Comment la perversion des « droits de l’homme » détruit les structures mentales traditionnelles de l’Occident et facilite son islamisation

Extraits tirés d’un livre dont la lecture est à recommander : « La loi naturelle et les droits de l’homme » de Pierre Manent, Éd. puf.

  • En Occident : le tabou de l’inégalité des cultures

« Ailleurs », nous suspendons notre jugement, car nous devons par-dessus tout nous garder de porter sur leurs mœurs « exotiques » une appréciation suggérant ou impliquant que notre forme de vie pourrait être supérieure à la leur ; « ici », nous sommes constamment pressés de juger pour réformer, et il serait inadmissible de laisser les choses en l’état car rien n’est plus urgent ni plus juste pour les hommes et les femmes que nous sommes que de reconnaître, déclarer et faire valoir nos droits, tous nos droits, les droits humains. Cette division de l’esprit caractérise la posture progressiste dans laquelle nous nous sommes installés lorsque l’empire occidental a commencé à refluer. Elle continue de dominer l’esprit public même si elle suscite un malaise croissant depuis que les « gens d’ailleurs » sont arrivés « ici » en grand nombre, et que « leurs mœurs » sont installées dans le lieu où nous agissons au lieu de caractériser seulement celui que nous regardons ou visitons.

(…)

D’une part, nous posons que les droits humains sont en principe rigoureusement universels, valant pour tous les êtres humains sans exception ; d’autre part, nous posons que toutes les « cultures », toutes les formes de vie, sont égales, et que toute appréciation qui tendrait à les juger au sens plein du terme, qui ainsi envisagerait au moins la possibilité de les hiérarchiser avec justice, serait discriminatoire, donc que tout jugement proprement dit serait attentatoire à l’égalité des êtres humains. D’une part, tous les hommes sont égaux ; d’autre part, toutes les « cultures » ont droit à un égal respect, même celles qui violent l’égalité des êtres humains, par exemple, comme c’est souvent le cas, en maintenant les femmes dans une condition subordonnée

  • L’inconséquence de l’Occident face à l’islam

Toutes les cultures sont égales parce que ce sont des êtres humains qui en sont membres et leur donnent vie ; si je rabaisse telle culture parce que les femmes y sont rabaissées, je rabaisse tous les êtres humains qui en sont membres, suscitant par mon jugement cette inégalité que je réprouvais et me proposais de combattre. Ce n’est pas un spectacle rare de voir la même personne s’indigner de la condition des femmes en régime musulman, et dans le même souffle condamner toute appréciation péjorative ou critique portée sur l’islam comme ensemble humain et forme de vie.

(…)

Nous craignons qu’en jugeant la conduite de nos concitoyens d’une « autre culture » selon le critère universel dont nous nous réclamons, nous introduisions entre « eux » et « nous » une inégalité contraire à ce critère. Non seulement ce critère n’est pleinement applicable que « chez nous », mais il ne s’applique effectivement qu’à « nous », c’est-à-dire aux citoyens qui ne viennent pas d’ailleurs. Un éminent sociologue, spécialiste reconnu de l’islam, réprouve les chrétiens qui font publiquement des réserves sur les « droits LGBT » car ils se mettent ainsi en contradiction avec les « valeurs communes européennes », mais il déclare « compatible avec nos sociétés modernes » l’islam « pas forcément libéral » des « nouvelles élites musulmanes ». Ainsi Olivier Roy réprouve-t-il explicitement chez les chrétiens ce qu’il s’abstient de juger chez les musulmans.

  • La barbarie respectable

Le « barbare » présente une double nature. D’une part, il est effectivement barbare ; ses mœurs par exemple sont gravement contraires aux droits des femmes, et on ne saurait d’aucune façon les approuver ; d’autre part, sa barbarie est la preuve que la nature humaine, ou la nature des choses humaines, ne comporte aucun principe de force et de bonté capable par lui-même d’ordonner le monde humain ; l’aberration de ses mœurs témoigne de l’errance ou de la faiblesse de la nature humaine si nous voulions y chercher la règle de notre vie. Dès lors, si nous condamnons la culture du « barbare », si nous la condamnions comme barbarie sans guillemets, nous supposerions à la fois que la nature humaine comporte une règle ou un ordre – nous supposerions qu’il y a une nature humaine, et que les hommes peuvent s’y soustraire ou aller directement à son encontre. Nous supposerions que la barbarie résulte du mauvais usage que les hommes font de leur liberté, chose impossible puisqu’elle est la forme même que leur liberté a prise ou s’est donnée. (…) La barbarie du barbare est la preuve empirique du principe sur lequel la philosophie des droits entend construire l’ordre nouveau. La plasticité illimitée de la « culture » est la preuve empirique de la faiblesse de la loi dans la vie humaine, la preuve empirique que la loi, la règle de l’action, n’est pas donnée avec le fait d’être homme, avec la nature humaine. (…) Ainsi les lois exotiques ou barbares et notre liberté illimitée se rejoignent en ceci que les premières réfutent implicitement, la seconde rejette explicitement l’idée d’une loi naturelle, c’est-à-dire l’idée d’une liberté sous la loi. (…) À l’idée chrétienne, ou biblique, d’une humanité qui commence sous la loi, et qui, obéissante ou désobéissante, reste sous la loi, se substitue celle d’une humanité qui commence dans une liberté ignorante et toute loi (…) : le citoyen moderne, en se plaçant sous la loi qu’il a produite, entend rester, selon la formule du « Contrat social », « aussi libre qu’auparavant ». En d’autres termes, la loi désormais n’a de validité ou de légitimité que si elle vise à garantir les droits humains et se borne à cette finalité.

  • L’« individu-séparé », produit du délire mental occidental

Il n’y a de naturel que ce grain de vie qu’est l’individu-vivant séparé : ce postulat se traduit par la dénaturalisation de tous les caractères distinctifs de l’être humain, qu’il s’agisse du sexe, de l’âge, des capacités ou des formes de vie. Les règles publiques comme les conduites privées sont tenues de reconnaître et de faire apparaître qu’aucun de ces caractères de ne résulte d’une détermination naturelle ni ne peut se prévaloir de l’autorité de la nature. Cette recomposition du monde humain est présentée comme la concrétisation des doits humains compris dans leurs dernières conséquences, et bien sûr comme l’accomplissement ultime de la liberté puisque chacun est désormais autorisé et encouragé à composer librement le bouquet de caractères constituant l’humanité qu’il a choisie.

(…)

La force déterminante et transformante de cet élément – l’individu-séparé – tient à ceci que tout ce qui est naturel est en lui rassemblé et concentré. Tout l’énergie et toute l’autorité de la nature sont supposées résider dans cet élément qui est à la fois simple et indéterminé. Par ces traits, il ressemble plutôt aux constituants du monde physique qu’à ceux du monde humain. Ce n’est pas l’individualité de l’individu – le contenu propre de sa particularité – qui est considérée, c’est le fait d’être un individu-séparé, un individu « en général », le fait même de la séparation. (…) Cette opération consiste dans le rassemblement et la condensation des traits ou des caractères humains dans l’individu-séparé qui quant à lui n’a rien de proprement humain : chaque individu contient ou porte toute l’humanité, et cette assomption se répète indéfiniment et indifféremment en tout individu. (…) Sa nature est dépourvue de l’amplitude intérieure et de l’indétermination qui naissent de la pluralité significative des motifs humains. Son action est déterminée d’une manière qui se passe de délibération ou de choix réfléchi, ou qui réduit ceux-ci à la portion congrue : ce qui le meut, c’est une certaine « préférence » à laquelle s’arrête, sans raison particulière, sa faculté désirante.

  • L’homosexualité, cristallisation du rejet de la loi naturelle et de la déstructuration mentale occidentale

L’orientation homosexuelle, une fois reconnue comme un fait de nature si compact et si « indifférent » qu’il échappe au discours, devient la preuve manifeste que la nature humaine ne fournit pas d’indication sur la meilleure façon de conduire la vie humaine. Considérée dans cette lumière, l’homosexualité c’est la nature qui crie qu’il n’y a pas de loi naturelle. (…) Si une législation qui ne concerne directement qu’un très petit nombre de sociétaires a pu s’imposer en nos pays de manière si rapide et comme irrésistible, elle doit cet ascendant à l’ambition que j’ai dite métaphysique d’inscrire dans la loi positive la thèse selon laquelle l’ordre humain juste ou légitime exclut toute référence à une forme ou à une finalité naturelle.

