L’inégalité homme-femme en islam : un bel exemple de takiya, par Najat Belkacem

L’égalité homme-femme en islam est une farce qui a offert à Najat Belkacem l’occasion de donner une magistrale leçon de « takiya ». Interrogée par Jean-Pierre Elkabbach sur cette question à l’occasion de la polémique sur le burkini à l’été 2016, Najat Belkacem (alors ministre) a nié avec brio, mais grâce aussi à l’absence de réaction de Jean-Pierre Elkabbach, que cette question ne concernât que l’islam – aucun élément tangible n’étant fourni à l’appui de la thèse mettant en cause les autres religions –. Il est tout à fait intéressant de la voir détourner avec une parfaite mauvaise foi le débat vers des considérations générales sur l’égalité homme-femme dans la société civile sans aucun rapport avec le judaïsme ou le christianisme.

Elkabbach Belkacem 160825

À l’approche de l’été, qui va offrir de nouvelles occasions d’affirmation du communautarisme musulman sur les plages, cela est instructif.

L’égalité homme-femme n’existe pas en islam

À l’occasion de la publication de la « Convention citoyenne des musulmans de France pour le vivre ensemble » du Conseil Français du Culte Musulman en juin 2014, l’émission « Vivre l’islam » du 11 janvier 2015 a rappelé par la voix d’Omero Marengiu-Perria qu’« il est nécessaire [pour l’islam] de ne pas fuir certaines questions » et notamment celle de l’égalité homme-femme, celui-ci rappelant qu’« il est problématique de justifier l’égalité homme-femme par le Coran », « les droits affirmés s’inscrivant dans une société patriarcale où il n’y avait pas la notion d’égalité telle qu’on l’a posée dans le monde contemporain ».

En effet, la lecture du Coran et des hadiths fait clairement ressortir l’infériorité de la femme par rapport à l’homme : prétendre affirmer le contraire relève de la manipulation au point que les intervenants de cette émission en sont venus à reconnaître qu’« il y avait là une exégèse au secours de cette convention », ce qui constituait une attaque directe de l’honnêteté intellectuelle du C.F.C.M.. Dont acte.

France 2 Islam 150111 Islam & Citoyennete 2 Extrait 2

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (11) La bienfaisante polygamie musulmane

  • Problématique

Chacun sait qu’un des bienfaits apportés par l’islam à l’Occident judéo-chrétien est la polygamie.

Sourate 4, verset 3. (…) Épousez, comme il vous plaira, deux, trois ou quatre femmes. Mais, si vous craignez de n’être pas équitable, alors une seule, ou des concubines [ou esclaves de guerre]. Cela afin de ne pas faire d’injustice ou afin de ne pas aggraver votre charge de famille.

Il est intéressant de rappeler que Mahomet, qui édicta cette règle, s’en est lui-même exonéré, puisqu’il a eu jusqu’à 9 femmes en même temps : privilège hautement spirituel du prince…

Or le principe de la polygamie ressemble fort par nature à une preuve de l’inégalité ontologique de l’homme et de la femme puisque la femme n’a elle, pas le droit d’avoir plusieurs époux et que cela entraîne par ailleurs sa soumission à l’homme.

  • Allah est obligé de se plier aux coutumes locales

On attendrait d’un prophète, surtout s’il ne fait que reprendre les paroles de Dieu, qu’il énonce des principes intemporels pour la suite des temps. On imagine mal en effet 1) que Dieu ne sache pas bien ce qu’il veut, ce qui le conduirait à changer d’avis 2) qu’il hésite à se prononcer par peur d’on ne sait quoi ou compte tenu d’on ne sait quels intérêts humains. Eh bien c’est pourtant la thèse contraire que l’islam prétend justifier.

Ainsi Tareq Oubrou écrit au sujet de la polygamie : « À l’époque coranique, la culture polygame était tellement ancrée anthropologiquement qu’il était impossible de l’éradiquer par une simple injonction. Le Coran s’est donc contenté de la restreindre à quatre femmes. (…) La loi se négocie toujours avec la société. C’était déjà le cas à l’époque coranique, où le texte sacré a instauré une oscillation entre la logique du droit celle de l’éthique. Autrement dit, pour changer la loi ou le droit, il faut d’abord changer la culture et les mentalités en parlant aux consciences. »

En réalité, Tareq Oubrou raisonne ici en homme politique et non en représentant d’une spiritualité. Cela est assez normal car l’islam est une idéologie politique qui instrumentalise le besoin de croyance à des fins politiques. Si Mahomet avait voulu en rester à un pur message spirituel, comme Jésus ou Bouddha, il n’aurait pas eu besoin de construire un État avec une armée pour ensuite pourchasser et exterminer les juifs et faire la guerre à ses autres opposants.

