre. Tout cela est parfaitement conforme au communautarisme prôné par le Coran.

Par ailleurs, Marwan Mohammed rappelle, et encore à juste titre, que l’islam est une religion globale, « une religion qui a vocation à régir toutes les sphères de la vie sociale » et que « de façon intrinsèque, l’islam a une portée sur tous les sujets qui régissent la vie en société ». Marwan Mohammed ne fait ainsi que confirmer l’incompatibilité fondamentale de l’islam avec l’État de droit laïc.

Marwan Mohammed Islam religion globale

  • Conclusion

Marwan Mohamed est parfaitement dans son rôle et le C.C.I.F. a ainsi pour objectif, il ne s’en cache pas, l’islamisation de la France, comme toutes les personnalités proches des mouvements fondamentalistes musulmans, ainsi Tariq Ramadan, dont l’objectif déclaré est, dans un premier temps, « l’institutionnalisation de la présence musulmane en Occident » (voir mon tout premier article : http://islametoccident.fr/?p=1).

La saisie systématique par le C.C.I.F. de la justice est une méthode de véritable guerre – nouvelle forme de jihad utilisant les armes institutionnelles de pays incapables de se défendre et qu’il retourne contre eux –, une guerre contre l’Occident chrétien dont il vise à détruire la résistance et les racines, puisqu’il nie l’existence d’une identité francaise « de souche ». L’instrumentalisation via les réseaux sociaux de certains faits divers comme l’affaire du restaurant « Le Cénacle » fait partie de cette stratégie de destruction des valeurs françaises.

Malheureusement, le C.C.I.F. trouve des alliés visiblement inconscients comme la LICRA et la Ligue des Droits de l’Homme qui ne se sont sans doute pas vraiment rendu compte que la loi de 1905 a été votée il y a plus d’un siècle et que le catholicisme n’était plus depuis longtemps l’ennemi principal. Ainsi, la L.D.H. s’oppose à la mise en place de crèches dans les mairies mais ne juge pas nécessaire d’intervenir lorsque la mairie de Paris fête en 2015 la fin du Ramadan. Lorsque la France sera soumise à la chari’a, que feront ces ligues instrumentalisées aujourd’hui par l’islam ? La question ne se pose en réalité pas car elles auront été dissoutes bien avant.

Le problème, c’est que, comme le rappelait le criminologue Alain Bauer avec les terroristes musulmans, certains ont beau expliquer à l’avance leur projet, personne ne les écoute ou ne veut les croire. Les Français auront donc ce qu’ils méritent.

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (17) La paix en islam, une paix entre musulmans

  • Problématique

La revendication de l’islam à être une religion d’amour et de paix apparaît bien surprenante à quiconque a lu la biographie de Mahomet dont la vie est rythmée, à partir de Médine, par les razzias, guerres, assassinats individuels, persécutions ou massacre des juifs, etc.

Il est donc intéressant de faire le point sur les arguments avancés par Tareq Oubrou pour défendre contre toute évidence la thèse de la religion d’amour et de paix.

  • Une attitude de respect mais seulement vis-à-vis des coreligionnaires musulmans

La paix évoquée dans le Coran est en réalité une paix conçue comme celle qui doit régner entre musulmans.

Tareq Oubrou écrit : « La paix est plus que l’absence de guerre et de violence. C’est un état intérieur, un état d’esprit. C’est pour cette raison que le Prophète a cherché à effacer toute symbolique qui renverrait à la guerre. (…) Rappelons que la salutation dans l’islam (as-salâm alaykum) signifie : « Que la paix [de Dieu] soit sur vous ». Elle vise à permettre de faire régner la paix dans les esprits avant qu’elle s’accomplisse dans la réalité. »

Malheureusement, Tareq Oubrou omet de mentionner que la paix dont il parle n’existe qu’entre musulmans puisque, comme le précise la jurisprudence chaféite (validée par Al-Azhar), il est par exemple interdit au musulman de saluer un non-musulman par la même salutation que celle qu’il emploie à l’égard de ses coreligionnaires puisque le non-musulman, seulement toléré en terre d’islam, est un « dhimmi » au regard des textes sacrés, c’est-à-dire un citoyen de seconde zone : « Les sujets non-musulmans doivent respecter les règles islamiques qui ont trait à la sécurité et à l’indemnisation de la vie, de la réputation et de la propriété. En outre : (…) (2) Ils doivent se distinguer des musulmans par l’habillement, en portant une large ceinture (zunnar) ; (3) Ils ne sont pas salués par le « as-Salamu ‘alaykum » ; (4) Ils ne doivent pas occuper la meilleure place dans les rues ; (…). »

Tareq Oubrou précise par ailleurs : « Mais la paix n’est pas uniquement une question psychologique : c’est une action, un devoir. « Ô vous, croyants, entrez [tous] pleinement dans la paix ! » lit-on dans le Coran (sourate 2, verset 208). » Ce message de paix ne s’adresse bien qu’aux musulmans.

