« Islamophobie » : une arme d’intimidation pour dissuader d’observer la réalité

Article du Figaro du 2 avril 2019. Extraits du livre « Islamophobie – Intoxication idéologique » de Philippe d’Iribarne choisis et présentés par Guillaume Perrault

  • Pouvoir de séduction des slogans accusateurs

L’histoire laisse voir combien peut être grande la séduction, chez les foules comme chez des esprits supposés éclairés, d’un discours animé par un délire de persécution qui diabolise un ennemi fantasmé, tels les ennemis du peuple, les koulaks ou les Juifs. Orwell nous a mis en garde contre la capacité magique du langage à égarer quand le regard porté sur le monde, prisonnier d’un palais de mots à forte charge émotionnelle assemblés avec art, est guidé par la manipulation et le mensonge.

De nos jours il est sans cesse question de post-vérité. Avec la dénonciation en forme de slogan d’un Occident islamophobe, ne sommes-nous pas dans un cas de ce type ?

  • L’instrument du projet islamiste  en occident

Les islamistes, Frères musulmans en tête, qui propagent le discours de l’islamophobie ne sont pas des observateurs sans passion du monde social. Ils sont engagés dans un combat. Est en question ce que vont devenir les musulmans d’Occident. Vont-ils se fondre parmi les infidèles, renoncer à vivre dans une société régie par les préceptes de l’islam, en un mot trahir ? Ou vont-ils rester attachés à l’oumma, la communauté des croyants, construire un embryon de contresociété islamique en espérant peut-être que l’Occident deviendra un jour musulman, dans un accomplissement de l’épopée conquérante des pieux ancêtres ?

Face à ce choix, l’image de musulmans subissant l’hostilité de sociétés islamophobes, qui les stigmatisent en paroles et les discriminent en actes, est une arme. Elle véhicule un message adressé aux musulmans : l’Occident est un empire du mal aveuglé de passions mauvaises ; quoi que vous fassiez, votre appartenance à l’islam vous marque d’un stigmate indélébile qui fait qu’il ne vous acceptera jamais comme membres à part entière ; la seule option honorable qui vous est offerte est de rejeter un monde qui vous rejette, refuser ses séductions, vous rassembler dans des lieux au sein desquels vous ferez la loi. Elle adresse aussi un message au monde occidental : si certains de vos membres et certaines de vos lois luttent contre l’emprise d’une forme de vie inspirée par l’islam, c’est que vous bafouez vos propres idéaux d’égal respect pour toutes les religions. Vous devez accepter cette emprise et poursuivre des foudres de votre justice ceux qui tentent de lui résister.

  • Des études qui triturent les faits

L’histoire abonde en épisodes où le désir de faire triompher une cause a conduit à fabriquer des preuves. Les procès de Moscou restent dans les mémoires, comme le bordereau de l’affaire Dreyfus. Chaque fois, les faits sont tordus, interprétés de manière spécieuse ou même inventés pour les ajuster à ce que l’on veut démontrer. Le discours de l’islamophobie obéit à cette logique. Et cette démarche contamine jusqu’aux travaux qui se disent scientifiques portant sur l’accueil de l’islam et des musulmans par les sociétés occidentales. […]

Quand on lit ces études, la première impression est celle de rigueur. Les tableaux de chiffres abondent, renvoyant à de vastes enquêtes sur des échantillons représentatifs. Des traitements statistiques établissent des relations significatives. Les raisonnements s’enchaînent. Mais, si l’on est plus attentif, les choses se gâtent. Parfois les questions sont posées de façon telle qu’il est impossible de répondre de manière sensée. Ainsi, des questions qui portent sur « les musulmans » considérés comme un bloc indifférencié interdisent d’opérer des distinctions entre eux. L’interprétation des corrélations constatées en relations de cause à effet conduit souvent à introduire des hypothèses ad hoc d’où découle ce que l’on cherche à démonter. Ou encore c’est au moment de conclure que l’étude tourne casaque et que l’islamophobie surgit comme un deus ex machina, rendant vain le travail d’analyse qui précède. De façon générale ces études évitent de confronter les représentations et opinions relatives au monde de l’islam aux réalités objectives concernant ce monde. Cela permet de faire comme si de purs fantasmes étaient à l’oeuvre.

  • La population majoritaire en accusation

En France, la Commission nationale consultative des droits de l’homme est en pointe pour répandre cette vision. […] Des réactions négatives provoquées par des elements problématiques associés à l’islam sont bien évoquées, mais ce n’est jamais pour les trouver sensées. C’est toujours pour les mettre au passif de ceux qui prêtent attention à ces éléments. […]

Aucun intérêt n’est porté au fait que les réactions d’une même personne envers les différents marqueurs de l’islam sont fort diverses alors même que les données dont l’étude fait état témoignent de cette diversité. […]

Le jeûne du ramadan, un des cinq piliers de l’islam, dont la dimension religieuse est incontestable, devrait être la pratique la moins acceptée si l’islam en soi était rejeté. Or, au contraire, c’est ce qui est le mieux perçu, bien que l’obligation de jeûner puisse parfois poser problème dans l’exercice du travail. Pendant ce temps, le port du voile intégral, qui est très mal vu, n’est nullement inhérent à l’islam. Nombre de musulmanes engagées dans une démarche de foi répugneraient à l’arborer. Y être hostile ne veut pas dire rejeter l’islam en tant que tel, mais une certaine pratique de l’islam.

