Marie Théotokos : un énorme blasphème

  • Une expression bien surprenante

Dans une conférence organisée à l’Institut du Monde Arabe en septembre 2016 sur le thème du mot « islam », Ghaleb Bencheikh, présentateur habituel de l’émission hebdomadaire « Islam » sur France 2 et personnalité musulmane régulièrement invitée en France dans des conférences portant sur l’islam, a blasphémé en reprenant à son compte l’idée chrétienne que Marie est effectivement la mère de Dieu et non, comme le veut l’islam, d’un simple prophète.

Amis IMA Islam 160905 Marie Theotokos

« Marie est musulmane » : « Marie est pacifiée, elle s’est remise à Dieu dans la confiance, en consentant d’être, si je parlais comme les orthodoxes, « Marie Théotokos », « Marie, mère de Dieu » ».

Compte tenu de sa grande culture, on peut penser que cette envolée lyrique dont Ghaleb Bencheikh a le secret (il met également dans la bouche de Mahomet les paroles du Christ à l’occasion d’une autre conférence, ce qui est proprement une absurdité et une aberration) lui a échappé, mais cela donne l’occasion d’une mise au point sur le sujet de la place de Jésus dans l’islam, source d’une grande confusion, y compris chez nombre de musulmans qui commettent l’erreur de croire que musulmans et chrétiens ont le même dieu.

  • L’islam réfute farouchement l’idée chrétienne d’incarnation

Le terme grec « théotokos » veut dire « qui a enfanté Dieu » car dans le christianisme Marie est effectivement non la mère d’un simple prophète mais bien la mère de Dieu incarné, l’incarnation de Dieu étant le mystère central du christianisme. Sans l’incarnation, il n’y a plus de christianisme.

Cette incarnation, « en vue » de la crucifixion et de la rédemption et totalement inexplicable même pour les chrétiens, est incompréhensible et inacceptable pour l’islam dans le cadre de sa rationalité élémentaire et « enfantine » où la religion se résume à une spiritualité assez pauvre structurée par une profession de foi (« shahada ») rudimentaire, quelques autres « piliers » et une multitude de rituels qui font de l’islam une « praxis » et une soumission totalement ancrée dans le quotidien.

Le Jésus des chrétiens les rend ainsi coupables aux yeux de l’islam du plus grand crime qui soit, l’associationnisme, c’est-à-dire le fait d’associer à Allah, dieu unique, un autre dieu, Jésus prétendument son fils (sans parler du Saint Esprit, troisième face de la Sainte Trinité) :

Coran, sourate 4, verset 171. Ô chrétiens, ne soyez pas extravagants dans votre religion et ne dites, d’Allah, que la vérité. Le Messie Jésus, fils de Marie, n’est qu’un messager d’Allah, Sa parole qu’Il envoya à Marie sous forme d’un un souffle de vie. Croyez donc en Allah et en Ses messagers. Ne dites pas : « Trois ». Cessez ! Ce sera mieux pour vous. Allah est un Dieu unique. Il est trop glorieux pour avoir un fils. C’est à Lui qu’appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Allah suffit comme protecteur.

Pour l’islam, Jésus est seulement un prophète parmi les 5 que compte l’histoire du monde :

Coran, sourate 33, versets 7 et 8. Lorsque Nous prîmes des prophètes leur engagement, de même que de toi[Mahomet], de Noé, d’Abraham, de Moïse, et de Jésus fils de Marie, Nous avons pris d’eux un engagement solennel, afin [qu’Allah] interroge les véridiques sur leur sincérité. Et Il a préparé aux infidèles un châtiment douloureux.

Coran, sourate 42, verset 13. Il [Allah] a légiféré en matière de religion, et a enjoint à Noé, ce que Nous t’avons révélé, ainsi que ce que Nous avons enjoint à Abraham, à Moïse et à Jésus : « Établissez la religion ; n’en faites pas un sujet de division ». Ce à quoi tu appelles les associateurs leur parait énorme. Allah élit et rapproche de Lui qui Il veut et guide vers Lui celui qui se repent.

Vous trouverez sur ce site de nombreuses autres références du Coran signifiant le rejet de la doctrine de l’incarnation pages 148 et 149 du « Livret musulman de premier secours » ( http://islametoccident.fr/wp-content/uploads/2016/10/Livret-musulman-27-juillet-2016.pdf ) ou encore une mise au point intéressante d’Ibn Taymiyya (article  http://islametoccident.fr/?p=3779 ).

