La Nahda : mouvement éphémère de renaissance culturelle

L’émission de France 2 « Islam » a consacré en juin 2019 deux épisodes de sa série à la « Nahda », mouvement de renaissance culturelle arabe-musulmane dans le contexte de la décomposition de l’empire ottoman. Malheureusement, les fruits de cette renaissance ne semblent pas avoir subsisté bien longtemps.

Pacte de Marrakech pour les migrations : un nouveau viol de la souveraineté du peuple par la démocratie représentative

  • Contexte général

Le pacte dit « de Marrakech », adopté à Marrakech en décembre 2018 et destiné à assurer le « renforcement de la coopération relative aux migrations internationales », n’a fait l’objet d’aucun débat public préalable en France conformément la volonté du gouvernement puisque l’objectif était semble-t-il d’en dissimuler au maximum la nature aux Français afin de ne pas alerter la population sur l’immigration supplémentaire qu’il induit : encore sans doute une belle preuve de démocratie.

Ce pacte est censé constituer un « cadre de coopération juridiquement non contraignant » alors qu’en réalité il fixe des principes contraignants du point de vue de la jurisprudence juridique comme cela a déjà été le cas en France pour les droits de l’enfant qui ont empêché de revenir sur la disposition relative au regroupement familial. Ce même argument est d’ailleurs repris par ce nouveau texte qui plaide pour le fait de « faciliter l’accès aux procédures de regroupement familial des migrants » puisqu’il s’agit ici encore de défendre « l’intérêt supérieur de l’enfant ». Bis repetita placent.

Revenons sur quelques aspects du contenu de ce texte.

  • Un plaidoyer fondamentalement partisan

Les rédacteurs du texte, agents actifs de la mondialisation sans limite, veulent faire croire que leur objectif ne serait pas de favoriser la submersion migratoire de certaines parties du monde.

En réalité, ce pacte de 41 pages, épouvantable logorrhée bureaucratique, écrit dans un style illisible, fourmillant de répétitions ou de références vagues et inexploitables (22 renvois à « la conformité au/au respect du droit international ») n’est qu’un plaidoyer idéologique pour le mondialisme qui se dissimule bien maladroitement derrière des affirmations bien isolées et dénuées de sincérité telles que : « Le Pacte mondial réaffirme le droit souverain des États de définir leurs politiques migratoires nationales et leur droit de gérer les migrations relevant de leur compétence, dans le respect du droit international » (tout le document renvoyant notamment au droit international comme supérieur et s’imposant au droit d’États pourtant en principe souverains).

  • Les migrations de population sont nécessairement positives

Pour les signataires, ce point n’est pas discutable : « Les migrations ont toujours fait partie de l’expérience humaine depuis les débuts de l’Histoire, et nous reconnaissons qu’à l’heure de la mondialisation, elles sont facteurs de prospérité, d’innovation et de développement durable ». Les migrants ne peuvent nécessairement qu’« enrichir nos sociétés [occidentales, cela va sans dire] grâce à leurs capacités humaines, économiques et sociales ».

Cette vision partisane repose prétendument sur des « données et d’éléments de preuve » dont la véracité n’est évidemment pas contestable aux yeux des signataires. « Les migrations font partie intégrante de la mondialisation, (…) faisant de nous tous des pays d’origine, de transit et de destination ». Partant du postulat qu’il ne peut y avoir que des bienfaits liés aux migrations, il s’agit donc seulement « d’en optimiser l’ensemble des avantages » et par ailleurs de « démonter les discours [nécessairement] trompeurs qui donnent une image négative des migrants ».

Le texte évacue bien sûr tout ce qui peut poser question dans cette vision humanitaire utopique et idyllique : les incompatibilités culturelles (ex. les oppositions religieuses, l’incompatibilité de l’islam avec la civilisation occidentale sur de multiples aspects), les causes démographiques (cf. la démographie incontrôlée de nombreux pays d’Afrique), les enjeux géopolitiques, etc.

  • Il est interdit d’étudier réellement les effets des migrations

En effet, le texte précise qu’il convient d’« étoffer la base de données factuelles sur les migrations internationales en améliorant, par des investissements adéquats, la collecte, l’analyse et la dissémination de données précises, fiables et comparables, ventilées par sexe, âge, statut migratoire et toute autre caractéristique applicable à un contexte national donné ».

Mais il n’est pas question d’étudier par exemple les caractéristiques culturelles et religieuses – dimension totalement absente du texte, ce qui est pour le moins étonnant – des migrants, sans doute pour éviter le risque de « stigmatisation », car une vérité qui n’est pas dévoilée n’existe pas politiquement. Ainsi, le texte précise qu’il faut « éliminer les pratiques de profilage racial, ethnique et religieux des migrants de la part des autorités » : ce qui a le mérite de la clarté. Vous avez l’obligation de recevoir de nouveaux hôtes chez vous mais il vous est interdit de vous renseigner sur leur « profil ».

  • Le fondement idéologique du texte : la négation de l’identité

La vision absurde qui sous-tend l’ensemble du texte est que l’humanité n’est plus qu’une, les communautés humaines et leur identité sont niées, seul compte l’individu accompagné des sacro-saints « droits de l’homme », quand bien même il détruit la société qui l’accueille : ainsi, « Le Pacte mondial comporte une forte dimension humaine, inhérente à la migration même. Il promeut le bien-être des migrants et des communautés dans les pays d’origine, de transit et de destination. Il est donc centré sur l’individu ».

  • Un instrument : la censure

Le pacte appelle ouvertement à la fin de la liberté d’expression puisqu’il convient de « cesser d’allouer des fonds publics ou d’apporter un soutien matériel aux médias qui propagent systématiquement l’intolérance, la xénophobie, le racisme et les autres formes de discrimination envers les migrants, dans le plein respect de la liberté de la presse ». Or, comment prétendre qu’on respecte la liberté de la presse, si l’objectif officiel proclamé ouvertement, et de façon même menaçante, est de tuer économiquement tous les journaux et médias qui ne pensent pas « comme il faut » ? C’est inouï et abject.

