L’islam, copie du judaïsme : la prière

On sait que l’islam est une copie du judaïsme dont il se prétend être le dernier successeur : les exemples d’emprunt abondent. Parmi ceux-ci, on trouve le principe du jeûne copié des juifs après l’hégire comme le rappelle l’islamologue Tayeb Chouiref dans l’émission de France 2 « Islam ».

France 2 Islam 170702 Jeune

Il est intéressant de noter que Mahomet, ayant rejeté les juifs peu de temps après l’hégire (cf. changement de direction de la prière) puisqu’ils refusaient de le reconnaître – jusqu’à décider de les massacrer dans certains cas –, en vint effectivement ensuite (2ème année de l’hégire) à établir ses propres règles de jeûne avec le jeûne du ramadan pour couper le cordon ombilical qui le liait encore aux juifs.

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (19) La dhimmitude : un statut « protecteur » et donc avantageux

  • Problématique

Le Coran proclame sans ambiguïté la supériorité des musulmans sur les non-musulmans et donc l’inégalité des communautés humaines.

Coran, sourate 3, verset 110. Vous [musulmans] formez la meilleure communauté qui ait surgi parmi les hommes : vous ordonnez le convenable, vous interdisez ce qui est blâmable et vous croyez en Allah. (…)

Coran, sourate 3, verset 139. Ne perdez pas courage, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais musulmans.

La conséquence naturelle et logique de cette supériorité est l’existence d’un statut de citoyen de seconde zone, le statut de « dhimmi », dans lequel le dhimmi doit se soumettre à l’autorité musulmane et payer un impôt spécial, la jizya.

Coran, sourate 9, verset 29. Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit, ceux qui ne professent pas la religion de la vérité alors qu’ils ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation [jizya] de leurs propres mains après s’être humiliés.

La Sîra mentionne les propos de Mahomet : « Si un juif ou un chrétien se convertit à l’islam, il compte parmi les croyants, avec les mêmes privilèges et les mêmes obligations qu’eux. Celui, en revanche, qui reste juif ou chrétien, on ne peut le contraindre à quitter sa religion. Mais, dans tous les cas, il doit payer un tribut d’un dinar, qu’il soit mâle ou femelle, qu’il soit libre ou esclave. En échange de ce tribut [jizya], il aura la protection de Dieu et de son Envoyé. Sinon, il sera considéré comme l’ennemi de Dieu et de son envoyé. » 

Mais c’est par le traité d’Omar que le statut de dhimmi est généralement connu. Ce statut serait apparu au VIIème siècle : en 637 après JC, le patriarche chrétien de Jérusalem livra la ville à l’armée musulmane d’Omar. Un traité, dit Traité d’Omar, fut alors signé avec ce calife afin de fixer les conditions dans les lesquelles les chrétiens et les juifs étaient autorisés à vivre en pays musulman. Ce traité assujettissait juifs et chrétiens à l’autorité musulmane, mais leur garantissait un traitement meilleur qu’aux autres ennemis de l’islam, par la reconnaissance de droits privés (mais pas politiques), les autres mécréants n’ayant de choix qu’entre la conversion ou la mort. Les dhimmis étaient ainsi protégés des masses musulmanes qui avaient interdiction de porter atteinte à leur intégrité physique. C’est ce que rappelle l’émission de France 2 sur le judaïsme du dimanche 19 février 2017

France 2 Judaisme 170219 Dhimma et protection

S’agissant de la référence mentionnée par Josy Eisenberg concernant le qualificatif « de singes et de porcs » employé vis-à-vis des juifs et des chrétiens, elle peut surprendre mais elle est tout à fait exacte. Elle correspond à un passage du Coran où Mahomet s’adresse aux juifs médinois, que Mahomet haïssait, et aux chrétiens, juifs et chrétiens étant maudits par Allah.