Homosexualité en pays musulman : un témoignage…

Dans un précédent article ( https://islametoccident.fr/?p=4613 ), j’ai montré comment Frédéric Mitterrand relatait lui-même de façon publique une homosexualité vénale et tiers-mondiste dans l’autobiographie « La mauvaise vie », penchants tout à fait bien connus donc lorsqu’il fut nommé Ministre de la Culture et de la Communication de Nicolas Sarkozy. Il est intéressant de noter également son expérience toute particulière dans un pays musulman, l’Indonésie. Au regard de ce témoignage, on peut s’interroger sur la profondeur de la pénétration réelle de l’islam dans certaines couches de la population.

Les extraits ci-dessous sont tirés du chapitre intitulé « Bird » (pages 293 à 344) du livre sus-mentionné :

Avertissement : âmes sensibles s’abstenir. En effet, qu’on puisse considérer que  l’islam est une religion spirituellement très pauvre, fausse ou inutile est une chose ; mais c’est autre chose d’insulter le sentiment religieux par l’étalage d’une perversion aussi abjecte qu’insultante : car, quand bien même ce récit serait véridique, il faut être sacrément tordu pour trouver un malin plaisir à faire un objet littéraire de l’association de l’orgasme sodomite avec l’appel du muezzin et la personne de Mahomet.

Djakarta n’intéresse personne, hormis les hommes d’affaires planqués dans les palaces climatisés de l’ère Suharto où ils prennent le pouls du grand malade indonésien en attendant la guérison par le retour de la corruption universelle et des marchés foireux. On la dit dangereuse, labyrinthique, pourrissoir à bandits et fanatiques de tout acabit.

(…)

Ville de Javanais musulmans qui croient aux esprits et aux sortilèges, de Chinois qui prétendent ne plus l’être et se font prudemment catholiques, de déracinés des îles lointaines entre mosaïques malaises et peuples de la mer aux ancêtres mélanésiens.

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Heidi me fixe près du Mc Do. Heidi pas comme Mitchell ou Cochran, il insiste d’emblée sur l’orthographe et j’imagine un échappé de l’Oberland bernois dans son passé, rendu fou par la chaleur et l’amour.

(…)

Je rame et j’ai l’impression d’avoir tout faux ; il s’agit sans doute de l’un de ces jeunes gens qui aiment parler aux étrangers pour le seul plaisir d’un échange amical. Je n’ai pas encore l’usage de Djakarta et je suis finalement prêt à me contenter de la vision peu encourageante des gosses faméliques draguant dans les ténèbres du parc au pied de mon hôtel et des voyous aux yeux exorbités par la colle qui me serraient dans l’affreuse boîte à pédés surpeuplée que j’ai découverte la veille. Spectacles angoissants et risques inutiles. En revanche, le malentendu avec Heidi s’estompe assez vite. On est en pays musulman, la retape exubérante n’a pas cours, une réserve minimale est de mise, mon Cicérone improvisé s’y conforme. Pourtant, je ne tarderai pas à apprendre que la ville n’est pas en reste de débordements variés et qu’à peu près tout le monde est disponible pour peu que l’on connaisse le code. Heidi sent bien que je flotte et que notre entretien tire en longueur. Il s’en tient là pour les convenances et propose de m’accompagner à mon hôtel ; il connaît les types de la sécurité et ils laissent monter les boy-friends dans les chambres. Il a dit les boy-friends au pluriel et entreprend de me présenter plusieurs de ses copains qui attendent également leur autobus ; sans me laisser le temps de réagir et de décliner cette soudaine proposition de nouvelles connaissances.

(…)

Heidi décidément connaît bien son affaire et persévère dans son casting infernal tout en me surveillant du coin de l’œil ; c’est fascinant de le voir opérer tel un épervier qui fond sur ses proies. En quelques instants, nous voilà à la tête d’une petite troupe on ne plus aimable et souriante. Il ne reste plus qu’à choisir.

(….)

La situation m’échappe ; je suis passé d’un seul coup de la conversation débat pour étudiants méritants à la perspective d’une partie fine entre inconnus ; je flaire le traquenard ; l’atmosphère ne me dit plus rien qui vaille car prétendants et public rivalisent d’exclamations et de grands rires en javanais, sans doute pour évaluer l’article blafard, froissé et transpirant qui leur est proposé ; gêne et scandale à l’horizon, tout ce que j’appréhende.

(…)

J’ai tellement envie de m’en aller et de me retrouver seul. Pourtant je me suis trompé sur leur compte ; ma résistance est agréée, l’étau se desserre, sans manifester amertume ni déception, chacun repart de son côté en souriant et le joli Chinois me glisse sa carte de visite avec portable et e-mail pour le cas où je changerais d’avis.

(…)

Je comprends qu’Heidi a seulement cru bien faire ; nous avions respecté le délai de politesse raisonnable, moi par timidité et lui par courtoisie ; ensuite le projet de passer à une seconde étape en y associant un ou plusieurs nouveaux venus s’était imposé naturellement puisqu’il pouvait désormais répondre aussi bien d’eux que de moi-même.

(…)

Nous franchissons sans encombre l’obstacle des vigiles qui regardent obstinément ailleurs à notre passage et, en refermant sur nous la porte de ma chambre, je me demande ce que je vais bien pouvoir faire de ce garçon qui ne m’attire pas beaucoup. Je suis familier de ce genre de situations, il arrive qu’un étrange souci de civilité et la crainte de décevoir m’entraînent dans de telles aventures ; au pied du mur, je ne songe plus qu’à abréger toute conversation et à m’endormir au plus vite. Heureusement, Heidi n’est pas un amant frénétique, il se prétend aussi fatigué que moi et on se couche devant la télévision comme un couple de retraités.

(…)

Bientôt nous dormons ensemble chaque nuit comme deux frères.

(…)

Heidi connaît la ville comme sa poche et les bordels n’ont pas de secret pour lui ; il voudrait absolument m’y emmener alors que je deviens de plus en plus pudique et sage.

(…)

Il revient régulièrement à la charge ; puisque je persiste à ne pas vouloir de son ami chinois, il faut que je le suive chez ces « nice boys very clean » qui brûlent manifestement de me connaître.

(…)

Il ne faut pas tarder, je repars demain matin ; je cède pour qu’il n’y ait pas de nuage entre nous et aussi parce que je voudrais tout de même voir à quoi ressemble la « very good place » qu’il a choisie pour moi. Une expérience intellectuelle somme toute plutôt amusante et le corps froid comme une bûche. Ça ne marche pas du tout comme à Bangkok ; les bordels sont répartis un peu partout dans la ville, il n’y a pas de mise en scène plus ou moins sophistiquée, et là où me conduit Heidi tout se passe dans une sorte de garage à garçons largement ouvert sur la rue où les candidats vautrés sur des matelas à même le sol regardent vaguement les habituelles séries guimauve à la télévision, échangent des plaisanteries salaces tout en feuilletant des magazines pornos remplis de filles nues. Des Chinoises et des Japonaises aux yeux débridés et au sexe recouvert d’un string couleur chair. Le patron, sa femme, leurs enfants, entrent et sortent à tout instant avec des sodas, des bols de soupe ; les marmots changent de chaîne, on rigole en famille. Aux murs des photos de sportifs et de vedettes, des portraits de Soekarno et de sa fille, en matrone à lunettes et chignon dans le style « goudou » quinquagénaire, qui est le nec plus ultra des femmes convenables, et puis aussi des chromos relatant la vie du Prophète.

(…)

Pas d’étrangers et l’impression que tout le monde se connaît. On ne s’éternise pas à faire son choix, les garçons n’émettent aucune objection, le prix est connu d’avance, le patron ou sa femme encaissent avec de grands sourires, on monte comme si on allait visiter.

(…)

Heidi est désolé. Je ne baise pas avec lui, je ne veux pas du joli Chinois, je dédaigne ces garçons qui n’ont peut-être pas très bonne mine mais sont quand même bien baraqués.

