Le grand secret de l’islam n’est sans doute pas celui qu’on croit

Les hommes de médias savent que, compte tenu de l’épouvantable médiocrité de la nature humaine, le sensationnalisme paie souvent. Ne voit-on pas toutes ces chaînes de télévision ou ces radios se vautrer pendant des heures dans la fange des catastrophes naturelles ou autres accidents épouvantables, n’ayant pourtant rien d’intelligent à en dire ?

Pour élever le débat et sortir des sentiers battus, mieux vaut se tourner vers ceux qui ont vraiment des choses à dire et dont le courage leur permet de passer outre aux tabous et aux menaces, par exemple : Radio Courtoisie (à la radio, ou sur internet dans les régions où le CSA réussit à la censurer, des tentatives d’étouffement étant toujours en cours aujourd’hui au nom sans doute de la liberté d’expression), « Répliques » sur France Culture avec Alain Finkielkraut, la revue « Éléments », ou encore (il faut l’espérer) la prometteuse émission de Frédéric Taddéi « Interdit d’interdire » sur l’abominable média Russia Today France « RT France » (car non contrôlé par le gouvernement français ou ses oligarques inféodés et où ne sévissent pas les journalistes français aux ordres de la macronie ou de la bien-pensance altermondialiste). Car, dans tout cela, seule compte la défense de la liberté d’expression.

Le sensationnalisme (morbide, sentimental, historique, etc.) marque aussi de son empreinte le monde de l’édition. Si un titre se doit d’être accrocheur, il faut savoir rester raisonnable ; or l’outrance se porte bien. En particulier, combien de « secrets » ne sont-ils pas censés être révélés par des livres, des émissions de radio ou de télévision ? Car pour tenter de pousser sa notoriété au niveau où son égocentrisme frustré l’appelle, l’auteur médiocre doit se distinguer par la nouveauté à tout prix du propos, voire la révélation d’un « secret » ou même d’un « grand secret », en couronnant le tout si possible d’un soupçon de complotisme face à « l’histoire officielle » .

Malheureusement, la réalité est souvent plus triviale. Dans un précédent article, j’ai attiré l’attention du lecteur sur un constat évident et important rappelé par Jérémy Ferrari, le seul humoriste français qui ait probablement jamais lu le Coran avec un minimum d’application : la plupart des musulmans ne connaissent pas leurs propres textes sacrés.

Jérémy Ferrari 2013 Connaissance du Coran

Quiconque lit sérieusement – et avec un tant soit peu d’esprit critique naturellement – le Coran et les hadiths a de grandes chances d’en venir à la conclusion que l’islam n’est pas une religion de prix Nobel. Les multiples contradictions de la doctrine, la régurgitation incompréhensible et inutile de l’histoire biblique dans le Coran, la pauvreté spirituelle du propos qui se résume peu ou prou, en tout et pour tout, à l’unicité d’Allah (« tawhid »), la substitution d’une richesse de pensée par la multiplication de rituels qui enrégimentent le croyant jusqu’à aboutir à une forme de claustration mentale (mais qui peut apporter une certaine sérénité et donc du bonheur), l’absence de réflexion et d’un véritable esprit critique : ne serait-ce pas cela en réalité le « grand secret de l’islam » ?

C’est sans doute ce qu’Alfred de Musset a ressenti et exprimé, avec l’esprit de son époque, lorsqu’il écrivit le poème « Namouna », dont voici un extrait :

« Lecteur, si tu t’en vas jamais en Terre sainte,
Regarde sous tes pieds : tu verras des heureux.
Ce sont de vieux fumeurs qui dorment dans l’enceinte
Où s’élevait jadis la cité des Hébreux.
Ces gens-là savent seuls vivre et mourir sans plainte :
Ce sont des mendiants qu’on prendrait pour des dieux.

Ils parlent rarement, — ils sont assis par terre,
Nus, ou déguenillés, le front sur une pierre,
N’ayant ni sou ni poche, et ne pensant à rien.
Ne les réveille pas : ils t’appelleraient chien.
Ne les écrase pas : ils te laisseraient faire.
Ne les méprise pas : car ils te valent bien.

C’est le point capital du mahométanisme
De mettre le bonheur dans la stupidité.

Que n’en est-il ainsi dans le christianisme !
J’en citerais plus d’un qui l’aurait mérité,
Et qui mourrait heureux sans s’en être douté !
Diable ! j’ai du malheur, — encore un barbarisme.

On dit mahométisme, et j’en suis bien fâché.
Il fallait me lever pour prendre un dictionnaire,
Et j’avais fait mon vers avant d’avoir cherché.
Je me suis retourné, — ma plume était par terre.
J’avais marché dessus, — j’ai souillé, de colère
Ma bougie et ma verve, et je me suis couché. »

Or, habitués à débattre avec le secours de la raison, les Occidentaux semblent incapables de comprendre le phénomène de l’islam auquel ils sont confrontés. Cette propension en islam à répéter sans esprit critique des maximes et des comportements enseignés par tradition explique sans doute en grande partie pourquoi le dialogue raisonné avec la masse des musulmans est impossible : d’autant que confronter les musulmans à leurs propres textes sacrés et notamment à la biographie (Sîra) de Mahomet (qui fournit une description épouvantable de cet individu) est proprement insoutenable, ce qui conduit presque à coup sûr le mécréant trop critique à se voir – sans argumentation (l’expérience le confirmera immédiatement aux novices qui voudraient tenter l’expérience) – accuser de mensonge ou à subir une agressivité immédiate rendue prétendument légitime par des propos ressentis comme blasphématoires à l’égard du « Prophète » (un simple « mauvais regard » pouvant même justifier des mesures punitives en raison sans doute de la douleur provoquée par la mise à nu visuelle de cette infirmité spirituelle).

