Grande Mosquée de Paris et Fondation pour l’Islam de France : ça sent le gaz !

  • Problématique

La Grande mosquée de Paris, par la voix de son recteur, Dalil Boubakeur, ancien haut responsable du Conseil Français du Culte Musulman, vient de publier le 28 mars 2017 un texte qu’il est tout à fait intéressant d’analyser car il s’adresse à la fois aux musulmans et aux non-musulmans.

Il s’agit d’une proclamation, c’est-à-dire, selon les thèmes abordés, une déclaration d’intention et/ou une reconnaissance solennelle de certaines réalités. Par ce texte, en effet, la Grande mosquée de Paris confesse la reconnaissance directe ou indirecte de certaines des difficultés de l’islam en France sans toutefois abandonner toujours, comme on va le voir, le déni de réalité.

Proclamation GMP 170328

  • Le renouveau de l’orthodoxie musulmane

Avec la montée en puissance du fondamentalisme et du terrorisme musulmans, représentés notamment par Al Qaida et par l’État Islamique, l’islam de France s’était engagé devant le gouvernement français à produire un contre-argumentaire précis et documenté pour faire pièce au discours doctrinal très fourni de ces mouvements qui s’appuie sur des textes incontournables en islam. Nous l’attendons toujours.

En revanche, faute de produire ce contre-argumentaire, les représentants de l’islam de France ne manquent pas d’affirmer, sans fournir toutefois de preuves à l’appui, que l’islam véritable serait très différent de ce fondamentalisme, dont la Grande Mosquée de Paris reconnaît néanmoins « la montée en puissance, au sein de la communauté musulmane française » mais qui résulterait « d’une interprétation erronée de l’islam ». L’islam serait-il la seule religion que ses adeptes comprendraient aussi mal ? Car on ne voit guère et juifs, de chrétiens ou de bouddhistes tirer à la Kalachnikoff sur ceux qui ne sont pas d’accord avec eux, ou leur foncer dessus à tombeau ouvert avec un camion.

Ce que voudrait la Grande Mosquée de Paris, c’est que les musulmans n’écoutent que les imams au discours officiel, politiquement correct, adoubés sans doute par elle-même : « Tout musulman doit prendre garde à ne pas chercher sa culture religieuse auprès de sources, de prédicateurs, de prêcheurs télévisuels, qui ne sont pas reconnus par les savants les plus respectés de la communauté. » Or le problème est que le discours des imams du monde arabo-musulman (Arabie Saoudite – terre sainte de l’islam –, Qatar, Iran, Égypte, etc.) est souvent beaucoup plus proche de celui des terroristes musulmans, qui s’appuie sur des textes authentiques et nombreux, que du discours souvent lénifiant de l’islam de France.

Enfin, on peut s’inquiéter tout à fait du constat fait par la Grande Mosquée de Paris s’agissant de l’intolérance religieuse qui semble être, à la lire, un penchant fréquent en islam : « Le musulman doit se prémunir en la matière du péché de vanité, qui consiste à donner des leçons à autrui sur ce qu’est un bon ou un mauvais musulman quand on n’a soi-même qu’une culture religieuse péremptoire, superficielle et approximative. »

  • Le jihad

Dans ce domaine, dont on peut se demander s’il constitue une priorité puisqu’il n’est abordé pour l’essentiel que dans l’avant-dernier point dans cette proclamation, Dalil Boubakeur n’innove guère et tient les habituels propos convenus sur la légitime défense, oubliant au passage à la fois la pratique guerrière de Mahomet et les dizaines de versets du Coran appelant à la guerre, ainsi que ceux précisant comme partager le butin. De façon plus générale, il est quand même très curieux de constater que l’islam est la seule religion suscitant, et de façon aussi régulière, des vocations terroristes : pourquoi ?

  • L’antisémitisme

Dalil boubakeur nous annonce que « (…) toute forme d’antisémitisme est contraire à l’enseignement du prophète Mohammed lui-même (…) ». Sur quels textes se fonde cette assertion ? On l’ignore.

Pourtant les textes musulmans disent précisément le contraire : il n’y a qu’à ouvrir le Coran ; et jusqu’au hadith fameux et incontesté en islam de Muslim : « D’après Abû Hurayra, l’Envoyé d’Allah a dit : « L’Heure Suprême ne se dressera pas avant que les musulmans ne combattent les juifs. Les musulmans tueront les juifs jusqu’à ce que les rescapés de ces derniers se réfugient derrière les pierres et les arbres qui appelleront alors le musulman en disant : « Ô musulman ! Ô serviteur d’Allah ! Voilà un juif derrière moi, viens le tuer ! », exception faite de l’arbre dit Al-Gharqad qui est l’arbre des juifs. »

Inutile de s’étonner dans ces conditions que l’islam ait de profondes racines antisémites, comme Georges Bensoussan l’a récemment rappelé.

  • Islamophobie et islamopsychose

Dalil Boubakeur « s’alarme du fait que l’islamophobie et l’islamopsychose françaises soient de nos jours assurément comparables en gravité à l’antisémitisme français de la fin du XIXe siècle ».

Les tentatives d’assimilation du problème musulman au problème juif sont multiples et constantes : cette ritournelle a en réalité pour objectif de bâillonner tout débat sur la nature de l’islam en affublant tout contradicteur de l’étiquette honteuse et honnie d’« antisémite ».

  • La contestation de la laïcité

Comme pour l’antisémitisme, Dalil Boubakeur proclame : « L’existence du fait religieux musulman dans la société française est compatible avec la laïcité. » Sur quoi se fonde cette assertion ? On l’ignore.

Le problème est que toute la conception musulmane est précisément anti-laïque, ce que ne cessent de répéter d’ailleurs les imams du Moyen-Orient, aucun pays musulman n’étant d’ailleurs laïc aujourd’hui.

Si l’islam était laïc, Dalil Boubakeur aurait-il besoin de confesser : « La Grande Mosquée de Paris constate que cette immense majorité des Français de confession musulmane est demandeuse d’un texte de clarification de leurs droits et devoirs dans leur foi. » Qu’il y ait besoin d’une clarification religieuse de la nature de la foi musulmane, certainement, mais en quoi cela a-t-il un quelconque rapport avec les notions de droit et de devoir au regard de l’État ? Car si le propos n’a qu’un caractère uniquement religieux, cela voudrait dire que les musulmans ne comprennent rien à leur religion.

Tout cela est d’une confusion extrême, qui ressort encore plus lorsqu’on lit dans le même texte l’affirmation suivante : « La France n’est pas une terre d’islam (…). Dans ce contexte, tout musulman doit évidemment respecter les valeurs et les lois de la République française. » On peut l’espérer, mais : 1) En quoi la Grande Mosquée de Paris est-elle légitime et crédible pour affirmer que la France ne sera pas un jour considérée comme terre d’islam par les musulmans ? 2) Cela veut-il bien dire a contrario que si la France venait à être considérée un jour comme terre d’islam, les valeurs et lois de la République française n’y auraient alors plus cours ? N’est-ce pas là une forme d’affirmation que l’islam est incompatible par nature avec la France et sa laïcité ?

  • L’amour et la paix

Dalil Boubakeur déclare « Le saint Coran insiste sur la nécessité de savoir pardonner. » Sur quels textes s’appuie-t-il ? On ne sait pas, et on le comprend d’autant moins quand on le lit le Coran qui regorge de versets de violence ici-bas et dans l’au-delà.

  • L’obscurantisme

La proclamation s’attaque à l’obscurantisme en islam, que la Grande Mosquée de Paris reconnaît, et il semble qu’il y ait beaucoup à faire. Cette reconnaissance peut surprendre, car si elle est évidente et dénoncée par certains intellectuels musulmans eux-mêmes, elle est inhabituelle dans la bouche des représentants de l’islam de France.