  • L’invention de victimes

Un rapport réalisé pour l’Union européenne sur le sentiment de discrimination éprouvé par les musulmans en Europe est exemplaire en la matière. Ce qu’il s’agit de montrer est énoncé dès la première phrase : « Vous souvenez-vous de la dernière fois où vous avez postulé pour un emploi ? Vous pouvez avoir craint que vos compétences informatiques soient insuffisantes, ou vous vous êtes tracassé à propos d’une faute d’orthographe dans votre CV. Mais, si vous êtes musulman ou d’origine musulmane et vivez dans l’Union européenne, votre nom peut suffire pour rendre certain que vous ne recevrez jamais d’invitation à un entretien d’embauche. » Ce qui est propre à chacun (les compétences informatiques, les fautes d’orthographe) est suppose sans importance ; ce sont les musulmans en général, identifiés grâce à leur nom, qui sont supposés rejetés sans distinction, en tant que musulmans. […]

Cette orientation générale est associée au refus d’attribuer aux musulmans ne serait-ce qu’une partie de la responsabilité de la défiance que rencontrent certains d’entre eux, ce qui conduirait à les « stigmatiser ». […]

Le rapport européen s’appuie uniquement sur des déclarations relatives aux discriminations ressenties par les personnes interrogées. Ce qu’il advient en réalité est supposé identique à ce qui est déclaré. Il n’est pas envisagé que certains traitements défavorables fondés sur des raisons nullement discriminatoires, par exemple un déficit de compétence, aient été présentés, sincèrement ou non, comme discriminatoires par ceux qui affirment les avoir subis. […]

D’après cette étude, ceux qui déclarent avoir vécu une expérience personnelle de discrimination sont là encore minoritaires, ce qui est évidemment gênant quand on entend dénoncer une discrimination massive. Pour surmonter cette difficulté les auteurs de l’étude affirment que ceux qui ont été discriminés refusent souvent d’en faire état. L’idée sous-jacente est que « recueillir des informations sur des expériences potentiellement traumatiques ne va pas de soi car elles font souvent l’objet d’une sorte de déni ou de mise à distance – jouant un rôle de protection – de la part de celles et ceux qui les ont subies ». On pourrait faire pourtant l’hypothèse inverse et supposer que ceux qui se déclarent discriminés sont plus nombreux que ceux qui le sont réellement : se déclarer discriminé fournit en effet une justification consolante à un échec personnel, et il est d’autant plus tentant de le faire que le discours de la discrimination est devenu hautement légitime. Du reste, comme le montre l’étude, le fait d’être familier du discours dénonçant les discriminations incite à interpréter ce que l’on vit en le qualifiant de discrimination. Mais il n’est même pas envisagé que cette familiarité puisse agir en fournissant un instrument de rationalisation. Il est considéré comme évident que son seul rôle est de favoriser une prise de conscience de la réalité.

  • Le refus post-moderne d’une pensée libre

Comment se fait-il que des sophismes qui seraient impitoyablement dénoncés si on avait affaire à un domaine ordinaire de connaissance soient ici acceptés ? […]

L’avènement de la postmodernité est en cause, par la manière dont elle arbitre entre les deux impératifs majeurs des Lumières : le libre examen et l’égalité. À l’époque fondatrice des Lumières, le libre examen prévaut et l’exigence d’égalité lui est subordonnée. Mais dans une vision postmoderne, la hiérarchie se renverse. L’exigence d’égalité se radi calise : l’égalité de respect dû aux indi vidus implique une égalité de respect envers leurs choix de vie comme envers les doctrines qui alimentent ces choix. Du coup, c’est le libre examen qui devient subordonné. Cette évolution est au coeur du regard contemporain porté sur l’islam. […]

La volonté de promouvoir une société « caractérisée par le pluralisme, la non-discrimination, la tolérance » a conduit au refus de tout traitement différencié, en paroles ou en actes, des membres de groupes distincts. Les différences naguère attribuées à l’inégal accès à des valeurs qualifiées d’objectives, qu’il s’agisse de la raison ou du goût, ont été requalifiées en termes d’effets de domination. Quand cette perspective est adoptée, la manière de raccorder l’exigence d’égalité et celle de libre examen se transforme. Loin de privilégier un regard exigeant sur le moment présent et de renvoyer au futur la promesse d’égalité, la norme devient plutôt de faire passer la vérité scientifique après le principe philosophique fondamental de l’égalité de tous les groupes d’hommes. Tout jugement d’existence susceptible de mettre en cause cet impératif d’égalité est réputé n’être fondé que sur des préjugés. Ce terme associe dorénavant deux sens en supposant qu’ils vont de pair. Le sens, porté par l’élan initial des Lumières, de ce qui est contraire à la raison critique demeure. De plus le sens, central dans un contexte postmoderne, de ce qui contrevient à l’impératif d’égalité s’y rajoute. Mais, dès lors, le statut à accorder aux faits d’observation fait question. […]

Cette évolution a conduit à une mise en question radicale de la liberté d’expression dès lors que l’affirmation sacrée d’égalité entre groupes humains est concernée.