  • Jésus, figure centrale de l’islam

Pourtant, Jésus (« Issa » dans le Coran) reste paradoxalement une figure centrale de l’islam, apparemment même bien plus considérable que celle de Mahomet, qui n’est finalement qu’un prophète comme un autre (sauf qu’il est prétendument le dernier).

Pour l’islam, le prophète Jésus est en effet un miracle illustre pour l’univers :

Coran, sourate 19, versets 27 à 30. Puis elle vint auprès des siens en le portant [le bébé]. Ils dirent : « Ô Marie, tu as fait une chose monstrueuse ! Sœur de Haroun, ton père n’était pas un homme de mal et ta mère n’était pas une prostituée ». Elle fit alors un signe vers lui [le bébé]. Ils dirent : « Comment parlerions-nous à un bébé au berceau ? » Mais (le bébé) dit : « Je suis vraiment le serviteur d’Allah. Il m’a donné le Livre et m’a désigné Prophète. »

Coran, sourate 3, verset 45. (Rappelle-toi,) quand les Anges dirent : « Ô Marie, voilà qu’Allah t’annonce une parole de Sa part : son nom sera « al-Masih », « Issa », fils de Marie, illustre ici-bas comme dans l’au-delà, et l’un des rapprochés d’Allah. »

Coran, sourate 21, verset 91. Et celle [la vierge Marie] qui avait préservé sa chasteté ! Nous insufflâmes en elle un souffle (de vie) venant de Nous et fîmes d’elle ainsi que de son fils, un signe [miracle] pour l’univers.

Par conséquent, s’il était encore acceptable que Mahomet mourût d’un mal inconnu dans des conditions banales, il était inconcevable que Jésus ait pu mourir dans l’infamie, crucifié comme un vulgaire voleur. Aussi, le Coran précise que c’est Allah qui a rappelé à lui Jésus et la Tradition musulmane explique que c’est un sosie qui a été crucifié en lieu et place de Jésus :

Coran, sourate 3, verset 55. (Rappelle-toi) quand Allah dit : « Ô Jésus, certes, Je vais mettre fin à ta vie terrestre t’élever vers Moi, te débarrasser de ceux qui n’ont pas cru et mettre jusqu’au Jour de la Résurrection, ceux qui te suivent au-dessus de ceux qui ne croient pas. Puis, c’est vers Moi que sera votre retour, et Je jugerai, entre vous, ce sur quoi vous vous opposiez. »

Coran, sourate 4, verset 157. et à cause leur parole : « Nous avons vraiment tué le Christ, Jésus, fils de Marie, le Messager d’Allah » … Or, ils ne l’ont ni tué ni crucifié ; ce n’était qu’un faux semblant ! Et ceux qui ont discuté à son sujet sont vraiment dans l’incertitude : ils n’en ont aucune connaissance certaine, ils ne font que suivre des conjectures et ils ne l’ont certainement pas tué.

En effet, l’islam reprenant à son compte la tradition monothéiste pour se situer dans la légitimité de cette filiation, essaie d’intégrer dans sa vision les éléments eschatologiques antérieurs : fin du monde, combat contre l’Antéchrist (« Al Masih ad Dajjal »), etc. Mais dans ce capharnaüm eschatologique, la situation est plutôt confuse car le Coran ne parle de l’Antéchrist et du retour de Jésus que de manière indirecte et allusive. Il faut se référer à la Tradition (Sunna) pour retrouver ces références, ainsi concernant le retour de Jésus par exemple :

Hadith Bukhari n°2222 (sahih, voir aussi n°2476) : « D’après Abû Hurayra, l’Envoyé de Dieu a dit : « J’en jure par ce lui qui tient mon âme entre Ses mains, il s’en faut de bien peu pour que le fils de Marie descende parmi vous comme un juge équitable. Il brisera la croix, tuera les porcs, fera disparaître les capitation et fera déborder la richesse au point que personne n’en voudra plus ». »

Hadith Abu Dawud n°4321 (sahih) : « L’Envoyé de Dieu mentionna l’Antéchrist qui disait : (…). Alors Jésus le fils de Marie descendra sur le minaret blanc à l’est de Damas. Il attrapera l’Antéchrist à la porte de Ludd et le tuera. »

Par ailleurs, le retour du prophète Jésus est aussi l’occasion de renvoyer définitivement dos à dos chrétiens et juifs : les chrétiens, pour leur abominable associationnisme ; les juifs, pour le crime qu’ils ont commis en trahissant la confiance qu’Allah avait placée en eux (cf. notamment le début de la sourate 17, « le voyage nocturne »), en interrompant la mission de Jésus et en rejetant la venue de Mahomet.

