Le feu comme arme de guerre en islam : l’exemple de Mahomet

Si le feu est en principe un châtiment que seul Allah peut infliger à l’homme  (immolation), le feu peut en revanche constituer une arme de guerre tout à fait légitime de l’islam contre les mécréants puisque Mahomet en a fourni l’exemple.

Petit rappel de la façon dont Mahomet fit la guerre aux juifs de Médine (en l’occurrence la tribu des Banû Nadîr) – extrait de la biographie de Mahomet par Ibn Hichâm, incontestée en islam – :

« Le Prophète sortit donc avec ses hommes à l’attaque des Baû Nadîr. C’était au mois de rabbî awwal. Il fit le siège de leur oasis pendant six nuits, alors qu’ils étaient barricadés dans leurs fortins, et ordonna à ses hommes de couper et de brûler leurs palmiers. »

 

L’extermination des juifs Quraydha par Mahomet ou comment pratiquer l’art de l’assassinat politique

Le massacre par égorgement de plusieurs centaines de prisonniers juifs de la tribu des Banû [« fils de »] Quraydha à Médine fait partie des récits mythiques de l’islam et de la vie de Mahomet. Difficile de concilier cet épouvantable massacre, commis de sang froid par Mahomet (et les musulmans) sur des prisonniers (et non dans un combat) avec le titre revendiqué par l’islam pour Mahomet d’apôtre de la religion d’amour et de paix.

Pour justifier ce massacre (600 à 900 hommes), l’islam fait état du fait qu’il s’agit de la sanction d’une trahison des juifs vis-à-vis de Mahomet. Que dit vraiment la biographie de Mahomet (texte musulman au demeurant) ?

  • Le contexte

Mahomet, arrivé à Médine, cherchait à rallier le maximum d’alliés en anticipation de sa guerre contre les Quraychites (polythéistes) de La Mecque. Il caressait l’espoir de convertir les juifs, Mahomet s’étant très largement inspiré du judaïsme pour inventer sa propre religion. Cet espoir fut vite déçu, les juifs se moquant de lui, et l’opposition aux juifs prit symboliquement après quelques mois la forme du changement de la direction de la prière (la Qibla), dorénavant tournée vers La Mecque et non plus Jérusalem.

Mais la suite des événements ne fut pas seulement symbolique. Mahomet entama une guerre méthodique contre les tribus juives de Médine sous divers prétextes. Une première tribu, les Banû Qaynuqa fut chassée (elle n’échappa à l’extermination voulue par Mahomet que sur intervention de leurs alliés arabes qui firent fléchir Mahomet) ; puis ce fut le tour des Banû Nadir. Restait à s’occuper des Banû Quraydha, la tribu juive la plus importante. Ce fut fait à l’occasion de la bataille dite « du Fossé », Mahomet ayant stoppé l’arrivée des tribus Quraychites de La Mecque et de leurs alliés les Ghatafan venus en découdre avec Mahomet grâce à un fossé creusé autour de Médine.

  • Le déroulement de la bataille du Fossé et la « trahison » des Banû Quraydha

Curieusement, en dépit de l’arrivée de nombreux Quraychites et Ghatafan – incités notamment à venir combattre Mahomet par quelques juifs des tribus ayant déjà été pourchassées par Mahomet –, les quelques semaines d’affrontement ne furent marqués en réalité que par quelques escarmouches.

Dans ce conflit, les Banû Quraydha étaient initialement alliés à Mahomet, ayant signé avec lui un pacte via les tribus arabes lors de son installation à Médine. Toutefois, on peut comprendre que le triste sort infligé par Mahomet aux deux premières tribus juives de Médine ait pu conduire cette troisième tribu à s’interroger sur son propre sort, une fois Mahomet devenu le maître incontesté de Médine.

Une lecture raisonnable du récit des événements que vous pouvez lire ci-dessous dans la Sîra (biographie écrite, rappelons-le, par un musulman) conduit à la synthèse suivante : le chef des Banû Quraydha se laisse finalement fléchir par l’insistance d’un coreligionnaire pour dénoncer son pacte avec Mahomet ; le pacte est rompu, sans peut-être le formalisme approprié qui conviendrait (le texte ne le précise pas), mais ceci est connu et vérifié par Mahomet et ses partisans ; cette dénonciation du pacte n’a aucune conséquence armée, les Banû Quraydha n’ayant pas conclu par ailleurs simultanément d’alliance avec les tribus hostiles à Mahomet (Quraychites et Ghatafan) ; les Banû Quraydha entrent en discussion avec ces tribus mais Mahomet qui a vent de ces pourparlers envoie un émissaire qui parvient semer la zizanie entre Quraychites, Ghatafan et Banû Quraydha de sorte qu’ils n’arrivent pas à s’entendre et donc aucun accord n’est conclu ; les Quraychites et Ghatafan finissent pas lever le camp sans qu’il se soit pratiquement rien passé.

