La violence sacrée en islam, paradis des schizophrènes

L’islam, présentée par certains comme une religion d’amour et de paix, a bien un problème évident avec la violence, celle-ci s’exprimant régulièrement par des attentats terroristes perpétrés par des musulmans et au nom de leur religion. Les représentants de l’islam dit « modéré » tentent de résoudre la question par la théorie de « l’effort », à la racine du mot « jihad », le « grand » effort constitué par l’effort intérieur du croyant se conformant par sa foi aux commandements de Dieu étant prétendument largement privilégié devant un « petit » effort plus « physique », c’est-à-dire militaire, « combat armé dans le sentier d’Allah ».

Déjà, l’idée même de « combat armé » est surprenante pour une religion qui prétend être d’amour et de paix. Surtout, l’idée rabâchée ad libitum est que ce jihad militaire ne serait pas assimilable à la notion de « guerre sainte », bien qu’il s’agisse effectivement d’une guerre menée au nom de la religion, ce qui est pour le moins contradictoire. La reconnaissance de la violence comme processus religieux légitime ne serait ainsi que l’aboutissement de raisonnements dévoyés, en dépit de la multitude des imams qui les soutiennent.

La conférence organisée par la Société des Amis de l’Institut du Monde Arabe d’octobre 2016, consacrée au sens du mot « jihad », a été une fois encore l’occasion de constater l’embarras dans lequel se retrouve tout intervenant, ici Ghaleb Bencheikh, musulman cultivé et présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » du dimanche matin, qui prétend, avec une honnêteté qui doit être louée, résoudre ce dilemme. Ainsi, le jihad ne serait pas la guerre sainte, et pourtant, il faut bien reconnaître que la notion de violence sacrée existe bien en contexte islamique et qu’« il y a [donc bien, en dépit de toutes les dénégations] quelque chose qui ne va pas ». Quoi ? Mystère et boule de gomme…

Amis IMA Jihad 161010 Violence sacree

Démontrer que l’État Islamique a tort serait donc impossible ?

On sait que l’État Islamique, contrairement d’ailleurs à un Al Qaida moins prolixe, fait un usage intensif des sources scripturaires musulmanes originales et donc incontestables dans sa propagande. Un lecteur patient pourra en effet par exemple vérifier que les hadiths cités par les fondamentalistes musulmans de l’É.I. sont précis et exacts (au moins pour les plus importants provenant des recueils « sahih » de Bukhari et Muslim – avec la réserve toutefois que le degré de fiabilité des hadiths n’est pas indiqué, un petit nombre de hadiths faibles d’autres recueils étant cités sans avertissement pour le lecteur –), et ne sont pas dévoyés même si leur sens littéral peut parfois être contesté à grand renfort de dialectique.

J’ai documenté ce constat dans mon ouvrage « Les sources doctrinales de l’État Islamique », publié aux éditions UPPR, que je vous invite à lire si vous voulez vraiment connaître la vérité concernant l’authenticité doctrinale de l’inspiration des mouvements fondamentalistes, dont le modèle est l’islam de Mahomet, bien loin de la bouillie servie par les chaînes de télévision françaises chargées officiellement (puisqu’on n’a pas la possibilité d’y faire entendre un autre point de vue) de la contre-propagande en faisant passer les terroristes musulmans pour un ramassis d’abrutis et de petits voyous en mal de notoriété.

Or, que des organisations terroristes instrumentalisent plus facilement des personnes ayant déjà un passé de délinquant est naturel car c’est bien évidemment plus facile, mais de là à prétendre que cela prouve que ce terrorisme n’a rien à voir avec l’islam et que les chefs fondamentalistes musulmans qui les organisent ne connaissent pas leur propre religion, c’est ne rien comprendre à la question et, plus grave, à son ennemi. Car bien sûr, la situation des armées occidentales est totalement différente : il est bien connu qu’on y recrute comme fantassins que des prix Nobel totalement éclairés sur les raisons de leur combat… Mais malheureusement, journalistes et hommes politiques se carrent avec suffisance dans cette posture imbécile, comme récemment Alain Marsaud, pourtant ancien responsable anti-terroriste de haut niveau, qui a déclaré (en le répétant) dans une conférence publique de février 2018 : « la religion, cela ne m’intéresse pas », ce qui revient à dire : « comprendre l’idéologie et la motivation des terroristes, cela n’a aucun intérêt ».