D’abord, on peut s’étonner de l’assertion « L’obscurantisme, le refus de la science, le refus du progrès scientifique, sont des lectures erronées de l’islam ». Qu’a à voir la religion avec la science ? Rien. Sinon, nous aurions déjà parlé avec Dieu, et il n’y aurait qu’une seule religion. Mais que l’islam soit atteint d’un mal qui conduise certains musulmans à penser encore aujourd’hui que l’islam peut avoir raison contre la science, c’est un fait établi dont on trouve effectivement des preuves claires sur internet dans les prêches d’un certain nombre d’imams.

Parmi les marques de l’obscurantisme figure également en bonne place cette tradition abominable consistant à égorger des animaux pour satisfaire un besoin religieux. Les progrès scientifiques ont conduit à ce que l’étourdissement préalable devienne la règle dans bon nombre de pays occidentaux, certains pays européens ayant fini par interdire complètement l’égorgement. Il faut effectivement en finir avec cette pratique superstitieuse, qui révèle aussi une indifférence profonde à la souffrance animale que Dalil Boubakeur est obligé de reconnaître : « La souffrance animale ne saurait être admise par Allah. Il est donc nécessaire de réduire au maximum la souffrance causée à l’animal. » Comme je l’ai déjà montré dans un autre article détaillé, l’absurde de cette situation est que cette recommandation semble bien dater de l’époque de Mahomet. Ainsi, l’attachement actuel au maintien de ce procédé épouvantable n’est pas justifié par la doctrine de l’islam mais est une des multiples formes de cristallisation du communautarisme.

Enfin, on peut mettre au rang des pratiques obscurantistes la prolifération des rituels dont on peut se demander dans quelle mesure ils viennent surtout combler un vide spirituel, et Dalil Boubakeur admet que « Tout musulman doit prendre garde à ne pas verser dans l’observation irréfléchie et obsessionnelle de règles sans finalité spirituelle. » D’ailleurs, le ramadan apparaît être une source de nuisance pour les non-musulmans au point que Dalil Boubakeur est obligé de rappeler que « Durant le mois de Ramadan, (…) il ne faut pas importuner la population, notamment pendant la nuit. » C’est stupéfiant.

  • Le maintien des pratiques ancestrales

La Grande Mosquée de Paris affirme, pour rassurer : « (…) les châtiments corporels, la polygamie, ne se justifient plus et n’ont plus lieu d’être. Dans le même esprit, l’égalité entre hommes et femmes s’impose. »

C’est un aveu terrible et qui est une remise en cause fondamentale du Coran : il faut savoir néanmoins que cette position doctrinale n’est partagée par aucune institution de renommée au sein du monde musulman. La polygamie est un droit indubitable établi par le Coran, que même le Maroc a refusé il y a quelques années d’abolir ; seule la Tunisie, a osé l’interdire et cette position est très critiquée dans le monde musulman. Concernant les châtiments corporels, la prestigieuse université Al-Azhar a confirmé il y a également quelques années qu’ils font partie intégrante du socle dogmatique fondamental de l’islam. Quant à l’égalité homme-femme, elle est battue en brèche dans le Coran qui dit précisément le contraire.

  • Conclusion

Ce texte mal construit, un peu fourre-tout, truffé d’approximations et d’omissions, présente néanmoins l’intérêt de reconnaître un certain nombre de difficultés évidentes quant à la compatibilité de l’islam avec les valeurs de la France. On peut néanmoins s’interroger sur le fait qu’il soit là pour « donner le change » car l’islam de France n’a aucun intérêt objectif à ce mea culpa : c’est justifier les critiques qui lui sont faites et prouver son incapacité à résoudre ses propres problèmes.

Face à ce constat accablant, on peut comprendre que l’État soit tenté, pour écarter les risques générés par une telle confusion, de faire quelque chose au travers de la « Fondation pour l’islam de France », présidée par Jean-Pierre Chevènement. Mais il est assez savoureux que Dalil Boubakeur ait fini par en claquer la porte et maintenant « condamne la tendance actuelle à vouloir désigner des autorités de tutelle, n’étant pas de confession musulmane, aux fins d’encadrer avec paternalisme l’expression du fait religieux musulman dans la société française : ceci, au mépris de la liberté religieuse et de la séparation des églises et de l’État. »

 

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (18) Le jihad est un combat défensif

  • Problématique

Le caractère offensif du jihad de Mahomet est une évidence pour toute personne qui lit la biographie de Mahomet. J’ai eu l’occasion de revenir sur ce point dans maints articles sur ce site. Voyons ce que dit Tareq Oubrou.

  • La thèse de la légitime défense

Tareq Oubrou recourt à l’argument habituel du « point de contrainte en religion » : « Une vérité n’a pas besoin d’être imposée par la violence : elle s’impose aux esprits par des arguments. (…) Une vérité coranique n’oblige d’ailleurs que celui qui en est convaincu : « Point de contrainte en religion. Le chemin juste s’est désormais distingué de celui de l’égarement. » (sourate 2, verset 256) S’il arrivait que les épées soient tirées de leur fourreau, c’était pour défendre la foi, non pour l’imposer : elle n’en a pas besoin. »

Or Tareq Oubrou oublie de mentionner que ce verset correspond précisément (il est mentionné explicitement dans la biographie de Mahomet) à la période où Mahomet tentait de rallier à lui les juifs, juifs qui lui ont finalement ri au nez. Peu de temps après, Mahomet persécutait ou massacrait les juifs de Médine… (http://islametoccident.fr/?p=723)

D’ailleurs, l’argumentation de Tareq Oubrou ne semble pas claire puisqu’il écrit également : « Il a fallu attendre la fin du XIIIème siècle et le début du XIVème, avec Ibn Taymiyya et son disciple Ibn Qayyim, pour que soit revisité le concept de djihad offensif. Ils défendaient l’idée selon laquelle les musulmans doivent combattre les non-musulmans pour leur hostilité et non leur incroyance. (…) Sur la base de cette timide avancée, un nombre croissant de savants canonistes contemporains, pourtant classiques, voire conservateurs, ont commencé à remettre en cause de manière plus tranchée l’idée de djihad militaire offensif. »

  • Conclusion

Pour en finir avec tous les discours ambigus et confus, qui instrumentalisent le mensonge par omission, je suggère d’en revenir à la position claire et intelligible de ce vénérable imam, qui exprime sans excès particulier la doctrine orthodoxe de l’islam vis-à-vis des non-musulmans – c’est-à-dire la conversion, la jizya (pour les « dhimmis ») ou la mort –, dans une forme de sermon habituelle en islam orthodoxe :

Al Aqsa 150501

Pour mémoire, l’attitude de l’islam vis-à-vis des « dhimmis » (juifs et chrétiens) est effectivement définie ainsi par le Coran :

Coran, sourate 9, verset 29. Combattez (…) ceux qui ne professent pas la religion de la vérité alors qu’ils ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation de leurs propres mains après s’être humiliés.

La Jurisprudence chaféite précise de son côté que le refus d’assujettissement au statut de « dhimmi » – citoyen de seconde classe – entraîne rupture du pacte et de facto état de guerre avec les musulmans qui autorise à tuer les juifs et les chrétiens : « Si des non-musulmans sujets de l’État Islamique [califat] refusent de se conformer aux règles de l’islam, ou de payer l’impôt sur les non-musulmans, alors l’accord avec l’État est violé (mais si seulement un parmi eux désobéit, cela le concerne seul). »

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (17) La paix en islam, une paix entre musulmans

  • Problématique

La revendication de l’islam à être une religion d’amour et de paix apparaît bien surprenante à quiconque a lu la biographie de Mahomet dont la vie est rythmée, à partir de Médine, par les razzias, guerres, assassinats individuels, persécutions ou massacre des juifs, etc.

Il est donc intéressant de faire le point sur les arguments avancés par Tareq Oubrou pour défendre contre toute évidence la thèse de la religion d’amour et de paix.

  • Une attitude de respect mais seulement vis-à-vis des coreligionnaires musulmans

La paix évoquée dans le Coran est en réalité une paix conçue comme celle qui doit régner entre musulmans.

