Comment pousser les musulmans à étudier leur religion ?

Il suffit d’interroger les musulmans pour constater que beaucoup ne connaissent de leur religion que quelques principes de base, et que ce peu de connaissance est souvent l’objet d’une crispation identitaire (même dans les débats entre musulmans), en particulier chez les jeunes musulmans et musulmanes françaises (cf. port du voile, halal).

Si un des intervenants de l’émission de France 2 « Islam » du 8 mai 2016 émit l’idée qu’« il y a plusieurs façons d’être dans le vrai », ce qui est logiquement impossible, l’idée est certainement du moins de dire que personne ne pouvant prouver dans le domaine religieux qu’il a raison, la pluralité des opinions est respectable ainsi que la critique et le débat.

France 2 Islam 160508 Lire et interpreter le Coran Partie 2 Education

Dans ce domaine malheureusement, il paraît difficile d’être très optimiste puisque Tariq Ramadan reconnaît lui-même que « Les dialogues et les débats manquent infiniment à l’intelligence musulmane contemporaine », « l’éthique du débat et de la divergence » mentionnée dans l’émission et autrefois apparemment en usage n’ayant en réalité jamais concerné les débats entre musulmans et mécréants.

Penser le mécréant en islam : un effort louable mais qui semble utopiste

  • Problématique

Face à «  c terrible et tragique régression, à la décadence, à la décrépitude » du monde musulman depuis des siècles évoquée par le présentateur de l’émission de France 2 « Vivre l’islam » du 27 novembre 2016, Omero Marongiu-Perria formule quelques pistes de réflexion, mais qui constituent une critique assez virulente de l’islam face à un monde occidental vu par les musulmans comme « un monde de corruption ».

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  • Propositions

1) Démythifier l’histoire musulmane

Comme l’admet Omero Marongiu-Perria, l’histoire de Mahomet et de ses Compagnons fait l’objet d’une mythification dont l’objet est une valorisation en opposition au monde occidental : « L’histoire des premiers temps de l’islam est complètement mythifiée chez les musulmans ».

Il est en effet impossible d’aborder l’histoire de l’islam sous le seul angle de la critique historique, pourtant utilisée partout ailleurs, y compris pour les autres religions. Omero Marongiu-Perria reconnaît que « l’histoire musulmane n’est pas abordée à partir des catégories de l’histoire » : en d’autres termes, l’histoire musulmane n’est analysée que dans le contexte d’une perspective religieuse, ce qui rend donc impossible toute objectivité, notamment quant à la profondeur de l’imprégnation tribale de la vie et de la pensée de Mahomet indépendamment de toute inspiration divine.

On peut rester dubitatif sur la capacité de l’islam à accepter une vision plus objective de ses origines car toute analyse objective est désacralisante et donc incompatible avec le Coran, censé être la parole d’Allah.

2) Mahomet le conquérant

Omero Marongiu-Perria constate implicitement avec regret : « il faut le reconnaître, dans ce qui est appris aujourd’hui des premiers temps de l’islam, c’est cette idée du prophète conquérant qui est mise en avant ».

Certes, mais c’est bien ainsi que les textes musulmans les plus authentiques, jusqu’au Coran lui-même, décrivent Mahomet. Et il paraît impossible de réécrire l’histoire de l’islam.

3) Arriver à penser l’autre

Face à un modèle ouvertement communautariste, Omero Marongiu-Perria regrette la difficulté que l’islam rencontre à être tolérant : pour lui en effet, il faudrait « enseigner dans les instituts musulmans des outils d’interprétation qui soient ouverts sur ce qu’on pourrait appeler une théologie de l’altérité, c’est-à-dire comment se penser dans un monde pluriel en englobant d’emblée les autres dans la réflexion ».

Certes, mais on ne voit pas bien, dans une religion pour l’essentiel figée dogmatiquement depuis un millénaire, ce qui pourrait provoquer cette rupture de pensée sans entraîner un effondrement général de tout le système musulman, car ce serait admettre que l’islam peut avoir tort et que les mécréants sont aussi estimables que les musulmans, ce qui va précisément à l’encontre de ce que dit le Coran.

  • Conclusion

Toutes ces pistes sont louables et manifestent une forme d’ouverture et de tolérance, mais sont elles sont aujourd’hui, si l’on en juge par la façon dont le monde musulman évolue, assez utopistes.

Le Coran : une approche thématique simple pour y comprendre enfin quelque chose

Les islamologues, lorsqu’on insiste un peu, doivent se rendre à l’évidence : le Coran est un livre « anarchique épistologiquement », comme l’a écrit Tareq Oubrou, ce qui en rend la lecture difficile (pas de fil directeur, pas d’ordre chronologique, innombrables répétitions, contradictions évidentes, etc.).

Cette anarchie rend compliquée à première vue toute synthèse car il faut tenir compte de la fréquence des positions présentées, compte tenu de l’incohérence du texte, pour conclure sur toute question. Ainsi, pour savoir ce que disent vraiment les textes sacrés musulmans (Coran, biographie de Mahomet, hadiths), avant même d’en discuter, il est absolument indispensable de compiler ces sources par thématique afin de disposer d’une documentation la plus exhaustive possible sur chaque thème abordé.

Seule une synthèse de ce type peut permettre d’éviter de tirer de fausses conclusions sur la base par exemple d’un unique verset qui peut être contredit par des dizaines d’autres.

C’est précisément la recommandation que l’imam Mohamed Barjrafil, qui reconnaît lui-même que l’on peut faire dire ce que l’on veut au Coran si on ne se prête pas à une telle revue étendue, a formulée il y a quelques semaines à la télévision française (janvier 2017).

France 2 Islam 170122 Revelation 1 Anarchie coranique

Je dois dire que je suis, une fois n’est pas coutume, d’accord avec Mohamed Bajrafil. La lecture assidue des sources sacrées musulmanes conduit en effet naturellement tout lecteur de bonne foi à cette conclusion incontournable. Dans cette perspective, je propose depuis juillet 2016 sur ce site une synthèse de ce type, téléchargeable gratuitement (http://islametoccident.fr/?page_id=1786).

Cette synthèse d’environ 170 pages qui a fait l’objet depuis de quelques mises à jour, sans prétendre être infaillible, est déjà une bonne base de documentation pour tous ceux qui n’auraient ni le temps, ni la patience de se livrer à cette lecture assez contraignante. Le lecteur trouvera sur la même page du site un résumé plus court (10 pages) qui pose déjà sans détour quelques questions sérieuses de compatibilité entre l’islam et les valeurs occidentales.

Pour les plus intéressés et qui voudraient goûter la saveur des textes originaux, je recommande de commencer par lire non pas le Coran mais la biographie de Mahomet (Sîra), texte original musulman (http://islametoccident.fr/?p=98) qui donne des éléments essentiels pour comprendre le parcours de cet homme et en quoi il peut être considéré comme exemplaire, ou au contraire pas. Cette biographie est un éclairage indispensable pour comprendre notamment l’origine des multiples contradictions qui figurent dans les textes sacrés musulmans.

