La liberté de conscience en islam : encore l’impasse…mais vers un effondrement ?

L’émission de France 2 « Islam » a consacré de nouveau en mai 2019 deux épisodes à la question difficile en islam de la liberté de conscience, sans parvenir à sortir de l’impasse habituelle. On notera toutefois que la position tout à fait modérée des deux intervenants, si elle était partagée par le reste des musulmans et des pays musulmans, ferait de l’islam une religion comme une autre relevant du strict domaine privé de la croyance et permettrait certainement de sortir des crispations et du terrorisme dont l’islam est la source principale aujourd’hui.

Rappelons néanmoins que les musulmans de France sont loin d’en être là puisque, par exemple, le Conseil Français du Culte Musulman ne reconnaît toujours pas aujourd’hui encore aux musulmans la liberté de changer de religion : https://islametoccident.fr/?p=1023

L’analyse des deux intervenants relative à la nature de la prophétie de Mahomet comme seulement annonceur d’une « bonne nouvelle » (qui n’est qu’une reprise de l’idée chrétienne…) est séduisante.

Mais cette conception est encore bien peu partagée chez les musulmans. En effet, un intervenant rappelle à juste titre le hadith, certifié comme « authentique » par l’islam compte tenu de la qualité de la chaîne de transmission, qui appelle au meurtre des apostats. La position d’al-Ghazzali consistant à contredire la parole de Mahomet est intéressante mais ne remet malheureusement pas en cause l’authenticité incontestée de cette parole sacrée.

Bref, tous ces propos ne sont-ils en réalité que des vœux pieux ? Ces bonnes intentions n’ont de fait que peu de traduction tangible dans la la culture musulmane, ce que résume très bien ce musulman interviewé sur la question de l’apostasie :

Les musulmans modérés aboutissent en réalité à une reconstruction a posteriori d’un islam désiré, moderne, mais qui n’est pas l’islam de Mahomet, fondamentalement intolérant et violent, et dont l’aspect guerrier est congénitalement étranger à l’idée de liberté de conscience : encore une fois, il faut lire la biographie de Mahomet écrite par les musulmans eux-mêmes… !! Mahomet est la matrice fondamentale de l’extrémisme.

Néanmoins, tous ces efforts n’auront-ils jamais aucun effet ? Il n’est pas exclu que la connaissance du contenu réel de l’islam qui se répand chez les personnes vivant en Occident, musulmanes et non-musulmanes, du fait de l’élévation du niveau culturel de la population par l’éducation et le contact avec le monde moderne, constitue à l’avenir un ferment létal pour l’islam compte tenu de son extrême faiblesse intellectuelle et spirituelle qui saute aux yeux de tous ceux qui prennent la peine de l’étudier sérieusement. Car pour détruire l’islam, ne suffit-il pas tout simplement de l’expliquer ? Un islam éclairé, comme celui de ces deux intervenants, n’est plus l’islam.

Comment réintroduire la peine de mort en France grâce à l’islam

À une époque où la bien-pensance semble bien puissante en France dans les médias, bien-pensance qui fêtait frénétiquement l’abolition de la peine de mort quelques années seulement après avoir célébré avec ferveur la mise en place du meurtre de masse avec l’interruption volontaire de grossesse qui envoie plus de 200.000 enfants à naître chaque année à la poubelle selon l’Ined (ce qui place d’ailleurs définitivement Simone Veil parmi les plus grands criminels de l’histoire, illustrant à merveille le dicton : « l’enfer est pavé de bonnes intentions »), il est amusant de voir comment l’islamo-gauchisme applaudit avec un enthousiasme aveuglé ou masochiste la réintroduction progressive de l’idée de peine de mort par le soutien massif qu’il apporte de fait au développement de l’islam par le biais, entre autres, de l’immigration musulmane ou de la destruction des valeurs traditionnelles françaises.

Car la doctrine orthodoxe de l’islam est parfaitement claire, quand bien même les musulmans font généralement tout pour éviter de répondre directement (selon la technique bien connue de la takiyya) à la question du sort de l’apostat en islam : car il ne fait aucun doute que l’apostat doit être tué (ainsi a dit le sage et bienfaisant Prophète Mahomet).

Apostasie Angleterre

Et, s’il y a bien une chose déjà certaine, c’est qu’il ne fait pas bon devenir un musulman apostat aujourd’hui si l’on vit dans un pays occidental en cours d’islamisation.

Apostasie Belgique

Si d’aventure l’islam venait à prendre le pouvoir en France, suivant en cela les prédictions Houellebecquiennes, la chasse sera ouverte…

Message d’ex-musulmans catholiques au Pape

La liberté de conscience en islam : une position suicidaire pour un problème insoluble

Ghaleb Bencheikh, musulman pondéré et cultivé, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2 prend position, dans le cadre d’une conférence sur le mot « chari’a » organisée par la société des amis de l’Institut du Monde Arabe, pour une liberté de conscience absolue en islam.

Amis IMA Charia 161107 LIberte de conscience

La liberté de conscience a toujours constitué une question douloureuse en islam tant la tradition musulmane a en horreur l’idée même qu’un musulman puisse abjurer sa religion, au point d’ailleurs que le Conseil Français du Culte Musulman refuse encore aujourd’hui de reconnaître la légitimité du droit d’un musulman à abandonner l’islam ( http://islametoccident.fr/?p=1023 ). L’Institut du Monde Arabe a d’ailleurs consacré une conférence à ce sujet en novembre 2015 dont le titre était clair et problématique : « Quelle place dans la religion musulmane pour une véritable liberté personnelle, de conscience et de choix ? » ( http://islametoccident.fr/?p=2605 )

Ghaleb Bencheikh parle de « point aveugle de la pensée théologique islamique contemporaine » mais c’est en réalité un problème très ancien qui a des racines claires dans quelques hadiths réputés authentiques (« sahih ») par la tradition musulmane elle-même, même si Ghaleb Bencheikh va jusqu’à les remettre en cause.