Pour ces multiples raisons, le ressentiment de l’islam vis-à-vis des juifs – qui alimente un antisémitisme viscéral – est particulièrement manifeste dans le Coran et dans la Tradition, ceux-ci étant également cités comme présents aux côtés de l’Antéchrist à l’heure ultime :

Hadith Muslim n°2944 (sahih) : « Anas ibn Malik a rapporté que l’Envoyé de Dieu a dit : « L’Antéchrist sera suivi par 70.000 juifs d’Isfahan portant des châles perses. »

Au final, rien d’étonnant donc dans le hadith qui suit, pourtant épouvantable, bien connu et reconnu comme authentique dans le monde musulman :

Hadith Muslim (n°2922) : « D’après Abû Hurayra, l’Envoyé d’Allah a dit : « L’Heure Suprême ne se dressera pas avant que les musulmans ne combattent les juifs. Les musulmans tueront les juifs jusqu’à ce que les rescapés de ces derniers se réfugient derrière les pierres et les arbres qui appelleront alors le musulman en disant : « Ô musulman ! Ô serviteur d’Allah ! Voilà un juif derrière moi, viens le tuer ! », exception faite de l’arbre dit Al-Gharqad qui est l’arbre des juifs ». »

  • Conclusion

L’expression « Marie Théotokos » est un blasphème intolérable pour tout musulman orthodoxe et qui connaît un tant soit peu sa religion. Alors même que l’islam rejette absolument et viscéralement toute idée d’incarnation, la confusion sur la place de Jésus en islam semble entretenue à dessein par la takiyya de certains imams ou intellectuels en Occident afin de faire accroire l’idée que chrétiens et musulmans auraient au bout du compte le même Dieu et donc pourraient s’entendre, que l’islam serait compatible avec l’Europe historiquement chrétienne, alors même que l’opposition doctrinale entre les deux religions est naturellement frontale depuis des siècles et qu’aucun rapprochement ne sera jamais possible.

L’insupportable prétention du judaïsme

L’émission « Judaïca » de France 2 du 3 décembre 2017 a été l’occasion de revenir de façon tout à fait intéressante sur les rapports compliqués entre les Grecs et les juifs dans l’Antiquité. Le rabbin Raphaël Sadin explique que l’inimitié grecque vis-à-vis du judaïsme trouve son origine dans la prétention des juifs à être le centre du monde, prétention fondée sur un passage de la Bible (traduction de la Bible de Jérusalem) :

Jérémie 33, 25 & 26. Ainsi parle Yahvé : Si je [c’est Dieu qui parle] n’ai pas créé le jour et la nuit et établi les lois du ciel et de la terre, alors je rejetterai la descendance de Jacob et de David mon serviteur et cesserai de prendre parmi ses descendants ceux qui gouverneront la postérité d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ! (…)

Ce passage, un peu obscur, est difficile à traduire car il s’insère, comme le rappelle Thomas Römer, dans « un livre [Jérémie] qui invite le lecteur à un parcours compliqué, dans lequel alternent les annonces de jugement, les récits sur le jugement réalisé, des oracles proclamant un salut à venir, ainsi que de récits sur une vie possible dans le pays. Mais la fin du livre revient à la destruction de Jérusalem et à l’exil babylonien, établissant ainsi un parallèle explicite avec la fin du livre des Rois. »

L’interprétation juive du texte originel conduit à une traduction plus simple : « Si ce n’était pour l’étude approfondie de Mon Alliance [c’est-à-dire la Torah] nuit et jour, je cesserais de fixer les lois du ciel et de la terre », ce qui revient finalement à, comme évoqué dans l’émission : « Si ce n’était pas mon alliance avec Israël, je n’aurais pas créé le monde [l’univers] ». Ainsi, l’univers n’a été créé que pour la Torah et ne continue à exister que pour autant qu’Israël continue à s’adonner à son étude.

 

France 2 Judaica 171203 Hanouka Extrait

En effet, l’exégèse juive (midrash, zohar) enseigne que l’idée de l’existence d’Israël a précédé toute la création et que Dieu a fixé une condition à la création de l’univers et à son maintien : qu’Israël accepte la Torah et l’étudie ; sinon, l’univers retournera au tohu-bohu.