  • La paix au sein de la communauté musulmane de Médine

Tareq Oubrou cite également dans sa plaidoirie le souhait de Mahomet ne pas voir naître de guerres fratricides entre ses partisans (les émigrés de La Mecque d’une part, et les tribus arabes alliées de Médine non encore réellement converties d’autre part) : « On sait que le Prophète n’a pas engagé de guerre contre les hypocrites qui faisaient partie de la communauté musulmane de Médine : « Je ne voudrais pas qu’on dise que Mahomet tue les siens » (hadith Bukhari n°4905, Muslim n°2584). » Cela n’a rien d’étonnant : il ne s’agit ici que d’éviter que le clan musulman ne s’entre-déchire en raison de guerres intestines : aucun rapport donc avec une quelconque paix vis-à-vis des non-musulmans.

  • Face à l’ennemi, que faire ? jamais la paix, mais un pacte est possible

Tareq Oubrou mentionne également comme preuve de paix vis-à-vis des ennemis de l’islam (les non-musulmans) le propos suivant : « Et une invitation à la paix ne se refuse pas : « Et s’ils choisissent la paix, fais de même. », demande le Coran (sourate 8, verset 61) au Prophète. »

Mais Tareq Oubrou ne mentionne pas le contexte qui a trait à ce verset et conduit à des contre-sens ainsi que le souligne très précisément Abdurrahman Badawi (traducteur musulman de la biographie de Mahomet). Celui-ci précise en effet dans sa traduction de la Sîra ce que ce verset veut dire : « S’ils t’invitent à faire la paix sur la base de leur conversion à l’islam, alors fais la paix avec eux sous cette condition. » Il ajoute : « Cette explication est très importante : ce n’est pas la paix à tout prix, ou sans aucun prix, qu’il faut conclure avec l’ennemi. Voilà un avertissement solennel à tous ceux qui, aujourd’hui, jouent avec le sens de ce verset ! »

En réalité, pour l’islam, aucune paix définitive n’est concevable avec les non-musulmans : l’islam n’accepte que les pactes temporaires qui n’engagent que pour une durée limitée comme le rappelle la jurisprudence chaféite : « Dans la Loi sacrée, « trêve » veut dire traité de paix avec un ennemi de l’islam, impliquant la cessation des combats pour une certaine période, avec un paiement ou toute autre chose. Le fondement scriptural de la trêve inclut les versets comme : (1) « Une immunité est accordée par Allah et son prophète aux polythéistes avec lesquels vous avez conclu un pacte (…) » (sourate 9/, verset 1) ; (2) « Et s’ils inclinent à la paix, incline vers celle-ci (toi aussi) » (sourate 8, verset 61); de même que la trêve que le prophète conclut dans l’année d’Hudaybiyya, comme relaté par Bukhari et Muslim. Les trêves sont admissibles mais pas obligatoires. (…) La trêve doit servir autre chose que la simple préservation du statu quo. Dieu a dit : « Ne faiblissez donc pas et n’appelez pas à la paix alors que vous êtes les plus hauts » (sourate 47, verset 35). La motivation de la trêve peut être la faiblesse musulmane, du fait d’un manque de troupes ou de matériel, ou l’espoir que l’ennemi se convertisse (…). Si les musulmans sont faibles, une trêve peut être conclue pour 10 ans (…). Il n’est pas permis de conclure une trêve d’une durée plus longue (…). »

Ainsi, la trêve d’Hudaybiyya mentionnée par Tareq Oubrou fut la conséquence temporaire d’un rapport de force défavorable aux musulmans et non pas l’expression d’une véritable volonté de paix : « Si la guerre fut souvent inévitable, le Prophète parvint à quelques reprises à l’éviter en recourant à la diplomatie. En témoigne le pacte de Hudaybiyya par lequel les Quraysh, en échange d’une trêve de dix ans, lui imposèrent des conditions (Bukhari n°2711-2712) qu’il accepta malgré la position de force obtenue par les musulmans grâce à leur victoire. »

En revanche, une fois conclu, et à moins d’être dénoncé par l’une ou l’autre partie, un pacte doit être respecté – c’est une question d’honneur – , quand bien même il est signé avec des non-musulmans. Ainsi Tareq Oubrou écrit : « Ces jeunes ne connaissent pas la parole du Prophète, qui dit : « Celui qui tue une personne non musulmane avec laquelle il est lié par un pacte ne sentira pas le parfum du Paradis. » (Bukhari n°3166) ». Le respect de tout pacte est en effet un élément constitutif essentiel du système tribal de l’Arabie du VIIème siècle.

