Le monde arabo-musulman peut-il ressortir de l’obscurité scientifique dans laquelle il est plongé depuis des siècles ?

La prétention de l’islam à détenir la vérité ou à être à la source de toute vérité – en particulier scientifique –, le Coran étant par essence un livre parfait donc supposé fonder toute vérité, fait partie des aberrations communes à certaines autres religions ou spiritualités. Cette prétention à la perfection ressort clairement du verset 88 de la sourate 17 : « Dis : même si les hommes et les djinns s’unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne sauraient produire rien de semblable, même s’ils se soutenaient les uns les autres ».

La lumière censée être apportée par le Coran a toujours été un marqueur symbolique de cette arrogance au point que des ouvrages publiés encore aujourd’hui en font leur titre, comme par exemple : « Le Coran livre de lumière » de Mohammed Yacine Kassab publié aux éditions Essalam en 2014.

L’émission de France 2 « Islam » du 9 septembre 2018 a été une nouvelle fois l’occasion de revenir sur ce phénomène à l’occasion d’une conférence sur la lumière faisant état d’un projet international situé en Jordanie auxquels les pays européens et les États-Unis participent en tant qu’observateurs :

France 2 Islam 180909 Apport civilisation musulmane 1 Extrait 1

Remontant à Mahomet, un des intervenants disserte au cours de cette émission avec une certaine emphase sur le verset 35 de la sourate 24 qui évoque l’image de la lumière : « Allah est la lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est semblable à une niche où se trouve une lampe. La lampe est dans un récipient de cristal et celui-ci ressemble à un astre de grand éclat ; son combustible vient d’un arbre béni ; un olivier ni oriental ni occidental dont l’huile semble éclairer sans même que le feu la touche. Lumière sur lumière. Allah guide vers sa lumière qui il veut. Allah propose aux hommes des paraboles et Allah est omniscient. » À vrai dire, difficile de tirer grand-chose de ce symbolisme assez banal.

France 2 Islam 180909 Apport civilisation musulmane 1 Extrait 2

L’histoire des sciences montre que la science arabo-musulmane n’a guère brillé dans le domaine scientifique depuis un millénaire, c’est-à-dire depuis les quelques savants des XIème ou XIIème siècle qui sont toujours cités en exemple, en particulier Ibn al-Haytham (avec l’extériorité des rayons lumineux par rapport à l’œil) et on peut légitimement s’interroger sur la réalité des travaux menés et des progrès réalisés dans cet institut contemporain, les savants arabes y travaillant « discrètement ».

France 2 Islam 180909 Apport civilisation musulmane 1 Extrait 3

Où sont dans le monde arabo-musulman, depuis mille ans, les équivalents des immenses scientifiques occidentaux qu’ont été Newton, Leibniz, Michelson-Morley, Poincaré, Einstein, Feynman, etc . ? Et surtout, pourquoi vouloir à toute force rattacher la science à la religion – idée saugrenue –, si ce n’est pour tenter désespérément de redorer le blason d’un islam qui n’a jamais favorisé l’esprit critique, et par voie de conséquence l’esprit scientifique ?

Si l’islam a un secret, ce n’est sans doute pas celui qu’on croit

Les hommes de médias savent que, compte tenu de l’épouvantable médiocrité de la nature humaine, le sensationnalisme paie souvent. Ne voit-on pas toutes ces chaînes de télévision ou ces radios se vautrer pendant des heures dans la fange des catastrophes naturelles ou autres accidents épouvantables, n’ayant pourtant rien d’intelligent à en dire ?

Pour élever le débat et sortir des sentiers battus, mieux vaut se tourner vers ceux qui ont vraiment des choses à dire et dont le courage leur permet de passer outre aux tabous et aux menaces, par exemple : Radio Courtoisie (à la radio, ou sur internet dans les régions où le CSA réussit à la censurer, des tentatives d’étouffement étant toujours en cours aujourd’hui au nom sans doute de la liberté d’expression), « Répliques » sur France Culture avec Alain Finkielkraut, la revue « Éléments », ou encore (il faut l’espérer) la prometteuse émission de Frédéric Taddéi « Interdit d’interdire » sur l’abominable média Russia Today France « RT France » (car non contrôlé par le gouvernement français ou ses oligarques inféodés et où ne sévissent pas les journalistes français aux ordres de la macronie ou de la bien-pensance altermondialiste). Car, dans tout cela, seule compte la défense de la liberté d’expression.

Le sensationnalisme (morbide, sentimental, historique, etc.) marque aussi de son empreinte le monde de l’édition. Si un titre se doit d’être accrocheur, il faut savoir rester raisonnable ; or l’outrance se porte bien. En particulier, combien de « secrets » ne sont-ils pas censés être révélés par des livres, des émissions de radio ou de télévision ? Car pour tenter de pousser sa notoriété au niveau où son égocentrisme frustré l’appelle, l’auteur médiocre doit se distinguer par la nouveauté à tout prix du propos, voire la révélation d’un « secret », en couronnant le tout si possible d’un soupçon de complotisme face à « l’histoire officielle » .