Le rabbin Raphaël Sadin reconnaît la suprême insolence de cette prétention juive qui fonde le principe de l’« élection », avec l’idée qu’« il peut exister au sein d’une communauté humaine une façon de vivre, d’exister, de donner sens, qui, en dernière instance, donne sens à tout l’univers, mais qui n’est pas partageable ».

Les chrétiens n’ont pas de raison fondamentale de se sentir offensés par cette prétention puisqu’eux-mêmes s’inscrivent dans son prolongement par l’affirmation que Jésus est le Messie annoncé par les Écritures juives, les chrétiens abandonnant par ailleurs l’idée de l’élection pour annoncer la Bonne Nouvelle à tous, juifs et non-juifs.

En revanche, la perception de l’islam est par définition très différente et on comprend assez facilement qu’elle puisse être à la source de l’antisémitisme viscéral qu’on retrouve dans la doctrine de l’islam : d’une part, les arabo-musulmans prétendent descendre d’Ismaël, demi-frère bâtard d’Isaac puisque fils d’Abraham et d’une servante (et non femme légitime) – l’alliance de Dieu avec les hommes ne passant que par Isaac –, ce qui est une situation évidemment très inconfortable en terme de prestige et sur laquelle les imams sont peu prolixes (jusqu’à aller parfois comme on l’a vu jusqu’au mensonge cf. le sacrifice d’Abraham http://islametoccident.fr/?p=3758 ) ; d’autre part, l’islam se fonde pour l’essentiel sur la spiritualité et les règles juives sans y apporter de nouveauté spirituelle qui pourrait justifier sa prétention à dépasser la révélation juive, et encore moins sa prétention à clore le cycle des révélations.

Quant aux autres groupes humains (bouddhistes, agnostiques, athées, etc.), si cette arrogance juive peut agacer, elle n’est finalement que de peu d’importance pour eux puisque, de toutes les façons, ils ne croient pas un mot de toute cette histoire juive.

Jérusalem : que se cache-t-il derrière la comédie hypocrite de la diplomatie ?

Le récent veto américain au projet de résolution du Conseil de sécurité de l’ONU contre la décision des États-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël et d’y transférer son ambassade, puis la décision du président du Guatemala de faire de même, ont de nouveau fait hurler les sirènes de la bien-pensance mondiale et notamment française, la France n’étant généralement guère en reste dans ce domaine. Car ce que personne n’évoque jamais vraiment à propos de cette question, dans l’ensemble des enjeux complexes qu’elle soulève, c’est la nature profonde du conflit israëlo-palestinien qui constitue le décor d’arrière-plan de cette comédie diplomatique, conflit qui est en réalité un conflit religieux islamo-juif, où les chrétiens sont d’ailleurs curieusement absents.

La reconnaissance de Jérusalem comme capitale provoque-t-elle un émoi particulier chez les chrétiens à l’instar de celui du monde musulman, alors même que le christianisme pourrait se sentir concerné tout autant (voire beaucoup plus d’ailleurs) que l’islam par le statut de cette ville ? Que nenni. Alors pourquoi trouver normal que le monde musulman soit choqué, jusqu’à excuser par avance de futurs accès de violence ?

Jérusalem est depuis longtemps la capitale spirituelle du judaïsme, et a d’ailleurs été celle de l’islam, du moins jusqu’au jour où Mahomet – comme nous l’indique clairement la biographie d’Ibn Hîcham (incontestée en islam) –, incapable de rallier à lui à Médine les juifs dont il avait pour l’essentiel copié la religion, a décidé de s’en débarrasser en les chassant ou en les exterminant par égorgement, nouvelle ère marquée par le changement direction de la prière, cette fois en direction de La Mecque.

Ce transfert aurait dû justement faciliter la désacralisation aux yeux de l’islam de Jérusalem. Mais dans les monde de la religion et de l’idéologie, il n’en va pas ainsi. Pour abattre à long terme son frère ennemi sur le champ de bataille spirituel, l’islam avait besoin d’affaiblir en la ruinant la spécificité du judaïsme, ce qui passait par la profanation du sanctuaire spirituel et symbolique que Jérusalem constituait pour le judaïsme, car cette profanation dépossédait de facto le judaïsme de sa spécificité et de sa valeur unique.

