Les ONG et les juges de la C.E.D.H. : 2009-2019

Courriel de février 2020 de l’European Centre for Law and Justice (E.C.L.J.) sur l’indépendance de la C.E.D.H. qui peut éclairer de façon intéressante la position ambiguë de cette institution sur la question de la critique des religions et en particulier de l’islam(isme).

« Après 6 mois d’enquête, nous rendons public un important rapport exposant l’étendue des relations entre ONG et juges de la CEDH, et les problèmes de conflits d’intérêts qui en résultent.
 
Nous avons identifié sept ONG étant à la fois actives à la Cour et comptant des juges parmi leurs anciens collaborateurs. Au moins 22 juges, sur les 100 ayant siégé depuis 2009, sont d’anciens collaborateurs ou dirigeants de ces sept ONG. Parmi celles-ci, le réseau de l’Open Society se distingue par le nombre de juges qui lui sont liés (12) et par le fait qu’il finance les six autres organisations identifiées dans ce rapport.
 
Une telle prégnance de l’Open Society et de ses affiliés est problématique à bien des égards ; mais il y a encore plus grave : il est apparu en effet que 19 de ces 22 juges ont siégé dans des affaires introduites ou soutenues par l’organisation dont ils étaient auparavant collaborateurs. Nous avons recensé 88 cas problématiques durant les 10 dernières années. Dans 12 affaires seulement, des juges se sont abstenus de siéger en raison de leur lien avec une ONG impliquée.
C’est là une évaluation basse qui ne tient pas compte des liens financiers étroits entre les ONG. Ainsi, nous n’avons pas comptabilisé les affaires dans lesquelles le lien entre juges et ONG était proche, mais indirect. Nous n’avons pas non plus recensé toutes les affaires impliquant d’autres ONG financées par l’Open Society, ni celles dans lesquelles ces ONG agissent de façon non-apparente.
 
Cette situation est grave car elle met en cause l’indépendance de la Cour et l’impartialité des juges. Il est nécessaire d’y remédier. Notre rapport fait des propositions en ce sens. Pour cela, il conviendrait en particulier d’être plus attentif au choix des candidats à la fonction de juge en évitant la nomination de militants et d’activistes. Le rapport fait également des propositions visant à assurer la transparence des intérêts et des liens entre requérants, juges et ONG, et à formaliser les procédures de déport et de récusation.
Conscient de la valeur du système de protection des droits de l’homme en Europe, l’ECLJ espère que ce rapport sera reçu comme une contribution positive au bon fonctionnement de la Cour.
 
Afin de donner une suite à ce rapport, l’ECLJ a décidé de saisir officiellement l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe conformément à l’article 67 de son règlement qui offre une procédure effective de pétition. Nous vous invitons à vous joindre à notre pétition.
 
Cette Assemblée est en charge de l’élection des juges, elle a un pouvoir d’enquête et peut adresser des recommandations aux représentants des 47 États parties à la Convention européenne des droits de l’homme, à qui nous avons également adressé ce rapport.
 
Nous avons besoin de votre soutien pour protéger l’indépendance de la Cour européenne et l’impartialité de ses juges. »

L’humanisme en islam : un concept impossible ?

L’émission de France 2 « Islam » a consacré en janvier 2020 deux épisodes au rapport bien distendu de l’islam à l’humanisme.

« L’humanisme est une création des Grecs » même si, bien entendu, le Coran prétend, comme pour le reste, être la source ultime de tout, ce qui conduit à l’affirmation surprenante, pour une religion qui ne reconnaît pas la liberté de conscience : « L’humanisme en islam puise sa source dans le texte sacré en premier lieu ».

Quoi qu’il en soit, cet « humanisme musulman » –  « l’humanisme étant un terme occidental » – n’a guère duré et n’a pu subsister que peu de temps « avant que les courants dogmatiques ne referment les voies ouvertes par les philosophes des lumières ».

Que peuvent lire les musulmans ?

L’émission de France 2 « Islam » a consacré en janvier 2020 deux épisodes au rapport bien distendu de l’islam à l’humanisme.

Après 8 siècles d’immobilisme intellectuel et culturel, est-il possible d’espérer alors qu’un intervenant rappelle que « Traditionnellement, il y a même des hadiths qui interdisent aux musulmans de lire la bible ».