Malheureusement, la réalité est souvent plus triviale. Dans un précédent article, j’ai attiré l’attention du lecteur sur un constat évident et important rappelé par Jérémy Ferrari, le seul humoriste français qui ait probablement jamais lu le Coran avec un minimum d’application : la plupart des musulmans ne connaissent pas leurs propres textes sacrés.

Jérémy Ferrari 2013 Connaissance du Coran

Quiconque lit sérieusement – et avec un tant soit peu d’esprit critique naturellement – le Coran et les hadiths a de grandes chances d’en venir à la conclusion que l’islam n’est pas une religion de prix Nobel. Les multiples contradictions de la doctrine, la régurgitation incompréhensible et inutile de l’histoire biblique dans le Coran, la pauvreté spirituelle du propos qui se résume peu ou prou, en tout et pour tout, à l’unicité d’Allah (« tawhid »), la substitution d’une richesse de pensée par la multiplication de rituels qui enrégimentent le croyant jusqu’à aboutir à une forme de claustration mentale (mais qui peut apporter une certaine sérénité et donc du bonheur), l’absence de réflexion et d’un véritable esprit critique : ne serait-ce pas cela en réalité le vrai secret de l’islam ?

C’est sans doute ce qu’Alfred de Musset a ressenti et exprimé, avec l’esprit de son époque, lorsqu’il écrivit le poème « Namouna », dont voici un extrait :

« Lecteur, si tu t’en vas jamais en Terre sainte,
Regarde sous tes pieds : tu verras des heureux.
Ce sont de vieux fumeurs qui dorment dans l’enceinte
Où s’élevait jadis la cité des Hébreux.
Ces gens-là savent seuls vivre et mourir sans plainte :
Ce sont des mendiants qu’on prendrait pour des dieux.

Ils parlent rarement, — ils sont assis par terre,
Nus, ou déguenillés, le front sur une pierre,
N’ayant ni sou ni poche, et ne pensant à rien.
Ne les réveille pas : ils t’appelleraient chien.
Ne les écrase pas : ils te laisseraient faire.
Ne les méprise pas : car ils te valent bien.

C’est le point capital du mahométanisme
De mettre le bonheur dans la stupidité.

Que n’en est-il ainsi dans le christianisme !
J’en citerais plus d’un qui l’aurait mérité,
Et qui mourrait heureux sans s’en être douté !
Diable ! j’ai du malheur, — encore un barbarisme.

On dit mahométisme, et j’en suis bien fâché.
Il fallait me lever pour prendre un dictionnaire,
Et j’avais fait mon vers avant d’avoir cherché.
Je me suis retourné, — ma plume était par terre.
J’avais marché dessus, — j’ai souillé, de colère
Ma bougie et ma verve, et je me suis couché. »

Or, habitués à débattre avec le secours de la raison, les Occidentaux semblent incapables de comprendre le phénomène de l’islam auquel ils sont confrontés. Cette propension en islam à répéter sans esprit critique des maximes et des comportements enseignés par tradition explique sans doute en grande partie pourquoi le dialogue raisonné avec la masse des musulmans est impossible : d’autant que confronter les musulmans à leurs propres textes sacrés et notamment à la biographie (Sîra) de Mahomet (qui fournit une description épouvantable de cet individu) est proprement insoutenable, ce qui conduit presque à coup sûr le mécréant trop critique à se voir – sans argumentation (l’expérience le confirmera immédiatement aux novices qui voudraient tenter l’expérience) – accuser de mensonge ou à subir une agressivité immédiate rendue prétendument légitime par des propos ressentis comme blasphématoires à l’égard du « Prophète » (un simple « mauvais regard » pouvant même justifier des mesures punitives en raison sans doute de la douleur provoquée par la mise à nu visuelle de cette infirmité spirituelle).

Cela étant, les musulmans, entretenus dans le culte de la vengeance post-coloniale par des Occidentaux en mal d’identité, frappés par le flux et le reflux d’une évolution sociétale qui ne leur propose en France aujourd’hui d’autres perspectives que la déferlante de l’homosexualité que l’islam abomine – suivie de près par ses rejetons que sont la P.M.A. et la G.P.A. – et qui s’accompagne de la dévirilisation sociale et sexuelle de l’homme dans un climat d’hystérisation féministe,

la multiplication délirante des « genres » issue d’une pathologie psychologique qui va jusqu’à contester les réalités biologiques les plus élémentaires, la laïcité laïcarde et athée qui n’offre plus aujourd’hui de vision du monde autre que la satisfaction de son égocentrisme jouisseur sans entraves, n’ont a priori aucune raison d’échanger leur islam fruste et pétri de contradictions contre l’inexistence des valeurs d’une société déboussolée, d’autant que judaïsme et christianisme n’ont rien de leur côté à leur proposer aujourd’hui : le judaïsme du « peuple élu » reste une religion  exclusive et non prosélyte, centrée sur son arrogance et son égocentrisme « aristocratique » ; quant au christianisme en décomposition en Europe de l’ouest, il n’ose même plus être lui-même par œcuménisme pour ne pas « froisser » ce très cher islam, ou par crainte de possibles représailles sur les chrétiens d’Orient. Face à une telle décadence, pourquoi l’islam occidental irait-il se renier pour « rien » ? Il vaut mieux encore être borgne qu’aveugle.