  • De quelques contorsions intellectuelles pour tenter de rendre la polygamie inapplicable

Face à cette évidence incontournable, Tareq Oubrou tente, en vain, de trouver des raisons de rendre le verset du Coran incriminé inapplicable.

L’argument central est celui de l’équité, repris ainsi par Tareq Oubrou : « Le Coran instaurait un impératif d’égalité de traitement rigoureuse entre les épouses, tout en soulignant que c’était un objectif impossible à atteindre, et précisait que, s’il risquait d’être injuste, l’homme devait se contenter d’une seule femme. Autrement dit, le droit est venu limiter la polygamie à quatre femmes pour qu’ensuite la morale invite les hommes à la monogamie. »

La condition de l’équité est mentionnée par le Coran : mais si c’est un objectif inatteignable de façon absolue, il est relativement facile d’y parvenir de manière relative. En effet, c’est une simple question de volonté et d’intention de la part du mari et donc on ne voit pas pourquoi ce serait impossible si le mari le veut : il suffit en effet au mari de donner la même part (nourriture, vêtements, temps d’échange, relations sexuelles,…) à chacune des épouses.

Reste toutefois, si l’on veut aller jusqu’au bout de la démarche, l’égalité en matière de sentiments, condition qui, elle, ne peut jamais être remplie. Mais l’islam dispense opportunément le musulman de cette condition comme l’explique très bien Yusuf Qaradawi : « Le Prophète a dit : « Celui qui a deux épouses et qui penche vers l’une au détriment de l’autre, viendra le jour de la Résurrection traînant l’une de ses deux moitiés tombée ou penchée » (rapporté par Abou Dawoud et al-Hakinm). Cette inclination du mari contre quoi ce hadith met en garde est la transgression des droits de l’autre dans la justice, et non le simple penchant du cœur. Car cela entre en effet dans la justice qu’on ne peut réaliser et qui a fait l’objet du pardon de Dieu : « Vous ne pourrez jamais être équitables envers vos épouses même si vous vous y appliquez. Ne penchez pourtant pas entièrement (vers l’une d’elles) » (sourate 4, verset 129). C’est pourquoi le Messager de Dieu partageait équitablement et disait : « Seigneur ! Tel est mon partage selon les moyens dont je dispose. Ne me tiens pas rigueur dans ce que Tu détiens et que je ne détiens pas » (voir al-Sounan). Il faisait allusion au penchant du cœur et des sentiments en faveur de l’une de ses femmes et qu’il ne pouvait éviter. »

Le musulman doit ainsi seulement viser l’équité matérielle (et non sentimentale) en veillant à n’être pas trop partial, ceci devant se concrétiser par une forme de concorde entre ses femmes, comme lui recommande le Coran :

Sourate 4, verset 129. Vous ne pourrez pas être équitable entre vos femmes, même si vous le désirez. Ne soyez pas trop partiaux au point de laisser l’une d’entre elles comme en suspens. Si vous établissez la concorde et si vous êtes pieux, Allah pardonne et est miséricordieux.

Quant aux autres arguments mentionnés par Tareq Oubrou, ils sont tout aussi faibles.

1) Une soi-disant interdiction implicite

Tareq Oubrou écrit sur le même thème dans un autre ouvrage (« Un imam en colère ») : « Les conditions drastiques constituent une forme d’interdiction de la polygamie qui ne dit pas explicitement son nom. »

Non seulement les conditions ne paraissent pas si drastiques que cela, mais prétendre qu’une « forme d’interdiction », non explicite, existerait semble pour le moins alambiqué alors que l’interdiction directe était la solution évidente ! Mais il faut croire qu’Allah avait peur des hommes au VIIème siècle… On se demande d’ailleurs pourquoi il n’est pas revenu depuis pour interdire définitivement cette pratique puisque les mœurs ont changé : Ô mystère du divin !

2) La femme peut parfois s’opposer à la polygamie

Tareq Oubrou écrit : « Le mariage est un contrat qui comprend des clauses. Selon un hadith, l’homme doit impérativement respecter les clauses ajoutées par la femme. (…) C’est pour cette raison que les hanafites par exemple, interdisent la polygamie si la première épouse exige d’inscrire la monogamie dans le contrat de mariage. »

Il existe effectivement certaines coutumes confirmant la validité juridique de la clause interdisant à un homme de prendre une autre épouse. Et c’est mieux que rien. Mais alors on peut s’interroger : pourquoi cela n’a-t-il pas été généralisé dans tous les pays ?

Quoiqu’il en soit, cela ne retire en rien la légitimité doctrinale à la polygamie en islam. On peut en effet a priori considérer que cela fait partie du contrat de mariage par lequel la femme reçoit sa « dot » (le « mahr ») : celle-ci peut être en argent, en nature ou dans la privation d’un droit revenant au mari et dont elle tire bénéfice.