Effectivement, cette interdiction est avérée et on la retrouve partout, et notamment sur internet. Voici un exemple parmi d’autres de cette justification fondée essentiellement sur la prétendue perversité des juifs et des chrétiens qui auraient falsifié leurs propres textes sacrés afin d’en extirper tous les signes qui y annonçaient d’une manière ou d’une autre l’islam ou qui se trouvent en contradiction avec le message de Mahomet. Seuls les érudits ont le droit de lire la bible, et seulement pour trouver des arguments pour trouver des raisons de rejeter voire de haïr du fait de leurs supposés mensonges juifs et chrétiens.

« Ruling on reading the Gospel and Torah

https://islamqa.info/en/answers/128850/ruling-on-reading-the-gospel-and-torah

128850. Publication : 13-12-2018

Question : Is it permissible for me, as a Muslim, to read the Gospel out of curiosity, and not for any other purpose? Does believing in the divinely-revealed books mean believing that they are from Allah, or believing in what it says in them?

Answer

Praise be to Allah.

Every Muslim is required to believe in the Torah, Gospel and Zaboor, and that they came from Allah. So he must believe that Allah sent down the Books to the Prophets, and that He sent to them scriptures that contained commands and prohibitions, exhortation and reminders, and spoke of matters of the past, of Paradise and Hell, and so on. But he should not follow them, because they have been affected by distortion, alterations and changes. So he should not keep copies of the Torah, Gospel or Zaboor, or read them, because this is dangerous, for he may end up disbelieving in something that is true or believing something that is false, because these books have been distorted and changed. The Jews, Christians and others have altered them, distorted them and changed the order of material in these books. We have no need of them because of what Allah has given us of our own book, the Holy Qur’an.

It was narrated from the Messenger (blessings and peace of Allah be upon him) that he saw part of the Torah in the hand of ‘Umar; he became angry and said: “Are you doubting, O son of al-Khattaab? I have brought to you a message that is bright and pure, and if Moosaa were alive he would have no choice but to follow me.”

The point is that we advise you and others not to take anything from either the Torah or the Zaboor or the Gospel, and not to keep any of these books. Rather if you have any of these things, then you should bury it or burn it, for the changes and alterations that have been introduced to them are evil and false. What is required of the believer is to avoid that and to beware of looking at it, for perhaps he may end up believing something that is false or disbelieving something that is true. The way to be safe from that is either to bury it or burn it.

It is permissible for a scholar who has insight to read it in order to refute Jewish and Christian opponents of Islam, as the Prophet (blessings and peace of Allah be upon him) called for the Torah when the Jews denied the punishment of stoning, so that he (blessings and peace of Allah be upon him) could have it checked, after which they admitted [that the punishment of stoning is mentioned in the Torah].

The point is that the scholars who are well versed in Islamic teachings may need to look at the Torah or Gospel or Zaboor for Islamic purposes, such as refuting the enemies of Allah, or to highlight the virtue of the Qur’an and what it contains of truth and guidance. As for ordinary Muslims, they have no right to do that; rather if they have anything of the Torah or Gospel or Zaboor, what they must do is bury it in a clean place or burn it so that no one will be misguided by it. End quote.

Shaykh ‘Abd al-‘Azeez ibn Baaz (may Allah have mercy on him).

Fataawa Noor ‘ala ad-Darb (1/9-10).

And Allah knows best. »

L’immobilisme de la pensée et de la culture musulmane

L’émission de France 2 « Islam » a consacré en janvier 2020 deux épisodes au rapport bien distendu de l’islam à l’humanisme.

Les intervenants sont d’accord pour constater que « Le grand mouvement d’ouverture de la pensée [musulmane] va s’arrêter au XIIIème siècle avec la mort d’Averroès d’abord et la mort d’Ibn Arabi ensuite ».

Si cet immobilisme de la pensée et de la culture musulmane depuis 8 siècles est avéré, est-il satisfaisant de s’en tenir à l’argument facile – voire d’une lapalissade – d’un « cycle des civilisations » ? Comment la pensée musulmane peut-elle prétendre se développer alors que le Coran prétend avoir tout dit ?

Un des intervenants établit un lien de causalité entre l’impérialisme et le colonialisme des pays occidentaux et l’étouffement de la pensée musulmane : « Il n’y a pas que le monde arabe, il y a tout le tiers-monde, qui est déchiré à cause de ces ambitions impérialistes. » Mais ce lien est pourtant bien paradoxal : la présence occidentale n’a-t-elle pas justement contribué à réveiller par l’opposition qu’elle suscitait une pensée musulmane moribonde ? 