Cela étant, les musulmans, entretenus dans le culte de la vengeance post-coloniale par des Occidentaux en mal d’identité, frappés par le flux et le reflux d’une évolution sociétale qui ne leur propose en France aujourd’hui d’autres perspectives que la déferlante de l’homosexualité que l’islam abomine – suivie de près par ses rejetons que sont la P.M.A. et la G.P.A. – et qui s’accompagne de la dévirilisation sociale et sexuelle de l’homme dans un climat d’hystérisation féministe,

la multiplication délirante des « genres » issue d’une pathologie psychologique qui va jusqu’à contester les réalités biologiques les plus élémentaires, la laïcité laïcarde et athée qui n’offre plus aujourd’hui de vision du monde autre que la satisfaction de son égocentrisme jouisseur sans entraves, n’ont a priori aucune raison d’échanger leur islam fruste et pétri de contradictions contre l’inexistence des valeurs d’une société déboussolée, d’autant que judaïsme et christianisme n’ont rien de leur côté à leur proposer aujourd’hui : le judaïsme du « peuple élu » reste une religion  exclusive et non prosélyte, centrée sur son arrogance et son égocentrisme « aristocratique » ; quant au christianisme en décomposition en Europe de l’ouest, il n’ose même plus être lui-même par œcuménisme pour ne pas « froisser » ce très cher islam, ou par crainte de possibles représailles sur les chrétiens d’Orient. Face à une telle décadence, pourquoi l’islam occidental irait-il se renier pour « rien » ? Il vaut mieux encore être borgne qu’aveugle.

Cette claustration mentale que l’islam impose à ses fidèles conduit ainsi en pratique à une cristallisation identitaire et ethnique qui a néanmoins du bon pour le croyant musulman car elle le délivre de l’anxiété du questionnement spirituel et moral et le rassure dans ses choix, la soumission à Allah (« Inch Allah ») étant la réponse à tout et gage de salut. Au train où vont les choses reste à savoir quand islam et LGBT, les deux courants en vogue en ce moment en France, vont s’embrasser sur la bouche pour se donner le baiser de la mort.

La mosquée : lieu religieux et évidemment politique

L’émission de France 2 « Islam » du dimanche 26 août 2018 consacrée à la place du patrimoine artistique dans la tradition musulmane a été l’occasion pour ses intervenants de rappeler au détour de la conversation une évidence pour tout musulman : l’islam ne sépare pas la religion de l’État al islam dine wa daoulat »), ce qui rend l’islam viscéralement incompatible avec la laïcité et donc inassimilable et même non intégrable dans les pays Occidentaux.

En effet, ces intervenants rappellent que « la mosquée est non seulement le lieu où les musulmans font la prière et écoutent évidemment la « khotba » [programme politique réactualisé toutes les semaines] ».

France 2 Islam 180826 Patrimoine 2 Extrait

C’est pourtant si clair et si simple !

Pour comprendre l’islam, il suffit simplement de le lire : combien de fois faudra-t-il le répéter ?

On sait combien l’indolence et la légèreté des Français les conduisent à ignorer les conséquences de l’évolution religieuse qui est en train de bouleverser de fond en comble la structure culturelle de ce pays millénaire qu’est la France.

Pourtant, Dieu sait s’il est facile de s’informer aujourd’hui : Jérémy Ferrari, humoriste de profession, en fait la preuve éclatante dans ce sketch, tout à fait sérieusement documenté.

Jérémy Ferrari 2013

Les Français seraient-ils incapables de comprendre ce qu’un humoriste, doté toutefois d’un solide bon sens, énergique et volontaire, a évidemment compris ?

Aux sources de la culpabilisation de la France par l’Algérie musulmane : un point de vue documenté

Un extrait intéressant d’une interview de Bernard Lugan à propos de l’histoire de l’Algérie (« Algérie, l’histoire à l’endroit ») :

https://www.youtube.com/watch?v=43ZqZFaYEx0

 

La détestation des gens du Livre

Une explication très simple de ce qui en islam conduit fondamentalement à l’antisémitisme et à la détestation des chrétiens, et qui renvoie logiquement aux nombreux versets et hadiths touchant cette question et figurant dans le « Livret musulman de premier secours » téléchargeable sur ce site : http://islametoccident.fr/?page_id=1786

Islam Detestation juifs et chrétiens

Le Coran est loin d’être un évangile universel

Le Coran, parole d’Allah, revendique sa parfaite clarté et son caractère explicite. La formalisation écrite de cette révélation est en réalité intervenue, aux dires même des historiens musulmans, de façon assez complexe et mouvementée, ce qui n’est pas sans expliquer les multiples incohérences et contradictions de ce texte.

La stabilisation de sa codification scripturaire sous format imprimé (cf. par exemple les points diacritiques longtemps absents) est très récente puisqu’elle date du début du XXème siècle, sous l’égide de l’université Al-Azhar, comme le rappelle à juste titre Omero Marongiu-Perria lors de l’émission « Islam » du dimanche 22 janvier 2017.

France 2 Islam 170122 Revelation 1 Edition Boulaq

Mais il est intéressant de noter également qu’Omera Marongiu-Perria rappelle, avec honnêteté mais sous le regard médusé de Mohamed Bajrafil, que seule la prédication de Mahomet à La Mecque (12 ans) était porteuse d’un message potentiellement universel, a contrario de la prédication de Mahomet à Médine (10 ans) qui a pris un tour tout différent, car il faut rappeler que Mahomet y a déclaré le jihad contre tous les non-musulmans, raison pour laquelle il y a, entre autres, massacré bon nombre de juifs, conformément au récit qu’en donne la biographie musulmane de Mahomet d’Ibn Hîcham, incontestée en islam.

Tout ceci est naturellement absurde et ne tient pas debout d’un point de vue théologique : pourquoi diable le dieu des musulmans, Allah, aurait-il ainsi changé d’avis au bout de 12 ans, puisque c’est bien lui qui parle par la bouche de Mahomet, celui-ci n’étant que le rapporteur de ces paroles ? Quoi qu »il en soit, c’est bien le dernier message qui compte selon l’invraisemblable doctrine de l’abrogation déjà abordée sur ce site.

Comment traduire un Coran souvent obscur ?