En pratique, les choses ne sont pas si simples car une musulmane qui ne trouve pas de mari n’a pas de statut et est reléguée dans les sphères les moins bien perçues de la société musulmane, sans même compter qu’il faut bien qu’elle subvienne à ses besoins matériels. La femme, et là où c’est possible, doit donc peser les avantages et les inconvénients d’une telle exigence pour son avenir.

3) L’argument de la répudiation

La réfutation de la polygamie soulevant de multiples difficultés, Tareq Oubrou avance l’argument des progrès faits en matière de répudiation : « Avant l’islam, les hommes pouvaient répudier et reprendre leur femme indéfiniment, empêchant ainsi cette dernière d’aller chercher un autre mari. Le Coran est venu limiter cette possibilité à deux tentatives. À la troisième répudiation, l’homme ne peut plus reprendre sa femme. »

C’est effectivement un progrès par rapport aux mœurs arabes antéislamiques que d’avoir fixé à la troisième la répudiation définitive : auparavant, les arabes pouvant répudier leur femme qui n’avait pas pour autant le droit de se remarier, les maintenant dans un statut de précarité forcé. Mais il n’en reste pas moins qu’Allah a considéré que la répudiation était un bon principe et l’a maintenu dans le Coran. Comment alors encore oser parler de progrès au XXème siècle sans mettre fin à cette pratique répugnante, excellente illustration de l’inégalité homme-femme ?

  • Conclusion

Tareq Oubrou pratique, on le voit, une forme de taqiya classique consistant à tordre les textes, parfois jusqu’à l’absurde, et à inventer ce qui est nécessaire pour démontrer ce à quoi il veut parvenir. Cela n’apparaît pas nécessairement de façon évidente au lecteur qui ignore les textes sacrés de l’islam mais une lecture un peu éclairée permet de démasquer ce procédé visant à occulter la lumière de la vérité et de la simplicité, lumière qui semble pourtant moins gêner des personnalités de l’islam autrement plus éminentes et qui assument beaucoup mieux et sans état d’âme le contenu de ces textes.

L’islam est en effet un système politico-religieux bien plus cohérent qu’on veut bien souvent le dire : le problème est que, s’agissant du statut des femmes, ce que propose l’islam est insupportable et incompatible avec les valeurs modernes occidentales.

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (9) La prétendue égalité de l’homme et de la femme en islam

  • Problématique

Face aux sociétés occidentales où les femmes ont acquis progressivement de nouveaux droits et continuent à se battre pour mettre fin à toutes les inégalités en droit ou en fait vis-à-vis des hommes, le statut de la femme en islam pose évidemment un énorme problème puisqu’il est fondamentalement incompatible avec les valeurs occidentales d’aujourd’hui en raison de l’inégalité fondamentale qu’il postule.

Ainsi, Rémi Brague écrit : « Entre l’homme et la femme, l’inégalité est nette : « les hommes ont autorité sur les femmes du fait qu’Allah a préféré certains d’entre vous à certains autres. » (sourate 4, verset 34) Rien là d’exceptionnel par rapport à la vulgate morale antique, qu’exprime par exemple saint Paul. »

Ce traitement discriminatoire de la femme fait partie des fondamentaux structurels de la culture musulmane. Rappelons le diagnostic lucide et clair que portait Malek Chebel : « Répudiation, polygamie, mariages forcés (et surtout mariages précoces à onze ou treize ans), rapts de jeunes filles, dénigrement des mères célibataires et assassinats perpétrés au nom de l’honneur, voilà quelques aspects – flagrants – de l’infériorité juridique de la femme musulmane par rapport à l’homme, une infériorité fondée – telle est la thèse fondamentaliste – sur le caractère ondoyant et limité de la nature féminine. »

Voyons donc les arguments avancés par Tareq Oubrou pour tenter de résoudre ce problème insoluble.

  • L’égalité originelle

Tareq Oubrou défend la thèse de l’égalité originelle de l’homme et de la femme au regard d’Allah : « En islam, la théologie ne donne aucun privilège symbolique à l’homme aux dépens de la femme, alors que, dans le christianisme, l’incarnation de Dieu en l’homme pourrait laisser penser le contraire. »

On peut déjà être assez surpris, dans ce débat sur l’islam, de l’irruption soudaine du christianisme. Même si saint Paul a gardé de sa judéité originelle une perception parfois peu valorisante de la femme au regard de l’homme comme l’indique Rémi Brague (cf. ci-dessus), recourir à l’incarnation dans un homme pour tenter de justifier une prétendue supériorité de l’islam sur le christianisme relève du pur charlatanisme, sans compter qu’on pourrait tout aussi bien dire la même chose pour Mahomet… Donc laissons-là cette suggestion délirante, qui vise à faire diversion, et passons à la suite.

