Dénonciation du communautarisme : un franc-parler courageux

Émission diffusée le 30 septembre 2018 sur Sud Radio. Invité : Patrice Quarteron

https://www.youtube.com/watch?v=02uIzHsz9F8

Il vient une question : la LICRA, la Ligue des Droits de l’Homme et toutes les autres associations de lutte contre le racisme et l’intolérance ont-elles porté plainte contre Nick Conrad ? Le délit de racisme anti-blanc existe-t-il à leurs yeux ?

Simone Veil au Panthéon : l’assassinat des enfants à naître consacré parmi les grandes œuvres de l’humanité

  • La condamnation de l’avortement en islam

Selon le Conseil européen des fatwas et de la recherche, organisme chargé de la jurisprudence pour les musulmans vivant en pays de mécréance, l’islam condamne l’avortement même s’il admet le principe de gravité croissante de ce crime en fonction du temps.

En effet, le premier recueil de fatwas (éd. Tawhid, présentation par Yusuf Al-Qaradawi, préface de Tariq Ramadan, pages 126 et 127) de ce Conseil stipule : « L’avortement est illicite au regard de la sharî’a islamique, que ce soit au cours de la première période de grossesse ou après celle-ci, et le degré de gravité du péché évolue en fonction des étapes de la grossesse. Le degré de gravité est moindre au début de la grossesse qu’il ne l’est par la suite, et plus la grossesse est avancée, plus l’interdiction est affirmée. Lorsque la grossesse atteint 120 jours, l’interdiction devient absolue, car cela est assimilé à un meurtre qui nécessite le versement du prix du sang d’un montant de 500 dirhams ou environ 213 g d’or. La seule exception à cette interdiction peut être faite si la grossesse présente un danger pour la vie de la mère (…). »

En tout état de cause, la qualification morale de l’avortement et les règles de rachat du péché en islam sont issues de la loi de Dieu et non de celle d’un homme qui déciderait de la morale à sa guise, ce qui est totalement inacceptable car contrevenant à la toute-puissance de Dieu sur sa création.

Malek Chebel écrit de son côté : « L’avortement (ijhadh) est interdit en islam, mais il y a un consensus au sein de la communauté sur un point : si la vie de la mère est en danger, il faut accepter de sacrifier un fœtus de moins de 120 jours. À partir de 4 mois après la conception, le fœtus est considéré comme un être vivant. Mais, dans la mesure où les théologiens s’appuient sur un verset très complexe (sourate 17, verset 40), voire incompréhensible, l’exégèse moderne, l’herméneutique et, a fortiori, la compréhension exacte de la position du Coran sont encore à construire. Ce verset, le voici : « Votre Seigneur vous a-t-il favorisé en vous donnant des fils et s’est-Il réservé des filles parmi les anges ? Voilà bien des propos extraordinaires. » »

  • L’anéantissement progressif de la morale en Occident

NB : toutes les citations ci-dessous sont tirées du Journal Officiel de la République française.

La société occidentale a injecté le virus du confort pour tuer la morale. Le ver est dans le fruit : ce qui relève de l’idée d’une morale extérieure à la toute-puissance de l’individu, qui s’impose donc inconfortablement à l’homme, est rongé petit à petit, l’idée d’un autre ou d’un « tout » supérieur à l’homme – défendue par les grandes religions et spiritualités – étant de plus en plus méprisée ou ridiculisée.

Une des étapes emblématiques de cette vague en France a certainement été la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse qui a rendu le meurtre légal dans certaines conditions, faisant de Simone Veil une redoutable compétitrice en matière d’assassinats de masse (mais silencieux cette fois) à côté de Hitler, Staline ou d’autres. Ce propos choque les âmes sensibles ? Mais n’est-il pas choquant que, depuis des années, plus de 200.000 enfants à naître soient liquidés chaque année en France par l’I.V.G., soit 2 millions tous les 10 ans !

Bien entendu, l’intention du législateur en 1974 n’avait rien à voir avec les sanglants dictateurs du XXème siècle, mais cette « solution » au problème soulevé par la simple maîtrise de la sexualité était-elle si différente dans ses conséquences finales une fois que la mort a fait son œuvre et que des vies ont été anéanties ? Ce n’est pas parce que le procédé mortel est silencieux qu’il en devient respectable. L’enfer peut être pavé des plus louables intentions.

Or, contrairement à ce que beaucoup d’ultras de la laïcité veulent faire accroire, la question de l’avortement n’est pas une question soulevée par des religions ringardes et dépassées. Oublions un temps la religion car il s’agit en tout premier lieu d’une question de conception de la morale qui dépasse toute théorisation religieuse du rapport de l’homme au monde.

La loi s’est en réalité parée des oripeaux de l’« humanité » pour déculpabiliser  des individus obnubilés par la chimère du bien-être, alors même qu’un enfant non désiré pouvait toujours être laissé aux soins de l’Assistance Publique. Il est ainsi atroce que Simone Veil ait pu déclarer : « Il me paraîtrait non seulement irréaliste mais inhumain de résoudre le problème de l’avortement en proposant aux femmes de mener leur grossesse à terme pour abandonner ensuite leur enfant à une autre femme. (….) Il serait impossible d’avancer une telle suggestion à une mère de famille ou même à certaines jeunes femmes car elles seraient dans l’incapacité totale de l’appliquer. »

Donc, pour résumé, plutôt tuer l’enfant à naître que de mettre chacun devant ses responsabilités et de laisser vivre un enfant dont la conception n’a pour autant été aucunement le fruit du hasard ; car, sauf preuve du contraire, les enfants n’arrivent pas portés par les cigognes.

Quant à l’argument du corps de la femme, il est moralement absurde comme le rappelait Emmanuel Hamel : « Il n’y a pas de différence absolue entre le fœtus parce qu’il est interne et le nouveau-né parce qu’il est externe ». Il est vrai également que passer par définition du stade d’innocent à celui d’assassin à un jour près permet d’atteindre les sommets de l’absurdité morale et juridique.

En réalité, les contradictions innées de la loi sur l’I.V.G. étaient clairement pointées dans le texte du projet de loi soumis à l’Assemblée Nationale : « On ne peut espérer que toutes les femmes décidées à interrompre leur grossesse renonceront à leur projet parce qu’elles auront été ainsi [au cours du délai de réflexion obligatoire de sept jours] éclairées. (…) Il n’est toutefois pas proposé d’admettre l’avortement parmi les actes médicaux remboursés par la Sécurité sociale, sauf, comme dès à présent, le cas d’avortement thérapeutique ».

Article L. L 162-1 : « La femme enceinte que son état place dans une situation de détresse peut demander à un médecin l’interruption de sa grossesse, laquelle ne peut être pratiquée qu’avant la dixième semaine de cette grossesse. En aucun cas l’interruption volontaire de la grossesse ne doit constituer un moyen de régulation des naissances. »

Simone Veil : « L’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue. » Or l’idée même de loi d’exception était moralement absurde et mensongère, et Simone Veil le savait parfaitement. Est donc arrivé ce qui était écrit : l’exceptionnel est évidemment devenu la norme.