L’émission de France 2 « Islam » du 24 juin 2018 était consacrée à la problématique de la traduction du Coran, sujet hautement sensible pour les musulmans, l’arabe étant réputé être une langue sacrée, ce qui génère dans le monde arabo-musulman une immense fierté, mais aussi souvent un certain mépris des autres langues dès lors qu’il s’agit de parler de religion.

Il faut louer l’objectivité avec laquelle les intervenants de cette émission ont évoqué cette question de la traduction. Les constats simples et de bon sens auxquels ils parviennent méritent hautement qu’on s’y attarde quelque peu.

  • L’obscurité (en arabe) du texte coranique

Comme le rappelle un des intervenants, l’arabe des Quraychites (tribu de Mahomet) parlé au VIIème siècle n’est pas l’arabe moderne, sans compter que le texte du Coran est déjà par lui-même souvent obscur.

France 2 Islam 180624 Traductions du Coran 2 Extrait 3

« L’arabe coranique n’est la langue maternelle de personne. C’est une langue très particulière qui peut peut-être donner aux arabophones le sentiment d’une fausse accessibilité. »

« Il faut le reconnaître, le texte coranique en fait est souvent [en arabe, par définition] très compliqué, très obscur, beaucoup d’incertitudes … »

Que penser lors que l’intervenant rappelle que le calife Abu Bakr (mort en 634), contemporain de Mahomet (mort en 632), et premier « calife bien guidé » de l’islam, ne sait pas lui-même ce que veulent dire certains termes employés par Mahomet ?

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  • « Traduire c’est trahir »

Un intervenant fait usage du dicton bien connu « traduire, c’est trahir » : en effet, il est impossible, pour quelque texte que ce soit, de rendre par une traduction la totalité des sens, images, qualités esthétiques sonores, etc. qu’il véhicule.

De fait, ce qui nous intéresse dans le cadre d’une analyse de la doctrine de l’islam, c’est seulement le sens philosophique du texte. Là encore, il semble qu’il faille déchanter : le Coran n’est guère aussi explicite qu’il prétend l’être, du moins si l’on en juge par les différences d’interprétation qui séparent les différentes écoles de l’islam, le fait de penser que la traduction par un musulman serait en soi meilleure que celle d’un mécréant étant par ailleurs une « pure illusion ».

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Cela étant, il est important de remarquer que les différences d’interprétation du Coran sont pour l’essentiel du 2ème ordre pour le non-musulman : ainsi par exemple, toutes les innombrables discussions sur les rituels n’ont aucune importance pour le mécréant. Mais pour ce qui est en revanche de la polygamie, de l’infériorité de la femme, de l’interdiction du mariage de la musulmane avec le mécréant, du rejet de la laïcité, etc., sujets de beaucoup plus grande importance, les musulmans sont tous d’accord.

  • Paradoxe : les traductions sont en réalité des aides

Face aux difficultés soulevées par les nombreux passages obscurs du Coran et « à des vocables coraniques très hermétiques », on en arrive ainsi à la situation paradoxale dans laquelle les traductions peuvent être des aides utiles puisque le traducteur a dû, en plus de son travail linguistique, faire un travail exégétique plus ou moins approfondi pour savoir ce que le texte voulait dire. En effet, « Ce n’est pas parce qu’on est arabophone qu’on va comprendre forcément l’essence des versets coraniques »

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  • Les traductions en français

Pour ce qui est traductions en français, les traductions de Denise Masson et de Régis Blachère semblent être des traductions de référence. Ce sont précisément ces deux traductions qui ont été utilisées dans le « Livret musulman de premier secours » que j’ai publié en juillet 2016 sur le site et qui est téléchargeable ici : http://islametoccident.fr/?page_id=1786

France 2 Islam 180624 Traductions du Coran 2 Extrait 2

  • Conclusion

Une émission fort intéressante qui permet de se débarrasser de deux complexes dans la compréhension de l’islam à partir des textes originels : le complexe de supériorité des arabophones et celui, tout aussi désastreux, d’infériorité des non arabophones.

Confrontation de la charia islamique et des droits de l’homme au Conseil de l’Europe

https://eclj.org/religious-freedom/coe/confrontation-de-la-charia-islamique-et-des-droits-de-lhomme-au-conseil-de-leurope?lng=fr

Article de l’E.C.J.L. (European Centre for Law and Justice). Par Nicolas Bauer.

Depuis janvier 2016, la discussion à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) d’un rapport sur l’incompatibilité de la charia islamique avec les droits de l’homme se fait attendre. L’ECLJ a pu consulter sa version la plus récente, datée du 19 avril 2018, qui montre avec lucidité l’échec et l’impossibilité de l’intégration de l’islam dans le système de protection des droits de l’homme. Des stratégies dilatoires sont utilisées afin d’éviter le débat autour de ce rapport, qui déplaît à la fois aux pays musulmans et aux idéologues progressistes. Le député hollandais Pieter OMTZIGT (PPE/DC), initiateur de la proposition de résolution demandant la réalisation du rapport[1], expliquait déjà à l’ECJL en février 2017 : « Les choses n’avancent pas très vite mais cela devrait être fait cette année ». L’examen de ce rapport sur la charia était à l’ordre du jour de la Commission des questions juridiques et des droits de l’homme de l’APCE le 25 avril 2018[2], mais a été annulé le matin même.

Le contexte des pratiques de corruption impliquant l’Azerbaïdjan et la Turquie

Cette procrastination semble liée aux pressions de la Turquie et de son affidé l’Azerbaïdjan sur le rapporteur Antonio GUTIERREZ (PSOE). Ces deux pays avaient contribué à écarter de la rédaction de ce rapport les députés connus pour être critiques sur l’islam, en particulier Pieter OMTZIGT, qui avait rassemblé 27 députés pour demander ce rapport et était donc pressenti pour être rapporteur. Contrairement à l’usage, un autre député a cependant été désigné, Meritxell MATEU (ADLE), qui a quitté l’APCE et a été remplacé par Antonio GUTIERREZ. Ce dernier n’avait pas signé la proposition de résolution demandant ce rapport sur la charia[3] et a été élu rapporteur avec le soutien des députés de la Turquie et de l’Azerbaïdjan. En ajournant l’examen du rapport par la Commission des questions juridiques et des droits de l’homme, Antonio GUTIERREZ retarde le vote et l’adoption de la résolution qui pourrait en découler. Ce report de réunion en réunion vise-t-il à ce que le rapport sur la charia tombe aux oubliettes ?