Le lecteur peut également trouver sur ce site (http://islametoccident.fr/?p=98) une synthèse détaillée de ce parcours dans mon premier ouvrage : « L’islam de France (et d’Europe) : un message de paix ? », publié en mai 2015 et rédigé avant les attentats de janvier 2015. Ceux qui s’intéressent aux fondements doctrinaux de l’État Islamique et de façon plus générale à la doctrine des mouvements fondamentalistes peuvent sans doute lire avec intérêt mes deux courts opus : « Les sources doctrinales de l’État Islamique ». Ces ouvrages fournissent des références doctrinales publiques et totalement vérifiables.

La violence de l’islam expliquée à la télévision française : (3) Le Coran ne veut rien dire sans « contextualisation »

  • Problématique

S’il est bien une idée reçue irrationnelle ancrée chez beaucoup de nos concitoyens, c’est que, malgré le caractère définitif et divin du message de l’islam, ce message serait à « contextualiser », c’est-à-dire à replacer dans le contexte de l’Arabie du VIIème siècle ; bref, un message universel et définitif dépendant du contexte arabe bédouin. Allah, contraint par les mœurs des bédouins arabes du VIIème siècle… Cette idée saugrenue, pourtant naturellement admise par des personnes apparemment sensées – y compris par celles qui ne connaissent rien à l’islam –, est entretenue dans l’esprit public par les islamologues de façon constante pour tenter de désamorcer toute polémique relative à la violence de Mahomet.

Ainsi que l’explique l’intervenant de l’émission de France 2 « Islam » du 4 décembre 2016, « Il faut contextualiser la naissance de cette religion [l’islam] au VIIème siècle ». Je laisse par ailleurs de côté l’affirmation, dénuée de tout fondement comme le montre tout simplement la lecture de la biographie de Mahomet qui regorge d’actes de violence, que « La violence qu’on trouve dans le texte coranique est inversement proportionnelle à la réalité de la violence qui se déploie dans la réalité ».

France 2 Islam 161204 Islam & Violence 1 Extrait 3

  • Argument : un texte religieux musulman ne veut rien dire en soi

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S’il peut parfois y avoir plusieurs compréhensions possibles d’un texte, le vocabulaire disponible ne reflétant pas toujours l’exact contenu de la pensée de l’auteur (pour autant que celle-ci soit claire) et le lecteur ayant lui-même ses propres biais de compréhension, il ne faut pas généraliser abusivement cette situation. C’est pourtant ce que font les islamologues avec les textes religieux musulmans, ceci jusqu’à l’absurdité : « Il n’y a pas une seule lecture du texte. Il y a une multiplicité de lectures qui sont fonction des individus, des époques, et de l’idéologie dans laquelle ils peuvent se reconnaître. » Si une telle diversité de lectures est avérée, une conclusion s’impose : le texte n’est pas clair ou ne veut rien dire. Comme il s’agit d’un texte humain, cela n’a en réalité rien de très étonnant.

  • Entre La Mecque et Médine, Mahomet a changé son fusil d’épaule par opportunisme politique

Le message prétendument divin serait donc fluctuant en fonction des circonstances. Si nous revenons sur terre, il est facile de comprendre que tout cela est ridicule et que les atermoiements, les contradictions, les revirements de Mahomet ne sont que la conséquence de son opportunisme politique.

Il est rarissime d’entendre un islamologue le reconnaître de façon claire, presque par inadvertance, car l’opportunisme politique n’est guère conciliable avec une prétendue mission divine. Mais c’est pourtant ce qui est arrivé dans l’émission de France 2 « Islam » en ce début décembre 2016, sans que sans doute l’intervenant ne prenne totalement conscience de toute la portée de ses propos et du malaise qu’ils créent au regard du discours lénifiant habituellement en usage. Je suis d’ailleurs étonné que ces propos n’aient pas été coupés au montage, cette émission ayant semble-t-il fait l’objet d’un montage assez compliqué si l’on en juge par les raccords qu’on peut voir si l’on visionne l’émission in extenso.

En effet, parmi les éléments de contextualisation régulièrement évoqués figure en bonne place et à juste titre l’évolution du message de Mahomet entre La Mecque (prédication de 610 à 622) et Médine (de 622 à 632 : la guerre religieuse, c’est-à-dire le « jihad »). Mais alors qu’est invoquée habituellement la traditionnelle légitime défense face à une population devenue ennemie puisqu’elle refuse de se convertir à la nouvelle religion de Mahomet et de reconnaître en lui son chef, l’intervenant fait état, de surcroît sur la base d’une observation « très facile »  ce qui est effectivement le cas –, de motivations beaucoup plus terre-à-terre et au demeurant beaucoup plus naturelles et logiques :

« On remarque que, concernant la période mecquoise, il y a beaucoup plus de versets qui mettent en avant la paix, le pacifisme, la miséricorde, mais qui est explicable conjoncturellement : comme il s’agit d’une communauté minoritaire persécutée, il est préférable pour elle d’appeler à la paix et à la miséricorde. S’agissant de la période médinoise, les versets sont beaucoup plus belligènes. Plus on a une communauté minoritaire, plus les appels à la paix sont nombreux et plus elle devient hégémonique et plus la tentation hégémonique et violente croît. »

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  • Conclusion

Au-delà de l’argument de la prétendue persécution, dont (cf. mes autres articles sur ce site) on ne retrouve guère de traces dans les textes musulmans eux-mêmes (sauf à considérer que la persécution commence dès lors qu’on critique ou qu’on se moque simplement de Mahomet et de sa doctrine), le commentaire de l’intervenant est particulièrement instructif : la communauté musulmane était opportuniste et n’a pas adopté du tout le même comportement étant minoritaire (à La Mecque) ou voyant son influence se renforcer (à Médine) : sa violence s’est exprimée d’autant plus fortement que son importance relative a crû. Qu’ajouter de plus ? Mahomet et la communauté des origines étant des modèles pour tous les musulmans, à bon entendeur…

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (10) Le Coran créé ou incréé : un débat profond, mais qui paraît tout aussi incompréhensible et byzantin que celui de l’abrogation

  • Problématique

Si le contenu de la « théologie » musulmane semble pauvre au point que Tariq Ramadan va jusqu’à écrire « Il n’y a pas de « théologie islamique ». Comparer les discussions, souvent marginales, qui ont eu cours entre les savants musulmans (essentiellement à partir du Xème siècle) avec les réflexions fondamentales qui ont donné naissance à la « théologie chrétienne » est infondé et, dans les faits, une erreur », il est néanmoins un débat doctrinal qui a marqué l’histoire de l’islam, à savoir le fait de déterminer si le Coran est un texte créé ou incréé.

La nature de cette question peut laisser perplexe les esprits raisonnables : il s’agit en effet, semble-t-il, de déterminer si le texte du Coran faisant l’objet de la révélation a existé de tout temps auprès d’Allah (préservé sur une tablette), ou s’il a été créé à l’occasion de la révélation. À première vue, cette question est assez peu compréhensible : à supposer que « incréé » veuille dire « éternel depuis le commencement des temps » (s’il y a eu un commencement…), qu’est-ce que cela changerait par rapport à une création intervenue à une époque historiquement datée puisque, dans les deux cas, c’est la volonté d’Allah qui s’exprime ? Or on n’imagine pas qu’Allah change d’avis comme les hommes, ces créatures versatiles. Et puis on peut se demander alors qui a écrit le texte du Coran sur la tablette.

Pourtant, les grands esprits musulmans ont beaucoup glosé sur cette question, rejoignant en cela les plus grandes extravagances des casuistes juifs ou chrétiens, mais avec des conséquences intéressantes en matière de signification du texte coranique même si le raisonnement peut paraître assez alambiqué et surréaliste.