Cette claustration mentale que l’islam impose à ses fidèles conduit ainsi en pratique à une cristallisation identitaire et ethnique qui a néanmoins du bon pour le croyant musulman car elle le délivre de l’anxiété du questionnement spirituel et moral et le rassure dans ses choix, la soumission à Allah (« Inch Allah ») étant la réponse à tout et gage de salut. Au train où vont les choses reste à savoir quand islam et LGBT, les deux courants en vogue en ce moment en France, vont s’embrasser sur la bouche pour se donner le baiser de la mort.

Islam et Judaïsme : même arrogance ?

L’émission de France 2 « Judaïca » du 26 août 2018 s’est penchée sur la question de la « modernité » du statut de la femme dans le judaïsme.

Cette émission a été l’occasion pour le rabbin Didier Kassabi de rappeler l’arrogance du judaïsme, très semblable à celle de l’islam, dans sa prétention à détenir seul l’unique message de vérité universel et intemporel délivré par Dieu :

« Il y a dans le judaïsme, dans la Thora, il y a déjà cette notion de modernité. Cela nous renvoie à un fameux texte du Midrash, qui est célèbre, et qui nous enseigne qu’au moment de la création du monde, Dieu regarda la Thora et il créa le monde en fonction de la Thora. (…) Cela à mon avis signifie que, quelle que soit l’époque, la Thora correspond à l’époque en question. La Thora est éternelle. Elle doit correspondre à toutes les générations et nous avons le devoir nous, en tant qu’hommes avec un grand h, d’avoir une lecture constamment renouvelée de la Thora parce que tous les sujets y sont forcément abordés de la manière la plus moderne possible, en tout cas qui correspond à notre époque. »

France 2 Judaïca 180826 Extrait

L’islam dit la même sottise : la parole de Dieu dans le Coran est définitive, intemporelle, le Coran est un livre parfait, parfaitement explicite et qui apporte des réponses à toutes les questions de principe.

Il est ainsi logique que ces deux frères siamois et ennemis, judaïsme et islam, éprouvent l’un vis-à-vis de l’autre une haine inexpugnable, car il ne peut y avoir qu’un peuple sur le trône suprême du « peuple élu ».

Comme le chantait Georges Brassens :

« Jugeant qu’il n’y a pas, péril en la demeure, Allons vers l’autre monde en flânant en chemin. Car, à forcer l’allure, il arrive qu’on meure Pour des idées n’ayant plus cours le lendemain. Or, s’il est une chose amère, désolante, En rendant l’âme à Dieu c’est bien de constater Qu’on a fait fausse route, qu’on s’est trompé d’idée. Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente, D’accord, mais de mort lente. »

L’ange Gabriel dans le Coran : une instrumentalisation habile

L’islam s’est beaucoup inspiré du judaïsme et du christianisme pour des raisons politiques afin de pouvoir prétendre être légitime dans lignée du monothéisme judéo-chrétien. Il en a donc logiquement revendiqué avec plus ou moins de fortune les symboles, au premier rang desquels l’ange Gabriel (« Gibril »).

Or il est très étonnant qu’un personnage aussi important que celui-ci, puisqu’il sert d’intermédiaire entre Allah et Mahomet, ait une place aussi réduite et surtout peu claire dans le Coran, place qui semble résulter, aux dires des spécialistes, d’une tradition musulmane bien postérieure à la mort de Mahomet et dont on peut penser qu’elle a surtout pour objet d’offrir au croyant un peu de merveilleux, l’apport spirituel de l’islam au regard du judaïsme et du christianisme étant quasi inexistant comme d’ailleurs le reconnaît Tariq Ramadan lorsqu’il écrit « Il n’y a pas de théologie islamique ».

L’émission de France 2 « Islam » du 21 janvier 2018 est revenue sur ce constat de façon claire.

France 2 Islam 180121 Revelation 2 Gabriel

Ces propos sont confirmés par de grands spécialistes arabisants, tels Jacqueline Chabbi (agrégée de langue arabe, docteur ès lettres) et Mohammad Ali Amir-Moezzi (directeur d’études à l’École pratique des hautes études, titulaire de la chaire de théologie islamique et d’exégèse coranique classique) dans leurs deux ouvrages respectifs, « Le Coran décrypté » et le « Dictionnaire du Coran ». Le lecteur peut se reporter à mon précédent article : http://islametoccident.fr/?p=3077

La Vulgate d’Othman : un mythe

Lors de l’émission de France 2 « Islam » du dimanche 27 février 2018, il a été rappelé que, contrairement à ce que la plupart des musulmans croit, la composition du Coran s’est étalée sur une période relativement longue, et que l’idée selon laquelle le texte saint de l’islam aurait trouvé une forme stable rapidement sous la forme de ce qui est appelé la « vulgate d’Othman », une vingtaine d’années après la mort de Mahomet, est simplement fausse.