  • Conclusion

Bien entendu, si les hommes avaient la sagesse de s’entendre et de gouverner le monde intelligemment, la question des migrations ne se poserait pas. Mais ce monde n’existe pas et la bienveillance humanitaire, pour louable qu’elle soit, ne peut pas constituer la colonne vertébrale de la politique des États dans un monde structuré par des idéologies de toutes natures et des religions incompatibles, sauf à faire preuve de la plus totale naïveté et à accepter de se faire dépouiller. Les juifs, qui ont subi ce que l’on sait, n’ont cure de ces beaux principes utopistes et Israël sait se transformer en bourreau lorsqu’il le faut pour survivre.

Ce pacte, grande victoire pour Georges Soros, illustre en réalité la perversité des effets de la bien-pensance auquel l’absconse construction européenne semble particulièrement attachée. À l’instar de Carthage, il devient urgent de détruire l’Europe afin que les peuples européens puissent survivre.

Contrairement à la France, certains pays plus conscients et plus attachés à leur identité ont eu la présence d’esprit de refuser avec vigueur de signer ce texte détestable par son esprit et sa méthode, et pas des moindres, notamment : l’Autriche, l’Australie, la Bulgarie, les États-Unis, la Hongrie, Israël, l’Italie (pour le moment), la Pologne, la République dominicaine, la République tchèque, la Slovaquie, la Suisse.

La nouveauté musulmane : un bobard ?

Dernier article de la série consacrée au livre de Robert Hoyland : « Dans la voie de Dieu » (http://islametoccident.fr/?p=4814).

La lecture des textes sacrés de l’islam montre que l’apport spirituel de l’islam est inexistant, Mahomet se contentant, ainsi qu’il est répété à maintes reprises dans le Coran, d’être un répétiteur de la parole de Dieu, parole dont le véritable contenu avait déjà en réalité été livré dans la Thora. En effet, il est flagrant que Mahomet a pour l’essentiel copié le judaïsme, que ce soit sur l’aspect spirituel (ex. le monothéisme, la transcendance radicale de Dieu vis-à-vis de ses créatures) ou le souci des rituels (l’islam ayant repris des règles juives comme le principe des interdits alimentaires, auxquelles il en a adjoint beaucoup d’autres, parfois excessivement terre à terre : comment faire ses ablutions, dans quelles positions prier, comment faire ses besoins puis s’essuyer, etc.).

L’islam ne révèle en effet rien de nouveau sur Allah, au contraire : au-delà des formules de convenance évoquant un dieu miséricordieux et sage, l’islam en fait en réalité un dieu terrible et sans pitié, auquel il faut impérativement se soumettre, qui n’entretient avec ses créatures qu’une relation univoque débarrassée des complexités, et parfois des contradictions, dont le judaïsme est pétri et dont les juifs font leur miel pour couper les cheveux en quatre depuis des siècles, ce qui explique peut-être qu’ils fassent traditionnellement de bons tailleurs. L’islam n’est pas une religion de prix Nobel. Réduit à sa plus simple expression, le corpus spirituel musulman peut ainsi être très facilement assimilé par des masses incultes, car l’islam, projet idéologique, a une vocation politique à conquérir le monde en s’adressant aux masses les plus nombreuses, au contraire du judaïsme, religion élitiste et non prosélyte.

Cette situation explique sans doute aussi assez largement l’antisémitisme viscéral et millénaire de l’islam car, dans son absolue nécessité de supplanter son frère siamois dans la lutte éperdue pour accaparer l’héritage monothéiste (les chrétiens n’étant pas dans la course du fait de leur polythéisme supposé qui les rend hérétiques d’office), l’islam est condamné à jeter l’opprobre sur le judaïsme dans des termes profondément haineux (il suffit de lire les textes sacrés de l’islam pour être effrayé par la haine qui suinte de tous ses pores, Mahomet ayant déjà eu visiblement l’intuition de la solution finale avec les juifs de Médine qu’il a chassés ou exterminés).

Dans le même esprit, le livre de Robert Hoyland fait partager un point de vue intéressant qui bat en brèche le mythe selon lequel l’islam aurait constitué une rupture dans l’histoire de l’Arabie, ce qui revient à dire, en d’autres termes, que l’islam n’a en rien constitué une « révélation ».

« Pour les savants musulmans, les conquérants arabes ont apporté d’Arabie occidentale un corpus de lois complet différent de celui qui était alors en vigueur dans le reste de l’Orient, et en ont fait la nouvelle loi des musulmans. De nombreux spécialistes de l’islam acceptent aujourd’hui ce principe sans sourciller. Pourtant, l’Arabie était en contact avec le reste du Proche-Orient depuis des millénaires et, en outre, on sait que les systèmes juridiques sont toujours résistants au changement. Les lois qui étaient en place dans la région à la veille des conquêtes arabes l’étaient toujours le lendemain, et ce corpus juridique, constitué d’un mélange de droit proche-oriental et de droit romain, est resté en vigueur durant la période umayyade, complété par des amendements ad hoc conçus par les califes et leurs agents. À partir du début du VIIIème siècle, cependant, un ensemble de savants musulmans se mit à travailler sur cet ancien corpus et accepta, rejeta ou en modifia les règles en estampillant celles qu’ils approuvaient avec la mention « fait/dit par Muhammad ». Les usages anciens passèrent ainsi pour de nouvelles lois islamiques venues d’Arabie. (…) De nombreuses sentences considérées comme islamiques, comme l’amputation de la main pour le vol et la peine de mort pour les apostats, étaient appliqués dans la région bien avant l’islam.  (…) Ce processus fut mené à bien à un rythme effréné par un grand nombre d’autorités religieuses, dans différents centres de l’Empire arabe : dès le milieu du VIIIème siècle, plusieurs recueils des paroles et des actes de Muhammad étaient rédigés, notamment les célèbres volumes de Bukhari (mort en 870) et de Muslim (mort en 875). (…) Dans la mesure où un grand nombre d’éléments de ces recueils proviennent de coutumes et de pratiques du Proche-Orient préislamique, nous ne devrions pas considérer ce processus comme la promulgation d’un corpus juridique étranger, mais comme la construction consensuelle d’un ensemble de lois établi par la nouvelle communauté musulmane, dont la majorité était issue des peuples conquis. »