Simone Veil a en réalité procédé à la déculpabilisation légale des parents meurtriers, étant pleinement consciente du caractère monstrueux d’une telle mesure dont elle savait pertinemment que sa généralisation était inévitable en dépit de ses remords : « J’ai insisté à plusieurs reprises sur le caractère dissuasif du projet. Je sais que je n’ai pas convaincu certains d’entre vous, mais je suis persuadée que la consultation que nous prévoyons [avant confirmation de la décision d’avorter] est essentielle. (…) Peut-être ne parviendra-t-on pas toujours à dissuader les femmes de recourir à l’avortement, mais du moins leur offrira-t-on un réconfort qui fera que l’entretien n’aura pas été inutile»

« Offrir un réconfort » : une délicate attention destinée à excuser le meurtre.

Pierre Joxe avait fait preuve à l’époque de plus d’honnêteté et n’avait pas hésité à faire tomber les masques en souhaitant dès le départ l’élargissement désastreux mais inévitable des conditions d’application de cette loi : « Il est évident qu’un jour, dans quelques mois, dans quelques années peut-être, l’avortement sera non seulement libre mais remboursé par la Sécurité sociale. Personne n’en doute. » Il allait d’ailleurs pour lui de soi qu’il ne fallait en aucun cas insister sur l’aspect moral épouvantable de cet acte en exigeant une demande écrite, comme il le rappelait lui-même à l’Assemblée : « L’amendement qu’a retenu la commission supprime la procédure de la demande écrite. Cette formalité est une contrainte que rien ne justifie. En effet, elle oblige à formuler quelque chose qui est évidemment douloureux, difficile à dire et encore plus à écrire. »

Mais si la loi ne réprimait plus cet acte, pourquoi donc restait-il si douloureux ? Le problème moral que l’on voulait ignorer ne pouvait pas disparaître et il fut donc nécessaire de prévoir la liberté de conscience pour les médecins refusant de pratiquer l’avortement. D’ailleurs, puisque la loi prétend avoir réglé le problème moral, les mères de famille qui ont avorté devraient n’éprouver aucune difficulté à en parler avec leurs autres enfants qui ont échappé à ce sort funeste. Le couperet n’est pas passé loin : une question de chance finalement pour les enfants survivants.

Il est assez cocasse de noter que l’abolition de la peine de mort pour les criminels a été votée en France quelques années après seulement la légalisation de la mise à mort des enfants à naître. Magnifique prouesse de la raison humaine ! Et ce d’autant plus que la loi a poursuivi son travail mortifère en autorisant l’infanticide thérapeutique permettant l’élimination des fœtus a priori malformés, 1er stade de l’eugénisme annoncé par la loi en dépit des dénégations de Simone Veil : « Pour certains, nous ouvrons la voie, avec l’avortement, à l’euthanasie et à l’eugénisme (…) ».

L’enfant ayant ainsi perdu son statut absolu de personne morale autonome et étant devenu un objet de production et un « droit », il est aujourd’hui impossible de résister à la vague de l’eugénisme, de la procréation médicalement assistée et de la gestation pour autrui réclamées notamment à tue-tête par tous les couples issus de la théorie du genre. Ce n’est qu’une question de temps. Tous les avis des « comités d’éthique » qui postulent au concours de la sagesse universelle ne sont que les pitoyables pantomimes d’une morale en putréfaction.

  • Une société occidentale sans morale peut-elle séduire les musulmans ?

L’islam ne peut donc guère être incité à respecter une société qui a ainsi décidé de s’autodétruire et qui se reconnaît de plus en plus dans la multiplication des « genres » dont la fierté est l’expression ultime de l’abîme identitaire. C’est au contraire le dégoût qu’elle inspire qui marque plus sûrement les esprits religieux imprégnés par la recherche du sens de la vie et qui acceptent la dimension transcendantale de l’univers, irréductible à la volonté humaine.

L’extension inévitable de cet effondrement moral généralisé facilite grandement l’exploitation par les fondamentalistes de l’écœurement qui saisit tout musulman à la vue de la contestation par l’homme de l’ordre divin, comportement opposé à celui de la soumission exigée par le Coran.

Cet effondrement s’exprime d’ailleurs de façon plus générale dans la vague actuelle de rejet de l’autorité qui caractérise notre société : Zones À Défendre totalement illégales et qui se parent des vertus du jaillissement utopiste nés dans les cerveaux indifférenciés de toutes les « Camille » ; exercice de l’autorité légitime de l’État démocratique contre l’illégalité qualifié de « violence d’État » par les anarchistes libertaires ; agressions devenues banales bien qu’extrêmement violentes avec tentatives de meurtre contre les forces de l’ordre et faisant l’objet d’une grande clémence judiciaire par comparaison avec les poursuites engagées contre les groupes qui défendent, sans violence physique, la notion d’identité et de souveraineté nationale ; refus de la « sélection » à l’université et occupation avec dégradations massives des locaux universitaires ; etc.

Bref, il est probable que le général de Gaulle aurait trouvé que toute cette chienlit  donne la nausée. On en finirait presque par désirer l’arrivée de la chari’a.

Tribune des imams dans Le Monde : l’islam de France est entré dans sa période surréaliste

Une trentaine d’imams a publié une tribune dans le journal Le Monde le 24 avril 2018, deux jours après le « manifeste contre le nouvel antisémitisme » publié dans le journal Le Parisien le 22 avril 2018 et signé par trois cents personnalités.

Les imams y dénoncent l’antisémitisme et le terrorisme présents en France dans des termes qu’il est intéressant d’analyser. En voici quelques extraits assez étonnants, voire sidérants.

  • « Si nous avons décidé de prendre la parole, c’est parce que la situation, pour nous, devient de plus en plus intenable ; et parce que tout silence de notre part serait désormais complice et donc coupable, même s’il ne s’agissait jusqu’à présent que d’un mutisme de sidération. »

Les imams, sans doute bouche bée par ce « mutisme de sidération », se rendent compte que le silence ne doit plus être de mise : constatation bien tardive alors que l’islam est revendiqué ouvertement par de nombreux terroristes depuis des années comme le moteur de leurs actions (dans le monde entier).

  • « Une situation cancéreuse à laquelle certains imams malheureusement ont contribué, souvent inconsciemment. Le courage nous oblige à le reconnaître. »

Oui, effectivement, les imams qui veulent suivre l’orthodoxie de l’islam de Mahomet ont répandu le vrai islam en France et en particulier favorisé le développement du fondamentalisme, et de façon tout à fait consciente contrairement à ce que ce texte affirme (avec l’appui de courants ou de pays bien identifiés). Il aurait été beaucoup plus courageux de le reconnaître de façon spontanée il y a déjà des années plutôt que forcés et contraints aujourd’hui dans le contexte d’un dévoilement de plus en plus évident de la nature de la doctrine musulmane et de son rapport à la violence.

  • « Depuis plus de deux décennies, des lectures et des pratiques subversives de l’islam sévissent dans la communauté musulmane, générant une anarchie religieuse, gangrenant toute la société. » « Nous sommes touchés aussi en tant que musulmans, comme le reste de nos coreligionnaires, musulmans paisibles, qui souffrent de la confiscation de leur religion par des criminels. »

C’est la grande et stupéfiante théorie de l’islam confisqué par des fous : on ne comprend pas bien alors pourquoi il n’existe toujours pas, après tant d’années, un corpus de textes expurgé de tous ceux qui posent problème et qui ne seraient plus d’actualité. On voudrait pouvoir comprendre ce propos assez confus à l’aide d’exemples précis illustrant comment s’opère cette confiscation : les imams, ici ou ailleurs, n’en donnent malheureusement pas.