Ce constat sur les sources doctrinales utilisées n’est en aucun cas bien sûr une façon de soutenir idéologiquement d’une quelconque façon les fondamentalistes et terroristes musulmans et leurs odieuses pratiques : c’est seulement un constat froid et objectif d’une réalité vérifiable. D’ailleurs, le caractère incontestable de ces citations est la raison fondamentale qui rend structurellement incapable l’islam dit « modéré » de produire un contre argumentaire au fondamentalisme musulman.

C’est ce que confirme de facto un intervenant de l’émission « Islam » de France 2 du 4 mars 2018 qui déclare avec raison :

« Daesh nous cite des sources dans ses fatwas qui sont au cœur de la réflexion juridique islamique, – cela a terrorisé le monde musulman «  mais non, ce n’est pas islamique » : si, c’est bien, bien islamique – (…) »

« Le croyant lambda va dire [entre les « modérés » et les « extrémistes »] : « vous dites la même chose, vous utilisez les mêmes sources, les mêmes procédés discursifs, les mêmes exégèses, donc : qui a raison ? » : on est incapable de le dire. »

France 2 Islam 180304 Comprendre islam 2 Daesh

Le combat dans la voie de Dieu, combat armé : une évidence incontournable

S’il est une dénégation récurrente dans l’islam, en dépit de la clarté des textes sacrés – et qui exploite l’ignorance des non-musulmans –, c’est bien celle selon laquelle le jihad ne serait qu’un combat spirituel intérieur et que l’islam ne prônerait jamais la violence. Pourtant, n’importe quel lecteur des textes sacrés de l’islam peut constater l’usage fréquent de l’expression, « combat dans la voie de Dieu » (« al jihad fi sabil Allah »), agrémenté de précisions précisant les moyens à mettre en œuvre : biens, chevaux, etc.

Lors d’une conférence organisée par la Société des Amis de l’I.M.A. en 2016 sur le mot « jihad », Ghaleb Bencheikh eut l’honnêteté de prendre acte de ce constat évident : le Coran parle bien de combat, et bien évidemment armé, car on n’a pas besoin de sa personne, de ses biens, de ses chevaux etc. pour mener un combat seulement spirituel.

Amis IMA Jihad 161010 Combat arme

« ceux qui accomplissent l’effort par leurs biens et par leur personne – ça, c’est vrai qu’il y a un bon nombre de versets qui parlent de ceci – et c’est de ces passages nombreux, de ces occurrences nombreuses (une quarantaine) (…) On va pas se voiler la face, il s’agit bien d’un combat »

Il est intéressant de noter, au vu du langage corporel de Ghaleb Bencheikh, que cet aveu, ce dévoilement du vrai visage de l’islam, reste une épreuve douloureuse pour les musulmans car c’est accepter de mettre clairement fin au mythe de l’islam, religion d’amour et de paix.

La guerre sainte dans la doctrine de l’islam : une réalité incontournable

Ghaleb Bencheikh, musulman pondéré et cultivé, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2 est revenu, dans d’un cycle de conférences organisées en 2016 et 2017 par la société des amis de l’Institut du Monde Arabe, sur le sens du mot « jihad ».

  • La thèse de l’effort intérieur

Ses propos sont intéressants car ils sont l’expression visible et claire du malaise soulevé chez les intellectuels musulmans par la violence contenue dans la doctrine de l’islam. Ghaleb Bencheikh défend ainsi la traditionnelle thèse – pourtant intenable et contraire à la jurisprudence musulmane (cf. http://islametoccident.fr/?p=4009 ) – de la prééminence de l’effort « intérieur » ou « majeur » sur l’effort « extérieur » ou « mineur », c’est-à-dire la guerre, « combat [armé] dans la voie d’Allah ».

Amis IMA Fatwa 161128 Jihad

La thèse de l’effort « intérieur », dont la place serait centrale par rapport au combat armé qui serait marginal, est une pure fiction, mais répétée à l’envi (comme si la répétition, selon un procédé magique, créait la vérité) car c’est en réalité le seul moyen de existant pour tenter de désamorcer la question de la violence en islam. Malheureusement, cette thèse ne résiste ni à l’analyse en profondeur de la doctrine musulmane, ni à l’épreuve des faits. Le lecteur trouvera sur ce site plusieurs articles précédents consacrés à cette question largement documentée. Je ne reviens donc pas ici sur tous ses aspects mais je mets en lumière quelques points intéressants mentionnés lors de ces conférences.