Comment le gouvernement des juges contribue à l’islamisation de l’Europe

Chaque jour qui passe en Europe semble confirmer la thèse de Michel Houellebecq d’une soumission progressive de la civilisation européenne à l’islam. La Cour Européenne des Droits de l’Homme vient d’en fournir une nouvelle preuve par le jugement rendu le 25 octobre 2018 :

CEDH Freedom of expression 181025

  • Les faits

Elisabeth Sabaditsch-Wolff, ressortissante autrichienne, a été condamnée par la justice de son pays en 2011 (avec un pourvoi rejeté en 2013) pour avoir évoqué  une probable tendance pédophile de Mahomet, notamment par la question « un homme de cinquante-six ans avec une fille de six ans (…) De quoi s’agit-il, si ce n’est de pédophilie ? », celui-ci s’étant marié, déjà cinquantenaire, à une petite de 6 ans, Aïcha, avec laquelle il entretint des relations sexuelles à compter de ses 9 ans.

  • La sexualité de Mahomet et son penchant pour la très jeune Aïcha : mensonge ou vérité selon l’islam ?

Contrairement à ce qu’écrit le greffier de la C.E.D.H. dans son communiqué de presse en français (« ledit mariage aurait été consommé lorsque celle-ci avait neuf ans »), le penchant du vieux Mahomet pour la très jeune Aïcha n’est pas une hypothèse en islam car c’est bien ce que mentionnent les textes sacrés musulmans eux-mêmes, de façon incontestée dans le monde musulman, y compris chez les imams les plus attentifs à la défense de la mémoire du « modèle » Mahomet (en particulier au Moyen-Orient, comme avec Yusuf Al Qaradawi). Pour l’islam, le penchant sexuel de Mahomet pour une enfant pré pubère ne fait aucun doute et constitue même un fait religieux majeur, Aïcha étant par ailleurs l’épouse préférée de Mahomet et ayant joué un rôle important dans l’évolution de cette religion. C’est une autre la raison qui explique pourquoi les mariages de très petites filles sont encore autorisés, ou de facto acceptés, dans certains pays musulmans.

Les arguments de la Cour évoquant un fondement factuel finalement insuffisant du propos (« made a value judgement without sufficient factual basis. Even if they were to be classified as factual statements, she had failed to adduce any evidence to that end. ») sont incohérents avec la position même de l’islam puisque les musulmans eux-mêmes admettent ce fait. Évidemment consciente de cette situation, la C.E.D.H. mélange de façon habile et peu claire la question de la pédophilie avec un prétendu doute sur les faits pour statuer que l’opinion émise (la qualification de pédophilie, qui n’est qu’une opinion), portant sur des faits non avérés (ce qui est faux), ne peut donc pas être couverte par le droit à la liberté d’expression (« the Court had held that statements which were based on (manifestly) untrue facts did not enjoy the protection of Article 10 »).

  • Pédophilie ou pas, est-ce important ?

La Cour s’emploie à tenter de déqualifier le caractère pédophile de cette relation sexuelle (« The domestic courts made a distinction between child marriages and paedophilia ») en faisant remarquer que celle-ci intervenait dans le cadre d’un mariage et que celui-ci a duré jusqu’à la mort de ce dernier (« the applicant had disregarded the fact that the marriage with Aisha had contin­ued until the Prophet’s death, when she had already turned eighteen and had therefore passed the age of puberty »). Il est vrai que la pédophilie moderne est définie aujourd’hui plutôt par la multiplicité des relations (« the impugned statements had not been phrased in a neutral manner aimed at being an objective contribution to a public debate concern­ing child marriages but rather amounted to a gener­alisation without factual basis »). Néanmoins, les frontières sont floues et souvenons-nous de « Lolita » de Vladimir Nabokov avec une fascination tout à fait focalisée.

En réalité, tout ceci n’a guère d’importance puisque ce qui pose problème ici à la Cour, ce n’est pas la pédophilie de Mahomet mais tout simplement l’attaque frontale de Mahomet en tant que Prophète et modèle de tous les musulmans (« aimed at demonstrat­ing that Muhammad was not a worthy subject of worship », « an abusive attack on the Prophet of Islam »). Or, de ce point de vue, la question est réglée depuis longtemps, indépendamment du dégoût que peut inspirer une telle relation d’un cinquantenaire profitant des faveurs sexuelles d’une fillette : il suffit de lire la biographie de Mahomet reconnue dans tout le monde musulman, celle d’Ibn Hîsham (IXème siècle). Au demeurant, il est cocasse de remarquer en matière sexuelle que Mahomet a bafoué lui-même la règle du maximum de quatre épouses simultanées qu’il avait lui-même instituée et qu’on retrouve dans le Coran, puisqu’il a eu jusqu’à 11 femmes en même temps, ce qui est la preuve d’un évident désordre du côté du bas-ventre.

  • Pour éviter la guerre civile qui s’approche de l’Europe avec l’islam, protégeons l’islam !

