La violence de l’islam expliquée à la télévision française : (1) Une violence « normale » car les mœurs l’Arabie du VIIème siècle étaient violentes ?

À l’heure où un nouvel attentat revendiqué par l’État Islamique vient d’endeuiller l’Allemagne, il est intéressant de revenir au travers de quelques articles sur l’émission (en 2 volets) de France 2 « Islam » consacrée aux rapports de l’islam avec la violence et qui vient, curieuse coïncidence, d’être diffusée les dimanches 4 et 11 décembre 2016.

  • Préambule : petit rappel

S’agissant du terrorisme musulman vis-à-vis des sociétés non-musulmanes, je rappelle, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’indiquer dans l’article consacré à l’attentat de Nice (http://islametoccident.fr/?p=3043), qu’il trouve ses racines dans le Coran puisqu’il s’agit dans la doctrine de l’islam pour Allah de jeter « l’effroi », donc d’« effrayer » les non-musulmans par la terreur non seulement de l’au-delà mais aussi ici-bas par l’entremise des musulmans (d’où les appels au jihad, au martyre, le massacre des juifs Banû Quraydha de Médine, etc.). Rappelons en effet quelques versets :

Sourate 3, verset 151. Nous jetterons l’effroi dans les cœurs des mécréants (…)

Sourate 8, verset 12. Rappelez-vous quand ton Seigneur inspirait les anges en leur disant : « Je suis avec vous : affermissez donc les croyants. Je vais jeter l’effroi dans les cœurs des mécréants. Frappez leurs cous ; frappez-les sur les doigts. »

Verset 59, verset 2. C’est Lui [Allah] qui a expulsé de leurs maisons, ceux des gens du Livre qui ne croyaient pas, en prélude à leur rassemblement [pour le jugement dernier]. Vous [croyants] ne pensiez pas qu’ils partiraient et ils pensaient que leurs fortins les défendraient contre Allah. Mais Allah est venu à eux par où ils ne s’attendaient point et a jeté l’effroi dans leurs cœurs. Ils démolirent leurs maisons de leurs propres mains avec l’aide des croyants. Tirez-en une leçon, ô vous êtes doués d’intelligence.

L’État Islamique connaît très bien ces textes (et d’autres sur le même thème, par exemple la multitude de textes sur le martyre), qui embarrassent tellement l’islam « modéré », et ne manque pas de les citer abondamment. Face à cela, on attend toujours aujourd’hui le contre argumentaire des représentants de l’islam de France. C’est sans doute la raison pour laquelle un des intervenants de l’émission de France 2 citée ci-dessus éprouve une telle difficulté à définir et à expliquer ce qu’est la fameuse « radicalisation », et à imaginer comment « déradicaliser », car c’est imaginer un autre sens au Coran que celui qui s’impose à tout lecteur un tant soit peu de bonne foi.

France 2 Islam 161211 Islam et Violence 2 Extrait 1

Quant au procédé consistant à utiliser des engins mobiles, l’État Islamique, comme les autres mouvements fondamentalistes, a depuis longtemps capté la symbolique « effrayante » des moyens mobiles modernes et donc leur efficacité comparativement aux moyens disponibles à l’époque de Mahomet : ce genre d’attaque n’est pas une nouveauté puisque le procédé est décrit précisément dans la propagande de ces mouvements : Al Qaïda en 2010 et encore récemment l’État Islamique dans sa revue « Rumiyah » d’octobre 2016, toutes choses qui sont à la portée du public sur internet et pas seulement à celle des « spécialistes » gouvernementaux ou des universitaires.

Le plus accablant dans tout cela pour les autorités face à cette épouvantable et injustifiable violence, comme l’a rappelé le criminologue Alain Bauer dans une enceinte militaire mi 2016, est surtout que les mouvements terroristes ont beau écrire ce qu’ils vont faire et comment ils vont s’y prendre, ils ne sont pas toujours pris au sérieux.

Aussi pour les lecteurs qui veulent sortir des sentiers battus et rebattus par le politiquement correct et qui veulent vraiment tenter de mieux comprendre l’origine doctrinale de la terreur en islam et son rapport avec celle mise en œuvre par l’État Islamique, ils peuvent se reporter à mon ouvrage « Les sources doctrinales de l’État Islamique » (2 tomes de 40 pages) publié aux éditions UPPR sous format e-book en début d’année 2016 (prochainement édité en format papier).

Mais revenons maintenant dans ce premier article au premier des arguments présentés pour tenter de dissiper chez les non-musulmans le sentiment que l’islam serait une religion violente encore aujourd’hui et que « ce n’est pas cela l’islam, selon la formule consacrée ».

  • 1er argument : il est « normal » que l’islam contienne une certaine violence en raison des mœurs de l’Arabie du VIIème siècle

Selon ce premier argument, la violence serait d’une certaine façon « naturelle » et donc excusable en islam car l’islam est né dans un milieu imprégné par la violence des traditions tribales de la péninsule arabique du VIIème siècle. Comme le dit très simplement le reportage : « La violence est dans les us et coutumes de l’époque ».

France 2 Islam 161204 Islam et Violence 1 Extrait 1

À cela, on peut faire plusieurs remarques :

1) Si – laissons-nous déraisonner un instant et verser dans le monde de l’imaginaire – c’est bien Allah qui a transmis son message par la bouche de Mahomet, pourquoi Allah se sent-il lié aux coutumes tribales de l’Arabie du VIIème siècle ? A-t-il peur des hommes ? N’est-il pas censé délivrer un message universel d’amour et de paix comme nouveau guide pour les hommes ?

2) Si on met de côté la chimère d’Allah, à quoi sert d’être « prophète » si ce n’est que pour prendre acte de la brutalité des mœurs du temps sans tenter de la réformer et donc ne pas donner un autre exemple ?

3) Les mœurs dans l’antiquité romaine n’étaient guère moins brutales. Pourquoi Jésus a-t-il, lui, conservé une attitude totalement pacifique, refusant que ses partisans le défendent et jusqu’au point d’accepter de se faire crucifier ? Gandhi a-t-il eu recours à la violence ?

Quant à l’argument : « Dans une économie de survie, tuer n’a pas de sens car la perte d’un membre du groupe est une mise en danger de la tribu. », il me paraît assez incompréhensible. Il ne s’agit pas de tuer les siens mais de tuer les ennemis des autres tribus.

Enfin, conclure par : « Ainsi, la paix est la règle et la guerre l’exception. », c’est juste ignorer la pratique de Mahomet qui ne s’est pas privé de faire la guerre et de tuer, voire de massacrer, ceux qu’il considérait être ses ennemis. Voici juste pour rappel un extrait de la table des matières de la biographie de Mahomet (Sîra) à l’époque de Médine que n’importe qui peut consulter dans une bonne librairie :

Attentat de Nice : une horreur rationnelle ?

S’il est probable que nous ne connaîtrons jamais les conditions entourant l’attentat de Nice, du moins pouvons-nous garder à l’esprit quelques éléments dans l’attente d’informations plus précises.

  • La technique de l’attentat avec un véhicule roulant était bien connue des services de renseignement comme faisant partie de l’arsenal jihadiste

En effet, cette technique était déjà décrite en 2010 par Al Qaïda dans sa littérature. Fondée sur de gros pick-ups plus susceptibles d’éviter les barrages des forces de l’ordre du fait de leur taille, elle pouvait naturellement s’appliquer à des camions pouvant accéder à des zones particulièrement peuplées lors d’événements publics. La France était déjà mentionnée comme une cible potentielle.

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Certains paragraphes sont floutés car il ne s’agit bien évidemment pas ici d’inciter ou de donner des éléments facilitant ces actes abominables, même si tout cela ne relève que du simple bon sens et a déjà été publié pour l’essentiel dans les journaux français.

Il est intéressant de noter que ces techniques d’attentat font partie du fonds commun terroriste des groupes fondamentalistes et que ce n’est pas une invention de l’État Islamique qui passe pour en être un des plus barbares.

  • Le feu d’artifice du 14 juillet n’avait semble-t-il pas été considéré par le gouvernement de messieurs Valls et Cazeneuve comme un événement prioritaire en matière de sécurité en dépit de l’état d’urgence

Il semble en effet qu’une unité des forces mobiles qui devait se trouver à Nice a été réaffectée à la sécurité d’un dîner de François Hollande à Avignon le soir même. Même si rien ne prouve que cela aurait permis de limiter les dégâts compte tenu de la faible anticipation apparente de ce type d’attentat, on ne peut qu’être assez surpris par l’attitude des représentants de l’État interrogés dans cette vidéo, la tentative de dissimulation des responsabilités cédant le pas, dans un embarras certain, au mensonge qui semble être devenu un élément de langage assez banal. Les familles des victimes décédées et les victimes survivantes apprécieront.