  • La guerre est clairement une face essentielle du jihad

Si l’effort peut être intérieur, Ghaleb Bencheikh a l’honnêteté intellectuelle de reconnaître que le combat armé au nom de l’islam existe bel et bien : « Faire un jihad, dans son acception exotérique, extérieure, tournée vers le monde physique, c’est (…) et bien entendu guerroyer, parce qu’il ne faut pas éluder la question centrale qui nous intéresse ce soir, mais tout cela rentre dans l’acception, chez les théoriciens, chez les théologiens, du « petit effort », l’effort extérieur. Et a contrario, il y a l’effort salvateur, le travail sur soi. » 

Amis IMA Jihad 161010 Petit effort

Car la problématique de la violence en islam est incontournable comme le note Ghaleb Bencheikh : « Il n’y a pas 2000 versets qui appellent à la violence. Il y en a quelques-uns : ils sont violents, ils sont belligènes, ils sont martiaux, ils sont douloureux pour maintenant. La fameuse sourate 9 est un cas d’espèce qu’il faut étudier. »

Amis IMA Jihad 161010 Guerre sainte chirurgicale

S’agissant de l’argument consistant à limiter la guerre religieuse à des groupes particuliers (« Il y a un désaveu contre un groupe particulier et on sait lesquels (…). »), il ne tient évidemment pas la route : les textes sacrés de l’islam mentionnent effectivement les ennemis de l’époque de Mahomet mais c’est bien entendu tout ennemi de l’islam pour la suite des temps qui est visé. Il suffit de lire la multitude d’imprécations lancées contre tous les types de mécréants pour s’en convaincre. Et on peut à juste titre, comme le fait Ghaleb Bencheikh lui-même, s’interroger sur la réelle valeur spirituelle d’une « révélation qui descend à point nommé pour épouser les contingences d’une vie de tous les jours »…

  • La Sunna confirme la place du combat armé dans les fondements de l’islam

L’omniprésence de la violence et du combat armé dans la biographie de Mahomet est également confirmée par la Sunna puisqu’un hadith connu mentionne la parole même de Mahomet qui place implicitement le combat armé devant l’effort intérieur. Ghaleb Bencheikh tente de minimiser le poids de cette tradition mais celle-ci est largement confirmée par de nombreux imams du monde musulman.

Amis IMA Jihad 161010 Hadith petit jihad

  • Un certain nombre d’intellectuels musulmans entérinent le terme de « guerre sainte »

Ghaleb Bencheikh regrette que des intellectuels du monde arabo-musulman (et non des moindres car sinon il ne mentionnerait pas ce point) « entérinent » l’appellation de « guerre sainte ».

Amis IMA Jihad 161010 Intellectuels et guerre sainte

Mais c’est tout à fait normal puisque c’est justement parce qu’il s’agit précisément d’une guerre menée au nom de la religion ! La jurisprudence islamique est d’ailleurs claire sur ce point (cf. http://islametoccident.fr/?p=4009 ).

  • Conclusion

Ghaleb Bencheikh invente un islam qui n’existe pas. Il se retrouve fatalement en opposition frontale avec la vision de l’islam telle qu’elle ressort de façon tout à fait habituelle dans le monde musulman : un islam de conquête, où la violence est permise (avec certaines règles). Pour construire cet islam imaginaire que Ghaleb Bencheikh appelle de ses vœux, il lui faut d’abord déconstruire cet islam millénaire et violent qu’il n’aime pas : peut-il y parvenir sans le détruire véritablement ?

Le jihad dans la doctrine musulmane : un mensonge éhonté

  • Problématique

Ghaleb Bencheikh, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2, affirme dans une conférence de novembre 2017 organisée par la Société des Amis de l’Institut du Monde Arabe à propos du mot « salafisme » que les salafistes/fondamentalistes musulmans refuseraient de prendre en compte les avis des 4 grandes écoles juridiques de l’islam (cf. http://islametoccident.fr/?p=3967 ), sous-entendant ainsi que la jurisprudence musulmane s’opposerait fermement à l’utilisation de la violence et à l’idée de guerre sainte. Malheureusement, ceci est tout à fait faux. Pour le prouver, il suffit de lire cette jurisprudence.