La C.E.D.H. tente ainsi de qualifier d’incitation à l’intolérance religieuse l’opinion émise par la requérante (« the facts at issue contained elements of incitement to religious intolerance ») : pourtant, cet argument est absurde puisque ce ne sont justement pas les musulmans qui sont mis en cause mais seulement Mahomet en tant que modèle : il s’agit en effet de montrer à quiconque, musulmans et mécréants, l’inanité de voir un modèle dans un personnage au comportement moralement aussi détestable (et pour autant d’ailleurs que cet individu ait réellement existé comme il est écrit dans les textes sacrés musulmans car, historiquement, la question est hautement discutable…voir notamment les analyses historico-critiques de Jacqueline Chabbi).

La véritable préoccupation de la Cour, qui la conduit d’ailleurs à bafouer le droit légitime à une réelle liberté d’expression, est de protéger l’islam contre ses adversaires en Europe car la Cour sait que la remise en cause de Mahomet peut être perçue comme trop violente par des musulmans qui pour l’essentiel ne supportent guère la critique, surtout lorsqu’elle est occidentale. La Cour se fait ainsi la complice des musulmans en criminalisant de fait le droit au blasphème, comme d’ailleurs certains musulmans (cf. Tariq Ramadan) le demandent depuis des années.

La mise en œuvre de l’interdiction du blasphème prend ainsi en pratique la forme de l’interdiction d’émettre une opinion qui peut offenser les musulmans :

–  « the applicant could therefore not have assumed that there would only be like-minded people in the room but also people who might be offended by her state­ments. »

–  « the applicant’s statements had been likely to arouse justified indignation in Muslims »

La Cour préfère ainsi la lâcheté consistant à bafouer, sous des prétextes fallacieux, le droit à la liberté d’expression plutôt que de fonder une jurisprudence défendant ce droit légitime et qui devrait être imprescriptible afin de préserver encore un peu la paix civile, qu’elle qualifie elle-même assez curieusement de « paix religieuse » :

–  « evaluate which statements were likely to disturb the religious peace in their country »

–  « an abusive attack on the Prophet of Islam, which was capable of stirring up prejudice and putting at risk religious peace, »

–  « the rights of others to have their religious feelings protected, and to have religious peace preserved in Austrian »

Il semble donc bien que les peuples européens n’aient plus rien à attendre dans ce domaine du gouvernement des juges européens.

  • Les diktats judiciaires de Bruxelles (Strasbourg) vont-ils finir par mettre fin également à liberté d’expression en France ?

Les juges français affirmaient il y a peu avec bon sens (cf. http://islametoccident.fr/?p=4151 ) que« La liberté d’expression vaut non seulement pour les « informations » ou « idées » accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent » dans la mesure où « Le propos incriminé, s’il est outrageant, ne contient néanmoins pas, même sous une forme implicite, d’appel ou d’exhortation à la haine ou à la violence (…) » : combien de temps vont-ils encore tenir face à la démagogie bruxelloise ?

Déjà qu’il n’y a sans doute pas grand-chose à attendre d’une élite française particulièrement lâche comme mes échanges ces deux dernières années avec une vingtaine de personnalités politiques ou médiatiques du centre ou de droite m’ont conduit à la constater. Car si la quasi-totalité de ces personnalités (pour celles tout au moins qui ont un peu étudié la doctrine de l’islam…) sont finalement d’accord en privé sur l’absence de frontière doctrinale entre islam et islamisme, ainsi que le rappelle avec une constance irritante mais avec raison Eric Zemmour, aucune ne veut en faire état publiquement, soit par souci de ne pas être accusée d’être complice de ce dernier et d’être ostracisée par les médias gauchisés, soit parce par souci de ne pas être accusée de prêcher la guerre civile (sous couvert de « sagesse politique », la sagesse consistant souvent pour ces personnes à ne rien faire pour les Français dès lors que leur train de vie de privilégié n’en est pas affecté), soit tout simplement par peur physique, les deux plus récents exemples étant Luc Ferry (lundi 12 novembre 2018, en présence de François-Xavier Bellamy : « je tiens à la vie ») et Vladimir Federovsky (vendredi 23 novembre 2018, « Le jihad est bien dans le Coran et Mahomet est un islamiste, mais cela, on ne peut pas le dire »).

Le monde arabo-musulman peut-il ressortir de l’obscurité scientifique dans laquelle il est plongé depuis des siècles ?

La prétention de l’islam à détenir la vérité ou à être à la source de toute vérité – en particulier scientifique –, le Coran étant par essence un livre parfait donc supposé fonder toute vérité, fait partie des aberrations communes à certaines autres religions ou spiritualités. Cette prétention à la perfection ressort clairement du verset 88 de la sourate 17 : « Dis : même si les hommes et les djinns s’unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne sauraient produire rien de semblable, même s’ils se soutenaient les uns les autres ».

La lumière censée être apportée par le Coran a toujours été un marqueur symbolique de cette arrogance au point que des ouvrages publiés encore aujourd’hui en font leur titre, comme par exemple : « Le Coran livre de lumière » de Mohammed Yacine Kassab publié aux éditions Essalam en 2014.

L’émission de France 2 « Islam » du 9 septembre 2018 a été une nouvelle fois l’occasion de revenir sur ce phénomène à l’occasion d’une conférence sur la lumière faisant état d’un projet international situé en Jordanie auxquels les pays européens et les États-Unis participent en tant qu’observateurs :

France 2 Islam 180909 Apport civilisation musulmane 1 Extrait 1

Remontant à Mahomet, un des intervenants disserte au cours de cette émission avec une certaine emphase sur le verset 35 de la sourate 24 qui évoque l’image de la lumière : « Allah est la lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est semblable à une niche où se trouve une lampe. La lampe est dans un récipient de cristal et celui-ci ressemble à un astre de grand éclat ; son combustible vient d’un arbre béni ; un olivier ni oriental ni occidental dont l’huile semble éclairer sans même que le feu la touche. Lumière sur lumière. Allah guide vers sa lumière qui il veut. Allah propose aux hommes des paraboles et Allah est omniscient. » À vrai dire, difficile de tirer grand-chose de ce symbolisme assez banal.