Pour Tareq Oubrou : « Dans le Coran, l’être adamique primordial serait sexuellement amorphe et anatomiquement ambivalent. Il contiendrait déjà les deux genres. Asexué, à l’image de Dieu, il aurait ensuite donné deux êtres sexués par une sorte de « mutation génétique » ou de « fissiparité différenciée ». L’homme et la femme sont issus d’une même nature dit le Coran (sourate 4, verset 1 ; sourate 6, verset 98 ; sourate 7, verset 189 ; sourate 39, verset 6), mais constituent deux entités sexuellement complémentaires. »

Voici les versets mentionnés :

Sourate 4, verset 1. Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, puis, de celui-ci, a créé une épouse (…)

Sourate 6, verset 98. C’est Lui qui vous a fait naître d’une personne unique (…)

Sourate 7, verset 189. C’est lui qui vous a créés d’un seul être, dont il a tiré son épouse (…)

Sourate 39, verset 6. Il vous a créés d’un seul être dont il a ensuite tiré son épouse. (…)

Il n’y a rien là de bien nouveau. Le Coran paraphrase et répète, en moins bien, la Genèse.

Genèse 2, 21 à 23. Alors Yahvé Dieu fit tomber une torpeur sur l’homme, qui s’endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. Puis, de la côte qu’il avait tirée de l’homme, Yahvé Dieu façonna une femme et l’amena à l’homme. Alors celui-ci s’écria : « Pour le coup, c’est l’os de mes os et la chair de ma chair ! Celle-ci sera appelée « femme », car elle fut tirée de l’homme, celle-ci ! »

Si l’homme et la femme ont une même nature originelle – qui les distingue des autres animaux –, la femme reste un « produit dérivé » de l’homme. Cela n’est nullement contradictoire avec une infériorité de la femme par rapport à l’homme ; au contraire, cela la justifie puisque l’homme est premier dans le temps par rapport à la femme dont elle est issue.

En réalité, la femme est considérée dans la mentalité musulmane comme un « bien » – certes supérieur aux autres (cheval, maison, etc.) – dont l’homme acquiert la disponibilité sexuelle par le mariage en versant le « mahr » (inverse de la dot à l’européenne : somme payée – sous forme d’argent ou d’autres biens – par le mari musulman à sa femme), condition sine qua non de tout mariage. Ainsi le Coran précise par exemple :

Sourate 3, verset 14. L’amour des biens, fausses apparences, est présenté aux hommes sous la forme de femmes, d’enfants, de trésors d’or et d’argent, de chevaux racés, de bétail et de terres cultivables : c’est là la jouissance de la vie présente alors que c’est auprès d’Allah qu’est le bon retour.

  • La règle du témoignage des femmes dans le Coran

Un cas intéressant que cite Tareq Oubrou est l’établissement par le Coran de l’inégalité des témoignages. Il écrit : « Certains croyants, mettant leur raison en veille, sous prétexte qu’il s’agit d’approcher le sacré, s’en tiennent au sens littéral et absolutisé du verset [Il s’agit du verset 282 de la sourate 2] indiquant que le témoignage de la femme équivaut à la moitié de celui de l’homme : « Faites témoigner deux témoins parmi vos hommes, sinon un homme et deux femmes parmi les témoins que vous estimez crédibles. Si l’une se trompe, l’autre lui rappellera. »

C’est un verset effectivement problématique pour la thèse de l’égalité homme-femme, aussi Tareq Oubrou tente-t-il d’en minimiser la portée en recourant à des arguments pour le moins étonnants et contradictoires : « Ce verset concerne les affaires, les transactions commerciales, les écritures de contrat, etc. il ne parle pas d’un problème de crédibilité morale inférieure de la femme, mais évoque la possibilité d’erreurs de mémoire. Tout d’abord, il faut souligner qu’il s’agit d’un verset non pas impératif, mais optionnel, d’où la nécessaire référence à la Sunna pour comprendre sa charge normative. Le Prophète ne l’a pas appliqué de son vivant. »

Il faudrait d’abord que Tareq Oubrou précise quand les versets sont optionnels ou pas, ce qu’il ne fait pas, et ce qui en réalité est assez normal car cette notion ne figure pas dans le Coran ; ou alors il faut nous dire où. Difficile en effet de concevoir la raison pour laquelle un verset du Coran serait optionnel.

Par ailleurs, Tareq Oubrou utilise l’argument étrange (qu’on retrouve dans d’autres circonstances) de la non-application par Mahomet car 1) cela ne prouve rien 2) si une disposition a été édictée par Mahomet, c’est bien pour être appliquée. Que diantre signifierait en effet le fait d’édicter une disposition en sous-entendant en même temps sa non-applicabilité ? Cela n’a aucun sens.