Les 4 grandes écoles juridiques de l’islam, dont les fondateurs ont globalement vécu peu de temps après la mort de Mahomet et sont donc proches des sources originelles, sont : le hanafisme (l’imam Abu Hanifa, son fondateur, est mort en 767) ; le malikisme (l’imam Malik, son fondateur, est mort en 796) ; le chaféisme (l’imam Al-Chafi, son fondateur, est mort en 820) ; le hanbalisme (l’imam Ahmed ibn Hanbal, son fondateur, est mort en 855).

J’aborde ici deux jurisprudences car elles sont aisément disponibles en anglais ou en français.

  • La jurisprudence malikite

La jurisprudence malikite a une importance particulière pour la France car c’est la jurisprudence musulmane de référence des pays maghrébins. Ceux qui voudraient la consulter peuvent se procurer l’ouvrage de référence : « Al Muwatta’ »

Cet ouvrage comporte 61 chapitres (livres) consacrés quasi exclusivement à des questions d’ordre pratique : les prières, la pureté, les funérailles, le jeûne, le pèlerinage, le mariage, la chasse, etc. Les questions traitées sont très « terre-à-terre », jusqu’à un point qu’on a du mal à imaginer pour un ouvrage religieux où l’on s’attend en principe à des considérations ou des règles spirituelles. Ainsi, par exemple, un article, parmi bien d’autres centrés sur les rituels et les interdits, précise qu’il est « interdit d’orienter la face ou le dos vers la qiblah [la direction de La Mecque] lors de la satisfaction des besoins naturels » (livre 14, section 1).

Pour comprendre la signification et la place du jihad ou « combat dans la voie de Dieu » dans cette jurisprudence, il suffit de lire les sections du chapitre qui lui est consacré. Voici la photographie de la page de la table des matières consacrée à ce chapitre (livre 21) :

Il est aisé de voir qu’il n’est nullement question ici d’affirmer la prééminence d’un « effort intérieur » vis-à-vis du combat armé pour la défense de l’islam, qui correspond bien à la notion de « guerre sainte », au contraire. Les titres de section sont éclairants : on y parle d’ « expédition », de « chevaux », de « butin », « martyr », etc. toutes notions qui n’ont pas grand-chose à voir avec le combat spirituel contre soi pour s’améliorer intérieurement. Ce dernier n’est pas totalement écarté mais est relégué à l’arrière-plan comme solution alternative pour tous ceux qui ne seraient pas en mesure d’aller combattre avec des armes. Il suffit de lire les premiers articles/hadiths figurant au début de ce chapitre pour comprendre cette hiérarchie claire des valeurs :

(973) 1 – Abû Hurayra a rapporté que l’Envoyé de Dieu a dit : « L’exemple de celui qui lutte dans la voie de Dieu [c’est-à-dire le combat armé] est pareil à celui chez qui le jeûne est permanent jour et nuit, ne cessant de prier et de jeûner, et cela jusqu’à son retour. » (NB : il s’agit là du tout premier article/hadith de la section et le 973ème article de la jurisprudence complète)

(974) 2 – Abû Hurayra a rapporté que l’Envoyé de Dieu a dit : « Dieu assure à celui qui lutte dans sa voie, n’ayant quitté sa demeure que pour le combat dans la voie de Dieu, témoignant de la véracité de ses paroles, Dieu lui assure sa place au paradis (s’il y est tué), ou le ramène chez lui, dans sa maison qu’il a quittée, tout en obtenant une récompense céleste et un butin. »

(976) 4 – Atâ Ibn Yassâr a rapporté que l’Envoyé de Dieu a dit : « Ne voulez-vous pas connaître qui jouira le plus du meilleur poste (auprès de Dieu) ? Il est celui qui, tenant la bride de son cheval, ira combattre dans la voie de Dieu. Ne voulez-vous pas connaître qui le suivra ? C’est celui qui, avec son troupeau, vit dans une retraite, faisant la prière, s’acquittant de la zakat et adorant Dieu sans rien lui associer. »

Les sections qui suivent (« De l’interdiction de tuer les femmes et les enfants au cours des expéditions », « De l’assemblage du butin au cours d’une expédition », etc.) confirment qu’il ne peut y avoir aucun doute quant à la nature foncièrement guerrière du jihad.