France 2 Islam 180227 Comprendre le Coran 1 Vulgate

Non, la prétendue parole d’Allah n’a donc pas été préservée des aléas de l’histoire humaine ! Ce texte, comme tous les autres textes religieux, est un texte lui aussi humain, avec les conséquences habituelles en terme de fiabilité et d’historicité.

Il est intéressant d’ailleurs de noter la mise par écrit a été tardive et n’a pas mis fin à la longue tradition de transmission orale au sein de l’islam, la mémorisation par cœur du texte coranique, sans même bien souvent en comprendre les mots et le sens, constituant une tradition bien établie au sein du monde musulman.

Au-delà de l’abrutissement auquel peut conduire la répétition mentale et mécanique de tout texte long et sans réelle signification parfois pour l’apprenant – tout cela au détriment de la réflexion et de l’esprit critique –, il ne faut pas s’étonner de la dangerosité de cette tradition dans la mesure où le texte religieux lui-même que constitue le Coran appelle dans de nombreux passages au mépris ou à la haine envers les mécréants.

On comprend mieux alors, pourquoi le grand islamologue Mohammed Arkoun disait toujours que « le Coran ne doit pas être mis entre toutes les mains », ce qui est pour le moins stupéfiant pour un texte présenté comme un texte d’amour et de paix.

France 2 Islam 180227 Comprendre le Coran 1 Par coeur

Islam des lumières : un point de vue

L’islam des lumières soutient que le Coran, comme tous les livres sacrés d’Occident, est inspiré, et non dicté.

par Jean-Jacques Walter, écrivain, docteur en islamologie.

Article publié sur le site : Boulevard Voltaire

« Comment vivre, en France, avec les musulmans qui acceptent les lois de la France sans les stigmatiser en raison des islamistes ? La solution politiquement correcte, c’est : pas d’amalgame, l’islam n’est pas l’islamisme.

Premier inconvénient, c’est une attitude raciste, car elle prétend que les centaines de millions d’islamistes, ainsi que leurs dirigeants politiques et leurs clercs religieux, au Nigeria, en Mauritanie, Arabie saoudite, Irak, Iran, Pakistan, Afghanistan, etc., sont tous des imbéciles qui ne savent pas lire le Coran.

Second inconvénient, c’est faux : réduire les prisonnières de guerre à la condition d’esclaves sexuelles vendues aux enchères, comme le fait Daech avec des Yézidies et Boko Haram avec des chrétiennes, est autorisé par le Coran (sourate 4 verset 3), pratiqué par Mahomet, notamment avec Maria la Copte, et les armées musulmanes l’ont fait pendant des siècles, sans jamais une condamnation des autorités religieuses. Les trois sources de l’islam (le Coran, l’imitation de Mahomet et le consensus) approuvent l’esclavage sexuel et, de même, l’ensemble des pratiques islamistes.

Enfin, c’est stupide, car utiliser le mensonge pour exonérer de l’islamisme les musulmans qui choisissent la France, c’est aller à l’échec. On ne bâtit rien de durable sur le mensonge. 

Il existe une autre approche : l’islam des lumières. Elle ne ment pas sur l’islam, elle le refonde, en révoquant la thèse du Coran incréé.

Cette thèse, obligatoire dans l’islam depuis 920, en raison du consensus des cheiks et de l’approbation constante des autorités politiques depuis cette date, stipule que le Coran a été écrit par Allah lui-même, avant la création du monde – il y a 14 milliards d’années – en langue arabe, car Allah parle l’arabe classique avec les anges depuis cette date lointaine. Allah l’a écrit sur une Table du Paradis gardée par des anges, et quand le temps est venu, l’ange Gabriel l’a lu, récité à Mahomet, qui l’a à son tour récité à qui voulait l’entendre. En conséquence, le Coran a été dicté et, étant venu d’Allah, aucun de ses versets ne peut être récusé.

L’islam des lumières soutient que le Coran, comme tous les livres sacrés d’Occident, est inspiré, et non dicté. Ceux qui l’ont écrit ont mêlé une inspiration avec des idées de leur époque. Pour le Coran, comme pour la Bible, le lecteur doit réfléchir pour séparer ce qui vient d’une inspiration et ce qui exprime des idées purement humaines. En conséquence, un certain nombre de versets du Coran doivent être rejetés : ceux qui affirment des erreurs factuelles, comme la Terre plate, et tous les versets qui violent les droits de l’homme – et de la femme.