  • Perspective historique

La question créé/incréé a en effet divisé l’islam dans les premiers siècles après la mort de Mahomet en deux courants opposés, le mutazilisme et l’asharisme, qui se sont déchirés sur les principes d’interprétation du texte coranique.

L’analyse de Michel Onfray est la suivante : « Tout commence avec un problème qui a donné lieu, dans la philosophie musulmane, à d’abondants débats : le Coran a-t-il été créé (thèse mutazilite) ou incréé (thèse asharite) ? Tout découle de la réponse qu’on donne à cette question. Si le Coran a été créé, il l’a été par des hommes qui, même inspirés par Dieu, ont pu se tromper car l’erreur est humaine. S’il ne l’a pas été, c’est qu’il est directement la parole de Dieu ; dès lors, il est vérité absolue et chaque virgule est volonté de Dieu. »

Cette analyse est erronée car dans tous les cas le statut de parole d’Allah n’est pas remis en cause et donc il ne peut pas y avoir d’erreur. La notion d’erreur est par nature impensable s’agissant de la parole d’Allah. Ce qui peut être discuté en revanche est la signification qu’en donnent les hommes en utilisant le seul outil dont ils se trouvent dotés : la raison.

Cuypers & Gobillot écrivent à ce propos : « Avec le mutazilisme, aux VIIIème-IXème siècles, fut franchi un pas important vers une approche critique du Coran, en faisant de la raison le critère ultime de vérité, en théologie comme en exégèse. Cette période fut agitée par un débat théologique crucial : le Coran est-il créé ou incréé ? Optant pour la première solution, les mutazilites libérèrent du même coup la réflexion rationnelle sur le Coran, notamment pour résoudre ses contradictions apparentes sur la prédestination et le libre arbitre, ainsi que les anthropomorphismes. Un court moment triomphant sous le calife al-Mamûn (mort en 833) et ses deux successeurs immédiats, al-Mutasim et al-Wathiq, qui l’imposèrent comme doctrine officielle, le mutazilisme se vit radicalement banni sous le calife al-Mutawakkil (mort en 861), en faveur de la doctrine dite de la Sunna. Ses idées survécurent cependant dans le chiisme imamite et dans le zaydisme, au Yémen, où l’on retrouva, dans les années 1950, nombre d’ouvrage mutazilites que l’on croyait disparus. Le bannissement du mutazilisme de l’enseignement officiel et sa progressive extinction dans l’islam sunnite représentent, aux yeux de beaucoup d’intellectuels musulmans d’aujourd’hui, une catastrophe culturelle aux conséquences incalculables. »

  • Le mutazilisme : pour aller plus loin dans la compréhension

Les lecteurs peuvent s’ils le souhaitent sauter cette section assez « technique » et relative à la nature du mutazilisme, même si elle me semble offrir une compréhension particulièrement claire de ce courant religieux. Je ne fais que reprendre ici les explications fournies dans le livre passionnant de Sylvain Gougenheim « Aristote au mont saint Michel » (Éd. Seuil), consacrée aux racines grecques de l’Europe chrétienne, et qu’on ne peut que recommander à tous de lire.

« Le mouvement des « mu’tazila » apparaît au début du VIIème siècle de notre ère, sous les Umayyades et s’épanouit sous la califat d’Al-Mamûn, devenant même religion officielle en 827. Il le demeura sous ses deux successeurs (…). L’épisode mu’tazilite fut toutefois de courte durée. (…) Aux Xème et XIème siècles, le mu’tazilisme retrouva un second souffle, sous la protection des émirs chiites Bouyides. C’est alors que vécut et enseigna le dernier de leurs théologiens, Abd-al-Jabbar. (…)

Le terme de « mu’tazila » dérive du terme « it’azala » qui signifie « mettre côté, s’éloigner ». (…) Au fondement du mouvement mu’tazilite s’inscrit une revendication de stricte orthodoxie islamique. Leurs adversaires sunnites ont déformé le sens du terme en proclamant que la mu’tazila consistait à se séparer non du faux, mais de l’orthodoxie : les mu’tazilites passaient ainsi pour des hérétiques. (…)

Les mu’tazilites se revendiquaient comme de parfaits monothéistes : la croyance en l’unicité de Dieu est au cœur de leur démarche, ce qui les conduit à refuser toute ressemblance entre le divin et l’homme et, par conséquent, à les dissocier totalement. Ils acceptent donc l’idée de libre arbitre. L’homme est créateur, et ainsi, responsable de ses propres actes : tel l’a voulu Dieu. (…)

La position la plus radicale divine, celle des mu’tazilites, consistait à rejeter l’idée d’un Coran incréé. Cette croyance reposait pourtant sur les versets du Coran proclamant que, aux côtés d’Allah, trônait la « Mère du Livre », dont le contenu, révélé par l’archange Gabriel à Mahomet, fut mis par écrit dans le Coran. Les mu’tazilites y voyaient le risque du grave péché d’associationnisme : admettre l’existence de la Mère du Livre ne revenait-il pas à poser l’existence d’une deuxième Dieu ? (…) L’unicité absolue d’un Dieu purifié de toute association extérieure amène à refuser l’éternité au Coran, par crainte de donner à la parole de Dieu une éternité qui n’appartient qu’à ce dernier – on retrouve là un débat classique du « kâlam ». Le Coran est « la parole de Dieu et sa révélation ; il est engendré et créé ». Cette conception conduit aussi les mu’tazilites à dénier tout attribut à Allah, y compris les célèbres « quatre-vingt-dix-neuf noms de Dieu » qui leur paraissent autant de concessions à l’idolâtrie. 

Contrairement à ce qui est parfois affirmé, le mu’tazilisme ne semble guère avoir été influencé par la philosophie grecque. (…) Il apparaît au début du VIIIème siècle, donc avant les traductions effectuées par les Syriaques [traducteurs chrétiens d’Orient, le plus célèbre étant Hunayn Ibn Ishaq (803-873)]. (…) Ils accordent toutefois une place importante à la raison : cette faculté est à leurs yeux la seule qui permette à l’homme d’exercer son libre arbitre, de discerner le bien du mal et, finalement, de connaître Dieu. (…)

La raison apparaît au service de la révélation coranique, qui est révélation d’une vérité naturelle et intemporelle. Si la raison contredit le Coran, elle sort de la nature, du domaine du libre arbitre et de la responsabilité, elle quitte le monde de la morale ; elle devient déraisonnable, et s’autodétruit. Par conséquent la raison n’est elle-même qu’en étant fidèle à la révélation. (…)

On comprend donc que les mu’tazilites ne s’opposèrent pas au dogme d’un Coran incréé par réaction rationaliste, au sens occidental du terme, mais par piété. On se tromperait en voyant en eux des théologiens « thomistes » avant la lettre, des annonciateurs du rationalisme cartésien, voire des libres penseurs. Eux-mêmes se voulurent toujours parfaitement fidèles à la lettre du Coran. »

  • La position de bon sens de Tareq Oubrou

La position de Tareq Oubrou paraîtra de bon sens à un grand nombre de lecteurs raisonnables, mais paraîtra peut-être simpliste pour les experts de l’islam car elle fait fi de la complexité dogmatique de tous les débats antérieurs, à savoir : il n’y a probablement pas grand-chose de déterminant dans ce débat pour l’homme de la rue. Inutile de trop s’y attarder.