(…)

Un grand type surgit du déluge ; il porte un ciré jaune luisant de pluie, une sorte de casque de chantier par-dessus un foulard qui masque presque complètement son visage ; on dirait l’un des manifestants samouraïs des guérillas urbaines asiatiques. Heidi me donne un coup de coude ; merci, j’avais remarqué ; cette apparition soudaine a d’ailleurs réveillé l’assistance qui accueille le rescapé de la tempête avec forces salutations et rires sonores ; c’est manifestement le caïd de la bande. Il dépose sa panoplie, enlève son tee-shirt de base-ball et l’essore sur le pas de la porte tout en apostrophant ses acolytes. Trempé, torse nu et vigoureux, il exsude l’énergie, la vitalité ; la peau mate est un peu sombre ; des tatouages abstraits d’initié sur les épaules, les traits du visage marqués et les muscles saillants, un paysan qui n’a pas été démoli par la ville, bien rustique et fier de l’être quand la mode est aux poupées chantantes. La vieille poigne d’acier à laquelle je ne croyais plus s’est abattue brusquement sur ma nuque ; mes molles résolutions s’envolent, ma léthargie s’évapore ; au fond, la pluie ne va sans doute pas s’arrêter de sitôt ; dans « La mousson », Lana Turner la voyait tomber pendant des heures et cela la rendait folle ; cet endroit est finalement très sympathique, c’est mon dernier soir à Djakarta et demain je serai dans l’avion.

Il s’appelle « Bogos », ça ne s’invente pas, et il paraît que c’est un prénom très courant par ici. Heidi respire. La chambre est évidemment au-delà du sordide et le grabat de fer rouillé une bombe à tétanos. Je passe la serviette humide et dégueulasse sur la toile cirée qui recouvre le matelas pourri. Mon côté fée du logis envers et contre tout amuse le fauve samouraï qui m’observe d’un air narquois ; avec ce qu’il me réserve, à quoi bon jouer les vieilles demoiselles occidentales ; je laisse tomber mes nostalgies d’eau de Javel et je concentre ce qu’il me reste de sagesse sur quelques précautions élémentaires. La suite s’annonce quand même pas trop mal, une sorte de croisière exotique dans le vertige sidéral de notre silence et du vacarme obsédant de la pluie. Mais la bande-son nous réserve une sacrée surprise ; en plein flash, soudain, le muezzin débarque sans crier gare et appelle à la prière. Une de ces cassettes que des mains pieuses envoient plein tube. « Allah Akbar » écrase tout sur son passage et Mohammed el Rassoul, le Prophète, s’assure du terrain ; comme s’il relançait ses disciples à l’assaut des villes perverties, il fend le fleuve céleste, déborde partout dans la chambre, bat comme un ressac contre les murs ; électrochoqué, je tente de l’apercevoir par la lucarne, dans le placard, sous le lit ; omniprésent, insaisissable, le messager du Clément, le serviteur du Miséricordieux est intraitable ; il enfle avec la voix du muezzin, pompe tout l’air de la pièce, me paralyse sous l’incantation du verbe et la violence de l’attaque. Je sens qu’il darde ses yeux sur moi et j’ai l’impression de respirer son haleine. Et si mon timonier personnel, brusquement dégrisé par ce retour offensif de la foi, s’avisait de me rejeter brutalement en criant au sacrilège ? « Haram, haram », le client n’est qu’un roumi qui détourne les jeunes croyants, repoussons le péché et sus aux infidèles corrompus ; ça ne doit pas plaisanter avec la religion et la protection des bonnes mœurs sur les hauts plateaux de Java ; des barbus au regard fou, des fillettes en hijab défilent devant moi, ils réclament le châtiment du ciel pour ramener le jeune égaré sur le droit chemin et piétiner l’impie comme une bête venimeuse. Mais non, mon Bogos a les idées larges et tout ce boxon l’amuse ; il tape en souriant contre la paroi près du lit pour me montrer que le muezzin psalmodie de l’autre côté, la cloison est mince comme une feuille de papier, nous collons à la mosquée du quartier ; ça ne me rassure pas, les fidèles ont dû nous entendre, un peu plus et on se retrouvait en plein minaret. Il se tord de rire devant ma réaction, je prends sur moi pour avoir l’air d’attendre plus calmement la fin de cet autre orage ; lui, couché qui m’observe en continuant à se marrer et moi, assis sur le rebord du lit, encore aux aguets. Bientôt la cassette pile sur un dernier « Allah Akbar », l’appel à la prière s’achève et le muezzin se tait, le Prophète, le barbu et les fillettes sortent de la chambre et réintègrent la mosquée, c’est à eux maintenant d’être envahis par les odeurs de cuisine de la patronne et les hurlements des teenagers qui accueillent des idoles de la chanson sur Canal Indonesia. Il me semble que le pluie se fait moins forte ; j’ai eu peur, je me sens seul étrangement mélancolique, le cœur lourd d’être si loin ; le garçon devine-t-il quelque chose ? Il me serre dans les bras, très doucement, il me chantonne à l’oreille des sourates du Coran comme s’il me disait des mots tendres. En arabe et sans savoir que c’est un peu mon autre langue.

Homosexualité et islam : un pacte germano-soviétique ?

Face à l’apathie du judaïsme et du christianisme au regard de la promotion institutionnelle de l’homosexualité en France aujourd’hui, on peut se demander ce qu’il va en être avec l’islam, qui considère également l’homosexualité comme une abomination. Certes l’islam profite à plein aujourd’hui de la défense de toutes les « diversités » pour revendiquer pour sa part contre la société laïque l’autorisation du port du voile islamique en toutes occasions, ainsi que de la burqa (la loi n’étant d’ailleurs pas appliquée comme chacun peut le constater), la séparation des hommes et des femmes dans certains lieux publics (ex. piscine) via des horaires adaptés, etc. Mais qu’en sera-t-il lorsque l’islam aura eu raison d’ici quelques années de cette laïcité française moribonde ? L’islam va-t-il faire « ami-ami » avec la ligue LGBT ? Ne pourrait-on pas déjà tenter l’expérience d’aller planter des drapeaux LGBT (qui poussent comme des champignons aujourd’hui dans le quartier du Marais) à Saint-Denis ou à Aubervilliers, juste pour voir ?

Pour comprendre l’évolution de notre société et ce qui, pour certains, constitue de simples fredaines ou même un comportement devenu anodin puisque objet de littérature, il peut être utile de relire l’autobiographie « La mauvaise vie » écrite par Frédéric Mitterrand, qui y décrit le tourisme homosexuel qu’il pratiquait en Thaïlande (notamment dans le quartier de Patpong à Bangkok), profitant de la misère de certains couches de la population thaïlandaise réduites à ce triste commerce, celui-ci n’ayant visiblement pas trouvé en France le matériel et l’exotisme qu’il recherchait. Et si Frédéric Mitterrand a nié des penchants pédophiles, on peut s’interroger sur les sentiments qu’il nourrissait à l’égard non pas de ceux qu’il aurait pu appeler « de beaux hommes » mais qu’il appelait ses « garçons ».

Il est important de noter que ce livre a été publié aux éditions Robert Laffont en mars 2005. Les mœurs de Frédéric Mitterrand ainsi rendues publiques n’ont semble-t-il pas handicapé sa nomination comme directeur de l’Académie de France à Rome (2008-2009) puis surtout sa nomination comme ministre de la Culture et de la Communication pendant 3 ans (juin 2009 à mai 2012), c’est-à-dire comme représentant devant le monde des valeurs françaises, dans un contexte de valorisation de l’homosexualité qui s’est finalement conclu par l’adoption en 2013 de la loi autorisant le mariage homosexuel.

PS : On attend avec impatience l’autobiographie de son comparse Jack Lang !