À partir de là, l’islam des lumières s’oppose au refus de chanter « La Marseillaise », aux rues sans femmes, aux voies de faits contre celles et ceux qui quittent l’islam, au recrutement, à la formation, à l’hébergement et à la protection des terroristes dans les Molenbeek français, et à tout ce qui refuse ou insulte la France. »

Les intellectuels arabo-musulmans qui dénoncent l’islam

  • Problématique

Ghaleb Bencheikh, musulman pondéré et cultivé, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2 est revenu, dans le cadre d’un cycle de conférences organisées en 2016 et 2017 par la société des amis de l’Institut du Monde Arabe, sur le sens du mot « jihad » et sur l’attitude frileuse des intellectuels du monde musulman qui ne dénoncent pas assez selon lui les affres de l’islam.

Amis IMA Jihad 161010 Intellectuels

  • Une description sans détours de l’islam : un appel à se lever contre l’islam ?

Le diagnostic de Ghaleb Bencheikh sur l’apport de l’islam au monde d’aujourd’hui est accablant, et celui-ci rappelle quelques vérités à faire frémir le politiquement correct :

«  En contexte islamique, il n’y pas de démocratie, il n’y a pas de liberté, pas de séparation de la politique d’avec la religion (…) »

« Cela rend davantage admirable le travail des rares de ceux qui osent, en contexte islamique, au péril de leur vie, dirent des choses. »

« Ailleurs, il devient un devoir, pour les intellectuels musulmans, parce qu’ils jouissent plus ou moins d’un ciel un peu plus clément au-dessus de leur tête ; s’ils ne le font pas, eh bien ils sont aussi frileux, pusillanimes, couards, peureux, et ne rendent pas service – pas aux musulmans – mais à l’humanité, parce qu’on a là un fléau terrible qui sévit au nom de la tradition islamique »

Ghaleb Bencheikh évoque également la contradiction fondamentale et insoluble qui se trouve à l’intérieur même du Coran, la nature de la prédication changeant significativement entre La Mecque et Médine :

« Il vaut mieux tenir compte dans la révélation coranique des versets mecquois et ne pas tenir compte des versets médinois. »

  • La visite de Mahomet à Taïf

Mais si Ghaleb Bencheikh critique ouvertement l’islam d’aujourd’hui, il tente néanmoins coûte que coûte de préserver la figure de Mahomet en en faisant un  fidèle continuateur du Christ. En effet, évoquant la visite de Mahomet à Taïf, Ghaleb Bencheikh prétend que celui-ci a eu « sa propre mâchoire fracassée », a été « battu à coups de mâchoires d’âne », et va jusqu’à affirmer que Mahomet a dit : « ô mon dieu pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font (reprenant les paroles de Jésus connaissant la passion) ».

Le problème est que ce récit est faux, du moins si l’on se réfère à la biographie de Mahomet d’Ibn Ishâq/Ibn Hîcham, « officielle » car reconnue dans l’ensemble du monde musulman, qui relate cette visite de façon très différente. Reprenons-en le texte (j’en fournis ci-dessous les principaux extraits ; ceux qui voudraient se reporter au passage complet le trouveront dans la biographie traduite par Abdurrahman Badawi, tome premier, pages 333 à 336).

Rappelons-le contexte : L’oncle de Mahomet qui le protégeait à La Mecque vient de mourir et Mahomet recherche donc l’appui de clans pour le soutenir dans sa lutte pour le pouvoir contre les Quraychites de La Mecque (nous sommes avant l’hégire). Il se rend donc à al-Taîf, auprès la tribu des Thaqîf. Voici le texte de la biographie :

« L’Envoyé d’Allah va à la tribu Thaqîf à la recherche de leur secours.

Ibn Ishâq dit : Quand Abû Talib mourut, les Quraysh outrageaient l’Envoyé d’Allah d’une manière qui ne s’était pas vue durant la vie de son oncle Abû Tâlib. Alors il partit pour al-Tâ’if, cherchant secours auprès de la tribu Thaqîf et leur protection contre son peuple, et aussi pour qu’ils acceptassent de lui ce qui lui venait de Dieu. Il y alla seul.

Ibn Ishâq dit : Yazîd b. Ziyâd sur l’autorité de Muhammad b. Ka’a al-Quraî m’a rapporté que quand l’Envoyé d’Allah arriva à al-Tâ’if, il se dirigea vers quelques gens de Thaqîf qui étaient alors les chefs et les nobles de la tribu Thaqîf. Ils étaient trois frères (…). L’Envoyé d’Allah s’asseyait avec eux, les appelait à croire en Dieu, et leur parlait du sujet qui l’avait amené à venir chez eux, à savoir : de lui porter secours pour propager l’islam et de l’aider contre ses opposants parmi son peuple. L’un d’eux alors lui dit qu’il déchirerait la couverture de la Ka’bah si Dieu l’avait envoyé. Le deuxième lui dit : « Dieu n’a-t-il pas trouvé un homme mieux que toi pour l’envoyer ?! » Le troisième lui dit : « Je ne parlerai jamais avec toi si tu étais l’Envoyé d’Allah, comme tu le dis, tu serais trop important pour que je puisse répondre à toi, et si tu mentais sur Allah, je ne devrais pas parler avec toi. »