L’islam se réclamant ouvertement du monothéisme abrahamique, il n’était en effet pas possible de détruire Jérusalem à la mode romaine. Mahomet a sans doute très bien compris l’importance politique de cette démarche, beaucoup plus subtile, sournoise mais efficace à long terme. Et donner au judaïsme un statut de martyr aux yeux du monde à venir était à éviter. Ainsi, dès le départ de sa prédication, Mahomet a veillé à saper d’avance la primauté spirituelle du judaïsme sur l’islam. 

L’invention ad hoc et merveilleuse par Mahomet de son extravagant voyage nocturne à Jérusalem sur un cheval ailé (puis au ciel) est une habile manœuvre politique qui permet depuis lors à l’islam de contester fondamentalement au judaïsme (et donc aujourd’hui à Israël) sa primauté spirituelle dans le monothéisme abrahamique, et par voie de conséquence toute affirmation d’une revendication communautaire juive, la promesse d’ancrage dans une terre étant une preuve d’existence beaucoup plus forte qu’une longue errance. Pourtant, c’est bien par Isaac, ancêtre du peuple juif, et non par Ismaël, fils illégitime et bâtard d’Abraham et ancêtre du peuple arabe, que passe l’alliance de Dieu avec les hommes : l’islam, frère ennemi congénital du judaïsme, n’y pourra jamais rien. Allah l’a voulu ainsi.

Le conflit israëlo-palestinien n’est-il ainsi qu’une des formes modernes de cristallisation de l’inextinguible conflit religieux islamo-juif, autrement plus fondamental et durable qu’un simple conflit politique ? Ôtez la religion du conflit israélo-palestinien, que reste-t-il ? A priori pas grand-chose.

De l’inutilité du dialogue religieux islamo-juif ?

  • Contexte

Après une émission récente rappelant la proximité du judaïsme et de l’islam http://islametoccident.fr/?p=3842 par la mise en valeur de leur origine commune au travers d’Abraham, l’émission Judaica du dimanche matin sur France 2 du 12 septembre 2017 a poursuivi dans le même esprit à l’occasion de la publication d’un livre écrit par une rabbine et un musulman : « Des milles et une façons d’être juif ou musulman ». 

Josy Eisenberg présente en effet ce dialogue comme « une rencontre très agréable entre ces deux religions », un peu comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

France 2 Judaisme 171112 Extrait 1

Mais de quoi s’est-il agi au juste ?

  • Un contenu décevant

Cette émission semblait prometteuse puisque la rabbine annonçait clairement que l’objectif était d’ « aborder toutes les questions qui fâchent ».

France 2 Judaisme 171112 Extrait 2

Las… Malheureusement, il s’est agi pour l’essentiel d’un échange philosophico-sociologico-religieux œcuménique et très politiquement correct, et qui s’est tenu bien loin des sujets tels que, par exemple, l’antisémitisme profond de l’islam, la motivation doctrinale et politique du massacre d’une bonne partie des juifs de Médine par Mahomet (modèle de tous les musulmans), la question du véritable apport spirituel de l’islam par rapport au judaïsme, la problématique du discours coranique pour l’essentiel haineux vis-à-vis des juifs, etc.

France 2 Judaisme 171112 Extrait 3

Au-delà de la tonalité générale de cette émission assez aseptisée, on peut revenir sur quelques points mentionnés dans les échanges.

L’intervenant musulman indique que « dans le Coran, le fils [Isaac] n’est pas nommé parce que ce n’est pas cela qui est important ». Au contraire, cette mention du nom d’Isaac est absolument fondamentale puisque l’alliance de Dieu passe par Isaac exclusivement au détriment d’Ismaël, bâtard illégitime d’Abraham puisque fruit d’une relation ancillaire. Il est assez étonnant que Josy Eisenberg n’ait pas réagi alors que c’est la racine même de la relation du peuple juif avec Dieu qui est ainsi relativisée et donc minorée par l’islam au travers du Coran.

France 2 Judaisme 171112 Extrait 4

S’agissant de la question des femmes, celle-ci est circonscrite pour l’essentiel à la place de la femme dans la religion (rabbine, imame), le problème plus général et beaucoup plus important du statut doctrinal exécrable de la femme en islam étant passé sous silence (infériorité naturelle consacrée par le Coran, polygamie, droit de battre sa femme, règles d’héritage et de témoignage, etc.).