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  • L’attentat, qui devait être le fait d’un accès de folie d’un individu isolé, était mûrement préparé

L’enquête a semble-t-il montré que la préparation de cette action a duré des mois et bénéficié de complicités multiples. Cela n’est à vrai dire pas étonnant car l’horreur de cette action est en réalité conforme (avec des moyens modernes) à la doctrine musulmane du jihad et au Coran qui prêche la terreur (l’effroi) vis-à-vis des mécréants, comme en témoignent les versets suivants :

Sourate 3, verset 151. Nous jetterons l’effroi dans les cœurs des mécréants (…)

Sourate 8, verset 12. Rappelez-vous quand ton Seigneur inspirait les anges en leur disant : « Je suis avec vous : affermissez donc les croyants. Je vais jeter l’effroi dans les cœurs des mécréants. Frappez leurs cous ; frappez-les sur les doigts. »

Verset 59, verset 2. C’est Lui [Allah] qui a expulsé de leurs maisons, ceux des gens du Livre qui ne croyaient pas, en prélude à leur rassemblement [pour le jugement dernier]. Vous [croyants] ne pensiez pas qu’ils partiraient et ils pensaient que leurs fortins les défendraient contre Allah. Mais Allah est venu à eux par où ils ne s’attendaient point et a jeté l’effroi dans leurs cœurs. Ils démolirent leurs maisons de leurs propres mains avec l’aide des croyants. Tirez-en une leçon, ô vous êtes doués d’intelligence.

  • La présence de musulmans sur la promenade des Anglais à l’occasion du 14 juillet était doctrinalement condamnable en islam

En islam, les bons musulmans n’ont pas à se mélanger aux mécréants et surtout à fêter avec eux des fêtes païennes ou chrétiennes. Ainsi, le Conseil Européen pour les fatwas et la Recherche (dont le 1er recueil d’avis a été préfacé par Tariq Ramadan) et qui édicte la règle à suivre pour les musulmans d’Europe rappelle que « Il n’est pas permis aux enfants musulmans d’utiliser des pétards à l’occasion des fêtes chrétiennes, car cela consisterait alors à s’associer aux spécificités religieuses des chrétiens et à exprimer de la joie pour un événement qui est propre à ces derniers. Il n’y a pas d’inconvénient à utiliser les pétards et feux d’artifice en dehors de ces occasions, au cours de l’année (…). »

  • Le résultat est terrible mais cette violence n’est pas exceptionnelle en islam

Gardons en mémoire ces images, non par voyeurisme mais parce que les Français ont la mémoire courte et ont du mal à reconnaître – sauf à être touchés dans leur propre chair – que le fanatisme religieux peut conduire en toute conscience à de telles extrémités dans le cas de l’islam, l’islam étant la seule religion à justifier rationnellement dans sa doctrine même l’utilisation de la la violence extrême à des fins religieuses, Mahomet en ayant été un emblématique promoteur (il suffit de lire comment il a exterminé méthodiquement et de sang-froid plusieurs centaines de prisonniers juifs de la tribu des Banû Quraydha).

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Tragédie de Nice : Quelle responsabilité des gouvernants qui refusent d’ouvrir les yeux ?

Les terribles événements de Nice remettent en cause le satisfecit implicite que s’accordait le gouvernement en matière de sécurité nationale. Dans une telle situation, la question se pose de déterminer précisément la responsabilité de la chaîne gouvernementale, préfectorale, etc. dans la perpétration d’un acte réalisé conformément à une procédure bien connue, et de longue date, des services de l’État ; l’enquête nous le dira. En effet, ne pas pouvoir arrêter rapidement un ou plusieurs tireurs isolés agissant seuls est une chose, ne pas être en mesure d’empêcher par un barrage solide l’accès d’une aire bondée à un véhicule lourd en est une autre. Il aurait dû être immédiatement mitraillé.

Car ce qui vient de se passer est une technique bien documentée par les terroristes eux-mêmes dans les magazines rendus disponibles publiquement sur internet et que les services de police et anti-terroristes connaissent évidemment : il suffit de lire.

Revue « Inspire » n°1 de l’été 2010 :

Inspire 1 TrucksPar ailleurs, un article du numéro 2 d’« Inspire » de l’automne 2010 dédié à l’utilisation des véhicules roulants comme outils de terrorisme pour « faucher les ennemis d’Allah » et « atteindre un carnage maximum » fournit des recommandations sur le choix du lieu, l’aménagement du véhicule, ou encore la nécessité de porter une arme puisque l’aventure se finit nécessairement mal compte tenu de l’impossibilité de fuir facilement sans être vu, ce qui a toutefois pour avantage d’assurer le martyr et le paradis pour le terroriste musulman. Ces recommandations ont été scrupuleusement suivies hier soir.

Et pour ce qui est de la justification idéologique, l’arme est toute trouvée : le Coran et les « dits » (hadiths) de Mahomet. Quelques tous petits exemples impossibles à nier (on pourrait en noircir au moins deux pages complètes) :

D’abord sur l’utilisation de la terreur :

Coran, sourate 3, verset 151. Nous jetterons l’effroi dans les cœurs des mécréants (…). Le Feu sera leur refuge. Quel détestable séjour que celui des injustes !

Coran, sourate 8, verset 12. Rappelez-vous quand ton Seigneur inspirait les anges en leur disant : « Je suis avec vous : affermissez donc les croyants. Je vais jeter l’effroi dans les cœurs des mécréants. Frappez leurs cous ; frappez-les sur les doigts. »

Ensuite sur la justification du martyr :

Coran, sourate 2, verset 154. Ne dites pas de ceux qui sont tués dans le sentier d’Allah qu’ils sont morts. Au contraire ! Ils sont vivants, mais vous n’en avez pas conscience.

Coran, sourate 3, verset 157. Si vous êtes tués dans le chemin d’Allah ou si vous mourez, un pardon de la part d’Allah et une miséricorde valent mieux que ce qu’ils amassent.

Coran, sourate 3, verset 169. Ne pense pas que ceux qui ont été tués dans le sentier d’Allah sont morts : ils sont vivants ! Auprès de leur Seigneur et bien pourvus,

Hadith authentique (Bukhari) : Anas Ibn Malik a dit : « Le Prophète a dit : Personne des élus du Paradis ne voudrait revenir en ce bas monde, dût-il posséder n’importe lequel des biens de la terre, à l’exception du martyr ; car lui, il souhaiterait revenir en ce bas monde et être tué à nouveau, et cela dix fois de suite, étant donné ce qu’il sait des faveurs divines. »

Tout ceci d’ailleurs nous montre qu’il s’agit d’actes prémédités pour des raisons religieuses, conformément aux textes musulmans sacrés, par des personnes tout à fait conscientes et responsables, et non folles comme la propagande gouvernementale veut nous le faire croire. Ou alors, qu’un responsable gouvernemental nous affirme que Mahomet était fou !

Comme le rappelait Alain Bauer il y a moins de deux mois dans une conférence publique à l’Institut des Hautes Études de la Défense Nationale (http://www.ihedn.fr/?q=multimedia-video-des-lundis), ces terroristes nous disent bien à l’avance ce qu’ils vont faire et comment ils vont procéder mais nous avons parfois du mal à les croire.

N’est-il pas urgent de commencer à regarder précisément ce qui est écrit dans le Coran ?

Attentat d’Orlando : quelques clefs pour mieux comprendre

À l’heure de l’attentat d’Orlando, il est utile de revenir sur les racines de l’homophobie musulmane et de la justification de l’emploi de méthodes de guerre vis-à-vis des sociétés occidentales qui autorisent des modes de vie jugés pervers en islam (homosexualité, musique non religieuse en discothèque, fornication ou simple mixité homme/femme, alcool, etc…).

  • Le statut de l’homosexualité en islam

L’homosexualité est sévèrement condamnée en l’islam en référence notamment à la destruction de Sodome et Gomorrhe qui conduisit l’anéantissement et donc à la mort des habitants. Le Coran toutefois ne confirme pas la peine de mort explicitement et ne précise pas la peine à appliquer : c’est la Tradition (Sunna) et la jurisprudence islamique qui en fixe la nature.

Sourate 7, verset 81. Vous assouvissez vos désirs charnels avec les hommes au lieu des femmes ! Vous êtes bien un peuple pervers.

Sourate 26, verset 165. Accomplissez-vous l’acte charnel avec les mâles de ce monde

Sourate 26, verset 166. et délaissez-vous les épouses que votre Seigneur a créées pour vous ? Vous êtes un peuple transgresseur.

Sourate 26, verset 167. Ils dirent : « Si tu ne cesses pas, Lot, tu seras certainement au nombre des expulsés ».

Sourate 26, verset 168. Il dit : « Je déteste ce que vous faites.

Sourate 26, verset 169. Seigneur, sauve-moi ainsi que ma famille de leurs agissements ».

Sourate 26, verset 170. Nous le sauvâmes alors, lui et sa famille,

Sourate 26, verset 171. sauf une vieille demeurée avec les attardés.

Sourate 26, verset 172. Puis Nous anéantîmes les autres

Sourate 26, verset 173. et fîmes pleuvoir sur eux une pluie de pierres : quelle pluie fatale pour ceux qui avaient été avertis !

Sourate 26, verset 174. Voilà bien là un signe. Cependant, la plupart d’entre eux ne croient pas.

Au-delà de la référence biblique, on peut évaluer la dureté de la peine en ayant en tête par comparaison la peine applicable à l’adultère des personnes mariées qui est punie par la mort par lapidation.

Par ailleurs, l’homosexualité ne peut constituer qu’une relation sexuelle interdite pire que la fornication entre personnes non mariées déjà punie par cent coups de fouet :

Sourate 24, verset 2. La fornicatrice et le fornicateur, fouettez-les chacun de cent coups de fouet. Ne faites preuve d’aucune indulgence dans l’exécution de la loi d’Allah, si vous croyez en Allah et au jour dernier. Qu’un groupe de croyants assiste à leur punition.