Tareq Oubrou écrit : « La paix est plus que l’absence de guerre et de violence. C’est un état intérieur, un état d’esprit. C’est pour cette raison que le Prophète a cherché à effacer toute symbolique qui renverrait à la guerre. (…) Rappelons que la salutation dans l’islam (as-salâm alaykum) signifie : « Que la paix [de Dieu] soit sur vous ». Elle vise à permettre de faire régner la paix dans les esprits avant qu’elle s’accomplisse dans la réalité. »

Malheureusement, Tareq Oubrou omet de mentionner que la paix dont il parle n’existe qu’entre musulmans puisque, comme le précise la jurisprudence chaféite (validée par Al-Azhar), il est par exemple interdit au musulman de saluer un non-musulman par la même salutation que celle qu’il emploie à l’égard de ses coreligionnaires puisque le non-musulman, seulement toléré en terre d’islam, est un « dhimmi » au regard des textes sacrés, c’est-à-dire un citoyen de seconde zone : « Les sujets non-musulmans doivent respecter les règles islamiques qui ont trait à la sécurité et à l’indemnisation de la vie, de la réputation et de la propriété. En outre : (…) (2) Ils doivent se distinguer des musulmans par l’habillement, en portant une large ceinture (zunnar) ; (3) Ils ne sont pas salués par le « as-Salamu ‘alaykum » ; (4) Ils ne doivent pas occuper la meilleure place dans les rues ; (…). »

Tareq Oubrou précise par ailleurs : « Mais la paix n’est pas uniquement une question psychologique : c’est une action, un devoir. « Ô vous, croyants, entrez [tous] pleinement dans la paix ! » lit-on dans le Coran (sourate 2, verset 208). » Ce message de paix ne s’adresse bien qu’aux musulmans.

  • La paix au sein de la communauté musulmane de Médine

Tareq Oubrou cite également dans sa plaidoirie le souhait de Mahomet ne pas voir naître de guerres fratricides entre ses partisans (les émigrés de La Mecque d’une part, et les tribus arabes alliées de Médine non encore réellement converties d’autre part) : « On sait que le Prophète n’a pas engagé de guerre contre les hypocrites qui faisaient partie de la communauté musulmane de Médine : « Je ne voudrais pas qu’on dise que Mahomet tue les siens » (hadith Bukhari n°4905, Muslim n°2584). » Cela n’a rien d’étonnant : il ne s’agit ici que d’éviter que le clan musulman ne s’entre-déchire en raison de guerres intestines : aucun rapport donc avec une quelconque paix vis-à-vis des non-musulmans.

  • Face à l’ennemi, que faire ? jamais la paix, mais un pacte est possible

Tareq Oubrou mentionne également comme preuve de paix vis-à-vis des ennemis de l’islam (les non-musulmans) le propos suivant : « Et une invitation à la paix ne se refuse pas : « Et s’ils choisissent la paix, fais de même. », demande le Coran (sourate 8, verset 61) au Prophète. »

Mais Tareq Oubrou ne mentionne pas le contexte qui a trait à ce verset et conduit à des contre-sens ainsi que le souligne très précisément Abdurrahman Badawi (traducteur musulman de la biographie de Mahomet). Celui-ci précise en effet dans sa traduction de la Sîra ce que ce verset veut dire : « S’ils t’invitent à faire la paix sur la base de leur conversion à l’islam, alors fais la paix avec eux sous cette condition. » Il ajoute : « Cette explication est très importante : ce n’est pas la paix à tout prix, ou sans aucun prix, qu’il faut conclure avec l’ennemi. Voilà un avertissement solennel à tous ceux qui, aujourd’hui, jouent avec le sens de ce verset ! »

En réalité, pour l’islam, aucune paix définitive n’est concevable avec les non-musulmans : l’islam n’accepte que les pactes temporaires qui n’engagent que pour une durée limitée comme le rappelle la jurisprudence chaféite : « Dans la Loi sacrée, « trêve » veut dire traité de paix avec un ennemi de l’islam, impliquant la cessation des combats pour une certaine période, avec un paiement ou toute autre chose. Le fondement scriptural de la trêve inclut les versets comme : (1) « Une immunité est accordée par Allah et son prophète aux polythéistes avec lesquels vous avez conclu un pacte (…) » (sourate 9/, verset 1) ; (2) « Et s’ils inclinent à la paix, incline vers celle-ci (toi aussi) » (sourate 8, verset 61); de même que la trêve que le prophète conclut dans l’année d’Hudaybiyya, comme relaté par Bukhari et Muslim. Les trêves sont admissibles mais pas obligatoires. (…) La trêve doit servir autre chose que la simple préservation du statu quo. Dieu a dit : « Ne faiblissez donc pas et n’appelez pas à la paix alors que vous êtes les plus hauts » (sourate 47, verset 35). La motivation de la trêve peut être la faiblesse musulmane, du fait d’un manque de troupes ou de matériel, ou l’espoir que l’ennemi se convertisse (…). Si les musulmans sont faibles, une trêve peut être conclue pour 10 ans (…). Il n’est pas permis de conclure une trêve d’une durée plus longue (…). »

Ainsi, la trêve d’Hudaybiyya mentionnée par Tareq Oubrou fut la conséquence temporaire d’un rapport de force défavorable aux musulmans et non pas l’expression d’une véritable volonté de paix : « Si la guerre fut souvent inévitable, le Prophète parvint à quelques reprises à l’éviter en recourant à la diplomatie. En témoigne le pacte de Hudaybiyya par lequel les Quraysh, en échange d’une trêve de dix ans, lui imposèrent des conditions (Bukhari n°2711-2712) qu’il accepta malgré la position de force obtenue par les musulmans grâce à leur victoire. »

En revanche, une fois conclu, et à moins d’être dénoncé par l’une ou l’autre partie, un pacte doit être respecté – c’est une question d’honneur – , quand bien même il est signé avec des non-musulmans. Ainsi Tareq Oubrou écrit : « Ces jeunes ne connaissent pas la parole du Prophète, qui dit : « Celui qui tue une personne non musulmane avec laquelle il est lié par un pacte ne sentira pas le parfum du Paradis. » (Bukhari n°3166) ». Le respect de tout pacte est en effet un élément constitutif essentiel du système tribal de l’Arabie du VIIème siècle.

Quant à l’appel à ne pas souhaiter la rencontre avec l’ennemi, Tareq Oubrou écrit : « Non seulement les textes appellent à la paix, mais ils incitent à éviter toute confrontation et tout conflit. « Ne souhaitez pas la rencontre et la confrontation avec l’ennemi. Mais si le combat vous est imposé, vous devez résister… » : ce hadith visait à apaiser le tempérament belliciste qui caractérisait les Arabes antéislamiques. » Il semble en effet que le tempérament guerrier ait pu conduire certains à se lancer tête baissée dans la bataille et sans avoir trop réfléchi. Mahomet met seulement en garde de ne pas engager une bataille sur « un coup de tête », sans avoir bien réfléchi à la meilleure tactique pour la gagner. Il suffit de lire dans le Coran la multitude des versets sur le jihad ou la glorification du martyre pour dissiper tout doute quant à la nature belliqueuse de l’islam.

  • Conclusion

Une paix définitive avec les non-musulmans est doctrinalement impensable en islam puisque ce serait abandonner une partie du monde à la mécréance et admettre qu’il existe une limite au pouvoir d’Allah.

On peut comprendre que, dans la mesure du possible, il soit envisagé de laisser d’abord au mécréant la possibilité d’entendre la parole d’Allah afin qu’il se convertisse. C’est ce que rappelle Tareq Oubrou lorsqu’il écrit : « La sourate 9, considérée comme la plus violente vu les circonstances dans lesquelles elle a été révélée, ne manque pourtant pas d’appeler le musulman à protéger un non-musulman : « Et si un associationniste te demande secours, accorde-le lui afin qu’il entende la parole de Dieu, puis fais-le parvenir dans un lieu où il trouvera sa sécurité. Car c’est un peuple qui ne sait pas. » (sourate 9, verset 6). » Mais tout cela est précisément encadré par des pactes précis et conclus dans des circonstances spécifiques :

Coran, sourate 9, verset 7. Comment existerait-il avec les associateurs un pacte admis par Allah et par Son messager autre que ceux que vous avez conclus auprès de la Mosquée sacrée ? Tant qu’ils sont droits envers vous, soyez droits envers eux. (…)

L’associationnisme (ou polythéisme) étant en islam le plus grave des péchés possibles, comment une véritable tolérance serait-elle possible, si ce n’est qu’encadrée rigoureusement par un pacte temporaire ou au travers du statut de « dhimmi » ? Tout autre cas de figure est inconcevable en islam : la tolérance au sens occidentalo-chrétienne n’existe pas en islam.