Quant au fameux verset « Point de contrainte en religion » (verset 256 de la sourate 2) – pour autant d’ailleurs qu’on puisse y voir une véritable reconnaissance de la liberté de conscience plutôt que le simple constat que certains ont choisi l’égarement au lieu de la religion droite –, la biographie de Mahomet précise le moment de sa « descente » : il a été prononcé au début du prêche de Mahomet à Médine à l’époque où Mahomet cherchait à rallier à lui les juifs de Médine, avant finalement de se retourner contre eux et de les exterminer. En d’autres termes, il a été de facto abrogé. Il est intéressant d’ailleurs que Ghaleb Bencheikh indique que ce verset est « brandi par tous les musulmans dans les colloques inter-religieux » : ce verset fait en effet partie de l’attirail de la takiyya destiné à rassurer les mécréants.

Néanmoins, dans tout ce fatras coranique, on ne peut que louer le courage de Ghaleb Bencheikh qui va jusqu’au bout de sa démarche, quitte à remettre en cause la personne de Mahomet : « quand bien même il l’aurait dit… ». Il est étonnant que Ghaleb Bencheikh soit encore en vie.

La liberté religieuse en islam n’existe pas : rappel d’une évidence

La liberté religieuse en islam n’existe pas puisque tout musulman qui quitte l’islam est sévèrement sanctionné, normalement par la mort conformément aux paroles de Mahomet. Ce point est incontestable d’un point de vue doctrinal (voir également l’article http://islametoccident.fr/?p=2867).

Il est rarissime de voir des représentants musulmans admettre sur un grand media public comme cela a été fait dans l’émission de France 2 « Islam » du 11 janvier 2015 que la liberté religieuse pose un véritable problème dans la tradition musulmane encore aujourd’hui, et ce, comble d’ironie, quelques jours à peine après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher.

Je propose donc de visionner cet extrait dont il convient de rappeler qu’il fait référence à la « Convention citoyenne des musulmans de France pour le vivre-ensemble » de juin 2014 du Conseil Français du Culte Musulman, qui évite soigneusement cette question, ce qui fait réagir avec beaucoup de prudence mais néanmoins de clarté Omero Marongiu-Perrria.

France 2 Islam 150111 Islam & Citoyennete 2 Extrait 1

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (13) L’exemplarité de Mahomet, ou « Pourquoi l’islam a intrinsèquement besoin de la violence »

  • Problématique

Bien que Mahomet ait agi pour l’essentiel, on l’a vu dans de précédents articles, comme un chef de clan conduisant une guerre pour établir son pouvoir au nom de la religion, celui-ci est donné en exemple par l’islam à tout musulman. La question est donc de préciser quelles conséquences pratiques doit tirer aujourd’hui le musulman au regard de cette référence incontournable.

  • Mahomet, l’exemple à suivre

Pour Tareq Oubrou, « Le Coran exhorte le musulman à suivre l’exemple du Prophète. Malheureusement, on confond souvent deux choses : suivre son exemple et le copier ; la référence et l’identification. Rares sont ceux qui sont capables d’éviter une telle confusion. La référence consiste à prendre le Prophète comme modèle en tenant compte, d’une part, du contexte spécifique dans lequel il a vécu, et, d’autre part, du contexte spécifique dans lequel vit le musulman et de son identité personnelle. (…) L’identification, elle, s’apparente souvent à une imitation bête et à une aliénation néfaste. »

La question de l’imitation de Mahomet pose ainsi une question fondamentale : que vaut aujourd’hui, au XXIème siècle, l’islam de Mahomet, guerrier, qui a combattu les mécréants armes à la main ?

L’argument de Tareq Oubrou est fondé sur l’idée que le comportement tribal et guerrier de Mahomet ne constituerait plus un exemple à appliquer aujourd’hui car il serait devenu caduc. C’est ce que Tareq Oubrou exprime par la référence au « contexte spécifique dans lequel Mahomet a vécu » et qui aurait justifié la guerre. On retombe encore une fois dans cet illogisme fondamental : Mahomet, dernier prophète, prétendait délivrer une parole divine, définitive et universelle, mais il l’a en réalité pliée aux contraintes tribales de l’époque.

Il est évident que les fondamentalistes musulmans et nombre d’imams des pays du Golfe sont loin d’être du même avis quant à la caducité du caractère guerrier de l’islam. Et évoquer, au sujet de l’imitation stricte du comportement du Prophète,  « une imitation bête et une aliénation néfaste » est justifiable des délits de blasphème et d’apostasie.

  • Mahomet, l’intouchable

En réalité, ce type de relativisation peut naturellement choquer tous les musulmans attachés à la figure mythifiée de leur prophète, moins pour une raison doctrinale – puisqu’en terme de spiritualité la relativisation n’a aucun sens –, qu’en termes de frustration identitaire face un Occident jusque-là dominateur et qui ose porter atteinte à la mémoire du bédouin, avec la complicité involontaire d’un imam français.

Tareq Oubrou en donne une autre illustration à propos de la francisation du nom de Muhammad (ou Mohammed) en Mahomet qui irrite tant certains musulmans mais qu’il ne fait pas sienne, avec un bon sens bien occidental : « Il est étonnant de constater la réaction scandalisée de nombreux musulmans, et pas forcément les plus pratiquants, dès qu’ils entendent prononcer le nom « Mahomet ». Ils estiment que ce vocable est le résultat d’une laïcisation profanatrice de la personne du Prophète. Ils se lancent dans des élucubrations linguistiques très poussées (…). Ces mêmes musulmans qui contestent l’usage de « Mahomet » n’ont en revanche aucun problème pour traduire en français les noms des autres prophètes de l’islam, non arabes : Îsa devient Jésus, Mûsâ devient Moïse, etc. (…) D’ailleurs, les noms arabes de ces prophètes sont déjà des traductions de noms qui n’étaient pas arabes, mais hébreux ou syriaques – Moïse était Moshé en hébreu comme en syriaque, Jésus était Yeshu’a en hébreu ou Yasû en syriaque… (…) En croyant islamiser les prophètes par l’arabisation de leur nom, on atteint le comble de la confusion entre le théologique et l’identitaire ethnique. De façon tout aussi incohérente, ces musulmans rétifs au nom de Mahomet n’ont aucune objection à traduire Allah par Dieu. »