La jurisprudence chaféite (une des 4 grandes écoles juridiques de l’islam, et pas la plus dure) stipule :

Section Rp17.1 Dans plus d’un endroit dans le saint Coran, Dieu nous raconte l’histoire du peuple de Lot, et comment Il les anéantit en raison de leur mauvaise pratique. C’est un consensus parmi tant les musulmans que les adeptes des autres religions que la sodomie est une énorme faute. C’est même plus vil et plus laid que l’adultère.

Section Rp17.3 Le prophète a dit :

(1) « Tuez celui qui sodomise et celui qui est sodomisé. »

(2) « Que Dieu maudisse celui qui fait ce que faisait le peuple de Lot. »

(3) « Le lesbianisme est l’adultère entre les femmes. »       

S’il existe un certain flou sur la peine à appliquer et si la marge d’appréciation peut dépendre des lieux et des époques, il est clair que l’homosexualité est une faute très grave qui doit être sévèrement punie (ce qui est d’ailleurs le cas dans tous les pays musulmans aujourd’hui, y compris les pays d’Afrique du Nord).

La gravité de la faute homosexuelle et la nécessité de la punir en islam ne font donc aucun doute. Yusuf Qaradawi, président du Conseil Européen des fatwas et de la recherche (le premier recueil de fatwas de cet organisme ayant été préfacé par Tariq Ramadan en 2002), éminent théologien musulman, résume la perception de l’homosexualité dans la culture musulmane orthodoxe dans son livre « Le licite et l’illicite en islam » (disponible en librairie en France) : « L’homosexualité, cet acte vicieux, est une perversion de la nature, une plongée dans le cloaque de la saleté, une dépravation de la virilité et un crime contre les droits de la féminité. Quand ce péché répugnant se propage dans une société, la vie de ses membres devient mauvaise et il fait d’eux ses esclaves. Il leur fait oublier toute morale, toutes bonnes mœurs et toute bonne manière. (…) Les savants en jurisprudence ne furent pas d’accord sur le châtiment que l’on doit infliger à l’auteur de cette immoralité. Est-ce que les deux partenaires doivent recevoir le châtiment du fornicateur ? Est-ce que l’on tue l’actif et le passif ? Par quel moyen les tuer ? Est-ce avec un sabre ou le feu, ou en les jetant du haut d’un mur ? Cette sévérité qui semblerait inhumaine n’est qu’un moyen pour épurer la société islamique de ces êtres nocifs qui ne conduisent qu’à la perte de l’humanité. »

Le Conseil Français du Culte Musulman, s’il condamne naturellement l’homosexualité d’un point de vue moral, semble s’être en revanche gardé de se prononcer sur la nécessité de la punir en droit. Ainsi, la « Convention citoyenne des musulmans de France » n’évoque pas cette question, ce qui valide par défaut sa condamnation sévère tant dans la sphère privée que dans sa relation à la loi, car il est difficile d’imaginer en France, où le mariage pour tous fait encore débat, que cette question délicate ait été simplement oubliée lors de la rédaction.

  • L’utilisation de la terreur contre la perversité du monde occidental

Rappelons d’abord la référence à l’humiliation que doivent subir les non-musulmans combattus par les musulmans (cf. le jihad) d’après le Coran :

Sourate 9, verset 29. Combattez (…) ceux qui ne professent pas la religion de la vérité [l’islam] alors qu’ils ont reçu le Livre [le Coran], jusqu’à ce qu’ils versent la capitation de leurs propres mains après s’être humiliés.

Notons ensuite que l’emploi de terreur est originellement constitutive dans la culture musulmane du combat contre les mécréants, dont le monde occidental de nos jours. Ainsi, le Coran mentionne à plusieurs reprises l’aide qu’Allah apporte à Mahomet et aux musulmans pour terroriser et effrayer leurs ennemis :

Sourate 3, verset 151. Nous jetterons l’effroi dans les cœurs des mécréants (…)

Sourate 8, verset 12. Rappelez-vous quand ton Seigneur inspirait les anges en leur disant : « Je suis avec vous : affermissez donc les croyants. Je vais jeter l’effroi dans les cœurs des mécréants. Frappez leurs cous ; frappez-les sur les doigts. »

Sourate 33, verset 26. (…) Allah a jeté l’effroi dans leurs cœurs : un groupe d’entre eux vous avez tué [les mâles] et un groupe vous faisiez prisonnier [les femmes et les enfants].

Ce dernier verset renvoie spécifiquement à l’épisode de l’extermination des juifs Banû Quraydha par Mahomet à Médine qui figure dans la biographie de Mahomet (Sîra) d’Ibn Ishâq/Ibn Hîcham (IXème siècle) (publiée chez Fayard), biographie incontestée dans le monde musulman :

« Le Prophète ordonna de tuer tous les hommes des Banû Quraydha, et même les jeunes, à partir de l’âge où ils avaient les poils de la puberté.

Le Prophète ordonna de faire descendre de leurs fortins les Banû Quraydha et de les enfermer dans la maison de Bint al-Hârith. Il alla ensuite sur la place du marché de Médine, la même que celle d’aujourd’hui [époque d’Ibn Hichâm], et y fit creuser des fossés. Puis il fit venir les Banû Quraydha par petits groupes et leur coupa la gorge sur le bord des fossés.

Parmi eux, il y avait Huyayy ibn Akhtab, l’ennemi de Dieu, et ka’b ibn Asad, le chef des Quraydha. Ils étaient six à sept cents hommes. On dit même huit cents et même neuf cents. Pendant qu’ils étaient amenés sur la place par petits groupes, certains juifs demandèrent à Ka’b, le chef de leur clan :

– Que va-t-on faire de nous ?

– Est-ce que cette fois vous n’allez pas finir par comprendre ? Ne voyez-vous pas que le crieur qui fait l’appel ne bronche pas et que ceux qui sont partis ne reviennent pas ? C’est évidemment la tête tranchée !

Le Prophète ne cessa de les égorger jusqu’à leur extermination totale. » 

On voit donc que Mahomet n’avait pas grand-chose d’un homme d’amour et de paix mais était bien plutôt un chef de guerre qui n’hésitait pas à exterminer ses ennemis, vendre des femmes sur les marchés pour se procurer des chevaux, faire assassiner ceux qui le critiquaient ou se moquaient de lui (par exemple un poète juif), etc.

L’État Islamique, dont l’objectif est de remettre à l’ordre du jour l’islam de Mahomet, n’a donc aucune difficulté à justifier l’emploi de la terreur, ainsi que tous ceux qui lui font allégeance, de façon collective ou individuelle, de leur propre initiative ou pas. Dans « Penser l’islam », son dernier livre, Michel Onfray constate d’ailleurs : « je regrette d’avoir à vous dire que les musulmans qui recourent à la violence au nom de l’islam, eux, ont lu les textes et les connaissent… À moins que d’autres les aient lus pour eux, et ceux-là ont bien [mot mis en évidence dans le texte] lu ce qu’il y avait à lire. Et ce qui était écrit. »

À propos du début d’un autre verset, le verset 4 de la sourate 47 (« Lorsque vous rencontrez les mécréants, frappez-en les cous jusqu’à les dominer. »), l’État Islamique précise : « Al-Qurtubi [savant sunnite du XIIIème siècle] donne l’exégèse de ce verset comme ceci : « Il a dit « frappez-en les cous » plutôt que de dire simplement « tuez-les » car il y a dans cette expression une brutalité et une rudesse qu’il n’y a pas dans le mot « tuer ». En effet, cette expression présente la mise à mort sous la plus atroce de ses formes qui est le fait de trancher le cou et faire voler le membre culminant du corps, le plus élevé et le plus visible. » L’État Islamique poursuit : « Par l’ampleur de la terreur que les musulmans inspiraient à leur ennemi, ils ont pu conquérir une des plus importantes villes de l’Empire perse avec une facilité déconcertante. » L’État Islamique ajoute : « Telle est la voie de l’État Islamique lorsqu’il capture des ennemis et les décapite à la chaîne ou les fait s’allonger au sol, par centaines, pour ensuite les mitrailler ».

  • Conclusion

Si ces méthodes atroces trouvent encore du crédit auprès de personnes en manque de repères, n’est-ce pas fondamentalement parce qu’elles trouvent leur origine même et leur justification dans la pratique du Prophète, modèle vénéré en islam et que tous les musulmans doivent suivre ? Qu’a à répondre à cette question l’islam « modéré » de France ?

La réponse de l’islam de France aux attentats du 13 novembre 2015 : un texte important passé inaperçu

À l’heure (22 mars 2016) où certaines victimes et les proches des attentats du 13 novembre 2015, commis au nom de l’islam et d’une ampleur sans précédent, viennent d’être reçus à l’Élysée, et que de nouveaux attentats viennent d’être perpétrés en Belgique, il est intéressant de relire le prêche rédigé par le Conseil Français du Culte Musulman et envoyé à toutes les mosquées de France afin d’être lu le vendredi 20 novembre 2015 dans les mosquées.

CFCM preche novembre 2015

http://www.lecfcm.fr/?page_id=4014

Car on pouvait s’attendre à une réaction d’une extrême fermeté de la part des représentants de l’islam de France, et surtout à une véritable condamnation doctrinale très argumentée de ces actes, l’islam ayant à l’évidence un sérieux problème de crédibilité dans ce domaine, ce que l’émission « l’islam » diffusée le dimanche matin du 22 novembre 2015 sur France 2 a reconnu, non sans quelques difficultés.