L’Envoyé d’Allah partit donc de chez eux, désespéré de l’élite de Thaqîf. D’après ce qui m’a été rapporté, il leur dit : « Puisque vous vous comportez ainsi, gardez cela un secret entre nous ». (…) Mais ces trois nobles de Thaqîf ne gardèrent pas le secret. Au contraire, ils excitèrent contre l’Envoyé d’Allah leurs hommes insolents et leurs esclaves, qui se mettaient à l’insulter et à le chahuter, en sorte que la foule s’assembla autour de lui et le poussa à se réfugier dans le jardin entouré d’un mur qui appartenait à Utbah b. Rabî’ah et à Shaybah b. Rabî’ah qui s’y trouvaient en ce moment. Alors les insolents de Thaqîf qui le poursuivaient le laissèrent tranquille. Il se mit sous l’ombre d’une treille de vigne. Il s’y assit, pendant que les deux fils de Rabî’ah le regardaient et voyaient ce qu’il avait souffert de la part des gens insolents de Thaqîf. (…)

Quand les deux fils de Rabî’ah le virent et aperçurent qu’il souffrait, leur lien de parenté s’émut. Ils appelèrent un domestique chrétien qui était à leur service, appelé Addâs, et lui dirent : « Cueille de ce raisin, mets-le dans ce plat, et va à cet homme-là et invite-le à en manger. » (…)

Puis l’Envoyé d’Allah partit d’al-Ta’îf et retourna à Makkah, ayant désespéré de la conversion de la tribu de Thaqîf. Lorsqu’il passa par la vallée de Nakhlah, il se mit à prier, au milieu de la nuit. Alors passa devant lui, le groupe de djinns que Dieu a mentionnés. D’après ce qu’on m’a dit, ils sont au nombre de sept et sont des djinns des habitants de Nisibe. Ils se mirent à l’écouter. (…) »

  • Conclusion

Alors chahut, insolence des Thaqîf qui refusent de se convertir, folie du Prophète qui voit des « créatures » (les djinns) : oui. Mais aucun signe d’une mâchoire fracassée, et encore mois d’un prophète reprenant les paroles du Christ ! Où Ghaleb Bencheikh est-il allé chercher sa version sacrificielle ?

Le désir de Ghaleb Bencheikh de vouloir à tout prix sauver l’islam – tout en ayant le courage par ailleurs d’évoquer sa violence intrinsèque – ne doit pas nous entraîner dans une vertige hallucinogène. Comment pourrait-on croire que Mahomet ait pu jamais prétendre s’inspirer de Jésus-Christ, lui qui, quelque temps après, exterminera en l’égorgeant la principale tribu juive de Médine et reviendra d’aileurs « s’occuper » d’al-Taîf plusieurs années après (cf. « La campagne d’al-Ta’îf après Hunayn en l’an VIII », page 409 du tome 2 de la biographie déjà mentionnée) ?

L’« islamophilie savante » : quelques éléments de langage

  • Critique de l’islam : la guerre est déclarée

Pour faire taire la critique quant à l’impact du grand chambardement humain encouragé depuis quelques décennies par l’immigration ouvrière musulmane de masse et plus récemment par l’arrivée de migrants économiques musulmans de plus en plus nombreux, certains intellectuels pratiquent en France une islamophilie qui prétend faire fi des considérations culturelles et religieuses les plus élémentaires au profit de la promotion utopique et insensée d’une humanité universelle mais « diverse », posture intellectuelle qui s’accompagne naturellement de l’attaque virulente de tous ceux dont les travaux peuvent contribuer à alimenter la critique raisonnée de cet universalisme sans limite et de l’islam, dont il est aujourd’hui un des protégés. Aussi, il est intéressant de revenir sur une polémique qui a illustré la difficulté d’ouvrir le débat sur cette question en France.

  • L’affaire « Gougenheim » et la réponse des islamophiles savants : « Les Grecs, les Arabes et nous (enquête sur l’islamophobie savante) »

La publication du livre « Aristote au mont saint Michel » de Sylvain Gougenheim en 2008 a déclenché une intense polémique car ce livre osait questionner  l’apport de la civilisation arabo-musulmane dans l’histoire du monde et plus particulièrement dans son rapport à la civilisation occidentale.

Un collège d’intellectuels publia en réponse l’année suivante le livre « Les Grecs, les Arabes et nous » :

Pour le collège de rédacteurs de l’ouvrage « Les Grecs, les Arabes et nous », la réponse est simple (page 8) : « Aristote au Mont Saint-Michel développe une vision du monde qui s’insère très précisément dans la philosophie de l’histoire sarkozyste à la rencontre de ses trois axes majeurs : (1) exaltation de la France toute chrétienne , celle du « long manteau d’églises » jeté sur nos campagnes ; (2) revendication assumée de « l’œuvre positive » de la colonisation – puisque la science est par essence européenne ; (3) volonté de liquider définitivement mai 68. »

On voit que l’analyse est tranchée et que le parti-pris idéologique de la réponse dans son introduction est assez manifeste, au moins sur deux plans : dénier au christianisme une relation « charnelle » avec la France et sa culture tout au long d’une histoire millénaire ; enfoncer le clou de la culpabilité colonisatrice au profit des pauvres pays musulmans anciennement colonisés. Quant à mai 68, je dois avouer n’avoir pas bien saisi ce que cela vient faire dans le débat sur la relation avec le monde arabo-musulman ; peut-être une résurgence obsessionnelle et irrépréssible de l’esprit libertaire.