Tareq Oubrou écrit en effet : « Tous les théologiens admettent que le Coran vient de Dieu, abstraction faite des modalités métaphysiques de la révélation, qui diffèrent selon les doctrines. Aussi, historiquement, le fait d’adhérer au dogme du Coran incréé ou à celui du Coran créé n’a eu aucune incidence particulière sur l’interprétation qui en était faite. »

  • Le lien avec la question de l’abrogation

Si ce débat peut paraître ainsi fondamentalement assez abscons, il est intéressant de noter qu’il s’insère dans une problématique plus large sur l’intemporalité de la volonté divine, avec un lien direct touchant à une autre question également assez obscure soulevée par l’islam : la question de l’abrogation (puisque le Coran précise clairement qu’Allah peut abroger des versets pour les remplacer par d’autres). La grande question est alors en effet : Allah a-t-il changé d’avis ? Et si le Coran est incréé, faut-il en conclure que les contradictions du texte coranique – correspondant aux changements d’avis d’Allah – étaient prévues de toute éternité dans ce texte ? Délires insondables de la raison humaine…

Dans le dictionnaire encyclopédique du Coran publié sous la direction de Mohammad Ali Amir-Moezzi, on lit à propos de cette question vertigineuse : « La possibilité même de l’abrogation ne va pas sans poser un problème critique de nature théologique au sein de la doctrine la plus répandue en islam sunnite. Dans le cadre du mutazilisme, qui est une doctrine minoritaire, ce problème n’existe pas. Pour les mutazilites, le principe qui est au fondement de l’institution de la chari’a est « l’intérêt de la création » et, dans cette perspective, l’idée que les choses de la Loi révélée puissent fluctuer est naturelle. (…) Selon le courant théologique majoritaire en islam sunnite, l’ash’arisme, l’idée qu’un changement puisse affecter la loi révélée dans le Coran est immédiatement problématique parce que, dans cette perspective, ce dernier rend compte de la volonté divine en son ultime version et cette volonté est conçue comme souveraine – elle dit ce qu’est le bien et le mal en la version définitive de ces notions –, immuable et non inscrite dans le temps (le Coran, en islam, est considéré comme la dernière des révélations et clôt le cycle de la révélation). Ici, la volonté divine est difficilement conciliable avec les intérêts changeant de la création, ou, plus simplement, avec le changement en tant que tel. (…) Le changement, diront les savants sunnites, a été prévu par Dieu de toute éternité. Il a dès le départ prévu qu’il abrogerait tel de ses commandements à la faveur d’un autre. Cette explication toutefois est bâtarde et ne peut satisfaire personne. Des savants ash’arites, Ibn Barhân par exemple, ont clairement exprimé leur désarroi face à la question de l’abrogation : si le Coran est transhistorique, s’il est, comme Dieu, incréé, il est foncièrement impossible de se représenter qu’il soit changeant. »

Toutes ces questions ne peuvent pas avoir de réponse puisque tous les plus extravagants raisonnements philosophico-religieux sont possibles. Surtout, quel peut bien être l’intérêt de se poser de telles questions, aussi ésotériques ?

  • Conclusion

La réflexion autour de questions comme le créé/incréé ou l’abrogation sont à l’origine de disputes sur le caractère interprétable du Coran qui ont marqué durablement l’islam et ont abouti à des « clôtures dogmatiques » selon la terminologie de Mohammed Arkoun.

Ces discussions byzantines sont aujourd’hui à la source d’un immense paradoxe : au moment où certains musulmans voudraient relativiser le sens et la portée du Coran pour proposer un modèle de société moderne qui sorte le monde musulman de l’obscurantisme, une immense vague d’orthodoxie religieuse (financée par le pétrole) s’est emparée au XXème siècle et encore plus vigoureusement qu’auparavant de ce monde musulman, faisant du Coran un texte « intouchable » dont le caractère sacré interdit toute évolution, relativisation ou simple critique.

Toutes les incohérences, contradictions et anachronismes du Coran apparaissent ainsi de plus en plus au grand jour du fait notamment de la vulgarisation de la connaissance permise par la puissance des outils de communication modernes, mais outils qui sont également utilisés par d’autres pour raviver la flamme du fanatisme identitaire dans le cœur de tous ceux qui ne supportent pas les « affronts » faits à la sacralité des textes de l’islam, pourtant production humaine comme les autres, et auxquels ils cherchent à mettre un terme par la force et la violence.

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (5) Le Coran ne peut être compris qu’en arabe

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  • La problématique

S’il est bien un argument entendu de façon récurrente (presque une ritournelle) par les non arabophones qui commentent ou critiquent le Coran, c’est celui de la langue. Ainsi, pour une raison mystérieuse, les non arabophones se trouveraient privés de tout droit et de toute légitimité en ce domaine (même si nous ne parlons pas ici de style littéraire ou poétique, génie propre à chaque langue, mais bien de sens du texte).

L’arabe serait ainsi la seule langue possédant ses propres concepts, intraduisibles dans une autre langue, puisqu’un tel tabou de principe ne pèse sur aucune autre langue (même pas sur les langues asiatiques dont la structure linguistique et les systèmes de pensée sont pourtant bien éloignées des nôtres). Au risque d’être accusé de caricature, il semblerait donc que les bilingues de naissance en arabe aient un sérieux problème cervical : leur cerveau pourrait raisonner en arabe à propos du Coran mais plus dans une autre langue !

Cessons-là ces enfantillages : il n’y a jamais stricte égalité entre deux mots de deux langues différentes mais on peut trouver des équivalences, quitte à user d’un ensemble de mots pour capter certaines nuances (voire à forger un nouveau mot). Il n’y a pas d’obstacle insurmontable aux esprits de bonne volonté si on s’intéresse au contenu de la pensée.

Mais l’homme de la rue qui s’aventure sur ce terrain doit généralement subir cet anathème de la « bonne » traduction, qui dépend en pratique des vues de son interlocuteur. En d’autres termes, votre traduction n’est certainement pas la bonne si vous n’êtes pas d’accord avec votre interlocuteur arabophone, argument d’ailleurs souvent ressassé par des personnes loin de disposer des connaissances linguistiques et historiques suffisantes pour s’attaquer elles-mêmes sérieusement à cette question (tous les musulmans étant loin d’être arabophones, et surtout dans un arabe qui ne soit pas que dialectal) ; un peu comme si tout anglophone avait le niveau linguistique et littéraire suffisant pour commenter intelligemment Shakespeare.

C’est semble-t-il pourtant la position de Tareq Oubrou dont je vais essayer de décortiquer l’argumentaire.

  • L’argumentaire : le Coran est un texte sacré

Pour Tareq Oubrou, « La traduction du Coran n’est pas le Coran, puisqu’elle n’en est qu’une interprétation ; or l’interprétation du Coran n’est pas le Coran. Pour cette raison, aucune traduction ne saurait être canonisée, afin d’éviter d’imposer une seule lecture du Coran. Un tel problème ne se pose pas pour les Évangiles, car ils ne sont pas la révélation ; ils ne sont qu’un ensemble de témoignages de cette révélation, qui est Jésus. Le régime scripturaire n’est pas le même. »

Cet argumentaire cumule propos confus et erreurs de raisonnement :

1) « La traduction du Coran n’est pas le Coran, puisqu’elle n’en est qu’une interprétation ; or l’interprétation du Coran n’est pas le Coran. »

Cette affirmation est sous-tendue par l’idée que la question de l’interprétation ne serait liée qu’à l’existence de la traduction : si c’est bien ce qu’a voulu dire Tareq Oubrou, c’est absurde. Bien évidemment, la question de l’interprétation se pose d’abord dans la langue d’origine, l’arabe, car il faut bien d’abord savoir quelle idée ou concept on veut précisément traduire.