Prenons donc le temps de relire et de commenter ce prêche afin d’examiner s’il apporte de la lumière sur la question de la violence en islam, au-delà des condamnations de politesse convenues et habituelles émises en ces circonstances.

  • « Nous avons tous suivi avec horreur et désolation la vague d’attentats meurtriers qui ont ébranlé notre pays, le vendredi 13 novembre dernier. En tant que citoyens français de confession musulmane, nous sommes tous concernés par ce drame. D’une part, parce qu’à l’instar de tous les citoyens français, nous sommes des cibles potentielles de ce genre de tueries aveugles. D’autre part, parce que ces actes criminels ont été perpétrés par des enfants de France qui se prévalent de l’islam et qui se considèrent comme des martyrs engagés dans une entreprise djihadiste. Il est évident que l’ensemble des musulmans de France dénonce sans équivoque ces attentats tragiques et se démarque de l’idéologie qui nourrit les auteurs de ces actes inqualifiables. »

Il est intéressant de noter que le début de cette déclaration, au-delà de la condamnation, 1) n’adresse aucun message de compassion ou de solidarité aux victimes (le terme « victime » n’apparaît d’ailleurs pas dans le texte) ; 2) mentionne comme premier sujet de préoccupation le fait que de pareils attentats puissent surtout toucher également des musulmans.

  • « Il est légitime de se demander si – en tant que musulmans – nous devions, encore une fois, nous justifier devant nos compatriotes, comme si nous étions des « présumés coupables ». »

Il est assez étonnant qu’après de tels actes, revendiqués au nom de l’islam, le C.F.C.M. se demande, en ce début de déclaration, si « la communauté musulmane doit, encore une fois, se justifier ». L’absence de message de compassion à l’égard des victimes est déjà très choquant, alors comment ne pas être encore plus choqué par cette victimisation à l’envers de la part d’un islam de France qui ne souffre pas dans sa chair, tout en étant le représentant vivant et le promoteur d’une religion qui partout dans le monde suscite des attentats barbares ? À lire ce texte, il semblerait que c’est l’islam la véritable victime et non les 130 personnes qui sont mortes, les centaines qui ont été blessées, celles qui resteront handicapées à vie, ainsi que tous leurs proches. Si la communauté musulmane semble en « avoir assez » de se justifier, le monde occidental en a sans doute « lui aussi assez » de subir ces attentats au nom de l’islam.

  • Mais devant les amalgames et les confusions qui risquent de nous faire subir une nouvelle vague de stigmatisations et d’actes islamophobes, (…) »

Le C.F.C.M. semble renouer par ce texte avec la tendance fondamentale et instinctive à la victimisation dans la culture musulmane que dénonce et condamne largement Tariq Ramadan dans ses conférences.

  • « (…) nous ne devons jamais nous lasser de dire et redire haut et fort que l’islam authentique est à des années lumière de l’idéologie de haine de ces criminels terroristes. Nous ne devons jamais nous lasser de réaffirmer notre rejet catégorique et sans ambiguïté de toute forme de violence ou de terrorisme, qui sont la négation même des valeurs de Paix et de Fraternité que porte l’Islam. »

Il s’agit ici d’une déclaration d’intention qui doit être étayée par des arguments solides dans la mesure où les faits lui donnent tort, l’islam étant à l’évidence depuis des décennies la seule religion qui suscite des actes aussi odieux. Comment alors concilier la terrible violence dont le monde entier est témoin avec la revendication au titre de religion « d’amour et de paix » ?

  • « Ces groupuscules terroristes qui ont semé la terreur dans le monde ne sont que l’incarnation actuelle d’une idéologie ancestrale d’un groupe de dissidents qui ont combattu les compagnons du Prophète. Il s’agit des « khawarij » des temps modernes. »

La référence faite par le C.F.C.M. aux Khawarij ou Kharidjites, selon une orthographe plus habituelle en français, est particulièrement surprenante, voire stupéfiante, car elle fait partie des éléments de langage mêmes de l’État Islamique.

Les Kharidjites sont entrés en dissidence lors d’un conflit entre Ali et Mu’awiya au VIIème siècle en raison d’un arbitrage accepté par Ali dans le contexte de la bataille de Siffin (657). Les Kharidjites se sont désolidarisés du reste de la communauté musulmane et ont d’ailleurs fini par assassiner Ali, le 4ème calife.

Or l’État Islamique fait lui-même référence nommément aux Khawarij, qu’il considère être historiquement des « égarés », afin de condamner d’autres types de comportement au sein du monde musulman, notamment celui consistant à toujours reporter au lendemain la mise en œuvre de l’islam de Mahomet, c’est-à-dire une forme d’attente ou « irjâ ».

L’État Islamique écrit en effet un mois avant les attentats de novembre 2015 : « L’irjâ est une réaction à l’égarement des Khawârij. Les Mourji’a ont essayé de s’éloigner des Khawarij sans adopter la Sunna ; en faisant cela, ils ont inventé leur propre secte. (…) Les Mourji’a ripostèrent à l’innovation des Khawarij (…) par leur propre innovation. Ils prétendirent que l’abandon de toutes les obligations et la réalisation de tous les péchés n’affecte pas la foi même si quelqu’un abandonne totalement les piliers de l’islam.»

Il est donc pour le moins étonnant que le C.F.C.M. reprenne à son compte une référence utilisée explicitement par l’État Islamique, chose qu’il ne pouvait ignorer.

  • « Le Prophète n’a pas manqué dans une prophétie de décrire le profil de ces radicaux lorsqu’il dit : « Sortira à la fin du temps de jeunes gens, aux ambitions sottes, ils lisent le Coran et ne dépassera pas leur gosiers, ils disent la meilleure des paroles, ils sortiront de la religion comme la flèche sort de sa cible. » (Hadîth authentique Rapporté par Attirmidhî). »

Il s’agit effectivement du hadith authentique n°2188 d’at-Tirmidhi (livre 33, hadith 31). Sa formulation en français par le C.F.C.M. laisse quelque peu à désirer. Une traduction sans doute plus correcte et plus compréhensible du texte arabe est : « À la fin des temps viendra un peuple jeune, avec des esprits dérangés, récitant un Coran qui ne dépassera pas leurs gorges, prononçant des paroles [hadiths] de la meilleure des créatures [Mahomet], traversant la religion comme la flèche traverse sa cible. »

Or il est intéressant de remarquer que pour attaquer l’État Islamique, le C.F.C.M. a recours à un hadith faisant explicitement référence à la fin des temps : ce qui semble valider le contexte historique du combat de l’État Islamique et donc lui donner raison ! Ironie de la situation !

Mais surtout cette description peut s’appliquer à n’importe quel groupe de musulmans fanatisés ; c’est d’ailleurs une parole apocalyptique banale et prétendument visionnaire. Si le C.F.C.M. souhaite l’appliquer à l’État Islamique, encore faut-il qu’il démontre par de vrais arguments doctrinaux que tel est bien le cas.

  • « Si ces organisations ont malheureusement réussi parfois à embrigader et à recruter des jeunes de différents horizons pour servir leur projet chaotique, c’est parce qu’ils ont – entre autres – instrumentalisé des Textes religieux après leur avoir attribué une interprétation dévoyée. »

C’est une opinion respectable mais qui, là encore, doit être étayée par des exemples précis fondés sur les textes sacrés musulmans.

  • « Le contexte géopolitique bien difficile par lequel passe le Monde, la fragilité sociale et psychologique de certains jeunes et les nouveaux moyens de communication sont les fertilisants d’un terreau qui a donné vie à cette gangrène des temps modernes. »

Cette remarque sociologique banale n’explique pas la spécificité musulmane car de nombreux juifs, chrétiens, athées, etc. connaissent également de grandes difficultés personnelles sans pour autant aller abattre dans la rue les gens à coup de Kalachnikovs. Cette gangrène est bien une problématique spécifique de l’islam ; ce n’est pas un hasard, et il convient d’en comprendre les raisons profondes pour la combattre.

  • « Sur le plan Religieux, les Musulmans doivent assumer leur responsabilité : En effet, pour éviter ce genre de dérives, les Textes scripturaires doivent être appréhendés et expliqués par des Référents religieux connus et reconnus, doués de Science et de Sagesse. »

Le C.F.C.M. évoque ici la question cruciale de l’interprétation en islam. En effet, le Coran n’est pas aussi clair qu’il le prétend puisque, selon certains, il faut « interpréter » des textes dont la simplicité pourtant étonne ; et pour cela, il faut faire confiance à d’autres, aux « référents ». Or Personne ne songerait à interdire à un chrétien de lire les Évangiles, et au-delà de quelques nuances théologiques, tout chrétien peut se faire une bonne opinion, sans guère de contradictions, de ce que prêche le Christ pour la vie de tous les jours. Il en va en revanche tout autrement pour l’islam car le texte est parfois confus (ce que le Coran lui-même reconnaît cf. paragraphe suivant du prêche), les contradictions nombreuses et certaines (résolues seulement par le principe de l’abrogation).