Un autre intervenant rappelle à juste titre que le monde musulman doit d’abord s’en prendre à lui-même : « Mais il y a quand même un petit bémol : notre histoire politique, nos gouvernants depuis des siècles, ont été des despotes. Avant d’aller voir chez les croisés… » Il est en effet si facile d’adopter cette posture de la victimisation que le monde musulman aime tant.

Critique de l’islam : la CEDH défend (enfin) la liberté d’expression

Courriel du Centre Européen pour le Droit et la Justice (E.C.J.L.). :

Alors que la CEDH avait validé l’an dernier la condamnation par l’Autriche d’une conférencière pour avoir qualifié Mahomet de pédophile, elle vient, à l’inverse, de censurer la condamnation par l’Azerbaïdjan de deux journalistes pourtant très critiques sur l’islam. Une bonne nouvelle pour la liberté d’expression. L’Azerbaïdjan est membre du Conseil de l’Europe, mais aussi de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), et adhère à ce titre à la Déclaration des droits de l’homme en islam, qui soumet la liberté d’expression à la charia.

À l’origine de cette affaire, il y a le courage de deux journalistes azéris, Messieurs Tagiyev et Huseynov, qui osèrent comparer l’Azerbaïdjan, l’islam et l’Europe dans un article intitulé « L’Europe et nous » publié en 2006. Ils déduisirent de cette comparaison la supériorité de la culture occidentale, la « stupidité » et la « folie » des philosophes musulmans, et qualifièrent le fondateur de l’islam de « créature effrayante » en comparaison de Jésus-Christ.

Selon eux, l’islam ne pourra se développer en Europe que par la démographie, mais non par ses qualités propres. Ils furent alors la cible de manifestations publiques et d’une fatwa réclamant leur mort. Les autorités azéris les poursuivirent alors pour incitation à la haine religieuse, et les condamnèrent à trois et quatre ans de prison sur la base d’une « expertise linguistique et islamique » de leur article. Cette condamnation fut confirmée en appel et en cassation. Toutefois, après 13 mois de détention, ils bénéficièrent d’une grâce présidentielle et purent sortir de prison.

M. Tagiyev fut poignardé par un inconnu en 2011 et paya de sa vie sa liberté d’expression. Comme souvent en cas d’assassinat religieux, les autorités judiciaires n’ont pas mené l’enquête jusqu’à son terme.Messieurs Tagiyev et Huseynov eurent le temps de saisir la Cour européenne des droits de l’homme, qui leur donna finalement raison et condamna l’Azerbaïdjan, ce 5 décembre 2019, à leur verser 24 000 euros de dommages.

Ce jugement est une bonne nouvelle, car il y a un an, le 25 octobre 2018, la même section de cette cour avait à l’inverse validé la condamnation par l’Autriche d’une conférencière pour avoir assimilé à de la pédophilie l’union de Mahomet avec Aïcha âgée seulement de 9 ans. La CEDH avait alors considéré les propos de Mme Sabaditsch-Wolff comme de « nature à susciter une indignation justifiée » des musulmans, jugeant qu’ils constituaient « une violation malveillante de l’esprit de tolérance à la base de la société démocratique » risquant de « mettre en péril la paix religieuse ». Cette affaire avait provoqué une forte réaction. De nombreuses personnes dénoncèrent une atteinte grave à la liberté d’expression, et une abdication de la raison, tandis qu’à l’inverse les plus hautes autorités islamiques y virent la validation de leur pratique de répression des blasphèmes.

Dans une tribune collective, publiée le 15 mars 2019 dans Valeurs actuelles, une vingtaine de personnalités avait demandé à la Cour européenne, en vain, de renvoyer cette affaire en Grande chambre, afin de la rejuger. Cette réaction a certainement été prise en considération lors du jugement de l’affaire azérie, car une application stricte de la jurisprudence autrichienne aurait pu conduire à valider la condamnation des journalistes. En effet, leurs propos étaient bien plus subjectifs, retentissants et scandaleux, que ceux de la conférencière qui seraient passés inaperçus si des journalistes de gauche n’avaient profité de l’occasion pour la traîner en justice.