Ce n’est pas la première fois que des méthodes d’influence douteuses de la Turquie et de l’Azerbaïdjan sont observées au Conseil de l’Europe. En plus de ses menaces d’ouvrir les vannes de la migration, la Turquie a drastiquement réduit sa contribution au budget, plongeant l’organisation dans une crise financière sans précédent. Le « Groupe d’enquête indépendant concernant les allégations de corruption au sein de l’Assemblée parlementaire » a récemment montré l’implication directe de l’Azerbaïdjan dans un système de corruption de députés[4]. Cette corruption a en particulier permis d’influencer les votes des députés et d’éviter ainsi l’adoption de rapports dénonçant les violations des droits de l’homme en Azerbaïdjan.

Malgré les pressions, le rapport sur la charia dans sa version actuelle a l’avantage de bien cerner les enjeux du sujet. Conformément à l’usage, ce sont surtout des fonctionnaires de l’APCE qui semblent l’avoir rédigé, avec indépendance et une certaine objectivité.

Deux systèmes juridiques irréconciliables

Le rapport commence d’abord par définir clairement la charia, comme « étant « le chemin à suivre », c’est-à-dire la « législation à laquelle tous les musulmans doivent obéir » (sourate 5) » (§8). En effet, la charia, qui signifie originellement « orientation dans la bonne direction », est l’« ensemble des prescriptions que doivent respecter les musulmans pour recevoir une sentence favorable au moment du Jugement dernier »[5]. Ces normes ne constituent pas une simple morale personnelle, car il en résulte « certaines structures sociales – consistance de la famille, de la vie économique… – et politiques – institutions du pouvoir de l’éthique sociale et personnelle »[6]. Comme le rappelle le rapport, l’islam définit dès le VIIe siècle (Hégire) une nomenclature d’actes obligatoires (wadjeb), licites (moubah), interdits (haram), blâmable (makrouh)[7]. Les sources de ce système juridique sont révéléeset comportent essentiellement le Coran et la Sunna (Tradition du Prophète), complétés par l’Idma’ (consensus de la communauté des croyants) et l’Idjtihad(effort personnel du juriste)[8].

La charia est donc un ensemble de règles stables de droit privé d’origine exclusivement religieuse visant à régir tous les rapports sociaux. Des sanctions juridiques sont ainsi prévues pour des actes relevant de la vie privée, par exemple cent coups de fouets en cas de relations sexuelles en dehors du mariage (Coran, XXIV, 2). Le rapport aborde plusieurs aspects problématiques de la charia, parmi lesquels la supériorité des hommes sur les femmes, les règles régissant le mariage, les peines inhumaines encourues pour certains crimes, l’absence de liberté de religion ou encore le statut discriminant des chrétiens et des juifs. Il conclut à l’incompatibilité de la charia avec la Convention européenne des droits de l’homme, dans le prolongement de la jurisprudence la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). En effet, dans l’arrêt Refah Partisi (Parti de la Prospérité) et autres c. Turquie [GC] du 13 février 2003, les juges de Strasbourg avaient déjà relevé « l’existence d’incompatibilités structurelles entre l’islam et la Convention qui, en ce qui concerne la charia, sont parfois absolues et parfois relatives »[9].

La mondialisation actuelle nous incite à comparer les systèmes de droit les uns aux autres, afin de pouvoir les rapprocher ou les rendre compatibles. Confronter la charia islamique avec la Convention européenne n’a cependant pas qu’un intérêt théorique, dans la mesure où ces deux systèmes juridiques tentent aujourd’hui de s’appliquer sur des territoires communs en Europe.

Des normes et valeurs en concurrence en Europe

Tout ou partie des territoires de certains pays membres du Conseil de l’Europe peuvent être aujourd’hui considérés comme faisant partie du Dar al-Islam, c’est-à-dire du « monde islamisé »[10]. Autrement dit, les musulmans peuvent trouver légitime d’appliquer la charia sur ces territoires, contrairement au Dar al-Harb(« domaine de la guerre ») dans lequel ils sont minoritaires. Le rapport sur la charia aborde en détail les cas de la Thrace occidentale, région grecque appliquant officiellement la charia pour sa communauté musulmane, et du Royaume-Uni, dans lequel il existe une trentaine de tribunaux islamiques (« sharia councils ») qui ont notamment un rôle de médiation lors de conflits familiaux. La situation de l’islam en Tchétchénie (Fédération de Russie) et en Turquie fait aussi l’objet de quelques explications, dont la brièveté est regrettable. Le département français de Mayotte, dans lequel 95% de la population est musulmane, est également étudié et pris pour modèle. D’après le rapport, « à partir de 2000, l’accélération du processus de transformation de Mayotte en département a conduit le Parlement français à (…) aligner [le droit local] sur les principes de la République française », notamment par l’abolition de la polygamie et la suppression de la juridiction des cadis (juges musulmans).

Un autre intérêt majeur de la comparaison entre les droits de l’homme et la charia vient du fait que certains pays, comme la Turquie, l’Albanie ou l’Azerbaïdjan, ont signé à la fois la Convention européenne et la Déclaration des droits de l’homme en islam[11]. Or, cette dernière, adoptée au Caire le 5 août 1990, est une formulation juridique de la charia. Si la plupart des États musulmans se réclament des droits de l’homme, certains soumettent ces droits à la charia, ou au moins à ses règles coraniques[12]. Dans la Déclaration du Caire, les droits et libertés énoncés sont en effet « subordonnés aux dispositions de la Loi islamique » (art. 24), qui est « la seule source de référence pour interpréter ou clarifier tout article de cette Déclaration » (art. 25). Le rapport sur la charia montre l’incompatibilité entre la Déclaration du Caire et la Convention européenne sur trois points particuliers : « le concept d’égalité, le droit au mariage et l’incapacité à reconnaître la liberté de religion » (§ 18). Par exemple, d’après la charia, si l’homme musulman a le droit d’épouser une juive ou une chrétienne sans la forcer à se convertir, la femme musulmane ne peut en revanche pas épouser un non-musulman[13].