Tareq Oubrou poursuit : « Ensuite, la mémoire n’est pas uniquement une question neuroscientifique mais aussi sociologique. Selon les professions et les champs de compétences, la mémoire et/ou les processus de mémorisation ne sont pas identiques. Or le monde des affaires, cet univers dans lequel se concluent des contrats, était, à quelques exceptions près, exclusivement masculin. À ce titre, les femmes étaient les plus exposées à l’erreur que les hommes lorsqu’elles témoignaient dans ce domaine, du fait qu’elles ne maîtrisaient pas forcément son vocabulaire, ses protocoles et ses codes. »

À suivre Tareq Oubrou, l’intelligence des femmes était donc finalement en pratique limitée à l’époque à l’intelligence des choses du ménage ! De là à extrapoler jusqu’à aujourd’hui, il n’y a qu’un pas… Or Tareq Oubrou sait que la première épouse de Mahomet, Khadija, était une des commerçantes riches les plus en vue de La Mecque et gérait elle-même son commerce. Si les musulmans avaient voulu donner plus de place à la femme en considérant qu’elle se situait à égalité avec les hommes, ce n’était donc pas une question d’intelligence ni de mémoire, puisque celles qui avaient l’occasion de jouer des rôles importants y parvenaient semble-t-il très bien.

Tareq Oubrou fournit d’ailleurs lui-même un autre contre-exemple : « Omar, une fois devenu calife, a nommé Shifa inspectrice du marché de Médine, chargée de contrôler le bon déroulement des transactions et des contrats commerciaux. Personne n’a mis en doute ses compétences. »,

Pourtant, force est de constater que la place des femmes dans les instances de pouvoir n’a pour le moins jamais été une caractéristique visible de la culture musulmane, à la différence des États européens où rois et reines pouvaient se succéder, ou du moins avoir une place de tout premier plan. Pourquoi ? Parce qu’en dehors de quelques contre-exemples comme ceux ci-dessus, qui représentent en réalité des exceptions, la femme a toujours été considérée dans la culture musulmane comme un être inférieur par nature à l’homme et qui lui est subordonné.

Rémi Brague fait d’ailleurs remarquer sur un autre plan : « Contrairement à ce qui est fréquemment affirmé, il y a là [avec l’islam de Mahomet] recul par rapport à la situation d’avant l’islam. Ainsi, la façon dont Khadija a pris l’initiative en proposant le mariage à Mahomet témoigne d’une liberté de mœurs que la Révélation a désapprouvée. »

  • Que dit la Tradition (Sunna) ?

En dépit de cette démonstration doctrinale bancale fondée sur le Coran, Tareq Oubrou ne peut pas nier une difficulté évidente dont il prend acte : « À ce niveau métaphysique, donc, il y a une claire et évidente égalité spirituelle, intellectuelle et morale entre l’homme et la femme. Cela ne clôt toutefois pas la question, car le droit canonique issu du Coran et de la Sunna révèle, lui, des inégalités qui sont tout aussi évidentes. »  

Quand Tareq Oubrou pose la question : « Intellectuellement, la femme vaut-elle la moitié de l’homme ? Est-il vraiment besoin de convoquer les textes de l’islam et une herméneutique alambiquée pour réfuter une telle ineptie ? », il y répond avec évidence sur la base des valeurs de l’Occident et non des valeurs musulmanes. En effet, le problème est que Mahomet était semble-t-il très loin de cette prétendue évidence, comme l’illustrent quelques hadiths authentiques parmi d’autres :

Hadith (Bukhari) : D’après Abu Said al-Khudri, le Prophète a dit : « Le témoignage d’une femme n’est-il pas la moitié du témoignage d’un homme ? – Certes oui, répondîmes-nous. – Cela, reprit-il, tient à l’imperfection de son intelligence. »

Hadith (Bukhari) : Abdallah Ibn Umar a dit : « J’ai entendu le Prophète dire : « Ce n’est que dans trois choses que des influences funestes [la malchance] peuvent se faire sentir : la femme, le cheval et la maison. » »

Hadith (Bukhari) : Selon Usama Ibn Zayd, le Prophète a dit : « Je ne laisse après moi aucune cause de trouble plus funeste à l’homme que les femmes. »

Finalement, Tareq Oubrou, après avoir sans succès tenté de défendre l’idée de l’égalité originelle et absolue entre l’homme et la femme, se voit contraint d’admettre qu’en doctrine même et également en jurisprudence la situation est loin d’être claire.

