Les persécutions des chrétiens ont fortement augmenté en 2018

Article de L’Orient-Le-Jour rappelant que les chrétiens sont régulièrement persécutés, en particulier dans le monde musulman, y compris en Algérie (sujet sur lequel les élites intellectuelles françaises ne s’appesantissent guère) : https://www.lorientlejour.com/article/1152866/les-persecutions-des-chretiens-ont-fortement-augmente-en-2018.html

Sur les 4.305 chrétiens tués entre novembre 2017 et octobre 2018 – un chiffre en hausse de 40% – le Nigeria compte à lui seul 3.731 morts sur son sol, selon l’ONG Portes ouvertes.

Assassinats, églises attaquées, pression quotidienne: les persécutions des chrétiens ont augmenté en 2018 dans le monde pour la sixième année consécutive, affirme l’ONG Portes ouvertes en publiant son « index » annuel mercredi. Cette organisation protestante regarde la situation dans 50 pays où les chrétiens subissent à la fois des violences, allant parfois jusqu’au meurtre, mais aussi une oppression ou une discrimination quotidienne, plus discrète.

Au total, 245 millions de chrétiens – catholiques, orthodoxes, protestants, baptistes, évangéliques, pentecôtistes, chrétiens expatriés, convertis – sont persécutés, soit « un chrétien sur 9 », contre 1 sur 12 l’année dernière, selon l’organisation. Le nombre de chrétiens tués est passé de 3.066 à 4.305 entre novembre 2017 et octobre 2018, soit une hausse de 40%. « L’index révèle une persécution contre les minorités chrétiennes qui s’accroît d’année en année. En 2018 cela continue », écrit dans cet index Michel Varton, directeur de Portes ouvertes.

« Ce qui est frappant, c’est que l’Afrique est devenue le foyer de la violence contre les chrétiens », avec 4.165 tués. Le Nigeria compte à lui seul 3.731 morts sur son sol » (contre 2.000 en 2017), affirme-t-il à l’AFP. Ce pays fait face à une double menace, celle du groupe jihadiste Boko Haram qui est « de plus en plus violent », et celle des « éleveurs Peuls, qui descendent vers le sud du pays et attaquent systématiquement les villages chrétiens ».

Pour autant, c’est la Corée du Nord, qui figure à nouveau, comme les années précédentes, en tête de ce classement annuel, même s’il n’est pas possible de connaître, faute de « données fiables », le nombre de morts dans ce pays. L’ONG relève que « des dizaines de milliers de chrétiens (y) sont enfermés dans des camps de travaux forcés ». Suivent l’Afghanistan, la Somalie, la Libye, le Pakistan, le Soudan, l’Erythrée, le Yemen, l’Iran, l’Inde, la Syrie — des pays tous classés en « persécution extrême » par l’ONG.

Églises fermées en Algérie

L’ONG estime que « l’extrémisme islamique », de « l’Afrique au Moyen-Orient en passant par l’Asie », est « dans 38 des 50 pays de l’index, un facteur important de persécution des chrétiens ». 

Autres chiffres de cet index: en un an, « le nombre d’églises ciblées fermées, attaquées, endommagées, incendiées (…) a presque doublé, passant de 793 à 1.847 », tandis que « le nombre de chrétiens détenus passe de 1.905 à 3.150 » dans la même période.

Parmi les pays sur lesquels l’ONG entend alerter l’opinion figure l’Algérie, où « depuis novembre 2017, des comités représentant les autorités algériennes visitent les églises de l’EPA (Eglise Protestante d’Algérie) sous prétexte d’inspection sanitaire, amenant la fermeture de plusieurs d’entre elles », décrit-elle. « On vit toujours dans une situation où peut-être demain (elles) viennent avec un ordre pour fermer l’église », a témoigné à l’AFP Youssef Ourahmane, pasteur algérien et vice-président de l’EPA, qui dit avoir été visé par plusieurs tentatives d’assassinat en raison de sa religion. « Ils veulent nous étouffer. Nous mettre toujours dans la crainte ».

L’ONG pointe également du doigt la Chine, qui « malmène la liberté religieuse » et où la situation s’est fortement « détériorée »: dans ce pays, qui compte 100 millions de chrétiens, « la persécution étatique était jusqu’à l’année dernière encore circonscrite à certaines provinces » mais « est désormais en passe de devenir un phénomène national ». Au total, le nombre de chrétiens détenus et d’églises ciblées en Chine a été multiplié par 10 en un an.

Portes ouvertes, partenaire d’Open Doors international (qui agit dans 60 pays), prévient par ailleurs que ses chiffres, qui ne concernent que les assassinats « prouvés de manière certaine » sur la foi d’informations recoupées, sont « en-dessous de la réalité ».

Réflexions sur la migration africaine dans une Europe « terre à prendre »

Article de Bernard Lugan du 25 juin 2018. N’hésitez pas à vous abonner à ses publications et à acheter ses livres de haute qualité et sans tabous : https://bernardlugan.blogspot.com

Les actuelles arrivées de migrants africains en Europe constituent les prémices d’un phénomène massif qui va connaître une amplification considérable dans les prochaines décennies.