On peut conclure de ce récit que les Banû Quraydha ont bien rompu leur pacte avec Mahomet et que celui-ci en a été informé, cette dénonciation remettant les Banû Quraydha dans une situation de neutralité vis-à-vis de Mahomet. Les Banû Quraydha songèrent à s’allier aux ennemis de Mahomet – ayant sans doute en mémoire le sort des deux précédentes tribus – mais cela ne s’est en réalité jamais fait (chacun tribu doutant de la fermeté des intentions des deux autres) et les Banû Quraydha n’ont pas combattu Mahomet et les siens. Mahomet eut simplement peur que cela n’arrivât, raison pour laquelle il envoya un émissaire pour semer la zizanie entre ses ennemis. Les Banû Quraydha n’ont donc pas « trahi » au sens que l’on donne à ce mot en Occident : la véritable trahison aurait consisté pour les Banû Quraydha à attaquer Mahomet tout en étant toujours lié par un pacte militaire avec Mahomet, comme sur le modèle d’Hitler attaquant Staline pourtant tous les deux liés par le pacte germano-soviétique.

C’est sans doute la raison pour laquelle dans un premier temps Mahomet n’a peut-être pas songé pas à attaquer les Banû Quraydha une fois la bataille du Fossé terminé. Mais la Sîra enseigne qu’il changea rapidement d’avis, comprenant vraisemblablement l’intérêt d’une exploitation politique des événements : il comprit certainement qu’il fallait en finir avec les juifs et la menace qu’ils représentaient pour son pouvoir, n’étant absolument pas considéré par eux mais au contraire dénigré et moqué. En outre, l’horreur du massacre avait un effet dissuasif excellent pour les campagnes militaires à venir (il suffit de voir comment l’État islamique utilise l’horreur et la peur qui en découle comme arme de guerre encore aujourd’hui).

D’où l’invention de l’intervention providentielle d’un deus ex machina, l’ange Gabriel, qui va permettre de justifier pour des raisons divines l’épouvantable extermination des juifs Quraydha de Médine par Mahomet. Cette mise en scène politique judicieuse permet ainsi à Mahomet de préserver aux yeux des musulmans son image au lieu d’apparaître comme ce qu’il était, un chef de guerre implacable et suffisamment sanguinaire pour décapiter de sang froid des prisonniers qu’il aurait tout aussi bien pu continuer à emprisonner ou qu’il aurait pu chasser.

Tout ce récit, comme on le voit, ne relève en aucune façon du domaine spirituel mais beaucoup plus banalement des aléas propres à la constitution d’alliances entre tribus arabes et de la volonté féroce d’un homme de se constituer un empire. Son dénouement relève tout simplement de l’assassinat politique calculé.

On peut ergoter sur le fait que le pacte n’ait pas été dénoncé dans les formes ou que cela ne se faisait pas à l’époque, tout cela n’a guère d’importance : rien ne pouvait justifier un tel massacre pour un prophète censé représenter une religion d’amour et de paix. D’ailleurs, le Christ ou Bouddha avaient déjà donné des leçons insurpassables de spiritualité pacifique au monde : l’islam est en à des années lumière.

Au-delà de cet épisode épouvantable, pour ceux qui douteraient de la haine que Mahomet, et avec lui son idéologie, l’islam (puisque Mahomet est le modèle de tous les musulmans), a construit à l’égard des juifs, il suffit de rappeler le hadith authentique (c’est-à-dire incontesté en islam) de Muslim (n°2922) : « D’après Abû Hurayra, l’Envoyé d’Allah a dit : « L’Heure Suprême ne se dressera pas avant que les musulmans ne combattent les juifs. Les musulmans tueront les juifs jusqu’à ce que les rescapés de ces derniers se réfugient derrière les pierres et les arbres qui appelleront alors le musulman en disant : « Ô musulman ! Ô serviteur d’Allah ! Voilà un juif derrière moi, viens le tuer ! », exception faite de l’arbre dit Al-Gharqad qui est l’un des arbres des juifs ». » (NB : on retrouve cet appel au meurtre des juifs, parfaitement explicite, dans plusieurs hadiths authentiques de Bukhari ; il n’y a donc aucun doute ni aucune ambiguïté en islam sur ce sujet).