  • La fabrique du ressentiment

Les effets du discours de l’islamophobie sur les musulmans qui y adhèrent sont d’autant plus amers qu’en fin de compte la promesse dont il est porteur est mensongère. Il incite les musulmans à croire qu’ils trouveront pleinement leur place dans les sociétés occidentales en étant dispensés de la laborieuse adaptation à ces sociétés qui a été jusqu’ici le lot de toutes les vagues immigrées. La dénonciation comme islamophobe de toute pression poussant à cette adaptation, jointe à l’assurance qu’une telle pression va céder aux coups de boutoir des défenseurs de l’islam, fonde cette promesse. Mais celle-ci ne risque pas d’être tenue. Et ses principales victimes sont les musulmans qui s’y fient. Intoxiqués par les discours masquant l’emprise d’une contre-société islamique derrière l’affirmation des droits de l’individu à pratiquer sa religion, nombre de musulmans ne semblent pas comprendre les réactions que suscite leur manière d’agir. Il est vraisemblable que beaucoup d’entre eux interprètent et ressentent en toute bonne foi dans le registre d’un manqué de respect pour leurs droits religieux ce qui est motivé en fait par le refus d’une emprise sociale. […]

La complexité de l’univers de l’islam est à l’origine de cette pluralité de réactions. L’islam est porteur de ce à quoi l’on pense immédiatement quand on parle de religion : une invitation à une démarche spirituelle, un souci d’éclairer les âmes, d’ouvrir à ce qui dépasse l’horizon le plus tangible, une incitation à méditer sur le sens de l’existence sous le regard de Dieu. […]

Mais ce que donnent à voir les pays où il régit la vie sociale montre qu’il possède une autre dimension : l’imposition d’un ordre qui n’hésite pas à contraindre les esprits et les corps. Or deux traits majeurs de cet ordre sont inacceptables pour l’Occident : le refus de la liberté de conscience (un musulman ne peut se convertir librement à une autre religion ou renoncer à sa foi) et le statut d’être inférieur, objet d’un strict contrôle, réservé aux femmes, statut dont les manifestations sont multiples, des règles d’héritage à l’obligation d’adopter une tenue « pudique » en passant par l’interdiction d’épouser un non-musulman. C’est ce refus de l’Occident qui engendre des réactions hostiles. Pour sa part, le musulman inconnu, dont on ignore quel parti il a pris, suscite une certaine réserve, mais celle-ci s’évapore vite pour peu qu’il laisse entrevoir qu’un tel refus lui est étranger. Le discours de l’islamophobie ne veut rien connaître de ce discernement. […]

Les musulmans qui écoutent le discours de l’islamophobie sont entretenus dans l’illusion qu’ils pourront un jour être traités comme des semblables tout en continuant à s’affirmer différents.

Pacte de Marrakech pour les migrations : un nouveau viol de la souveraineté du peuple par la démocratie représentative

  • Contexte général

Le pacte dit « de Marrakech », adopté à Marrakech en décembre 2018 et destiné à assurer le « renforcement de la coopération relative aux migrations internationales », n’a fait l’objet d’aucun débat public préalable en France conformément la volonté du gouvernement puisque l’objectif était semble-t-il d’en dissimuler au maximum la nature aux Français afin de ne pas alerter la population sur l’immigration supplémentaire qu’il induit : encore sans doute une belle preuve de démocratie.

Ce pacte est censé constituer un « cadre de coopération juridiquement non contraignant » alors qu’en réalité il fixe des principes contraignants du point de vue de la jurisprudence juridique comme cela a déjà été le cas en France pour les droits de l’enfant qui ont empêché de revenir sur la disposition relative au regroupement familial. Ce même argument est d’ailleurs repris par ce nouveau texte qui plaide pour le fait de « faciliter l’accès aux procédures de regroupement familial des migrants » puisqu’il s’agit ici encore de défendre « l’intérêt supérieur de l’enfant ». Bis repetita placent.

Revenons sur quelques aspects du contenu de ce texte.

  • Un plaidoyer fondamentalement partisan

Les rédacteurs du texte, agents actifs de la mondialisation sans limite, veulent faire croire que leur objectif ne serait pas de favoriser la submersion migratoire de certaines parties du monde.

En réalité, ce pacte de 41 pages, épouvantable logorrhée bureaucratique, écrit dans un style illisible, fourmillant de répétitions ou de références vagues et inexploitables (22 renvois à « la conformité au/au respect du droit international ») n’est qu’un plaidoyer idéologique pour le mondialisme qui se dissimule bien maladroitement derrière des affirmations bien isolées et dénuées de sincérité telles que : « Le Pacte mondial réaffirme le droit souverain des États de définir leurs politiques migratoires nationales et leur droit de gérer les migrations relevant de leur compétence, dans le respect du droit international » (tout le document renvoyant notamment au droit international comme supérieur et s’imposant au droit d’États pourtant en principe souverains).

  • Les migrations de population sont nécessairement positives

Pour les signataires, ce point n’est pas discutable : « Les migrations ont toujours fait partie de l’expérience humaine depuis les débuts de l’Histoire, et nous reconnaissons qu’à l’heure de la mondialisation, elles sont facteurs de prospérité, d’innovation et de développement durable ». Les migrants ne peuvent nécessairement qu’« enrichir nos sociétés [occidentales, cela va sans dire] grâce à leurs capacités humaines, économiques et sociales ».

Cette vision partisane repose prétendument sur des « données et d’éléments de preuve » dont la véracité n’est évidemment pas contestable aux yeux des signataires. « Les migrations font partie intégrante de la mondialisation, (…) faisant de nous tous des pays d’origine, de transit et de destination ». Partant du postulat qu’il ne peut y avoir que des bienfaits liés aux migrations, il s’agit donc seulement « d’en optimiser l’ensemble des avantages » et par ailleurs de « démonter les discours [nécessairement] trompeurs qui donnent une image négative des migrants ».

Le texte évacue bien sûr tout ce qui peut poser question dans cette vision humanitaire utopique et idyllique : les incompatibilités culturelles (ex. les oppositions religieuses, l’incompatibilité de l’islam avec la civilisation occidentale sur de multiples aspects), les causes démographiques (cf. la démographie incontrôlée de nombreux pays d’Afrique), les enjeux géopolitiques, etc.