Bien que le contenu du rapport sur la charia soit dans l’ensemble satisfaisant, il n’en comporte pas moins quelques lacunes, en particulier dans sa conclusion. Contrairement au corps du texte, celle-ci a probablement été rédigée par le député Antonio GUTIERREZ et non par des fonctionnaires.

Une religion complètement étrangère aux droits de l’homme

Certes, la conclusion du rapport réaffirme clairement la primauté de la Convention européenne sur les trois déclarations islamiques des droits de l’homme signées dans les années 1980 et 1990[14]. Mais le rapporteur déclare aussi avec une certaine naïveté : « Nous devons (…) nous efforcer de concilier les différentes positions et de favoriser la compréhension entre la charia et la CEDH » (§65). Or, à moins bien sûr de considérer que c’est à la Convention européenne de s’adapter à loi islamique, la « conciliation » de la charia avec les droits de l’homme est impossible du fait de la nature même de la charia. En effet, « reflétant fidèlement les dogmes et les règles divines édictés par la religion, [la charia] présente un caractère stable et invariable », considéré par la CEDH comme contraire à « l’évolution incessante des libertés publiques » et à sa méthode d’interprétation du droit[15].

Par ailleurs, tenter de « concilier » isolément chaque droit ou liberté avec la charia est illusoire, dans la mesure où les différences sont une conséquence d’un décalage fondamental entre deux visions de la liberté. La conception des droits de l’homme pose la liberté comme point de départ, que la volonté individuelle peut orienter comme elle le souhaite dans le respect des droits et libertés d’autrui et de certains objectifs sociaux. Dans l’islam, la liberté n’est pas une nécessité et s’exprime en tout cas dans les limites des actes « licites » de la charia[16]. Les éventuels droits et libertés sont donc un aboutissement, qui est la conséquence d’un choix religieux[17]. La vision musulmane de la liberté est présente dans la Déclaration islamique du Caire qui proclame la liberté en général, puis les droits et libertés, « en accord avec la Loi islamique ». Par exemple, son article 22 énonce que « tout individu a le droit d’exprimer librement son opinion d’une manière non contraire aux principes de la Loi islamique ».

Ces faiblesses du rapport sur la charia témoignent de la difficulté des occidentaux à concevoir une religion complètement étrangère à la fois au libéralisme et au christianisme. Il est indispensable de comprendre que l’islam se conçoit comme une religion innée (din al-fitra), l’homme naissant donc « spontanément musulman »[18]. La Déclaration du Caire le rappelle explicitement en déclarant l’ « islam est la religion naturelle de l’homme » (article 10).

L’insuffisance de la démarche positiviste face à l’islam

Les rédacteurs du rapport semblent se rassurer en rappelant à de nombreuses reprises que contrairement à la Convention européenne, les déclarations des droits de l’homme dans l’islam n’ont pas de force juridique contraignante. D’un point de vue positiviste, ces déclarations sont politiques et assimilables à de la soft law en droit international (§ 5). Par exemple, la Déclaration du Caire se contente de fixer « des directives générales aux États membres » (préambule). Le rapport rappelle que ces déclarations sont des textes « davantage religieux que juridiques » (§ 26), ce qui est vrai du point de vue du droit international. Néanmoins, ce positivisme ne peut pas être admis par l’islam, qui met la charia, en particulier le Coran, au sommet de sa hiérarchie des normes. En effet, pour le courant dominant de l’islam, les décisions émanant d’institutions humaines doivent être acceptées seulement lorsqu’elles se conforment à la charia ou lorsqu’elles tranchent des questions non prévues par la charia[19]. Si aucune valeur juridique n’est reconnue en droit international aux déclarations des droits de l’homme dans l’islam, elles sont des déclarations d’allégeance à la charia, que les États signataires considèrent donc comme supérieure à toute autre source de droit. Cette subordination du droit international à la charia est assumée, comme le révèle par exemple la Déclaration du Caire dans son article 24 précité.

Par ailleurs, il est courant que des normes internationales soient originellement de simples déclarations politiques et finissent par prendre de l’importance et devenir contraignantes pour les États. À titre d’illustration, si la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) de 1948 n’a pas de valeur juridique, elle a été suivie en 1966 par deux conventions internationales la mettant en œuvre avec une force obligatoire[20]. De même, la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, adoptée le 7 décembre 2000 comme déclaration politique, a acquis une force contraignante avec la ratification du traité de Lisbonne en 2009. La Cour de justice de l’Union européenne n’avait d’ailleurs pas attendu 2009 pour donner de facto une certaine force juridique à la Charte[21]. L’adoption de trois déclarations successives des droits de l’homme dans l’islam pourrait mener au développement progressif de réelles normes contraignantes fondées sur la charia, applicables aux pays signataires de ces textes.

En outre, il est probable que ces déclarations contribuent à la formation de coutumes du droit international. En particulier, celle du Caire vise à proposer une interprétation et adaptation de la DUDH de 1948. Elle est signée par 45 États, soit le quart des États membres de l’Organisation des Nations unies (ONU), ce qui lui donne déjà aujourd’hui une forte légitimité. Or, la « pratique générale acceptée comme étant le droit » crée des règles coutumières, qui s’imposent aux États en droit international[22]. Les pays occidentaux ne sont donc pas à l’abri de devoir accepter au moins une partie de cette interprétation islamique des droits de l’homme. En Europe, la CEDH évalue la force du « consensus européen » pour interpréter la Convention européenne et déterminer la marge d’appréciation laissée aux États. Autrement dit, lorsque la CEDH constate des « éléments clairs et incontestés montrant une tendance internationale », elle peut imposer aux États l’obligation de s’aligner sur cette tendance[23]. La capacité des juges de Strasbourg de résister à une interprétation des droits de l’homme fondée sur la charia pourra être évaluée lorsque la Grande chambre tranchera l’affaire Molla Sali c. Grèce[24]. En effet, la requérante demande à la CEDH si la charia doit s’appliquer à un litige successoral entre des citoyens musulmans grecs, conformément au traité de Sèvres de 1920 et au traité de Lausanne de 1923 signés avec la Turquie. La CEDH devra déterminer si un pays membre du Conseil de l’Europe peut laisser un mufti trancher à partir de la charia des litiges en matière de succession.