France 2 Islam 180909 Apport civilisation musulmane 1 Extrait 2

L’histoire des sciences montre que la science arabo-musulmane n’a guère brillé dans le domaine scientifique depuis un millénaire, c’est-à-dire depuis les quelques savants des XIème ou XIIème siècle qui sont toujours cités en exemple, en particulier Ibn al-Haytham (avec l’extériorité des rayons lumineux par rapport à l’œil) et on peut légitimement s’interroger sur la réalité des travaux menés et des progrès réalisés dans cet institut contemporain, les savants arabes y travaillant « discrètement ».

France 2 Islam 180909 Apport civilisation musulmane 1 Extrait 3

Où sont dans le monde arabo-musulman, depuis mille ans, les équivalents des immenses scientifiques occidentaux qu’ont été Newton, Leibniz, Michelson-Morley, Poincaré, Einstein, Feynman, etc . ? Et surtout, pourquoi vouloir à toute force rattacher la science à la religion – idée saugrenue –, si ce n’est pour tenter désespérément de redorer le blason d’un islam qui n’a jamais favorisé l’esprit critique, et par voie de conséquence l’esprit scientifique ?

Le monde a-t-il changé depuis 4 ans ?

Article publié le 2 mai 2014 dans « Jeune Afrique » par Fawzia Zouari (écrivaine et journaliste tunisienne, docteur en littérature française et comparée à la Sorbonne)  : http://www.jeuneafrique.com/133421/politique/jour-de-col-re/

Il y a des jours où je regrette d’être née arabe. Les jours où je me réveille devant le spectacle de gueules hirsutes prêtes à massacrer au nom d’Allah et où je m’endors avec le bruit des explosions diffusées sur fond de versets coraniques. Les jours où je regarde les cadavres joncher les rues de Bagdad ou de Beyrouth par la faute des kamikazes ; où des cheikhs manchots et aveugles s’arrogent le droit d’émettre des fatwas parce qu’ils sont pleins comme des outres de haine et de sang ; où je vois des petites filles, les unes courir protéger de leur corps leur mère qu’on lapide, et les autres revêtir la robe de mariée à l’âge de 9 ans.

Et puis ces jours où j’entends des mamans chrétiennes confier en sanglotant que leur progéniture convertie à l’islam refuse de les toucher sous prétexte qu’elles sont impures. Quand j’entends pleurer ce père musulman parce qu’il ne sait pas pourquoi son garçon est allé se faire tuer en Syrie. À l’heure où celui-ci parade dans les faubourgs d’Alep, kalachnikov en bandoulière, en attendant de se repaître d’une gamine venue de la banlieue de Tunis ou de Londres, à qui l’on a fait croire que le viol est un laissez-passer pour le paradis.

Ces jours où je vois les Bill Gates dépenser leur argent pour les petits Africains et les François Pinault pour les artistes de leur continent, tandis que les cheikhs du Golfe dilapident leur fortune dans les casinos et les maisons de charme et qu’il ne vient pas à l’idée des nababs du Maghreb de penser au chômeur qui crève la faim, au poète qui vit en clandestin, à l’artiste qui n’a pas de quoi s’acheter un pinceau. Et tous ces croyants qui se prennent pour les inventeurs de la poudre alors qu’ils ne savent pas nouer une cravate, et je ne parle pas de leur incapacité à fabriquer une tablette ou une voiture. Les mêmes qui dénombrent les miracles de la science dans le Coran et sont dénués du plus petit savoir capable de faire reculer les maladies. Non ! L’Occident, ces prêcheurs pleins d’arrogance le vomissent, bien qu’ils ne puissent se passer de ses portables, de ses médicaments, de ses progrès en tous genres.

Et la cacophonie de ces « révolutions » qui tombent entre des mains obscurantistes comme le fruit de l’arbre. Ces islamistes qui parlent de démocratie et n’en croient pas un mot, qui clament le respect des femmes et les traitent en esclaves. Et ces gourdes qui se voilent et se courbent au lieu de flairer le piège, qui revendiquent le statut de coépouse, de complémentaire, de moins que rien ! Et ces « niqabées » qui, en Europe, prennent un malin plaisir à choquer le bon Gaulois ou le bon Belge comme si c’était une prouesse de sortir en scaphandrier ! Comme si c’était une manière de grandir l’islam que de le présenter dans ses atours les plus rétrogrades.

Ces jours, enfin, où je cherche le salut et ne le trouve nulle part, même pas auprès d’une élite intellectuelle arabe qui sévit sur les antennes et ignore le terrain, qui vitupère le jour et finit dans les bars la nuit, qui parle principes et se vend pour une poignée de dollars, qui fait du bruit et qui ne sert à rien !

Voilà, c’était mon quart d’heure de colère contre les miens. Ouf !

Vers une marche de la fierté musulmane ?

Pour faire resplendir la culture française dans le monde à l’occasion de la fête de la musique 2018, Brigitte Macron, sans doute imprégnée des valeurs catholiques universelles enseignées au Lycée jésuite Saint-Louis de Gonzague de Paris où elle fut professeur de français pendant 8 ans, a poussé son jeune mari à inviter dans le lieu hautement symbolique du palais de l’Élysée, plusieurs passeurs de musique électronique dont « Kiddy Smile » et ses danseurs. Rien ne semble avoir manqué à cette soirée festive, et personne ne vint troubler la fête alors qu’ils étaient en train.

Cette soirée, objet d’une promotion institutionnelle au plus haut sommet de l’État français, et que le monde entier nous envia, fut le prélude à la marche des fiertés inter-LGBT organisée quelques jours après à Paris et qui défendit haut et fort les nouvelles couleurs de la culture française dans le droit fil de Molière, Racine, Hugo, Balzac, Debussy, Ravel, la troupe de danse de l’Opéra Garnier, et de tant d’autres (NB : photos officielles 2017).