  • Conclusion : l’islam, une idéologie politique violente et non une spiritualité

Compte tenu de ce qu’a été la vie de Mahomet, remplie de batailles et de guerres à compter de l’hégire comme en témoigne formellement la Sîra, l’islam dit « modéré » d’Europe et de France est pris dans un étau et écrasé : d’un côté, par un islam fondamentaliste, qui retourne sans état d’âme aux sources (musulmanes) incontournables et indubitables de l’islam des origines, et de la violence qui l’a accompagné constamment à partir de Médine ; de l’autre, par le risque de faire exploser ou de dissoudre l’islam dans ses contradictions à trop vouloir excuser cette violence originelle, jusqu’à aboutir à une relativisation du message coranique incontrôlable et irréversible. Pour maintenir le carcan qui lui assure sa survie, l’islam a besoin tôt ou tard de la violence.

En effet, la violence (physique et psychologique), qui s’exprime par l’intolérance et par les peines et châtiments encourus pour des motifs religieux (blasphème, absence de respect du ramadan, apostasie, etc.), sont pour l’islam une question existentielle.

Sauf à pratiquer (comme en réalité bon nombre de musulmans occidentaux jusqu’ici) un islam qui a pris ses distances par rapport à l’islam de Mahomet, jusqu’à presque le renier ou l’abandonner de fait – d’où la qualification d’islam « déviant » ou « dévoyé » au regard de l’orthodoxie –, l’islam ne peut pas survivre dans un milieu ouvert, imprégné par l’esprit critique, où les tabous religieux n’existent pas, c’est-à-dire où tout discours religieux ou spirituel est acceptable ; car ce serait accepter l’hypothèse que l’islam puisse avoir tort, notamment par la bouche de son prophète. Aucun pays musulman ne l’accepte aujourd’hui.

L’interview de l’ambassadeur d’Arabie Saoudite à l’O.N.U., Abdallah al-Mouallimi, réalisée en mars 2016, explique fort clairement ce point de vue : toute remise en cause d’Allah, tout doute exprimé publiquement sont jugés comme subversifs et assimilables à du terrorisme dans la terre sainte de l’islam (et donc passibles de la peine de mort). Difficile d’être plus clair ! Mieux vaut pratiquer la taqiya en Arabie Saoudite si vous voulez rester vivant…

Arabie Saoudite Liberte de conscience 2016 mars

Or, qu’on le dise une bonne fois pour toutes : si la formulation peut dans une certaine mesure dépendre d’un contexte historique, le contenu d’un message véritablement spirituel est fondamentalement universel et définitif, et les valeurs profondes qu’il exprime sont intemporelles : ce message doit refléter une vision définitive du monde et de son sens et plus encore quand on prétend être le dernier prophète –, et ne peut en aucun cas dépendre des vicissitudes des sociétés humaines et des mœurs du temps.

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (3) L’islam n’est pas prosélyte

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  • Un prosélytisme inquiétant s’est installé en France

L’installation de l’islam en France conduit manifestement au développement d’un communautarisme qui tend à s’étendre sous l’action d’un prosélytisme plus ou moins actif : remplacement organisé d’anciens commerces par des commerces musulmans dans certains quartiers, pression vestimentaire et comportementale – surtout à l’égard des femmes –, restriction de la liberté de parole en matière de critique des religions et surtout de l’islam dans les médias, comportement ostensiblement religieux dans l’espace public, revendications religieuses de plus en plus pressantes dans l’espace privé (notamment en entreprises), etc.

Ce prosélytisme conduit de fait la France dans une libanisation progressive du territoire et constitue naturellement un facteur fort d’inquiétude de la population de souche. Face à ce constat, Tareq Oubrou cherche à rassurer  en tentant de convaincre du caractère inoffensif de l’islam en matière de prosélytisme religieux : voyons comment.

  • Le prosélytisme : ce que disent les textes sacrés

Rappelons d’abord que les textes sacrés de l’islam sont clairs sur la nécessité du prosélytisme. Quelques extraits parmi d’autres :

Sourate 2, verset 193. Combattez-les [les mécréants] jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de sédition et que la religion soit entièrement à Allah seul (…)

Sourate 8, verset 39. Combattez les infidèles jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus de tentation d’abjurer et que la religion soit entièrement à Allah. S’ils cessent le combat [pour être pardonnés], qu’ils sachent qu’Allah voit parfaitement ce qu’ils font.

Hadith (Bukhari, Muslim) : D’après Abdallah Ibn Umar, l’Envoyé de Dieu a dit : « J’ai reçu l’ordre de combattre les mécréants sans relâche jusqu’à ce qu’ils professent qu’il n’y a d’autre divinité qu’Allah et que Muhammad est l’Envoyé d’Allah, qu’ils accomplissent la prière et qu’ils s’acquittent de l’aumône légale. S’ils le font, leurs vies et leurs biens seront respectés, sauf quand l’islam permettra d’y porter atteinte. Pour le reste, ils ne devront de comptes qu’à Dieu ».

Notons à cet égard que le prosélytisme est logique. Ainsi, les chrétiens sont en principe prosélytes puisqu’ils sont chargés de répandre la « bonne nouvelle » du Christ. Le problème, dans le cas de l’islam, est la façon dont ce prosélytisme s’autorise – de différentes façons  – à « imposer » l’islam à la société française.