  • « Citoyens aussi, nous voulons proposer notre expertise théologique aux différents acteurs qui sont confrontés aux phénomènes de la radicalisation dans les prisons, dans les établissements publics, fermés et ouverts, afin de répondre à des aberrations religieuses par un éclairage théologique lorsque les arguments avancés par ces jeunes sont d’ordre religieux. Une expertise que seuls les imams peuvent apporter. » « Nous appelons les imams éclairés à s’investir et à s’engager dans le virtuel et prodiguer un contre-discours qui prévient toutes pratiques de rupture et toutes formes d’extrémisme pouvant directement ou indirectement conduire au terrorisme. »

Cet engagement a déjà été pris il y a deux ans vis-à-vis du gouvernement français. Il n’en est rien sorti et il ne peut rien en sortir puisque les textes qui posent problème sont authentiques, incontestés en islam et tout à fait clairs.

  • « Cette radicalité ou radicalisation doit être combattue intelligemment par tous les concernés, des politiques aux imams en passant par la famille, l’école, le sécuritaire… Que chacun assume sa part de responsabilité. Les imams seuls ne peuvent donner la solution. Ils sont confrontés à de nouvelles formes de religiosité que leur formation religieuse théologique n’a pas prévues. »

Le texte atteint ici un sommet dans le pathétique irresponsable et la sidération. Mais alors, si les imams de l’islam dit « modéré » n’ont pas les outils suffisants pour déconstruire cette prétendue manipulation des esprits, alors qui ? Ils auraient été mal formés et appellent maintenant « au secours » : c’est vraiment trop bête…

  • « Notre indignation est aussi religieuse en tant qu’imams et théologiens qui voyons l’islam tomber dans les mains d’une jeunesse ignorante, perturbée et désœuvrée. » «Cette idée qui voudrait que l’islam soit génétiquement opposé à l’Occident et qu’il est invinciblement incompatible avec les valeurs de la République est précisément celle qui fait des ravages chez toute une jeunesse ignare, sans culture religieuse. » « Ce mélange des genres augmente la frustration d’une jeunesse exclue et qui se sent victime d’une promesse d’égalité non tenue. »

La méconnaissance des textes sacrés de l’islam par les musulmans est répandue en France ; il est facile de le constater. Le diagnostic des imams est encore pire et sans détour vis-à-vis de la jeunesse musulmane, sensible au charme du fondamentalisme, et qui serait aussi responsable de sa propre chute. Après l’argument incompréhensible d’une religion confisquée, c’est l’argument de la sottise des musulmans ou de la culpabilisation de la société française à l’égard d’une prétendue promesse non tenue.

Tout cela permet d’éviter la seule question qui fâche : le message du fondamentalisme séduit-il une jeunesse, certes en manque de repères, sur la base d’un discours s’appuyant sur une réalité doctrinale réelle ou inventée ? La question n’est pas posée.

  • « Nous appelons à bien écouter et entendre la mise en garde du Prophète qui dit que : « Le musulman qui porte atteinte à la vie d’une personne innocente vivant en paix avec les musulmans ne sentira jamais le parfum du Paradis. » Cette sentence sans appel dissuade et prévient sans équivoque celui qui penserait à ôter la vie d’autrui, que ce n’est pas un Paradis et des Houris qui l’attendraient mais un Enfer et ses tourments. » « Certains n’hésitent plus à avancer en public et dans les médias que c’est le Coran lui-même qui appelle au meurtre. Cette idée funeste est d’une violence inouïe. »

La liste des textes sacrés musulmans qui appellent à la haine, à l’humiliation, au meurtre des mécréants, au jihad, au martyr au combat, est, elle, sans appel (se reporter au « Livret musulman de premier secours » téléchargeable sur ce site : http://islametoccident.fr/?page_id=1786 ). Ce sont plutôt le mensonge et l’occultation de nombreux textes qui sont inouïs.

Oui, la paix existe (en principe) entre les musulmans, mais entre les musulmans et les mécréants, c’est une toute autre histoire. Mahomet lui-même a massacré plusieurs centaines de prisonniers juifs à Médine, fait assassiner des opposants, mener une guerre offensive sans merci à ses adversaires, vendu enfants et femmes capturés sur les marchés,…

  • « Le vrai sacrifice est de se donner pour les autres, comme l’a fait notre héros national, le colonel Arnaud Beltrame. »

La « récupération » de la figure du colonel Beltrame dont les fortes convictions chrétiennes sont en rapport avec l’engagement qui lui a coûté la vie est abject.

  • « Certains y ont déjà vu une occasion attendue pour incriminer toute une religion. Elle laisserait entendre que le musulman ne peut être pacifique que s’il s’éloigne de sa religion : un musulman positif, totalement sécularisé. Bref, un musulman sans islam. Le vrai musulman, le bon, ne peut être véritablement qu’un mauvais musulman et un citoyen potentiellement dangereux. »

La question fondamentale qui est posée est celle du rapport d’un croyant à sa religion ou à son idéologie et sa lucidité à son égard. L’islam, d’autres religions à certaines époques et d’autres idéologies comme le communisme (l’« islam du vingtième siècle » pour Jules Monnerot), le nazisme, le fascisme, n’ont-ils pas abusé, et jusqu’à quel point, de la crédulité humaine pour poursuivre des buts parfois odieux ou abominables ? Quel est, chez son partisan, le niveau de connaissance éclairée de la doctrine de l’idéologie à laquelle il adhère ? Jusqu’où va sa responsabilité ?

Manifeste « contre le nouvel antisémitisme » : un texte nécessitant une mise au point

Plus de 250 « personnalités » ont signé une tribune publiée dans Le Parisien le 21 avril 2018 en réaction à un antisémitisme d’origine musulmane croissant mais qui est resté longtemps tabou en France.

  • Le texte

Manifeste « contre le nouvel antisémitisme »

« Cette terreur se répand »

« L’antisémitisme n’est pas l’affaire des Juifs, c’est l’affaire de tous. Les Français, dont on a mesuré la maturité démocratique après chaque attentat islamiste, vivent un paradoxe tragique. Leur pays est devenu le théâtre d’un antisémitisme meurtrier. Cette terreur se répand, provoquant à la fois la condamnation populaire et un silence médiatique que la récente marche blanche a contribué à rompre. Lorsqu’un Premier ministre à la tribune de l’Assemblée nationale déclare, sous les applaudissements de tout le pays, que « la France sans les Juifs, ce n’est plus la France », il ne s’agit pas d’une belle phrase consolatrice mais d’un avertissement solennel : notre histoire européenne, et singulièrement française, pour des raisons géographiques, religieuses, philosophiques, juridiques, est profondément liée à des cultures diverses parmi lesquelles la pensée juive est déterminante. Dans notre histoire récente, onze Juifs viennent d’être assassinés – et certains torturés – parce que Juifs, par des islamistes radicaux.

« Une épuration ethnique à bas bruit »

Pourtant, la dénonciation de l’islamophobie – qui n’est pas le racisme anti-Arabe à combattre – dissimule les chiffres du ministère de l’Intérieur : les Français juifs ont 25 fois plus de risques d’être agressés que leurs concitoyens musulmans. 10 % des citoyens juifs d’Ile-de-France – c’est-à-dire environ 50 000 personnes – ont récemment été contraints de déménager parce qu’ils n’étaient plus en sécurité dans certaines cités et parce que leurs enfants ne pouvaient plus fréquenter l’école de la République. Il s’agit d’une épuration ethnique à bas bruit au pays d’Émile Zola et de Clemenceau.