L’Europe doit-elle combattre l’islam ?

Habituellement, le droit international tend à appréhender le fait religieux avec une lecture individualiste et socioconstructiviste. Dans sa jurisprudence, la CEDH englobe, dans l’article 9 de la Convention européenne consacrant la « liberté de pensée, de conscience et de religion », « les idées, les conceptions philosophiques de toute sorte, avec la mention expresse des conceptions religieuses d’une personne, sa propre manière d’appréhender sa vie personnelle et sociale »[25]. Ce qui compte est pour la CEDH de déterminer les « croyances et les convictions religieuses intimes des personnes »[26]. Le Rapporteur spécial de l’ONU sur la liberté de religion ou de conviction Heiner Bielefeldt définit de même la religion comme « une somme d’êtres humains qui ont une histoire, un caractère, des aspirations, des intérêts, des positions et des avis très différents »[27]. C’est pourquoi, il souhaite « surmonter toutes les formes d’essentialisme dans le domaine de la religion et de la conviction »[28]. Cette vision libérale adoptée par le droit international omet totalement le fait qu’une religion est aussi et surtout un système de croyances, de dogmes, de pratiques rituelles et morales. Une telle conception objective et réaliste de la religion serait pourtant particulièrement adaptée dans le cas de l’islam, qui est fondé sur des textes saints et révélés, dont la clarté et la précision laissent peu de place à des convictions subjectives.

Le rapport sur la charia a le mérite de trancher avec le droit international actuel et d’adopter une conception objective de l’islam. Il reconnaît notamment que tous les musulmans doivent obéir à la charia (§ 8), en citant le Coran : « A chacun de vous Nous avons assigné une législation et un plan à suivre » (Coran, V, 48). Cette même charia, dont le contenu est lui aussi objectif, a déjà été déclarée dans l’arrêt Refah Partisi de la CEDH « [incompatible] avec les principes fondamentaux de la démocratie, tels qu’ils résultent de la Convention »[29]. De même, le système multijuridique qui en découle, impliquant la discrimination des chrétiens et des juifs (dhimmis) et le mépris envers les « kouffars » (polythéistes, athées ou assimilés), « enfreindrait indéniablement le principe de non-discrimination des individus dans leur jouissance des libertés publiques »[30]. Dans le même arrêt, les juges de Strasbourg ont rappelé que « chacun peut suivre dans sa sphère privée les exigences de sa religion »[31]. Cependant, le rapport sur la charia montre bien qu’empêcher les musulmans d’appliquer et de défendre la charia publiquement revient à leur demander d’abandonner un pan essentiel de leur religion. L’islam est donc implicitement reconnu comme contraire à la Convention européenne et il est par conséquent demandé aux musulmans d’être moins musulmans.

Si, comme le montre le rapport sur la charia, des éléments consubstantiels à l’islam sont contraires à la Convention européenne, que doit-on faire avec les musulmans vivant en Europe en grand nombre ? Quelles conséquences les États membres doivent-ils tirer de ce constat d’incompatibilité en ce qui concerne notamment leur rapport avec l’islam ou les politiques d’immigration ? C’est bien pour éviter d’ouvrir ces débats que des manœuvres dilatoires retardent et tentent d’empêcher toute discussion autour du rapport sur la charia.

[1] Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, « Compatibilité de la charia avec la Convention européenne des droits de l’homme: des États parties à la Convention peuvent-ils être signataires de la «Déclaration du Caire»? », Doc. 13965, 27 janvier 2016 : http://assembly.coe.int/nw/xml/XRef/Xref-XML2HTML-FR.asp?fileid=22447&lang=FR.

[2] Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, Commission des questions juridiques et des droits de l’homme, Projet d’ordre du jour, AS/Jur (2018) OJ 03 Rév, 19 avril 2018.

[3] Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, Doc. 13965, 27 janvier 2016 (précité).

[4] Conseil de l’Europe, Rapport du « Groupe d’enquête indépendant concernant les allégations de corruption au sein de l’Assemblée parlementaire », 15 avril 2018 : http://assembly.coe.int/Communication/IBAC/IBAC-GIAC-Rapport-FR.pdf.

[5] Jean-Paul Charnay, La Charia et l’Occident, Paris, L’Herne, 2001, p. 15.

[6] Ibid.

[7] Jahel Sélim, La place de la Charia dans les systèmes juridiques des pays arabes, Paris, LGDJ, 2012, p. 51.

[8] Robert Santucci, « Le regard de l’islam », dans Agi Marc (dir.), Islam et droits de l’Homme, Paris, Des Idées et des Hommes, 2007, p. 158-159.

[9] CEDH, Refah Partisi (Parti de la Prospérité) et autres c. Turquie [GC], n° 41340/98, 41342/98, 41343/98, et 41344/98, 13 février 2003, § 29.

[10] Jahel Sélim, op. cit., p. 43-44.

[11] Déclaration islamique des droits de l’homme, Document rédigé par l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et adopté au Caire le 5 août 1990.

[12] Jean-Paul Charnay, op. cit., p. 101.

[13] Marcel A. Boisard, « Les droits de l’homme en islam », dans Agi Marc (dir.), Islam et droits de l’Homme, Paris, Des Idées et des Hommes, 2007, p. 34-35.

[14] La Déclaration islamique universelle des droits de l’homme a été adoptée à Londres le 19 septembre 1981 par le Conseil islamique d’Europe, une organisation privée; la Déclaration du Caire des droits de l’homme en Islam a été adoptée le 5 août 1990; la Charte arabe des droits de l’homme, adoptée le 15 septembre 1994 et révisée en 2004, rassemble des États de la Ligue arabe.