  • L’argument « surprenant » du contact avec le Prophète

    Face à ces textes tout à fait clairs, incontournables et incontestés dans le monde musulman, Tareq Oubrou développe une théorie pour le moins surprenante qui semble limiter à Mahomet l’obligation de transmettre le message de l’islam. Il écrit en effet : « Rappelons que, selon la dogmatique musulmane classique et orthodoxe, notamment sunnite, seul un messager ou envoyé a l’obligation canonique de transmettre la révélation. C’est le cas de Moïse, de Jésus, de Mahomet,.. Le simple prophète (nabî), lui, reçoit la révélation, mais n’a pas l’obligation de la transmettre, à l’instar de Marie, mère de Jésus, prophétesse, mais non missionnée. Puisque le simple musulman n’est même pas un simple prophète, il n’est en aucune manière obligé de transmettre la religion aux non-musulmans. »

    Il serait vraiment intéressant de savoir sur quels textes se fonde Tareq Oubrou pour tenir ce raisonnement qui me semble aller à l’encontre de toute la philosophie et de toute la pratique de l’islam ; malheureusement, il ne l’indique pas dans son livre.

  • Le concept audacieux de « mécréance »

    Mais Tareq Oubrou ne s’arrête pas là. Pour lui, la véritable incrédulité (justifiant l’utilisation du terme de « kafîr » ou mécréant, avec ses conséquences en terme de châtiment terrestre ou céleste) se réduit finalement à la seule période mahométane car liée à la possibilité d’un contact direct avec Mahomet. Il écrit : « Pourtant, selon le Coran, le salut est lié au libre choix de la personne de suivre ou non le Prophète. N’est responsable d’un tel choix que celui qui a rencontré le Prophète missionné, a vu les signes et les miracles qu’il a accomplis, et a reçu son message de manière claire. (…) De ce point de vue, seule une personne qui a connu un prophète-messager (« rasûl ») et a refusé de croire en lui en connaissance de cause peut être qualifiée de « kâfir ». Par conséquent, cette notion, dans son sens négatif, est restreinte au seul moment coranique. (…) En dehors de ce champ, la personne qui n’accède pas à la vérité du Coran n’est pas responsable ; elle ne peut donc pas être qualifiée de « kâfir ». »

    Là encore, on aimerait savoir sur quels versets se fonde Tareq Oubrou pour déresponsabiliser le mécréant car on a bien du mal à les trouver ; malheureusement, il ne l’indique pas.

  • Conclusion

    Les raisonnements de Tareq Oubrou laissent à vrai dire pantois tant ils sont « surprenants », pour ne pas dire ahurissants. Tareq Oubrou ne donnant pas ses sources, on ne peut malheureusement pas essayer de retrouver le chemin qui l’a conduit à de telles affirmations ; c’est bien dommage. Tout cela me semble en contradiction complète avec la lettre et l’esprit des textes sacrés de l’islam.

    Si un lecteur de ce site dispose d’informations à ce sujet, je veux bien qu’il éclaire ma lanterne.

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (2) La liberté de conscience en islam : « Celui qui abandonne l’islam, qu’on le tue » (commandement de Mahomet)

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Nous avons vu dans l’article précédent de la série (http://islametoccident.fr/?p=3086) que l’islam a un sérieux problème avec la liberté religieuse et la liberté de conscience. L’origine en est très simple.

  • Le commandement de Mahomet

L’origine du problème est en effet connue : Mahomet, apôtre de la religion d’amour et de paix au dire de ses partisans d’aujourd’hui, n’a pourtant pas hésité à ordonner l’assassinat des musulmans qui quitteraient l’islam, c’est-à-dire apostasieraient. Si le Coran ne précise pas le châtiment applicable en cas d’apostasie, laissant simplement entendre qu’il est terrible, Mahomet s’est donné la peine de la préciser : la mort.

Les hadiths de Mahomet à ce sujet (notamment dans les recueils de Bukhari et Muslim) sont parfaitement clairs (cf. http://islametoccident.fr/?page_id=1786) et sont qualifiés d’« authentiques » (sahih) selon la gradation d’authenticité fixée en islam concernant la chaîne des transmetteurs (isnad) de la parole de Mahomet : ils sont donc incontestés dans le monde musulman. Néanmoins, il faut reconnaître que tous les pays musulmans ne poussent pas l’orthodoxie doctrinale jusqu’à appliquer méthodiquement et strictement aujourd’hui le commandement de Mahomet (les musulmans ont aussi leurs jésuites).

Cela étant, de façon générale, la situation des apostats est suffisamment dramatique en islam pour que l’Institut du Monde Arabe ait organisé en novembre 2015 une conférence/débat dont le titre était : « Quelle place dans la religion musulmane pour une véritable liberté personnelle, de conscience et de choix ? »

Ce commandement de Mahomet étant une preuve évidente de l’incompatibilité de l’islam avec les valeurs occidentales, il est donc intéressant d’analyser les arguments présentés par Tareq Oubrou pour tenter de sortir l’islam de cette impasse vis-à-vis de l’Occident.

  • L’argument du pacte

Tareq Oubrou écrit : « Comment prendre cette injonction [Celui qui change sa religion, tuez-le] à la lettre, alors même que le Prophète s’était engagé, par un pacte signé avec La Mecque, alors païenne, à laisser partir dans cette ville les musulmans qui désiraient quitter Médine et redevenir idolâtres ? Un engagement qu’il a respecté. (Bukhari n°2731/2732) »

Cet argument n’est pas très compréhensible ni surtout précisément documenté. De quoi s’agit-il ?

Un an après la bataille dite « du fossé » où les Mecquois avaient assiégé Mahomet et ses partisans à Médine – il ne s’était en réalité quasiment rien passé et les Mecquois étaient repartis au bout de quelques semaines –, soit en mars 628, Mahomet conclut, à la grande surprise de ses partisans, une trêve (dite de « Hudaybiyya ») avec les Mecquois qui devait permettre aux musulmans de se rendre à La Mecque pour y faire les ambulations circulaires rituelles autour de la Ka’ba à l’occasion du pèlerinage. Mahomet ne se sentait vraisemblablement pas encore assez fort à cette époque pour prendre La Mecque de force.