Pourquoi ce silence ? Parce que la radicalisation islamiste – et l’antisémitisme qu’il véhicule – est considérée exclusivement par une partie des élites françaises comme l’expression d’une révolte sociale, alors que le même phénomène s’observe dans des sociétés aussi différentes que le Danemark, l’Afghanistan, le Mali ou l’Allemagne… Parce qu’au vieil antisémitisme de l’extrême droite, s’ajoute l’antisémitisme d’une partie de la gauche radicale qui a trouvé dans l’antisionisme l’alibi pour transformer les bourreaux des Juifs en victimes de la société. Parce que la bassesse électorale calcule que le vote musulman est dix fois supérieur au vote juif.

« Nous attendons de l’islam de France qu’il ouvre la voie »

Or à la marche blanche pour Mireille Knoll, il y avait des imams conscients que l’antisémitisme musulman est la plus grande menace qui pèse sur l’islam du XXIème siècle et sur le monde de paix et de liberté dans lequel ils ont choisi de vivre. Ils sont, pour la plupart, sous protection policière, ce qui en dit long sur la terreur que font régner les islamistes sur les musulmans de France. En conséquence, nous demandons que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés d’obsolescence par les autorités théologiques, comme le furent les incohérences de la Bible et l’antisémite catholique aboli par Vatican II, afin qu’aucun croyant ne puisse s’appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime.

Nous attendons de l’islam de France qu’il ouvre la voie. Nous demandons que la lutte contre cette faillite démocratique qu’est l’antisémitisme devienne cause nationale avant qu’il ne soit trop tard. Avant que la France ne soit plus la France. »

  • Un débat enfin posé mais qui ne doit pas faire oublier l’essentiel

Malheureusement, si l’antisémitisme musulman gagne incontestablement du terrain en France, ce texte commet une erreur importante en laissant supposer une certaine nouveauté liée à ce qui constituerait une dérive récente de la compréhension des textes sacrés de l’islam : or l’antisémitisme contenu dans la doctrine même de l’islam n’est pas du tout un phénomène nouveau mais au contraire un phénomène tout à fait ancien qui remonte à Mahomet lui-même. Les textes sacrés musulmans (Coran, Hadiths et biographie de Mahomet) sont clairs sur le sujet, Mahomet ayant lui-même chassé puis exterminé les juifs de Médine (sans compter les nombreuses paroles haineuses contenues dans le Coran). Les personnes intéressées par une vue assez complète de ces textes peuvent se reporter au « Livret musulman de premier secours » téléchargeable sur ce site ( http://islametoccident.fr/?page_id=1786 ).

Ensuite, les textes incriminés qu’il faudrait remettre en cause sont aussi bien les versets du Coran que les hadiths et la biographie de Mahomet : or c’est impossible car l’islam s’effondrerait alors. Contrairement à ce qui est dit par beaucoup, l’islam est d’une grande cohérence dans ses textes : les contradictions apparentes ne sont liées qu’à l’opportunisme politique de Mahomet (et donc à ses changements d’avis), qui a instrumentalisé une religion pour en faire une idéologie politique de conquête du pouvoir (ce qui n’empêche pas d’ailleurs qu’il ait cru avoir un dialogue avec Dieu). Expurger les textes de l’islam : un vœu pieux, car il n’en resterait à la fin plus rien.

Il est probable néanmoins que nombre de signataires de ce texte soient conscients de l’impossibilité congénitale de l’islam de se réformer, comme on le constate depuis plus de mille ans. Ce texte est donc sans doute le premier coup de boutoir sérieux contre l’islam puisqu’il s’attaque (enfin !), non pas aux musulmans, mais à la doctrine de l’islam, et en cela ouvre un débat indispensable qui dépasse de loin les seules frontières françaises. La boîte de Pandore vient peut-être de s’ouvrir.