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (12) L’antisémitisme musulman, ou « Mahomet, un chef de clan »

  • Problématique

Rogier Cukierman, président du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France), indiquait en février 2015 que, selon lui, les violences commises en France pour des raisons religieuses l’étaient uniquement par des musulmans : « toutes les violences commises aujourd’hui le sont par des jeunes musulmans ».

Roger Cukierman CRIF Violence musulmane Europe 1 150223

S’agissant par ailleurs du commentaire « les premières victimes sont les musulmans », il convient de noter que :

1) c’est objectivement faux en France et en Europe : les actions menées visent manifestement les non-musulmans (cf. Mohammed Merah, Charlie, Hyper Cacher, Musée juif de Bruxelles, Bataclan, agressions sexuelles de Cologne, Nice, marché de Noël de Berlin, etc.) ;

2) les musulmans qui meurent dans les attentats ne le sont que par « accident » puisque leur présence sur le lieu des attentats (notamment au Bataclan ou à Nice) est incompatible selon l’islam orthodoxe avec les préceptes de la religion musulmane (raison pour laquelle ils ne sont pas considérés par les mouvements fondamentalistes musulmans comme de bons musulmans mais comme des apostats puisqu’ils s’écartent dans leur pratique de la voie de l’islam) ;

3) l’histoire de l’islam montre que les conflits religieux internes aux musulmans, que ce soit au sein du sunnisme ou entre sunnites et chiites, remontent aux origines de l’islam : il ne s’agit donc pas d’un phénomène nouveau qui serait né à la fin du XXème siècle d’une déviance nouvelle de l’islam.

Si donc on le prend le cas des juifs, peut-on trouver un fondement doctrinal à l’antisémitisme musulman auquel fait référence indirectement mais clairement Roger Cukierman ?

  • Les racines doctrinales et « historiques » de l’antisémitisme musulman

Les racines de l’antisémitisme dans l’islam des origines semblent assez nombreuses si on y regarde de près :

–  la copie par l’islam du judaïsme qui met dès l’origine ces deux religions en concurrence (Mahomet n’a apporté aucune notion significative nouvelle par rapport au judaïsme en matière de doctrine religieuse : il s’est simplement positionné dans cette filiation et a affirmé être le dernier prophète) ;

Tareq Oubrou note que cette concurrence s’établit dans le cadre d’une frustration de Mahomet et de ses partisans à l’égard des juifs : « À Médine, où les juifs étaient très présents, les païens ressentaient un certain complexe par rapport à eux, car ils étaient « ummiyyûn », ceux qui n’avaient pas eu la chance de recevoir un livre révélé. C’est pourquoi les Médinois arabes ont vu dans le message de Mahomet une certaine forme de revanche et se sont précipités pour se convertir à la nouvelle religion. »

Toutefois, parler de « se précipiter pour se convertir » paraît assez excessif : la question religieuse reste secondaire au regard des intérêts matériels des clans, conformément aux mœurs tribales des Arabes de l’époque.

– l’incapacité de Mahomet à rallier à lui les juifs de Médine, certains rabbins – suprême insulte – se moquant de lui ;

–  l’échec des alliances nouées avec les juifs via les tribus arabes de Médine ;

En effet, Tareq Oubrou écrit : « À Médine se trouvaient des juifs en grand nombre – ils représentaient presque la moitié de la population. Eux-mêmes étaient organisés en tribus, comme les autres Arabes, sur la base d’alliances avec les deux principales tribus médinoises, alors païennes : les Banû Aws et les Banû Khazraj. Ces alliances ne furent pas remises en cause par le Prophète après son installation à Médine. S’il tenta de les transcender, ce fut dans les limites de ce que permettaient les traditions ethniques tribales, très ancrées dans la culture de l’époque. Ainsi, il instaura dès son arrivée une forme de constitution qui reconnaissait les trois tribus juives comme membres à part entière d’une même communauté. Cette tentative échoua finalement à cause du désengagement successif de ces trois tribus [Qaynuqa, Nadir, Quraydha]. »

–  la décision de Mahomet de finalement chasser ou exterminer les juifs de Médine, notamment en finissant par les 600 à 900 prisonniers de la tribu juive des Banû Quraydha qu’il fit égorger par petits groupes dans un fossé creusé spécialement à Médine (cf. http://islametoccident.fr/?p=1705) ;

–  les autres campagnes menées contre les juifs en dehors de Médine, comme à Khaybar ;

–  l’accusation de meurtre puisque Mahomet est censé être mort des suites d’un empoisonnement de nourriture (brebis) préparé par une juive.

En dépit de ce constat assez clair d’animosité vis-à-vis des juifs, bien documenté par les sources musulmanes elles-mêmes, Tareq Oubrou tente néanmoins de dédouaner Mahomet de sa responsabilité en en faisant l’instrument forcé de pratiques tribales : « Lors de chaque conflit armé avec une tribu juive, la personne qui tranchait après capitulation n’était pas le Prophète mais un des chefs de la tribu arabe à laquelle elle était alliée, conformément aux mœurs et aux solidarités tribales de l’époque. Le Prophète, ici, n’était qu’une partie dans le conflit, et non un juge. »

Cette explication visant à déresponsabiliser Mahomet porte en elle un aveu terrible, puisque c’est en effet reconnaître que Mahomet, dernier porteur d’une parole divine et donc en principe définitive et universelle, voyait sa conduite en réalité dictée dans la guerre qu’il menait par des considérations tribales traditionnelles (survie du clan, razzias, partage du butin, etc.). En d’autres termes, Mahomet était d’abord et surtout un homme de son temps, un chef de clan.

En effet, comme l’écrit Tareq Oubrou, il ne s’agit pas d’une question spirituelle mais d’un problème de pouvoir : « Mahomet doit affronter une oligarchie mecquoise qui détient un triple pouvoir – politique, économique, symbolique ou religieux – et qui voit en l’islam une menace. » Mahomet se retrouve ainsi en conflit de pouvoir avec les clans dont il est proche, ce qui va le conduire à des concessions pour constituer des alliances avec d’autres tribus : « La loi ne reflète pas forcément l’idéal théologiquement conforme au vouloir divin, et la réalité impose parfois des concessions. »

Pourtant, il ne semble pas que ni Bouddha, ni Jésus aient fait des concessions ; mais il est vrai qu’ils ne faisaient pas la guerre et prêchaient la paix.

  • Conclusion : Mahomet, un chef de clan

Dans sa volonté de dédouaner Mahomet de la violence qu’il a abondamment utilisée à des fins politique d’établissement de son pouvoir, Tareq Oubrou fait donc finalement preuve d’un réalisme qui l’honore. Chemin faisant, il porte un coup terrible au mythique Mahomet, vénéré dans tout le monde musulman, en le ramenant de fait au rang d’un chef de clan, c’est-à-dire en le désacralisant. Pas étonnant donc que sa tête soit mise à prix par l’État Islamique.

Cette compréhension de la nature de la prédication de Mahomet, consistant de façon simple, logique et cohérente, en une démarche de prise de pouvoir drapée dans les atours de la religion, paraît essentielle : c’est celle à laquelle d’ailleurs aboutit naturellement tout lecteur qui laisse de côté les superstitions religieuses de ceux qui voient Dieu partout et les « interprétations » visant à mythifier une simple guerre politique au rang de prétendue vocation divine.