Les extraits ci-dessous sont tirés du chapitre intitulé « Bird » (pages 293 à 344) du livre susmentionné :

Dans chaque club, les garçons se tiennent sur la scène très éclairée par petits groupes de quatre ou six ; ils portent la tenue distinctive de l’établissement et de sa spécialité, minimale et sexy : maillot 1900 à bretelles ou cycliste pour les athlètes, boxers shorts, slips, strings pour les minets ou pseudo-voyous, les follassons ont droit à des mini-jupes. Ils demeurent immobiles, silencieux, corps bien droit et jambes légèrement écartées, l’air absent ou souriant selon la classe du club où la catégorie supérieure demanderait plutôt qu’ils se montrent impassibles, au moins en début de soirée, et tous le regard perdu vers la semi-obscurité de la salle en contrebas, la pénombre d’où la clientèle les observe en se faisant servir des verres. Le numéro est accroché à l’aine, en évidence. La plupart d’entre eux sont jeunes, beaux, apparemment épargnés par la dévastation qu’on pourrait attendre de leur activité. J’apprendrai plus tard qu’ils ne viennent pas tous les soirs, sont souvent étudiants, ont une petite amie et vivent même parfois avec leur famille, qui prétend ignorer l’origine de leur gagne-pain.

(…)

Quand l’un des serveurs vient leur glisser à l’oreille qu’ils ont été choisis, ils cochent une petite case sur un tableau avant de se diriger vers le bar d’un air parfaitement dégagé et les autres garçons se gardent poliment de commenter la transaction qui s’ébauche.

(…)

Une fois que la réservation a été confirmée, après une présentation qui s’éternise rarement, le garçon se rhabille prestement en coulisses, et revient ; il n’y a plus qu’à régler les consommations, la commission au club due par le client et à sortir au milieu des courbettes, des marionnettes grimaçantes qui font office de loufiats et lancent d’une voie suraiguë : « Good night Sir, see you again ». On peut prendre deux garçons, ou même plusieurs, aucune objection la réponse est toujours : « I want you happy ». Contrairement à une assertion généralement colportée, il y a peu de ruines sexuelles occidentales parmi le public, la clientèle est en majorité locale, d’âge moyen, bien convenable et sort en bande légèrement arrosée au whisky-coca.

(…)

Il existe certainement des établissements de ce genre ailleurs qu’enThaïlande ; Amsterdam ou Hambourg ; mais j’ai mis trop longtemps, je viens de trop loin, je dois absolument continuer, pousser bien plus en avant pour parvenir à mes fins ; je ne veux pas courir le risque de rencontrer des garçons qui m’en rappelleraient d’autres, d’être confronté à des situations qui resteraient familières, d’entendre des paroles que je pourrais comprendre. Il me faut l’inconnu, la terre étrangère, le pays sans repère. Là où on ne saura jamais rien de moi, il existe une chance, si ténue soit-elle, que j’obtienne l’abandon et l’oubli, la rupture des liens et la fin du passé. Le choix.

(…)

Mon garçon enlève brusquement son tee-shirt comme il doit le faire au sport sans même se rendre compte de la grâce virile de son mouvement et il secoue la tête pour remettre en place ses cheveux ébouriffés par l’encolure. Cette vision me tétanise un peu plus tandis que je l’observe depuis la porte ; je suis incapable de m’approcher de lui, de desserrer l’étau qui m’écrase la nuque et de maîtriser les frissons qui me prennent. J’avais oublié depuis longtemps des sensations si violentes. Bizarrement, il a plus de mal à retirer son pantalon et son caleçon américain, il évite mon regard, un fond de pudeur, une ombre d’inquiétude peut-être devant mon comportement qui doit lui paraître exagéré, insolite.

(…)

Tout est impeccable, aussi bien dessiné que le reste. D’où vient cette légende qui voudrait que leur sexe soit d’une taille ridicule ? Je peux attester du contraire même si je ne suis pas un fanatique des comparaisons superlatives qui occupent tant les conversations de certains pédés. Je sors de ma stupeur, je pose sur ses habits quelques billets défroissés, nettement plus que la juste somme indiquée par le manager du club, mais il ne semble pas y prêter attention. Aussi étrange que cela puisse paraître, la prostitution est un tabou dans ce pays, à tel point que le mot qui pourrait la désigner n’existe même pas.

(…)

Avec un petit signe de la main, il m’indique la salle de bains, passe devant mois sans me toucher, déchire d’un coup de dents l’étui de cellophane qui emballe les serviettes et le gant de toilette et commence à se doucher en m’invitant de la tête à le suivre.

(…)

Je me déshabille et le rejoins sous la douche ; au cas où il se poserait encore des questions sur l’effet qu’il me fait, elles n’ont plus de raisons d’être et il me savonne gaiement, cette fois bien rassuré.

(…)

Nous nous essuyons avec mille précautions ; il suffirait d’un rien pour que mon corps me trahisse et que j’en aie fini. D’un seul coup. Je ne sais pas s’il pense comme moi que ce serait trop bête mais il admet tout à fait que je prenne mon temps et il me laisse l’initiative. Je n’ose pas encore l’embrasser, mais je le caresse, je le touche et il en fait autant. Nous regagnons la chambre ; ils ont décidément tout prévu, un rhéostat permet de tamiser les lumières. Alors que nous sommes étendus, je tente un baiser sur les lèvres du garçon, j’avais bien tort d’hésiter, il embrasse merveilleusement bien, sans doute avec la même adresse qu’avec sa copine, il y revient autant que je le souhaite, lèvres fraîches, langue en profondeur, salive salée de jeune mâle sans odeur de tabac ni d’alcool. Sa peau est d’une douceur exquise, son corps souple se plie quand je l’effleure et quand je le serre et j’ai l’impression qu’il éprouve du plaisir en quelque endroit que je le touche. Le fait que nous ne puissions pas nous comprendre augmente encore l’intensité de ce que je ressens et je jurerais qu’il en est de même pour lui. Ce qui ne m’empêche pas de parler, de lui dire des mots tendres, qu’il reprend à la volée et répète en désordre avec de grands rires. Il me lèche avec une délicatesse extraordinaire et je vois sa nuque, son dos, son cul dans la glace au plafond, la masse aux reflets bleus de ses cheveux quand je baisse la tête pour regarder son visage si attentif à ce que j’éprouve. Je ne sais d’où il a sorti les capotes, mais il nous les enfile en un clin d’œil et avec une dextérité de voleur à la tire. C’est lui qui décide désormais, et ça se complique un peu ; son corps me tient tout entier, son sourire découvre ses dents serrées, ses yeux sont fixés dans les miens, mais sans aucune dureté dans le regard ; avec une lueur de ruse malicieuse et de joie comme s’il s’étonnait le premier de ce qu’il est en train de faire. Il y a des choses que je n’assume plus depuis une mauvaise expérience avec un Marocain, il y a trente ans dans un sauna. C’était un ouvrier immigré, assez beau gosse, qui ne pensait qu’à son plaisir et se vengeait de tout le reste, en bon macho, de la lutte des classes au bout du zob enfoncé jusqu’à la garde dans le cul des jeunes bourgeois. Il m’avait blessé, infecté d’une maladie, souffrance tenace et secrète dont j’ai mis des mois à me guérir. Je n’ai plus recommencé. Mais là, c’est différent, je n’ai même pas mal, je le laisse m’emmener où il veut, pourvu que ce soit avec lui ; il est devenu mon homme.

(…)

Je suis pris d’un sentiment immense de compassion et de tendresse à son égard, à le voir si docile et démuni, alors qu’il m’avait paru le plus libre et le plus fort de tous, le jeune roi des clubs couché avec un autre salaud de menteur étranger en attendant que cela passe ; ma honte comme un chagrin d’enfance glisse sur son silence et son corps nu, enveloppe ses pauvres vêtements si bien pliés sur la télévision et ne trouve pas les mots qu’il ne comprendrait pas d’ailleurs ; mon désir s’évanouit à la vitesse du skytrain qui le ramènera tout à l’heure vers sa banlieue pourrie, une poignée de bahts dans la poche à dépenser aussitôt en babioles inutiles. Dehors, j’entends les chauffeurs de taxi et les loufiats qui s’invectivent dans un bruit de crécelle ; je sens l’odeur d’essence et d’huile du parking qui dégorge du ventilateur. Il n’y a plus un soupçon de joie ni d’émotion dans cette chambre ripolinée de fausse clinique. Trente ans de mauvaise baise pour en arriver là. Je me retire gentiment, allons ce n’était qu’un jeu, rien de grave, nous n’aurons jamais de chance ; il s’essuie les yeux, les rouvre, se remet à sourire tandis que je me tourne de côté et plonge à toute allure, inerte, comme une pierre dans le miroir. A-t-il deviné que je l’ai vraiment aimé le temps d’un éclair et que j’ai eu tant pitié de lui, de moi de toute cette histoire qu’il ne m’était pas possible de continuer et de laisser comme ça dans un tel abandon. Pourtant, je le sens encore contre moi, il tapote de ses doigts le long de mon dos et gazouille des bouts de paroles en français qui ressemblent de moins en moins à celles de tout à l’heure. Il n’a sans doute rien senti, j’ai dû me raconter encore un de ces romans, nous voilà seulement revenus chacun dans notre monde. Après on s’est endormis. Tout de même, il avait dû se passer quelque chose pour qu’on se sente tellement épuisés. Quand on s’est quittés, les boîtes avaient fermé les marchands pour touristes faisaient un vacarme infernal en rangeant leur camelote dans les containers en fer.