  • Critiquer l’islam de façon argumentée, c’est être un islamophobe savant

Il est assez difficile de proposer une synthèse de ce livre « Les Grecs, les Arabes et nous » et de l’argumentaire détaillé fourni pour détruire l’ouvrage de Sylvain Gougenheim car il me semble à vrai dire assez difficile à lire.

Je passe sur la multitude de remarques et de propos hautains et méprisants proférés à l’égard de ce dernier, ce qui n’est pas sans dénoter un parti-pris aussi partisan que celui que ce collège de rédacteurs prétend dénoncer. Sylvain Gougenheim a peut-être tenu des propos erronés, formulé des approximations, manqué de clarté : c’est tout à fait possible sur un sujet aussi complexe, vaste et difficile à cerner que la civilisation arabo-musulmane du Moyen-Âge et sa relation aux mondes grec et occidental. Le mieux pour le lecteur est évidemment au moins de commencer par lire ce livre avant d’en parler.

Reste qu’en réalité la questionnement de la valeur de la civilisation  musulmane dans l’histoire du monde semble surtout insupportable par principe à ces détracteurs : critiquer directement ou indirectement l’islam, c’est évidemment être islamophobe – selon l’antienne désormais bien connue –. On lit ainsi : « Aristote au Mont-Saint-Michel livre un nouveau symptôme. Personne n’y avait pensé jusqu’à sa publication : pourquoi ne pas confier l’islamophobie à des experts ? »

Cette pensée prend un tour vicieux car elle vise en fait à nier dans l’œuf toute objectivité et toute honnêteté aux critiques de l’islam. La dialectique est subtile dans la manipulation des arguments pour toujours arriver à une condamnation, quel que soit le propos – comme dans la dialectique marxiste –, puisque la modération même du propos peut être retournée et analysée comme partie intégrante de la dialectique islamophobe : « L’islamophobie savante se voudrait modérée : personne ne dit que l’Europe ne « doit » rien aux savoirs transmis par les Arabes. L’islamophobie savante constate seulement qu’on a, sur ce point, beaucoup exagéré, et se demande pourquoi. Aristote au Mont-Saint-Michel propose un « rééquilibrage » qualifié, évidemment, de « scientifique ». Le fair-play peut aller jusqu’à constater que l’apport des sciences arabes est longtemps resté sous-évalué. Il suffit d’ajouter immédiatement que ce n’est pas pour, à présent, le surestimer, sauf bien sûr si l’on verse dans la « haine de soi ». L’islamophobie savante tient la balance. Les éclats de voix ne sont pas son genre. »

Quant au fond des arguments présentés, le lecteur pourra se faire lui-même une opinion, avec la difficulté que présente toutefois une réponse de spécialistes : il est pratiquement impossible pour un non-spécialiste de savoir si le choix et la présentation des arguments sont honnêtes ou biaisés. Vu la tonalité idéologique du livre, annoncée dès l’introduction, on ne peut qu’avancer avec prudence. J’en donnerai prochainement (pour ne pas alourdir cet article-ci) des exemples dans le domaine des mathématiques, matière qui fait plus facilement l’objet d’une approche non idéologique par les mathématiciens spécialisés.

  • Conclusion : ce que rate le livre « Les Grecs, les Arabes et nous »

Au-delà des nombreuses informations fournies par ce livre – jusqu’à noyer le lecteur et qui sont quasi-invérifiables par le commun des mortels –, ses rédacteurs passent en réalité à côté de deux questions essentielles :

1) il y a bien eu des savants, des artistes et des intellectuels arabes au Moyen-Âge, personne ne le conteste, mais la question est : depuis le Moyen-Âge, que s’est-il passé ?

Il semble bien qu’il ne se soit pas passé grand-chose comme les intervenants de l’émission de France 2 « Islam » du dimanche matin l’ont reconnu à plusieurs reprises. Même Tareq Oubrou parle dans son ouvrage « un imam en colère » du « déclin de toute une civilisation qui a raté, dès la fin du Moyen Âge, le train de la modernité. »

2) en quoi l’islam a-t-il été un moteur ou un frein au développement  ?

L’amalgame synthétisé par le terme « monde arabo-musulman » n’aide pas au débat : il y a d’un côté les scientifiques, les intellectuels, les artistes, qu’ils soient d’origine arabe ou pas (les Perses par exemple se sont pas des Arabes) et de l’autre le contexte sociétal imposé par une religion omniprésente, l’islam.