  • PS : La liste des signataires 

Eliette ABECASSIS ; Richard ABITBOL ; Ruth ABOULKHEIR ; André ABOULKHEIR ; Laure ADLER ; Paul AIDANE ; Nader ALAMI ; Waleed AL-HUSSEINI ; Mohamed ALI KACIM ; Michèle ANAHORY ; François ARDEVEN ; Pierre ARDITI ; Janine ATLOUNIAN ; Muriel ATTAL ; Charles AZNAVOUR ; Elisabeth BADINTER ; Patrick BANTMAN ; Laurence BANTMAN ; Adrien BARROT ; Stephane BARSACQ ; Maurice BARTELEMY ; Stéphane BEAUDET ; Patrick BEAUDOUIN ; Annette BECKER ; Florence BEN SADOUN ; Georges BENSOUSSAN ; Gérard BENSUSSAN ; Alain BENTOLILA ; André BERCOFF ; Aurore BERGE ; François BERLEAND ; Françoise BERNARD ; Florence BERTHOUD ; Naem BESTANDJI ; Muriel BEYER ; Jean BIRENBAUM ; Claude BIRMAN ; Joelle BLUMBERG ; Marion BLUMEN ; Lise BOËLL ; Jeannette BOUGRAB ; Céline BOULAY-ESPERONNIER ; Michel BOULEAU ; Laurent BOUVET ; Lise BOUVET ; Fatiha BOYER ; Anne BRANDY ; Caroline BRAY-GOYON ; Zabou BREITMAN ; Claire BRIERE-BLANCHET ; Jean-Paul BRIGHELLI ; Pascal BRUCKNER ; Laura BRUHL ; Daniel BRUN ; Carla BRUNI ; François CAHEN ; Séverine CAMUS ; Jean-Claude CASANOVA ; Bernard CAZENEUVE ; Hassen CHALGHOUMI ; Catherine CHALIER ; Elsa CHAUDUN ; Evelyne CHAUVET ; Ilana CICUREL ; Eric CIOTTI ; Gilles CLAVREUL ; Brigitte-Fanny COHEN ; Marc COHEN ; Jonathan COHEN ; Danielle COHEN-LEVINAS ; Antoine COMPAGNON ; Jacqueline COSTA-LASCOUX ; Brice COUTURIER ; Fabrice D’ALMEIDA ; Eliane DAGANE ; Gérard DARMON ; Marielle DAVID ; William DE CARVALHO ; Elisabeth DE FONTENAY ; Xavier DE GAULLE ; Bernard DE LA VILLARDIERE ; Bertrand DELANOË ; Richard DELL’AGNOLA ; Chantal DELSOL ; Gérard DEPARDIEU ; Guillaume DERVIEUX ; Patrick DESBOIS PERE ; Alexandre DEVECCHIO ; Bouna DIAKHABY ; Marie-Laure DIMON ; Joseph DORE MGR ; Daniel DRAÏ ; Michel DRUCKER ; Richard DUCOUSSET ; Stéphane DUGOWSON ; Martine DUGOWSON ; Frédéric DUMOULIN ; David DUQUESNE ; Frédéric ENCEL ; Raphaël ENTHOVEN ; Francis ESMENARD ; Christian ESTROSI ; Elise FAGJELES ; Roger FAJNZYLBERG ; Luc FERRY ; Alain FINKIELKRAUT ; Pascal FIORETTO ; Marc-Olivier FOGIEL ; Renée FREGOSI ; Michel GAD WOLKOWICZ ; Aliou GASSAMAL ; Lucile GELLMAN ; Jasmine GETZ ; Sammy GHOZLAN ; Jean GLAVANY ; Bernard GOLSE ; Roland GORI ; Marine GOZLAN ; Olivia GREGOIRE ; Mohamed GUERROUMI ; Ghislaine GUERRY ; Olivier GUEZ ; Lydia GUIROUS ; Talila GUTEVILLE ; Patrick GUYOMARD ; Noémie HALIOUA ; Françoise HARDY ; Frédéric HAZIZA ; Jean-Luc HEES ; Serge HEFEZ ; François HEILBRONN ; Marie IBN ARABI-BLONDEL ; Aliza JOBES ; Arthur JOFFE ; Michel JONASZ ; Christine JORDIS ; Dany JUCAUD ; Liliane KANDEL KARIM ; David KHAYAT ; Catherine KINTZLER ; Alain KLEINMANN ; Marc KNOBEL ; Haïm KORSIA ; Julia KRISTEVA ; Rivon KRYGIER ; Estelle KULICH ; Philippe LABRO ; Alexandra LAIGNEL-LAVASTINE ; Lilianne LAMANTOWICZ ; Jack LANG ; Joseph LAROCHE ; Damien LE GUAY ; Daniel LECONTE ; Barbara LEFEBVRE ; Yoann LEMAIRE ; Pierre LESCURE ; Bernard-Henri LEVY ; Maurice LEVY ; Stéphane LEVY ; Michèle LEVY-SOUSSAN ; Marceline LORIDAN-IVENS ; Christine LOTERMAN ; Patrick LOTERMAN ; Enrico MACIAS ; Richard MALKA ; Wladi MAMANE ; Yves MAMOU ; Juliette MEADEL ; Sylvie MEHAUDEL ; Yael MELLUL ; Françoise-Anne MENAGER ; Daniel MESGUICH ; Richard METZ ; Habib MEYER ; Radu MIHAILEANU ; Yann MOIX ; Antoine MOLLERON ; Thibault MOREAU ; Jean-Jacques MOSCOVITZ ; Slim MOUSSA ; Laurent MUNNICH ; Lionel NACCACHE ; Marc NACHT ; Aldo NAOURI ; Xavier NIEL ; Sophie NIZARD ; Anne-Sophie NOGARET ; Karina OBADIA ; Jean-Pierre OBIN ; Edith OCHS ; Christine ORBAN ; Olivier ORBAN ; Marc-Alain OUAKNIN ; Yann PADOVA ; Brigitte PASZT ; Dominique PERBEN ; André PERRIN ; Serge PERROT ; Laurence PICARD ; Céline PINA ; François PINAULT ; Jean-Robert PITTE ; Nidra POLLER ; Richard PRASQUIER ; Michael PRAZAN ; Nadège PULJAK ; Jean-François RABAIN ; Marianne RABAIN-LEBOVICI ; Ruben RABINOVITCH ; Jean-Pierre RAFFARIN ; Christiane RANCE ; Jean-Jacques RASSIAL ; Renaud RENAUD ; Jean-Louis REPELSKI ; Solange REPLESKI ; Ivan RIOUFOL ; Jacob ROGOZINSKI ; Olivier ROLIN ; Marie-Helène ROUTISSEAU ; Catherine ROZENBERG ; Philippe RUSZNIEWSKI ; Boualem SANSAL ; Georges-Elia SARFAT ; Nicolas SARKOZY ; Josiane SBERRO ; Jean-Paul SCARPITTA ; Eric-Emmanuel SCHMITT ; Dominique SCHNAPPER ; André SENIK ; Joann SFAR adim SHER ; Stéphane SIMON ; Patricia SITRUK ; Jean-François SOLAL ; Paule STEINER ; Jean-Benjamin STORA ; Francis SZPINER ; Anne SZULMAJSTER ; Pierre-André TAGUIEFF ; Maud TANACHNIK ; Jacques TARNERO ; Michel TAUBER ; Daniel TECHNIO ; Julien TROKINER ; Cosimo TRONO ; Monette VACQUIN ; Henri VACQUIN ; Philippe VAL ; Caroline VALENTIN ; Manuel VALLS ; Sibyle VEIL ; Jacques VENDROUX ; Natacha VITRAT ; Sabrina VOLCOT-FREEMAN ; Régine WAINTRATER ; Laurent WAUQUIEZ ; Aude WEILL-RAYNAL ; Simone WIENER ; Annette WIEVIORKA ; Jean-Pierre WINTER ; Jacques WROBEL ; André ZAGURY ; Alain ZAKSAS ; Paul ZAWADZKIv Marc ZERBIB ; Céline ZINS ; Jean-Claude ZYLBERSTEIN.

Comment être musulman aujourd’hui ?

L’émission de France 2 « Islam » du 1er avril 2018 était consacrée au thème « comment être musulman aujourd’hui ? ». L’islam étant la seule religion à alimenter régulièrement le terrorisme religieux dans le monde entier depuis de nombreuses années, il est logique que cette situation finisse par susciter quelques interrogations chez tous les non-musulmans quant à la nature de l’islam et aux messages inconsistants que les médias délivrent à ce propos. Mais ce débat s’impose aussi chez les musulmans comme en témoignent les intervenants de cette émission.

  • La tentation du salafisme

Face aujourd’hui à une multitude d’interprétations fournies par toutes sortes d’imams, les musulmans semblent perdus lorsqu’il s’agit de définir l’essence de leur religion et certains tentent de se raccrocher à un islam qu’ils pensent être le seul stable et véritable : l’islam de Mahomet et de ses Compagnons et autres pieux anciens appelés « salafs ».

France 2 Islam 180401 Etre musulman 1 Extrait 3

« Chez un certain nombre de musulmans aujourd’hui – et disons cela a été très marqué durant le XXème siècle – il y a eu la volonté de revenir à l’exemple des pieux anciens, ce qu’on appelle donc les « salafs », et peut-être même parfois à idéaliser cette époque (…). »

Le salafisme semble donc bien être une des illustrations du désarroi qui règne aujourd’hui chez les musulmans quant au sens qu’ils donnent à leur propre religion.

  • Un passé idéalisé

Comme le souligne l’intervenant, ce passé peut être idéalisé, et l’est en réalité en permanence si on le compare à la réalité de l’histoire musulmane telle que les sources musulmanes elles-mêmes la décrivent. En effet, Mahomet a été incapable de proposer une doctrine cohérente et de haute tenue spirituelle à ses partisans (d’où notamment le principe stupéfiant et aberrant de l’abrogation, innovation majeure permettant de modifier la doctrine de l’islam au gré des vicissitudes de l’histoire de Mahomet), et n’a pas été en mesure d’avoir un successeur en dépit d’une sexualité qu’on qualifierait aujourd’hui d’obsessionnelle (ayant eu jusqu’à neuf femmes en même temps). Le monde musulman s’est ainsi trouvé à sa mort dans un grand désarroi qui a conduit très rapidement à ce qui est appelé la première grande « fitna » ou grande « discorde » entre les musulmans,

France 2 Islam 180401 Etre musulman 1 Extrait 2

« Il y a eu de grandes épreuves au sein du monde musulman : on pense en particulier à la première fitna, la première grande guerre civile, où il n’était pas du tout clair de savoir qui était vraiment dans la direction droite et qui était dans l’erreur. »

Ce capharnaüm ainsi que la mort violente de 3 des quatre premiers califes ne laissent pas d’étonner pour une religion dite d’amour et de paix et revendiquant détenir toute la sagesse jusqu’à la fin des temps dans un Coran « parfaitement clair et explicite ».