Coran, sourate 5, verset 59. Dis [Allah s’adresse à Mahomet] : « Ô gens du Livre ! Que nous reprochez-vous si ce n’est croire en Allah, à ce qu’on a fait descendre vers nous et à ce qu’on a fait descendre auparavant ? La plupart d’entre vous sont des pervers ! »

Coran, sourate 5, verset 60. Dis : « Vous informerai-je que la rétribution auprès d’Allah sera pire que cela ? Allah transforme en singes et porcs ceux qu’il a maudits, qui ont encouru Sa colère, qui ont adoré le Taghout : ceux-là ont la pire place et sont les plus égarés hors du chemin droit ».

Ce statut de dhimmi s’explique par la filiation monothéiste à laquelle appartiennent les juifs et les chrétiens, filiation qui rend délicate doctrinalement pour l’islam leur conversion forcée ou leur mise à mort comme pour les autres mécréants. Le choix qui leur est proposé est donc simple : la conversion volontaire ou la soumission, comme l’indique Tareq Oubrou : « C’est dans une configuration géopolitique ou régnait une hostilité potentielle permanente que le droit canonique musulman classique a été forgé. Il n’offrait qu’une seule alternative : se convertir ou entrer en dhimma. La grave erreur des générations suivantes de canonistes fut de transformer ce droit circonstanciel en un droit sacré, infaillible. »

Le dhimmi n’est certes pas obligé de participer militairement à la défense de la communauté musulmane dans laquelle il vit, mais il s’agit bien d’un statut dévalorisant et humiliant car il ne saurait être question en islam de placer les musulmans sur un pied d’égalité avec les juifs ou les chrétiens qui sont des égarés volontaires du fait de leur refus de reconnaître la vérité de l’islam. L’émission précitée rappelle la perception humiliante de ce statut qu’en ont toujours eu les juifs, et qui s’exprimait par la coutume de la « gifle » :

France 2 Judaisme 170219 Dhimma gifle

Ce statut de dhimmi créé par l’islam a ainsi cristallisé doctrinalement l’infériorité des juifs et des chrétiens en terre d’islam, ce qui a imprégné pendant des siècles les mentalités au point, si l’on en croit l’émission précitée, de rendre quasi naturelle l’insulte de « sale juif » en terre d’islam :

France 2 Judaisme 170219 Le probleme des juifs

Aussi, voyons comment Tareq Oubrou présente de son côté les choses.

  • La présentation donnée par Tareq Oubrou

Tareq Oubrou indique : « L’islam a fixé le statut juridique de « dhimmi » ou mu’âhid (autre nom de « dhimmi » signifiant le « pactisant », celui qui s’engage à vivre en paix avec les musulmans), dont bénéficiaient les gens du Livre, c’est-à-dire les juifs et les chrétiens. (…) La dhimma est une catégorie de citoyenneté embryonnaire ou inachevée. (…) La philosophie de cet impôt lié à la dhimma (« jizya ») est résumée par la règle canonique suivante : « Pour la défense de la nation, les musulmans versent leur sang et les minorités religieuses versent un impôt ». Cette règle instaure, au fond, une sorte d’objection de conscience avant la lettre. »

Effectivement, la conversion n’est pas obligatoire pour les juifs et les chrétiens sous réserve qu’ils se soumettent à l’autorité musulmane. Mais limiter la signification du paiement de la jizya à la seule contrepartie de l’exemption de l’engagement militaire est une présentation orientée et fallacieuse car 1) cela n’a aucun rapport avec l’objection de conscience pour les Gens du Livre puisque ceux-ci n’ont pas le choix d’être soumis ou non à ce statut 2) Le statut de dhimmi s’accompagne de mesures vexatoires et humiliantes, précisément décrites dans la jurisprudence musulmane et passées ici sous silence. Le statut de dhimmi est clairement un statut d’infériorité manifeste et publique par rapport aux musulmans ; c’est loin d’être un simple statut « inachevé » à visée humaniste.