Le caractère saint du jihad s’exprime en outre manifestement par l’interdiction d’emporter le Coran au pays de l’ennemi. La section 2 du livre 21 est en effet la suivante (avec son unique article) :

« 2. De la prohibition de porter le Coran au pays de l’ennemi. (979) 7. Abdullah Ibn Omar a rapporté que l’Envoyé de Dieu a interdit de porter le Coran au pays de l’ennemi. Malik a dit : « De peur que l’ennemi ne le souille [en temps de guerre]. » »

  • La jurisprudence chaféite

J’ai eu l’occasion d’aborder cette question dans mon premier ouvrage « L’islam de France (et d’Europe) : un message de paix ? » sur la base de la lecture de l’ouvrage de jurisprudence chaféite de référence « Reliance of the traveller », traduction anglaise de l’ouvrage original arabe authentifiée par l’université Al-Azhar elle-même (cf. https://en.wikipedia.org/wiki/Reliance_of_the_Traveller ).

Cette jurisprudence est également claire sur la nature guerrière du jihad (cf. section Ro9.), reprenant avec un certain bon sens les versets du Coran ainsi que la biographie de Mahomet :

« Les détails concernant le jihad se trouvent dans les récits des expéditions militaires du prophète, incluant ses propres expéditions militaires et celles dans lesquelles il a envoyé les autres : les premières consistent dans celles auxquelles il a personnellement participé, soit 27 (d’autres disent 29). Il combattit lui-même dans 8 d’entre elles (…). Pour les autres expéditions, il envoya d’autres se battre, lui-même restant à Médine, et il y en eut 47. »

« Jihad signifie « guerre contre les non-musulmans », et est étymologiquement dérivé du mot « mujahada » signifiant « guerre pour établir la religion ». (…) La base scripturale pour le jihad, selon le consensus des lettrés, sont des versets tels que :

(1) « Le combat vous a été prescrit » ;

(2) « Tuez-les où que vous les trouviez » ;

(3) « Combattez les associateurs sans exception » ; et des hadiths tels que celui relaté par Bukhari et Muslim selon lequel le prophète a dit : « Il m’a été ordonné de combattre les peuples jusqu’à ce qu’ils témoignent qu’il n’y a d’autre dieu qu’Allah et que Mahomet est son messager, qu’ils prient et qu’ils paient la zakat. S’ils acceptent, ils sauvent leur sang et leurs biens, à l’exception des droits que l’islam a sur eux. Et leur dernier jugement est avec Allah ». Et selon le hadith rapporté par Muslim : « Aller le matin ou le soir pour combattre dans le chemin d’Allah est mieux que de posséder le monde entier et tout ce qu’il contient ». »

  • Conclusion

La thèse selon laquelle la notion de guerre sainte ne ferait pas partie des fondements de l’islam est contredite par les textes mêmes de l’islam. Mahomet lui-même a donné l’exemple du combattant au nom de la religion : il suffit de lire sa biographie et de prendre connaissance des massacres épouvantables qu’il a commis (notamment en exterminant les juifs, qui contestaient sa légitimité religieuse), des assassinats d’opposants religieux qu’il a ordonnés, des expéditions menées au nom de l’islam.

Soyons clairs : prétendre que la « guerre sainte » ne ferait pas partie des fondements doctrinaux de l’islam est un mensonge inouï. C’est précisément d’ailleurs la raison pour laquelle l’islam « modéré » est absolument incapable de produire un contre-argumentaire doctrinal aux analyses des musulmans fondamentalistes et doit se contenter, comme moyen de lutte, d’incantations.

Pourtant la négation répétée de cette évidence face à un public occidental totalement ignorant des textes musulmans est une technique éprouvée du monde de la bien-pensance universitaire et journalistique occidentale, dont la laïcité revancharde ne supporte pas l’immensité de l’héritage chrétien qu’elle a reçu en legs – jusqu’à la faire basculer par haine dans l’islamo-gauchisme (la destruction du christianisme par la promotion d’un islam qu’elle a la naïveté de penser pouvoir contraindre par le carcan de cette laïcité imbécile qui refuse ses origines) –, ou qui est trop effrayée d’ouvrir la boîte de Pandore de la vérité doctrinale de l’islam après des décennies d’immigration irresponsable.