Il suffit de lire le Coran pour constater que l’islam n’est pas une religion très ouverte à la critique : or l’esprit critique, à l’origine de toutes les évolutions scientifiques, intellectuelles et artistiques du monde, n’aime pas se « soumettre ».

Le problème est que les rédacteurs de l’ouvrage « Les Grecs, les Arabes et nous » ne s’interrogent nulle part sur la nature de la doctrine musulmane : c’est assez ennuyeux pour une problématique dans laquelle la religion est centrale, car c’est la défense de l’islam qui est en réalité le vrai but de cet ouvrage.

Sylvain Gougenheim, au-delà de ses propres convictions personnelles et du débat qu’elles peuvent légitimement susciter, ne pouvait que déclencher l’ire des intellectuels islamophiles en osant dans son livre rappeler le concept du dar-al-islam, le statut détestable de « dhimmi » en islam réservé aux juifs et aux chrétiens, le fait que l’islam est fondamentalement une orthopraxie religieuse (structuration autour de la pratique et des rituels), ou encore l’impossibilité pour un musulman de quitter la communauté musulmane (puisque l’apostasie est punie de mort par Mahomet).

Penser le mécréant en islam : un effort louable mais qui semble utopiste

  • Problématique

Face à «  c terrible et tragique régression, à la décadence, à la décrépitude » du monde musulman depuis des siècles évoquée par le présentateur de l’émission de France 2 « Vivre l’islam » du 27 novembre 2016, Omero Marongiu-Perria formule quelques pistes de réflexion, mais qui constituent une critique assez virulente de l’islam face à un monde occidental vu par les musulmans comme « un monde de corruption ».

France 2 Islam 161127 Islam 2 Extrait 4

  • Propositions

1) Démythifier l’histoire musulmane

Comme l’admet Omero Marongiu-Perria, l’histoire de Mahomet et de ses Compagnons fait l’objet d’une mythification dont l’objet est une valorisation en opposition au monde occidental : « L’histoire des premiers temps de l’islam est complètement mythifiée chez les musulmans ».

Il est en effet impossible d’aborder l’histoire de l’islam sous le seul angle de la critique historique, pourtant utilisée partout ailleurs, y compris pour les autres religions. Omero Marongiu-Perria reconnaît que « l’histoire musulmane n’est pas abordée à partir des catégories de l’histoire » : en d’autres termes, l’histoire musulmane n’est analysée que dans le contexte d’une perspective religieuse, ce qui rend donc impossible toute objectivité, notamment quant à la profondeur de l’imprégnation tribale de la vie et de la pensée de Mahomet indépendamment de toute inspiration divine.

On peut rester dubitatif sur la capacité de l’islam à accepter une vision plus objective de ses origines car toute analyse objective est désacralisante et donc incompatible avec le Coran, censé être la parole d’Allah.

2) Mahomet le conquérant

Omero Marongiu-Perria constate implicitement avec regret : « il faut le reconnaître, dans ce qui est appris aujourd’hui des premiers temps de l’islam, c’est cette idée du prophète conquérant qui est mise en avant ».

Certes, mais c’est bien ainsi que les textes musulmans les plus authentiques, jusqu’au Coran lui-même, décrivent Mahomet. Et il paraît impossible de réécrire l’histoire de l’islam.

3) Arriver à penser l’autre

Face à un modèle ouvertement communautariste, Omero Marongiu-Perria regrette la difficulté que l’islam rencontre à être tolérant : pour lui en effet, il faudrait « enseigner dans les instituts musulmans des outils d’interprétation qui soient ouverts sur ce qu’on pourrait appeler une théologie de l’altérité, c’est-à-dire comment se penser dans un monde pluriel en englobant d’emblée les autres dans la réflexion ».

Certes, mais on ne voit pas bien, dans une religion pour l’essentiel figée dogmatiquement depuis un millénaire, ce qui pourrait provoquer cette rupture de pensée sans entraîner un effondrement général de tout le système musulman, car ce serait admettre que l’islam peut avoir tort et que les mécréants sont aussi estimables que les musulmans, ce qui va précisément à l’encontre de ce que dit le Coran.

  • Conclusion

Toutes ces pistes sont louables et manifestent une forme d’ouverture et de tolérance, mais sont elles sont aujourd’hui, si l’on en juge par la façon dont le monde musulman évolue, assez utopistes.

Une vision du processus d’appauvrissement philosophique en islam

L’islam est caractérisé depuis des siècles par une très grande difficulté à accepter la critique et par la défense d’un dogmatisme qui se double par nature d’une forte intolérance. Tariq Ramadan n’hésite d’ailleurs par à écrire : « L’absence de débat critique et serein est à notre sens l’un des maux qui rongent la pensée musulmane contemporaine. »

Ce constat de « régression » fait par les intellectuels musulmans eux-mêmes est évoqué par un intervenant de l’émission de France 2 « Vivre l’islam » du 27 novembre 2016 qui le resitue dans une perspective historique.

France 2 Islam 161127 Islam 2 Extrait 3