  • Le texte original de la biographie de Mahomet

Voici donc pour tous ceux qui aiment se reporter aux textes originaux, le texte de la Sîra d’Ibn Hîcham (les (…) sont les passages sans grand intérêt par rapport au propos et que j’ai ôtés pour faciliter la lecture : la version intégrale du texte est naturellement disponible dans le commerce) :

« La Bataille du Fossé (al-Khandaq) en Shawwâl, an V

(…)

Quelques juifs, parmi lesquels on cite (…), avec des gens de Banû al-Nâdir et des gens de Baû Wâ’il (…) partirent pour Makkah et invitèrent les Quraysh à faire la guerre contre lui. Ils dirent aux Quraysh : « Nous serons avec vous contre lui afin de l’anéantir. » Les Quraysh leur répondirent : « Ô juifs ! Vous êtes les gens du premier Livre (sacré), vous êtes les savants en ce en quoi nous sommes en désaccord avec Muhammad. Dites-nous quelle est la meilleure : notre religion ou la sienne ? » Les juifs répondirent : « Votre religion est meilleure que la sienne, et vous êtes plus proches de la vérité que lui. »

(…)

Lorsque les juifs dirent cela aux Quraysh, ceux-ci s’en réjouirent et se mirent avec ardeur à répondre à leur appel, à savoir : faire la guerre à l’envoyé d’Allah. Ils se réunirent à cette fin et s’y préparèrent. Puis ces juifs-là partirent et vinrent à la tribu Ghatafân (…) et les invitèrent à faire la guerre contre l’Envoyé d’Allah, ils les informèrent qu’ils seraient avec eux, contre l’Envoyé d’Allah, et que les Quraysh avaient accepté de lui faire la guerre. Alors les Ghatafân se joignirent à eux.

(….)

Lorsque l’Envoyé d’Allah eut connaissance de ce qu’ils avaient l’intention de faire et de ce pour quoi ils s’assemblaient, il fit creuser un fossé autour d’al-Madînah.

(…)

Ibn Ishâq dit : Lorsque l’Envoyé d’Allah eut terminé le creusement du fossé, les Quraysh arrivèrent et descendirent là où les lits de torrents de Rumâh se rencontrèrent entre al-Juruf et Zughâbah avec dix mille de leurs mercenaires noirs, et leurs partisans de la tribu Kinâhah et le peuple de Tihamah. (…) L’Envoyé d’Allah et les musulmans vinrent avec trois mille hommes, ayant la montage de Sal’ derrière eux. Il dressa son camp là, le fossé étant entre lui et l’ennemi.

(…)

L’ennemi de Dieu Huyayy ibn ‘Akhtab al-Nadarî alla à Ka’b ibn ‘Asad al-Qurazî, l’homme qui avait le pacte et l’engagement de Banû Qurayzah et qui avait fait un pacte de paix avec l’Envoyé d’Allah au nom de son peuple. Lorsque K’ab apprit la venue de Huyayy ibn Akhtab, il ferma la porte de son fortin en sa face. Huyayy demanda sa permission, mais Ka’b refusa. Huyayy lui cria : « Malheur à toi Ka’b ! Ouvre pour moi. » Ka’b répondit : « Malheur à toi Huyayy ! Tu es un porte-malheur ! J’ai conclu un pacte avec Muhammad et je ne briserai pas ce qui est entre moi et lui ; je ne vois de lui que la fidélité et la véracité. » Huyayy dit : « Malheur à toi, ouvre-moi, et laisse-moi te parler ». Ka’b répondit : « Je n’ouvrirai point. » Huyayy dit : « Je te jure que tu n’as pas fermé ta porte contre moi que parce que tu as peur que je mange avec toi de ta jashîshah [aliment fait de blé concassé]. » Cette parole mit Ka’b en colère, et il ouvrit la porte. Huyayy lui dit : « Malheur à toi, Ka’b ! Je t’ai apporté la puissance invincible et une mer d’hommes ; je t’ai apporté Quraysh avec ses généreux et ses notables, et je les ai fait descendre là où les lits de torrents de Rumâh se rencontrent, je t’ai apporté les Ghatafân avec leurs généraux et ses notables, et je les ai fait descendre à la queue de Naqmah à côté de la montagne de ‘Uhud. Ils se sont engagés devant moi de ne pas partir qu’après avoir anéanti Muhammad et ses partisans.