Quant à l’appel à ne pas souhaiter la rencontre avec l’ennemi, Tareq Oubrou écrit : « Non seulement les textes appellent à la paix, mais ils incitent à éviter toute confrontation et tout conflit. « Ne souhaitez pas la rencontre et la confrontation avec l’ennemi. Mais si le combat vous est imposé, vous devez résister… » : ce hadith visait à apaiser le tempérament belliciste qui caractérisait les Arabes antéislamiques. » Il semble en effet que le tempérament guerrier ait pu conduire certains à se lancer tête baissée dans la bataille et sans avoir trop réfléchi. Mahomet met seulement en garde de ne pas engager une bataille sur « un coup de tête », sans avoir bien réfléchi à la meilleure tactique pour la gagner. Il suffit de lire dans le Coran la multitude des versets sur le jihad ou la glorification du martyre pour dissiper tout doute quant à la nature belliqueuse de l’islam.

  • Conclusion

Une paix définitive avec les non-musulmans est doctrinalement impensable en islam puisque ce serait abandonner une partie du monde à la mécréance et admettre qu’il existe une limite au pouvoir d’Allah.

On peut comprendre que, dans la mesure du possible, il soit envisagé de laisser d’abord au mécréant la possibilité d’entendre la parole d’Allah afin qu’il se convertisse. C’est ce que rappelle Tareq Oubrou lorsqu’il écrit : « La sourate 9, considérée comme la plus violente vu les circonstances dans lesquelles elle a été révélée, ne manque pourtant pas d’appeler le musulman à protéger un non-musulman : « Et si un associationniste te demande secours, accorde-le lui afin qu’il entende la parole de Dieu, puis fais-le parvenir dans un lieu où il trouvera sa sécurité. Car c’est un peuple qui ne sait pas. » (sourate 9, verset 6). » Mais tout cela est précisément encadré par des pactes précis et conclus dans des circonstances spécifiques :

Coran, sourate 9, verset 7. Comment existerait-il avec les associateurs un pacte admis par Allah et par Son messager autre que ceux que vous avez conclus auprès de la Mosquée sacrée ? Tant qu’ils sont droits envers vous, soyez droits envers eux. (…)

L’associationnisme (ou polythéisme) étant en islam le plus grave des péchés possibles, comment une véritable tolérance serait-elle possible, si ce n’est qu’encadrée rigoureusement par un pacte temporaire ou au travers du statut de « dhimmi » ? Tout autre cas de figure est inconcevable en islam : la tolérance au sens occidentalo-chrétienne n’existe pas en islam.

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (16) La contribution de l’islam au monde moderne

  • Problématique

Parmi les débats qui suscitent des polémiques virulentes en France, surtout de la part des tenants de l’islamisation et des bien-pensants perclus de culpabilité post-colonisatrice, c’est celui du rôle de l’islam dans la construction du monde occidental. La valorisation d’un immense héritage musulman dont serait redevable l’Occident semble être devenu un instrument politique pour tenter de redonner à l’islam sa dignité perdue face à la superbe occidentale, avec une visée partisane et sans réelle considération objective pour les travaux et les faits rapportés par les plus grands spécialistes.

Je me contenterai ici de reprendre quelques-uns des propos de Tareq Oubrou figurant dans son livre à propos du monde d’aujourd’hui.

  • Islam et modernité : une absence

La position de Tareq Oubrou semble être sur la question assez claire et peu amène : « On peut dire que c’est aujourd’hui que les musulmans vivent leur Moyen Âge. Leur modernité, ils l’ont laissée derrière eux. »

Tareq Oubrou parlait déjà dans son précédent livre (Un imam en colère) du « déclin de toute une civilisation qui a raté, dès la fin du Moyen Âge, le train de la modernité » et ajoutait : « Le seul moyen de sauver l’islam, c’est de casser la vieille coquille civilisationnelle qui en étouffe l’esprit tout en précipitant son déclin. L’islam est appelé à vivre dans son époque ! Pas dans un imaginaire quelconque. »

En effet, le constat de l’absence de contribution vraiment significative du monde musulman au développement du monde moderne (mathématique, physique, chimie, biologie, médecine, électronique, télécommunications, transports, musique, peinture, etc.) depuis au moins 6 à 7 siècles est général et n’est guère contesté, même par les plus fervents islamologues.