En revanche, il est vrai que ce statut, bien que « protecteur », n’a pas suffi à éviter des mesures encore plus humiliantes, voire de véritables persécutions des minorités religieuses en terre d’islam, ce que Tareq Oubrou reconnaît clairement : « Le concept de dhimma visait à l’origine à mettre les juifs, les chrétiens et les autres minorités à l’abri des conversions forcées et à leur garantir la dignité humaine. Malgré son aspect humaniste, en phase avec l’époque, il fut souvent mal interprété et mal appliqué. Ainsi, au cours de l’histoire musulmane, des exactions furent commises à l’égard de ces minorités, fréquemment pour des motifs d’ordre économique et politique. »

  • Conclusion

Le statut infériorisant et humiliant des mécréants en terre d’islam au travers du statut de « dhimmi », sorte de statut d’« Untermensch », de sous-homme, est tellement clair qu’il est impossible de le réfuter. Il imprègne, et c’est logique d’un point de vue doctrinal, toute la culture musulmane par le système de classement humain dont il est l’expression et qui rappelle de sinistres souvenirs. Sans ce sentiment profond, le génocide de 1,5 million de chrétiens arméniens par les Turcs musulmans aurait-il été possible en 1915 ? Une mise en bouche avant le nazisme ?

Il est facile de comprendre dans ce contexte comment le regard d’un mécréant, être inférieur et qui devrait donc baisser le regard, peut rapidement devenir encore de nos jours un « mauvais regard » avec des conséquences incalculables.

Quant au terme de « protection » utilisé pour faire croire qu’il s’agit d’une faveur accordée aux juifs et aux chrétiens par rapport aux musulmans, il est tout à fait trompeur. C’est un statut évidemment de soumission. Il suffit d’interroger les minorités non-musulmanes du Moyen Orient encore aujourd’hui pour en saisir tous les détestables relents.

La régression de l’islam constatée par les musulmans eux-mêmes

Si les musulmans prétendent détenir le livre parfait, loin s’en faut que la doctrine musulmane soit claire aujourd’hui. Le bateau prend l’eau de tous côtés. Comme l’évoquent (cf. esprit critique) Tariq Ramadan, Malek Chebel ou encore Tareq Oubrou, l’islam ne sait pas (ou plus) dialoguer et débattre. À l’occasion des attentats du 13 novembre 2015, l’émission de France 2 « Islam » du 22 novembre 2015 revient sur cette question. Le constat dressé par les deux interlocuteurs est accablant, notamment en comparaison de la liberté de débat, d’idées, à laquelle le monde occidental est habitué depuis bien longtemps déjà.

France 2 Islam 151122 Extrait 1

France 2 Islam 151122 Extrait 2

Le journaliste : « Je vous ai entendu à plusieurs reprises, et avoir lu aussi, toujours revenir sur l’idée qu’il y aurait des clôtures dogmatiques depuis longtemps. Est-ce que ce n’est pas aussi la responsabilité des intellectuels musulmans, des penseurs musulmans, dans l’état actuel de ce que l’héritage musulman est devenu ? »

Ghaleb Bencheikh : « Vous avez tout à fait raison : nous avons une régression dans la régression. Je n’ose même pas imaginer – je n’ai pas envie que nos chers amis téléspectateurs pensent que, lors de notre entretien ce matin… : j’ai envie de dire que nous fûmes grands nous autres arabes et musulmans. Mais Bagdad fut le lieu des controverses, les fameuses controverses qui sont les ancêtres de la disputatio, elle-même ancêtre de la soutenance de thèse. Et on ne prenait pas ses propres références comme base de discussion. Je ne parle même pas de cela. Je parle de la régression par rapport aux années 30 par exemple, où on pouvait parler librement et on débattait. Là on ne le fait plus. Donc la responsabilité des intellectuels, la tâche, le statut, l’engagement, la responsabilité de l’intellectuel musulman, du théologien, du philosophe, est tout aussi engagée. Donc il est temps de sortir des clôtures dogmatiques. »

Le journaliste : « Mais pourquoi y a-t-il eu ces clôtures dogmatiques ? Autant dans les pays musulmans, la plupart d’entre eux malheureusement, la liberté d’expression, de pensée, n’est pas forcément une valeur reconnue, autant, je dirais l’espace européen et démocratique permet ces réflexions. Mais pourquoi nous n’avons pas, justement, avancé sur ces points-là ? »

Il est quand même surprenant de voir le journaliste reconnaître comme une évidence que la liberté de pensée et d’expression n’est pas reconnue dans la plupart des pays musulmans alors qu’elle est assurée en Europe.