  • Il est interdit d’étudier réellement les effets des migrations

En effet, le texte précise qu’il convient d’« étoffer la base de données factuelles sur les migrations internationales en améliorant, par des investissements adéquats, la collecte, l’analyse et la dissémination de données précises, fiables et comparables, ventilées par sexe, âge, statut migratoire et toute autre caractéristique applicable à un contexte national donné ».

Mais il n’est pas question d’étudier par exemple les caractéristiques culturelles et religieuses – dimension totalement absente du texte, ce qui est pour le moins étonnant – des migrants, sans doute pour éviter le risque de « stigmatisation », car une vérité qui n’est pas dévoilée n’existe pas politiquement. Ainsi, le texte précise qu’il faut « éliminer les pratiques de profilage racial, ethnique et religieux des migrants de la part des autorités » : ce qui a le mérite de la clarté. Vous avez l’obligation de recevoir de nouveaux hôtes chez vous mais il vous est interdit de vous renseigner sur leur « profil ».

  • Le fondement idéologique du texte : la négation de l’identité

La vision absurde qui sous-tend l’ensemble du texte est que l’humanité n’est plus qu’une, les communautés humaines et leur identité sont niées, seul compte l’individu accompagné des sacro-saints « droits de l’homme », quand bien même il détruit la société qui l’accueille : ainsi, « Le Pacte mondial comporte une forte dimension humaine, inhérente à la migration même. Il promeut le bien-être des migrants et des communautés dans les pays d’origine, de transit et de destination. Il est donc centré sur l’individu ».

  • Un instrument : la censure

Le pacte appelle ouvertement à la fin de la liberté d’expression puisqu’il convient de « cesser d’allouer des fonds publics ou d’apporter un soutien matériel aux médias qui propagent systématiquement l’intolérance, la xénophobie, le racisme et les autres formes de discrimination envers les migrants, dans le plein respect de la liberté de la presse ». Or, comment prétendre qu’on respecte la liberté de la presse, si l’objectif officiel proclamé ouvertement, et de façon même menaçante, est de tuer économiquement tous les journaux et médias qui ne pensent pas « comme il faut » ? C’est inouï et abject.

  • Conclusion

Bien entendu, si les hommes avaient la sagesse de s’entendre et de gouverner le monde intelligemment, la question des migrations ne se poserait pas. Mais ce monde n’existe pas et la bienveillance humanitaire, pour louable qu’elle soit, ne peut pas constituer la colonne vertébrale de la politique des États dans un monde structuré par des idéologies de toutes natures et des religions incompatibles, sauf à faire preuve de la plus totale naïveté et à accepter de se faire dépouiller. Les juifs, qui ont subi ce que l’on sait, n’ont cure de ces beaux principes utopistes et Israël sait se transformer en bourreau lorsqu’il le faut pour survivre.

Ce pacte, grande victoire pour Georges Soros, illustre en réalité la perversité des effets de la bien-pensance auquel l’absconse construction européenne semble particulièrement attachée. À l’instar de Carthage, il devient urgent de détruire l’Europe afin que les peuples européens puissent survivre.

Contrairement à la France, certains pays plus conscients et plus attachés à leur identité ont eu la présence d’esprit de refuser avec vigueur de signer ce texte détestable par son esprit et sa méthode, et pas des moindres, notamment : l’Autriche, l’Australie, la Bulgarie, les États-Unis, la Hongrie, Israël, l’Italie (pour le moment), la Pologne, la République dominicaine, la République tchèque, la Slovaquie, la Suisse.

Quelques questions sur l’islam : version allemande

La version allemande des 20 questions essentielles sur l’islam est maintenant disponible. Je remercie chaleureusement les personnes qui m’ont aidé à la réaliser.

N’hésitez pas à la diffuser : la connaissance doit profiter à tous.

La nouveauté musulmane : un bobard ?

Dernier article de la série consacrée au livre de Robert Hoyland : « Dans la voie de Dieu » (http://islametoccident.fr/?p=4814).

La lecture des textes sacrés de l’islam montre que l’apport spirituel de l’islam est inexistant, Mahomet se contentant, ainsi qu’il est répété à maintes reprises dans le Coran, d’être un répétiteur de la parole de Dieu, parole dont le véritable contenu avait déjà en réalité été livré dans la Thora. En effet, il est flagrant que Mahomet a pour l’essentiel copié le judaïsme, que ce soit sur l’aspect spirituel (ex. le monothéisme, la transcendance radicale de Dieu vis-à-vis de ses créatures) ou le souci des rituels (l’islam ayant repris des règles juives comme le principe des interdits alimentaires, auxquelles il en a adjoint beaucoup d’autres, parfois excessivement terre à terre : comment faire ses ablutions, dans quelles positions prier, comment faire ses besoins puis s’essuyer, etc.).

L’islam ne révèle en effet rien de nouveau sur Allah, au contraire : au-delà des formules de convenance évoquant un dieu miséricordieux et sage, l’islam en fait en réalité un dieu terrible et sans pitié, auquel il faut impérativement se soumettre, qui n’entretient avec ses créatures qu’une relation univoque débarrassée des complexités, et parfois des contradictions, dont le judaïsme est pétri et dont les juifs font leur miel pour couper les cheveux en quatre depuis des siècles, ce qui explique peut-être qu’ils fassent traditionnellement de bons tailleurs. L’islam n’est pas une religion de prix Nobel. Réduit à sa plus simple expression, le corpus spirituel musulman peut ainsi être très facilement assimilé par des masses incultes, car l’islam, projet idéologique, a une vocation politique à conquérir le monde en s’adressant aux masses les plus nombreuses, au contraire du judaïsme, religion élitiste et non prosélyte.