La Sîra relate qu’une des clauses imposées par les Mecquois à Mahomet pour autoriser les musulmans à venir en sécurité prier à La Mecque visait naturellement à éviter que son armée ne se renforçât de nouvelles recrues, en l’occurrence des Mecquois (déjà musulmans ou non). Aussi, Mahomet prit l’engagement de renvoyer aux Mecquois tout Mecquois qui essaierait de le rejoindre hors de La Mecque, l’inverse n’étant pas vrai, c’est-à-dire que toute personne du clan de Mahomet rejoignant les Mecquois n’était pas renvoyée à Mahomet, ce qui pouvait constituer une incitation claire à abandonner Mahomet. Ces clauses du pacte furent acceptées par Mahomet, qui les appliqua comme il était de règle et conformément à l’honneur pour tout pacte signé entre tribus (un exemple bien connu est celui du Mecquois Abû Basîr qui rejoignit Mahomet mais fut renvoyé). Cette trêve fut vivement contestée dans les rangs des musulmans qui considéraient qu’elle humiliait la vraie religion, l’islam. L’autorité temporelle de Mahomet fut contestée mais celui-ci tint bon.

On voit donc que le pacte signé avec les Mecquois était tout à fait circonstanciel, afin de permettre aux musulmans d’aller prier à Ka’ba, et surtout n’a aucun lien avec la question de l’application ou non de la peine de mort pour apostasie. Il s’agissait seulement de clauses de renvoi de personnes ralliant le clan opposé. Or ces personnes ne prévenaient bien entendu pas à l’avance leur propre clan de leur futur ralliement au clan ennemi. La question de l’application de la peine de mort à l’apostat voulant quitter le clan musulman pour rallier celui des Mecquois ne se posait donc pas. Cet argument du pacte n’a donc pas de sens.

  • L’argument du non-exercice

Selon Tareq Oubrou : « Il est formellement établi qu’aucun texte authentique ne stipule que le Prophète aurait concrètement mis à exécution cette peine [peine de mort pour l’apostasie]. »

Pourquoi cet argument n’est-il pas pertinent ?

1) Il est irrecevable parce qu’il est impossible de démontrer que Mahomet ne l’a jamais mis à exécution, même si ce fut peut-être le cas. On peut démontrer que quelqu’un a fait quelque chose mais pas qu’il ne l’a jamais fait, sauf à avoir des témoins en permanence présents à tout instant du jour et de la nuit. En outre, cela a pu arriver sans ce que fait ait été mentionné par les témoins.

2) De toute façon, il est logiquement aberrant : si l’objectif était de ne jamais mettre à mort un apostat, pourquoi alors avoir édicté la règle inverse ? Il aurait fallu au contraire confirmer l’absence de châtiment. Cela n’a vraiment aucun sens.

  • L’argument de la fiabilité du hadith

Contrairement à ce qu’écrit Tareq Oubrou, il n’y pas de contradiction dans les textes sacrés musulmans concernant la question la punition de l’apostasie : « Comme sur beaucoup de sujets dans l’islam, nous sommes en présence de textes qui paraissent contradictoires. Certains garantissent la liberté religieuse, mais d’autres viennent les heurter de plein fouet, telle cette parole du Prophète : « Celui qui change sa religion, tuez-le » (Bukhari n°3017). »

En effet, comme on l’a vu dans le précédent article (http://islametoccident.fr/?p=3086), la diversité religieuse est un fait terrestre, ce n’est pas un objectif divin. C’est au contraire une occasion d’éprouver les hommes pour les juger, et si nécessaire de les punir ici-bas en exemple pour les autres hommes.

Aussi, en l’absence d’argument rationnellement recevable, Tareq Oubrou se risque aller jusqu’à remettre en cause la fiabilité des hadiths (il y en a plusieurs concernant l’apostasie) pour arriver tout simplement au but qu’il veut atteindre. Il est assez inédit qu’un simple imam d’une ville de province en France aille jusqu’à contester la Sunna (tradition musulmane), y compris les recueils de hadiths considérés en islam comme les plus fiables par les plus grands érudits, celui de Bukhari en faisant partie (comme celui de Muslim).

Il écrit ainsi : « Or ce hadith – et il en va ainsi de tous les hadiths – n’est qu’un fragment isolé de son contexte. Celui qui le rapporte, Ibn Abbâs, livre davantage ce qu’il a compris que ce qu’il a entendu – il ne dit d’ailleurs pas l’avoir entendu dans ces termes complets et exacts de la bouche du Prophète, puisqu’il n’utilise pas la formule explicite « sami’tu » (Qu’un compagnon dise : « Le Prophète a dit… » ne signifie pas qu’il a entendu le hadith directement de la bouche de ce dernier tant qu’il n’utilise pas l’expression explicite : « J’ai entendu (« sami’tu) le Prophète dire… » (…) Ce type de hadith constitue plausiblement un simple fragment tiré d’un hadith plus long qui indique les circonstances de son énoncé. Il arrive souvent que les narrateurs ne retiennent qu’une partie du discours, d’où la nécessité d’un travail de montage scripturaire. »

Or ce travail scripturaire a justement été fait, par Bukhari et Muslim notamment. Par ce commentaire, Tareq Oubrou a l’audace assez incroyable de venir, sur la base d’un simple argument de « plausibilité » (il n’a lui-même aucune certitude…), ébranler par un simple trait de plume les fondements d’une bonne partie de la Sunna du Prophète car finalement, à cette aune, on ne sait plus très bien quelle chaîne de transmission et quels hadiths trouvent grâce à ses yeux. Cela doit faire frémir les institutions largement plus légitimes comme Al-Azhar.