  • La mémoire des femmes Compagnons de Mahomet

Pour redorer le blason des femmes dans la culture musulmane, Tareq Oubrou écrit : « Sur la question de la mémoire féminine, il est intéressant de rappeler ce qu’il en était à l’époque du Prophète. On dénombrait alors trente-deux compagnons qui connaissaient par cœur le Coran, parmi lesquels figuraient Aïcha, Hafsa, Hind, Umm Salama et Umm Waraqa. Personne n’a mis en doute la qualité de leur mémoire. »

Qui peut vérifier cette affirmation ? Personne. Les paroles de Mahomet étaient apprises ou notées par les témoins sur différents types de support et la recension de ces éléments épars n’a été faite qu’après la mort de Mahomet (1ère vulgate d’Othman) et différentes versions circuleront dans les premiers siècles. Difficile de savoir ce que les un(e)s et les autres savaient vraiment.

Tareq Oubrou ajoute : « Aïcha, épouse du Prophète, a rapporté à elle seule environ 2.210 paroles du Prophète. Aucun savant de l’islam n’a prétendu que ces hadiths ne seraient valides qu’une fois confirmés par une autre personne. (…) Un nombre considérable de hadiths ont été rapportés par une seule femme, disciple du Prophète, et font autorité sur toute la communauté musulmane. »

Or, si Aïcha a été en mesure de mémoriser 2.210 paroles (« hadiths) de Mahomet, cela signifie qu’elle a, pendant les 10 années (au maximum) où elle a vécu physiquement avec Mahomet (de 9 ans à 18 ans), été en mesure de mémoriser par cœur 221 hadiths par an, soit 4 nouveaux hadiths environ chaque semaine (un hadith pouvant être assez long et nécessitant le rappel du contexte précis de sa formulation) ; et ce, sans savoir si elle avait besoin d’un temps dédié pour répéter cette mémorisation au fil du temps et de l’accumulation des hadiths, en plus de la mémorisation « revendiquée » des 6.236 versets du Coran (à supposer qu’elle les ait tous entendu réciter). Bref, une histoire qui relève visiblement du merveilleux propre à toute hagiographie.

  • La théorie de l’anachronisme

Face à toutes ces contradictions, Tareq Oubrou abat sa dernière carte avec la théorie de l’anachronisme. Il écrit ainsi : « Affirmer que le Coran instaure une inégalité essentielle entre les hommes et les femmes au sens moderne serait commettre un anachronisme : il y a une distance historique à respecter. »

Notons que Tareq Oubrou reconnaît donc finalement dans ce propos, après avoir tenté de la nier, l’inégalité essentielle homme/femme, mais il essaie d’en limiter la portée.

Il écrit : « Le sentiment d’inégalité douloureusement – mais silencieusement – vécu par beaucoup de femmes musulmanes depuis plus d’un siècle était aussi présent chez des contemporaines du Prophète. Ainsi Umm Umâra, une disciple du Prophète, a eu le courage de lui faire remarquer que le Coran avait tout donné aux hommes et rien aux femmes. À quoi vint répondre un verset (sourate 33, verset 35) insinuant que tout ce qui concernait les hommes en termes de devoirs et de mérite moral et spirituel était à entendre de façon identique pour les femmes. »

Ainsi, Tareq Oubrou reconnaît lui-même que même dans la conception mahométane originelle, telle qu’elle apparaît dans le Coran, l’égalité homme-femme n’avait rien d’une évidence, ce qui est logique compte tenu de la vision misogyne de Mahomet qui transparaît dans les hadiths (cf. ci-dessus) et qui se traduit naturellement dans une conception patriarcale de la société, comme l’admet Tareq Oubrou :

« Les hommes auraient une charge plus importante (en terme de responsabilités), qualifiée de prééminence ou de degré supplémentaire. Il ne s’agit pas d’une supériorité. (…) Le verset (sourate 4, verset 34) indique que les femmes sont « au service de » [des hommes] : cela s’explique par le fait que, dans le contexte anthropologique du moment coranique, la prise en charge matérielle des femmes revient aux hommes. Puis le Coran rappelle aux hommes que Dieu est supérieur et le plus grand pour les mettre en garde contre tout abus de pouvoir. »

En réalité, la répartition des rôles entre l’homme, dépositaire de l’autorité, qui dirige, et la femme, qui s’occupe du foyer, a toujours été profondément ancrée dans la culture musulmane jusqu’à aujourd’hui, pour des raisons non seulement historico-sociales mais aussi doctrinales. Il ne s’agit pas juste du contexte de l’époque mahométane. Malek Chebel avait l’honnêteté de le reconnaître : « La jurisprudence sur la femme, que ce soit la sharia ou les mentalités collectives, lui est extrêmement défavorable. Le but non avoué de toute cette armada de textes consiste à maintenir la femme dans une position inférieure à l’homme sous le prétexte que celui-ci subvient à ses besoins matériels. »

Il ne faut donc aucunement s’étonner que la libanisation actuellement en œuvre sur le territoire français conduisent à des constats comme celui fait dans un tout récent (7 décembre 2016) reportage diffusé au journal de 20 heures de France 2 et qui est venu opportunément rappeler que, dans la culture musulmane, le pouvoir est du côté de l’homme et que la place de la femme est donc à la maison, sous l’autorité de son mari, ce qui se traduit par un ségrégationnisme évident dans l’espace public :

France 2 Journal 161207 Islam & Femmes

  • Conclusion

On voit que Tareq Oubrou, avec la force du désespéré, fait feu de tout bois pour défendre la cause de l’islam en Occident sur cette question du statut de la femme, quoique la réalité vécue encore aujourd’hui dans le monde musulman par les femmes ne laisse planer aucune doute (et nous n’avons même pas encore abordé les questions de la polygamie, la répudiation, le droit de battre sa femme, etc.).