(…)

En partant, il s’est retourné en me décochant une dernière fois son incroyable sourire et il m’a montré du doigt la petite rue du club, j’ai senti qu’il me donnait sans doute rendez-vous pour les autres soirs, et puis il a disparu très vite en me laissant à la nuit où je l’avais trouvé. Je suis reparti pour Paris quelques heures plus tard. Je pense souvent à lui, j’espère que personne ne lui a fait de mal ; chaque fois que je vais avec un garçon, je le revois au moins un instant, devant moi, dans l’affreuse chambre fermée comme un bunker et j’ai l’impression de le trahir, lui, là-bas, si loin, mon garçon de Patpong.

« Marche des fiertés » : certes, mais fierté de quoi précisément ? (suite)

En complément au précédent article http://islametoccident.fr/?p=4500 , une autre version, humoristique mais inspirée de faits bien réels, de l’évolution de notre société et de son rapport à la religion. Au-delà de l’humoriste, dont on connaît le caractère sulfureux et polémique, un débat sérieux ne mérite-t-il pas d’être ouvert ?

https://www.youtube.com/watch?v=yu01EqWa2O0

Vers une marche de la fierté musulmane ?

Pour faire resplendir la culture française dans le monde à l’occasion de la fête de la musique 2018, Brigitte Macron, sans doute imprégnée des valeurs catholiques universelles enseignées au Lycée jésuite Saint-Louis de Gonzague de Paris où elle fut professeur de français pendant 8 ans, a poussé son jeune mari à inviter dans le lieu hautement symbolique du palais de l’Élysée, plusieurs passeurs de musique électronique dont « Kiddy Smile » et ses danseurs. Rien ne semble avoir manqué à cette soirée festive, et personne ne vint troubler la fête alors qu’ils étaient en train.

Cette soirée, objet d’une promotion institutionnelle au plus haut sommet de l’État français, et que le monde entier nous envia, fut le prélude à la marche des fiertés inter-LGBT organisée quelques jours après à Paris et qui défendit haut et fort les nouvelles couleurs de la culture française dans le droit fil de Molière, Racine, Hugo, Balzac, Debussy, Ravel, la troupe de danse de l’Opéra Garnier, et de tant d’autres (NB : photos officielles 2017).

Face à cet aboutissement ultime et grandiose des valeurs de la société occidentale, il n’est pas impossible que les musulmans réclament un jour une marche de la fierté musulmane, sur une base sans doute toute différente si l’on en juge par ce rappel des valeurs largement partagées au sein de la communauté musulmane (ici par exemple en Norvège).

Normal muslims in Occidental country

Pas sûr que tous ces gens-là deviennent un jour copains comme cochons.

Yves Saint-Laurent aurait-il pu être musulman ?

Yves Saint-Laurent a eu une vie pour le moins sexuellement agitée et assez peu conforme semble-t-il aux préceptes de la doctrine de l’islam.

Ce témoignage récent (2018) permet sans doute d’analyser plus précisément ces moeurs au regard des principes de la chari’a islamique et de la voie de salut que cette dernière propose.

https://www.youtube.com/watch?v=QjvHdOPMwXg

https://www.youtube.com/watch?v=ZDOwQeThoiU

Fake news ?

Comment va réagir l’islam face à l’homosexualité institutionnelle ?

L’islam condamne sévèrement l’homosexualité. Il sera intéressant de voir ce que l’avenir réserve étant donné la promotion institutionnelle de l’homosexualité qui envahit la société française comme on le voit de plus en plus à Paris mais aussi dans certaines grandes villes françaises : passages piétons, affiches, etc.

« Marche des fiertés » : certes, mais fierté de quoi précisément ?

On sait que les religions monothéistes condamnent toutes fermement l’homosexualité, et l’islam encore plus que toute autre :

Coran, sourate 26, versets 165 & 166 : « Accomplissez-vous l’acte charnel avec les mâles de ce monde et délaissez-vous les épouses que votre Seigneur a créées pour vous ? Vous êtes un peuple transgresseur. »

Jurisprudence chaféite (une des 4 principales écoles juridiques de l’islam sunnite – pas la plus rigoriste –) : « Le Prophète a dit : (1) « Tuez celui qui sodomise et celui qui est sodomisé. » ; (2) « Que Dieu maudisse celui qui fait ce que faisait le peuple de Lot. » ; (3) « Le lesbianisme est l’adultère entre les femmes. » »

Inutile par ailleurs de revenir sur la pénalisation de l’homosexualité dans tous les pays musulmans du monde aujourd’hui.

  • Les musulmans et les LGBT vont-ils faire bon ménage en France ?

Dans un contexte d’expansion continue de l’islam en France, il est donc intéressant de s’interroger sur l’avenir que nous prépare la promotion institutionnelle de l’homosexualité et de toutes les « diversités » sexuelles par le système politique et médiatique, le cocktail islam-LGBT s’annonçant détonant car il est peu probable que le projet LGBT de destruction de toute notion d’identité naturelle (« imposée » par la nature) au profit d’une identité uniquement choisie ne séduira guère les musulmans.

Ainsi, invité sur le plateau de l’émission « Arrêt sur images » du 28 juin 2018, Arnaud Gauthier-Fawas, administrateur de l’inter-LGBT en charge de l’organisation de la « Marche des fiertés » (ex-gay pride) à Paris s’est exprimé de façon pour le moins étonnante (sans d’ailleurs être contesté par les représentants des autres courants de la « diversité » sexuelle d’aujourd’hui) :

ASI 180630 Marche des fiertés Extrait 1

« Je ne suis pas un homme. (…) Il ne faut pas confondre identité de genre et expression de genre. »

« Je ne suis pas blanc. Je suis à moitié libanais. »

  • Un communautarisme LGBT ?

Si le communautarisme est inné dans l’islam puisque clairement énoncé par le Coran, on peut craindre que celui-ci ne heurte de plein fouet celui de la communauté LGBT qui ne semble pas en reste de ce côté-là puisque, semble-t-il, tout le monde sur le plateau semble par exemple regretter peu ou prou que le quartier du Marais ne soit plus un quartier homosexuel :

ASI 180630 Marche des fiertés Extrait 2

  • Conclusion

Le phénomène de rejet destructeur de sa propre identité naturelle animale (mâle/femelle) qui constitue la quintessence du mouvement LGBT, – rendu possible par une « intelligence » humaine dont l’histoire a montré qu’elle peut tout justifier (la raison étant loin pourtant d’être la mesure de toute chose) –, est un cas bien singulier dans l’éthologie du règne animal.

Toute idée d’ordre naturel est en effet abandonnée au profit d’un « ressenti individuel » idéalisé et transformé en vérité, ressenti dont on peut se demander s’il n’est pas surtout l’enfant d’une émotivité narcissique et égocentrique qui ne fait que magnifier une subjectivité éminemment relative, résidu infantile d’un moi qui ne supporte pas qu’on lui impose des limites.

La volonté de puissance de ce nouveau moi se traduit par une déstructuration explosive de l’identité qui éclate en un feu d’artifices des genres comme chez Tinder qui propose en version anglaise (par ordre alphabétique) : Agender ; Androgyne ; Androgynous ; Bigender ; Female to Male ; FTM ; Gender Fluid ; Gender Nonconforming ; Gender Questioning ; Gender Variant ; Genderqueer ; Male to Female ; MTF ; Neither ; Neutrois ; Non-binary ; Other ; Pangender ; Trans ; Trans Man ; Trans Person ; Trans Woman ; Transfeminine ; Transgender ; Transgender Female ; Transgender Male ; Transgender Man ; Transgender Person ; Transgender Woman ; Transmasculine ; Transsexual ; Transsexual Female ; Transsexual Male ; Transsexual Man ; Transsexual Person ; Transsexual Woman ; Two-Spirit. Il n’est pas dit ce qui se passe lors de rencontres entre deux personnes appartenant à des identités différentes.