Cette situation explique sans doute aussi assez largement l’antisémitisme viscéral et millénaire de l’islam car, dans son absolue nécessité de supplanter son frère siamois dans la lutte éperdue pour accaparer l’héritage monothéiste (les chrétiens n’étant pas dans la course du fait de leur polythéisme supposé qui les rend hérétiques d’office), l’islam est condamné à jeter l’opprobre sur le judaïsme dans des termes profondément haineux (il suffit de lire les textes sacrés de l’islam pour être effrayé par la haine qui suinte de tous ses pores, Mahomet ayant déjà eu visiblement l’intuition de la solution finale avec les juifs de Médine qu’il a chassés ou exterminés).

Dans le même esprit, le livre de Robert Hoyland fait partager un point de vue intéressant qui bat en brèche le mythe selon lequel l’islam aurait constitué une rupture dans l’histoire de l’Arabie, ce qui revient à dire, en d’autres termes, que l’islam n’a en rien constitué une « révélation ».

« Pour les savants musulmans, les conquérants arabes ont apporté d’Arabie occidentale un corpus de lois complet différent de celui qui était alors en vigueur dans le reste de l’Orient, et en ont fait la nouvelle loi des musulmans. De nombreux spécialistes de l’islam acceptent aujourd’hui ce principe sans sourciller. Pourtant, l’Arabie était en contact avec le reste du Proche-Orient depuis des millénaires et, en outre, on sait que les systèmes juridiques sont toujours résistants au changement. Les lois qui étaient en place dans la région à la veille des conquêtes arabes l’étaient toujours le lendemain, et ce corpus juridique, constitué d’un mélange de droit proche-oriental et de droit romain, est resté en vigueur durant la période umayyade, complété par des amendements ad hoc conçus par les califes et leurs agents. À partir du début du VIIIème siècle, cependant, un ensemble de savants musulmans se mit à travailler sur cet ancien corpus et accepta, rejeta ou en modifia les règles en estampillant celles qu’ils approuvaient avec la mention « fait/dit par Muhammad ». Les usages anciens passèrent ainsi pour de nouvelles lois islamiques venues d’Arabie. (…) De nombreuses sentences considérées comme islamiques, comme l’amputation de la main pour le vol et la peine de mort pour les apostats, étaient appliqués dans la région bien avant l’islam.  (…) Ce processus fut mené à bien à un rythme effréné par un grand nombre d’autorités religieuses, dans différents centres de l’Empire arabe : dès le milieu du VIIIème siècle, plusieurs recueils des paroles et des actes de Muhammad étaient rédigés, notamment les célèbres volumes de Bukhari (mort en 870) et de Muslim (mort en 875). (…) Dans la mesure où un grand nombre d’éléments de ces recueils proviennent de coutumes et de pratiques du Proche-Orient préislamique, nous ne devrions pas considérer ce processus comme la promulgation d’un corpus juridique étranger, mais comme la construction consensuelle d’un ensemble de lois établi par la nouvelle communauté musulmane, dont la majorité était issue des peuples conquis. »

L’Europe des juges se soumet à l’islam et valide le délit de blasphème

Dans une décision rendue ce jour (mardi 19 mars 2019), la Cour européenne des droits de l’homme a de nouveau illustré l’inanité du gouvernement des juges européens et la soumission de l’Europe politico-judiciaire à l’islam puisque cette décision bafoue ouvertement le principe même de la liberté d’expression en l’absence de toute incitation à la violence ou à la haine.

Car il s’agit juste ici de s’étonner d’une certaine forme de bêtise. En effet, quel sentiment noble et respectable peut inspirer un personnage qui, selon les sources musulmanes elles-mêmes, a, entre autres, massacré des juifs, pratiquait le pillage, vendait femmes et enfants sur les marché pour se procurer des chevaux et des armes, entretenait des relations sexuelles avec une gamine prépubère dont il aurait facilement pu être le grand-père ? Appelez cela comme vous voulez, mais gardez-vous simplement de prononcer un mot tabou, ou il vous en coûtera devant le grand tribunal inquisitorial européen…

Cette décision absurde est en réalité un aveu de faiblesse et trahit l’angoisse panique des politiques européens face à une situation qui n’est plus maîtrisée et qui conduit lentement et sûrement à la guerre civile (n’oublions pas comment les guerres de religion ont prospéré en Europe). Cette décision est symptomatique d’une Europe manifestement malade de son immigration et du multiculturalisme qui en a découlé, qu’elle ne sait plus comment soigner, et qui se trouve acculée à tenter de défendre par des voies judiciaires une religion que sa vacuité empêche de se défendre toute seule. Aurait-on connu pareille mésaventure judiciaire il y a quarante ans avant l’immigration de masse ? Certainement pas. Cherchez l’erreur…

Mais, pire que cela, cette décision trahit la conviction des responsables européens que les musulmans sont des masses incapables de supporter la moindre critique, inéducables, hermétiques à la liberté d’expression, incontrôlables, et prêtes à en découdre par la violence : il ne faut surtout pas éveiller leur courroux (déjà que la France n’est pas capable d’en finir avec 1.500 casseurs…) ! Ce n’est guère rassurant. Aussi, certains croient-ils que par sagesse c’est aux couches intelligentes à se plier aux exigences brutales du vulgaire : ceux-là ne font en réalité que creuser la tombe de l’utopie européenne multiculturelle déjà décédée.