  • Un état des lieux inquiétant

Dans un tel contexte, il est logique que la question du sens de l’islam se pose encore aujourd’hui aux musulmans eux-mêmes, en dehors de la seule chose qui paraisse claire : les valeurs de l’islam étant incompatibles avec les principes des sociétés sécularisées, toute cohabitation dans une société sécularisée impose un abandon contre nature de certaines valeurs et pratiques de l’islam (polygamie, statut des femmes, laïcité, etc.) qui révulse l’islam orthodoxe et qui rend cet « essai de conciliation » – selon le terme du reportage – particulièrement pénible et douloureux.

France 2 Islam 180401 Etre musulman 1 Extrait 1

« Beaucoup de croyants, en particulier ceux des communautés vivant dans des pays non musulmans, essaient de concilier la pratique de leur foi avec les lois et les règles qui régissent les sociétés sécularisées. »

Toutefois, le déni qui entoure souvent cette question pourtant fondamentale aboutit à des réflexions surprenantes : ainsi, comme évoqué dans l’émission, comment l’islam pourrait-il être l’otage de sa propre idéologie puisque les idéologues et les doctrinaires s’appuient précisément sur les textes sacrés de l’islam, en usant de la lecture la plus simple qui soit, la lecture littérale ? Pourquoi, alors que sens premier des textes est tout à fait clair, faudrait-il inventer des interprétations saugrenues qui lui fassent dire finalement le contraire de ce que tout le monde comprend ? Voyage en absurdie…

L’islam des banlieues : le vrai islam qui laisse l’islam « modéré » désemparé

  • Un témoignage de vérité

À l’occasion d’une conférence organisée à l’Institut du Monde Arabe sur le mot « islam » en septembre 2016, une femme musulmane prit la parole pour faire part de son inquiétude face à la montée du fanatisme musulman dans les banlieues françaises comme Sevran.

On sait qu’une certaine coterie intellectuelle française se refuse toujours à reconnaître la réalité de cette situation dans les « territoires perdus de la République ». Il est donc intéressant d’écouter ce témoignage qu’on ne peut pas décrédibiliser par l’accusation diffamatoire d’extrême-droitisme ou d’« idenditarisme ».

Mais il est encore plus intéressant de prendre conscience du désarroi complet du conférencier Ghaleb Bencheikh (présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » du dimanche matin) face à cette situation, qu’on peut synthétiser en deux phrases, un constat d’impuissance et un vœu pieux :

« Sincèrement, je ne sais pas comment on fait cette affaire de ra-déradicalisation. Est-ce qu’on leur ouvre leur cerveau et on met autre chose à la place ? Je ne sais pas. »

« Il est de notre responsabilité collective de faire en sorte que nous sortions de l’ornière. »

Amis IMA Islam 160905 Banlieues

  • Conclusion

Le fanatisme musulman semble donc avoir encore de beaux jours devant lui puisque les musulmans eux-mêmes, lorsqu’ils n’y sont pas favorables, ne semblent pas savoir quoi dire ni faire…

Malek Chebel, penseur musulman disparu : un hommage à contre-cœur ?

  • L’hommage à Malek Chebel

Ghaleb Bencheikh, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2, a présenté en novembre 2017 deux émissions rendant hommage aux penseurs musulmans récemment disparus, parmi lesquels Malek Chebel, mort le 12 novembre 2016. Cet hommage télévisuel, d’une quinzaine de minutes, a insisté sur le caractère pacifique et ouvert de cette personnalité, et sur son désir de voir l’islam devenir un « islam des lumières ».  En voici un extrait :

France 2 Islam 171118 Figures 1 Malek Chebel

  • Une position bien différente un an avant

L’ennui est que Ghaleb Bencheikh faisait preuve un an auparavant de beaucoup moins d’enthousiasme, voire d’un certain mépris, pour Malek Chebel à l’occasion d’une conférence sur le thème de la « fatwa » :

Amis IMA Fatwa 161128 Malek Chebel

« Ça fait rappeler le titre d’un ouvrage : « 27 propositions pour réformer l’islam ». Et pourquoi pas 26, et pourquoi pas 28 ? Mais je ne dirais pas de qui parce qu’il y a un aphorisme du Prophète qui dit : « Ne parlez de vos défunts qu’en bien ». [large sourire joyeux et satisfait…] Donc, du coup, il n’est plus de monde et nous nous recueillons avec beaucoup d’émotion devant sa mémoire. »

  • Malek Chebel : un regard sans concession sur l’islam 

Ghaleb Bencheikh, on le voit, ne semble guère attristé par la mort de Malek Chebel (qu’il ne nomme même pas), et son attitude relève manifestement de l’hypocrisie et de la condescendance : quelle peut en être la raison ?

Au-delà de la rivalité médiatique qui a peut-être pu opposer les deux hommes, on peut s’interroger de façon plus générale sur la difficulté que les intellectuels musulmans ont à honorer avec sincérité la mémoire d’un des leurs lorsque celui-ci adresse aux musulmans et à la culture musulmane des critiques aussi féroces. En effet, Malek Chebel n’était vraiment pas tendre avec l’islam, au point qu’on peut se demander avec raison pourquoi il est resté musulman puisque de telles critiques de l’islam ne laissent guère envisager de voies de progrès possibles.

Voici un florilège de citations tirées des ouvrages de Malek Chebel :

« Le droit musulman ancien est, en l’état, non réformable. Il faut lui substituer un droit qui soit totalement affranchi des us et des coutumes bédouines. La difficulté est réelle car l’islam est le produit d’une société féodale, celle du Hedjaz, qui a fourni le cadre d’ensemble du droit familial, avec ses rites et ses pratiques. »

« L’école coranique où l’on égrène à longueur de journées des sourates et des versets, sans les comprendre et sans les relier à un contexte historique, est, de ce point de vue, la caricature de l’apprentissage mécanique. Sortir de cette méthode répétitive est en soi considéré comme un début explicite d’indiscipline, et parfois de vaine spéculation. »

« L’une des caractéristiques actuelles de la pensée en islam est d’être univoque. Mais lorsqu’on dit « univoque », il faut entendre le mot au sens immédiat du terme et non pas de manière métaphorique ou distanciée. Très distinctement, l’esprit musulman d’aujourd’hui répugne à se voir reprocher, même avec doigté, l’absurdité logique de telle pensée anachronique ou fossile, surtout si elle a été codifiée par le Coran ou la sharia. »

« Pour le croyant islamoïde, l’islam se situe au-dessus et en dehors de la critique humaine. Pour lui, la doxa ne peut être questionnée, ni dans sa généralité ni dans son détail, car cela mettrait en péril tout l’édifice de la croyance. Le comportement « islamoïde » consiste donc à rejeter en bloc toute innovation inconvenante, tout en donnant le change à quiconque s’avise de critiquer tel ou tel précepte islamique. À ce sujet borné, l’islam n’offre que des avantages : une religion divine, avec un prophète d’une sagesse à toute épreuve et une histoire arabo-islamique flamboyante. »

« Pour les autorités religieuses, il ne peut pas y avoir de liberté en dehors du dogme lui-même, ce qui revient à dire qu’il n’y a pas de liberté du tout, hormis évidemment celle qui consiste à suivre la voie telle qu’elle a été tracée depuis des lustres. »