  • «  Le Coran lui-même l’annonce : « C’est Lui qui a fait descendre sur toi le Livre : il s’y trouve des versets sans équivoque, qui sont la base du Livre, et d’autres versets qui peuvent prêter à des interprétations diverses. Les gens, donc, qui ont au cœur une inclination vers l’égarement, mettent l’accent sur les versets équivoques cherchant la dissension en essayant de leur trouver une interprétation dévoyée. Alors que nul n’en connaît l’interprétation, à part Allah. Mais ceux qui sont bien enracinés dans la science disent: «Nous y croyons : tout est de la part de notre Seigneur !» Mais, seuls les doués d’intelligence s’en rappellent. » Sourate 3 (Âli Ilrân), v. 7. »

Le C.F.C.M. tente d’appliquer ce verset bien connu à l’État Islamique : pour quelle raison ? En réalité, ce verset est très général et les textes cités en référence par l’État Islamique sont très loin de correspondre à des textes équivoques ou obscurs, bien au contraire. Il est d’ailleurs surprenant que, pour la défense de l’islam, le C.F.C.M. ait recours à un verset qui met précisément l’accent sur le caractère peu clair, parfois obscur, du Coran, qui est pourtant censé être un livre parfaitement clair et explicite (justifiant ainsi sa supériorité par rapport à la Torah ou aux Évangiles). En effet, le Coran dit :

Sourate 16, verset 89 : « (…) Nous avons fait descendre le Livre sur toi [ndlr Mahomet], comme un exposé explicite de toute chose, ainsi qu’un guide, une grâce et une annonce aux musulmans. »

Sourate 34, verset 3 : « (…) Rien n’existe de plus petit ni de plus grand, qui ne soit inscrit dans un Livre explicite. »

Sourate 37, verset 117 : « Et Nous leur avons donné le Livre parfaitement clair »

Sourate 43, verset 2 : « Par le Livre explicite ! »

Sourate 44, verset 2 : « Par le Livre explicite ! »

  • « Allah proclame aussi : « …Demandez donc aux érudits du Livre, si vous ne savez pas. » Sourate 21 (Al Anbiyâ’), v. 7. »

Pour qui a déjà lu les textes de l’État Islamique, on reste perplexe. Le niveau de l’analyse doctrinale de l’État Islamique dépasse a priori d’assez loin ce que peut produire l’islam de France : les références textuelles précises sont extrêmement nombreuses, les raisonnements doctrinaux étayés au regard de la pratique du Prophète, alors que la littérature musulmane disponible dans le commerce en France est généralement d’une pauvreté doctrinale affligeante. (Ce commentaire, focalisé sur la seule question de l’authenticité doctrinale, ne constitue bien entendu en aucune façon un cautionnement quelconque des faits et gestes de l’État Islamique)

  • « Ces organisations se basent assez souvent sur des récits parlant des signes avant-coureurs de la fin du monde pour esquisser un scénario futuriste dans lequel elles s’attribuent le rôle des sauveurs de l’Islam et de l’Humanité. Elles vivent ainsi dans un monde imaginaire parallèle qui convoite les esprits fragiles. Ces récits sont pour certains, classés comme faibles par les spécialistes des Sciences du Hadith. Pour d’autres, ces récits sont très loin de la réalité actuelle du Monde. »

Le C.F.C.M. fait preuve d’incohérence en recourant à l’argument tiré d’une prétendue folie eschatologique après avoir lui-même cité précédemment pour soutenir son argumentation le hadith d’at-Tirmidhi commençant par « sortira à la fin du temps… ».

Quant à l’affirmation que les hadiths mentionnés par l’État Islamique sont « faibles » en terme d’authenticité, c’est une affirmation gratuite qui n’est absolument pas démontrée. Or l’authenticité par exemple des hadiths, nombreux, de Bukhari et de Muslim cités par l’État Islamique ne fait guère de doute.

  • « Concernant la caractérisation de ces groupuscules, on ne peut qu’être interpellé par un récit qui, bien que sa chaîne de transmission soit faible, donne une description révélatrice de la réalité de ces imposteurs. Al Hâfidh Na’îm Ibnou Hammâd, un des maîtres d’Alboukhârî, rapporte que ´Alî Ibn Abî Tâlib dit : « Quand vous verrez des drapeaux noirs, ne bougez pas de votre place, ne déplacez pas vos mains ni vos pieds. Après, apparaîtra une communauté d’immatures, à qui on n’accorde aucune importance. Leurs cœurs sont comme des morceaux de métal. Ils se présentent comme les représentants de l’Etat. Ils n’acceptent ni discussion ni alliance. Ils appellent à la vérité, mais ne sont pas eux-mêmes des gens de vérité. Leurs prénoms sont des prénoms d’emprunt et leur noms se rapportent à des villages (ou des villes). Leurs cheveux sont longs et lâchés comme ceux des femmes. Ils sont proches les uns des autres, jusqu’au moment où naîtra des conflits internes parmi eux. Ensuite, Allah donnera la vérité à qui Il voudra ». »

Là encore, le C.F.C.M. est incohérent, puisqu’après avoir critiqué ce qui serait la faiblesse de l’État Islamique quant à la qualité des hadiths, il fait explicitement référence à un hadith dont il reconnaît lui-même qu’il est « faible », c’est-à-dire qu’il appartient à la catégorie la moins fiable des hadiths.

En outre, nul doute que le monde musulman a connu dans ses 1.400 ans d’histoire d’autres groupuscules musulmans de ce type. Quant à la référence introductive aux drapeaux noirs – le drapeau de l’État Islamique étant noir –, il faut rappeler que le Prophète lui-même en faisait usage comme en atteste sa biographie dans ce texte consacré à la bataille de Badr : « L’envoyé de Dieu confia le drapeau, qui était blanc, à Muç’ib ibn Abd ad-Dâr. Devant le Prophète flottaient deux bannières noires, l’une appelée l’Aigle, portée par Ali, et l’autre entre les mains des Ançar, portée par Sa’d ibn Mu’âdh. Les chameaux de l’armée du Prophète étaient au nombre de soixante-dix, trois hommes sur chaque chameau. »

  • « Les Savants (Ouléma) musulmans sont unanimes pour dire que le Jihad se décline en plusieurs catégories dont les plus notables sont : le Jihad contre soi-même à travers l’éducation, l’épuration de l’âme ; le Jihad par la pensée à travers l’effort intellectuel de manière à servirles intérêts de l’humanité ; le Jihad par l’écriture, à travers la publication d’ouvrages utiles, la réalisation d’articles éclairants et contrant les fausses accusations à l’encontre de l’Islam et des musulmans ; le Jihad par l’argent, à travers la dépense généreuse en faveur du bien et la contribution au développement socio-économique. L’Islam n’autorise le Jihad par les armes qu’en cas d’extrême nécessité, en cas de légitime défense lorsque les musulmans sont attaqués par leurs ennemis et que toutes les voies pacifiques échouent.  »

Cette thèse est une reprise dans l’article 9 de la Convention citoyenne des musulmans de France qui indique : « Contrairement à une idée répandue, le mot « Jihâd » signifie notamment la lutte et l’effort sur soi-même, en accomplissant le bien. Cette action a surtout une dimension spirituelle, consistant à œuvrer de son mieux pour accomplir le bien. Dans le Coran, ce mot est employé sous ses différentes formes à 33 reprises. »

Cette assertion, répétée à satiété dans les médias (ce qui fait d’ailleurs à s’y tenir qu’on ne peut plus comprendre les racines violentes de l’islam), s’accorde très mal avec l’histoire de Mahomet. La lecture de la Sîra montre clairement que le jihad correspond à un tournant dénué d’ambiguïté dans la prédication de Mahomet, tournant nécessaire à l’extension de la zone d’influence musulmane, et ceci dans un contexte très différent de celui de la légitime défense et d’une recherche de spiritualité intérieure : plusieurs centaines de pages décrivent les batailles, razzias, exécutions, etc. Naturellement, ces éléments ont été transcrits et se retrouvent dans les versets du Coran. Nier cette réalité qui ressort clairement de la biographie du Prophète revient à rendre incompréhensibles toute l’action de Mahomet et une bonne partie des versets du Coran.

La notion de jihad intérieur semble en réalité être apparue bien après la mort de Mahomet et la vague expansionniste musulmane des VIIème et VIIIème siècles en Europe et au Moyen Orient (qui n’avait pas grand-chose de défensif) : dans un empire musulman dont les frontières avaient commencé à se stabiliser, le développement de l’islam, qui s’exprimait auparavant essentiellement par les armes, s’est poursuivi au travers de l’exploration de voies de recherche plus spirituelles, sans pour autant rendre caduque la voie guerrière. Il fallait, d’une certaine façon, « digérer » les conquêtes. Ainsi, petit à petit, cette notion d’intériorité s’est développée, principalement avec un grand théologien et philosophe, Ibn Qâyyim al-Jawziyyah, qui a vécu dans la première moitié du XIVème siècle et qui a conceptualisé différents types de jihad personnel ou intérieur.