Ce questionnement n’est d’ailleurs pas propre à l’arabe : il est vrai dans toute langue, les mots ou les tournures étant rarement strictement univoques, dans l’absolu mais aussi par rapport au contexte. Mais le cas du Coran est spécifique tant la clarté du texte paraît discutable aux yeux de l’homme de la rue : il suffit de le lire pour le constater.

Si le nombre de traductions du Coran est très significatif (plus d’une centaine aujourd’hui en France selon l’émission de France 2 « Islam », réalisée par des musulmans), c’est d’abord que le texte d’origine pose un problème de clarté et de lisibilité même en arabe pour les arabophones de naissance (construction des phrases, mots manquants ou originellement illisibles, aucune logique dans la construction de la suite des versets, etc.). L’arabe était d’ailleurs loin d’être stabilisé et codifié linguistiquement au VIIème siècle.

Cela étant, des travaux d’orientalisants et d’islamologues (musulmans ou non) de grand renom, ayant passé leur vie à se pencher sur la question, ont été menés depuis de nombreuses années et ont permis de livrer des traductions tout à fait reconnues et « raisonnables ». Donc appuyons-nous sur eux et cessons de tergiverser, d’autant que le Coran ne manipulant aucune notion théologique complexe, il ne s’agit que de traiter de notions simples ; ce n’est pas de la physique quantique ! On est loin du bagage intellectuel nécessaire pour comprendre l’équation de Schrödinger.

2) « Un tel problème ne se pose pas pour les Évangiles »

Cette affirmation est fausse. Les Évangiles sont effectivement assez clairs pour l’homme de la rue et les principaux messages de nature morale qui y figurent sont compréhensibles pour qui sait lire, même sans bagage culturel important. C’est sans doute la raison pour laquelle la question de la traduction ne représente pas un enjeu crucial pour l’immense majorité des chrétiens et que l’accord s’est fait autour de quelques traductions de référence.

Cela étant, il n’en reste pas moins que les Évangiles contiennent ou font référence à des concepts religieux difficiles, voire mystérieux, qui peuvent partager les spécialistes sur des points précis de théologie assez pointue : le fils de l’homme, le Paraclet, le Saint Esprit, l’incarnation et la crucifixion du Fils de Dieu, la rédemption, l’accomplissement (et non l’abolition) de loi juive, etc.

3) « Les Évangiles ne sont pas la révélation : le régime scripturaire n’est pas le même »

Nous touchons là la pierre angulaire de l’argumentaire : un même texte (donc strictement les mêmes mots) ne saurait ainsi avoir le même statut, et donc la même signification, selon qu’il est déclaré d’origine divine ou non. Nous nous enfonçons ici dans les abîmes de la confusion mentale.

Au-delà de l’explicitation nécessaire à partir d’un exemple précis du sens de ce propos – qui est à première vue assez obscur –, qui décide que le texte est d’origine divine ? L’homme, puisque personne n’a jamais entendu Dieu parler ; ou alors, il faut l’enregistrer, cela fera du buzz sur internet. En d’autres termes, le recours à la divinité permet de s’affranchir de toute limite rationnelle et de dire ce qu’on veut sans aucune justification rationnelle objective.

  • L’obscurité du Coran

Cette référence à un divin, finalement incompréhensible, renvoie à un autre passage où Tareq Oubrou écrit : « Tout cela appelle le croyant à l’humilité intellectuelle. En effet, les fanatismes et intégrismes religieux trouvent leurs racines dans cette idée simpliste que l’on pourrait sonder l’intention de Dieu en se limitant dévotement, voire bêtement, à prendre un texte au pied de la lettre. L’interprétation du texte n’est pas le texte et, de ce fait, l’interprétation du sacré n’est pas sacrée. »

Ainsi, il faudrait, et dans certains cas seulement, ne pas comprendre tout simplement ce qui est écrit au prétexte que cela vient d’Allah, qui, comme on le sait, ne sait pas s’exprimer correctement à propos de choses élémentaires. La lecture « littérale », qui est tout simplement la lecture de bon sens qu’on apprend à l’école, n’a plus droit de cité pour une raison obscure. Et que veut dire cette incantation répétée « L’interprétation du texte n’est pas le texte » puisque déjà abordée plus haut ?

D’ailleurs, Tareq Oubrou reconnaît lui-même que le Coran n’est pas un modèle de clarté, car il parle même d’anarchie : « Un livre qui se revendique comme vrai, comme le Coran, ne doit pas refuser la critique intellectuelle objective. Reste que cette méthode est difficilement applicable à un texte aussi anarchique épistémologiquement. De plus, à la différence de la Bible, le Coran est surtout un texte métaphysique, dans le sens où l’on n’y trouve ni datations, ni généalogie, ni chronologie, ni indications géographiques. »

Le Coran est un texte peu lisible (il faut en faire soi-même l’expérience) au point qu’il met lui-même en garde contre sa propre obscurité, comme l’indique clairement le verset 7 de la sourate 3, ce qui est quand même inouï pour un texte réputé par ailleurs parfait par ses laudateurs : « C’est Allah qui a fait descendre sur toi le Livre : il s’y trouve des versets sans équivoque, qui sont la base du Livre [le Coran], et d’autres versets qui peuvent prêter à interprétations diverses. Les hommes qui ont au cœur une inclinaison vers l’égarement, mettent l’accent sur les versets équivoques (obscurs*), cherchant la dissension en essayant de leur trouver une interprétation, alors que nul n’en connaît l’interprétation, à part Allah. Mais ceux qui sont bien enracinés dans la science disent : « Nous y croyons : tout est de la part de notre Seigneur ! » Mais, seuls les doués d’intelligence se le rappellent. »

* « équivoques » chez Blachère, « obscurs » chez Masson (« mutasabihat » : qui nécessitent des explications, sujets à interprétation diverses, ce qui revient à dire « obscurs » au sens de la littérature classique française cf. Art poétique de Boileau ou de la mathématique), « allégoriques » chez Kasimirski. On peut retenir « obscur » dans la mesure où cela signifie que le sens n’en est véritablement clair et connu que par Allah.

On se demande bien alors à quoi servent les versets « équivoques » ou « obscurs » et pour quelle raison Allah n’a pas livré plutôt que des versets clairs. Et si Allah comprend seul la signification des versets obscurs, que signifie alors « Nous y croyons » puisqu’on ne sait pas à quoi on doit croire ? Décidément, les voies d’Allah sont impénétrables !

  • Conclusion

La dialectique musulmane proposée par Tareq Oubrou a ceci d’amusant et de pratique qu’elle permet de parvenir au résultat qu’on veut puisque la raison en est absente. Le Coran se proclamant seul la transcription en arabe de la parole de Dieuentité nébuleuse dont personne n’a jamais démontré l’existence et que chacun conçoit au gré de sa fantaisie –, il se veut incomparable à tout autre texte religieux. Et si Mahomet avait mal entendu les paroles de Dieu ? Peut-être Mahomet était-il malentendant sans le savoir ?