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (8) Le mensonge de la persécution à La Mecque

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  • La problématique : comment justifier le jihad par l’argument de la légitime défense

Un des leitmotive utilisés pour dédouaner Mahomet de sa violence de simple chef de clan guerrier (Jacqueline Chabbi indique que « Dans les chroniques extérieures à l’Arabie et contemporaines de l’émergence de l’islam, Muhammad est seulement signalé comme le chef des bandes armées d’invasion, sans plus de précision ») est l’argument de la légitime défense.

  • L’argument de la persécution à La Mecque

Si Tareq Oubrou peut avoir des analyses audacieuses sur certains sujets, force est de constater sur le thème de la « persécution » une grande banalité : « Le Prophète, sa famille et ses compagnons furent persécutés à La Mecque pendant treize ans avant de recevoir l’ordre de quitter la ville pour Médine. » Malheureusement, Tareq Oubrou ne cite aucun texte en appui de cette affirmation. En réalité, Mahomet a tout simplement décidé de fuir La Mecque quand il s’est rendu compte qu’il n’y arriverait jamais à rien. Et s’il avait été réellement en danger, aurait-il fui l’avant-dernier après avoir envoyé tous ses partisans à Médine ? Ne serait-il pas parti plutôt le premier ? (voir mes autres articles sur ce site dédiés à la question de la persécution)

Si les Mecquois se moquaient effectivement de Mahomet, difficile de parler de « persécutions » pour quelques avanies à son encontre. Voilà ce que dit la Sîra : « Ibn Hîsham dit : « Des savants m’ont rapporté que le plus dur parmi ce que l’Envoyé d’Allah a souffert de la part de Quraysh est ceci : un jour, il sortit. Il n’a rencontré personne qui ne le dénigrât pas et ne lui fît pas de mal [par les paroles], que ce soit un homme libre ou un esclave. L’Envoyé d’Allah rentra chez lui, et se couvrit à cause de la dureté de ce qui lui arriva. Alors Dieu a fait descendre les deux versets suivants : « Ô toi couvert d’un manteau ! Lève-toi et avertis (sourate 74, versets 1 & 2) ». »

Notons d’ailleurs qu’un des intervenants de l’émission France 2 Islam du 27 novembre 2016 a fait clairement état des motivations très terre-à-terre qui ont contribué à tendre les relations entre Mahomet et les Quraychites : des questions de gros sous. En effet, en prêchant une nouvelle religion, Mahomet risquait de remettre tout bonnement en cause le culte des idoles de La Mecque, objet d’un commerce fructueux qui bénéficiaient aux tribus Quraychites de La Mecque.

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Il n’y a pas eu de persécution religieuse au sens où on l’entend par exemple pour les chrétiens avec les Romains : par les persécutions, les Romains cherchaient à anéantir une « vraie » religion (dissociant spirituel et temporel) car il est impossible d’extirper définitivement chez un individu les racines d’une idée sans tuer son porteur. À La Mecque, les Mecquois avaient surtout le sentiment d’avoir affaire à un histrion dangereux pour leur commerce.  Il cherchait certes à développer une théorie religieuse mais sans doute l’ont-ils en partie négligé en pensant que le chasser (ce qu’ils n’ont d’ailleurs pas fait : Mahomet est parti de lui-même) pouvait suffire pour protéger le commerce. Si les Mecquois avaient voulu vraiment s’en débarrasser, il leur suffisait tout simplement de le tuer sans perdre de temps à le « persécuter » d’abord, ce qui ne servait à rien.

  • L’islam n’est pas conquérant et ne fait que se défendre

Aux dires de certains, le jihad ne serait jamais offensif mais uniquement défensif, thèse encore reprise dans l’émission France 2 Islam du 27 novembre 2016 :

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Je pense avoir déjà écrit suffisamment à ce sujet sur ce site pour démontrer que ceux qui le prétendent n’ont pas lu la Sîra d’Ibn Îshaq/Ibn Hîcham, biographie de Mahomet incontestée en islam (sans parler du Coran et des hadiths). Je ne vais pas reprendre ici tous les éléments déjà fournis dans ces articles : il est facile d’y accéder via l’outil de recherche disponible sur le site.

Le plus étonnant d’ailleurs est que la biographie de Mahomet d’Ibn Îshaq/Ibn Hîcham est un document musulman : il aurait été facile aux partisans de Mahomet d’en expurger tous les passages problématiques au regard de la prétendue vocation d’amour et de paix de Mahomet : peut-être certains l’ont-ils été, mais, en tout état de cause, il en reste encore un grand nombre dans la version connue aujourd’hui qui ne laisse planer aucun doute sur la nature guerrière de l’action de Mahomet. Il est donc pour le moins étonnant de voir les musulmans tenter de nier la portée de leurs propres textes.

De ce point de vue, Mohamed Bajrafil constitue un spécimen intéressant : cette personne ne semble guère embarrassée par l’honnêteté intellectuelle dès lors qu’il s’agit de défendre l’islam et Mahomet. L’extrait de l’émission ci-dessus est d’ailleurs amusant à ce titre puisque le deuxième intervenant se voit obligé, avec beaucoup de retenue mais de façon claire (ce qui est très rare dans ce genre d’émission consensuelle), de reprendre ses propos.

Pour Mohamed Bajrafil, Mahomet a attaqué par anticipation ses futurs potentiels agresseurs : une conception très particulière de la légitime défense ! Et il extrapole, néanmoins dans une certaine confusion et avec une difficulté d’élocution tant le propos est énorme, à toutes les autres guerres de l’islam ! Il se retrouve ainsi en contradiction avec tous les imams et islamologues qui reconnaissent effectivement que l’islam est une religion de conquêtes (Tareq Oubrou cf. ci-dessous, ou Malek Chebel qui a été très clair sur la question). Sans parler de la prétendue possibilité donnée en islam à chacun « de croire ou de ne pas croire » : rien n’arrête la taqiya perverse de Mohamed Bajrafil !

Au-delà de tous ces mensonges, rappelons simplement que le Christ avait déjà montré magistralement comment, face à une vraie persécution qui le conduira jusqu’à la crucifixion, répondre à la violence lorsqu’on prétend porter un message uniquement spirituel.

  • La schizophrénie de Tareq Oubrou

Tareq Oubrou est également empêtré dans des contradictions dont il ne sort que par des pirouettes. Il explique ainsi dans un autre ouvrage (« Un imam en colère ») le poids fondamental de la question politique à l’époque de Mahomet puis de ses successeurs – mais qu’il essaie bien maladroitement de dissocier de la question religieuse – : « L’islam est une religion qui a la particularité d’avoir vu le jour en même temps qu’un État, au début du VIIème siècle à Médine, dans la péninsule arabique, après que le prophète a été chassé de La Mecque. Ainsi sommes-nous, dès l’origine, en présence de deux réalités bien distinctes : d’un côté, la révélation coranique que le prophète Muhammad a pour mission de transmettre – et non d’imposer – dans un environnement polythéiste intolérant et hostile ; de l’autre, la naissance d’un empire soumis à des menaces extérieures. (…) Pris dans une logique d’empire, les Arabes n’ont d’autres choix que d’attaquer pour survivre. D’où la rapide extension de la religion naissante sur la rive sud de la Méditerranée. (…) Voilà pourquoi il est essentiel de bien séparer ces deux ordres de réalité : naissance d’une religion d’un côté, logique d’empire de l’autre. »

Cette position est extrêmement commode : ce qui est « bien » aux yeux du monde occidental est rattaché à la religion et ce qui est « mal » à la politique, question politique qui n’a bien entendu rien à voir avec la question religieuse…

  • Conclusion : pourquoi l’islam n’a-t-il d’autre issue que de s’accrocher coûte que coûte au mythe de la légitime défense

L’enjeu du mythe de la persécution physique est absolument fondamental pour l’islam : après Bouddha et Jésus, difficile en effet de se hisser au même niveau spirituel : la compétition est en réalité intenable.