Face à cet aboutissement ultime et grandiose des valeurs de la société occidentale, il n’est pas impossible que les musulmans réclament un jour une marche de la fierté musulmane, sur une base sans doute toute différente si l’on en juge par ce rappel des valeurs largement partagées au sein de la communauté musulmane (ici par exemple en Norvège).

Normal muslims in Occidental country

Pas sûr que tous ces gens-là deviennent un jour copains comme cochons.

Langue arabe, langue d’élection

Parmi les grandes fiertés du monde musulman figure en bonne première place la langue arabe dont tout l’islam s’enorgueillit. Qui n’est pas arabisant et s’est déjà risqué à porter un jugement sur la doctrine de l’islam (comme cela m’est déjà arrivé à l’Institut du Monde Arabe à Paris) s’est déjà probablement retrouvé confronté à la vindicte des arabisants qui supportent en général très mal qu’un blanc-bec ose critiquer ou porter une jugement sur l’islam.

Mais pourquoi une telle agressivité alors que, par exemple, ce type d’argument linguistique n’est pas brandi à la face de tous ceux qui prétendent réfléchir sur le christianisme et qui ne comprennent pas le grec (puisque nous ne disposons que de versions en grec des quatre Évangiles) – sachant par ailleurs que beaucoup de musulmans dans le monde ne maîtrisent pas l’arabe, et encore moins les subtilités de l’arabe dialectal pratiqué au VIIème siècle dans la tribu des Quraych – ?

Tayeb Chouiref, par ailleurs intervenant régulier de l’émission de France 2 « Islam » du dimanche matin, évoque cette question dans le cadre d’un dialogue avec des musulmans.

Islam et langue arabe

Tayeb Chouiref reconnaît avec raison que « la réflexion sur le sens peut se faire dans n’importe quelle langue », même si, et cela est vrai pour n’importe quelle langue, « la langue arabe possède certaines qualités qu’une traduction ne pourra jamais rendre » – d’ailleurs, plutôt que de « qualités », il vaudrait mieux parler de « propriétés » –.

Mais Tayeb Chouiref maintient néanmoins la supériorité intrinsèque de l’arabe sur toute autre langue car l’arabe possèderait un « aspect sacré » et constituerait une « aide spirituelle » indispensable au croyant, sachant que l’islam est pour les musulmans « LA » religion, c’est-à-dire la seule vraie religion.

L’islam rejoint ici, mais de façon différente, le judaïsme – son frère ennemi – dans sa prétention insupportable à identifier une « élite » à laquelle Dieu aurait donné sa « bénédiction » et à laquelle il vouerait une attention paternelle particulière, justifiant ainsi un statut spirituel supérieur, laissant patauger le reste de l’humanité dans la médiocrité et l’égarement.

On comprend mieux alors pourquoi les musulmans sont si susceptibles sur le sujet de la langue arabe car se permettre de critiquer l’islam sans maîtriser l’arabe sur le bout des doigts, c’est à la fois nier cette supériorité de l’islam et des musulmans (clairement affirmée par le Coran) sur tous les autres hommes mais aussi dévaloriser un des rares motifs de fierté de l’islam, copie spirituellement appauvrie et déformée du judaïsme, les tribus bédouines d’Arabie – terre sainte de l’islam – n’ayant par ailleurs guère contribué à l’épanouissement et au progrès du monde.

Malek Chebel, penseur musulman disparu : un hommage à contre-cœur ?

  • L’hommage à Malek Chebel

Ghaleb Bencheikh, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2, a présenté en novembre 2017 deux émissions rendant hommage aux penseurs musulmans récemment disparus, parmi lesquels Malek Chebel, mort le 12 novembre 2016. Cet hommage télévisuel, d’une quinzaine de minutes, a insisté sur le caractère pacifique et ouvert de cette personnalité, et sur son désir de voir l’islam devenir un « islam des lumières ».  En voici un extrait :

France 2 Islam 171118 Figures 1 Malek Chebel

  • Une position bien différente un an avant

L’ennui est que Ghaleb Bencheikh faisait preuve un an auparavant de beaucoup moins d’enthousiasme, voire d’un certain mépris, pour Malek Chebel à l’occasion d’une conférence sur le thème de la « fatwa » :

Amis IMA Fatwa 161128 Malek Chebel

« Ça fait rappeler le titre d’un ouvrage : « 27 propositions pour réformer l’islam ». Et pourquoi pas 26, et pourquoi pas 28 ? Mais je ne dirais pas de qui parce qu’il y a un aphorisme du Prophète qui dit : « Ne parlez de vos défunts qu’en bien ». [large sourire joyeux et satisfait…] Donc, du coup, il n’est plus de monde et nous nous recueillons avec beaucoup d’émotion devant sa mémoire. »

  • Malek Chebel : un regard sans concession sur l’islam 

Ghaleb Bencheikh, on le voit, ne semble guère attristé par la mort de Malek Chebel (qu’il ne nomme même pas), et son attitude relève manifestement de l’hypocrisie et de la condescendance : quelle peut en être la raison ?

Au-delà de la rivalité médiatique qui a peut-être pu opposer les deux hommes, on peut s’interroger de façon plus générale sur la difficulté que les intellectuels musulmans ont à honorer avec sincérité la mémoire d’un des leurs lorsque celui-ci adresse aux musulmans et à la culture musulmane des critiques aussi féroces. En effet, Malek Chebel n’était vraiment pas tendre avec l’islam, au point qu’on peut se demander avec raison pourquoi il est resté musulman puisque de telles critiques de l’islam ne laissent guère envisager de voies de progrès possibles.