Ghaleb Bencheikh : « Pourquoi ? Parce qu’il y a eu abdication de la raison, défaite de la pensée, abrasement de la réflexion, négation de l’intelligence, et on était resté dans ce qu’on appelle la raison religieuse. On est resté dans la pensée magique, on est resté dans l’argument d’autorité, dans les fantasmes superstitieux. Voilà, il faut libérer l’esprit et justement, se libérer de ces fameuses clôtures dogmatiques (…). Eh bien, c’est ce travail-là, et cette tragédie est aussi un moment propice pour l’investissement intellectuel, pour une raison émergente (…). »

L’argument d’autorité est effectivement le grand argument opposé aux non-arabisants pour leur dénier toute légitimité à toute réflexion sur l’islam, ce qui n’a évidemment aucun sens. Tout ne se résume pas à des problèmes de traduction et, au pire, il suffit de s’appuyer sur les traductions des plus érudits ou des plus reconnus. D’ailleurs, quelle signification accorder alors aux désaccords entre arabisants alors que le Coran est censé être un texte parfait et explicite ? En vérité, ces questions de traduction ne sont que des prétextes pour dénier aux non-arabisants le droit de faire ressortir les nombreuses incohérences et contradictions de l’islam.

Quant à l’incapacité du monde musulman à s’accorder le droit de réfléchir, de critiquer des textes tellement sacralisés que leur vénération devient une sorte de superstition, Mahomet étant lui-même très superstitieux, pourquoi s’en étonner ? Quels progrès spirituels l’islam, copie à la base du judaïsme, a-t-il apporté depuis des siècles au monde, et en comparaison avec les spiritualités qui l’ont précédé, notamment le bouddhisme et le christianisme ? À quoi sert l’islam ?

Obéissance & Éducation

Selon le Conseil européen des fatwas« La promesse de l’Enfer liée à toute mauvaise action commise par le musulman signifie non pas que celui-ci y demeurera éternellement comme c’est le cas pour les négateurs (kuffâr), mais qu’il y sera envoyé comme tout monothéiste ayant désobéi. »

Pour Malek Chebel :

–  « L’école coranique où l’on égrène à longueur de journées des sourates et des versets, sans les comprendre et sans les relier à un contexte historique, est, de ce point de vue, la caricature de l’apprentissage mécanique. Sortir de cette méthode répétitive est en soi considéré comme un début explicite d’indiscipline, et parfois de vaine spéculation. »

–  « La charte des salafistes va jusqu’à abolir toute connaissance autre que celle véhiculée par le Coran. »

–  « Ce phénomène de dénigrement de la science en général et des sciences humaines en particulier ne concerne pas un seul pays ou une seule tranche de population ; il est tellement général que l’on se demande par quel miracle le lien social et la continuité des savoirs se sont maintenus. »

« À l’étudiant qui s’engage dans les études religieuses, le talib, on demande surtout une capacité d’assimilation passive des textes et de la tradition, sans aucun recul. » 

Pour Tareq Oubrou, le niveau tout à fait insuffisant des imams ne peut de toute façon pas permettre d’assurer une instruction religieuse de bon niveau :

–  « Amateurisme et dilettantisme [ndlr des imams] est trop souvent la règle. »

–  « Les communautés préfèrent s’offrir un imam du bled – célibataire de préférence – qui ne leur coûte pas cher et ne fera pas de vagues. »