  • L’argument de la légitime défense

À défaut de pouvoir trouver un défaut certain dans la cuirasse des hadiths, reste le sempiternel argument de la légitime défense qui, lui aussi, ne tient pas debout. Tareq Oubrou écrit en effet : « Pour demeurer fidèle à l’esprit et à la cohérence du Coran, cette violence contre l’apostasie doit être comprise dans le sens d’une légitime défense face à une apostasie qui s’accompagne d’une insurrection armée. Ainsi, l’injonction « tuez-le » (« uqtulûb ») signifierait ici « combattez-le » (« qâtilûb »), comme il est parfois d’usage en arabe. »

On voit ici déjà que Tareq Oubrou n’écarte plus la réalité du prononcé du commandement de peine de mort par Mahomet. Cette recherche de « cohérence » vaut en réalité reconnaissance du caractère clair et incontournable du commandement.

Ensuite, pourquoi associer l’apostasie à l’insurrection armée ? Mahomet n’a mis aucune condition, comme une insurrection armée, à l’application de la peine de mort pour apostasie. Il pouvait tout à fait accepter l’apostasie tout en punissant par ailleurs de mort l’insurrection armée. Le problème sans doute est que le simple fait de résister spirituellement à l’islam, c’est-à-dire de refuser de se convertir à l’islam, est déjà considéré par l’islam comme une déclaration d’hostilité et un combat, qui justifie d’ailleurs pleinement l’alternative offerte aux non-musulmans (hors juifs et chrétiens qui suivent un statut spécifique) : la conversion ou la mort.

  • Conclusion

Tareq Oubrou empile les arguments fallacieux, contradictoires les uns avec les autres (certains étant fondés sur des hypothèses qui sapent le fondement des autres arguments). Si un seul des ces arguments était réellement valable, les autres ne seraient plus nécessaires.

Il n’y a aucun moyen de sortir de cette impasse doctrinale liée à un commandement parfaitement clair et explicite, sauf à remettre en cause totalement l’exemplarité de Mahomet et la nécessité de suivre ses commandements, ce que Tareq Oubrou ne peut évidemment pas faire.

La doctrine est claire (même si des pays musulmans trouvent des accommodements pour éviter si possible la peine capitale, surtout sous le regard des occidentaux) et tous les apostats qui fuient notamment le Moyen-Orient en savent quelque chose !

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (1) La liberté religieuse en islam : l’argument fallacieux de la diversité du monde

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  • Problématique

Il est de notoriété publique que la reconnaissance de la liberté religieuse (ou de conscience), c’est-à-dire la liberté pour tout individu de choisir sa religion et d’en changer sans subir à ce titre aucune sanction, pose d’énormes problèmes en islam, y compris aux musulmans « modérés » vivant dans les pays occidentaux. L’apostasie, c’est-à-dire le fait de quitter l’islam, est punie dans les pays musulmans (jusqu’à la mort parfois) et fait l’objet, chez les musulmans occidentaux, d’une réprobation évidente, souvent accompagnée de représailles sociales ou de menaces physiques (quand elle n’est pas accompagnée d’actes de violence réels).

Le Conseil Français du Culte Musulman, présenté par nos politiques comme l’organisation centrale de dialogue avec l’islam de France refuse d’ailleurs encore aujourd’hui d’inscrire dans les droits fondamentaux du musulman celui de pouvoir quitter l’islam (cf. http://islametoccident.fr/?p=1023).

La situation est suffisamment dramatique pour que l’Institut du Monde Arabe ait même organisé en novembre 2015 une conférence/débat dont le titre était : « Quelle place dans la religion musulmane pour une véritable liberté personnelle, de conscience et de choix ? » C’est dire !

Tareq Oubrou confirme d’ailleurs ce diagnostic : « Dans l’esprit de l’immense majorité des musulmans, l’incroyance est un délit, et tout non-musulman mérité la malédiction et la sanction eschatologique, la Géhenne. Cette croyance est à l’origine d’une rupture mentale grave entre les musulmans et les non-musulmans. » Et on imagine bien l’abîme qui s’ouvre alors en France avec la conception laïque de la société, créant un véritable conflit de culture et de civilisation.

  • La diversité du monde comme argument pour la tolérance

Pour combattre l’intolérance musulmane, Tareq Oubrou utilise l’argument de la diversité du monde, dont il prend acte, et qu’il attribue nécessairement de son point de vue à une volonté divine : « L’univers des croyances est à l’image de celui des hommes : il est multiple. Cette pluralité est exprimée à plusieurs reprises dans le Coran comme une volonté inéluctable de Dieu : « Si Dieu l’avait voulu, Il aurait fait de vous une seule communauté (sourate 16, verset 93) » ; « Et si Dieu l’avait voulu, Il aurait fait d’eux une seule communauté (sourate 42, verset 8) » ; « Si ton Seigneur l’avait voulu, Il aurait rassemblé tous les hommes en une seule communauté. Or ils ne cesseront d’être en désaccord (sourate 11, verset 118) ». »

Et il en déduit une affirmation en réalité indémontrable : « Si l’on entend bien ces passages, cette diversité est non seulement un fait historique, mais un vouloir divin, à respecter en tant que croyant musulman. Il ne s’agit même plus là d’une question de tolérance. », qu’il exprime également en écrivant : « Si la diversité religieuse procède d’une volonté de Dieu, alors le projet de convertir toute l’humanité s’annule de lui-même. Non seulement c’est une mission impossible, mais ce serait insensé, pour ne pas dire une folie. »

En effet, la diversité du monde religieux n’est pas en soi une preuve que Dieu souhaite qu’il en soit à jamais ainsi. Au contraire, et c’est même beaucoup plus logique – pour autant que Dieu existe –, on peut tout à fait défendre l’idée selon laquelle cette diversité est le moyen pour Dieu d’éprouver la foi des hommes : des croyants dans leur volonté d’étendre le royaume de Dieu sur terre ; des non-musulmans à qui la connaissance du message de Mahomet est apportée et qui choisissent ou non de rester dans l’égarement, justifiant alors de ce fait leur punition (ou non) ici-bas ou dans l’au-delà. Car il faut rappeler qu’avant de tuer les non-musulmans dans le cadre du jihad, les musulmans doivent toujours leur offrir le choix de la conversion : s’ils se convertissent à l’islam (avant de devenir prisonniers – ceci pour éviter les fausses conversions destinées uniquement à échapper à la mort –), ils sont épargnés.