Inutile de polémiquer sur l’existence de Dieu ou non, qui est une question indécidable. Même en mettant de côté le caractère divin ou non de Jésus (ce qui est une question de foi), il reste qu’on peut trouver dans les paroles ou les comportements du Christ l’expression d’une sagesse qui interpelle, tout comme dans les paroles attribuées à Bouddha (le bouddhisme étant une spiritualité sans Dieu entendu au sens monothéiste).

Aussi, la question beaucoup plus fondamentale n’est-elle pas plutôt finalement : quelle sagesse nouvelle est censée émerger de l’islam que l’Occident et l’Asie n’auraient pas déjà produite ? Ou plus directement et plus simplement : à quoi sert l’islam ? Le débat est ouvert. N’hésitez pas à y contribuer.

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (4) La critique de l’islam

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  • La liberté d’expression : un droit fondamental

La liberté d’expression est un des droits les plus fondamentaux de la personne humaine, mais il faut reconnaître que celui-ci est de plus en plus mis à mal en France par des lois scélérates qui prétendent imposer sur certains sujets la « bonne façon » de penser. C’est le propre de l’arrogance française, particulièrement développée au sein de l’« intelligentsia », ensemble des « intellectuels » qui se sentent investis d’une « mission » pour assurer le progrès de l’humanité. Penser peut aujourd’hui en France vous conduire en prison…

Or s’il est un domaine où la liberté doit être totale, c’est bien celle de la liberté de critiquer les religions. L’empêcher reviendrait à limiter l’homme dans la conception même qu’il peut se faire du sens de son existence.

Oui, on peut trouver que telle ou telle religion ou spiritualité – ou personnage de l’histoire religieuse – est totalement absurde ou grotesque. Oui, on peut trouver ridicule de penser qu’il soit possible de marcher sur l’eau ou qu’un cheval ailé ait réellement transporté son cavalier dans un voyage nocturne fabuleux jusqu’au ciel.

Au-delà de ce merveilleux dont les hommes ont souvent besoin, il est normal que la critique sans concession soit de la partie puisque les religions et spiritualités sont elles-mêmes incompatibles entre elles sur de nombreux points. Or il ne peut y avoir qu’une vérité.

  • Critique de l’islam et droit laïc : un constat à contrecœur de Tareq Oubrou

Si la liberté de critiquer l’islam n’existe guère dans les pays musulmans, cette liberté subsiste encore heureusement en France. Tareq Oubrou le reconnaît mais on sent bien à la lecture de son texte qu’il s’en désole lorsqu’il écrit : « Le droit positif laïque le permet. Il est possible de critiquer et même de ridiculiser une religion et, indirectement, ses adeptes. Il n’en reste pas moins vrai que (…) »

  • Comment justifier la censure : le spectre du nouvel antisémitisme

Face à ce constat fait à contrecœur sur lequel il ne peut pas en droit encore grand-chose aujourd’hui en France, Tareq Oubrou tente néanmoins de justifier la censure (ou l’auto-censure) de la liberté d’expression qu’il souhaite par la culpabilisation et l’accusation de racisme anti-musulman, eldorado de ce nouvel antisémitisme. En effet, la suite de la phrase citée ci-dessus est : « (…) en critiquant l’islam ou même l’islamisme, c’est toujours à l’Arabe que l’on pense, consciemment ou inconsciemment. C’est un racisme qui s’ignore ou qui ne dit pas son nom. »

À vrai dire, ce propos est assez détestable. C’est une approche perverse et qui veut convaincre par un raisonnement faux.

D’abord, critiquer l’islam n’est pas critiquer l’Arabe puisqu’il y a des Arabes qui ne sont pas musulmans et qu’une grande partie des musulmans sont asiatiques. Mais on peut comprendre que le tropisme moyen-oriental et surtout maghrébin de Tareq Oubrou le conduise à focaliser le sujet sur ce périmètre (au-delà de la question ethnique de l’arabité, sujet complexe).

Ensuite, l’idée que même sans en être conscient, la critique de l’islam se résume toujours à une racine qui serait le racisme, est un pur procès d’intention. Il n’est guère besoin d’épiloguer, tellement il est odieux, sur ce point de vue qui rappelle furieusement les écrits et propos d’Edwy Plenel, Fouquier-Tinville moderne du journalisme bien-pensant. Rappelons seulement à ce sujet les critiques virulentes de l’islam formulées par Malek Chebel (Manifeste pour un islam des lumières), Abdennour Bidar (Lettre ouverte au monde musulman), Tariq Ramadan (La réforme radicale), personnalités qu’on peut difficilement accuser de racisme anti-Arabes.

Enfin, dire à quelqu’un qu’il est dans l’égarement le plus complet ou développe des idées grotesques ne signifie pas contester sa dignité de personne humaine : ce sous-entendu est absolument ridicule. À cette aune, il ne faudrait jamais tenter de démontrer à quiconque qu’il a tort et donc la dispute ne serait pas possible !

  • Conclusion

Tareq Oubrou verse dans la pente facile mais terriblement nauséabonde de la stigmatisation, pourtant dénoncée maintes fois par les islamologues musulmans un peu plus éclairés, jusqu’à Tariq Ramadan. C’est le propre des personnes marquées par une affectivité à fleur de peau et qu’elles ont bien du mal à maîtriser.

Tareq Oubrou semble avoir les plus grandes difficultés à défendre l’islam par la seule voie de sa raison et supporte en conséquence très mal les critiques adressées à sa religion. Il ne peut absolument pas concevoir que, par empathie humaine et par conviction de la fausseté de la doctrine musulmane, certains cherchent à sortir les musulmans de l’égarement où ils se trouvent et considèrent que combattre l’islam, c’est faire œuvre humanitaire.

L’instrumentalisation par l’islam de la figure de Gabriel à des fins politiques

La prétention de Mahomet à appartenir à la filiation monothéiste du judaïsme puis du christianisme avait pour objectif politique l’appropriation/récupération de cet héritage religieux pour asseoir sa légitimité et sa crédibilité personnelle en tant que dernier prophète d’une longue tradition. C’est ce qui explique l’insistance mise par Mahomet (et par les musulmans jusqu’à nos jours) à vouloir trouver par tous les moyens dans la Torah ou les Évangiles des passages que les musulmans essaient d’interpréter comme une annonce de la venue de Mahomet.

Pour tenter de conforter cette thèse aux yeux des croyants musulmans, Mahomet s’est par ailleurs approprié les figures symboliques de la Bible, et notamment celle de l’ange Gabriel dont le rôle est mentionné dans la Torah et qui, selon la tradition chrétienne, est venu (entre autres) annoncer à Marie le futur enfantement de Jésus.

Ainsi, selon la tradition musulmane, c’est l’ange Gabriel qui, dans la révélation, a servi d’intercesseur entre Allah et Mahomet : c’est dire s’il s’agit là d’un rôle d’une importance tout à fait considérable. Il est donc intéressant d’analyser dans quelles conditions cette récupération de la figure de Gabriel par Mahomet a eu lieu.