France 2 Judaisme 171112 Extrait 5

Et s’agissant du fondamentalisme musulman, celui-ci est réduit à la seule doctrine wahhabite par l’intervenant musulman : si l’apparition du wahhabisme résulte en partie d’un contexte géopolitique particulier, il ne faut pas oublier que le salafisme a des racines très profondes et très anciennes dans l’islam, notamment avec Ibn Taymiyya (mort en 1328). Le vrai problème est que Mahomet lui-même était le premier des salafistes et des jihadistes, ce qui pose un énorme problème au monde musulman, au point de rendre impossible toute contre-argumentation précise aux thèses salafistes ainsi que la lutte contre la prétendue « radicalisation », sauf à remettre en cause la sacralité même des textes fondamentaux de l’islam.

France 2 Judaisme 171112 Extrait 6

  • Conclusion

On peut s’interroger sur l’objectif de ce type de « dialogue » qui paraît assez inutile et même nocif car il contribue à diluer les problèmes et dissoudre les responsabilités, dialogue qui d’ailleurs n’a guère porté de fruits depuis 1.400 ans. Il s’agissait plutôt d’une conversation de salon entre gens cultivés, très éloignée de la réalité quotidienne du terrorisme musulman et du rapport de l’islam au monde des mécréants, le Coran fourmillant de formules haineuses et violentes à l’égard des juifs.

Je doute qu’une autre émission ose jamais aborder ce tabou à la télévision française, abondamment censurée, et traiter véritablement au fond de ce sujet qui, lui, est une vraie « question qui fâche ». S’agissait-il pour la communauté juive d’une tentative maladroite de dialogue qui exprime finalement un souci de réhabilitation de l’islam, à l’heure même où l’antisémitisme semble être de plus en plus virulent en France, notamment dans les quartiers dits « défavorisés » ?

De la consanguinité du judaïsme et de l’islam

Un article récent sur le site http://islametoccident.fr/?p=3758 rappelait, en dépit des mensonges de certains imams, la prééminence évidente au regard de Dieu d’Isaac, ancêtre du peuple juif, sur Ismaël, ancêtre du peuple arabe, rejeté par Abraham vers le désert, le texte juif de la Genèse rappelant d’ailleurs par trois fois qu’au regard de Dieu, Isaac est le seul fils légitime d’Abraham, son « unique » (Genèse 22, 2 ; Genèse 22, 12 ; Genèse 22, 16).

Il se trouve que France 2 vient de diffuser ce dimanche 5 novembre 2017 une émission « Judaica » consacrée au judaïsme et dont le thème était : « le choix d’Isaac » et où était rappelé le pseudo-sacrifice d’Isaac par Abraham (« Akeda »).

Inutile de revenir sur le thème du sacrifice d’Isaac et non d’Ismaël qui ne laisse place à aucune contestation tant le texte biblique est clair.

En revanche, cette émission est intéressante par la proximité originelle du judaïsme et de l’islam décrite par les intervenants, qui va d’ailleurs jusqu’à valoriser l’islam dans une volonté sans doute d’apaisement inter-religieux, alors que l’islam est depuis l’origine un ennemi héréditaire du judaïsme, Mahomet ne s’étant pas privé, entre autres, de chasser ou de massacrer les juifs de Médine.

France 2 Judaisme 171105 Extrait

Cette valorisation de l’islam (« la Torah n’est pas du tout contre l’islam, au contraire ») par les intervenants est d’ailleurs d’autant plus étonnante qu’ils semblent commettre une approximation de taille en faisant quasiment d’Ismaël un représentant biblique du futur islam, alors même que l’islam n’est évidemment annoncé nulle part dans les textes juifs. En effet, que dit le texte de la Genèse (17, 20 & 21) :

« En faveur d’Ismaël aussi, je t’ai entendu : je le bénis, je le rendrai fécond, je le ferai croître extrêmement, il engendrera douze princes et je ferai de lui une grande nation. Mais mon alliance, je l’établirai avec Isaac, que va t’enfanter Sara, l’an prochain à cette saison. »

S’il est clair que l’alliance de Dieu n’est établie qu’avec le peuple juif au travers d’Isaac – avant même qu’Isaac ne soit né (c’est-à-dire dans le projet même de la naissance d’Isaac) –, Dieu accorde néanmoins à son demi-frère une grande postérité dont il fera une grande nation : il s’agit bien évidemment d’un grand peuple et en aucun cas d’une nouvelle grande religion, le Messie ne pouvant être issu que du peuple juif, et quand bien même celle-ci se réclamerait du monothéisme abrahamique.