S’il est indéniable que cette nouvelle conception de la nature humaine offre un champ d’étude prodigieux à la psychanalyse, on peut en revanche craindre par exemple que ceci soit le prélude à l’ouverture de la morale publique admise  à l’inceste et à la pédophilie puisque chacun revendique finalement à devenir son unique et propre juge.

Le changement essentiel de modèle de société humaine que cette conception sous-tend et qui s’oppose de front à toutes les valeurs des grandes religions terrestres pique la curiosité tant les perspectives ouvertes par cette évolution quant à l’avenir de l’humanité sont stupéfiantes (la mort bornant heureusement toujours le champ de l’expérimentation humaine).

Affaire Boutin : « L’homosexualité est une abomination »

Contexte : http://islametoccident.fr/?p=4151

  • Les faits

Dans une interview publiée dans la revue trimestrielle « Charles », parue le 2 avril 2014, Christine Boutin disait : « l’homosexualité est une abomination ». Poursuivie par des associations de défense de la « diversité sexuelle » (Le Refuge,  Mousse et Inter LGBT), Christine Boutin fut, dans un premier temps, condamnée par la justice pour incitation à la discrimination et à la haine au titre de l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881.

Le jugement a finalement été cassé le 9 janvier 2018 par la Chambre Criminelle de la Cour de Cassation  qui a considéré que les propos de Christine Boutin entraient dans le cadre de la liberté d’expression en notant d’ailleurs que « Mme Boutin s’était limitée à exprimer l’opinion largement partagée par les trois religions monothéistes », opinion religieuse dont on peut noter qu’elle s’accorde avec l’ordre naturel voulu par Dieu selon ces religions puisque l’homosexualité est par essence même stérile et ne peut donc en aucun cas assurer la survie de l’espèce, principe de base du fonctionnement naturel du règne animal et humain.

On peut noter à ce titre que la presse française ne s’est guère attardée sur cette relaxe définitive contrairement à la large publicité assurée à la condamnation initiale, ce qui est un cas d’étude intéressant de déontologie journalistique, les médias adorant se moquer d’elle sans se pencher sérieusement sur le contenu de ses propos.

  • L’« abomination » dans l’Ancien Testament

Les associations demandeuses arguaient qu’utiliser le terme « abomination », c’est condamner à mort. En effet, selon ces associations, Christine Boutin « a répété [ce mot] sans le nuancer, sachant parfaitement, en tant que personnalité politique influente, ex présidente du parti chrétien démocrate, catholique pratiquante connaissant parfaitement la Bible et le sens du Lévitique dont est issue cette expression, sa signification d’exécration, haine, détestation, dégoût profond, répugnance, et renvoyant par extension à l’infamie, le crime, l’atrocité, la monstruosité, ou encore le comble du mal, et qui renvoie dans le texte biblique à la condamnation à mort des homosexuels ».

La condamnation de l’homosexualité par Dieu figure dans l’Ancien Testament avec la destruction symbolique de Sodome et Gomorrhe.

Genèse 19, 13. Nous allons en effet détruire ce lieu, car grand est le cri qui s’est élevé contre eux à la face de Yahvé, et Yahvé nous a envoyés pour les exterminer.

Genèse 19, 24-25. Yahvé fit pleuvoir sur Sodome et sur Gomorrhe du soufre et du feu venant de Yahvé, et il renversa ces villes et toute la Plaine, avec tous les habitants des villes et la végétation du sol.

Si la pratique homosexuelle est condamnée et sanctionnée à cette occasion, il faut néanmoins remarquer qu’il s’agit d’une condamnation globale d’une cité (jusqu’à la végétation) et non de l’expression d’un principe d’extermination individuelle des individus ayant des pratiques homosexuelles à suivre jusqu’à la fin des temps. Il s’agit en outre d’un châtiment imposé par Dieu lui-même, car les hommes ne sont pas appelés à exterminer les homosexuels ici-bas mais à s’éloigner le plus possible de leurs pratiques, la situation étant différente dans d’autres cas de figure mentionnés par les textes juifs, en particulier lorsqu’il s’agit de venir à bout de la croyance terrestre en d’autres dieux, péché ultime.

Deutéronome 13, 13 à 17. Si tu entends dire que dans l’une des villes que Yahvé ton Dieu t’a données pour y habiter, des hommes, des vauriens, issus de ta race, ont égaré leurs concitoyens en disant : « Allons servir d’autres dieux », que vous n’avez pas connus, tu examineras l’affaire, tu feras une enquête, tu interrogeras avec soin. S’il est bien avéré et s’il est bien établi qu’une telle abomination a été commise au milieu de toi, tu devras passer au fil de l’épée les habitants de cette ville, tu la voueras à l’anathème, elle et tout ce qu’elle contient, tu en rassembleras toutes les dépouilles au milieu de la place publique et tu brûleras la ville avec toutes ses dépouilles, l’offrant tout entière à Yahvé ton Dieu. Elle deviendra pour toujours une ruine, qui ne sera plus rebâtie.

En tout état de cause, il s’agit de textes religieux à tout le moins historiques et surtout symboliques, et qui ne constituent en aucune façon un code permanent applicable aux contrevenants. Ce qui reste en revanche de façon permanente, c’est la répugnance que doivent inspirer ces pratiques. En effet, le terme d’« abomination » reproché à Christine Boutin car considéré comme une incitation à la haine est un terme générique voulant dire « horreur inspirée par ce qui contrevient aux prescriptions de Dieu ». Dans beaucoup de cas, ce terme est surtout associé à la nécessité de s’éloigner de pratiques impures. Ainsi, le terme d’abomination recouvre de nombreuses autres situations dans l’Ancien Testament (nudité, règles des femmes, travestissement, etc. : voir quelques exemples ci-après), bien loin d’une condamnation spirituelle et morale qui ne concernerait que la seule homosexualité.

Lévitique 18, 6. Aucun de vous ne s’approchera de sa proche parente pour en découvrir la nudité. Je suis Yahvé.

Etc.

Lévitique 18, 19. Tu ne t’approcheras pas, pour découvrir sa nudité, d’une femme souillée par ses règles.

Lévitique 18, 20 à 23. À la femme de ton compatriote tu ne donneras pas ton lit conjugal, tu en deviendrais impur. Tu ne livreras pas de tes enfants à faire passer à Molek, et tu ne profaneras pas ainsi le nom de ton Dieu. Je suis Yahvé. Tu ne donneras ta couche à aucune bête ; tu en deviendrais impur. Une femme ne s’offrira pas à un animal pour s’accoupler à lui. Ce serait une souillure.

Lévitique 18, 26-27. Mais vous, vous garderez mes lois et mes coutumes, vous ne commettrez aucune de ces abominations, pas plus le citoyen que l’étranger qui réside parmi vous. Car toutes ces abominations-là, les hommes qui ont habité ce pays avant vous les ont commises et le pays en a été rendu impur.

Lévitique 18, 29. Oui, quiconque commet l’une de ces abominations, quelle qu’elle soit, tous les êtres qui les commettent, ceux-là seront retranchés de leur peuple.

Lévitique 18, 30. Gardez mes observances sans mettre en pratique ces lois abominables que l’on appliquait avant vous ; ainsi ne vous rendront-elles pas impurs. Je suis Yahvé, votre Dieu.

Deutéronome 17, 1. Tu n’immoleras pas à Yahvé ton Dieu une pièce de gros ou de petit bétail qui ait une tare ou un défaut quelconque, car Yahvé ton Dieu a cela en abomination.

Deutéronome 22, 5. Une femme ne portera pas un costume masculin, et un homme ne mettra pas un vêtement de femme : quiconque agit ainsi est en abomination à Yahvé ton Dieu.

Deutéronome 23, 19. Tu n’apporteras pas à la maison de Yahvé ton Dieu le salaire d’une prostituée ni le paiement d’un chien, quel que soit le vœu que tu aies fait : car tous deux sont en abomination à Yahvé ton Dieu.