La lecture de la jurisprudence malikite montre d’ailleurs de façon claire que le jihad a une importance doctrinale tout à fait assumée dans la culture maghrébine musulmane : la France laïco-chrétienne est donc loin d’en avoir fini avec l’islam maghrébin et plus généralement avec la violence musulmane car elle est justifiée par la doctrine même de l’islam.

Le jihad dans le Coran : un décompte qui ne fait pas pencher la balance du bon côté

  • Le jihad dans le Coran

Ghaleb Bencheikh, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2 et intervenant principal d’une conférence sur le mot « jihad » organisée par la société des amis de l’Institut du Monde Arabe en octobre 2016, défend l’idée que le sens principal du mot « jihad » ne serait pas « guerre » mais « effort ». Cet argument ne résiste pas à la lecture de la jurisprudence des grandes écoles juridiques de l’islam mais c’est à peu près le seul qui existe pour tenter de défendre aujourd’hui l’idée que l’islam serait une religion d’amour et de paix alors même que le terrorisme musulman frappe régulièrement dans le monde.

Néanmoins, même Ghaleb Bencheikh ne semble pas vraiment convaincu par son propre argument puisque le décompte qu’il établit des versets du Coran mentionnant le mot « jihad » ne semble guère probant tant sont nombreux les versets renvoyant peu ou prou à la guerre. Ce décompte est en effet le suivant :

« 41 occurrences construite sur la racine J/H/D : 5 dont on ne sait pas trop à quoi cela renvoie (l’idée peut-être d’accomplir un effort) ; 19 dans le champ martial, guerrier ; 2 dans un autre contexte ; 1 dans un contexte étonnamment on ne peut plus non-violent ; le reste [14] dans le champ sémantique effectivement de la guerre mais le mot ne veut pas dire guerre ».

Amis IMA Jihad 161010 Decompte versets

  • Le Coran, profondément marqué par ses origines tribales

Un autre intervenant confirme la dimension très superficielle d’« effort intérieur », qui est en réalité bien postérieure : « Le mot « jihad » est né dans un monde tribal où cela veut dire, grosso modo, un « effort », un « engagement », en général plutôt dans des batailles, dans des conquêtes ou dans des défenses. (…) » et rappelle d’ailleurs à juste titre que «  (…) le Coran [qui] s’inscrit directement dans ce monde tribal (…) ». L’intervenant enfonce d’ailleurs le clou : « On combat pour gagner du butin, pour avoir des conquêtes, essentiellement, et le Coran, et l’islam lui-même s’inscrit dans cette tradition (…) »

Amis IMA Jihad 161010 Decompte versets

Ainsi, pourquoi faudrait-il s’étonner que le « jihad » signifie essentiellement « guerre au nom de la religion », « combat armé dans la voie de Dieu » selon la terminologie habituelle ? En réalité, il est naturel que des tribus bédouines coutumières des razzias, pillages de caravanes, rapines diverses, etc. aient facilement intégré dans leur culture une dimension religieuse si celle-ci leur permettait de conclure des alliances plus solides et de motiver leurs troupes pour l’obtention de résultats plus profitables.

  • Conclusion

Toute la culture tribale originelle dans laquelle a été écrite le Coran justifie naturellement le penchant guerrier de l’islam et la facilité à assortir la guerre d’une connotation religieuse. Les tentatives visant à dissocier l’islam de la guerre au nom de la religion paraissent bien dérisoires et désespérées tant cela conduit à nier la réalité des faits historiques ou contemporains.

Pas de quoi s’étonner donc qu’une sourate du Coran, et non des moindres, ait pour titre « le butin » : pour une religion d’amour et de paix, quoi de plus naturel et de plus évident !

Les terroristes musulmans : des hommes qui seraient coupés de leur religion

  • Délégitimer la position doctrinale des fondamentalistes musulmans

Pour Ghaleb Bencheikh, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2 et intervenant principal d’une conférence sur le mot « salafisme » organisée par la société des amis de l’Institut du Monde Arabe en novembre 2017, les salafistes « veulent passer outre les différents avis des différentes écoles juridiques [de l’islam] car ils veulent s’abreuver aux deux sources premières, c’est-à-dire le Coran et la Sunna. »

Amis IMA Salafisme 171106 Sources doctrinales

  • Analyse

Il est exact que les salafistes se réfèrent prioritairement aux textes sacrés de l’islam, ce qui paraît tout à fait logique et souhaitable (les chrétiens feraient bien de faire la même chose avec les Évangiles et les Épîtres…), mais la lecture de la propagande fondamentaliste musulmane montre qu’il est faux de dire qu’ils refusent tous les avis juridiques des écoles de l’islam.