–  « Pour qui veut lutter contre l’obscurantisme qui frappe aujourd’hui le monde musulman, la France n’est pas forcément un endroit de tout repos. (…) Tout discours élaboré sur Dieu, l’interprétation du Coran ou la nécessité d’adapter sa pratique à un environnement sécularisé s’apparente pour la plupart des musulmans, en particulier les jeunes littéralistes, à un blasphème. »

Soumission & Obéissance à Allah et à son messager

Les mots arabes dérivent d’une racine composée de 3 lettres, voire 4, d’une grande richesse de sens et qui peut être à l’origine de multiples significations, déjà en arabe. Ainsi, le mot « islam » a pour racine SLM de laquelle dérive de multiples sens, comme : obéissance, soumission, abandon.

Si le contexte peut apporter des précisions sur la nuance à retenir, il reste que l’obéissance est une qualité essentielle du musulman, quoiqu’en disent beaucoup d’islamologues qui tentent de valoriser l’autonomie intellectuelle du musulman dans un monde occidental où cette autonomie est acquise depuis longtemps.

Mais à qui le musulman doit-il obéir ?

  • L’obéissance due à Allah

Cette obéissance est naturellement d’abord due à Dieu.

Coran, sourate 2, verset 229 : « (…) Voilà les ordres d’Allah. Ne les transgressez donc pas. Ceux qui transgressent les ordres d’Allah sont des injustes. »

Coran, sourate 3, verset 64 : « – Dis : « Ô gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous : que nous n’adorions qu’Allah, sans rien Lui associer, et que nous ne prenions point les uns les autres pour seigneurs en dehors d’Allah ». Puis, s’ils tournent le dos, dites : « Soyez témoins que nous, nous sommes soumis ». »

Coran, sourate 24, verset 51 : « La seule parole des croyants, quand on les appelle vers Allah et Son messager, pour que celui-ci juge parmi eux, est : « Nous avons entendu et nous avons obéi ». Et voilà ceux qui réussissent. »

Coran, sourate 33, verset 35 : « Soumis et soumises à Allah, croyants et croyantes, obéissants et obéissantes, loyaux et loyales, endurants et endurantes, craignants et craignantes, (…) : Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense. »

Coran, sourate 33, verset 36 : « Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’Allah et son messager ont décidé d’une chose, d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. Quiconque désobéit à Allah et à son messager est dans un égarement évident. »

Coran, sourate 5, versets 101&102 : « Ô les croyants ! Ne posez pas de questions sur des choses qui, si elles vous étaient divulguées, vous causeraient du mal. Si vous posez des questions à leur sujet, au moment où le Coran est révélé, elles vous seront néanmoins divulguées mais Allah effacera votre faute à ce propos. Allah pardonne et est miséricordieux. Un peuple avant vous avait posé des questions pareilles puis, devint pour cette raison mécréant. »

La récompense de cette soumission, cette obéissance complète à Allah est bien sûr la victoire dur l’ennemi : Hadith (Bukhari) : « D’après Abdallah Ibn Umar, le Prophète, lorsqu’il revenait d’expédition, prononçait à trois reprises le takbir [ndlr Allah u akbar : « Dieu est le plus grand »] et disait a dit : « Nous revenons si Dieu le veut, nous repentant, adorant, chantant ses louanges, nous prosternant devant notre Seigneur. Dieu a tenu Sa promesse, a aidé Son serviteur et mis à Lui seul en fuite les Coalisés ». »

Pour Yusuf Qaradawi : « La promesse de l’Enfer liée à toute mauvaise action commise par le musulman signifie non pas que celui-ci y demeurera éternellement comme c’est le cas pour les négateurs (kuffâr), mais qu’il y sera envoyé comme tout monothéiste ayant désobéi. »