Les propos de Tareq Oubrou dans son dernier livre font d’ailleurs résonner une tonalité bien différente de celle du précédent (« Un imam en colère ») puisqu’il y écrivait : « À l’époque du prophète, le temps pour changer certaines lois ancestrales en faveur d’une égalité totale entre hommes et femmes n’était pas encore propice aux yeux de Dieu. C’est pour cette raison que le grand théologien Ibn-Taimyya conclut que le Coran et la Sunna avaient opté pour la sagesse suivante : « Si tu veux être obéi, demande le possible. » (…) Une chose est sûre : il ne faut pas compter sur la réforme théologique de l’islam pour faire évoluer la condition de la femme musulmane. » Vous avez dit « taqiya » ?

Je laisse, une fois n’est pas coutume, la conclusion à Tariq Ramadan, peu suspect d’antipathie envers l’islam : « La plupart des commentaires, des analyses et des développements [en islam] se concentrent prioritairement et presqu’exclusivement sur les différents rôles et fonctions des femmes dans les cellules familiales et sociales. Il n’existe pas de réflexion approfondie, structurée et dialectique sur la femme en tant qu’être, sur l’être féminin, son rapport au sens, à la pratique religieuse et sa relation avec le corps social dans son ensemble. »

L’infériorité féminine dans la prière

La difficulté à penser le statut de la femme de façon égalitaire dans la culture musulmane se traduit à de nombreux niveaux, y compris au niveau de la prière. En pratique, la femme est souvent reléguée dans un rôle de second plan et invitée à rester chez elle.

Ainsi, le Statut indique qu’« il est permis à la femme de se rendre à la mosquée et de participer à la prière collective à condition d’être ni provocante, ni séductrice (par sa façon de s’habiller, de se parer et de se parfumer). (…) Toutefois, prier chez elles est préférable ». On voit bien que la présence de la femme à la mosquée est loin d’être un acquit dans la culture musulmane.

Selon le Statut, le Cheikh Mousâ Salîh Charaf indique en effet qu’« il est préférable et plus honorable pour la femme de prier chez elle. Il a été rapporté qu’Oumm Hâmid as-Sa’idiya s’est rendu chez le Prophète et lui a dit : « Ô envoyé de Dieu, j’aime faire la prière avec toi ». Il a répondu : « je le savais, mais prier dans ta maison est meilleur que prier dans la mosquée de ton clan et prier dans la mosquée de ton clan est meilleur que prier dans la mosquée collective ». »

Moncef Zenati reconnaît que l’avis instinctif dans la culture musulmane est bien que « la meilleure prière pour la femme, c’est chez elle ». Si, reprenant le hadith ci-dessus, il considère que rien ne s’oppose doctrinalement au fait de laisser les femmes venir à la mosquée, on ne voit pas qu’il les y incite particulièrement non plus. La nécessité d’inciter les femmes à venir à la mosquée ne semble guère s’imposer.

Havre de savoir Femmes et priere

Havre de savoir Femmes et priere Extrait

La récurrence de cette question résulte de l’ancrage de la conception inférieure de la femme dans la culture musulmane, y compris contemporaine. La question de la prière féminine a ainsi été évoqué en mars 2015 dans l’émission « Islam » du dimanche matin. À la question du journaliste : « Pourquoi sommes-nous arrivés à cette situation ? Qu’est-ce qui explique que plus on s’éloigne du modèle prophétique, qui était celui d’une prière en commun, hommes et femmes, et on se retrouve avec une situation, un peu de relégation, ou de séparation ? », Larbi Kechat répond : « De manière générale, nous sommes, en tant qu’êtres humains, victimes de nos ignorances. L’ignorance, du point de vue sémantique, le mot « ignorance » a une parenté avec l’obscurité. D’où l’importance qui doit être donnée au premier devoir islamique, à savoir la lecture, la compréhension et l’application. L’évolution des sociétés humaines ont abouti à certaines pratiques qui, avec le temps, ont pris le pas sur certaines règles islamiques. »

France 2 Islam La priere au feminin Mars 2015

France 2 Islam La priere au feminin Mars 2015

On voit combien cette réponse est vide de contenu et confirme la très faible volonté au sein de la communauté musulmane contemporaine de changer la situation en faveur des femmes.