  • La figure de Gabriel dans le Coran : une figure quasiment absente

Compte tenu de l’importance de Gabriel dans le statut de la révélation, on s’attendrait à trouver dans le Coran de multiples passages le mentionnant clairement. Or, force est de constater que Gabriel est quasiment absent du Coran.

Comme l’indique le Dictionnaire Encyclopédique du Coran (ouvrage de référence rédigé sous la direction de Mohammad Ali Amir-Moezzi) : « Gabriel, d’après le Coran, n’y est mentionné que trois fois seulement de façon explicite (sourate 2, versets 97 & 98 ; sourate 66, verset 4). » Il s’agit des versets suivants :

Coran, sourate 2, verset 97. Dis : « Qui est ennemi de Gabriel ? » C’est lui qui, avec la permission d’Allah, a fait descendre sur ton cœur [celui de Mahomet] cette révélation qui confirme les messages antérieurs et sert de direction et de bonne nouvelle aux croyants.

Coran, sourate 2, verset 98. Celui qui est ennemi d’Allah, de Ses anges, de Ses apôtres, de Gabriel, de Michel, – Allah est l’ennemi des infidèles –.

(NB : Coran, sourate 2, verset 99. Nous t’avons révélé des versets parfaitement clairs. Seuls les pervers n’y croient pas.)

Coran, sourate 66, verset 4. (…) Gabriel est le Saint des croyants [le soutien d’Allah] (…).

Jacqueline Chabbi (professeur en études arabes à l’université de Paris VIII, spécialiste du monde musulman médiéval) remarque : « Même lorsque Gabriel est finalement nommé, il n’y a pas de commune mesure avec le rôle de premier plan qui lui est attribué plus tard en dehors du texte coranique proprement dit. (…) Le corpus coranique de Gabriel se résume en tout et pour tout à deux passages qui n’ont d’ailleurs rien à voir l’un avec l’autre. Le premier (C66/4) place l’inspirateur présumé de Mahomet au centre d’un conflit matrimonial. Le second passage (C2/97-99), qui cite Gabriel à deux reprises, est particulièrement ambigu, comme si le texte avait subi des altérations. »

Elle ajoute : « Le moins que l’on puisse dire, est que cette séquence de versets de C2/97-99 pose problème, quant à sa formulation, sa compréhension, et quant au rôle qui est attribué à Gabriel. C’est pourtant sur le verset interrompu dans sa première partie de C2/97 que repose la charge de la transmission exclusive de la révélation imputée à Gabriel par la tradition musulmane. (…) C’est (…) sur cette base très étroite que s’est développée la représentation musulmane hypertrophiée de la figure de Gabriel

Le Dictionnaire Encyclopédique du Coran indique par ailleurs que « selon la tradition exégétique, de nombreux versets y font également allusion » mais il s’agit là d’extrapolations hypothétiques, l’occurrence la plus remarquable au dire des musulmans étant :

Coran, sourate 53, versets 4 à 6. C’est seulement une révélation qui lui [à Mahomet] été inspirée. Le puissant, le fort la lui a fait connaître. Celui qui possède la force [qui serait donc l’ange Gabriel] s’est tenu en majesté.

Comme le souligne Jacqueline Chabbi : « Gabriel brille dans le Coran de la première période par son absence totale. Là encore, le hiatus est énorme entre le texte même du Coran et le discours de la tradition de l’époque califale. »

  • Gabriel : une « découverte tardive »

Pour Jacqueline Chabbi, « C’est presque a posteriori, peu de temps avant sa mort, qui marque la fin de la période coranique proprement dite, que Mahomet semble découvrir le nom de celui qui passera, dans la tradition postcoranique, pour son inspirateur initial. Les deux uniques passages – dont l’un contient d’ailleurs deux mentions successives – de C2/97-98 et C66/4 sont extrêmement tardifs dans la chronologie coranique. Le sens à donner à ces deux versets qui sonnent comme une mention innovante que rien ne laissait auparavant présager est très problématique. Si Gabriel n’est pas mentionné dans les sourates réputées anciennes, il n’y a pas lieu de penser qu’il y est présent de manière sous-jacente, comme le soutiennent les exégètes musulmans tant médiévaux que modernes, et qu’on peut le reconnaître en interprétant le texte qui l’ignore. »

Jacqueline Chabbi poursuit : « Ignorant toute chronologie du texte, la tradition musulmane d’après le Coran considère donc que Gabriel est là sans avoir besoin d’être nommé. (…) Au grand dam de l’analyse historique du texte coranique, ce sont des passages visionnaires anciens dans lesquels Gabriel n’est pas nommé qui donnent prétexte de se dire à de telles interprétations (C81/15-25, C53/1-18). Selon les lectures qui se fondent sur ce type de présupposé et sur une pure logique de croyance, c’est encore Gabriel et nul autre qui commanderait donc à Mahomet : « Répète au nom de ton Seigneur qui créa l’homme de sang coagulé ». Ce début de la sourate 96 (1-5) est vu, en contexte musulman traditionnel, comme constituant les premiers versets coraniques révélés. Sans que le texte coranique y soit pour rien, il met en scène Gabriel dans un rôle majeur. Il est présenté comme celui qui contraint Mahomet, encore inconscient de son destin prophétique, à proférer les premiers mots de la révélation. »

Ainsi, pour Jacqueline Chabbi, « Ce qui n’est qu’allusif dans le Coran devient détaillé dans la littérature du hadith et de la Sîra. L’ange Gabriel y est décrit comme le compagnon de Mahomet, celui qui l’accompagne et le guide pendant toute sa vie, en toutes circonstances. »

  • Conclusion

La question de savoir si un ange prénommé Gabriel aurait effectivement murmuré à l’oreille de Mahomet ne peut que laisser tout homme raisonnable hautement perplexe et dubitatif. Il faudrait interviewer Gabriel pour savoir ; mais nul n’a encore trouvé le moyen de monter au ciel de son vivant et d’en revenir dans le même état pour en témoigner. En réalité, cette question est rationnellement absurde et n’a sur le fond aucune importance en l’absence de toute possibilité de vérification objective. C’est une question de foi : conviction pour les croyants, élucubrations pour les autres.

Cette question témoigne surtout et clairement – l’islam n’étant qu’une invention purement humaine, sauf preuve du contraire que l’on attend toujours – de la tactique politique mise en œuvre par Mahomet (ou plus généralement par l’islam) pour tenter de se donner une filiation qui confère une légitimité innée, valant dogme inattaquable. Une « preuve » beaucoup plus convaincante de la valeur de l’islam aurait été la qualité de sa spiritualité et la nouveauté de son message : mais si l’on met de côté les emprunts massifs faits par l’islam au judaïsme (dans de multiples domaines), la moisson originelle semble bien chiche et de peu de poids.

Raison et critique en islam : des concepts mort-nés ?

L’émission de France 2 « Islam » a consacré récemment une réflexion au rapport de la raison et de la révélation en islam. Plusieurs séquences sont intéressantes à commenter car elles touchent à des questions philosophico-religieuses fondamentales – même si elles paraissent un peu conceptuelles ou techniques, et sont souvent très mal connues (y compris par les musulmans) –, les réponses apportées ayant eu des conséquences concrètes déterminantes sur le modèle prôné par l’islam depuis des siècles.

  • Le débat asharisme/mutazilisme ou « peut-on critiquer le Coran ? »

L’islam a connu il y a un peu moins de mille ans une opposition de points de vue fondamentale entre les tenants de l’application au Coran de la méthode de raison critique et l’exégèse rationnelle (les mutazilites) et ceux qui ne l’acceptaient pas (les asharites).