Dans un autre contexte (les interdits), Yusuf Qaradawi rappelle : « Il n’est pas nécessaire pour le musulman de connaître en détail quel est le mal pour lequel Dieu a interdit telle chose. Il se peut que lui échappe ce qui apparaît à d’autres. Il se peut que ce mal ne soit pas découvert à telle époque et qu’il devienne apparent plus tard. Le musulman doit toujours dire : « Nous avons entendu et nous avons obéi ». »

Tariq Ramadan raccroche cette soumission à une analyse philosophico-spirituelle particulièrement sophistiquée : « La reconnaissance que l’on a affaire à deux révélations [ndlr le livre révélé – le Coran –, et le livre de l’univers], qui proviennent d’un créateur unique (at-tawhid), et que celui-ci attend de nous que nous le reconnaissions, que nous ayons foi en lui et que nous essayions de rester fidèles à ses enseignements établit, par l’essence de cette approche, le contenu de l’objectif premier que nous [ndlr Tariq Ramadan] essayons d’identifier ici. Or, l’idée d’être dans une sorte de dette (dayn) de reconnaissance, de remerciement et de fidélité vis-à-vis de l’Unique est le sens étymologique et profond du concept de “din“ et qui provient de la même racine verbale. Cette dette exige d’essayer de vivre la foi en essayant de rester fidèle à la conception établie par les deux révélations concernant la vie et la mort (din), et ce en suivant la voie (ash-shari’a). Ainsi, il ne s’agit pas seulement de protéger les piliers de la foi ou le rituel mais d’établir une approche holistique qui établisse, à partir de la reconnaissance du “tawhid“, que l’élaboration éthique – dans sa totalité et à tous les niveaux, du rapport avec la nature à la pratique médicale – a pour fonction naturelle et première de rester fidèle à cette reconnaissance existentielle de dette (dayn din) et d’agir en conséquence et en cohérence. »

Il apparaît que ce sentiment de dette vis-à-vis du créateur ne se traduit pas seulement par une humble soumission dans un climat bienveillant et empli de compassion, mais aussi par une soumission imposée par la crainte inspirée par Allah.

Ainsi Malek Chebel indique : « Seul Dieu (étant le Ghafur, « celui qui est enclin au pardon ») est en mesure de pardonner les fautes à celui qui, ayant péché, accepte de s’incliner et de revenir à la raison. Ce pardon est toutefois soumis au fait que le repentant écoute de nouveau avec ferveur et assiduité les enseignements de la tradition et se comporte avec l’humilité qui sied aux repentants. Le Coran développe l’idée de la « crainte de Dieu » à travers une centaine de versets. »

  • L’obéissance due à Mahomet

Mais cette obéissance est due à un niveau quasiment égal au Prophète Mahomet, bien que celui-ci ne soit qu’un messager.

Coran, sourate 3, verset 50« (…) Craignez Allah et obéissez-moi. »

Coran, sourate 8, verset 1« Ils t’interrogent au sujet du butin. Dis : « Le butin est à Allah et à son messager. » Craignez Allah, maintenez la concorde entre vous et obéissez à Allah et à son messager, si vous êtes croyants. »

Coran, sourate 24, verset 54 : « Obéissez à Dieu ! Obéissez au Prophète ! (…) »

Hadith (Bukhari, Muslim) : « D’après Abû Hurayra, le Prophète a dit : « Quiconque m’obéit, obéit à Allah ; et quiconque me désobéit, désobéit à Allah. Quiconque obéit à l’émir, obéit à moi ; et quiconque lui désobéit, désobéit à moi ». »

Hadith (Bukhari) : « Salama a dit : « Après avoir rendu allégeance au Prophète, je me retirai à l’ombre de l’arbre. Lorsque la foule des musulmans se fut éclaircie, le Prophète me dit : – Eh bien ! Ibn al-Akwa, est-ce que tu ne me prêtes pas serment ? – Je l’ai déjà fait, ô Envoyé de Dieu, lui répondis-je. – Alors prête-moi serment encore, reprit-il. Je lui prêtai donc serment une deuxième fois. » Un des rapporteurs dit : « Je demandai à Salama quel serment il prêtèrent ce jour-là. Il me répondit : le serment de combattre jusqu’à la mort ». »