Face à un tel constat, au moins peut-on dire aux musulmanes que si elles veulent venir dans les églises ou les temples, elles seront certainement accueillies à bras ouverts.

L’inégalité homme-femme : Aujourd’hui

L’inégalité homme-femme inscrite dans le Coran (voir l’article Doctrine inégalité homme-femme) n’est semble-t-il pas restée lettre morte. Aujourd’hui, cette inégalité peut être constatée de façon évidente dans tous les pays musulmans.

Pour Malek Chebel, « la jurisprudence sur la femme, que ce soit la sharia ou les mentalités collectives, lui est extrêmement défavorable. Le but non avoué de toute cette armada de textes consiste à maintenir la femme dans une position inférieure à l’homme sous le prétexte que celui-ci subvient à ses besoins matériels. »

Globalement, le tableau dressé par Malek Chebel n’est guère flatteur : « Répudiation, polygamie, mariages forcés (et surtout mariages précoces à onze ou treize ans), rapts de jeunes filles, dénigrement des mères célibataires et assassinats perpétrés au nom de l’honneur, voilà quelques aspects – flagrants – de l’infériorité juridique de la femme musulmane par rapport à l’homme, une infériorité fondée – telle est la thèse fondamentaliste – sur le caractère ondoyant et limité de la nature féminine. »

Le monde musulman n’est pas sorti encore aujourd’hui du modèle patriarcal. Mohammed Bajrafil indique : « Concrètement, si le statut de la femme a été aussi malmené par les jurisconsultes, il faut avoir le courage et l’honnêteté de le dire, c’est parce que des sociétés plutôt patriarcales ont été les sociétés dans lesquelles majoritairement ces jurisconsultes ont vécu. »

Dans ces conditions, compte tenu de la reconnaissance par nombre d’islamologues de ces faits, il faut une certaine audace – qui frise le mensonge – pour oser écrire dans la Convention citoyenne des musulmans de France (article 3) que : « En France, l’égalité homme femme ne heurte en rien la conception musulmane. Bien au contraire, depuis l’avènement de l’islam et dans les temps modernes, les principaux défenseurs de la place de la femme musulmane dans la société contemporaine ont toujours favorisé son épanouissement. »

Au-delà des élucubrations du C.F.C.M., la palme du réalisme revient sans doute à Tareq Oubrou qui écrit : « Une chose est sûre : il ne faut pas compter sur la réforme théologique de l’islam pour faire évoluer la condition de la femme musulmane. »

L’inégalité homme-femme : la justification doctrinale

Imam Nader Abou Anas (Bobigny)

Nader Abou Anas 2014 Bobigny La femme

La supériorité de l’homme sur la femme est inscrite dans le Coran :

Coran, sourate 2, verset 228 : « Quant à vos femmes, elles ont des droits équivalents à leurs obligations, conformément à la bienséance. Mais les hommes ont cependant une prééminence sur elles. Allah est puissant et sage. »

Coran, sourate 4, verset 34 : « Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et à cause des dépenses qu’ils font pour elles sur leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes et protègent ce qui doit être protégé, pendant l’absence de leurs époux, avec la protection d’Allah. »

Le Statut de la femme musulmane  confirme l’infériorité naturelle de la femme en précisant que « le musulman doit se montrer patient quand il voit de la part de son épouse un comportement qui ne lui plaît pas. Il doit reconnaître sa faiblesse en tant que femme et en tant qu’être humain. »

De son côté, Yusuf Qaradawi écrit : « Chacun des deux époux a des devoirs envers l’autre, qu’il doit respecter et il ne lui convient pas de les transgresser. Ce sont des devoirs identiques, sauf pour ce que la nature a donné en particulier à l’homme comme le dit le Dieu exalté : « Les femmes ont des droits équivalents à leurs devoirs. Les hommes leurs sont supérieurs d’un degré » (Coran, sourate 2, verset 228). Ce degré représente l’entretien et la direction que doit assumer l’homme, ainsi que son rôle de responsable. »

La jurisprudence malikite illustre cette inégalité dans certaines questions d’indemnisation d’un préjudice : « Yahya ben Sa’id a rapporté que Sa’id ibn al-Mussayb disait : « Le prix du sang [ndlr les réparations] de la femme est du tiers de celui d’un homme, mais la diya [ndlr prix du sang] est la même s’il s’agit d’un doigt amputé ou une dent cassée. » »

Cette supériorité et cette autorité du mari vis-à-vis de sa femme se traduit à plusieurs niveaux qu’il est intéressant de détailler, notamment : le droit de faire usage d’une certaine violence (cf. article droit de battre) ; le droit de sortie (f. article droit de sortie) ; le droit de répudiation (cf. répudiation).