Ka’b lui dit : « Par Dieu ! Tu m’as apporté l’humiliation éternelle, et un nuage qui ne contient pas de pluie et qui fait des tonnerres et des éclairs sans qu’il contienne d’eau. Malheur à toi, ô Huyayy ! Laisse-moi tranquille, car je ne vois de Muhammad que la fidélité et la véracité. »

Mais Huyayy ne cessa pas d’user de stratagèmes avec Ka’b jusqu’à ce que celui-ci se laisse convaincre, tout en mettant comme condition que si Quraysh et Ghatafân se retiraient et partiraient sans atteindre Muhammad, il entrerait dans le fortin de Huyayy afin qu’il eût le même sort que lui. Alors Ka’b viola son engagement (vis-à-vis de Muhammad) et se défit de la convention qu’il a eue avec l’Envoyé d’Allah.

Lorsque cette nouvelle fut communiquée à l’Envoyé d’Allah et aux musulmans, l’Envoyé d’Allah envoya Sa’d ibn Mu’âd (…) qui était alors le chef des Khazraj et avec eux Sa’d ibn ‘Ubâdah (…) en leur disant : « Allez voir si cette nouvelle est vraie ou non. Si c’est vrai, faites-moi signe que je comprenne et ne démoralisez pas mes gens. Mais si cette nouvelle est fausse et que ces gens-là (les juifs) restent fidèles à leur engagement vis-à-vis de nous, alors dites-le aux hommes. »

Ils partirent et arrivèrent aux juifs et trouvèrent qu’ils étaient pires que ce qu’on rapporta de leur attitude : en effet, ils insultaient l’Envoyé d’Allah et disaient : « Mais qu’est-ce que c’est que cet Envoyé d’Allah ?! Nous n’avons aucun engagement vis-à-vis de Muhammad ni aucune convention. » S’ad ibn Mu’âd les insulta et ils l’insultèrent. (…) Sa’d ibn Mu’âd et Sa’d ibn ‘Ubâdah et ceux qui les accompagnaient allèrent à l’Envoyé d’allah, le saluèrent et lui dirent : « Ils ont comme ‘Adal et al-Qârah » – c’est-à-dire qu’ils ont trahi comme ‘Adal et al-Qârah ont agi avec perfidie contre les gens d’al-Rajî.

(…)

L’Envoyé d’Allah et en face de lui les polythéistes sont restés aux bords du fossé durant plus de vingt nuits, presqu’un mois, sans qu’aucun combat ne s’engageât entre eux, sinon l’échange de flèches et l’état de siège. (…) Ibn Ishâq dit : L’Envoyé d’Allah et les musulmans tenaient donc bon, tandis que leur ennemi les assiégeait, et sans qu’il y ait de combat entre eux.

(…)

Nu’aym ibn Mas’ûd (…) ibn Ghatafân vint à l’Envoyé d’Allah et lui dit : « Ô Envoyé d’Allah ! J’ai embrassé l’islam, mon peuple ne sait pas que je suis devenu musulman. Ordonne-moi de faire ce que tu voudras. » L’Envoyé d’Allah lui dit : « Tu n’es qu’un seul homme parmi nous. Essaie de faire défection les uns aux autres de nos ennemis afin qu’ils partent, si tu peux. Car la guerre est une ruse. »

(…)

La nuit de samedi du mois de Shawwâl an V, Dieu a fait que Sufyân ibn Harb et les chefs des Ghatafân ont envoyé aux Banû Qurayzah ‘Ikrimah ibn Abî Jahl avec un groupe de gens de parmi les Quraysh et les Ghatafân qui leur ont dit : « Nous ne pouvons pas demeurer ici longuement. Nos chameaux et nos chevaux ont péri. Allez donc au combat afin que nous l’engagions avec Muhammad et d’en finir avec lui. » Les juifs leur envoyèrent dire : « Ce jour est un samedi et nous n’y travaillons pas. Quelques-uns de nos ancêtres y ont travaillé ; et il leur arriva ce que vous n’ignorez pas. D’ailleurs nous ne combattrons Muhammad à vos côtés que si vous nous donnez par avance des otages de parmi vos hommes, qui seront entre nos mains comme garantie pour nous. Car nous craignons que, si la guerre pèse lourdement sur vous, et que le combat vous devienne atroce – vous ne retourniez vite à vos pays et que vous nous abandonniez, ce qui laissera l’homme (Muhammad) demeurer dans notre ville, et dans ce cas, nous ne pouvons pas lui tenir tête. »

(…)

Les Quraysh et les Ghatafân refusèrent ; et Dieu a mis la dissension entre eux, et envoya un vent (violent) durant des nuits pluvieuses et très froides qui renversa leurs marmites et leurs camps.