« J’apporte du crédit à ceux qui soutiennent que les musulmans d’aujourd’hui n’ont qu’une aptitude limitée à l’autocritique. »

« L’attitude du croyant musulman vis-à-vis du corpus coranique a toujours été empreinte d’exaltation et de respect, ce qui l’empêche d’affronter les nouvelles idées. »

« À l’étudiant qui s’engage dans les études religieuses, le talib, on demande surtout une capacité d’assimilation passive des textes et de la tradition, sans aucun recul. »

« Celui qui analyse les difficultés que rencontrent aujourd’hui l’islam et les musulmans est frappé par la faiblesse de la pénétration de la pensée rationnelle dans la pensée religieuse. »

« Seul Dieu (étant le Ghafur, « celui qui est enclin au pardon ») est en mesure de pardonner les fautes à celui qui, ayant péché, accepte de s’incliner et de revenir à la raison. Ce pardon est toutefois soumis au fait que le repentant écoute de nouveau avec ferveur et assiduité les enseignements de la tradition et se comporte avec l’humilité qui sied aux repentants. Le Coran développe l’idée de la « crainte de Dieu » à travers une centaine de versets. »

« Il est très probable que la dualité bien/mal a accompagné l’épopée humaine depuis le début. Le Coran n’entre pas dans de telles spéculations, mais la personnalité du bon croyant est très distincte – tout en étant parfaitement ciselée – de celle du mauvais croyant. »

« Pour que l’islam trouve le chemin de la respectabilité et qu’il puisse devenir, comme par le passé, le garant de la promotion individuelle, il faudrait idéalement abolir tout simplement la notion de fatwa. »

« Que l’imam puisse disposer d’un droit si exorbitant [la fatwa] montre tout simplement que l’État de droit n’existe pas et que le déni de justice peut en effet devenir la règle. (…) Les musulmans sont-ils en mesure aujourd’hui de passer immédiatement à l’étape supérieure, à savoir déclarer irrecevable toute plainte devant un tribunal qui vise à condamner un individu ayant offensé Dieu ou tout autre entité supra-humaine ? »

« L’apostasie est avérée à partir du moment où le philosophe sort de la logique coranique, ou prétend que le Coran est une création humaine, ce qui revient à nier l’existence de Dieu, à être déicide. »

« Il faut savoir que le Coran est, en lui-même, un discours constitué sur Dieu et de Dieu sur l’homme. Cela explique la pauvreté relative de l’acte philosophique en islam, cantonné malgré lui à une histoire amplifiée des idées et à une spéculation molle sur les fins dernières. »

« Les religieux sont unanimes : le seul pouvoir possible en islam est celui qui se réclame de Dieu, étant donné qu’il est le créateur de toute chose. »

« Je suis frappé par l’emprise phénoménale que les religieux ont sur la société, et plus particulièrement sur les couches sociales démunies. Du reste l’étau de fer dans lequel se trouve la société arabe, perse ou indonésienne, n’est pas prêt de se desserrer, car la corporation des religieux a compris depuis longtemps que l’élévation du niveau de vie et surtout l’acquisition de connaissances rationnelles – les deux fers de lance du progrès humain – sont deux des facteurs qui limitent son influence. »

« Tout lien avec un infidèle ou un incroyant est considéré comme une compassion pour ses idées, et parfois comme une adhésion pure et simple. Dieu défend aux croyants de se lier avec les infidèles. »

« Il est un aspect que l’on évoque pratiquement jamais : pour que la tolérance vis-à-vis d’autrui devienne une réalité, il faut que le musulman la cultive autant qu’il l’exige des autres. (…) Si les musulmans veulent que leur religion soit honorée et respectée en Occident (…), il faut qu’ils soient capables d’accepter dans les pays où l’islam est dominant une tolérance équivalente pour les autres religions. (…) Une mosquée en France, soit. Mais une église en Arabie Saoudite ? (…) Aller et venir sans difficulté aucune, soit, y compris au Vatican, mais pourquoi le territoire de l’Arabie serait-il strictement interdit aux non-musulmans ? »

« La jurisprudence sur la femme, que ce soit la sharia ou les mentalités collectives, lui est extrêmement défavorable. Le but non avoué de toute cette armada de textes consiste à maintenir la femme dans une position inférieure à l’homme sous le prétexte que celui-ci subvient à ses besoins matériels. »

« Répudiation, polygamie, mariages forcés (et surtout mariages précoces à onze ou treize ans), rapts de jeunes filles, dénigrement des mères célibataires et assassinats perpétrés au nom de l’honneur, voilà quelques aspects – flagrants – de l’infériorité juridique de la femme musulmane par rapport à l’homme, une infériorité fondée – telle est la thèse fondamentaliste – sur le caractère ondoyant et limité de la nature féminine. »

« L’une des raisons que prône les défenseurs de la polygamie est la différence d’inclination et d’étendue de la fonction sexuelle chez l’homme et chez la femme. (…) »

« Le phénomène qui touche au voilement des femmes dans la plupart des pays arabes sous influence wahhabite est spectaculaire. Le paradoxe fait ainsi que le voile est l’une des opportunités pour la femme de s’arroger des droits nouveaux (conduire la voiture, aller au travail), et qu’elle ne l’aurait guère défendu sans cela. Sans aller jusqu’à soutenir que le voile est la condition de l’émancipation des femmes dans ces pays-là, il est indéniable que sans ce fichu sur la tête, il est aujourd’hui inconcevable dans nombre de pays musulmans pour la femme de réclamer le moindre privilège. C’est l’une des explications, au-delà de la foi bien sûr, qui pousse des femmes musulmanes à se rapprocher du modèle social dominant, celui de la non-mixité de fait et du marquage violent de séparation des sexes. »

« Autre phénomène préoccupant, certaines musulmanes européennes, elles-mêmes converties ou ayant épousé des musulmans très conservateurs, voilées de pied en cap, poussent le zèle et la bigoterie jusqu’à se grillager les yeux et se couvrir les mains de gants noirs. Ce symbolisme du noir est d’ailleurs abbasside, donc en grande partie chiite et non pas sunnite, ce qui souligne, outre l’origine géographique de l’idéologie en question, l’impossible distance des femmes voilées vis-à-vis de leurs propres pratiques. Une telle attitude les met au ban de la communauté nationale et les rend suspects aux yeux de la plupart des autres musulmans, à commencer par celles qui se refusent à un tel simulacre. D’ailleurs, aucun verset coranique ne préconise un tel vêtement et la Tradition est relativement muette quant au voile porté par les premières musulmanes. (…) Au fond, c’est la croyance de quelques tribus arriérées qui, en s’imposant aux villes, est devenue le vecteur d’une idéologie de séparation et de pureté préconisée par les mouvements intégristes. Dans ce cas de figure, l’ostentation leur suffit, car elle tient lieu de politique. »

« Pour une religion qui se construisait à partir de maigres ressources, il était obligatoire que la question du butin et des acquis soit traitée dès le début. C’est exactement ce que fait le Coran en rappelant les éléments d’appréciation de ces gains, leur distribution et la liste des personnes prioritaires qui en bénéficient. »

« Toute la difficulté de l’émergence du sujet en terre d’islam vient du fait que la communauté musulmane, hier libératrice, aujourd’hui contraignante, est le seul modèle qui ait jamais servi à penser la pluralité sociale. »