Hadith (Bukhari) : « Abû Hurayra rapporte que le Prophète a dit : « Laissez-moi tranquille tant que je vous laisse tranquilles. Ceux qui vous ont précédés ont péri à cause de leurs questions à leurs prophètes et des disputes avec eux. Lorsque je vous interdis quelque chose, abstenez-vous en ; lorsque je vous ordonne quelque chose, faites-le autant que vous le pourrez ». »

Rémi Brague rappelle que « Le hadith fonde la rigueur de l’obéissance sur le fait que résister à Mahomet c’est résister à Dieu lui-même : « Quiconque est rebelle à Muhammad est rebelle à Dieu » (Bukhari). »

Par cet impératif requérant de lui obéir, on peut penser que Mahomet s’est auto-sacralisé afin d’assurer son pouvoir politique (ce qui était bien sûr de nature à déplaire fortement aux tribus arabes de l’époque et explique leur opposition naturelle). Cette sacralisation ne s’éteint pas avec la mort du Prophète mais perdure pour la suite des temps et est à mettre en rapport avec le caractère « intouchable » de Mahomet au yeux des musulmans, dont on voit les effets dès lors que quiconque s’avise d’émettre la moindre critique à l’égard du Prophète. Mahomet est nécessairement exemplaire.

Naturellement, toute désobéissance à Allah ou à son messager a de terribles conséquences. L’Éthique rappelle par exemple : « Puis les musulmans avaient reçu au cours de la bataille de Ouhoud [ndlr Uhud] une gifle douloureuse qui leur fit perdre soixante-dix de leurs hommes valeureux et les renvoya à Médine avec l’amertume de la défaite et la réjouissance des mécréants de leur malheur. Pourquoi cela, alors que leur croyance en Dieu et leur défense de la vérité les préparaient à une victoire éclatante ? Parce qu’ils se sont querellés, se sont divisés et ont désobéi à l’ordre de Dieu et de son prophète. »

  • Conclusion : une cinquième colonne d’agents dormants en Europe ?

Cette conception de l’obéissance pose un vrai problème lorsqu’elle est s’insère, comme c’est le cas en islam, dans une culture marquée par plusieurs autres caractéristiques :

–  les notions de dar-al-islam et dar-al-harb (cf. territoires) qui maintiennent toujours en filigrane le prosélytisme d’une religion dont la vocation est de conquérir le monde, en employant les armes si nécessaire lorsque le rapport de force devient favorable.

–  l’interdiction de prendre pour allié ou ami tout non-musulman (cf. amitié), car toute amitié est déjà un début de partage et de reconnaissance de valeurs non-musulmanes. Le non-musulman ne peut avoir qu’une seule position sociale : être soumis au musulman.

–  l’absence d’autorité spirituelle dans le monde sunnite qui introduit un flou considérable sur la réalité de ce qu’est l’islam et est un instrument extrêmement puissant pour introduire de la confusion dans tous les débats sur la réelle responsabilité de la communauté musulmane au regard de la violence générée par la religion dont elle est le porte-drapeau.

Ainsi, les Occidentaux européens, tenaillés par la bonne conscience chrétienne molle qui les imprègne  – cumulée en outre parfois à leur mauvaise conscience d’anciens colonisateurs ou exterminateurs, dans une société dont les valeurs sont par ailleurs en pleine décomposition –, sont bien incapables dans leur utopie humaniste de mesurer réellement le danger qui les guette.

En France, l’« élite » semble convaincue que la laïcité revancharde viendra à bout de l’islam : funeste et dangereuse prétention.

Sans doute les Européens feraient-ils bien de réfléchir à la condition imposée aux minorités non-musulmanes dans les pays musulmans et au sort que ces minorités connaissent, même après des décennies de vie communautaire plus ou moins chaotique,  lorsque l’islam retrouve sa vigueur d’antan.