En effet, pourquoi ignoreraient-ils des avis juridiques qui sont loin – contrairement à ce que laisse entendre Ghaleb Bencheikh face à un public qui n’a probablement jamais lu ces textes – de contredire les leurs ? Les fondamentalistes indiquent en effet par exemple que « les règles concernant le fait de répandre le sang sont issues, du Coran, de la Sunna, de l’« ijmaa » (consensus des savants) et du « qiyas » (raisonnement juridique) » ? En outre, certaines grandes figures parmi les savants de l’islam font de façon notoire partie de leur panthéon doctrinal, comme Ibn Taymiyya.

En réalité, la zone de « schisme » au sein de l’islam n’est pas doctrinalement entre les salafistes et les autres, mais entre ceux qui se sentent assez forts pour passer à l’action et les autres, moins téméraires, installés dans une vie matérielle confortable ou simplement oublieux du devoir de jihad que leur impose une doctrine pourtant claire. Ainsi, ceux qui sont visés, ce sont les « imams qui égarent » les musulmans en les éloignant du « jihad », combat armé dans la voie de Dieu, peu importe que ces imams soient étiquetés en Occident « modérés », « salafistes », etc.. En effet, ces imams détournent les musulmans qui les suivent sans regard critique hors du chemin du jihad et donc les éloignent de l’exemple du Prophète Mahomet, qui a mené la guerre au nom de la religion, comme les textes sacrés de l’islam en témoignent avec une grande clarté.

Ce que rejettent les partisans du jihad, c’est le « taqlid », c’est-à-dire le fait d’« agir selon l’avis de quelqu’un [en l’occurrence un imam] sans connaître sa preuve », ce qui correspond à la soumission aveugle, sans esprit critique. En effet, un imam qui prétend que le jihad ne fait pas partie du devoir de tout bon musulman est bien incapable de le prouver par les textes les plus sacrés de l’islam : il n’a donc pas de « preuve ».

  • Le « coranisme » ? en réalité, une impasse

Face à des mouvements fondamentalistes qui se réfèrent en permanence aux textes sacrés de l’islam pour justifier leur action, Ghaleb Bencheikh en est réduit à une démarche qui se résume à deux aspects :

1) Se centrer exclusivement sur le Coran en abjurant sa croyance dans la Sunna du Prophète, car les hadiths prêchant la guerre sainte, le « jihad », y sont tellement nombreux et explicites qu’il est impossible de nier leur existence et leur sens littéral.

C’est ainsi que Ghaleb Bencheikh déclare : « En réponse à la salafisation des esprits, il y a des réactions de ceux qui disent : « seul le Coran oblige ». » : c’est ce que Ghaleb Bencheikh appelle le « coranisme », lui-même étant un « coraniste ».

2) Contextualiser le Coran

Mais cet abandon de la Sunna (et de la biographie du Prophète, 3ème source sacrée de l’islam) est tout à fait insuffisante car le Coran lui-même contient de nombreux versets violents, appelant à la guerre sainte contre les mécréants (en précisant même les règles de partage du butin ainsi conquis, ce qui, pour un texte qui se veut spirituel, est pour le moins étonnant…).

Il faut donc trouver une façon de renier le sens littéral du Coran et de délégitimer la position de ceux qui « prennent dans son sens obvie, son sens littéral, le Coran ». Le Coran, parole éternelle d’Allah, serait ainsi sujet par essence à une interprétation dépendant notamment du contexte historique de son apparition, contrairement par exemple aux textes des autres religions qui peuvent faire l’objet d’interprétations de façon ponctuelle mais jamais de façon systématique et surtout jusqu’à contredire le sens littéral du texte qui est donné aux fidèles (les contradictions flagrantes du Coran justifiées par l’aberrante doctrine de l’abrogation étant de ce point un summum d’absurdité en la matière). Donc, le Coran, contrairement aux Évangiles ou aux textes bouddhistes par exemple, ne voudrait que rarement vraiment dire ce qu’il veut dire : jusqu’où la takiyya ne conduit-elle pas…

  • Conclusion

Ghaleb Bencheikh propose une voie dangereuse pour lui-même (puisque blasphématoire) et de toutes les façons sans issue, sauf au prix d’une mauvaise foi ou d’un aveuglement évident. Il se dresse avec courage ou inconscience contre une bonne partie du monde musulman dont la conception de l’islam n’a jamais été clémente et miséricordieuse, et pour qui le terme de « jihad » a bien toujours eu le sens principal de « guerre sainte » : il suffit simplement de reprendre les textes de jurisprudence des grandes écoles juridiques musulmanes pour s’en persuader. Je reviendrai sur ce point dans un prochain article.