Qu’un individu appelé Mahomet soit ensuite parvenu à se proclamer l’héritier spirituel de cette branche ethnique et ait instauré une religion nouvelle dont il était surtout le chef, mais qui reste pour l’essentiel une copie du judaïsme, et ait échappé à la mort dans les combats provoqués par les multiples razzias qu’il menait, est un simple caprice de l’histoire sans aucun rapport avec le texte biblique et surtout l’expression d’un opportunisme politique voué à un grand avenir.

Un prêche malheureusement banal

S’il est un terme commode, c’est bien celui d’« islamisme » : un musulman, on sait ce que c’est ; un « islamiste », personne ne le sait et n’est capable d’en donner une définition claire et précise, tous les « islamistes » étant toutefois musulmans. Ce terme permet de faire endosser tous les maux de l’islam par un concept qui lui serait étranger mais qui est vide de sens, l’« islamisme », dédouanant ainsi l’islam de son examen de conscience, c’est-à-dire l’analyse de sa responsabilité profonde dans la violence au nom de la religion.

Néanmoins, une interrogation surgit immédiatement alors : Mahomet était-il un « islamiste » ? Car les fondamentalistes musulmans cherchent en effet à imiter le mieux possible le comportement de Mahomet, modèle de tous les musulmans, et ne se privent d’ailleurs pas de le rappeler dans leurs revues avec moult citations de textes musulmans incontestés en islam. Ceux qui en doutent et récusent ces prétendues allégations n’ont tout simplement pas lu les textes sacrés de l’islam : ces références y figurent de façon répétée, claire et précise. Alors si les fondamentalistes sont de « mauvais » musulmans, Mahomet était-il un « mauvais » musulman ?

Pour autant, il ne faut pas limiter ce débat aux seuls jihadistes qui s’emploient à répandre l’islam par les armes et la terreur comme Mahomet l’a lui-même fait si l’on se réfère à sa biographie musulmane officielle (Ibn Hichâm). Toute personne qui se donne la peine de lire les textes musulmans trouvera de multiples formes du fondamentalisme dans la vie de Mahomet et donc dans les racines mêmes  de l’islam.

En France, où les bien-pensants ne cessent de s’efforcer de limiter la question aux mosquées « radicalisées » (autre concept vide de sens), il est bien difficile d’en débattre, le pays des droits de l’homme ayant institutionnalisé une police politique qui assure dans les médias la main-mise du politiquement correct.

En revanche, il est intéressant d’écouter dans certains pays où la parole est vraiment libre, comme aux États-Unis, certains discours qui ne relèvent malheureusement pas du domaine de l’exception mais bien de l’habituel. En voici un exemple :

Preche musulman 170721

Cet imam est-il un abominable fanatique ? Eh bien non, malheureusement. À l’occasion des événements qui agitent Jérusalem en ce moment, il rappelle à la mémoire des musulmans le hadith bien connu de Muslim, qui, comme Bukhari, a produit des recueils de hadiths qui sont les fondements de la Sunna en islam, ces textes étant d’un niveau sacré presqu’égal à celui du Coran. Ce hadith bien connu, qui figure par les hadiths « sahih » – c’est-à-dire unaniment considérés comme authentiques en islam – est le suivant :

Hadith (sahih n°2922) : D’après Abû Hurayra, l’Envoyé d’Allah a dit : « L’Heure Suprême ne se dressera pas avant que les musulmans ne combattent les juifs. Les musulmans tueront les juifs jusqu’à ce que les rescapés de ces derniers se réfugient derrière les pierres et les arbres qui appelleront alors le musulman en disant : « Ô musulman ! Ô serviteur d’Allah ! Voilà un juif derrière moi, viens le tuer ! », exception faite de l’arbre dit Al-Gharqad qui est l’arbre des juifs. »

Alors posons la question : un homme (Mahomet) qui a exterminé une bonne part des juifs de Médine et appelle à la haine contre les juifs et à leur assassinat – avec une violence qui dépasse celle de Mein Kampf – est-il un bon musulman ?

L’islam, copie du judaïsme : la prière

On sait que l’islam est une copie du judaïsme dont il se prétend être le dernier successeur : les exemples d’emprunt abondent. Parmi ceux-ci, on trouve le principe du jeûne copié des juifs après l’hégire comme le rappelle l’islamologue Tayeb Chouiref dans l’émission de France 2 « Islam ».