  • « l’Islam accorde une place considérable à la sacralité de la vie : Les Versets coraniques et les Hâdîth authentiques sont sans équivoque quant au bannissement de tout acte qui attente à la vie des innocents. Allah dit : « …quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. » Sourate 5 (Al Mâidah), v. 32. »

Le C.F.C.M. ment par omission en omettant volontairement les très nombreux versets appelant à la guerre contre les non-musulmans. Or ils sont vraiment nombreux ! En voici quelques-uns à titre d’exemple, tout à fait explicites :

Sourate 4, verset 91 : « Vous en trouverez d’autres [ndlr incrédules], qui cherchent à avoir votre confiance, et en même temps la confiance des leurs. Toutes les fois qu’on les pousse vers l’idolâtrie, ils y retombent en masse. S’ils ne se tiennent pas à l’écart de vous, ne se rendent pas à votre merci et ne déposent pas les armes, alors saisissez-les et tuez-les où que vous les trouviez. Sur ceux-là, Nous vous donnons tout pouvoir. »

Sourate 8, verset 17 : « Ce n’est pas vous qui avez tué les mécréants : mais c’est Allah qui les a tués. (…) »

Sourate 8, verset 39 : « Combattez-les [les incrédules] jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus d’association, et que la religion soit entièrement à Allah. (…) »

Sourate 9, verset 5 : « Après que les mois sacrés se seront écoulés, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. (…) »

Sourate 9, verset 29 : « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit, ceux qui ne professent pas la religion de la vérité alors qu’ils ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation de leurs propres mains après s’être humiliés. »

Sourate 47, verset 35 : « Ne faiblissez donc pas et n’appelez pas à la paix quand vous êtes les plus forts. Allah est avec vous : Il ne vous privera pas du mérite de vos œuvres. »

Il serait facile de continuer. Quant au verset 32 de la sourate 5 cité par le C.F.CM., il s’agit de la conclusion de la reprise (par les versets précédents 25 à 31) de la Torah (Genèse 4) avec l’histoire de deux fils d’Adam, Caïn et Abel, et le meurtre d’Abel par Caïn, premier meurtre de l’histoire du monde. Dans la Torah, Yahvé établit ensuite une protection à l’égard de Caïn afin qu’il ne soit pas puni par le reste de l’humanité (le premier venu) pour cette faute personnelle, ce qui était une façon de rompre le cycle de la violence personnelle déclenché par Caïn et sans doute aussi de dire à l’humanité qu’il ne fallait plus tuer.

Genèse 4, 13 à 15 : « Alors Caïn dit à Yahvé : « Ma peine est trop lourde à porter. Vois ! Tu me bannis aujourd’hui du sol fertile, je devrai me cacher loin de ta face et je serai un errant parcourant la terre : mais, le premier venu me tuera ! » Yahvé lui répondit : « Aussi bien, si quelqu’un tue Caïn, on le vengera sept fois » et Yahvé mit un signe sur Caïn, afin que le premier venu ne le frappât point. »

On comprend mieux alors la version complétée du verset 32 de la sourate 5, et pourquoi le Coran mentionne dans ce verset de façon un peu inattendue les enfants d’Israël seulement et non tous les hommes, les musulmans ne descendant pas d’Israël (initialement Jacob, seul enfant légitime) mais d’Ismaël. La descente de ce verset s’applique aux temps bibliques, avant Mahomet :

Sourate 5, verset 32 : « C’est pourquoi Nous avons prescrit aux enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque sauve un seul homme, c’est comme s’il avait sauvé tous les hommes (…) »

Le Coran ne fait que reprendre un principe du judaïsme énoncé dans le Talmud de Babylone (Sanhédrin 37a) : « Celui qui sauve une vie sauve un monde entier ». En effet, pour les juifs, ce n’est pas seulement la vie de celui qui est tué qui est prise mais aussi celui de toute sa descendance (« un monde entier »), car dans la mentalité juive, un homme n’est pas complet s’il ne se marie et a des enfants conformément au commandement de Yahvé (Genèse 1, 28) :  « Dieu les bénit et leur dit : «  Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la (…) » » .

Enfin, si l’on veut être complet jusqu’au bout, il faut inclure la dernière phrase de ce verset, systématiquement omis, et dont le sens paraît pourtant tout à fait fondamental :

Sourate 5, verset 32 : « C’est pourquoi Nous avons prescrit aux enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque sauve un seul homme, c’est comme s’il avait sauvé tous les hommes. Nos messagers sont venus à eux avec les preuves mais, par la suite, beaucoup d’entre eux se mirent à commettre des excès sur la terre. »

En effet, par la dernière phrase : « par la suite [c’est-à-dire après la révélation divine], les hommes se sont [re]mis à commettre des excès sur la terre », le verset constate que les hommes n’ont pas respecté le commandement de Yahvé. C’est la raison pour laquelle la patience de Dieu semble avoir atteint ses limites, ce qui se traduit dans les versets suivants au temps de Mahomet :

Sourate 5, versets 33 & 34 : « La rétribution de ceux qui font la guerre contre Allah et son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas ; et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment, excepté ceux qui se sont repentis avant de tomber en votre pouvoir. Sachez qu’alors, Allah pardonne et est miséricordieux. »

En d’autres termes, les hommes étant retombés dans le péché en allant à l’encontre des commandements de Dieu, que ce soit par la guerre contre le messager d’Allah, Mahomet, ou par le fait de prêcher autre chose que la religion du Dieu unique, leur récompense est d’être « tués, crucifiés ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays ».

Il est regrettable que les explications simples fournies ci-dessus soient systématiquement occultées par les représentants de l’islam de France car elle permettraient à tous de beaucoup mieux comprendre la véritable portée de ce verset, tout à fait limitée et historique, et l’absence en réalité de contradiction entre ce verset et le jihad guerrier offensif déclenché pour la suite des temps par Mahomet.

  • « Il ne suffit pas à une personne de se proclamer « moudjahid » pour qu’elle le soit. Il ne suffit-il à un groupuscule de se déclarer « état islamique » pour qu’il le soit. »

Enfin, le C.F.C.M. conclut encore de façon assez incohérente puisqu’après avoir rejeté toute responsabilité en matière de violence au nom de l’islam, il rend honneur à la notion de « moudjahid », c’est-à-dire « combattant [armé] », en restreignant dans son propos cet honneur à une élite.

  • « Appel Solennel : – Nous, Musulmans de France, réaffirmons notre rejet catégorique et sans ambiguïté de toute forme de violence ou de terrorisme qui sont la négation même des valeurs de paix et de fraternité que porte l’Islam. – Nous, Musulmans de France, sommes des citoyens français à part entière, faisant partie intégrante de la Nation, et solidaires de l’ensemble de la communauté nationale. – Nous, Musulmans de France, proclamons notre attachement indéfectible au pacte républicain qui nous unis tous. – Nous, Musulmans de France, proclamons notre adhésion totale aux valeurs de la République. Les Musulmans de France élèvent leurs Prières vers Dieu, le Très Clément et le Très Miséricordieux, pour qu’Il préserve et qu’Il bénisse la France ! Les Musulmans de France formulent tous leurs Vœux de Paix, de Sécurité et de Prospérité pour leur Patrie, la France. AMINE. »

Ce prêche se termine donc sans aucun mot pour les victimes et leurs proches.

En revanche, il se conclut par une déclaration politique qui, entre autres, insiste sur le fait que « les musulmans de France sont des citoyens à part entière », sujet qui n’a a priori aucun rapport avec les attentats (personne ne dénie aux Français qui violent, tuent, etc. le fait qu’ils soient à la base des citoyens Français). Il s’agit donc en réalité d’un prêche politique qui utilise les attentats comme vecteur de communication pour marteler de nouveau en filigrane le message que les musulmans de France seraient stigmatisés du fait de leur confession religieuse.

Si des chrétiens extrémistes avaient perpétré les mêmes attentats au nom du christianisme, nul doute que le message du pape et sa repentance au nom de tous les chrétiens (quand bien même il n’en serait aucunement responsable) auraient été bien différents.

Le jihad rend-il aveugles les occidentaux ?

L’émission « Arrêt Sur Images » fait partie des rarissimes bonnes émissions sur internet qui n’hésitent pas à aborder des sujets qui fâchent, résistent aux pressions en creusant avec courage ces sujets, en dénonçant des mensonges et en disant des vérités qu’on veut cacher, et qui surtout invitent des personnes qui ont quelque chose à dire, et pas seulement les ténors de la communication, du journalisme, des chaires professorales de l’élite française, etc. qui, le plus souvent, ne disent rien de vraiment intéressant et vendent leur discours politiquement correcte et leurs publications.

Mais, s’il y a un sujet bien difficile à conceptualiser, même dans le cadre de ces émissions, c’est le dévouement à une religion jusqu’à la mort. L’émission d’Arrêt sur Images du 7 janvier 2016 en est un bon exemple. Daniel Schneidermann s’interroge certes sur la détermination des combattants de l’État Islamique dans le cadre d’une émission consacrée au jihad mais semble incapable d’assimiler l’idée que des personnes puissent volontairement, en toute conscience, après mûre réflexion, accepte de mourir de façon certaine en combattant, c’est-à-dire, dans leur référentiel, de mourir martyr au combat.

Le reportage pourtant laisse clairement entrevoir que le combattant suivi par les journalistes n’a rien d’un déséquilibré, atteint de douloureux problèmes psychiatriques qui seraient l’unique cause d’un désespoir qu’il s’apprête à noyer dans la dissolution de son corps et de la mort. Au contraire, il semble tout à fait normal, et a même une femme avec laquelle il entretient semble-t-il une relation normale.