Voici un florilège de citations tirées des ouvrages de Malek Chebel :

« Le droit musulman ancien est, en l’état, non réformable. Il faut lui substituer un droit qui soit totalement affranchi des us et des coutumes bédouines. La difficulté est réelle car l’islam est le produit d’une société féodale, celle du Hedjaz, qui a fourni le cadre d’ensemble du droit familial, avec ses rites et ses pratiques. »

« L’école coranique où l’on égrène à longueur de journées des sourates et des versets, sans les comprendre et sans les relier à un contexte historique, est, de ce point de vue, la caricature de l’apprentissage mécanique. Sortir de cette méthode répétitive est en soi considéré comme un début explicite d’indiscipline, et parfois de vaine spéculation. »

« L’une des caractéristiques actuelles de la pensée en islam est d’être univoque. Mais lorsqu’on dit « univoque », il faut entendre le mot au sens immédiat du terme et non pas de manière métaphorique ou distanciée. Très distinctement, l’esprit musulman d’aujourd’hui répugne à se voir reprocher, même avec doigté, l’absurdité logique de telle pensée anachronique ou fossile, surtout si elle a été codifiée par le Coran ou la sharia. »

« Pour le croyant islamoïde, l’islam se situe au-dessus et en dehors de la critique humaine. Pour lui, la doxa ne peut être questionnée, ni dans sa généralité ni dans son détail, car cela mettrait en péril tout l’édifice de la croyance. Le comportement « islamoïde » consiste donc à rejeter en bloc toute innovation inconvenante, tout en donnant le change à quiconque s’avise de critiquer tel ou tel précepte islamique. À ce sujet borné, l’islam n’offre que des avantages : une religion divine, avec un prophète d’une sagesse à toute épreuve et une histoire arabo-islamique flamboyante. »

« Pour les autorités religieuses, il ne peut pas y avoir de liberté en dehors du dogme lui-même, ce qui revient à dire qu’il n’y a pas de liberté du tout, hormis évidemment celle qui consiste à suivre la voie telle qu’elle a été tracée depuis des lustres. »

« J’apporte du crédit à ceux qui soutiennent que les musulmans d’aujourd’hui n’ont qu’une aptitude limitée à l’autocritique. »

« L’attitude du croyant musulman vis-à-vis du corpus coranique a toujours été empreinte d’exaltation et de respect, ce qui l’empêche d’affronter les nouvelles idées. »

« À l’étudiant qui s’engage dans les études religieuses, le talib, on demande surtout une capacité d’assimilation passive des textes et de la tradition, sans aucun recul. »

« Celui qui analyse les difficultés que rencontrent aujourd’hui l’islam et les musulmans est frappé par la faiblesse de la pénétration de la pensée rationnelle dans la pensée religieuse. »

« Seul Dieu (étant le Ghafur, « celui qui est enclin au pardon ») est en mesure de pardonner les fautes à celui qui, ayant péché, accepte de s’incliner et de revenir à la raison. Ce pardon est toutefois soumis au fait que le repentant écoute de nouveau avec ferveur et assiduité les enseignements de la tradition et se comporte avec l’humilité qui sied aux repentants. Le Coran développe l’idée de la « crainte de Dieu » à travers une centaine de versets. »

« Il est très probable que la dualité bien/mal a accompagné l’épopée humaine depuis le début. Le Coran n’entre pas dans de telles spéculations, mais la personnalité du bon croyant est très distincte – tout en étant parfaitement ciselée – de celle du mauvais croyant. »

« Pour que l’islam trouve le chemin de la respectabilité et qu’il puisse devenir, comme par le passé, le garant de la promotion individuelle, il faudrait idéalement abolir tout simplement la notion de fatwa. »

« Que l’imam puisse disposer d’un droit si exorbitant [la fatwa] montre tout simplement que l’État de droit n’existe pas et que le déni de justice peut en effet devenir la règle. (…) Les musulmans sont-ils en mesure aujourd’hui de passer immédiatement à l’étape supérieure, à savoir déclarer irrecevable toute plainte devant un tribunal qui vise à condamner un individu ayant offensé Dieu ou tout autre entité supra-humaine ? »

« L’apostasie est avérée à partir du moment où le philosophe sort de la logique coranique, ou prétend que le Coran est une création humaine, ce qui revient à nier l’existence de Dieu, à être déicide. »

« Il faut savoir que le Coran est, en lui-même, un discours constitué sur Dieu et de Dieu sur l’homme. Cela explique la pauvreté relative de l’acte philosophique en islam, cantonné malgré lui à une histoire amplifiée des idées et à une spéculation molle sur les fins dernières. »

« Les religieux sont unanimes : le seul pouvoir possible en islam est celui qui se réclame de Dieu, étant donné qu’il est le créateur de toute chose. »

« Je suis frappé par l’emprise phénoménale que les religieux ont sur la société, et plus particulièrement sur les couches sociales démunies. Du reste l’étau de fer dans lequel se trouve la société arabe, perse ou indonésienne, n’est pas prêt de se desserrer, car la corporation des religieux a compris depuis longtemps que l’élévation du niveau de vie et surtout l’acquisition de connaissances rationnelles – les deux fers de lance du progrès humain – sont deux des facteurs qui limitent son influence. »

« Tout lien avec un infidèle ou un incroyant est considéré comme une compassion pour ses idées, et parfois comme une adhésion pure et simple. Dieu défend aux croyants de se lier avec les infidèles. »

« Il est un aspect que l’on évoque pratiquement jamais : pour que la tolérance vis-à-vis d’autrui devienne une réalité, il faut que le musulman la cultive autant qu’il l’exige des autres. (…) Si les musulmans veulent que leur religion soit honorée et respectée en Occident (…), il faut qu’ils soient capables d’accepter dans les pays où l’islam est dominant une tolérance équivalente pour les autres religions. (…) Une mosquée en France, soit. Mais une église en Arabie Saoudite ? (…) Aller et venir sans difficulté aucune, soit, y compris au Vatican, mais pourquoi le territoire de l’Arabie serait-il strictement interdit aux non-musulmans ? »