Proverbes 3, 31-32. N’envie pas l’homme violent, ne choisis jamais ses chemins, car les pervers sont l’abomination de Yahvé, lui qui fait des hommes droits ses familiers.

Proverbes 6, 16 à 19. Il y a six choses que hait Yahvé, sept qui lui sont en abomination : des yeux hautains, une langue menteuse, des mains qui répandent le sang innocent, un cœur qui médite des projets coupables, des pieds empressés à courir au mal, un faux témoin qui profère des mensonges, le semeur de querelles entre frères.

Proverbes 11, 20. Abomination pour Yahvé : les cœurs tortueux ; il aime ceux dont la conduite est honnête.

  • L’« abomination » dans le Nouveau Testament

L’emploi de ce terme apparaît rarement (cf. ci-dessous) dans les textes chrétiens qui abandonnent ou se désolidarisent de façon générale de la vision juive essentiellement répressive pour se tourner vers la tolérance et le pardon (ce qui n’exclut par le jugement moral).

Matthieu 24, 15. Lors donc que vous verrez l’abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel, installée dans le saint lieu (que le lecteur comprenne !)

Marc 13, 14. Lorsque vous verrez l’abomination de la désolation installée là où elle ne doit pas être (que le lecteur comprenne !) alors que ceux qui seront en Judée s’enfuient dans les montagnes,

Apocalypse 17, 4. La femme, vêtue de pourpre et d’écarlate, étincelait d’or, de pierres précieuses et de perles ; elle tenait à la main une coupe en or, remplie d’abominations et des souillures de sa prostitution.

Apocalypse 17, 5. Sur son front, un nom était inscrit – un mystère ! – « Babylone la Grande, la mère des prostituées et des abominations de la terre. »

Apocalypse 21, 27. Rien de souillé n’y pourra pénétrer, ni ceux qui commettent l’abomination et le mal, mais seulement ceux qui sont inscrits dans le livre de vie de l’Agneau.

  • L’argument de l’« essentialisation » : la personne de l’homosexuel se résumerait de facto à son homosexualité

Les associations de défense de la « diversité sexuelle » tentent semble-t-il d’« essentialiser » les homosexuels en les structurant fondamentalement autour de leur sexualité afin de pouvoir prétendre que critiquer leur sexualité revient à s’attaquer à leur personne, comme en témoignent les affirmations suivantes citées en justice :

« Il n’y a pas de condamnation de l’homosexualité sans condamnation des homosexuels : les attaques portées contre une conduite constituant un aspect qui définit précisément l’identité d’un groupe doivent être assimilées à une attaque contre le groupe lui-même et les personnes qui le constituent. »

« Il existe un lien indissociable entre l’orientation sexuelle et la conduite sexuelle : l’orientation sexuelle n’est pas seulement un comportement mais définit également la personne de sorte que de condamner l’orientation sexuelle revient à condamner la personne. »

Ces associations défendent en effet que l’homosexualité, différente en cela de la religion, serait subie et non choisie :

« L’homosexualité n’est pas une théorie qui pourrait être critiquée et discutée indépendamment de ce que sont les homosexuels eux-mêmes, puisqu’on ne choisit pas d’être homosexuel. »

« La liberté de vivre son orientation sexuelle ne ressortant pas de la liberté de conscience, aucune comparaison n’est possible avec la critique d’une religion à laquelle on adhère, dissociable de celui qui la pratique.»

Au-delà de l’emploi du terme de novlangue « orientation sexuelle », qui signifie tout simplement « sexualité » (l’emploi du terme « orientation » ayant pour principal objectif de rendre par avance inapproprié, voire tabou, tout jugement moral via la connotation scientifique du mot – à ce compte-là, la pédophilie ne devient-elle pas également une orientation sexuelle légitime, à l’instar du sado masochisme, autre orientation sexuelle ? –), il est intéressant de noter que, pour ces associations, la liberté de critiquer les religions est implicitement totale puisque, a contrario de celle de l’homosexualité, la critique des religions ne concernerait en aucune façon selon elles la personne même du croyant.

Ce désintérêt religieux n’est guère étonnant puisque ces associations, d’esprit par essence athée, ne semblent guère préoccupées par le fait de donner un sens au monde terrestre en dehors de la satisfaction des pulsions et désirs de toutes sortes expérimentés ici-bas et dont l’imagination humaine a le secret, dans le cadre d’une jouissance qui répugne en réalité à toute idée de morale ainsi qu’à l’idée d’une autorité pour en décider et en juger, répugnance libertaire dont on peut se demander d’ailleurs si elle ne conduit pas inéluctablement à terme par exemple à la justification progressive de la pédophilie (cf. les débats actuels sur la question du viol des enfants en France en rapport avec l’âge).

En effet, dans cette lutte idéologique qui consiste à vouloir positionner sur le même plan moral toutes les sexualités, l’homosexualité ne devient-elle pas de facto la sœur aînée de la pédophilie et de toutes les pratiques sexuelles autres que le coït naturel homme-femme puisque toutes ces pratiques sont censées, d’après ces associations, répondre à un impératif naturel irrépressible qui les légitime ? Car, avec cette vision, à quel titre finalement condamner, par exemple, et sans recourir à ce qui serait dénoncé comme de l’arbitraire s’opposant au « vécu », une relation sexuelle entre un adulte et un enfant qui serait consentant ? Quel mal y a-t-il puisque, ainsi, la nature s’exprime dans chacun d’entre nous ?

Par ailleurs, l’idée que la religion serait forcément choisie n’est, elle aussi, qu’une simple opinion, un postulat : on peut en effet défendre tout aussi bien que la foi s’impose à l’individu (même s’il peut lui arriver d’en changer) jusqu’à en faire parfois sa raison de vivre. La foi est la réponse apportée dans cette quête essentielle de sens face à la mort, quelle que soit la façon dont on peut par ailleurs tenter de la justifier par la raison. Cette quête s’impose à certains individus afin de répondre à leur angoisse existentielle et prendre ainsi la forme de religion ou de croyance. Quant à ceux qui ne croient en rien et nient l’existence de tout ce qui serait autre que la simple matière, c’est-à-dire les athées, il est amusant de voir comment ils peuvent finalement craindre la mort et le néant, et gesticulent d’inquiétude à l’instant fatidique, eux qui devraient y être totalement indifférents s’ils étaient cohérents.

Quoiqu’il en soit, sous prétexte que l’on ne choisirait pas sa sexualité, voir critiquer son comportement serait ainsi être attaqué dans la dignité de sa personne ? Raisonnement qui semble absurde car, à ce compte-là, faudrait-il aussi trouver louable ou acceptable le comportement du pédophile, du zoophile, du cleptomane, du tueur ou du violeur en série, de l’alcoolique, etc., au prétexte qu’ils n’y peuvent rien et que cela était forcément inscrit dans leurs gènes ? Et pour autant qu’il n’y ait effectivement pas liberté de choix, ce qui est de toutes les façons indémontrable, n’y a-t-il pas toujours liberté de renoncer (certes parfois difficile à exercer car exigeant un grand courage), sauf à réduire l’homme à l’expression mécanique de ses instincts animaux ? Philippe Arino, lui-même homosexuel, évoque largement et avec profondeur cette question dans ses ouvrages ou sur son blog « L’araignée du désert ».

  • Les arguments détestables : les motivations politiques

Après les arguments au fond, qui devraient seuls être suffisants pour permettre de trancher le débat, terminons par les arguments de circonstance mentionnés par les associations, arguments détestables puisqu’ils cherchent à faire condamner une personne indépendamment du fait que ses propos soient condamnables au fond, et ce pour des raisons purement politiques :

« Prononcé dans un climat ayant déjà donné lieu à l’occasion du vote de la loi sur le mariage pour tous à des réactions d’intolérance liées à l’orientation sexuelle, il [le terme abomination] ne peut qu’inciter à l’hostilité, au rejet, à la discrimination, haine ou violence envers ceux qui partagent cette orientation sexuelle gravement stigmatisée. »

« Ce terme péremptoire et violent, émanant d’une élue de la République, a nécessairement un large écho dans la population française. »

« Cette condamnation peut avoir valeur de caution pour les auteurs effectifs ou potentiels de violences homophobes. »

Inutile d’élaborer sur la bassesse et la malhonnêteté du procédé.