  • La foi ne peut pas être imposée mais l’incroyance peut, elle, être sanctionnée ici-bas

Tareq Oubrou écrit : « Mahomet est le premier à le savoir : « Quels que soient tes efforts, la plupart des hommes ne croiront pas (sourate 12, verset 103) ». » En effet, c’est un simple constat qui prend acte de l’égarement volontaire des hommes justifiant leur châtiment.

Tareq Oubrou reprend d’autres versets du Coran qui disent la même chose : « La foi ne peut donc pas s’imposer : « Dis que la vérité vient de Dieu ; quiconque ne veut pas croire, qu’il ne croie pas (sourate 18, verset 29) » ; « Point de contrainte en religion. Le chemin juste s’est désormais distingué de celui de l’égarement (sourate 2, verset 256) » [sans compter que ce verset s’adressait aux juifs de Médine dans un contexte précis et qu’il a été en pratique abrogé, Mahomet les ayant pourchassé ou exterminé] ; « Si ton Seigneur l’avait voulu, tous les habitants de la terre auraient été croyants. Est-ce à toi de contraindre les hommes à croire ? (sourate 10, verset 99) ». Non seulement Mahomet n’avait pas de pouvoir coercitif en la matière, mais il était surtout conscient que la conversion est une affaire intime et personnelle, et que la clé des cœurs se trouve dans la main de Dieu : « Tu ne guides pas ceux que tu aimes. C’est Dieu qui guide celui qu’Il veut (sourate 28, verset 56) », lui rappelle le Coran. »

Le rôle de messager de Mahomet consistait donc à exposer aux hommes la doctrine de l’islam pour les amener à se convertir (cette conversion devant s’accompagner, ce qui n’était pas neutre d’un point de vue politique, de l’obéissance temporelle à Mahomet). Ainsi Tareq Oubrou écrit : « La tâche de Mahomet était d’exposer la vérité, et non de l’imposer : « Il n’incombe à l’Envoyé que de transmettre (sourate 5, verset 99) ». Ce principe revient onze fois dans le Coran. (…) « Appelle [les hommes] à venir sur le chemin de ton Seigneur par la sagesse et la bonne exhortation (sourate 16, verset 125) ». »

La foi est effectivement une affaire strictement intime et personnelle : on ne peut pas forcer quelqu’un à croire. Mais s’il ne croit pas, alors il encourt le châtiment selon la volonté même de Dieu. Il suffit de lire le Coran pour égrener la liste extrêmement longue de versets consacrés au sort terrible réservé aux mécréants, à l’exhortation au jihad et à la glorification du martyr. Si vous en doutez, vous pouvez vous reporter utilement au « Livret musulman de premier secours », téléchargeable sur ce site (livret-musulman-27-juillet-2016).

  • Mahomet, le Prophète de l’amour ??

La notion d’« amour », entendu au sens chrétien ou bouddhiste (empathie, compassion, etc.), n’existe pas dans le Coran. La notion de « paix » ne s’adresse par ailleurs en réalité qu’aux musulmans qui peuvent vivre entre eux dans la « paix » de l’islam. Ce qui existe, c’est la notion de juste ou d’injuste : est juste celui qui applique les préceptes de l’islam.

Si Tareq Oubrou mène des raisonnements pour le moins contestables, il est encore plus ennuyeux de le voir travestir le sens littéral de certains hadiths à des fins de glorification de Mahomet, comme si Mahomet avait été l’apôtre d’une religion d’amour.

Ainsi, Tareq Oubrou écrit dans son livre : « Mahomet devait surtout porter de l’amour à ceux à qui il s’adressait. On rapporte que, lorsque les polythéistes le frappèrent, tout en essuyant le sang qui coulait sur son visage, il pria son Dieu : « Ô Seigneur, pardonne à mon peuple, car ils ne savent pas (Bukhari n°3477) ». »

Or donnons la version complète de ce hadith authentique de Bukhari dont Tareq Oubrou ne cite que la dernière phrase : « Shaqîq rapporte qu’Abadallâh Ibn Mâsud a dit : « Il me semble encore voir le Prophète racontant qu’un prophète avait été frappé par son peuple. Comme le sang coulait, ce prophète essuya le sang qui coulait sur son visage et dit : « Ô mon Dieu, pardonne à mon peuple parce qu’il ne sait pas. » »

Donc il ne s’agit pas des paroles de Mahomet mais de celles d’un prophète – en l’occurrence Jésus (considéré comme un prophète par l’islam) au moment de sa crucifixion – que Mahomet cite en référence, la version de l’évangile de Luc (23, 33-34) étant : « Lorsqu’ils furent arrivés au lieu appelé Crâne, ils [les Romains] l’y [Jésus] crucifièrent ainsi que les malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche. Et Jésus disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » Puis, se partageant ses vêtements, ils tirèrent au sort. »

En d’autres termes, Tareq Oubrou fait passer les paroles du Christ pour les paroles de Mahomet ! C’est oubrouesque, surtout quand on connaît la vie de Mahomet !

En effet, la principale (si ce n’est la seule – à ma connaissance –) référence à du sang coulant sur le visage de Mahomet correspond à la bataille d’Uhud où les musulmans furent battus et où Mahomet fut à deux doigts de perdre la vie, bataille qui relevait simplement du domaine classique de la guerre entre deux clans tribaux rivaux d’Arabie. En voici le récit figurant dans la biographie (Sîra Ibn Hîcham) de Mahomet, où l’on voit au contraire que les paroles de Mahomet – pleines de reproche – sont précisément inverses à celles du Christ – pleines de miséricorde – :