[15] CEDH, Refah Partisi, § 123.

[16] Ihsan Hamid Al-mafregy, « L’islam et les droits de l’homme », dans Agi Marc (dir.), Islam et droits de l’Homme, Paris, Des Idées et des Hommes, 2007, p. 121 : « L’islam définit l’homme comme étant essentiellement esclave de Dieu : Abdullah, dit la formule arabe (…). La liberté se conjugue avec la soumission ; la condition humaine se définit par une servitude ».

[17] Ibid., p. 124 : « Cette libération spirituelle est un point d’arrivée, un aboutissement qui ne s’atteint que par l’ascèse du dépouillement (…). Pour l’Occidental moderne au contraire, la liberté apparaît volontiers comme un point de départ, une pierre de touche, un moyen d’apprécier le réel, et de choisir telle action, telle pensée, telle valeur plutôt qu’une autre ».

[18] Rémi Brague, Sur la religion, Flammarion, 2018, chapitre 5 : « Droit et religion ».

[19] Rémi Brague, op. cit.

[20] Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturel (PIDESC) ont été adoptés à New York le 16 décembre 1966 par l’Assemblée générale des Nations unies dans sa résolution 2200 A (XXI).

[21] Voir notamment : CJUE, 27 juin 2006, aff. C-540/03, Parlement européen c/ Conseil de l’Union européenne ; CJUE, 3 mai 2007, aff. C-303/05, Advocaten voor de Wereld VZW c/ Leden van de Ministerraad.

[22] Cour internationale de Justice, Statut de la Cour, article 38 §1: « La Cour, dont la mission est de régler conformément au droit international les différends qui lui sont soumis, applique :

  1. les conventions internationales, soit générales, soit spéciales, établissant des règles expressément reconnues par les États en litige ;
  2. la coutume internationale comme preuve d’une pratique générale acceptée comme étant le droit ;
  3. les principes généraux de droit reconnus par les nations civilisées ;
  4. sous réserve de la disposition de l’Article 59, les décisions judiciaires et la doctrine des publicistes les plus qualifiés des différentes nations, comme moyen auxiliaire de détermination des règles de droit ».

[23] CEDH, Y.Y. c. Turquie, n°14793/08, 10 mars 2015, § 108.

[24] Requête n°20452/14, Molla Sali c. Grèce, introduite le 5 mars 2014.

[25] Conseil de l’Europe/Cour européenne des Droits de l’Homme, Division de la recherche, « Aperçu de la jurisprudence de la Cour en matière de liberté de religion », 19 janvier 2011, mis à jour au 31 octobre 2013 : https://www.echr.coe.int/Documents/Research_report_religion_FRA.pdf, §9.

[26] Comité directeur pour les droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, « Analyse de la jurisprudence pertinente de la Cour européenne des droits de l’homme et d’autres instruments du Conseil de l’Europe en vue de fournir des orientations complémentaires sur la manière de concilier la liberté d’expression avec d’autres droits et libertés, notamment dans les sociétés culturellement diverses », 13 juillet 2017 : https://rm.coe.int/analyse-de-la-jurisprudence-pertinente-de-la-cour-europeenne-des-droit/1680762b01, § 90.

[27] Conseil des droits de l’homme, Rapport du Rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de conviction, Document A/HRC/31/18, 23 décembre 2015, §48.

[28] Ibid.

[29] CEDH, Refah Partisi, § 123.

[30] Ibid., § 119.

[31] Ibid., § 128.

Abrogeant/abrogé : voyage en absurdie

S’il est bien une chose totalement absurde dans l’islam, c’est cette volonté permanente de justifier les incohérences et les contradictions du Coran non par ce qui est logique et tout à fait naturel, c’est-à-dire les changements d’attitude de Mahomet dans sa prédication et ses guerres en fonction des circonstances et des opportunités politiques ou militaires du moment, mais par l’invraisemblable théorie dite de l’« abrogation » qui revient à dire que Dieu (Allah), censé délivrer un message universel et définitif jusqu’à la fin des temps, n’osait pas l’imposer tel quel aux hommes de ce petit bout de terre qu’était l’Arabie du VIIème siècle : il fallait ménager la psychologie de ces pauvres bédouins

Ce site comporte déjà plusieurs articles sur cette question et il n’était pas nécessairement indispensable d’y revenir encore une fois. Néanmoins, la découverte de nouvelles vidéos sur internet m’amène à l’aborder de nouveau rapidement.

  • Le principe

La vidéo ci-dessous, à l’origine incertaine ( https://www.youtube.com/watch?v=9v6tqdSmPXo ), semble néanmoins présenter une synthèse claire et didactique  de la problématique.

Abrogeant abrogé Extrait

  • Application au cas de l’alcool

Ainsi, les dispositions du Coran sont contradictoires au sujet de l’alcool, tout simplement parce que Mahomet, dans sa recherche désespérée de partisans, n’osait pas se mettre à dos dès le départ des populations qui ne dédaignaient pas y tremper leurs lèvres en rompant trop brutalement avec leurs petites habitudes.

Abrogeant abrogé Alcool

La prétendue progression pédagogique d’Allah, sur 22 ans (!), est d’un ridicule achevé, mais cela n’empêche pas les intellectuels musulmans ayant pignon sur rue, comme Tayeb Chouiref, intervenant régulier de l’émission de France 2 « Islam » du dimanche matin, et dont la tenue vestimentaire y est très différente d’ailleurs (on se demande bien pourquoi…), d’y avoir encore recours.

Abrogeant abrogé Tayeb Chouiref

Fallait-il donc vraiment qu’un ouvrage, le Coran, censé traduire une sagesse universelle pour la fin des temps s’embarrasse des mœurs des tribus bédouines de l’Arabie du VIIème siècle ? Le plus comique dans tout cela est que les boissons alcoolisées font partie des douceurs qui attendent les hommes au paradis. Décidément, l’islam est une religion bien extraordinaire ! 