« La proposition consistant à rappeler la prééminence de l’individu sur la communauté relève encore de l’utopie, car l’essence sociale de l’islam est communautaire. »

« Le blasphème (tajdif) en islam est double : le fait d’associer un autre dieu à Allah et, coextensif, le fait d’alimenter une telle éventualité, soit par écrit, soit par oral. Dans le Coran, le mot « blasphème » est plus induit qu’employé explicitement. (…) Ceux qui blasphèment sont donc essentiellement ceux qui méconnaissent l’entité divine et ses attributs. (…) Plus tard, le blasphème s’est également étendu à l’entité prophétique, au sens où la moindre récusation de celle-ci rejaillit sur tout l’islam, et en particulier sur le Coran, la parole de Dieu, et sur Allah lui-même. »

« L’interdiction du vin est pourtant ambiguë, car le Coran en fait un bien paradisiaque que seuls les bons croyants obtiennent dans l’au-delà. »

« Trop longtemps demeurés sur le bas-côté de la route, les musulmans n’ont pas été – c’est le moins que l’on puisse dire – des acteurs du progrès technologique moderne. Le monde musulman contemporain n’a rien inventé qui puisse susciter l’admiration. (…) Dans l’évaluation générale réalisée par l’ONU sur le développement durable des nations, les pays du bloc arabo-musulman se présentent (avec quelques nuances) parmi les derniers du peloton des États qui investissent dans la formation et l’éducation. »

« Dans beaucoup de cas, on constate que les strates populaires sont restées en dehors de toute idée de progrès, allant jusqu’à magnifier la vie du chamelier pour mieux se complaire dans une fausse promotion. Elles n’ont tout simplement jamais connu le monde féroce du travail tel qu’on le voit aujourd’hui dans les usines du monde occidental. Que constate-t-on aujourd’hui ? Que le travail est particulièrement dénigré, tandis que la division économique de cette activité est demeurée presqu’en l’état depuis plusieurs siècles, et cela dans la plupart des pays de la ceinture sud de l’islam. Le maître ordonne à son contremaître d’exécuter une tâche que celui-ci délègue à son second, lequel l’exige du petit personnel, souvent étranger, qui l’effectue sans barguigner, car il risque de se voir congédier sans compensation particulière. »

La culture française, connue dans le monde entier, n’existe pas

Il est étonnant de voir comment certains peuples d’Europe, comme les Français, ont aujourd’hui une crise d’identité telle qu’ils développent un sentiment suicidaire virulent et même agressif. Devenus des junkies de la « diversité » sous toutes ses formes, incapables de se passer de leur dose quotidienne de clandestins et de bien-pensance, ils développent partout des salles de shoots, totalement incapables de maîtriser les délires de leurs cerveaux imperméables à la raison et aux effets de l’autodestruction.

En effet, les Français, peuple qui a mis mille ans à se construire, semblent être entrés dans un processus addictif d’auto-destruction : exacerbation de la jouissance individuelle implorant le nouveau veau d’or de la sexualité libertaire (la sexualité étant rebaptisée « orientation sexuelle » pour mieux marquer la diversité des « orientations possibles » – seules la zoophilie et la pédophilie étant encore relativement réprouvées –) ; relativisation de toute morale et culture de l’excuse exhibant à tout-va irresponsabilité et déséquilibres psychiques de tous ordres ; légalisation du meurtre de masse des  enfants à naître jetés à la poubelle grâce à l’I.V.G. – nouvelle Shoah silencieuse mais bien réelle, voulue par une personne qui l’a pourtant connue, comble de l’ironie – ; droit à l’enfant devenu objet de consommation et libéralisation inévitable et prochaine de toutes les types de G.P.A. et P.M.A. (avec la même hypocrisie que pour l’I.V.G. et le P.A.C.S.) ; anéantissement progressif de la liberté d’expression et de critique ; peur maladive  de l’« essentialisation » – c’est-à-dire de tout ce qui définit une identité – ; légitime défense vidée de sa substance, les voyous devenant impunis et les honnêtes citoyens hésitant à se défendre de peur de finir derrière les barreaux ; etc.

Il n’est donc pas étonnant que dans ce tsunami suicidaire les Français aient élu une idole de la pensée politique transgenre, sans identité autre qu’économique.  En effet, Emmanuel Macron ne déclarait-il pas il y a à peine quelques mois : « Il n’y a d’ailleurs pas une culture française ; il y a une culture en France : elle est diverse, elle est multiple » :

Emmanuel Macron Culture francaise Lyon 170204

En d’autres termes, si vous venez en France avec votre baluchon et votre propre culture et vos propres traditions, sans aucun souci du respect de la culture d’origine de ce pays qui vous accueille, la France, vous contribuez pour Emmanuel Macron à enrichir mécaniquement la culture en France. N’est-ce pas merveilleux ? La culture n’a plus de racines ni d’histoire. Comme Emmanuel Macron, elle est transgenre, incolore, sans saveur. Le pauvre Renan doit se retourner dans sa tombe.

Après des décennies d’incurie politique immigrationniste et une situation devenue inextricable, ce reniement peut être aussi analysé comme le prix à payer aujourd’hui pour tenter d’éviter que l’implantation de l’islam en France – dont la culture est totalement incompatible à la fois avec les valeurs de la République française et les valeurs chrétiennes qui ont largement façonné plus de mille ans d’histoire de France – ne déclenche ouvertement une guerre civile qui risque fort de commencer par certaines banlieues devenues territoires perdus de la République, cette guerre civile ayant déjà débuté sous diverses formes dans les établissements scolaires de notre vieux pays.

Et pour ceux, quelle que soit leur « orientation religieuse ou spirituelle », qui douteraient de l’importance historique du christianisme dans l’histoire de France, je conseille la lecture de Bruno Dumézil (« Les racines chrétiennes de l’Europe »)

ou de Luc Ferry (« Sagesses d’hier et d’aujourd’hui »).

Luc Ferry y écrit de façon limpide : « Ce qui compte, c’est la pureté du cœur, pas celle des aliments ni des métiers que les hommes exercent – ce qui, cela dit au passage, permet au Christ de s’entourer d’hommes et de femmes dont les métiers ne sont pas considérés comme nobles, y compris des courtisanes, que le judaïsme orthodoxe exclut du cercle des fréquentations possibles. Conséquence abyssale historiquement : c’est cette place unique accordée à l’intériorité qui a permis le passage à la laïcité, le christianisme pouvant passer de l’espace public à l’espace privé sans obstacle absolu, de sorte que pour nous, Européens de tradition chrétienne, la question de la laïcité est largement réglée. C’est peu de dire qu’ailleurs, il n’en va pas de même, en quoi le fameux thèmes des « racines chrétiennes de l’Europe », pour tactique et politicien qu’il puisse être parfois, n’en est pas moins légitime sur le fond. Seule la laïcité, qui n’est pas l’athéisme mais la neutralité de l’État et de l’espace public, a réussi à pacifier les rapports entre communautés à mettre fin aux guerres de religion. Or elle est, contrairement à une idée reçue mais niaise, un héritage direct de cette place accordée au forum intérieur dans la morale chrétienne. (…) Même lorsqu’on est radicalement non-croyant, on est évidemment imprégné par cette culture chrétienne qui a dominé l’histoire de l’Occident, mais ne s’y est pas réduite. »