Ainsi, Tariq Ramadan constate : « Les sociétés majoritairement musulmanes sont le plus souvent à la traîne sur le plan économique, elles ne présentent la plupart du temps aucune garantie démocratique et, quand elles sont riches, elles ne contribuent à aucun progrès intellectuel et/ou scientifique. Tout se passe comme si le monde musulman, se percevant comme dominé, n’avait pas les moyens de ses prétentions. »

De son côté, Malek Chebel écrivait : « Trop longtemps demeurés sur le bas-côté de la route, les musulmans n’ont pas été – c’est le moins que l’on puisse dire – des acteurs du progrès technologique moderne. Le monde musulman contemporain n’a rien inventé qui puisse susciter l’admiration. (…) Dans l’évaluation générale réalisée par l’ONU sur le développement durable des nations, les pays du bloc arabo-musulman se présentent (avec quelques nuances) parmi les derniers du peloton des États qui investissent dans la formation et l’éducation. »

Enfin, Abdennour Bidar écrivait il y a quelques mois : « Qu’as-tu d’admirable aujourd’hui, mon ami [monde musulman] ? Qu’est-ce qui en toi reste digne de susciter le respect et l’admiration des autres peuples et civilisations de la terre ? Où sont tes sages, et as-tu encore une sagesse à proposer au monde ? Où sont tes grands hommes, qui sont tes Mandela, qui sont tes Gandhi, qui sont tes Aung San Suu Kyi ? Où sont tes grands penseurs, tes intellectuels dont les livres devraient être lus dans le monde entier (…) ? En réalité, tu es devenu si faible, si impuissant derrière la certitude que tu affiches toujours au sujet de toi-même… » 

Il est facile de multiplier les citations de grands spécialistes, musulmans ou non. Au-delà du constat, la question est plutôt d’expliquer pourquoi : or, sur ce point, les explications sont très parcellaires car les explications plus générales font remonter les racines de cette stérilité à la nature même de l’idéologie musulmane, démarche qu’évite la plupart des islamologues pour ne pas s’engager dans une critique trop radicale. de l’islam.

Quant à l’« âge d’or » de la civilisation musulmane situé par certains il y a 8 à 10 siècles, il convient d’en préciser les contours et l’étendue réels pour sortir des fantasmes partisans.

  • Conclusion : contribution au monde et repli identitaire

L’estime de soi, et la confiance en soi, passent par la reconnaissance de ce que chaque individu apporte au monde qui l’entoure. Il en va de même pour les peuples. Nul doute que cette composante est en toile de fond de la frustration que ressentent certaines catégories de populations immigrées vis-à-vis de l’Occident, et de la France en particulier, et ce, d’autant plus fortement que la culture musulmane ne leur permet que difficilement – quand elle ne leur interdit pas – de profiter à plein de l’héritage civilisationnel qui leur est proposé en partage.

Tariq Ramadan le reconnaît dans son appel à une « réforme radicale » de l’islam : « Nous avons maintes fois répété que la pensée islamique contemporaine (l’apparition du problème est ancienne) est traversée par la peur et la crainte de tout ce qui lui semble être imposé de/par l’extérieur, et en priorité bien sûr par la dominante “civilisation occidentale“. S’il n’est pas toujours question de rejet, on constate une constante de la suspicion et une attitude toujours défensive vis-à-vis des valeurs, des pratiques et de la culture de l’autre, dominant ou étranger. La réforme que nous appelons de nos vœux est difficile car elle exige, pour être mise en œuvre, un état de “confiance en soi“ qui justement manque cruellement aujourd’hui au cœur des sociétés musulmanes et, plus spécifiquement, parmi les savants et les intellectuels. Le monde islamique produit depuis des décennies des pensées soit sur le mode de l’imitation presqu’aveugle soit sur celui de la défensive rigide et exclusiviste… rarement de l’autonomie, de la créativité et de la contribution. »

Les racines de la frustration sont profondes car elles ne concernent pas seulement le rapport à l’Occident mais remontent à des oppositions intestines à l’islam, entre Arabes et non-Arabes. Ainsi, Tareq Oubrou écrit : « Un certain arabocentrisme et orgueil arabe a engendré chez des musulmans ethniquement non arabes, notamment persans, un racisme anti-arabe appelé « shu’ûbiyya ». Ceux-ci considèrent que les Arabes n’ont pas connu de civilisation et qu’ils sont restés, malgré l’islam, dans un état de nature, sans culture ni savoir élaboré. Ils estiment que c’est grâce à eux que la civilisation arabo-musulmane s’est développée. C’est en grande partie vrai : presque toutes les disciplines du savoir arabo-musulman, y compris la langue arabe elle-même, et jusqu’à la mystique, ont été formalisées et développées par les Persans. Les Arabes se sont contentés d’exercer le pouvoir politique. Même ce dernier a fini dans les mains des non-Arabes : les Turcs (Ottomans). »

Il serait temps que la bien-pensance européenne et surtout française s’en souvienne, ce qui lui éviterait peut-être de taxer d’islamophobie toute approche de l’islam un tant soit peu critico-historique, approche pourtant appliquée sans états d’âme dans tous les autres pans de l’histoire, de la philosophie et de la religion.