Or que peut faire un homme qui se rend compte au bout de 12 ans que sa prédication politico-religieuse n’avance à rien (au-delà d’une poignée de fidèles), si ce n’est passer par la force pour imposer son pouvoir ? Pas besoin d’avoir recours à une prétendue inspiration divine pour le comprendre. Reste que l’islam doit alors tenter de justifier par tous les moyens dialectiques possibles la violence pour préserver coûte que coûte le résidu de spiritualité qui sous-tend cette idéologie.

La « déradicalisation » à la française : une mauvaise recette de cuisine qui frise la supercherie grotesque

L’émission France 2 « Islam » diffusée le 23 octobre 2016 et consacrée à la « radicalisation » est venue opportunément illustrer, à l’heure de l’abandon de l’expérience des « unités spécialisées de déradicalisation », le constat accablant d’incompréhension par le gouvernement de la nature du terrorisme musulman. Je vous propose d’en revoir quelques courts extraits.

  • Préambule : la radicalisation, pente naturelle de tout musulman qui prend Mahomet pour modèle

Toute personne se donnant la peine de lire la biographie de Mahomet reconnue par tous les musulmans (Ibn Hîcham) se rend compte avec évidence que Mahomet, incapable de convaincre ses frères tribaux de La Mecque par la seule prédication, a déclenché un jihad sanguinaire et impitoyable une fois installé à Médine pour imposer son pouvoir politique.

Ce jihad, marqué par moult massacres, viols, razzias, assassinats nominatifs, vente de captifs (femmes et enfants) sur les marchés, etc., s’est accompagné de la formalisation du statut quasi-hitlérien d’Untermensch (sous-homme pour raison religieuse et non raciale) à destination des juifs et des chrétiens, c’est-à-dire le statut de « dhimmis » – hommes exploités non dans des camps de concentration mais via l’impôt à payer aux musulmans (la jizya) –, les autres mécréants étant soumis quant à eux à la règle binaire de « la conversion ou la mort ». L’islam, comme le nazisme, établit d’ailleurs dans le Coran une hiérarchie claire et explicite des communautés humaines.

Pour faire ce constat très simple, il suffit juste d’avoir un peu de temps devant soi – les détenus en prison n’en manquent pas – et si nécessaire une bonne paire de lunettes ; pas besoin d’un bagage culture ou intellectuel poussé : il faut juste savoir lire.

Ce constat implacable pousse nécessairement tout musulman qui étudie sa religion et qui veut rester fidèle à l’esprit de Mahomet à s’orienter vers le fondamentalisme et à la violence, sauf naturellement à ignorer les préceptes originels de sa propre religion ou à la rejeter par apostasie, de façon visible ou non (en ne la pratiquant pas) – ou sauf à inventer une nouvelle religion mais qui n’est plus l’islam de Mahomet –. Cette prise de conscience de la nature originelle de l’islam, celui de Mahomet, aboutit ainsi mécaniquement à ce qu’on appelle la « radicalisation », c’est-à-dire le retour à la pureté originelle de l’islam. La raison qui explique le mieux pourquoi les musulmans ne sont pas tous radicalisés est simplement qu’une énorme majorité de musulmans est ignorante de sa propre religion et de ses textes sacrés ; un simple test dans la rue vous le prouvera rapidement.

  • L’aveuglement du gouvernement français et l’exemple des prisons

Malheureusement, les élites gouvernementales françaises semblent avoir du mal à accepter ce constat élémentaire : cette simplicité leur paraît sans doute excessive et elles cherchent quelque chose de plus compliqué là où elles ne trouveront rien. Car les questions psychologiques, sociales, économiques, éducatives etc. ne viennent que se surajouter au terreau doctrinal indispensable à la « radicalisation » : sans la doctrine musulmane, il n’y aurait pas de terrorisme musulman dirait avec bon sens Monsieur de La Palice s’il était encore parmi nous. Il est donc naturel que depuis des décennies le terrorisme récurrent en Occident soit d’origine musulmane (et non juive, chrétienne ou bouddhiste) puisque seul l’islam prêche la violence et la haine de l’autre pour conquérir le monde (pour ceux qui contesteraient cette assertion, je vous invite à lire le « Livret musulman de premier secours » téléchargeable à cette adresse :  http://islametoccident.fr/?page_id=1786  et notamment les passages concernant le sort réservé aux mécréants, aux juifs et aux chrétiens).

Le gouvernement français patauge ainsi lamentablement dans ses tentatives mort-nées de mettre en place des mesures ou filières de « déradicalisation », tel un apprenti-sorcier. Un bon exemple est l’abandon récent (octobre 2016), après seulement quelques mois – tant l’échec doit être patent – des « unités spécialisées de déradicalisation » dans les prisons (dont 70% de la population est musulmane).

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  • Mettre l’accent sur la déradicalisation en prison et dans les établissements scolaires

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À l’égard de ce que recommande ce député interviewé, rappelons simplement que, comme déjà indiqué, l’expérience des « équipes spécialisées de déradicalisation » vient d’être stoppée par le ministre de la justice et que le contenu des livres scolaires qui présente aujourd’hui dans les nouveaux programmes 2016-2017 Mahomet comme un grand homme fondateur d’une religion, au lieu simplement d’un chef de clan conduisant guerres,  massacres ou assassinats ne peut que renforcer chez les enfants l’idée que Mahomet est effectivement un modèle à imiter.

Quant à la lutte contre les théories, du complot, ce député connaît semble-t-il très mal son sujet puisque c’est une question qui n’a pas de rapport direct avec le fondamentalisme musulman : il faut rappeler que l’État Islamique dénonce lui-même ces théories dans ses publications !

  • Des structures gouvernementales désemparées et une approche psychologisante superficielle

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Dounia Bouzar le précise explicitement : « il ne faut pas commencer par la déconstruction de l’idéologie » : si c’est malheureusement le nœud gordien du problème, il est compréhensible que Dounia Bouzar le contourne. En effet, il est pratiquement impossible de déconstruire l’idéologie fondamentaliste simplement puisque les fondamentalistes s’appuient à juste titre sur les textes sacrés de l’islam qu’aucun musulman ne peut réfuter. La qualité doctrinale des écrits des fondamentalistes dépasse d’ailleurs de très loin celle des productions (très pauvres) de l’islam « modéré ».

Aussi, l’« approche émotionnelle » peut donner des résultats, puisqu’elle aboutit indirectement par l’émotion à un questionnement profond quant à l’absolue conviction de la véracité du message prophétique en la personne de Mahomet, questionnement pouvant générer un doute sur l’intérêt d’une mort en « martyr » puisqu’elle ne pourrait ne pas être récompensée si Allah et Mahomet ne sont que fumées enivrantes du monde des chimères.

Reste que cette méthode émotionnelle n’extirpe pas la racine doctrinale du mal puisqu’elle ne s’y attaque pas. Mais qui le peut sans faire tomber les tabous puisque c’est la nature profonde de l’islam ?

  • Le discours très élaboré de l’État Islamique

À force de reléguer la violence des terroristes musulmans à la sphère psychiatrique, on se prive volontairement de toute compréhension profonde de la nature du fondamentalisme musulman. Il est rarissime que, du côté musulman, on accepte publiquement de parler de la profondeur indéniable du substrat doctrinal du fondamentalisme. C’est pourtant à cette réalité évidente (il suffit de lire les revues de l’État Islamique pour le constater) qu’un intervenant de l’émission fait référence en filigrane en disant « La capacité d’atteinte de Daesh repose sur un discours très élaboré », son propos n’étant évidemment pas limité à la seule capacité élémentaire de pouvoir s’exprimer dans plusieurs langues mais incluant (sans rompre le tabou d’une énonciation explicite) celle de pouvoir convaincre avec de puissants arguments justifiés par les textes sacrés :

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  • Fondamentalisme et radicalisation : deux phénomènes qui seraient distincts ?