« Les Quraych ne cessaient de harceler les musulmans à coup de sabre. Ils les délogèrent de leur campement, les poursuivirent et ce fut la défaite. Dans leur fuite, quelqu’un cria : « Muhammad a été tué ! » Les musulmans se retournèrent : l’ennemi les poursuivit et fit parmi eux beaucoup de victimes. Ce fut un jour d’épreuve et de malheur, où Dieu fit à un grand nombre de musulmans l’honneur du martyre. Les Quraych parvinrent enfin à atteindre le Prophète. Ils lui lancèrent des pierres en si grand nombre qu’il tomba sur le côté. Son casque de mailles fut défoncé et les anneaux lui blessèrent la lèvre, lui cassèrent deux dents et lui firent une large entaille sur la joue. Le sang coulait sur son visage. (…) Le premier qui ait reconnu le Prophète après la débâcle et la rumeur de sa mort fut Ka’b ibn Mâlik. Il racontait : j’ai vu ses yeux briller sous son casque de maille et j’ai crié : « À la bonne heure ! Musulmans, voici l’Envoyé de Dieu ! » Il me fit signe de me taire. Les musulmans accoururent, soulevèrent le Prophète et le menèrent vers le flanc d’une colline. Ali lui apporta de l’eau dans son bouclier de cuir. Le Prophète, trouvant à l’eau une mauvaise odeur, refusa d’en boire. Pour enlever le sang qui était sur son visage, le Prophète se versa de l’eau sur la tête en disant : « La colère de Dieu gronde contre ceux qui ont ensanglanté le visage de son Prophète ». » Stupéfiant, non ?

  • Conclusion

Un simple constat, la diversité religieuse du monde, ne vaut aucunement approbation, même passive ! La foi est un acte libre. Dieu (Allah) offre aux hommes le choix libre de l’islam ou de l’égarement : s’ils choisissent de s’égarer en ayant entendu le message de l’islam, ils doivent subir le châtiment dès ici-bas et, si ce n’est pas le cas, Allah s’en occupera dans l’au-delà. La liberté religieuse (ou de conscience), sous la forme du droit de changer de religion sans craindre aucun châtiment ici-bas, n’existe pas en islam.

La vision de l’islam de Tareq Oubrou est une vision molle qui revient finalement à considérer l’islam comme une religion possible parmi d’autres, qui peut être vécue passivement par ses adeptes dans une forme d’insouciance à l’égard de ceux qui apostasient : il est sûr que cette vision est beaucoup plus rassurante pour les occidentaux que l’islam de Mahomet, qui ne s’est guère embarrassé de ce genre de considérations : il suffit de lire sa biographie pour en prendre conscience (razzias, meurtres, guerres, viols, torture,..).

Le danger est donc de croire que l’islam de Tareq Oubrou est représentatif de l’islam en général : ce qu’il n’est absolument pas. C’est juste l’islam de Tareq Oubrou.

Du coup, on comprend beaucoup mieux pour quelles raisons doctrinales profondes, notamment concernant la liberté religieuse, l’État Islamique a condamné à mort Tareq Oubrou, imam apostat qui fait dévier les musulmans du droit chemin montré par Mahomet.

Pourquoi les musulmans doivent tuer les apostats

Frère Rachid est un apostat de l’islam d’origine marocaine, très actif sur internet, dont on peut trouver sur la toile de nombreuses vidéos expliquant ou interrogeant l’islam, généralement tout à fait bien documentées.

Cet échange intéressant avec le cheikh Haitham rappelle la règle simple qui veut que tout apostat de l’islam doit être tué, où qu’il se trouve :

frere-rachid-apostasie

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Ces propos renvoient effectivement au commandement de Mahomet à l’égard des apostats, parfaitement clair et incontesté dans le monde musulman (hadiths « sahih ») :

Hadith (Bukhari) : D’après Ikrima, Ali avait fait brûler des criminels. Ibn Abbas, l’ayant appris, dit : « Si c’eût été moi, je ne les aurais pas brûlés, car le Prophète a dit : « Ne punissez pas avec le châtiment qui appartient à Dieu », mais je les aurais simplement tués conformément à ce précepte du Prophète : « Celui qui change pour une autre la vraie religion [l’islam], qu’on le tue ».

Hadith (an-Nasa’i) : Ibn Anas a dit : Le Messager d’Allah a dit : « Celui change de religion, tuez-le ».

Hadith (at-Tirmidhi) : D’après Ikrimah : Ali brûla quelques personnes qui avaient apostasié l’islam. La nouvelle parvint à Ibn Abbas et il dit : « Si j’avais été toi, je les aurais tués selon le précepte du Messager d’Allah. Le Messager d’Allah a dit : « Quiconque change de religion, tuez-le ». Mais je ne les aurais pas brûlés car le Messager d’Allah a dit : « Ne les punissez pas avec la punition d’Allah ». Ce propos revient à Ali et il dit : « Ibn Abbas a dit la vérité ». » 

Yusuf Qaradawi explique dans le 1er recueil de fatwas du Conseil Européen des fatwas : « La mort de l’apostat vise en fait à protéger la religion et la société de ses méfaits et ne constitue pas un déni de la liberté de conscience vu le tort qu’il fait à autrui en piétinant leurs droits. Les intérêts de l’État et de la société prévalent sur l’intérêt individuel personnel. Cette question est en vérité similaire à ce que les lois modernes qualifient de « haute trahison », à la suite des préjudices qui en découlent pour l’intérêt général. »

Quant à Malek Chebel (Dictionnaire encyclopédique du Coran), il indique jusqu’où peut aller l’apostasie : « L’apostasie est avérée à partir du moment où le philosophe sort de la logique coranique, ou prétend que le Coran est une création humaine, ce qui revient à nier l’existence de Dieu, à être déicide. »

Il est également intéressant de visionner cette séquence du cheikh Haitham al-Haddad (https://en.wikipedia.org/wiki/Haitham_al-Haddad), basé au Royaume-Uni (a priori pas le même que le précédent), qui explique avec une grande clarté la raison tout à fait logique pour laquelle l’apostat doit être tué dans le contexte d’une religion qui est à la fois religion, système social et communautaire, et État. Si son « extrémisme » apparent peut paraître choquant, il est toutefois tout à fait conforme aux textes les plus sacrés de l’islam.