  • Conclusion

Avec les raisonnements de ces associations, on en arrive à la situation délirante où la simple expression de la condamnation morale d’une pratique sexuelle (consistant par ailleurs dans le simple rappel de la condamnation ferme et définitive de l’homosexualité par les 3 grandes religions monothéistes – bien connue de tous –) deviendrait un délit d’opinion. Il est heureux que la Cour de Cassation ait pris la mesure d’une telle absurdité en rappelant sobrement que :

« Les restrictions à la liberté d’expression sont d’interprétation étroite » ;

« La liberté d’expression vaut non seulement pour les « informations » ou « idées » accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent » ;

« Le propos incriminé [de Christine Boutin], s’il est outrageant, ne contient néanmoins pas, même sous une forme implicite, d’appel ou d’exhortation à la haine ou à la violence à l’égard des personnes homosexuelles ».

Rappelons en effet ce que disait Christine Boutin : « Pour moi, la différence est la même qu’entre le pécheur et le péché. Le péché n’est jamais acceptable, mais le pécheur est toujours pardonné ! Ça n’a rien à voir. C’est cette subtilité qui n’est pas toujours comprise. J’ai des amis homosexuels ! Je vous assure, de vrais amis ! Mais en ce qui concerne le comportement sexuel, chacun fait comme il peut. Je ne dis même pas comme il veut, je dis comme il peut. Personnellement je n’ai aucun jugement à porter sur la personne. […] Merci de me permettre de vous le dire, c’est là que se situe une importante confusion. L’homosexualité n’a rien à voir avec les jugements que je porte sur les homosexuels, qui sont mes frères, mes amis, et qui ont une dignité aussi grande que ceux qui ont d’autres comportements sexuels. Ils sont pécheurs comme je le suis. »

Ce jugement illustre un point d’une grande importance et qui est transposable à la problématique de la critique de l’islam : critiquer avec force l’islam, ce n’est en aucun cas appeler à la haine et à la violence contre les musulmans ; d’ailleurs, les musulmans n’ont généralement pas eu le choix de leur religion et sont tombés dedans quand ils étaient petits. Critiquer l’islam, c’est seulement, pour certains de ceux qui ne partagent pas cette foi, pouvoir professer librement l’opinion qu’on peut trouver cette religion absurde, incohérente, inutile, destructrice, et considérer qu’elle accable des millions de personnes dont on a anéanti l’esprit critique et la capacité à l’« éveil » aux autres. Ce peut être, par solidarité humaine et compassion, souhaiter faire entamer aux musulmans un processus les conduisant à apostasier, peu importe que cette idée puisse apparaître insupportable à certains. Or l’islam a bien compris, et depuis sa naissance, le danger mortel que représente l’esprit critique et l’ouverture tolérante aux autres spiritualités. L’islam ne peut survivre que si les chaînes de l’Oumma sont maintenues fermes coûte que coûte, jusqu’à faire payer de leur mort les récalcitrants qui oseraient défier cette loi, ainsi que l’a exigé Mahomet, l’apôtre de la religion d’amour et de paix.

Homosexuels : faut-il les anéantir ?

L’homosexualité est sévèrement condamnée dans l’islam en référence notamment à la destruction de Sodome.

Coran, sourate 26, versets 165 à 174 : « « Accomplissez-vous l’acte charnel avec les mâles de ce monde et délaissez-vous les épouses que votre Seigneur a créées pour vous ? Vous êtes un peuple transgresseur ». Ils dirent : « Si tu ne cesses pas, Lot, tu seras certainement au nombre des expulsés ». Il dit : « Je déteste ce que vous faites. Seigneur, sauve-moi ainsi que ma famille de leurs agissements ». Nous le sauvâmes alors, lui et sa famille,  sauf une vieille demeurée avec les attardés. Puis Nous anéantîmes les autres et fîmes pleuvoir sur eux une pluie (de pierres). Quelle pluie fatale pour ceux qui avaient été avertis ! Voilà bien là un signe. Cependant, la plupart d’entre eux ne croient pas. »

La jurisprudence chaféite stipule :

Section p17.1 :  « Dans plus d’un endroit dans le saint Coran, Dieu nous raconte l’histoire du peuple de Lot, et comment Il les anéantit en raison de leur mauvaise pratique. C’est un consensus parmi tant les musulmans que les adeptes des autres religions que la sodomie est une énorme faute. C’est même plus vil et plus laid que l’adultère. »

Section p17.2  : « Dieu a dit : « Accomplissez-vous l’acte charnel avec les mâles de ce monde et délaissez-vous les épouses que votre Seigneur a créées pour vous ? Mais vous n’êtes que des gens transgresseurs ». » (Coran, sourate 26, versets 165 & 166).

Section p17.3   : « Le prophète a dit :
(1) « Tuez celui qui sodomise et celui qui est sodomisé.« 
(2) « Que Dieu maudisse celui qui fait ce que faisait le peuple de Lot. »
(3) « Le lesbianisme est l’adultère entre les femmes. » »

La condamnation morale par une religion est une chose, la condamnation légale en est une autre. La position de Tariq Ramadan respecte ce principe : « Depuis des années, je répète que l’islam ne promeut pas l’homosexualité (le principe en est rejeté puisqu’il ne correspond pas au projet divin établi pour les êtres humains), mais que cela ne m’empêche pas d’avoir une position claire : le fait de ne pas partager les opinions et les actions des homosexuels, quant à leur sexualité, ne m’empêche pas de respecter ce qu’ils sont. »

Mais en référence à cette destruction par une pluie de pierres, certains hadiths préconisent la lapidation pour les homosexuels. L’école hanbalite édicte des sanctions très sévères. La chari’a peut aussi stipuler la mort par décapitation. L’homosexualité est punie d’emprisonnement en Algérie, au Maroc, en Tunisie.

Pour Yusuf Qaradawi, président du Conseil Européen des fatwas et de la recherche (dont le premier recueil de fatwas a été préfacé par Tariq Ramadan), « Cet acte vicieux est une perversion de la nature, une plongée dans le cloaque de la saleté, une dépravation de la virilité et un crime contre les droits de la féminité. Quand ce péché répugnant se propage dans une société, la vie de ses membres devient mauvaise et il fait d’eux ses esclaves. Il leur fait oublier toute morale, toutes bonnes mœurs et toute bonne manière. » C’est une position morale claire dont on peut partager ou non le fond, même si sa formulation est déjà d’une extrême violence.

Mais ce qui en revanche paraît inacceptable et contraire à la loi française, c’est l’appel public à l’anéantissement des homosexuels dans des termes qui rappellent les années noires de l’entre-deux-guerres. En effet, Yusuf Qaradawi poursuit : « Les savants en jurisprudence ne furent pas d’accord sur le châtiment que l’on doit infliger à l’auteur de cette immoralité. Est-ce que les deux partenaires reçoivent le châtiment du fornicateur ? Est-ce que l’on tue le passif et l’actif ? Par quel moyen les tuer ? Est-ce avec un sabre ou le feu, ou en les jetant du haut d’un mur [ndlr voir la pratique de l’État islamique] ? Cette sévérité qui semblerait inhumaine n’est qu’un moyen pour épurer la société islamique de ces êtres nocifs qui ne conduisent qu’à la perte de l’humanité. » Cela a au moins le mérite de la clarté !

L’État islamique ne fait qu’appliquer rigoureusement, au travers de la peine de mort, la doctrine coranique et la Tradition de Mahomet. Le choix consistant à précipiter les condamnés dans le vide présente un intérêt certain dans l’éducation des masses par son côté spectaculaire mais n’est pas nouveau. Pendant longtemps dans l’empire romain des condamnés ont été précipités du haut de la roche Tarpéienne qui se trouve à côté du Capitole.

Etat islamique Homosexuels 1Etat islamique Homosexuels 2Etat islamique Homosexuels 3

Pour ce qui est de la Convention citoyenne des musulmans de France, elle ne se prononce curieusement pas sur l’homosexualité, ce qui valide par défaut sa condamnation sévère tant dans la sphère privée que dans sa relation à la loi, car il est difficile d’imaginer en France, où le mariage pour tous fait encore débat, que cette question délicate ait été simplement oubliée lors de la rédaction.