Voici l’article du European Centre for Law and Justice :


« BLASPHÈME CONTRE MAHOMET » :
LA CEDH REJETTE LA DEMANDE DE RÉEXAMEN
« La Cour européenne des droits de l’homme a malheureusement refusé de renvoyer l’affaire E.S. contre Autriche en appel en Grande Chambre. La condamnation pénale de Mme Sabaditsch-Wolff, pour avoir assimilé à de la pédophilie l’union de Mahomet (56 ans) à Aïcha (9 ans), est donc définitive. C’est là un grave recul de la liberté d’expression. De fait, Mme Sabaditsch-Wolff a été condamnée pour avoir dit une vérité dérangeante.
 
Rarement pourtant un jugement de la Cour n’a suscité une telle unanimité contre lui. La semaine dernière encore, une vingtaine de personnalités ont cosigné une Tribune en faveur de la défense de la liberté d’expression en matière religieuse (à lire ici). Parmi elles se côtoient d’anciens musulmans, des chercheurs et intellectuels catholiques, des féministes ou encore des auteurs non-religieux. Parmi les signataires figurent notamment Waleed Al-Husseini, Rémi Brague, Chantal Delsol, Zineb El-Rhazoui, Annie Laurent, Boualem Sansal, Pierre-André Taguieff, Michèle Tribalat et bien d’autres encore.
 
L’ECLJ est intervenu devant la Cour et dans la presse dans cette affaire. Il ne s’agissait pas de défendre un droit à l’expression d’obscénités blasphématoires, mais de préserver la faculté de dire la vérité et de dénoncer les erreurs, même si cela doit déplaire.
 
Saisie d’un recours en « appel », la Cour européenne aurait pu corriger son précédent jugement ; elle a choisi de ne pas le faire, et lui a même accordé l’autorité d’une « affaire phare » censée éclairer l’ensemble des juridictions nationales. Ce jugement n’était donc pas accidentel, mais indique une orientation nouvelle. LCour impose à présent aux États l’obligation « d’assurer la coexistence pacifique de toutes les religions et de ceux n’appartenant à aucune religion, en garantissant la tolérance mutuelle ».
 
La Cour n’a pas motivé son refus de renvoyer l’affaire « en appel ». Nous ne pouvons donc faire que des conjectures.  J’y vois un glissement vers un multiculturalisme prêt à sacrifier la liberté d’expression aux exigences du « vivre ensemble ». Un tel jugement renonce à l’idéal de justice fondée sur la vérité et lui préfère celui, arbitraire, de « tolérance ».
 
Ce faisant, c’est le juge qui décide de ce qui peut être dit en fonction de sa propre conception du « vivre ensemble », et de sa crainte des réactions des personnes potentiellement offensées par ces propos.

L’avenir nous montrera si la CEDH persévère dans cette voie liberticide.
 
Grégor Puppinck

Pierre Birnbaum, ou comment ignorer certaines racines de l’antisémitisme

L’émission « Arrêts sur Images » du jeudi 28 février 2019 avait comme invité unique Pierre Birnbaum, historien et sociologue français, à propos de l’antisémitisme en France.

Pour ne pas sans doute sortir du politiquement correct en abordant les sujets qui fâchent, Daniel Schneidermann et son invité se sont bien gardés d’évoquer les racines religieuses de l’antisémitisme, en particulier en islam, racines qui ont été totalement éludées lors de cette émission. Le discours de Pierre Birnbaum était, sans surprise de la part d’un sympathisant de la Délégation Interministérielle à la Lutte contre Le Racisme, l’Antisémitisme et la Haine anti-LGBT (DILCRAH), essentiellement focalisé sur l’antisémitisme des extrêmes politiques, et surtout sur la dénonciation d’un antisémitisme d’extrême droite.

Sans se prononcer sur cette question, on notera toutefois le caractère tout à fait partisan de cette personne dont les affirmations aléatoires ont parsemé l’ensemble du discours, et qui met surtout totalement de côté la question religieuse. Cet article et quelques autres reviennent sur cette émission.

  • La valse des pourcentages

Pour une personne se présentant comme un scientifique sérieux et objectif, la valse des pourcentages qu’a dansée Pierre Birnbaum semble particulièrement problématique. Selon lui en effet, les sympathisants des gilets jaunes proches des idées de Marine Le Pen seraient de l’ordre de « 60% ou 55%, sinon 70%, (…) même 80, il faudrait vérifier (sic !), (…) ou 85% » : belle preuve de rigueur scientifique….

Pierre Birnbaum semble d’ailleurs particulièrement embarrassé pour répondre aux questions de bon sens posées par Daniel Schneidermann, et se contente d’évoquer un « paradoxe » : Pierre Birnbaum sait-il réellement de quoi il parle ?

La tolérance en islam : une chimère

La religion devrait être une affaire strictement personnelle mais ce n’est pas le cas dans l’islam qui est une religion communautariste qui ignore dans sa version orthodoxe la tolérance : en témoigne cette mésaventure récente d’une députée musulmane au Liban. Preuve aussi que le dieu des chrétiens et celui des musulmans n’ont au fond rien à faire ensemble, en dépit des tentatives de récupération par l’islam de la tradition monothéiste.

Rappelons que selon les règles de l’islam orthodoxe, l’apostasie est punie de mort. Loin s’en faut que cette mésaventure ne concerne que la question de la séparation du politique et du religieux, comme veulent le croire ceux qui recherchent l’apaisement au prix de la vérité.

Article de L’Orient Le Jour du 5 janvier 2019

https://www.lorientlejour.com/article/1151133/la-subordination-du-politique-au-religieux-au-coeur-de-laffaire-roula-jaroudi.html

La subordination du politique au religieux au cœur de l’affaire Roula Jaroudi

C’est une première absolue. Accusée dans les réseaux sociaux d’avoir renié sa foi pour s’être avancée, au cours d’une messe, vers le prêtre qui distribuait la communion, la députée musulmane sunnite de Beyrouth, Roula Tabch Jaroudi (courant du Futur), a été contrainte par Dar el-Fatwa de « s’excuser » et de faire à nouveau allégeance à l’islam.