Laissons parler les chiffres :

– Avec un taux de croissance de 4% la population africaine double tous les 18-20 ans.

– Au Niger, pays désertique où le taux de fécondité est de 7 enfants par femme, la population était de 3 millions d’habitants en 1960 et elle sera de 40 millions en 2040, puis de 60 millions en 2050.

– En Somalie, le taux de reproduction est de 6,4 enfants par femme et en RDC, il est de 6,1.

– En Algérie le programme de planification familiale avait permis de faire baisser l’indice synthétique de fécondité de 4,5 enfants par femme en 1990, à 2,8 en 2008. Or, avec la réislamisation du pays, depuis 2014, il a rebondi à 3,03.

Résultat :

– D’ici à 2030, l’Afrique va voir sa population passer de 1,2 milliard à 1,7milliard, avec plus de 50 millions de naissances par an.

– En 2100, avec plus de 3 milliards d’habitants, le continent africain abritera 1/3 de la population mondiale, dont les trois quarts au sud du Sahara.

Pour des centaines de millions de jeunes africains, la seule issue pour tenter de survivre sera alors l’émigration vers l’Europe.

Bloqués par leurs pré-supposés idéologiques et moraux, les dirigeants européens qui s’obstinent à ne pas tenir compte de cette réalité, ont choisi de s’accrocher au mythe du « développement ». En France, des Insoumis au Front national, tous défendent ainsi -certes à des degrés divers-, le postulat du développement ralentisseur migratoire. Et tous sont dans l’erreur.

Comme je l’ai expliqué dans mon livre « Osons dire la vérité à l’Afrique »[1], le développement de l’Afrique est en effet une illusion et parfois même une escroquerie intellectuelle et politique.

Pour deux grandes raisons :

1) A supposer qu’il ait une efficacité, le « développement » ne pourrait en effet avoir que des résultats à très long terme. Or, il y a urgence.

2) Tout a déjà été tenté en ce domaine depuis les indépendances, il y a plus de six décennies de cela. En vain car, en dépit des sommes abyssales déversées pour tenter de la faire « démarrer », l’Afrique régresse.

Loin de se développer, l’Afrique s’appauvrit globlement année après année

Selon les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) adoptés en 2000 par 189 Etats, aucun recul de la pauvreté africaine ne peut être envisagé sans un minimum de croissance annuelle de 7% soutenue durant plusieurs années.

Conclusion : comme il faut une croissance de 7% par an pour simplement commencer à réduire la pauvreté, le calcul est vite fait, année après année, il manque donc à l’Afrique entre 3 et 4% de croissance pour atteindre l’objectif des OMD.

Donc, loin de se combler, la pauvreté africaine augmente et cela d’autant plus inexorablement que la démographie galopante y efface les quelques gains de croissance.

Comment prétendre développer l’Afrique quand les investisseurs s’en détournent ?

Le discours politique répétitif est l’appel à l’investissement « moteur du développement », mais comme les investisseurs n’investissent pas en Afrique, nous restons donc dans le domaine incantatoire.

Dans son rapport de mai 2018, la BAD (Banque africaine de développement) souligne ainsi que pour les investissements dans le seul domaine des infrastructures, l’Afrique a besoin annuellement de 170 milliards de dollars d’IED (Investissements étrangers directs), alors que, au total de tous ses postes, elle n’en reçoit que 60 mds.

Début juin 2018, à la lecture du rapport sur les IED publié par la CNUCED (CNUCED, World Investment Report 2017), nous apprenons qu’en 2017, sur les 2000 milliards (mds) de dollars d’IED mondiaux, l’Afrique n’en recueillit en effet que 60 mds, un volume dérisoire en baisse de 3% par rapport à 2016 (Banque mondiale).

L’Afrique, dans l’ensemble de la globalité de ses 54 pays et de son 1,2 milliard d’habitants a donc reçu presque autant d’IED que Singapour (61,6 mds pour 6 millions d’habitants), et moins que l’Irlande (79,2 mds pour 5 millions d’habitants)…

Voilà qui en dit plus que les longs discours lénifiants sur le devenir de l’Afrique et sur son « développement »…

Une chose est donc certaine, le credo du « développement » ne freinera pas le déversement du surplus démographique africain sur l’Europe.

Comment en serait-il d’ailleurs autrement alors que rien ne peut être entrepris sans un strict contrôle des naissances que les Africains refusent d’envisager et que l’Europe n’est pas en mesure de leur imposer ?

Vue d’outre-Méditerranée, l’Europe continuera donc d’être considérée comme une terre à prendre. D’autant plus facilement qu’elle est peuplée de vieillards repus ou épuisés, d’hommes s’interrogeant sur leur virilité, de femmes n’enfantant plus et dont les dirigeants sont soumis au diktat permanent de l’émotionnel …

Bernard Lugan

25/06/2018