L’ « islamisme » : un concept creux mais bien commode pour dégager sa responsabilité

Ghaleb Bencheikh, musulman pondéré et cultivé, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2 nous rappelle, dans le cadre d’une conférence sur le mot « islam » organisée par la société des amis de l’Institut du Monde Arabe, qu’il n’y a pas encore si longtemps, le terme « islamisme » était la dénomination courante de la religion musulmane, sans connotation idéologique ou politique particulière, et que le terme islam s’est progressivement imposé de façon récente dans des conditions assez obscures, alors même qu’il s’agit dans les deux cas de désigner la religion musulmane.

Amis IMA Islam 160905 Islamisme

C’est un rappel intéressant pour tous ceux qui font grand cas du distinguo entre ces deux termes, distinguo pratique – comme je l’avais déjà souligné dans un article précédent http://islametoccident.fr/?p=2817 – pour isoler et circonscrire les penchants violents de l’islam dans un concept creux, l’« islamisme », dont les musulmans ne se sentent pas responsables, comme si ce n’était pas aussi leur religion.

Fête de l’Aïd al-Adha : une occasion de renforcer la solidarité musulmane face aux mécréants

Les musulmans ont fêté début septembre 2017 la fête de l’Aïd al-Adha. Cette fête est l’occasion de rappeler la grandeur de Dieu, l’unique, le grand, avec la formule populaire en islam, qu’il s’agisse des fondamentalistes ou non : « Allah u Akbar »

Fete Aid 170903 Extrait 1

À cette occasion, le recteur de la Grande Mosquée de Paris a rappelé dans les tous premiers mots de son discours l’objectif prioritaire de la communauté musulmane : « rester unie », c’est-à-dire rester unie contre les non-musulmans, les mécréants, qui sont ses ennemis. Il dit en effet : « Je vous souhaite à tous et à toutes ainsi qu’à vos familles une bonne et heureuse grande fête de l’Aïd afin de nous rassembler tous et de rester unis. Inch a Allah. »

Fete Aid 170903 Extrait 4

Il ne fait en réalité, sans être aussi précis pour des raisons politiques évidentes, que reprendre le Coran qui est très clair sur le sujet, l’objectif avoué de l’islam étant de vaincre les non-musulmans pour imposer l’islam partout sur terre :

1) Les musulmans [les « croyants », puisque l’islam n’admet qu’une seule croyance, la sienne] forment une communauté unique et solidaire :

Sourate 9, verset 71. Les croyants et les croyantes sont alliés les uns aux autres. Ils commandent le convenable, interdisent le blâmable, accomplissent la Salât, acquittent la Zakat. (…).

Sourate 49, verset 10. Les croyants sont frères. Établissez la concorde entre vos frères, (…)

Sourate 3, verset 103. Attachez-vous [musulmans] au pacte d’Allah et ne vous divisez pas ! Rappelez-vous les bienfaits d’Allah lorsque vous étiez divisés : Il réconcilia vos cœurs et vous êtes devenus frères. Vous étiez au bord d’un abîme de Feu et Il vous a sauvés. Allah vous montre Ses signes afin que vous soyez bien guidés.

Sourate 49, verset 9. Si deux groupes de musulmans se combattent, réconciliez-les. (…)

2) La solidarité des musulmans doit les aider à combattre leurs ennemis : les non-musulmans (incrédules, mécréants)

Sourate 8, verset 73. Les incrédules sont alliés les uns des autres. (…)

Sourate 48, verset 29. Mahomet est le messager d’Allah. Ceux qui sont avec lui sont violents envers les mécréants, miséricordieux entre eux. (…)

Le message coranique vis-à-vis des non-musulmans, qui appelle clairement à la violence (ci-dessus mais également dans bien d’autres versets), est ainsi particulièrement explicite.