« C’est grave : le fondamentalisme sur les réseaux sociaux a prouvé sa capacité à influer sur les choix politiques ; c’est nouveau au Liban », a jugé hier le P. Fadi Daou, président de la Fondation Adyan, commentant pour l’OLJ l’affaire Roula Tabch Jaroudi. En outre, le P. Daou est inquiet du fait que la logique sectaire « a eu raison d’une ligne politique connue par sa modération et son attachement au vivre-ensemble, en impliquant Dar el-Fatwa dans l’affaire aussi. » « Pour un pays régi par un Etat de nature civile, cette subordination du politique au religieux est sans précédent, et contraire à l’esprit du Liban », explique encore le P. Daou. Le fondateur d’Adyan juge les réactions à cette affaire trop « identitaires ». « Il faut éviter l’amalgame. C’est passer à côté de la question fondamentale que d’en faire un problème de rapports entre chrétiens et musulmans ; le problème véritable n’est pas personnel, mais public, c’est celui du rapport qui doit s’établir entre les domaines civil et religieux. C’est un problème au niveau citoyen », insiste-t-il.

Sammak : J’ai honte !

« J’ai honte ! À quoi sommes-nous réduits ! » a affirmé de son côté hier à L’OLJ Mohammad Sammak, coprésident du Comité national pour le dialogue islamo-chrétien. « C’était un geste de piété dû sans doute au manque d’expérience ; on en a fait toute une histoire. Mais on ne corrige pas une erreur par une autre. Nous assistons tous à des messes et avons tous accepté le pluralisme religieux », a enchaîné M. Sammak. « Et dire qu’après cela, nous voulons faire du Liban un centre international pour le dialogue entre les cultures et les religions ! » a-t-il renchéri.

Dans les milieux sunnites modérés, on juge « inquisitoriale » la démarche de Dar el-Fatwa. Et de laisser entendre qu’il existe une cassure au sein de l’instance sunnite, partagée entre une aile modérée et une aile fondamentaliste incarnée par cheikh Amine Kurdi. 

Prenant les devants à ce sujet, un communiqué de Dar el-Fatwa sur cette affaire a précisé que la démarche auprès de la parlementaire l’avait été « conformément aux directives du mufti ».

L’affaire remonte au mardi 1er janvier 2019 quand, au cours d’une messe célébrée dans le centre d’Antélias de la congrégation Mission de Vie, la députée, mal informée des différents moments liturgiques d’une messe, s’était avancée vers le prêtre qui officiait, le P. Wissam Maalouf, pendant que ce dernier distribuait la communion. Elle avait eu droit à un sourire attendri du prêtre, qui s’est contenté de poser le ciboire sur sa tête.

L’office était destiné à marquer la Journée mondiale de la paix instaurée par le pape Jean-Paul II en 1986, et était célébré en présence du ministre Melhem Riachi et des députés Ibrahim Kanaan, Michel Moawad, Farid Boustany et Hagop Terzian.

L’opinion choquée

L’allégeance à l’islam imposé de nouveau à la parlementaire a choqué d’autant plus qu’elle avait dû se rétracter par rapport à un premier communiqué, publié mercredi, dans lequel elle avait assuré que « les rites et le respect des coutumes d’autrui ne modifient pas la foi intime et ne transforment par le musulman en renégat ».

Intimidée par la cabale soulevée, la députée s’était rendue jeudi à Dar el-Fatwa où, après avoir été instruite et chapitrée par le secrétaire général de l’instance, le cheikh Amine Kurdi, elle avait été conduite à adhérer à nouveau à l’islam, comme si elle avait apostasié. « Ce que j’ai fait n’était pas prémédité. Je me suis excusée auprès de Dieu », avait-elle indiqué dans un communiqué de circonstance.

Cette rétractation a déplu et suscité de vives réactions. Ainsi, le directeur du Centre catholique d’information, le P. Abdo Bou Kasm, a repris la députée, l’accusant de ne pas avoir résisté à « la tentation de la surenchère ». La députée aurait dû « présenter ses excuses à sa religion, pas à Dieu », a affirmé le prêtre. « Nous ne sommes pas des athées, la religion chrétienne est la religion de Dieu », a-t-il ajouté.

Symptomatique également est la réaction de la journaliste de télévision Dima Sadek, qui a affirmé dans un tweet qu’elle s’apprêtait à se solidariser avec la députée, avant d’être « choquée » par son message d’excuses. « Comment peut-on s’excuser d’avoir pénétré dans une maison de Dieu, s’est indignée la présentatrice vedette de la LBCI, alors même que le Coran classe les chrétiens parmi les gens du Livre ? »

Blasphème contre Mahomet : se battre pour la liberté d’expression

La conférencière autrichienne condamnée pour avoir « dénigré » Mahomet demande le renvoi de l’affaire à la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme.

Peut-être vous souvenez-vous de la décision E. S. contre Autriche de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui, le 25 octobre dernier, avait choqué de nombreuses personnes ? La Cour de Strasbourg avait alors, contre toute attente, validé la condamnation d’une conférencière autrichienne pour avoir « dénigré » Mahomet en assimilant son union avec la jeune Aïcha à de la « pédophilie ».