Al-Andalus : analyse d’un mythe (1)

Je propose une courte série d’articles constitués d’extraits de deux livres récents, dont je recommande la lecture, très documentés sur la base de sources originales, et publiés par deux personnalités versées dans l’histoire d’Al-Andalus :

« Al-Andalus, l’invention d’un mythe » de Serafin Fanjul, éd. l’Artilleur, octobre 2017

Serafin Fanjul est docteur en philologie sémitique, professeur de littérature arabe à l’université autonome de Madrid, ancien directeur du centre hispanique du Caire, membre de l’Académie Royale d’Espagne.

« Le mythe du paradis andalou » de Dario Fernandez-Morera, éd. Isibooks, avril 2017

Dario Fernandez-Morera est PhD de l’université d’Harvard, est professeur à la Northwestern University, ancien membre du National Council on the Humanities.

J’invite les lecteurs à m’indiquer d’autres sources dont ils auraient connaissance afin de confirmer ou de porter la contradiction.

NB : Afin de ne pas alourdir inutilement la lecture, les références ne sont pas indiquées mais je les communiquerai bien volontiers à toute personne qui en fera la demande.

  • Définition

« Al-Andalus : expression désignant les territoires de la péninsule Ibérique sous domination arabo-musulmane de 711 à 1492. (…) Après le renversement des Omeyyades par les Abbassides de 750 à 756, Abd al-Rahman, petit-fils du calife omeyyade déchu Hicham ibn Abd al-Malik, se réfugie d’abord en Afrique du Nord puis en al-Andalus. Il remporte la bataille d’Alameda en 756 et fonde l’émirat de Cordoue, qui permet à la dynastie omeyyade de se maintenir au pouvoir dans la péninsule jusqu’au XIème siècle. L’instabilité des royaumes de Taïfas (1031-1094) qui lui succèdent facilite alors la conquête de la péninsule par la dynastie berbère des Almoravides (1086-1145), avant que cette dernière ne soit elle-même renversée par les Almohades. La décadence de l’empire almohade, amorcée en 1212 à la bataille de Las Navas de Tolosa, accélère la Reconquista, qui s’achève le 2 janvier 1492 par la prise de Grenade. La défaite du royaume musulman de Grenade contre les rois catholiques met un terme à l’existence d’al-Andalus et marque la fin de l’Espagne arabo-musulmane. »

  • Les sources historiques

« Nous ne disposons pas jusqu’à présent (novembre 2017) d’une histoire de la littérature arabe d’al-Andalus digne de ce nom. La conséquence, presque inévitable, est que dans le cadre de notre société de consommation, l’étude des Arabes, de l’islam et d’al-Andalus dépende toujours davantage des clichés et stéréotypes (positifs ou négatifs), de la revendication d’impressions mal documentées et sans recul critique et, dans tous les cas, des va-et-vient de la mode publicitaire ou audiovisuelle. Les Espagnols n’ont toujours pas d’idée, même approximative, sur les bonnes et mauvaises choses apportées par la civilisation d’al-Andalus. »

« Des considérations politiciennes de court terme ont embrouillé davantage les rares idées claires que les Espagnols avaient à propos d’al-Andalus ou des Arabes d’aujourd’hui. Nous pensons notamment à la politique méditerranéenne, à la gestion des flux migratoires, à la nécessité (jamais avouée mais indéniable) de mettre fin à la surpopulation future des pays musulmans (ou au moins d’en réduire la gravité), aux investissements en Afrique du Nord, etc. Il s’agit d’un ensemble d’arguments concrets et tangibles auxquels nos pays sont sensibles, au détriment une fois de plus de la réflexion et de la pensée (surtout lorsqu’il s’agit d’interpréter le passé). Nous pensons que faire des concessions envers la corniche nord-africaine ne nous coûte rient tant qu’elles sont confinées au domaine de la culture, par définition très flou. »

« Revenons-en à al-Andalus. Il nous faut récapituler les différentes visions en la matière et peut-être accepter que nous ne saurons jamais quelle a été la véritable nature de cette partie de notre histoire. (…) Les peuples vieillissent, eux aussi, et les cultures meurent. Al-Andalus et l’Espagne musulmane attendent toujours d’être étudiées à l’aide d’une approche sans guirlandes ni artifices mais aussi sans sentiments de culpabilité qui nous rendent strabiques et nous obscurcissent la vue. »

  • La soif de merveilleux

« C’est dès l’époque d’al-Andalus que les exagérations, les mensonges et les divagations irrationnelles sont apparus dans les textes arabes. Des idées fantaisistes concernant al-Andalus ont été acceptées par l’historiographie arabe et ont été transmises aux musulmans quelque peu cultivés comme des vérités. Il est vrai que quiconque est un peu familiarisé avec la littérature géographique et historique arabe sait que ce type d’affabulations est généralisé et s’applique à n’importe quel pays. Mais après la perte d’al-Andalus, et la fin de la Reconquête, les Arabes ont perdu tout contact avec la réalité de l’Espagne et n’ont pas été en condition de vérifier sur le terrain la véracité de leurs litanies de déclarations extravagantes. Celles-ci ont alors formé peu à peu un discours vague, déformé et mensonger, contribuant à créer l’image d’un paradis perdu qui alimente encore aujourd’hui le souffle poétique de nombreux écrivains arabes contemporains. La traduction en espagnol de ces poèmes, souvent fidèle et excellente, ne peut en masquer la vacuité car les Arabes (exception faite, peut-être de certains Marocains) méconnaissent tout de l’Espagne réelle, passée ou présente. »

« Quelquefois, ces mêmes auteurs s’emparent de données qu’ils amplifient de manière tout à fait irrationnelle tant et si bien que les chiffres sont si abracadabrants qu’ils n’ont même pas besoin d’être commentés ou comparés à des sources dignes de foi. C’est le cas, par exemple, des 13.870 mosquées de Cordoue (dont 800 étaient censées se trouver dans le faubourg de Secunda) (…). »

« Si al-Andalus plaît autant, c’est parce qu’il constitue le moment le plus exotique de l’histoire de la péninsule ibérique, la source la plus féconde qui vienne étancher notre soif de « couleur locale ». »

À suivre…