Tout en rappelant la nécessité de « mettre en balance le droit des requérants à la liberté d’expression et la protection du droit des personnes religieuses à ne pas être insultées au motif de leurs croyances », la Cour a estimé que l’expertise linguistique et islamique de l’article ne constituait pas une base suffisante pour condamner les journalistes. Selon elle, les juridictions azéries auraient dû apprécier par elles-mêmes le contenu des propos litigieux, et les considérer dans le contexte plus large d’un débat d’intérêt public. Enfin, la CEDH a estimé que la condamnation pénale des journalistes était trop sévère, et de nature à dissuader la presse « à discuter ouvertement de questions relatives à la religion et à son rôle dans la société ».

Une autre raison de la différence de jugement entre les deux affaires consiste peut-être dans le souci de la Cour de protéger en priorité les minorités, c’est-à-dire les musulmans en Autriche, et les libres-penseurs en Azerbaïdjan. De plus, il faut dire que Mme Sabaditsch-Wolff est une proche du FPÖ, et donc de « l’extrême droite », tandis que les journalistes azéris sont des militants pro-européens, et donc des « démocrates » : bien qu’ayant des propos similaires, ils ne sont donc pas, du point de vue de Strasbourg, du même bord politique.

Il faut craindre qu’Éric Zemmour ne soit pas, lui non plus, du bon bord politique. Celui-ci a en effet saisi la CEDH en octobre dernier, après avoir été condamné à 3.000 euros d’amende pour provocation à la haine religieuse. En cause : l’affirmation qu’il faut donner aux musulmans « le choix entre l’islam et la France », que la France vit « depuis trente ans une invasion », et que « dans d’innombrables banlieues françaises où de nombreuses jeunes filles sont voilées » se joue une « lutte pour islamiser un territoire », « un jihad ». Est-ce pire que les écrits des journalistes azéris ?

Une chose est sûre : la défense de la liberté d’expression face à l’islam ne devrait pas être garantie seulement à titre posthume, à ses nombreuses victimes : Rafig Tagiyev, Théo van Gogh, les Charlie Hebdo, et tant d’autres.

Religion self-service et ignorance

L’émission interreligieuse diffusée le 25 novembre 2019 sur France 2 était, une fois encore, l’occasion de faire croire au public que toutes les religions monothéistes (judaïsme, christianisme, islamisme) ont le même Dieu et appellent de la même façon à la tolérance et à la paix, au point qu’on pourrait croire que c’est bonnet blanc et blanc bonnet. La religion devient ainsi un produit self service que chacun arrange à sa sauce : c’est bien commode.

Le summum de la démonstration était constitué par un reportage sur une famille où, de longue date, le père (Gilbert) est chrétien et sa femme (Aïcha) musulmane (on se doute que les couples juif-musulmane ne courent pas les rues…) et dont les trois enfants ont chacun librement choisi leur religion, sans que ceux-ci d’ailleurs justifient leur choix, ce qui aurait été très intéressant, les deux fils ayant choisi comme par hasard l’islamisme et la fille le christianisme.

Les propos tenus par ces parents et leurs enfants (ex. « La laïcité, pour moi, c’est d’accepter tout le monde. La base de la France, c’est quand même… On est quand même des laïcs, quoi. ») font preuve d’une grande et louable tolérance et ouverture d’esprit mais dont on peut penser qu’elle confine surtout à l’ignorance des principes et valeurs élémentaires qui gouvernent le christianisme et l’islamisme.

Mais le clou du spectacle était le moment où, recevant peut-être par hasard un coup de téléphone de la famille algérienne, la belle-soeur d’Aïcha rappelle à sa belle-famille (conformément au contenu du Coran qui soumet la femme à l’homme et établit la supériorité de la communauté musulmane sur toutes les autres communautés humaines) qu’il faut « de préférence que l’homme soit musulman et la femme chrétienne, comme cela, leurs enfants seront des musulmans. » : ben voyons ! Chassez le naturel, il revient au galop !!

L’innocence des musulmans

Dans le contexte général d’un terrorisme musulman qui touche le monde depuis plusieurs décennies, le film américain « Innocence of Muslims » (sorti en 2012) a suscité de multiples polémiques et des soulèvements dans le monde musulman. Car l’islam a ceci de très particulier qu’il ne se sent jamais responsable des folies meurtrières que l’on commet en son nom. Pourtant, c’est bien au nom d’Allah et du Coran que plusieurs milliers de personnes sont mortes ou ont été blessées dans les pays occidentaux dans les dix dernières années, sans compter le sort peu enviable réservé aux minorités, notamment chrétiennes, dans les pays musulmans (Pakistan, Égypte par exemple) depuis des temps immémoriaux.