Suicide ASI 160108

Suicide ASI 160108 1     Suicide ASI 160108 2     Suicide ASI 160108 3

Il est vrai que dans le référentiel occidental, on a oublié depuis longtemps l’idée qu’on pouvait véritablement croire dans une religion et agir en conséquence. Ce courage, ou plutôt cette intime conviction, a déserté les plaines polluées du consumérisme occidental depuis des décennies. Les gouvernements tentent encore de l’entretenir – avec difficulté – dans les armées (qu’une armée occidentale perde de nos jours un soldat et c’est un drame en matière de communication : la guerre n’est plus « propre ») car il arrive parfois des situations difficiles où l’on sait que les chances d’en sortir vivant sont infimes. Mais on ne se sacrifie plus guère pour la patrie ces derniers temps.

Que dans le monde moderne, un individu puisse encore concevoir qu’il atteindra le paradis en mourant, conformément à ce que sa religion – l’islam – lui enseigne de façon indubitable (cf. martyr), est proprement inconcevable pour un occidental. Éberlué, l’occidental n’a d’autre ressource que de considérer que l’individu en question est nécessairement atteint de troubles psychiatriques s’il vit en Occident, car s’il vit encore dans des pays arriérés mentalement ou économiquement, comme au Moyen Orient, le sacrifice de sa personne par le combattant est encore conceptualisable au nom de la défense de son pays de naissance : c’est ce que semble vouloir signifier Daniel Schneidermann. C’est une vision qui, malheureusement, en excluant une réflexion doctrinale qui a d’immenses conséquences, se prive de toute capacité d’analyse.

Bataclan & Cie : quelles références doctrinales musulmanes ?

Les actions de l’État islamique s’appuient le plus souvent sur le rappel de l’exemple de Mahomet comme référence doctrinale. Mahomet, prophète de la religion « d’amour et de paix », étant considéré comme un modèle et un exemple à suivre par les musulmans, modérés ou pas, cette référence incontestable est particulièrement signifiante.

Mahomet installé à Médine à partir de 622 ne parvint pas, contrairement à ses espérances, à rallier à lui les juifs. Petit à petit la tension monta donc entre Mahomet et les tribus juives, notamment les trois principales : les Banû Qaynuqa, les Banû Nadir et les Banû Quraydha.

En effet, si Mahomet essaya sans doute au tout début de convertir les juifs, avec moult discussions, ce fut sans aucun succès. Les juifs d’ailleurs étaient sans doute beaucoup plus coriaces à convertir car ils avaient déjà une longue tradition monothéiste contre laquelle il fallait lutter et argumenter, le monothéisme n’étant pas pour eux une nouveauté. Mahomet décida donc de se débarrasser des juifs dès 624, soit deux ans seulement après son arrivée à Médine.

Les premiers visés furent les Banû Qaynuqa. En 624, prenant prétexte d’un incident sur un marché [1], Mahomet entra en guerre contre cette tribu, la plus faible. Mahomet avait en réalité de multiples griefs à leur égard : il les trouvait hypocrites, vantards (ils avaient défié Mahomet après Badr) ; ils remettaient constamment en cause la véracité de la mission de Mahomet, etc. Après 15 jours de siège, cette tribu dut se rendre. Mahomet avait l’intention de tuer les mâles et de prendre en captivité les femmes et les enfants. Mais sur l’intervention insistante d’Abdullah Ubayy ibn Salûl, de la tribu arabe des Khazraj avec qui ces juifs étaient alliés, Mahomet accepta finalement de les expulser de Médine.

[1] Un orfèvre juif avait joué un tour à une musulmane en attachant son vêtement de sorte qu’en se relevant, elle fit voir ses parties intimes. Un musulman présent tua l’orfèvre juif pour cette indécence et celui-ci fut immédiatement tué par des juifs qui étaient aux alentours. Les musulmans réclamèrent vengeance.

En 625, Mahomet expulsa de Médine une autre tribu juive, les Banû Nadir, qu’il soupçonnait de trahison. Il assiégea leur oasis et brûla leurs palmiers. Deux juifs seulement se convertirent. Les autres furent expulsés de Médine avec ce que leurs chameaux pouvaient porter et le reste de leurs biens fut partagé entre les musulmans. La sourate 59 retrace cet épisode. C’est le verset 2 de cette sourate qui figure en en-tête de la revendication de l’État islamique concernant les attentats du 13 novembre 2015 :

Revendication Bataclan

Quant à la dernière tribu juive, les Banû Quraydha, Mahomet leur fit la guerre, les fit prisonniers puis égorgea les prisonniers jusqu’à leur extermination totale (cf. quraydha). Cette extermination est mentionnée comme référence dans la prise de Tikrit (cf. Tikrit) par l’État islamique.

Ainsi fit Mahomet avec les juifs Banû Quraydha de Médine

Sîra :

« Le Prophète ordonna de tuer tous les hommes des Banû Quraydha, et même les jeunes, à partir de l’âge où ils avaient les poils de la puberté.

Le Prophète ordonna de faire descendre de leurs fortins les Banû Quraydha et de les enfermer dans la maison de Bint al-Hârith. Il alla ensuite sur la place du marché de Médine, la même que celle d’aujourd’hui [ndlr époque d’Ibn Hichâm], et y fit creuser des fossés. Puis il fit venir les Banû Quraydha par petits groupes et leur coupa la gorge sur le bord des fossés.

(…)

Le Prophète ne cessa de les égorger jusqu’à leur extermination totale. » 

Imitation de Mahomet

Imitation de Mahomet

La résignation des ces hommes ne s’explique probablement que par la peur d’être torturé en cas de résistance.

Tikrit

Voici quelques extraits (les propos sont parfois un peu synthétisés et ne sont retenus que des passages intéressants d’un point de vue doctrinal) des vidéos de l’État Islamique tournées à l’occasion de la prise de Tikrit en juin 2014 qui explicitent l’action militaire de cette organisation en fonction de considérations religieuses précises mise en avant pour la défense des sunnites : accusation d’hérésie et de taqiya vis-à-vis des chiites et assimilés, citations du Coran appelant au jihad et à l’extermination des infidèles, renvoi à plusieurs événements de la vie de Mahomet (bataille de Badr, extermination des juifs Banû Quraydha, conquête de La Mecque, batailles suivant la prise de La Mecque).

Etat islamique Tikrit

Ces actions violentes ne résultent donc pas d’une « folie barbare » (cf. barbarie) mais de la mise en œuvre sans merci d’une idéologie religieuse guerrière s’appuyant sur le Coran et la vie du prophète Mahomet (éléments dont l’authenticité historique n’est pas contestée par l’ensemble du monde musulman). L’exécution massive dans des fossés creusés des ennemis de l’islam renvoie d’ailleurs explicitement aux exécutions perpétrées par Mahomet à Médine.

Etat islamique Tikrit 1

Voix du commentateur dans l’extrait 1 : « Dans ce mois de Ramadan, Allah a donné la victoire à ses partisans dans la province de Salaheddine sur les fils des mages païens. Les Moujahidoun les ont vaincus et leurs fortifications ne leur ont servi à rien car elles se sont écroulées devant les attaques des Moujahidoun. Maintenant est venu le combat. Nous ne combattons pas pour la terre mais pour le retour du califat et de la chari’a d’Allah. Nous combattons pour étendre à toute la terre ce qu’Allah a voulu. Nous ne dialoguons, négocions qu’avec canons et fusils. Nous ne faisons pas de compromis. Seule la force compte. Nous serons ou ne serons pas. Les entrailles de la terre nous seraient préférables à sa surface si nous l’abandonnions aux mécréants qui la gouvernent avec leur « association » et leurs croyances fausses. Le temps du combat est là. Nous sommes confiants dans la victoire d’Allah et sûrs que l’ennemi sera vaincu. Nous ne cesserons le combat que lorsque nous prierons à Rome, si Allah le veut, car Allah ne renie pas ses promesses. »

Etat islamique Tikrit 2

Voix du commentateur dans l’extrait 2 : « Quant à leurs blindés, ils sont à présent réduits à des morceaux éparpillés de métal rouillé. Les Moujahidoun ont poursuivi leur avance et leur conquête des casernes hérétiques. Et après les exécutions, il ne restait plus aux hérétiques qu’à se rendre. Les Moujahidoun ont resserré leur étau et fait prisonnier dans Speicher des centaines du troupeau des hérétiques, ces troupeaux qui étaient des bêtes féroces contre les sunnites. Dans les prisons, elles étaient sans pitié, comme des hyènes. Dans les mains des Moujahidin, elles sont comme des loques soumises qui se plaignent et pleurent. Elles priaient Ali, Fatima, Hassan et Hussein. Mais lorsqu’elles virent qu’il n’y avait pas de réponse de la part des gens de la maison du prophète, elles commencèrent à protester de leur amitié à l’égard des croyants. [Un hérétique supplie et fait référence à Gabriel et Aïcha] Tout cela ne leur apporte rien. Les Moujahidoun les ont tués groupe après groupe. Ils ont arrêté le complot et détruit les rêves hérétiques de rétablissement de l’empire perse. L’État islamique, par la grâce d’Allah, a été le rempart de la Nation. »

Un combattant : « C’est le jour des Banû Quraydha. Et ce n’est encore rien. » Puis il récite des versets du Coran : « Tuez-les où que vous les rencontriez…».