Marik Fetouh, adjoint au maire de Bordeaux, Alain Juppé – qui n’arrive pas à lire le Coran (propos réitérés en public à plusieurs reprises) mais se targue de bien connaître l’islam et les musulmans et nous propose son concept naïf d’« identité [multiculturelle] heureuse » –, distingue fort mal à propos, dans un discours convenu et politiquement correct dont les Français ont maintenant l’habitude, le fondamentalisme et la radicalisation alors qu’ils ne sont en réalité que les deux faces de la même pièce comme nous l’avons vu. C’est le propre du déni de réalité de l’homme qui veut faire carrière en politique.

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  • Lille : le Centre de prévention des dérives sectaires liées à l’islam

Ce centre va lancer en 2017 un site internet sur la « déradicalisation » : je vous propose donc de vous retrouver en 2017 pour y décortiquer ce qu’on aura pu y mettre. Je ne doute pas que l’État Islamique proposera une déconstruction doctrinale méthodique de ce qu’on pourra y lire.

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  • Lutter contre la radicalisation par le dialogue interreligieux et les actions citoyennes ?

On se demande bien quel rapport peut bien avoir le dialogue interreligieux avec la lutte contre le fondamentalisme musulman : cela semble assez mystérieux. La violence est un problème interne à l’islam.

Quant aux actions citoyennes comme les journées portes ouvertes citées dans le reportage, là encore, quel rapport avec le terrorisme musulman ? Les journées portes ouvertes n’ont-elles pas pour objectif d’initier (mal d’ailleurs) les promeneurs qui s’y aventurent à l’islam ? Quel rapport avec le violence musulmane ?

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  • Conclusion

Au total, cette émission de France 2 donne une vision absolument affligeante et terrifiante de l’absence de compréhension véritable par les autorités françaises (alliées à un islam « modéré » qui pratique la taqiya au regard de la réalité de la doctrine) du terrorisme musulman. Méconnaissance volontaire de la doctrine musulmane et dénis de réalité vont sans doute encore alimenter pendant longtemps l’incompétence de nos gouvernants, incompétence dont ils portent néanmoins l’entière responsabilité. Un désastre annoncé, par négligence, comme celui de l’attentat de Nice qui n’a été que la mise en application stricte de méthodes de terrorisme amplement décrites par les mouvements fondamentalistes eux-mêmes depuis bien des mois.

Ceux qui prétendent qu’il n’y a “aucun rapport” entre le djihadisme et l’islam nient l’évidence

Extrait de l’interview donné par André Comte-Sponville à Franck Crudo du magazine Causeur et publiée en deux volets en février 2016

  • Extrait de l’interview

Franck Crudo :

« Vous soulignez que le concept d’islamophobie est piégé parce qu’il a deux sens possibles (le racisme antimusulman, lequel est inadmissible, ou bien la critique d’une idéologie religieuse, laquelle est nécessaire) et que l’islam a bel et bien un rapport avec l’islamisme. Une idéologie – qu’elle soit politique ou religieuse – qui sécrète autant d’antisémitisme, de sexisme, d’homophobie, d’intolérance et qui soumet à ce point la raison à la foi est-elle compatible avec les valeurs de la République ou des Lumières ? »

André Comte-Sponville :

« On a le droit, dans nos pays, d’être anticommuniste, antifasciste ou antilibéral. Pourquoi n’aurait-on pas le droit de s’opposer pareillement à telle ou telle religion, par exemple au judaïsme, au christianisme ou à l’islam ? Mais la frontière est souvent ténue entre l’antijudaïsme et l’antisémitisme, comme entre l’islamophobie et le racisme antimusulman. Il importe donc de rester doublement vigilant, pour préserver la liberté de l’esprit (on a le droit de critiquer toute idéologie, qu’elle soit religieuse ou pas) sans cesser de combattre le racisme, sous toutes ses formes.

Notons d’ailleurs que le racisme antimusulman, en France, est très loin d’être le plus virulent. Un noir catholique ou un arabe athée seront beaucoup plus souvent victimes du racisme qu’un musulman de type européen ! Ce n’est pas une raison pour cesser de combattre ce racisme-là, mais arrêtons d’en faire l’essentiel.

Quant à ceux qui prétendent qu’il n’y a « aucun rapport » entre le djihadisme et l’islam, ils nient l’évidence. Que penseriez-vous d’un chrétien qui vous dirait : « Il n’y a aucun rapport entre l’Inquisition et le christianisme, cela n’a rien à voir ! » ? Ou d’un marxiste qui vous dirait : « Il n’y a aucun rapport entre le marxisme et le stalinisme, cela n’a rien à voir ! » ? Vous vous diriez qu’il se raconte des histoires, et vous auriez raison. Que tout chrétien n’ait pas été un inquisiteur, que tout marxiste n’ait pas été stalinien, cela va de soi. Mais enfin tous les staliniens étaient marxistes, comme tous les inquisiteurs, dans nos pays, étaient chrétiens : ce ne peut pas être un hasard ! Que tout musulman ne soit pas djihadiste, c’est une autre évidence, mais qui n’annule pas le fait que tous les djihadistes sont musulmans. Qui peut croire que ce soit par hasard ou simplement par erreur ?

C’est au contraire en faisant un travail d’élaboration critique, en essayant de penser ce qui, dans le christianisme ou le marxisme, a rendu l’Inquisition et le stalinisme possibles, que chrétiens et marxistes ont pu rompre, pour l’immense majorité d’entre eux, avec ces horreurs. C’est ce même travail d’élaboration critique qu’il faut demander aujourd’hui aux démocrates musulmans : qu’ils essaient de penser le rapport entre le djihadisme et l’islam, au lieu de le dénier perpétuellement, qu’ils analysent ce qui, dans l’islam et y compris dans le Coran, a rendu le djihadisme possible.

Certains intellectuels musulmans ont commencé à faire ce travail, non sans courage, et il faut les soutenir plutôt que les mettre dans le même sac que leurs adversaires. De même que l’Inquisition ou le stalinisme ne sauraient justifier qu’on juge le christianisme ou le marxisme incompatibles avec les valeurs de la République ou des Lumières, le djihadisme ne saurait pas davantage justifier qu’on condamne l’islam en bloc ni qu’on prétende l’exclure définitivement du champ républicain ou progressiste. C’est pourquoi la thèse du « choc des civilisations » me paraît pernicieuse. Ce qui m’interdit d’y adhérer, c’est ce fait incontestable qu’il existe des démocrates musulmans et des fascistes judéo-chrétiens. Vous ne serez pas surpris que je me sente plus proche des premiers que des seconds ! »

  • Commentaires

Le lien entre islam et jihadisme est effectivement une évidence. Les « démocrates musulmans » (notion qui mériterait grandement d’être précisée) n’arrivent effectivement pas à accoucher d’une réflexion fondamentale sur le sujet.

Quant à l’affirmation selon laquelle « le jihadisme ne saurait pas davantage justifier qu’on condamne l’islam en bloc », elle reste à démontrer dans la mesure où l’analyse des textes musulmans authentiques (qu’André Comte-Sponville reconnaît n’avoir pas faite) permet d’identifier une filiation évidente et essentielle entre l’islam et le jihadisme, et avec lequel l’islam n’arrive clairement pas à couper les ponts.

La revendication de l’action violente et terroriste en islam

Compte tenu de la violence pratiquée par Mahomet dans son jihad, la violence ne pose en soi pas de problème philosophique fondamental en islam. Mais faut-il faire une distinction entre les actions de guerre de l’État Islamique et les actions qualifiées de « terroristes » par l’Occident, les politiciens occidentaux répétant à satiété, comme le reprend ironiquement l’État Islamique, que « Ces attentats n’ont rien à voir avec l’islam » et qu’« Il ne faut pas faire l’amalgame entre les terroristes et les musulmans » ?

En réalité, la notion de « terrorisme » n’existe pas dans le contexte du jihad : la fin justifie les moyens, d’autant que les musulmans se battent contre tous ceux qui s’opposent par leur mécréance à Allah, donc civils compris, et pas seulement les combattants effectifs des armées. L’action terroriste destinée à effrayer les populations, paralyser l’économie de l’ennemi, fait donc partie de la panoplie classique du jihad. Que le jihad prenne de nos jours une tournure nouvelle avec les moyens modernes qui n’existaient pas du temps de Mahomet (et les ressources financières prodigieuses résultant de l’exploitation du pétrole), cela est une évidence.