L’État Islamique, avec un certain humour, ironisait il y a peu sur cette « irresponsabilité » : « Not imam name ! » disait-il. Ce que les fondamentalistes musulmans assument sans complexe et sans état d’âme fait, en Occident, frémir d’horreur les esprits chagrins, empêtrés dans une islamophilie de cancres et un politiquement correct de vierges effarouchées infecté par la peste des droits de l’homme.

Un film loin d’être un chef d’oeuvre du septième art mais qui a au moins la vertu de rappeler certains faits et d’éprouver le niveau de tolérance que le monde musulman peut endurer.

https://archive.org/details/Muhammadfullmovie

Droit à l’islamophobie : un droit de l’homme ?

Une émission intéressante du 2 septembre 2019 sur RT France illustrant, sans surprise, la technique consistant à empêcher tout débat de fond sur la doctrine de l’islam en amalgamant en permanence critique de l’islam et critiques des personnes, objectif essentiel de l’utilisation du terme « islamophobie ».

Un terrorisme intellectuel particulièrement vicieux qui nous rappelle le cri d’alarme lancé il y a quelques années déjà par Élisabeth Badinter :

« Il ne faut pas avoir peur de se faire traiter d’islamophobe »

La liberté de conscience en islam : encore l’impasse…mais vers un effondrement ?

L’émission de France 2 « Islam » a consacré de nouveau en mai 2019 deux épisodes à la question difficile en islam de la liberté de conscience, sans parvenir à sortir de l’impasse habituelle. On notera toutefois que la position tout à fait modérée des deux intervenants, si elle était partagée par le reste des musulmans et des pays musulmans, ferait de l’islam une religion comme une autre relevant du strict domaine privé de la croyance et permettrait certainement de sortir des crispations et du terrorisme dont l’islam est la source principale aujourd’hui.

Rappelons néanmoins que les musulmans de France sont loin d’en être là puisque, par exemple, le Conseil Français du Culte Musulman ne reconnaît toujours pas aujourd’hui encore aux musulmans la liberté de changer de religion : https://islametoccident.fr/?p=1023

L’analyse des deux intervenants relative à la nature de la prophétie de Mahomet comme seulement annonceur d’une « bonne nouvelle » (qui n’est qu’une reprise de l’idée chrétienne…) est séduisante.

Mais cette conception est encore bien peu partagée chez les musulmans. En effet, un intervenant rappelle à juste titre le hadith, certifié comme « authentique » par l’islam compte tenu de la qualité de la chaîne de transmission, qui appelle au meurtre des apostats. La position d’al-Ghazzali consistant à contredire la parole de Mahomet est intéressante mais ne remet malheureusement pas en cause l’authenticité incontestée de cette parole sacrée.

Bref, tous ces propos ne sont-ils en réalité que des vœux pieux ? Ces bonnes intentions n’ont de fait que peu de traduction tangible dans la la culture musulmane, ce que résume très bien ce musulman interviewé sur la question de l’apostasie :

Les musulmans modérés aboutissent en réalité à une reconstruction a posteriori d’un islam désiré, moderne, mais qui n’est pas l’islam de Mahomet, fondamentalement intolérant et violent, et dont l’aspect guerrier est congénitalement étranger à l’idée de liberté de conscience : encore une fois, il faut lire la biographie de Mahomet écrite par les musulmans eux-mêmes… !! Mahomet est la matrice fondamentale de l’extrémisme.

Néanmoins, tous ces efforts n’auront-ils jamais aucun effet ? Il n’est pas exclu que la connaissance du contenu réel de l’islam qui se répand chez les personnes vivant en Occident, musulmanes et non-musulmanes, du fait de l’élévation du niveau culturel de la population par l’éducation et le contact avec le monde moderne, constitue à l’avenir un ferment létal pour l’islam compte tenu de son extrême faiblesse intellectuelle et spirituelle qui saute aux yeux de tous ceux qui prennent la peine de l’étudier sérieusement. Car pour détruire l’islam, ne suffit-il pas tout simplement de l’expliquer ? Un islam éclairé, comme celui de ces deux intervenants, n’est plus l’islam.