« La jurisprudence sur la femme, que ce soit la sharia ou les mentalités collectives, lui est extrêmement défavorable. Le but non avoué de toute cette armada de textes consiste à maintenir la femme dans une position inférieure à l’homme sous le prétexte que celui-ci subvient à ses besoins matériels. »

« Répudiation, polygamie, mariages forcés (et surtout mariages précoces à onze ou treize ans), rapts de jeunes filles, dénigrement des mères célibataires et assassinats perpétrés au nom de l’honneur, voilà quelques aspects – flagrants – de l’infériorité juridique de la femme musulmane par rapport à l’homme, une infériorité fondée – telle est la thèse fondamentaliste – sur le caractère ondoyant et limité de la nature féminine. »

« L’une des raisons que prône les défenseurs de la polygamie est la différence d’inclination et d’étendue de la fonction sexuelle chez l’homme et chez la femme. (…) »

« Le phénomène qui touche au voilement des femmes dans la plupart des pays arabes sous influence wahhabite est spectaculaire. Le paradoxe fait ainsi que le voile est l’une des opportunités pour la femme de s’arroger des droits nouveaux (conduire la voiture, aller au travail), et qu’elle ne l’aurait guère défendu sans cela. Sans aller jusqu’à soutenir que le voile est la condition de l’émancipation des femmes dans ces pays-là, il est indéniable que sans ce fichu sur la tête, il est aujourd’hui inconcevable dans nombre de pays musulmans pour la femme de réclamer le moindre privilège. C’est l’une des explications, au-delà de la foi bien sûr, qui pousse des femmes musulmanes à se rapprocher du modèle social dominant, celui de la non-mixité de fait et du marquage violent de séparation des sexes. »

« Autre phénomène préoccupant, certaines musulmanes européennes, elles-mêmes converties ou ayant épousé des musulmans très conservateurs, voilées de pied en cap, poussent le zèle et la bigoterie jusqu’à se grillager les yeux et se couvrir les mains de gants noirs. Ce symbolisme du noir est d’ailleurs abbasside, donc en grande partie chiite et non pas sunnite, ce qui souligne, outre l’origine géographique de l’idéologie en question, l’impossible distance des femmes voilées vis-à-vis de leurs propres pratiques. Une telle attitude les met au ban de la communauté nationale et les rend suspects aux yeux de la plupart des autres musulmans, à commencer par celles qui se refusent à un tel simulacre. D’ailleurs, aucun verset coranique ne préconise un tel vêtement et la Tradition est relativement muette quant au voile porté par les premières musulmanes. (…) Au fond, c’est la croyance de quelques tribus arriérées qui, en s’imposant aux villes, est devenue le vecteur d’une idéologie de séparation et de pureté préconisée par les mouvements intégristes. Dans ce cas de figure, l’ostentation leur suffit, car elle tient lieu de politique. »

« Pour une religion qui se construisait à partir de maigres ressources, il était obligatoire que la question du butin et des acquis soit traitée dès le début. C’est exactement ce que fait le Coran en rappelant les éléments d’appréciation de ces gains, leur distribution et la liste des personnes prioritaires qui en bénéficient. »

« Toute la difficulté de l’émergence du sujet en terre d’islam vient du fait que la communauté musulmane, hier libératrice, aujourd’hui contraignante, est le seul modèle qui ait jamais servi à penser la pluralité sociale. »

« La proposition consistant à rappeler la prééminence de l’individu sur la communauté relève encore de l’utopie, car l’essence sociale de l’islam est communautaire. »

« Le blasphème (tajdif) en islam est double : le fait d’associer un autre dieu à Allah et, coextensif, le fait d’alimenter une telle éventualité, soit par écrit, soit par oral. Dans le Coran, le mot « blasphème » est plus induit qu’employé explicitement. (…) Ceux qui blasphèment sont donc essentiellement ceux qui méconnaissent l’entité divine et ses attributs. (…) Plus tard, le blasphème s’est également étendu à l’entité prophétique, au sens où la moindre récusation de celle-ci rejaillit sur tout l’islam, et en particulier sur le Coran, la parole de Dieu, et sur Allah lui-même. »

« L’interdiction du vin est pourtant ambiguë, car le Coran en fait un bien paradisiaque que seuls les bons croyants obtiennent dans l’au-delà. »

« Trop longtemps demeurés sur le bas-côté de la route, les musulmans n’ont pas été – c’est le moins que l’on puisse dire – des acteurs du progrès technologique moderne. Le monde musulman contemporain n’a rien inventé qui puisse susciter l’admiration. (…) Dans l’évaluation générale réalisée par l’ONU sur le développement durable des nations, les pays du bloc arabo-musulman se présentent (avec quelques nuances) parmi les derniers du peloton des États qui investissent dans la formation et l’éducation. »

« Dans beaucoup de cas, on constate que les strates populaires sont restées en dehors de toute idée de progrès, allant jusqu’à magnifier la vie du chamelier pour mieux se complaire dans une fausse promotion. Elles n’ont tout simplement jamais connu le monde féroce du travail tel qu’on le voit aujourd’hui dans les usines du monde occidental. Que constate-t-on aujourd’hui ? Que le travail est particulièrement dénigré, tandis que la division économique de cette activité est demeurée presqu’en l’état depuis plusieurs siècles, et cela dans la plupart des pays de la ceinture sud de l’islam. Le maître ordonne à son contremaître d’exécuter une tâche que celui-ci délègue à son second, lequel l’exige du petit personnel, souvent étranger, qui l’effectue sans barguigner, car il risque de se voir congédier sans compensation particulière. »