La Cour a donné à ce jugement la qualité « d’affaire phare », c’est-à-dire de référence éclairant sa jurisprudence future. Cette affaire vient de connaître un nouveau développement. La requérante, Mme Elisabeth Sabaditsch-Wolff, a demandé à la Cour européenne de bien vouloir rejuger l’affaire en Grande Chambre, c’est-à-dire devant la formation la plus solennelle de cette Cour. Fait rare, elle est soutenue dans cette démarche par plus de 50 000 signataires d’une pétition pour le droit de critiquer l’islam en Europe :
https://eclj.org/free-speech/coe/defend-the-right-to-criticise-islam-in-europe?lng=fr

Il s’agit là d’une procédure exceptionnelle qui n’est acceptée que dans 5% des cas, lorsque la Cour estime qu’est en jeu « une question grave relative à l’interprétation ou à l’application de la Convention [européenne des droits de l’homme] ou de ses Protocoles, ou encore une question grave de caractère général ». Or, c’est clairement le cas dans l’affaire E.S. c. Autriche. La décision quant au renvoi sera prise prochainement. Il faut espérer que la Cour l’acceptera, car plusieurs motifs graves plaident en ce sens.

Rappel des faits

En 2013, la Cour suprême d’Autriche a condamné une femme pour s’être interrogée publiquement en ces termes : « un homme de cinquante-six ans avec une fille de six ans (…) De quoi s’agit-il, si ce n’est de pédophilie ? ». La conférencière, rappelant des faits historiques avérés, s’exprimait devant une trentaine de personne lors d’un séminaire intitulé « Connaissance élémentaire de l’islam ». Elle souhaitait notamment alerter sur la pratique du mariage des filles prépubères dans la culture musulmane, suivant l’exemple de Mahomet qui a épousé Aïcha âgée de six ans puis consommé ce mariage lorsqu’elle a atteint 9 ans. Elle a été dénoncée par un journaliste présent dans la salle, puis condamnée sur le fondement d’une disposition pénale interdisant en substance le blasphème.

Elle s’est alors tournée vers la CEDH qui, à la surprise générale, a accepté l’argumentation des juridictions autrichiennes et validé cette condamnation par un jugement adopté à l’unanimité le 25 octobre 2018. Les sept juges européens ont alors estimé que cette femme n’a pas tant cherché à informer objectivement le public qu’à « démontrer que Mahomet n’est pas digne d’être vénéré ». À l’appui de cette condamnation, la Cour a considéré qu’insinuer que Mahomet était « pédophile » serait une « généralisation sans base factuelle »au motif qu’il a poursuivi sa relation avec Aïcha des années durant et épousé d’autres femmes plus âgées.

Selon la Cour, ces propos étaient de « nature à susciter une indignation justifiée » des musulmans et constituent « une violation malveillante de l’esprit de tolérance à la base de la société démocratique » susceptibles « d’attiser les préjugés » et « de mettre en danger la paix religieuse ». Ces propos pouvaient donc être condamnés pour incitation à l’intolérance religieuse. Dit simplement, la conférencière a été condamnée pour des propos jugés islamophobes.

L’ECLJ avait récemment organisé un séminairee sur la jurisprudence récente de la Cour européenne relative à la liberté d’expression en matière religieuse. Un avocat s’y est notamment exprimé pour le renvoi en Grande Chambre de cette affaire E.S. c. Autriche. Vous pouvez retrouver sur cette page son intervention vidéo (Anglais) ainsi que les autres interventions. 

Quelques questions sur l’islam : version néerlandaise

La version néerlandaise des 20 questions essentielles sur l’islam est maintenant disponible. Je remercie chaleureusement les personnes qui m’ont aidé à la réaliser.

N’hésitez pas à la diffuser : la connaissance doit profiter à tous.

La conquête musulmane : phénomène fortuit, fruit d’une coalition hétéroclite

Article de la série consacrée au livre de Robert Hoyland : « Dans la voie de Dieu » (http://islametoccident.fr/?p=4814).

« À mesure que les conquêtes progressaient et que de nouvelles victoires étaient remportées, de nombreux groupes qui n’étaient ni arabes ni musulmans cherchèrent à rejoindre les conquérants. (…) Les historiens musulmans ont tendance à dire que ces collaborateurs non arabes et non musulmans se sont convertis après avoir changé de camp. (…) Cependant, nous apprenons aussi à l’occasion que la conversion n’était ni immédiate ni nécessaire : dans un texte de 680, le moine Jean de Fenek note qu’il y avait « beaucoup de chrétiens, dont certains étaient des hérétiques et d’autres étaient des nôtres » dans les armées musulmanes, et une source musulmane indique de manière explicite que les soldats du Daylam avaient combattu aux côtés des musulmans « sans avoir adopté l’islam ». »

(…)

« Ce schéma correspond à ce que nous apprennent les récits contemporains des premières étapes des conquêtes arabes. De petites incursions aléatoires couronnées de succès ont rapidement entraîné le ralliement de nombreux hommes des tribus arabes. Dans cette perspective, la coalition de Muhammad n’a été que l’un des nombreux groupes qui profitaient du désordre provoqué par le conflit byzantino-perse, même si l’organisation supérieure et l’engagement idéologique ont aidé Muhammad et les siens à devenir le groupe dominant. On reconnaîtra ici une conception accidentelle de l’histoire, faite de réponses humaines faillibles à des événements aléatoires. Cette conception n’a cependant pas beaucoup d’adeptes. En général, on propose un éventail de facteurs d’attraction et de rejet, et pour la conquête arabe, les facteurs les plus populaires sont l’accès facile aux butins en raison de la faiblesse des empires byzantin et perse (du côté attraction), et l’appauvrissement économique et environnemental de l’Arabie (du côté rejet). »