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Pour résumer, les mutazilites n’ont pas eu de gain de cause, ce qui revient à dire grosso modo que le monde musulman a refusé que Coran et les autres textes sacrés deviennent des objets d’étude soumis comme n’importe quels textes historiques à une démarche historico-critique, provoquant ainsi une sclérose définitive de la pensée musulmane.

  • Le modèle du Prophète Mahomet : que valait son « savoir » ?

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Le « savoir » de Mahomet (savoir entre guillemets car cela ne correspond bien évidemment pas à un savoir scientifique dont on peut donner la moindre preuve : c’est juste des opinions et une croyance, ni plus ni moins) est considéré comme un savoir supérieur à tous les autres : ce point est souvent négligé en Occident alors qu’il est fondamental car Mahomet constitue le beau modèle à imiter pour tous les musulmans.

En réalité, la simple lecture du Coran et des textes sacrés musulmans originels montre qu’ils ne contiennent pas de savoir au sens moderne du terme, ni guère de développements consacrés à la philosophie ou de morale pour aboutir à une sagesse : l’essentiel de la doctrine coranique se résume au principe d’unicité de Dieu (« tawhid ») et à une suite de règles à appliquer et de comportements à suivre, tout cela sous la férule d’Allah qui est prêt à punir durement tous les déviants, l’imitation du comportement de Mahomet étant supposé constituer la perfection. Le terme usurpé de « savoir » appliqué à Mahomet a surtout pour objectif essentiel de glorifier la personne du Prophète. On réfléchit cent fois plus en lisant Platon.

En revanche, que sur une base extrêmement faible des esprits brillants aient pu échafauder en islam ultérieurement tout au long des siècles des cathédrales intellectuelles subtiles, aussi artificielles que complexes, ne fait pas de doute mais ne constitue en rien une preuve de la profondeur revendiquée du texte d’origine. Ceci n’est d’ailleurs pas propre à l’islam et l’on retrouve ce phénomène de façon plus générale en philosophie. L’homme ne manque pas d’imagination pour échafauder les théories les plus folles pour expliquer le monde et sa destinée, son orgueil démesuré le portant à croire que sa petite intelligence est un instrument adapté pour saisir le sens de l’univers.

  • L’islam d’Occident peut-il sauver l’islam ?

Face à la fossilisation intellectuelle du monde musulman, il est assez étonnant d’entendre le journaliste envisager que l’islam d’Occident puisse constituer une « planche de salut » pour l’islam des pays musulmans :

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Rappelons quelques constats faits par Tareq Oubrou lui-même : « Les musulmans ne sont jamais invités à se remettre en question [lors de la prière du vendredi à la mosquée]. L’islam leur est présenté comme LA solution universelle. » Ou encore : « Pour qui veut lutter contre l’obscurantisme qui frappe aujourd’hui le monde musulman, la France n’est pas forcément un endroit de tout repos. (…) Tout discours élaboré sur Dieu, l’interprétation du Coran ou la nécessité d’adapter sa pratique à un environnement sécularisé s’apparente pour la plupart des musulmans, en particulier les jeunes littéralistes, à un blasphème. » Il n’est donc guère étonnant que l’apport de l’islam au monde moderne soit depuis plusieurs siècles quasi inexistant.

En réaction à la remarque « Le problème des réformateurs de l’islam, c’est qu’on ne les trouve que dans deux endroits : les universités françaises et les cimetières du monde musulman. » (citation de l’éditorialiste italien d’origine égyptienne Magdi Allam, récemment converti de l’islam au catholicisme), Tareq Oubrou commente en disant : « Je pense que c’est un peu exagéré ». Cela ne laisse guère d’espoir.

  • Conclusion : l’islam d’Occident ne peut pas sauver l’islam originel, sauf à le déconstruire

Comme toujours, ces échanges sur l’islam mettent totalement de côté la geste prophétique de Mahomet telle qu’elle ressort des textes musulmans eux-mêmes, caractérisée par l’incapacité à convaincre par la seule spiritualité ce qui aboutit nécessairement à la violence et à la guerre (le jihad: il s’agit en effet tout simplement d’une démarche de chef de clan pour lequel la religion n’est qu’un prétexte (peut-être sincère) en vue de l’établissement d’un pouvoir personnel et dictatorial.

Vouloir faire évoluer l’islam, c’est remettre en cause la valeur des faits et gestes de Mahomet ainsi que l’actualité et l’applicabilité du Coran, et donc son statut de texte divin, sacré, définitif. Dans ce domaine, les expériences précédentes en islam ont été des échecs et il n’y a aucun élément nouveau qui puisse conduire à penser qu’il en sera différemment demain.

Il n’y a probablement d’alternative qu’entre l’islamisation démographique de l’Europe (au mieux la libanisation par le communautarisme) ou l’apostasie des musulmans d’Occident qui auront compris, si on prend soin de leur expliquer, la nature réelle de l’islam car l’immense majorité en ignore les fondements réels.

Sortir de l’islam en apostasiant

Il est rarissime, et d’ailleurs extraordinairement surprenant compte tenu de la censure qui règne sur les médias de la démocratie populaire française, que l’apostasie des musulmans soit évoquée à la télévision française, et qui plus est de façon assez objective, sans éviter le tabou de la peine de mort qui s’abat sur les pauvres malheureux qui ont l’idée d’apostasier et celui de l’incompatibilité de l’islam avec les valeurs françaises qu’évoque les apostats qui connaissent bien l’islam.

Je donne ici à chacun l’occasion de visionner ce court reportage récent et tout à fait intéressant dans le cadre de l’émission « C dans l’air ».

Apostats 2015

Apostats 2015

Lors du débat sur la liberté de conscience en islam qui s’est tenu en novembre 2015 à l’Institut du Monde Arabe, Abdennour Bidar s’est en revanche bien gardé d’inviter un apostat : cela aurait pourtant été une excellente façon d’aborder ce débat.

Ce devrait être à l’Église catholique, si elle croit véritablement en son message, d’organiser la prédication vis-à-vis des musulmans pour les pousser à la conversion au christianisme : c’est ce qu’a demandé Jésus-Christ aux chrétiens à l’égard de tous. Le fait-elle ? Rien n’est moins sûr… L’Église s’est noyée depuis quelques décennies dans un œcuménisme béat qui l’a transformée en zombi ; elle n’est plus que l’ombre d’elle-même et n’ose plus proclamer la valeur de sa foi.

Pour éclairer les Français sur la nature réelle de l’islam, rien ne vaut la lecture de ses textes authentiques (Coran, hadiths, vie de Mahomet), reconnus par tous les musulmans, car les Français en réalité savent rarement de quoi il retourne. L’islam de France devrait se réjouir d’une telle démarche faisant découvrir aux Français le contenu même des textes musulmans.

Pour vous y aider – cette lecture étant austère et pas vraiment drôle –, une synthèse de ces textes est disponible : il suffit de se donner la peine de la lire, l’essence de cette idéologie religieuse étant résumable en quelques pages. Cette synthèse, disponible ici, n’a pas la prétention d’être incontestable mais elle a au moins le mérite de s’appuyer sur des textes 100% vérifiables.

Faites-vous votre propre opinion !