Or, tout à fait indépendamment de l’État Islamique, le Coran fournit une justification de l’action terroriste par laquelle il s’agit d’« effrayer l’ennemi » – Allah contribuant à cette tâche –, la peur étant un des aspects psychologiques importants de la guerre, comme on l’a notamment vu lors de la prise de Mossoul abandonnée par des soldats fuyant dans le plus grand désordre :

Sourate 8, verset 12 : « Et ton Seigneur révéla aux Anges : « Je suis avec vous : affermissez donc les croyants. Je vais jeter l’effroi dans les cœurs des mécréants. Frappez donc au-dessus des cous et frappez-les sur tous les bouts des doigts. »

Sourate 8, verset 60 : « Et préparez pour lutter contre eux [ndlr les mécréants] tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée, afin d’effrayer l’ennemi d’Allah et le vôtre, et d’autres encore que vous ne connaissez pas en dehors de ceux-ci mais qu’Allah connaît. Et tout ce que vous dépensez dans le sentier d’Allah vous sera remboursé pleinement et vous ne serez point lésés. »

C’est du moins en référence notamment à ce verset qu’ont été justifiés depuis le milieu des années 1990 des attentats musulmans au Moyen-Orient et notamment en Israël, via le concept de « terrorisme légitime » (al irhab al machrou) dévéloppé par la mouvance islamiste proche des Frères Musulmans et dont la publicité a été assurée notamment par Yusuf Qaradawi, éminente personnalité bien connue dans le monde musulman.

On voit donc que les racines de l’action violente et terroriste sont présentes dans la doctrine et la pratique prophétique de l’islam, ce qui fait dire ironiquement à l’État Islamique que « Les prétendus islamologues qui ne voient derrière l’islam « qu’un prétexte pour justifier un terrorisme sans religion » précisent, tout de même, que le terrorisme islamique est une émanation de l’islam » et que « Les soi-disant représentants de la communauté musulmane de France martèlent que « l’islam est totalement étranger à ces crimes barbares » tout en vantant, au passage, la nécessité de donner un nouvel éclairage au Coran. »

Le jihad rend-il aveugles les occidentaux ?

L’émission « Arrêt Sur Images » fait partie des rarissimes bonnes émissions sur internet qui n’hésitent pas à aborder des sujets qui fâchent, résistent aux pressions en creusant avec courage ces sujets, en dénonçant des mensonges et en disant des vérités qu’on veut cacher, et qui surtout invitent des personnes qui ont quelque chose à dire, et pas seulement les ténors de la communication, du journalisme, des chaires professorales de l’élite française, etc. qui, le plus souvent, ne disent rien de vraiment intéressant et vendent leur discours politiquement correcte et leurs publications.

Mais, s’il y a un sujet bien difficile à conceptualiser, même dans le cadre de ces émissions, c’est le dévouement à une religion jusqu’à la mort. L’émission d’Arrêt sur Images du 7 janvier 2016 en est un bon exemple. Daniel Schneidermann s’interroge certes sur la détermination des combattants de l’État Islamique dans le cadre d’une émission consacrée au jihad mais semble incapable d’assimiler l’idée que des personnes puissent volontairement, en toute conscience, après mûre réflexion, accepte de mourir de façon certaine en combattant, c’est-à-dire, dans leur référentiel, de mourir martyr au combat.

Le reportage pourtant laisse clairement entrevoir que le combattant suivi par les journalistes n’a rien d’un déséquilibré, atteint de douloureux problèmes psychiatriques qui seraient l’unique cause d’un désespoir qu’il s’apprête à noyer dans la dissolution de son corps et de la mort. Au contraire, il semble tout à fait normal, et a même une femme avec laquelle il entretient semble-t-il une relation normale.

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Suicide ASI 160108 1     Suicide ASI 160108 2     Suicide ASI 160108 3

Il est vrai que dans le référentiel occidental, on a oublié depuis longtemps l’idée qu’on pouvait véritablement croire dans une religion et agir en conséquence. Ce courage, ou plutôt cette intime conviction, a déserté les plaines polluées du consumérisme occidental depuis des décennies. Les gouvernements tentent encore de l’entretenir – avec difficulté – dans les armées (qu’une armée occidentale perde de nos jours un soldat et c’est un drame en matière de communication : la guerre n’est plus « propre ») car il arrive parfois des situations difficiles où l’on sait que les chances d’en sortir vivant sont infimes. Mais on ne se sacrifie plus guère pour la patrie ces derniers temps.

Que dans le monde moderne, un individu puisse encore concevoir qu’il atteindra le paradis en mourant, conformément à ce que sa religion – l’islam – lui enseigne de façon indubitable (cf. martyr), est proprement inconcevable pour un occidental. Éberlué, l’occidental n’a d’autre ressource que de considérer que l’individu en question est nécessairement atteint de troubles psychiatriques s’il vit en Occident, car s’il vit encore dans des pays arriérés mentalement ou économiquement, comme au Moyen Orient, le sacrifice de sa personne par le combattant est encore conceptualisable au nom de la défense de son pays de naissance : c’est ce que semble vouloir signifier Daniel Schneidermann. C’est une vision qui, malheureusement, en excluant une réflexion doctrinale qui a d’immenses conséquences, se prive de toute capacité d’analyse.

La violence innée de l’islam : y viendrait-on (enfin) doucement… ?

Alors que le lien congénital de l’islam avec la violence est évident pour tout le monde, combien de dénis de réalité subit l’Occident depuis tant d’années de la part des musulmans au cri de « pas d’amalgame », remède bien commode censé exorciser le mal que représente l’esprit critique dans la tête des non-musulmans ?

Mais face aux évidences à répétition, des esprits plus éclairés que les autres ne peuvent plus trouver de nouvelle échappatoire. Il y a bien un vrai problème dans l’islam et il faut le traiter. Écoutons l’émission de France 2 « Islam » du dimanche 22 novembre 2015 :

France 2 Islam 151122 Extrait 1

France 2 Islam 151122 Extrait 5

À la question du journaliste : « Quelle est votre lecture des attentats et comment cela a-t-il été rendu possible ? », Ghaleb Bencheikh répond : « Sans auto-flagellation aucune et sans dolorisme aucun, ceci est dû aussi à la somme des démissions, des abdications, de la frilosité, à n’avoir pas su voir, n’avoir pas su endiguer en son temps la déferlante d’extrémistes ou jihadistes. (…) Nous ne pouvons pas indéfiniment dire que la tradition religieuse islamique est une religion de bonté, d’amour, de miséricorde, de sollicitude, de prise en compte de l’intérêt d’autrui – que nous croyons –, et oublier qu’il y a aussi au sein de cette tradition un corpus de sacralisation de la violence, un discours fielleux sur la guerre, justifié par le recours à la révélation coranique ou à la tradition en tant que telle. Eh bien, ça a poussé les illuminés exaltés, les idéologues, les sermonnaires, à – je n’aime pas beaucoup la lecture sociologisante, mais en tous cas – les laisser-pour-compte, les marginalisés, à commettre l’irréparable, ce que nous condamnons non seulement avec force, mais nous devons endiguer toute cette déferlante. »

Ghaleb Bencheikh reconnaît donc, fait rarissime chez les musulmans, l’existence claire d’une problématique spécifique : celle du lien congénital de l’islam avec la violence, violence figurant explicitement dans le Coran et la Tradition du Prophète. Cette prise de conscience, cette sortie du monde des dénis de réalité, sont absolument à saluer. C’est le premier pas, car on ne peut pas soigner un malade si on refuse de diagnostiquer sa maladie.

La question fondamentale est alors la suivante : comment les musulmans vont-ils faire leur auto-critique sans remettre en cause tout l’édifice de l’islam ? Cela paraît impossible.