Cet extrait illustre la haine féroce qui oppose les sunnites et les chiites (qui se réfèrent à Ali et à ses fils) qui ne sont pas considérés comme des musulmans par les sunnites. La référence explicite à l’extermination par Mahomet des juifs Banû Quraydha (cf. Banû Quraydha) dans la bouche de ce simple combattant, ainsi que les versets du Coran constituent, qu’on le veuille ou non, une assise doctrinale solide pour l’action de tous ces combattants car leur authenticité historique n’est niée par aucun musulman (cf. doctrine du jihad).

Etat islamique Tikrit 3

Représentant de l’État Islamique dans l’extrait 3 : « Ramadan : de grandes choses y sont arrivées : le Coran, Badr la grande que le prophète a menée et qu’Allah a appelé le Jour du Discernement, la conquête de La Mecque qu’Allah a livrée au prophète. Après la chute de La Mecque, Mahomet a envoyé ses combattants dans les régions voisines pour purifier la terre de la souillure des associationnistes. »

Là encore, les références aux sources musulmanes authentiques sont claires et véridiques.

Le Coran célèbre la bataille de Badr dans la 3ème sourate (versets 121 à 127) : « Lorsqu’un matin, tu [ndlr Mahomet] quittas ta famille, pour assigner aux croyants les postes de combat. Allah entend et il sait. Quand deux de vos groupes songèrent à fléchir ! Alors qu’Allah est leur allié à tous deux ! Car, c’est en Allah que les croyants doivent placer leur confiance. Allah vous a donné la victoire, à Badr, alors que vous étiez humiliés. Craignez Allah donc. Afin que vous soyez reconnaissants ! Allah vous a bien donné la victoire lorsque tu disais aux croyants : « Ne vous suffit-il pas que votre Seigneur vous fasse descendre en aide trois milliers d’Anges ? » Mais oui ! Si vous êtes endurants et pieux, et que les ennemis vous assaillent immédiatement, votre Seigneur vous enverra en renfort cinq mille anges marqués distinctement. Et Allah ne le fit que pour vous annoncer une bonne nouvelle, et pour que vos cœurs s’en rassurent. La victoire ne peut venir que d’Allah, le puissant, le sage, pour anéantir une partie des mécréants ou pour les humilier par la défaite et qu’ils en retournent donc déçus. »

La conquête de La Mecque par Mahomet en janvier 630 fut une conquête militaire racontée par la Sîra : Mahomet marcha sur La Mecque avec dix mille hommes. Mahomet n’avait donné l’ordre que de combattre ceux qui les combattraient. Mahomet avait vu juste quant à l’affaiblissement des Quraychites : la ville se rendit sans combattre. Mahomet donna toutefois l’ordre d’exécuter huit personnes (hommes et femmes) nommément désignées, quand bien même ils auraient trouvé refuge sous les voiles de la Ka’ba : trois hommes qui avaient apostasié l’islam ; deux esclaves chanteuses qui chantaient des satires à propos de Mahomet ; deux opposants ; une domestique qui nuisait à Mahomet. Quatre furent effectivement capturées et tuées.

La Sîra relate de nombreuses batailles commandées ou menées par Mahomet après la conquête de La Mecque. Ainsi la bataille d’Hunayn contre les Hawâzin où Mahomet partit en guerre à la tête de douze mille hommes et où il vainquit avec l’aide des anges. Le Coran y fait référence par les versets 25 et 26 de la sourate 9 : « Allah vous a déjà secourus en maints endroits. Rappelez-vous le jour de Hunayn, quand vous étiez fiers de votre grand nombre et que cela ne vous a servi à rien. La terre, malgré son étendue vous parut bien étroite et vous avez tourné le dos en fuyards. Puis, Allah fit descendre sa quiétude sur son messager et sur les croyants. Il fit descendre des troupes d’anges que vous ne voyiez pas et châtia ceux qui étaient incrédules. Telle est la rétribution des incrédules. »

Etat islamique Tikrit 4

Voix du commentateur, le cheikh Abou Mohammad Al Adnani, dans l’extrait 4 : « Arrêtez l’attaque des ténèbres et tranchez la tête du serpent hérétique. Sachez que la prochaine étape sera celle du choc avec les hérétiques maudits. Ce n’est pas une guerre confessionnelle car une confession est une partie d’un tout. Or les hérétiques n’ont aucun lien avec l’islam. [Commentaire écrit en bandeau : ils appellent un autre qu’Allah : ô Ali ! ô Ali !] Ô sunnites, ne leur faites jamais confiance car ils sont traîtres en puissance. »

Cet extrait reprend la thématique du sort qui attend tous les musulmans considérés en réalité comme hérétiques ou comme traîtres en puissance (notion intéressante qui correspond à l’idée d’une défense légitime par anticipation).

Etat islamique Tikrit 5

Discours du représentant de l’État Islamique dans l’extrait 5 : « Regardez-les abjurer leur religion par peur de l’État Islamique. Oui, nous vous tuons car vous invoquez un autre qu’Allah. Nous faisons exploser vos têtes parce que vous utilisez la taqiya [ndlr cf. taqiya] avec nous, sans résultat. »

Palmyre

Dans la vidéo tournée à l’occasion de la prise de Palmyre (ci-dessous), l’État islamique donne son interprétation des combats, en particulier s’agissant des Alaouites (Nusairis), ennemis innés des sunnites : « Les soldats de l’État islamique continuent leurs combats contre les Nusairis et leurs alliés de tous partis et pays, et ils leur infligent les pires défaites. Regardez leurs soldats après chaque bataille éparpillés sur les routes. Regardez les prisonniers, enchaînés de fer. Quand Allah a livré à ses combattants unificateurs Palmyre et Sukhna, et ce qui les entoure en casernes, checkpoints et installations, ils capturèrent un nombre de soldats Nusairis et leurs acolytes chiites hérétiques, des prisonniers qui avaient torturé les pauvres et faibles sunnites : il était inévitable qu’ils paient pour ce qu’ils avaient fait. »

Mais ce qui est surtout à noter est que la vidéo commence par un rappel doctrinal clair et instructif pour tous ceux qui nient l’existence de la violence de la doctrine musulmane : la lecture du Coran : en l’occurrence, la sourate 9, dite du « repentir » (al-Tawbah), en particulier le verset 14 :

Coran, sourate 9, verset 14 : « Combattez-les ! Allah, par vos mains, les châtiera, les couvrira d’ignominie, vous donnera la victoire et guérira les cœurs des croyants. »

Coran, sourate 9, verset 39 : « Si vous ne vous lancez pas au combat, Il [ndlr Allah] vous châtiera d’un châtiment douloureux et vous remplacera par un autre peuple. Vous ne Lui nuirez en rien. Et Allah est omnipotent. »

Cette sourate contient de nombreux autres versets appelant au combat dans le contexte de la déclaration du jihad par Mahomet une fois qu’il eût constaté que sa prédication pacifique, portant soutenue par Allah, ne fonctionnait pas (cf. article doctrine du jihad). Par exemple :

Coran, sourate 9, verset 5 : « Après que les mois sacrés se seront écoulés, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les, dressez-leur des embuscades. Mais s’ils se repentent, accomplissent la salat et acquittent la zakat, alors laissez-les libres. Allah pardonne et est miséricordieux. »

Coran, sourate 9, verset 29 : « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, ceux qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit, ceux qui, parmi les gens du Livre, ne professent pas la religion de la vérité. Combattez-les jusqu’à ce qu’ils versent la capitation de leurs propres mains, après s’être humiliés. »

On ne peut qu’inviter le lecteur à se reporter lui-même à la lecture de cette sourate qui se situe dans le contexte d’un jihad qui a abrogé le pacifisme pour la suite des temps. Tout cela figure de façon très claire dans le texte sacré. La « contextualisation historique » mise en avant par les musulmans « modérés » aujourd’hui pour rendre moins agressive cette doctrine, effort louable, ne s’appuie, il faut bien le constater, que sur des conjectures et des raisonnements qui sont loin d’avoir la force d’un texte aussi clair que le Coran (dicté par Allah, faut-il le rappeler : si Allah avait voulu être clair et dire le contraire, il aurait pu aisément le faire…) et qui ne sont pas partagés encore aujourd’hui par les plus éminents représentants religieux de la communauté musulmane dans le monde.

Quant au discours prononcé à l’occasion de l’exécution des soldats, il est tout à fait dans l’esprit de ce que la Sîra mentionne à l’occasion des nombreuses batailles du prophète Mahomet (cf. article batailles dans la Sîra) :

« Gloire à Allah miséricordieux pour les croyants dans sa victoire et qui rabaisse les infidèles dans sa victoire. Prière et paix à son envoyé Muhammad. Comme suit, 3 messages que j’adresse de la terre du califat, de la ville de Palmyre, ville des conquérants :

1) À vous amis musulmans, peuple du califat : nous vous donnerions la victoire même si vous nous haïssiez. Nous vous rendrions votre honneur même si vous nous méprisiez, car telle est la volonté d’Allah.

2) À notre calife, Abou Baqr al Baghdadi al Quraysh, par Allah aujourd’hui nous réalisons ce que tu nous as promis, quand tu nous as dit que nous rendrons au centuple.

3) Aux tyrans arabes, à tous les tyrans infidèles, à tous les criminels endurcis : nous entrons dans vos terres, dans vos maisons que vous pensiez défendues contre Allah. Nous y avons pénétré et les avons conquises par la grâce d’Allah.

Voici les hommes du califat qui vont au nom d’Allah disposer de ces prisonniers Nusairis qu’Allah nous a livrés dans les derniers combats de Homs. »

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