(…)

Abû Sufyan dit : « Ô gens de Quraysh ! Vous n’êtes pas ici dans une maison de demeure. Les chevaux et les chameaux ont péri ; Banû Qurayzah n’a pas tenu sa promesse avec nous et nous n’avons appris de leur part ce que nous détestons. Nous avons souffert de la violence du vent ce que vous voyez : aucune marmite n’est à sa place, aucun feu ne s’allume, et aucune tente ne tient bon. Partez donc ; moi je pars. »

(…)

Les Ghatafân eurent connaissance de ce que les Quraysh avaient fait et ils retournèrent vite à leur pays. Ibn Ishâq dit : Le lendemain, l’Envoyé d’Allah quitta le fossé et rentra lui et les musulmans à al-Madinah et déposèrent leurs armes.

Vers midi, Gabriel (l’archange) vint à l’Envoyé d’Allah selon ce que m’a rapporté al-Zuhrî – coiffé d’un turban de soie et monté sur une mule sur laquelle il y avait un « bât » couvert d’une couverture en brocart. Il dit à l’Envoyé d’Allah : « As-tu déposé les armes ? » L’Envoyé d’Allah lui répondit : « Oui ». Gabriel dit : « Mais les anges n’ont pas encore déposé les armes. Je reviens maintenant après avoir poursuivi ces gens (Quraysh et Gharafân). Dieu Très Haut t’ordonne, Ô Muhammad, de marcher contre Banû Qurayzah, moi je me dirige vers eux et je secouerai leurs fortins. »

Suit l’attaque des juifs par Mahomet, leur reddition, leur emprisonnement et finalement le massacre des 600 à 900 prisonniers juifs, décapités sur le bord du fossé de Médine par Mahomet et les musulmans comme l’indique la Sîra : « Le Prophète ne cessa de les égorger jusqu’à leur extermination totale. »

Jihad : Les faits relatés par la Sîra

Le jihad (combat armé dans la voie d’Allah) étant l’exact opposé d’une religion d’amour et de paix, cette question crée une grande crispation quand elle est posée aux théologiens musulmans (du moins en Occident). Avant de voir quelles réponses ces personnes apportent, il est bon de revenir aux faits tels qu’ils sont précisément relatés par la Sîra, reconnue par tous les musulmans.

L’omniprésence de la guerre à compter de la déclaration du jihad (période médinoise de 622 à 632) pourra étonner certains lecteurs : le mieux est sans doute d’aller consulter la Sîra pour se faire soi-même une idée de la chose. De la date du début de la préparation du jihad à la conquête de La Mecque, ce qui représente 500 pages dans la Sîra complète de M. Badawî, on dénombre environ 450 pages consacrées à la description de la guerre (batailles, expéditions, alliances, traitements de captifs, répartition du butin, meurtres divers,…). La consultation de la table des matières de la Sîra conduit à identifier sur cette période plus de 25 sections relatives à la guerre (avec les mots bataille, campagne, razzia, conquête,…), ainsi que quatorze sections relatives à des meurtres. Voici à titre d’exemple deux pages du sommaire de la Sîra de M. Badawî :

Extrait Sommaire Badawi

Ce jihad peut d’ailleurs rappeler, comme on le verra dans certaines situations, les pratiques des anciens temps bibliques consistant à tuer les mâles et à s’approprier le reste (femmes, enfants, biens) en butin (cf. Deutéronome 20, 10-14). À cet égard, la Sîra indique que c’est précisément ce que signifie le verset :

Coran, sourate 33, verset 26 : « (…) Il [Allah] a jeté l’effroi dans leurs cœurs ; un groupe d’entre eux vous tuiez [ndlr les mâles], et un groupe vous faisiez prisonniers [ndlr les femmes et les enfants]. »

On ne peut que recommander la lecture elle-même de la Sîra, dans la version courte (Atallah) ou in extenso (Badawî). Pour une vision synthétique quoique détaillée, vous pouvez vous reporter à l’ouvrage « L’islam de France (et d’Europe) : un message de paix ? » figurant dans la page « Objectif du site ». Voici son sommaire à titre d’illustration pour la partie de l’ouvrage consacré au jihad :

Extrait Sommaire Islam de France

Mahomet pouvait conduire lui-même le jihad et se battre sur le champ de bataille, ou bien envoyer ses troupes. La participation active de Mahomet dans certains combats ne fait aucun doute. La Sîra indique par exemple qu’un jour Mahomet rentra chez lui et donna à sa fille Fatima son épée en lui disant : « Lave le sang qui s’y trouve, ma fille. En effet, elle m’a bien servi aujourd’hui. »

On peut noter que ce jihad mené par Mahomet, caractérisé par des événements très différents (victoires, défaites, trêves), n’a pas correspondu à une extension progressive constante et linéaire de l’islam, mais semble avoir subi les aléas classiques du développement historique avec des événements favorables et défavorables.