France 2 Islam 170702 Jeune

Il est intéressant de noter que Mahomet, ayant rejeté les juifs peu de temps après l’hégire (cf. changement de direction de la prière) puisqu’ils refusaient de le reconnaître – jusqu’à décider de les massacrer dans certains cas –, en vint effectivement ensuite (2ème année de l’hégire) à établir ses propres règles de jeûne avec le jeûne du ramadan pour couper le cordon ombilical qui le liait encore aux juifs.

L’antisémitisme musulman : rappel historique

L’antisémitisme viscéral de l’islam ne fait doctrinalement aucun doute (il suffit de lire le Coran et les hadiths pour le constater). Sans doute le refus des juifs de rallier sa cause fut pour Mahomet l’origine d’une forte rancune (les juifs contestant formellement son statut et donc sa légitimité), et suscita aussi un désir de vengeance face aux moqueries dont il avait été l’objet, d’où les massacres de juifs perpétrés déjà par Mahomet lui-même.

En revanche, on ne peut pas dire que cet antisémitisme ait eu un caractère foncièrement génocidaire, comme avec le nazisme. Une fois les temps prophétiques terminés, la domination et l’humiliation suffisaient.

Mais cet antisémitisme est toujours resté présent dans la culture musulmane : l’attitude du grand mufti de Jérusalem pendant la deuxième guerre mondiale n’a ainsi rien de tout à fait surprenant, de même que, depuis, l’endoctrinement antisémite des enfants, exacerbé dans le contexte de la création de l’État d’Israël. Le reportage de France 3 diffusé il y a quelques mois et consacré à la confrérie des Frère musulmans est de ce point de vue un rappel intéressant.

Freres musulmans Antisemitisme

L’annonce de la venue de Mahomet

  • Problématique

L’islam cherche à toute force à légitimer Mahomet en retrouvant une annonce de sa venue dans les textes des deux autres religions dont il prétend être le continuateur : le judaïsme et le christianisme. Qu’en est-il précisément ?

  • Dans les textes juifs

Cette question a été très tôt – du vivant même de Mahomet – tranchée par les rabbins : Mahomet ne figure nulle part. C’est en effet lors de discussions à Médine dans les premiers mois après l’hégire que Mahomet a prétendu, face aux juifs de Médine, être un prophète annoncé par leurs écritures : cette revendication se situait dans un contexte particulier puisque Mahomet cherchait à rallier à lui les juifs en prétendant être le continuateur de leur religion : c’est ce qui figure très clairement dans la biographie (Sîra) de Mahomet d’Ibn Hîcham, incontestée dans le monde musulman. L’échec fut total et Mahomet, ayant perdu tout espoir, se retourna ensuite contre les juifs et les extermina, déception profonde qui est sans doute à la racine de l’antisémitisme viscéral de l’islam.

  • Dans les textes chrétiens

Les intervenants de l’émission « Islam » de France 2 évoquent les deux sources habituellement citées pour justifier la revendication musulmane :

–  L’évangile avec l’annonce de la venue du Paraclet : il s’agit en réalité de l’annonce de la venue d’un pur esprit qui est l’Esprit Saint qui n’a d’ailleurs aucune raison d’attendre encore 6 siècles pour poursuivre l’accomplissement de la venue du Christ.

–   L’évangile de Barnabé, texte apocryphe datant du Moyen-Âge.

France 2 Islam 170326 Annonce & Relativite

  • Conclusion

La prétention opportuniste de Mahomet à être annoncé par les textes juifs et chrétiens n’est soutenue par rien dans les traditions juives et chrétiennes, ce qui est logique car on voit mal en effet comment un non-juif pourrait être le messie attendu par le peuple juif (qui plus est messie exterminateur de juifs), ou comment Mahomet pourrait surpasser ou accomplir plus complètement la venue du Christ et sa crucifixion, le message et la vie de Mahomet étant à l’opposé de la doctrine du Christ et l’islam niant totalement par ailleurs toute incarnation divine.

L’hypothèse émise par un des intervenants de l’émission précitée, à savoir une « incarnation du divin dans un texte religieux qui a correspondu à un moment précis de l’histoire des Arabes », paraît beaucoup plus raisonnable et sensée, mais est assez étonnante dans la bouche d’un musulman, car elle désacralise les fondements de l’islam et anéantit la prétention de l’islam a détenir la vérité et le message divin définitif.